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CIOCmBS: DB QUIAIFKIt Se X>Bi l^SOM 

BULLETIN 

DE LA i 

COMMISSION DIOCÉSAINE 

d'Architecture & d'Archéologie. 



QUIUPEB 
TVP. DE KERANGAL, IHPR. DE l'ÉVËGHÉ 



ù 



KhA I 76 ( ^-9) 



^ 






1^ I 







CARTULÂIRE 

DE L'ÉGLISE DE QUIMPER 

(Suite.) 



336. 

YVES AN CONC ET DANIEL AN FELESTREUC 
S'ENGAGENT A PAYER LES AMENDES DUES POUR LEURS 

MANQUEMENTS ('> 

- 14 Juillet 1363. - 



Die veDeris post festum translacionis Sancti Benedicti (2) 
iû anno Domini Mo CCC^ sexagesimo tercio, in Capitule 
presentibus magistris Daojiele de Landeguennec, thesau- 
rario, Guillermo Glas, captore, et magistris Alano de 
Villa Collis (Kergrech), Thoma Episcopi, Alano Raolini 
tutore ecclesie Corisopitensis ; gagiaverunt emendas dicto 
Capitulo dominus Yvo an Conc diaconus dicte ecclesie et 
dominus Daniel an Felestreuc capellanus dicte ecclesie 
pro quibusdam excessibus et violenciis àb eisdem Yvone 
et Daniele perpetratis in ecclesia Corisopitensi et promi- 
serunt per eorum juramenta solvere eidem Capitulo ad 
requisicionem dicti Capituli, videlicet dictus Yvoan Conc 
decem libras bone monete et dictus Daniel sexaginta 
solidos. 

(1) Cari. 31, f» 72. 

(2) La fôtd de la translation des reliques de saiot Benoît, à Fieury, se 
célébrait le 11 Juillet, qui, en 1308, tombait un mardi ; le vendredi sui- 
vant était donc le 14 Juillet. 



à37. 



HUGUES HERO REÇU CHANOINE <<) 

- 1866. - 



Ânno sexagesimo sexto die... (coram...) Rivallono Sal- 
lou canonicis venerabilis magister Johannes Le Bigan... 
(procurator) Hugonis Hero... fuit receptus in canonicum 
et in fratrem et iuravit statuta... stallum (accepit) in Capi- 
tulo sibi nomine procuratoris (per) magistrum Le Marhec 
Archidiaconum de Poher (collationis causa) eidem Hugoni 
facte. 

Ita est H. de Stagno parvo. 



888. 

JEAN DE PONT-CROIX REQU CHANOINE w 

— 18 Janvier 1867 (n. s.). — 



Anno sexagesimo sexto die martis post festum Cathedre 
Sancti Pétri (3), presentibus Magistris Alano Henrici, 
Johanne Fravali, Guillermo de Ploeneiz, Johanne Brehus, 
Guillermo Sezneoc clerico et aliis, Magister Guillermus 
Le Marec Archidiaconus de Pocher, in ecclesia Corisopi- 
tensi index apostolicus, in bac parte deputatus assignavit 
stallum in choro et locum in Capitule, Magistro Johanni 
de Ponte Crucis canonico Corisopitensi, in presencia 
Magistri Hervei de Kenmaroci procuratoris sui, qui qui- 
dem procurator in animam dicti domini sui iuravit sta- 
tuta et consuetudines laudabiles dicte ecclesie Corisopi- 
tensis, pro posse tenere et inviolabiliter observare. 

Ita est. H. de Stagno parvo. 



(1) Cart. 31, ^ 23. 
(S) Cart. 81, C 23. 
(3) La fôte de la Chaire de saint Pierre, 18 Janvier, était un lundi en 1367. 



-1 -^ 

LinERA DUCIS DE NON PREJUDICIENDO 
JURIDICTiONI ECCLESIE CORISOPITENSIS («> 

Le Duo defTend à ses Juges d'exercer sa Juridiction en la ville et 
terre de l'église de Cornouallle et sur les hommes de TEvéque 
sans le consentement de l'Evéque. 

— 18 Décembre 1367. — 



Charles Duc de Bretagne Vicomte de Limoges à nostre 
capitaine de Kemper Corentin, à nos Sénéchal, baillif et 
recepveur dou lieq et à nos autres justiciers et officiers, 
salut. 

Révérend père en Dieu notre amé conseiller TEvesque 
de Cornouaille nous a donné entendre que comme la 
juridicion de Kemper-Corintin et ailleurs en la terre de 
réglise li appartient, aucuns de nous officiers se sont 
eslanciez de fait, de cognoestre et exercer la dicte juridi- 
cion, tant a cognoestre de contractenanz faiz entre per- 
sonnes en son terrouer et en la terre de Téglise que de 
injures de personnes, que de vouloir contraindre ses 
hommes et soubgiez à cause de Timposicion en la dicte 
ville et en la terre de l'église, laquelle chose est en son 
grand griefl, domage et préjudice et de son église 
comme il dit ; 

Et sur ce nous a requis de luy provoir de remède ; si 
vous mandons -et commandons et à chacun de vous de 
desorenavant vous ne vous entremectez cognoestre de ne 
exercer juridicion en la dite ville es cas dessus dictz en 
aucune manière en préjudice dou dit Révèrent père en 
Dieu et de la dicte église. Et si aucune chose a esté faicte 
ou temps passé au contraire, nous voulons que ce ne li 
porte préjudice et pour ce que à cause de guerres l'on ne 
peut bonnement exercer juridicion sur nous hommes ne 

(1) Cart 56, f* 45. Cette lettre est de 1367, et son visa de 1873. 



— 8 - 

subgiez ou terrouer de Cornouaille hors de forteresse et 
pour cause de ce et le sauvement de nos subgiez, Ton a 
exercé la juridicion en la dite cité et en la terre de Téglise, 
faiz bannies, prins prisonniers et arrêtez, nous voulons 
que ces choses, tant pour le temps passé que pour le 
temps à venir, ne portent préjudice au Révèrent père en 
Dieu ne à sa dicte église. Et aussi voulons que quant vous 
et nos autres officiers, aurez mestier de exercer juridicion 
sur nos hommes, bannies faire, arrester ou emprisonner, 
ou autrement justicier en la dite cité, ou ailleurs ou ter- 
rouer de réglise, vous demandiez licence dou dit Révè- 
rent père, ou de ses giens et que senz congé vous ne faciez 
les choses susdictes en la terre de l'église en auchune 
manière car en si le voulons nous, non obstant chose que 
Ton ait faict ne usé ou temps passé ou contraire, lesquel- 
les nous voulons que li portent aucun préjudice ne à la 
dicte église, sauves nous droictures et gouernement ancien 
paravant les guerres. 

Donné à Guigamp le xviii^ jour de Décembre Tan mil 
III'' sexante et vu. 

Par Monseigneur le Pue en conseil 

G. Belengier. 

Et ego Henricus de Veteri landa Corisopifensis dyocesis 
publicus apostolica auctoritate et imperiali notarius, pre- 
dictam copiam de litteris predictis feci et manu propria 
scripsi, easque litteras vidi et palpavi sanas et intégras et 
sigillo dicti domini ducis sigillatas ; et quia, collatione 
facta per me et Guiliermum Ham clericum, presentibus 
et audientibus Magistro Thoma Episcopi, Richardo fabri 
et Guiliermo Marhec de dictis litteris cum presenti copia, 
eas concordare inveni, hic me subscripsi et signum meum 
consuelum posui die mercurii post festum invencionis 
sancte Crucis anno Domini M» CCC^ septuagesimo secundo. 



840. 

CONTESTATION TOUCHANT LES PRÉBENDES 
DE BEUZEC-CAP-SIZUN ET SPÉZET <«) 

- 20 Mal 1368. - 



Die lune post Ascensionem Doniini, anno Domini MoCCC<> 
sexagesimo octave, que fuit vîgesima dies maii, requisiti 
fuerunt in Capitulp Corisopitensi venerabiles et discreti 
viri M. Riocus de Lestuhan et Radulphus Gallou canonici 
Corisopitenses présentes prebendati apud Buseuc Cap 
Sizun et Spezet, quatenus litem amotam super libertate 
dictarum suarum prebendarum contra Donerzium de 
Kergonou... contra cuiuslibet eorum et sicut interest pro- 
sequatur et jura predictarum suarum prebendarum con- 
tra predictum reverendum et quoslibet alios... mediante, 
légitime et assidue tueantur ; que requesta facta extitit in 
dicto Capitulo per os M. Gaufiridi le Gai procuratoris Capi- 
tuli et fabrice ecclesie Corisopitensis. 

Presentibus venerabilibus et discretis viris. M. Guil- 
lermo le Glas et G. militis canonici^ et Archidiacono de 
Poher in dicta ecclesia et aliis. 

T. Episcopi, Archidiaconus Corisopitensis. 



341. 

OLIVIER LE HENAFF REÇU CHANOINE (') 

- 11 Avril 1338. - 



Anno Domini M® CCC<' sexagesimo nono, die mercurii 
post Quasimodo (3) fuit receptus in Capitulum ecclesie 
Corisopitensis Oliverius le Henaui! diocesis Briocensis 



(1) Cart. 31, f* 22. 

(2) Cart. 31, f^ 66. 

(3) En 1869, le dimanche de Pâques était le 1*' Avril. 



- iô - 

et iuravit tenere statuta et consuetudines antiquas dicte 
ecclesie et exhibere reverenciam maioribus dicte ecclesie. 
Ita est. G. Archîdiaconus de Pocher. 



842 

TÉlOieNAGE TOUCHANT LES DIGNITÉS DU CHAPITRE (') 

- (Vers 1870.) - 



Ego Daniel Baudic dyaconus Corisopitensis assero et 
testificor me audisse a bone memorie domino, domino 
Alano an Gall quondam episcopo Corisopitensi, quod can- 
tor est maior in choro, thesaurarius maior in Capitulo et 
Archidiaconus Cornubie maior extra ecclesiam, et hoc hic 
scripsit. 

848. 

LETTRE DU PAPE GRÉGOIRE XI W 

- 23 Juillet 1870. - 



Gregorius Episcopus servus servorum Dei, dileclo filio 
abbati de Langonio Corisopitensis dyocesis saiutem et 
apostolicam benedictionem. 

Venerabilis frater noster Episcopus et dilecti filii Capi- 
tulum Corisopitense nobis signiflcare curarunt quod si 
quando in Corisopilensi ecclesia, in qua prebendarum 
collacio ad dictum Episcopum pertinet, prebendam ali- 
quam vacare contingat, plures sub expectacione preben- 
darum vacaturarum ibidem recepti, per executores sibi a 
sede apostolica deputatos vel legatores ipsius, prebendam 
huiusmodi sibi conferri procurant, quorum quilibet die- 
tis Episcopo et Capitulo per executores ipsos mandari 



(1) Cart. 31, ^ 66. 

(2) Cart. 31, ^ 41. 



-il- 

faciunt ut eum ad prebendam ipsam adinictere ac distri- 
buciones colidianas sibi exhibera procurent, in dictum 
Episcopum et singulos de ipso Capitulo, si hoc non fece- 
rint, excommunicacionis sentencia promulgata ; unde 
cutn prefata ecclesia sepe propter hoc, remaneat debitis 
obsequiis destituta, maxime que sentenciam fréquenter 
incurrunt eamdem pro eoquod ad unam eamdemque pre- 
bendam, plures simul non possunt recipere, nec unius 
racione prébende, distribuciones debent pluribus minis- 
trare, dicti Episcopus et Capitulum provideri a Nobis 
super hiis humiliter supplicarunt. 

Quocirca discretioni tue per apostolica scripta manda- 
mus, quatinus si est ita, tam receptos huiusmodi quam 
eciam recipiendos in eadem ecclesia et eorum executores, 
quod ab indebito super hocgravamine dictorum Episcopi 
et Capituli et ecclesie, videlicet in concursu diversorum 
tantummodo mandatorum, omnino désistant ; dum modo 
iidem Episcopus et Capitulum de prebendis vacaturis 
ibidem se nullatenus intromictant, tune scilicet cum 
simulque, diversis personis diversa mandata susceperint 
super eis, et sufBcienter caveant in hoc casu, quod ad 
ipsas illas, ex eis liberaliter recipiant qui canonice ipsas 
fuerint assecuti ; vel sentencialiter obtinebunt easdem, 
illasque distribuciones racione prebendarum huiusmodi 
eis débitas, intègre ministrabunt, monicione premissa 
per censuram ecclesiasticam , appellacione post posita 
remota, compellas, relaxans auctoritate nostra excommu- 
nicacionis, suspencionis et interdicti sentencias, si quas 
in predictos Episcopum et Capitulum vel ipsorum ali- 
quem latos fore, huiusmodi occasione, tibi constiterit, vel 
in posterum contigerit promulgari. 

Datum apud Urbem veterem decimo kalendas Augusti 
Pontificatus nostri anno primo. 



— 12 - 

844. 

JEAN BRIENT PRÊTE SERMENT COMME CHANOINE EXPECTANT «) 

-81 Octobre 1871. - 



Anno Domini M® CCC^ septuagesimo primo, die veneris 
post festum Beat! Luce Evangeliste (2), Officialis Corisopi- 
tensis Conimissarius a sede Apostolica deputatus assigna- 
vit locum in Capitulo CorisopiteDsi et stallum in choro 
Corisopitensi, ut moris est in talibus, Domino Johanni 
Briencii canonico Corisopitensi sub expectatione pré- 
bende. Qui quidem dictus Johannes juravit staluta, ordi- 
naciones et consuetudines laudabiles dicte ecclesie tenere 
eciam et fideliter observare. 

Presentibus venerabilibus et discretis viris Magistris 
G. le Marhec Archidiacono, G. le Glas cantore, Rioco Les- 
tuhan, R. Gallou canonicis ecclesie Corisopitensis. 

Johannes Briencii. 

Verum est : H. de Stagno parvo. 



345. 

HUGUES DE KEROULAS, REÇU CHANOINE, PRÊTE SERMENT 

PAR PROCUREUR (» 

— Vers 1872 (n. s.). Janvier. — 



Anno Domini Mo CCCo.... secundum cursum ecclesie 
Gallicane, die décima octava mensis Januarii, Magister 
Johannes Raolini licenciatus in legibus procurator et 
procuratorio nomine domini Hugonis de Keroullac doc- 
toris utriusque iuris thesaurarii et canonici ecclesie Cori- 
sopitensis iuravit statuta hic contenta. 



(1) C. 81, ^ 82. 

(2) La SaÎDt-Luc, 18 Octobre, tombait eo 1371 un samedi ; le vendredi 
suivant était le 31 Octobre. 

(8) C. 31, f» 23. 



- 13 — 

Presentibus S. Arcbidiacono, cantore,R.Gallou,G.Galli, 
T. Episcopi Canonicis ; Alano de Palude et aliis. 
Ita est : H. de Stagno parvo. 



346. 

GEOFFROY FABRI, REQU CHANOIME, PRÊTE SERMENT 

PAR PROCUREUR (') 

- 16 Mars 1672 (n. •.)• - 



Anno.... septuagesimo primo, décima sexta die mensis 
Marcii, hora tercia dicte diei, Magister Johannes Raoulini 
procurator et nomine venerabilis viri Magistri Gaufridi 
Fabri canonici Corisopitensis, juravit statuta laudabilia et 
consuetudines dicte ecclesie Corisopitensis loviolabiliter 
observare. Presentibus Alano.... Arcbidiacono, Roberto 
Coetlech et aliis. 

Item die iovis Annonciacionis Dominice, presentibus 
D"o R. de Gara... professore in utroque, Arcbidiacono, 
cantore et aliis... iuravit... pari forma. 



347. 

GUILLAUME DE CAGIA PRÊTE SERMENT COMME DIACRE 

DE CHŒUR (') 

- 7 Février 1874 (n. s.). - 



Item, die martis septima Februarii juravit Guillermus 
de Cagia diaconus ecclesie Corisopitensis statuta et con- 
suetudines -laudabiles ecclesie Corisopitensis tenere et 



(1) Cart. 31, {" 33. 
(8) Cari. 81, f 72. 



- 14 ^ 

inviolabiliter observare ; presentibus Magistris J. Raolini, 

Gaufrido de Foresta, A. Croezval, Guillermo de Ponte 

Ligni, Yvone eius fllio et aliis, anno Domini M^ CCC^ sep- 

tuagesimo tercio. 

H. DE Stagno parvo. 



348. 

COMPTES gUE REND RAOUL GALLOU, PROCUREUR 

DE LA FABRIQUE («) 

- 20 Mars 1374 (n. s.). - 



Sequuntur somme in quibus Gallotus tenetur de anno 
procuracionis sue, que debent deSalcari de somma in qua 
tenetur sibi fabrica prout cavetur in deducione compoti 
sui in fine. 

Primo pro vacacione de Lennon, sex scuti cum quarto. 

Item pro merreno, duo scuti. 

Item pro fabrica habuit de caparum pecunia, quinginta 
novem scutos cum dimidio. 

Item pro anniversario Guydonis Albi et eius uxoris, 
per Magistrum Alanum Henrici, viginti quatuor scutos. 

Item pro parte anniversarii Johannis de Valance qua- 
tuor scutos cum dimidio. 

Item pro parte anniversarii Margarete de Neveto, qua- 
tuor scutos. 

Item pro parentibus Royenyeuc pro anniversario, duo- 
decim scutos. 

Item Abbas Pontpecii, racione cuiusdam pecie terre 
quam tenuit Magister Guillermus de Kemperele obliga- 
tam nomine procuratorio Capituli et fabrice, quinque 
scutos. 

(I) Le dimaDche de la Pasaioa tombait en 1874 le 19 Mars. 



Il* 
o — 

Item pro legatis Sancto Chorentino et aliis, unum scu- 
tum pro dimidio. 

Somma predictorum, centum et octodecim scuti cum 
tribus quartis ; quibus ammotis de somma in qua fabrica 
tenebatur predicto Radulpho Gallou, videlicet in quatuor 
yiginti et duos scutos cum tribus quartis et quindecim 
denariis resta; triginta quinque scutos cum tribus quartis 
duobus solidis et octo denariis. 

G. Ârchidiaconus, presentibus cantore, Lestuhan,Thoma. 

Datum die lune post dominicam in passione, anno sep- 
tuagesimo tercio. 

Item débet, quos receperat de mortuagio Johannis Fer- 
randi, quinque francos. 



349. 

OLIVIER LE PUISNÉ, REÇU CHAPELAIN, PRÊTE SERIENT <*> 

- 1*' Juin 1874. - 



Die jovis post sinodum Penthecostes, anno Domini 
Mo CCCo septuagesimo quarto, inecoalatus (2) fuit domi- 
nus Oliverius Postgeniti capellanus perpetuus capelle 
béate Marie site in ecclesia Corisopitensi per Capitulum 
capitulans, qua die juravit, eidem capelle servire et eccle- 
sie pro iusticiam et naturam dicti beneûcii. 

Presentibus dominis G. Cantore, G. Ârchidiacono de 
Pocher, R. Lestuhan, officiali Guillermo, G. Galli. R. Gai- 
lou. T. Episcopi. Ita est. 



(1) Gart. 31» f* 72. Le dimanche de la Peolecôte étail le *28 Mai eo 1374, 
et le vendredi suivaDl le l"' Juio. 

(2) Inecoalatus pour incolatus, habitué^ incorporé. 



- 16 - 

850. 

JEAN FRAVAU CHANOINE EXPECTANT, PRÊTE SERMENT (') 

— Novembre 1374. — 



Die Novembris anno septuagesimo quarto, hora tercia, 
jura vit dominus Johannes Fravali canonicus sub expecta- 
cione prébende ecclesie Corisopitensis statuta et consue- 
tudines laudabiles ecclesie Corisopitensis et Qdeliter 
observare et eciam reverenciam exhibere dominis et dicto 
Capitulo, cuilibet secundum ordinem. 

Presentibus R. domino de Lanros, Alano Croezval, 
Alano de Ponte ligni, Alano Kermaroc et aliis. 

H. DE Stagno parvo. 



851. 

EUDE GUILLEMOT, CHAPELAIN, PRÊTE SERMENT ^^ 

- 19 Février 1375 (n. s.). - 



Qua die veneris post festum Sancti Valentini, anno 
Domini M^ CCCo septuagesimo quarto, admissus fuit in 
Capitulo ad iurandum, et iuravit statuta et consuetudines 
laudabiles et approbatas, scriptas et non scriptas ecclesie 
et Capituli Corisopitensis Eudo Guillemoci capellanus 
capellanie sani^te Margarete perpetuus in ecclesia Coriso- 
pitensi. Presentibus domino : G. cantore, G. ofliciali, 
Magistro Alano Raolini et G. Episcopi sacrista. 

Ita est : Thomas Episcopi. 



(1) Cart. 31, f 33. 

(2) Cart. 31, ^ 23. La Saint-Yalentio, li Février, était en 1375 un diman- 
che ; le vendredi suivant était le 19. 



— 17 — 

852. 



gUITTANCE POUR CALICE REÇU 

- 18 Février 137B (n. •.), - 



Qua die Oliverius capellanus et presbyter ecclesie Béate 
Marie in sancta ecclesia, recepit unum calicem pro dicta 
capella, in suo periculo, présente Daniele Felestrec et 
Herveo Oudrecen capellanis et dominus Rivallonus cele- 
brans in capella Magistri Yvonis Conc, habuit et babet 
alterum calicem. 

(A 9Uivre,) 



rN^>> 



Bulletin db la Commission diocésaine. — 7* année. 2 



— 18 — 



NOTICE 




SUR LES 



PAROISSES DU DIOCÈSE DE QUIHPER ET DE LÉON 

Par MM. PEYRON et ABGRALL. 

(Suite.) 



LE CONQUET 

(Fin) 



Gentilshommes de Plougonvelin au xvii® siècle, 
d'après le relevé fait sur les registres paroissiaux 

PAR M. L*ABBÉ MeNGANT 

I. Les Kerrannou de Kervasdoué. 

Noble Olivier Kerrannou, capitaine de Berteaulme et 
S' de Kervasdoué, et Guillaumette Porzmoguer, son 
épouse (veuve de Kervasdoué en 1619) eurent deux fils : 

1° François Kerrannou, baptisé le 14 Octobre 1585, et 
20 Noël Kerrannou, baptisé le 25 Décembre 1588 — fut 
recteur de Plougonvelin pendant 56 ans — mort à Lochrist, 
le 28 Février 1669, âgé de 81 ans. 

Ecuyer François Kerrannou, fils des précédents. S' de 
Keriven et Kervasdoué, épousa Marie Courtois, dont il eut 
trois enfants : 

lo François Kerrannou, qui fut prêtre et dont voici 
Tacte de baptême : Le 24» jour du mois de Janvier 1616, a 
été baptisé en Téglise parochialle de Plouegonvelen, Fran- 



— » — 

çois Kerrannou, fils légitime et naturel d*escuyer Fran-^ 
çoys Kerrannou et damoiselle Marie Courtois, sa com- 
paigne, sieur et dame de Keriven, par noble et vénérable 
M« Nouel Kerrannou, recteur de ladite parrouesse, auquel 
a été compère noble homme Françoys Courtois, S' de 
Lezezret, et commère damoiselle Katherine du Garo, dame 
du Bourgneufi; assistants, nobles gentz François Kerm or- 
van, sieur de Keruzou; Jehan Michel, sieur de Kervenny; 
Claude Kerriezre, sieur de Langolian ; Robert Courtois, 
sieur de BourgneuS ; Ollivier Kerrannou, sieur de Ker- 
vasdoué et plusieurs autres. 

2o Marie Kerrannou, baptisée le 25 Décembre 1617, eut 
pour parrain noble et vén. Houel Kerrannou, recteur, et 
pour marraine damoiselle Marie Le Drenec, dame de 
Langalla. 

30 Robert Kerrannou, baptisé le 25 Mars 1619, eut pour 
parrain Robert Courtois, sieur de Bourgneuff, et pour 
marraine, damoiselle Guillaumette Porzmoguer, douai- 
rière de Kervasdoué. 

(1633 et en 1662). — Noble Françoise Kerguz, dame de 
Kervasdoué. 

Le 29 Novembre 1685, baptême de Françoise, fille 
d'écuyer Louis-René de Penfentenyo et de Françoise du 
Mescam, s' et dame de Kervasdoué. 

IL Les Kematoua du Prédic. 

Le 5 Février 1597, baptême d'Azelice Kernatous, fille de 
nobles Yves Kernatous et Anne Le Déauguer : parrain et 
marraine, nobles Jean Kleach et Azelice RoUant. 

Le 28 Novembre 1604, baptême de Marie Kernatous, 
fille des précédents; parrain, Robert Kerriell, S' de Lan- 
gollian ; marraine, damoiselle Marie Le Déauguer, dame 
de Kerlauchan. 

Le 10 Octobre 1610, baptême de Robert, fils des mêmes; 



— 20 — 

parrain, noble Robert Courtois, S' du Bourgneuf , et mar- 
raine, noble Jeanne Kernatous dame de Berbouguis. 

Nobles Jean de Kernatous et Françoise de Kermeno, 
S^ et dame du Prédic, ont eu douze enfants, savoir : 

lo et 2® François et Michel-Corentin, frères utérins, nés 
le 30 Mai et baptisés le 5 Août 1646. François eut pour 
parrain noble François du Gaspern, S' du Logou, et 
pour marraine, noble Anne Du Bois, dame de Keroulas. 
Les parrain et marraine de Michel-Corentin furent nobles 
Michel Kernatous, s' de Berbouguis, et Ursule de Cor- 
nouaille, dame de Kerinou. 

30 Pétronille Kernatous, baptisée le 28 Juillet 1647, fut 
tenue sur les fonts par nobles René Troille de Kernezne, 
vicomte du Curru, et Pétronille Le Jar, dame de Tlsle 
Kermorvan. 

40 Madeleine Kernatous, baptisée à Loc-Mazé, le 1<>' Août 
1649. Il est question de cette enfant dans la vie de Dom 
Michel. Cette petite fille tombait tous les jours en épilepsie, 
depuis deux mois, quand mourut le serviteur de Dieu ; 
Françoise de Kermeno, sa mère, et Madeleine de Portz- 
moguer, sa marraine, lui firent toucher le cadavre de Dom 
Michel, et aussitôt elle se trouva guérie. 

Je transcris son acte de baptême : « Ce jour 1«' d*Août 
1649, a été baptisée Magdalaine, fille naturelle et légitime 
d'escuyer Jean Kernatous et Françoise Kermenou, S' et 
dame du Prédic, par noble et vénérable personne M® Nouél 
Kerrannou, recteur de Plougonvelin. La dite Magdalaine 
tenue sur le font de batesme par Jan Pezron, escuyer sieur 
de Lesconvel et Magdalaine de Portzmoguer, dame de 
Kerrourien. Le tout fait en Téglise de S^-Mathieu, en pré- 
sence de M^ Hamon Grall, vicaire perpétuel de la dite pa- 
roisse. » 

5° Charles, baptisé le 3 Mars 1652, eut pour parrain 
noble Charles Penfeunteunyo, S' du Louch, et pour mar- 



raine noble Guillemette Keraldanet, dame de Langoliaû. 
^6° et 7^ Claudia et Joanna, voto vero Anna, sœurs utéri- 
nes, furent baptisées le 25 Novembre 1654. Elles eurent 
pour compères : la première, nobles Tangui Mol, S>^ de 
Kerjan, et Claude Penlentenyo, dame de Keruzou ; la se- 
conde, nobles Jacques du Meascam, S^^ de Mesrioual, et 
Jeanne de Kermeno, dame du Lein. 

8» René, baptisé le 11 Juin 1658, eut pour parrain noble 
René de Poulpry, S' de Lanvengat — Kerannouel, con- 
seiller du Roi et premier magistrat de la Cour de Lesne- 
ven, et pour marraine noble Marie de Penfentenyo, dame 
de Coatgarz, Larrest, etc.. 

9<> Jean, baptisé le 2 Mai 1660 ; parrain, noble Jean du 
Tremen, S^ du Tertre et procureur à la Cour de Saint- 
Renan. 

IQo Anne, baptisée le 18 Septembre 1661, eut pour com- 
pères nobles Guillaume Barbier, S' deKernatous, et Anne 
Tromilin, dame de KerrouUas. 

11<» Philippe, baptisé le 2 Septembre 1663, fut tenu sur 
les fonts baptismaux par nobles Jean Michel, S^^ de Ker- 
venny, et Phillippa du Gaspern, dame du Gaspern. 

129 Tangui-Louis de Kernatous, fut baptisé à Saint- 
Mathieu, le 5 Février 1665; il eut pour parrain noble 
Tangui de Penfentenyo, S' de Kermorvan, et pour mar- 
raine noble Louise Mol, dame de Tronevezec. 

Françoise de Kermeno, dame du Prédic, Berbourguis, 
Lesvern, etc., décédée à Saint-Renan, où elle résidait 
depuis deux mois, fut enterrée en l'église de Notre-Dame 
de Saint-Mahé, le 28 Avril 1666 ; son mari, Jean de Ker- 
natous, fut inhumé dans la même église, le 28 Avril 1668. 

III. Les Déauguer de Kerautret. 

Le 2 Avril 1607, fut baptisé Yves Le Déauguer, fils de 
nobles Nouel Le Déauguer et Marie Le Veyer ; il eut pour 



compères Yves Kernatous, S' du Prédic, et Catherine du 
Garo, dame du Bourgneufl. 

Le 4 Juin 1608, fut baptisée Anne Le Déauguer, fille 
des mômes. Le parrain fut noble François Le Déauguer, 
S' de Keronquar et juge séculier de la Cour de Saint- 
Renan, et la marraine, Anne Le Déauguer, dame du Prédic. 

Le 26 Avril 1620, baptême de Barbe Le Déauguer, fille 
de nobles Noël Le Déauguer et Barbe Le Dreisec, S' et 
dame de Kerautret ; parrain, Michel de Kernatous, S' de 
Berbouguis ; marraine. Barbe Le Veyer, «veuve» de 
Kerautret. 

Nobles Jean Le Déauguer et Jacquette Pinart, S' et dame 
de Kerautret ont eu quatre enfants de 1653 à 1660, savoir: 

lo Perrine (20 Septembre 1653) ; parrain et marraine, 
nobles François Trébaol et Perrine Le Saulx ; 

2o François (25 Juillet 1655) ; compères, nobles Fran- 
çois Courleau et Françoise de Kermenol ; 

3<> Jean (17 Octobre 1657) ; compères, nobles Jean 
Déauguer et Barbe Déauguer ; 

40 Anne (9 Janvier 1660) ; compères, nobles Michel 
Lestobec (alias an Stobec) ; S' de Gorréquéar, et Jeanne 
Robert (alias Ropartz), dame de Kerdalaez. 

IV. — JLes Michel de Kervenny. 

1590. — Nobles Yves Michel et Louise du Meascam, 
S' et dame de Kervenny. 

Le 25 Août 1624, baptême de noble François-Michel, 
fils de Jean-Michel et Françoise Kerguiziau, S' et dame 
de Kervenny; compères, nobles François Kermorvan, 
S' de Keruzou, et Marie Le Drenec, dame de Langalla. 

1650. — Noble Marie de Kerouartz, dame de Kervenny. 

V. — Les Bohic de Kervttsic. 

1598. — François Bohic, S' de Kervilsic. 
1607. — Guillaume Bohic, id. 



— 23 - 

Le 9 Février 1622, baptême de noble Catherine Bohic, 
fille d'Yves Bohic et Amicia Tanguy, S' et dame de Ker- 
vilsic ; compères, nobles François Kermorvan, S' de 
Keruzou, et Catherine Du Garo, dame du Bourgneufi. 

Le 13 Avril 1624, baptême de Gillette Bohic, fllle des 
mêmes ; parrain, Robert Bohic ; marraine, Gillette Galier. 

1654. — Noble Jean Bohic, S' de Kervilsic. 

De 1654 à 1663, nobles Jean Floch (alias Le Flo) et 
Catherine Bohic, dame de Kerinec, sa compagne, ont fait 
baptiser cinq enfants : Jean (1654), Julienne (1656), 
Jeanne (1657), Charles (1659), et François (1663). 

VL — Les Kervsn de Kergadou, 

Le 8 Mars 1665, baptême de Charles Kerven, fils de 
nobles Jacques de Kerven et Marguerite Kerguiziau, S' et 
dame de Kergadou ; parrain, Charles de Kerven, S^ de 
Kerlech; marraine, Marguerite de Coataudon, dame de 
Coataudon. 

Le 27 Avril 1665, baptême de René, fils des mêmes, 
déjà ondoyé depuis le 24 Août 1663; parrain, haut et 
puissant M'® René de Kerlech, chevalier seigneur baron 
de Trézéguidi, Kerlech, Le Plessis, écuyer des grandes et 
petites écuries de Sa Majesté ; marraine ; Françoise de 
Kerguiziau, dame de Kerdivisien. 

Vil. Quelques autres noms. 

1608. — Jeanne Kerrannou, dame de Kerielcun. 

1608. — Marie Kerrannou, dame de Gorréquéar. 

1609. — Anne Kerrannou, dame de Keriven. 
1602. — Robert Meastrius, S'f de Pouliot. 

1614. — Hamon du Plessis et Catherine Parisy, S" de 
Poulherbet. 

1643. — Barbe Le Déauger, dame de Kerjunan. 

1646. — Noël Fontenay et Catherine Saoz, S>^ et dame 
de Lesireur. 






— 24 — 

1646. — Marie Kerrannou, dame de Kerbrat. 
1646. — Michel Kernatous, S^ de Berbouguis. 
1649. — Charles Fyot, S' de Kerouanen, procureur de 
Saint-Mathieu. 

Honnêtes marchands et autres personnes qualifiées 

honorables 

(Extrait des registres de Saint-Mathieu, Plougonvelin 
et Lochrist.) 

1596. — Honorable marchand (honsêtus mercator.) 
François Bonavanture. 

1601. — Honorable marchand Yves Le Ru, du Gonquet. 



1638. 


Id. 


Robert Kergrach. 


1638. 


Id. 


Jean Melegan, 


1638. 


Id. 


Yvon Flocb. 


1638. 


Id. 


Jean Le Run. 


1639. 


Id. 


Laurent Le Lez. 


1646. 


Id. 


Tanguy TrébaoL 


1639. 


Id. 


Philippe Torledan. 


1640. 


Id. 


Michel Quéméner. 


1645. 


Id. 


Âmbroise Rarzic. 


1645. 


Id. 


Noël Floch. 


1646. 


Id. 


Jacques Perrotin. 


1648. 


Id. 


Laurent Mazé. 


1650. 


Id. 


Mathieu Jézéquel. 


1653. 


Id. 


Gui Gallou. 


1657. 


Id. 


Gabriel Saill. 


1659. 


Id. 


Olivier Cornée. 


1659. 


Id. 


Jean Héliés. 


1660. 


Id. 


Guillaume Loussouam. 


1662. 


Id. 


François Rarzic. 


1665. 


Id. 


Philippe Le Hars. 


1665. 


Id. 


Yves Le Run. 



1666. — Honorable marchand Jean Jourden. 
1663, Id. Valentin Michel. 

1601. — Honorable maître Bernard Le Verge, notaire. 
1639. Id. François Caouron, notaire et 

procureur de Saint-Mahé. 
1650. — Honorable maître Hervé Lesnénan. 
1662. Id. François Petton. 

1609. — Honorable Yves Brenheol. 

Christophe Barzic. 

Alain Lestobec (1). 

Jean Quéméner. 

Hyacinthe Floc'h. 

Mathieu Michel. 

René MeasgoO. 

Noël Forescher. 

Sébastien Sivinan. 

Yves Colleau. 

Yvon Le Gall. 

Mathieu Drévès. 

Tanguy EUez. 

Vincent Avanant. 

Mathias Guerrannic. 

Église de Lochrist 

L'ancienne église démolie en 1856 était dédiée au Christ 
avec des chapelles sous le vocable de la Trinité, de N.-D. 
du Rosaire et de saint Tujan. Sa construction datait en 
grande partie du xv® siècle. 



(1) Cest cet Alain Lestobec qui mit son talent de dessinateur au ser- 
vice de Michel Le Nobletz pour lui peindre ses tableaux énigmatiques. 
On en conserve encore quelques-uns faits de sa main, entr'autres la carte 
dite du ptaUerion portant cette signature : Allain Lestobec. Registrateur 
fait 1636 au Conquet. 



16il. 


Id. 


1639. 


Id. 


1650. 


Id. 


1650. 


Id. 


1652. 


Id. 


1652. 


Id. 


1654. 


Id. 


1654. 


Id. 


1654. 


Id. 


1654. 


Id. 


1661. 


Id. 


1662. 


Id. 


1664. 


Id. 


1665. 


Id. 



— 26 — 
Église paroissiale actuelle 

Lorsque la paroisse de Lochrist a été transférée au 
Conquet, on a transporté la plus grande partie des maté- 
riaux de Tancienne église pour les faire entrer dans la 
construction de la nouvelle. On a reconstitué ainsi la 
grande fenêtre absidale avec le vitrail qui Tornait. Cette 
fenêtre se compose de quatre baies, surmontées de souf- 
flets ou compartiments flamboyants. Les baies sont divi- 
sées en deux zones ou étages. A la zone supérieure, la 
représentation du crucifiement prend les trois baies du 
milieu : Notre-Seigneur en croix, entre les deux larrons ; 
la Sainte -Vierge et saint Jean des deux côtés; la Made- 
leine au pied de la croix, puis les Saintes-Femmes et les 
bourreaux ; douze ou treize anges en adoration entourent 
le Sauveur crucifié. Un ange est auprès du bon larron, un 
démon près du mauvais. 

Dans les deux baies latérales sont les apôtres saint 
Pierre et saint Paul. Dans la zone inférieure, les Apôtres 
sont groupés deux à deux, sauf dans la baie du milieu où 
Ton voit Notre-Seigneur prenant la main de saint Thomas 
et la mettant dans la plaie de son côté. 

La facture de ce vitrail accuse la Renaissance avancée, 
peut-être l'époque de Louis XUL 

A la façade de Téglise se trouvent les statues de VEcce- 
Homo, saint Mathieu, sainte Madeleine, saint Yves et un 
autre saint que Ton peut confondre d'abord avec saint 
Jean TÉvangéliste parce qu'il a un oiseau à ses pieds, 
mais ce n'est pas l'aigle symbolique. Dans le cimetière ou 
enclos de l'église, côté Sud, est saint François d'Assise 
montrant ses stigmates. 

Le tombeau de Michel Le Nobletz y occupe une place 
correspondante à celle qu'il occupait dans l'ancienne 



-â7 - 

église. Nous renvoyons le lecteur à la Vîô de ce grand 
serviteur de Dieu pour connaître les particularités de sa 
vie de missionnaire dans la petite ville du Conquet et 
aux environs ; disons seulement que, pendant la cons- 
truction de la nouvelle église, son sarcophage fut déposé 
dans son ancienne maison transformée en oratoire, et 
Ton vit dans ce fait la réalisation d'une parole attribuée 
par la tradition populaire au serviteur de Dieu, à savoir 
qu'il reviendrait un jour dans sa maison après sa mort. 
Disons aussi qu'il était en usage à Lochrist, usage qui 
aurait été conservé quelque temps au Conquet, de revêtir 
d'un surplis la statue du saint missionnaire les jours de 
fêtes, pendant les offices, comme pour rappeler d'une 
manière plus saisissante ses travaux apostoliques et sa 
protection toujours vivante et secourable pour ses fidèles 
clients. 

Chapelles 

i® Saint-Christophe. 

Ancienne chapelle du xv^ siècle, où se desservait une 
chapellenie fondée par un S^ du Marquer, et dont furent 
successivement présentateurs, les S" du Marquer, les 
Kersauzon Goasmoaluin, avec obligation d'une messe 
basse le dimanche. 

Cette chapelle, très utile lorsque l'église paroissiale 
était située à Lochrist, fut abandonnée lors de la transla- 
tion du service paroissial au Conquet, en 1857. Elle fut 
démolie à cette époque pour faire place à une maison qui 
servait, ces derniers temps, à abriter le canot de sauvetage. 

C'est dans cette chapelle que fut exposé, après sa mort, 
le corps de dom Michel, et où s'opérèrent les merveilles 
racontées par ses biographes. 



2o Notre-Dame de PotUconq. 

Dans Tanse formant le port, on voyait, il n'y a pas long- 
temps, le reste des murs, non loin de l'usine des produits 
chimiques ; le culte y avait cessé depuis la Révolution. 

do Saint' Michel. 

Dans le cimetière de Lochrist est une chapelle dédiée 
à saint Michel archange et à TAnge Gardien, où l'on trouve 
les statues de Notre-Dame de Bon-Secours, saint Michel, 
l'Ange Gardien et saint Jérôme. La Vierge porte en mains 
les trois couronnes dont il est question dans la Vie de 
Michel Le Nobletz. 

Dans le cimetière est enterré Le Gonidec, dont les tra- 
vaux et les écrits ont tant contribué à remettre en hon- 
neur l'étude de la langue bretonne. Sa tombe est sur- 
montée .d'une sorte d'obélisque en pierre sur lequel sont 
gravées trois inscriptions en trois langues différentes. 

1. — Inscription galloise : 

Ar Oonidec, dynda 

Ei envo syd yma 

Yn arvoyd o tcir vravul 

A'r cariad tynera, 

Ar bawl'Vaen a sav tvyd 

Oan vro dyr bryihoniaid 

Prydain vechan gyda 

Frydain varvor, Oomeriaid 

An y carai ei vro 

A! i iaith y Vrythonec 

Irun Ownaeth eirlyvr 

Ac Hevyd Raramadec 



— 29 — 

Ae am Droi y cyntar 
Tr holl vibl santaidd 
I inith y Bryhoniaid 
Owaith Mator da, nevolaidd, 

2. — Inscription française : 

Erigé en Î84ô et renversé par la foudre en 1846, ce monu- 
ment a été relevé et complété en 1851 par hs habitants du 
Pays de Oalles, en témoignage de leur admiration pour 
Le Qonidec, restaurateur de la langue celto-bretonne, en 
laquelle il a traduit la sainte Bible. 

« 

3. — Inscription bretonne : 

AR OONIDEO 

Peulvvan diskit d'an holl maro ar Oonidec, 
Den gwiziek ha den fur, Reizer ar Brezonec ; 
Oanet e Konk ar IV a viz guengolo MDCCLXXV 
Maro e Paris d'ann XII a viz hère MDCCCXXXVIII 
Beziet e Konk an XII a viz hère MDCCCXLV 

Dans ce cimetière ont été aussi ensevelis quelques-uns 
des naufragés du Drummond Castle, grand navire anglais 
qui périt corps et biens dans les parages d'Ouessant en 
Juin 1896. 

' 4^ Sainte-Barbe, 

Ancienne chapelle, dont on voit l'emplacement près de 
la croix, à l'entrée du port ; c'est dans cette chapelle 
qu'eut lieu le miracle du lys desséché reprenant vie et 
couleur dans les mains de dom Michel. 

5» Notre Dame de Bon-Secours. 

C'est la maison qu'habitait Michel Le Nobletz, dans 
laquelle il mourut le 5 Mai 1652. En 1856, M. le Recteur 



- 30 - 

du Conquet écrivait que « la tradition du pays rapporte 
que sa demeure fut convertie en oratoire aussitôt après 
sa mort et dédiée à la Sainte-Vierge, en l'honneur de la 
grande dévotion de ce saint personnage envers la Mère de 
Dieu... J'ai souvent entendu répéter que pendant la tour- 
mente révolutionnaire, cette petite chapelle, où venaient 
prier les fidèles qui ne suivaient pas l'intrus, ne fut jamais 
fermée ni interdite par les autorités municipales ou autres, 
qui partout ailleure, fermaient les églises et chapelles. La 
tradition attribue cette faveur aux prières puissantes de 
Dom Michel Le Nobletz aupr<ès de la Sainte- Vierge. 

(( Dans Tannée 1837, la famille Mazé-Launay qui, de 
temps immémorial, a orné avec soin, et généreusement 
entretenu à ses frais cette chapelle, la fit agrandir sans 
démolir l'ancienne maison du vénérable Michel Le Nobletz, 
et cette même année, Mgr de Poulpiquet permit d'y célé- 
brer la sainte messe le 8 Septembre, fête patronale. » 

Il est facile de distinguer la partie de l'édifice construite 
en 1837 et accolée au pignon de la maison qui fut ouvert 
à cette occasion ; mais une transformation qui semble 
dater de plus longtemps est la suppression du plancher 
qui supportait une petite mansarde dont on ne voit plus 
qu'une lucarne donnant sur la rue ; en visitant la mai- 
son voisine, qui est contemporaine de celle de Michel 
Le Nobletz, on se rend parfaitement compte de la dispo- 
sition ancienne de la maison où est mort le Serviteur de 
Dieu, et qui y fut de tout temps honoré, car nous trouvons 
aux Archives départementales (H. 122) mention d'un pro- 
cès criminel intenté le 11 Juillet 1740, contre François 
Lhostis, de Landéda, qui a volé « des deniers du tronc 
mis dans un oratoire ou chapelle dédiée à Michel Noblet )) ; 
dans un autre endroit du procès, on dit : a oratoire du 
bienheureux Michel Noblet, fait dans une maison au 
bourg du Conquet. » 



- 31 — 



* * 



Dans ]a série L, liasse 310, nous trouvons une série de 
fiches adressées, en Tan IV (1797), au District, sur les 
agissements des prêtres réfractaires, et administrateurs 
trop complaisants de la petite ville du Conquet : 

« Émigrés rentrés : i^ René Kermergant, ancien recteur 
de Lochrist, âgé de 60 ans ; retiré à Kervigny, il y dit la 
messe, et, les jours de grande cérémonie, il la dit chez la 
citoyenne Keralet, au Conquet ; il est toujours vêtu en 
paysan. On ajoute que ce réfractaire émigré est considéré 
par ceux de sa sorte comme grand vicaire de Lamarche, 
ci-devant évêque de Léon. 

« 2o Quéré ; dit la messe à Saint-Jean et à Trébabu. 

(( 30 Marc, 35 ans ; court les campagnes, vêtu en paysan. 

« 40 Jacques Le Gall ; dit ses messes à Lochrist et Tré- 
babu ; vient souvent au Conquet, habillé en paysan, par- 
ticulièrement chez ragent de la commune ; celui-ci a été 
en arrestation. 

(( Il en est d'autres encore que je n*ai pu découvrir. 

a C'est un certain abbé La Forest, parent du dit agent, 
qui lui a tourné la tête ; il y a trois mois environ que ce 
prêtre s'est rétracté de son serment et, depuis ce moment, 
il fait un mal incroyable, d'autant qu'on le dit avoir beau- 
coup d'esprit ; il réside aux environs d'Ârgenton. » 

Recteurs du Conquet-Lochrist depuis le Concordat 

1804. M. Le Corre ; nommé à Logonna-Daoulas. 

1804-1813. Le Gall. 

1814-1820. François Cariou, de Plougonvelin. 

1820-1862. Martin Gloaguen, d'Audierne. 



- 32 — 

1862-1871. Charles Gras, de Roscoiï. 
1871-1874. Gorentin Toulemont, de Pont-l'Abbé, 
1874-1882. Yves Goasguen, de Garantec. 
1882-1901. Jean -Yves Lamour, de Plabennec. 
1901. Henri Le Bihan. 



Vicaires 

1804. François Gariou. 

1814. Yves Morvan. 

1823. Théophile Le Gléau. 

1824. François Layiec. 

1825. Yves Le Roux. 

1828. Pierre-Yves Troussel. 

1838. Hervé Kerrien. 

1841. Jean-Marie Appéré. 

1846. François-Marie Quéré. 

1847. Jean-André Kersaudy. 
1860. Gustave Le Tournois. 
1858. Jean-Marie Ronvel. 

1864. Guillaume Galvez. 

1865. Paul-Marie Guiziou. 

1868. Théodore Garoff. 

1869. Joseph-Amédée Rouallec. 
1871. François-Noël Brignou. 
1880. Emile Jean. 

1888. Jean Lannuzel. 

1891. Hervé Grefï. 

1896. Jean-François Renaot. 

1899. François Kerouanton. 

1905. Yves-Marie Le Guen. 



- 33 — 

Familles nobles de la paroisse de Plougonveun, 

d'après m. de Courgy 

Le Bescont : d'tuur à un péliean d^or en sa pieté d€ 
même, 

Calvez, S' du Prédic : d'or à la bande de gueules, chargée 
de 3 étoiles d'argent. 

Coat, S^ de S'-Haouen : d'argent au chevron d'azur 
accompagné de 3 trèfles de gueules; alias : d'azur au che- 
vron d'or accompagné de 3 trèfles d'argent. 

Coetnempren, S' du Prédic : losange d'argent et de sable 
à la fasce en divise de gueules, chargée d'un oiseau de 
sinople. 

Corn (du) Sieur du Bouriot : d'or au pélican en sa pieté 
d'azur. 

Déauguer (Le), S' de Kergadiou (Plouzané) : de gueules 
à la croix pleine d'argent; devise : Dleet eo ar guir dan 
déauguer (le droit est dû au dimeur). 

Drenec, S' de Kerinou : d'azur à un barbeau d'argent 
en poli devise : Ne zeuz pesq heb he zrean; moderne : 
f{izeé d'argent et d'azur au chef d'argent. 

Fontenay, S' de Kerambosquer et de Lézireuc : d'argent 
à la fasee d'azur accompagné de deux dauphins de même. 

Kerannou, S' de Keranstreat : losange d'argent et de 
se^le qui est Rannou, à la bande de gueules chargée de 
8 trèfles d'argent. 

Kersulguen, S' du Billon : d'or au lion de gueules, qui 
est Pont-r Abbé, au franc canton éeartelé d'or et de gueules. 

9 

Kerveatoux, S' du Prédic : d'or à deux fasces ondées 
â^azur accompagnées en chef d'une étoile de même. 

Kerven, S' de Kergadiou (Plouvien) : d'azur au chevron 
eurmonté d'une croix poteneée et alésée en chef et accom- 
pagnée de 8 coquilles, 2, î, le tout d'argent; alias : d^azur 

BOLLITIN DB LA COMMISSION DIOCESAINS. — 7" SDIlée. 8 



- 34 - 

à la croix au pied fiché accompagné de 8 coquilles, le tout 
d'argent, 

Mesanven, S' de Bouriot : d'cumr au gland versé d'or 
accompagné de trois feuilles de diêne d'argent; devise : 
Emethu (dites-vous). 

Mescam (du), S' de Mesrivoal (Lannilis), de gueules à la 
rose d'argent boutonnée d'or; moderne : d'aeur à 3 têtes 
d'aigle arrachées d'argent^ qui est Mescaradec. 

Michel, S' de Kerveny : écartelé aux 1 et 4 de sable à 
neuf macles d'argent, aux 2 et 3 d'or à la coquille de 
gueules. 

TronsoD, S' de Kermerien : d'argent au chevron de 
gueules^ accompagné de 3 roses de même tigées et pointées 
d'azur. 

Le Vayer, S' de Poulfos : de gueules au lion d'or ; devise : 
Cognoscat ex ungue leonem. 



CORAY 



Cette localité est citée au Cartulaire de Landévennec, 
dans la charte par laquelle Gradlon donne de son propre 
bien au saint homme de Dieu Ratian, entre autres libéra- 
lités, Tili menver, sent Iglur, Pencoett, dans la vicarie de 
Choroe c in vicaria que vocatur Choroe ». La charte ajoute 
que Ratian, voyant son peuple sur le point de périr parla 
peste, s'adressa à Dieu et à saint Guénolé ; et sa prière 
étant exaucée, il mit tous ses biens sous le haut patronage 
du saint abbé de Landévennec, 



— 35 — 

Un acte du Cartulaire de Quimperlé, de la fin dexi® siècle 
(1066-1084), nous apprend qu'àCoray se trouvait la demeure 
de Guihomarch, fils de Numénoe, qui, malade, se fit trans- 
porter au monastère de Sainte-Croix, qu'il enrichit de ses 
libéralités (Cartul., page 182) : « Ego Ouihumarch fttius 
Numenoe, diu langitenB gravi inflrmitcUe, in domo méa 
Coroe, deferri mejusH in Cfiristi nomine, ad sancte Crucia 
monasterium Kemperéle )). 

Coray était une cbâtellenie dépendante des Evéques de 
Quimper, auxquels la plus grande partie des terres ren- 
dait aveu. En 1682, dans son aveu au Roi, l'Evêque décla- 
rait posséder, « à cause de son Evéché, la cbâtellenie de 
Coray, c'est-à-dire toute la paroisse, sauf quelques villages 
avec droits honorifiques et prééminences, comme seigneur 
fondateur, en Féglise paroissiale et les chapelles de Lochrist 
et Saint-Guénolay, où se voient ses armoieries en divers 
endroits éminents ; douze foires par an et marché chaque 
mardi ». Cette cbâtellenie donnait à TEvéque droit de 
dlme, de moulin de four, de coutumes (impôt sur le 
droit d'étalage aux foires et marchés) et droits casuéls, 
c'est-à-dire taxe sur les actes passés entre les parois- 
siens de Coray, partages, ventes, successions. Ces der- 
niers droits furent affermés, par bail du 8 Mars 1757, 
(( à noble homme Grégoire Le Guillou, sieur de Kerin- 
cuff, et demoiselle Marie Raoulin, son épouse, et à 
messire François Jaouen, prêtre vicaire de Coray, » 
pour la somme de 2.400 livres payables en deux termes, 
l'un à la Chandeleur, l'autre au 1®' Août. 

En 1575, c'est le sieur Le Baud, miseur des revenus de 
l'Evéché, qui va cueillir la dîme au bourg de Coray, et il 
note sur son compte (G., r. 61) : « Frais pour cueillir la 
dîme à Coray, pour le vin qui fut bu sur la croix, et le 
dizné des dysmeurs, les notaires, moi et mon cheval, 
6 livres ». En 1678, la dîme était aOermée à maître Guil- 



— 36 — 

laume Aufiret, sieur de Kerlean, du manoir de Kervanal, 
pour la somme de 1.800 livres. 

La chàtellenie de Coray fournissait le plus clair des 
revenus de rEvèché. Les archives départementales con- 
servent un très grand nombre d'aveux de cette paroisse, 
faits à l'Evoque depuis le \\i^ siècle ; ils seraient intéres- 
sants à consulter si Ton entreprenait une monographie 
un peu complète de cette paroisse ; nous citerons seule- 
ment les suivants : 

En 1540. — Aveu d'Alain de Lezandevez, pour le manoir 
du Stang. 

1540. — Aveu de dom Jean Olifl, prêtre, pour le Rosmeur. 

1540. — Aveu de dom Louis David, prêtre, pour Penhoat 
Membris et pour Queffranyc, sur le chemin de Kerhua à 
la chapelle de Lochrist. 

1540. — Aveu d'Alain Treberen, prêtre, pour Kergoat. 

1549. — Aveu à l'Evêque pour Parc Myrijens, sur la 
place de foire, par Olive Goalan, sieur de Mœsalles, de- 
meurant au village de Trefluel. 

1604. — Procédure entre l'Evêque de Quimper et Jean 
du Quelennec, héritier d'Olivier de la Rivière, sieur du 
Trefvel; il prétend ne pas devoir à l'Evêque de chefrentes, 
mais être simplement sujet à suivre son four. L'Evêque 
eut gain de cause par sentence du Parlement du 29 No- 
vembre 1604. 

1618. — Procédure entre l'Evêque et Jean de la Haye 
pour savoir si la dîme sur Rosencoet est à la 33® ou à la 
11» gerbe. 

1644. — Aveu pour le manoir de Kermenguy, apparte- 
nant à demoiselle Le Gac, dame de Keranguen, veuve de 
Mathieu Frollo, sieur du dit lieu, juge criminel à Quimper. 

1640. — Aveu d'Alain Le Guillou, pour Kereoret, en 
Trefvel. 

1678. — Aveu fourni par demoiselle Louise Auflret, veuve 



- 37 - 

de D. h. Pierre Baudouin, sieur de Kergouezec, du village 
de Trefvel, luy échu de la succession de maître Louis 
Aufiret, son père. 

1699. — Aveu de Jacques Le Guillou, sieur de Querom- 
nes, prêtre, demeurant au manoir de Queromnès. Ce ma- 
noir fut le berceau des familles Le Guillou de Kerincuff, 
de Penanros et de Keransquer. 

1701, 28 Juillet. — Acquêt du village de Portlazou fait 
par hon. h. Louis Auffret et Marie Merien, sa femme, et 
par mattre Grégoire Le Guillou et demoiselle Jeanne-Louise 
AuSret, sa femme. S' et d« de Querincuf!. Le vendeur était 
Nicolas Au&ret, vicaire perpétuel de Coray. 

1710. — Aveu à TEvôque de maître Grégoire Le Guillou, 
S' de Kerincuff, mari de demoiselle Jeanne-Louise Auffret, 
fille de feu Guillaume Auffret et de d}^^ Marguerite Bau- 
douin, pour la terre de Kervanal, dite autrefois de Ker- 
baznalec. 



* 



Coray, situé sur une montagne, a l'avantage de jouir 
d'un très beau point de vue et d'un air des plus purs ; 
aussi, en 1484, lors de la mort de Guy du Bouchet, évéque 
de Quimper, qui mourut à Nantes, le 10 Janvier, des ger- 
mes de la maladie contagieuse qui désolait alors Quimper, 
voyons-nous le Chapitre de Cornouaille, pour procéder 
avec plus de sécurité à l'élection d'un successeur, se réunir 
dans l'église de Coray ; et, près de cent ans plus tard, au 
mois de Septembre 1564, une tempête de neige, qui dure 
du 11 au 23 de ce mois, accompagnée d'une peste qui dé- 
sola la ville de Quimper, fit assigner Coray comme lieu de 
réunion du Synode de la Saint-Luc, 18 Octobre. 



-^ 38 — 

Eglise paroissiale 

Cette église, nouvellemeiit reconstruite, est sous le vo- 
cable de saint Pierre et saint Paul. Autrefois, Trégourez, 
qui cependant n'était pas trêve de Coray, était tenu de s'y 
rendre en procession le jour de la Saint-Pierre, lôte pa- 
tronale, ou du moins d'y venir à l'offrande. En 1678 (B.4), 
une sentence intervint, qui condamnait Corentin Mahé, 
Marc Le Moal et autres paroissiens de Trégourez à payer 
vingt sous ou une livre de cire à la fabrique de la paroisse 
de Coray, « faute par eux d'avoir été à la procession le 
jour de la Saint-Pierre, ou baillé leur offrande au Recteur 
ou aux fabriques pour l'y porter, conformément à l'acte 
prônai de 1666 ». 

Chapelles 

1^ Notre-Dame de Oamilis. 

Edifice du style roman, où Notre-Dame est représentée 
portant sur les genoux son divin Fils mort. On voit dans 
l'église un collier de fer et des chaînes, ex-voto d'un sei- 
gneur fait prisonnier par les Turcs en 1749. Pendant la 
Révolution, les Qdëles y venaient en grand nombre réciter 
le rosaire à l'heure de la messe du dimanche, malgré 
l'absence de prêtres. Sur la façade, on lit cette inscription : 
Ihi EnoT d'an Uroun Varia. Missire Yves Stum, Recteur de 
Coray, Ghrégoire le Quiniou fabrique 1749. On y célèbre le 
pardon le lundi de la Pentecôte et le 8 Septembre. 

Sur le placttre, est une croix en pierre avec cette ins- 
cription : Du temps de M. Yves Provost recteur , Pierre 
Floch fabrique, 1761. 



- â9 - 

2o LochrUt, 

Cette ancienne chapelle existait avant 1540. Notre- 
Seigneur Christ, qui en est le patron, est représenté sor- 
tant du tombeau et foulant aux pieds ses gardes endormis. 
Le pardon a lieu le premier dimanche de Mai, et on y dit 
une messe basse le troisième dimanche d'Octobre ; les 
offrandes s*y font alors en blé noir. Autrefois, la proces- 
sion du Saint-Sacrement s'y rendait du bourg. 

On y voit les statues de Notre-Dame, sainte Barbe, saint 
Sébastien, et au-dessus d'un second autel, dédié à saint 
Laurent, la statue de saint Laurent et un tableau le repré- 
sentant. Sur la croix du placltre, on lit la date de 1700. 

30 Saint'Venéc ou Vinoc. 

Ancienne chapelle du manoir de Saint-Dridan, trans- 
férée au Kergoat en 1819. On y voit encore les armes des 
Le Rousseau de Rosencoat, S' de Saint-Dridan : d'azur à 
trois soleils d^or, un croissant de même en ahyme. Le par-^ 
don a lieu le dernier dimanche de Mai et le dernier di- 
manche de Juillet. Saint Yenec est représenté en moine, 
sans crosse ni mitre. Il est invoqué pour guérir des fièvres. 
On voit aussi dans la chapelle une statue de sainte Anne. 

40 La Trinité. 

Cette chapelle, qui existait encore en 1806, était située 
sur les terres du presbytère qui fut vendu avec ses dépen- 
dances pendant la Révolution. 



5o Saint Ouénolé* 

Le rôle des décimes mentionne cette chapelle, en 
1789, distincte de la chapelle de Saint-Guenel ; mais cette 
dernière doit se confondre avec celle de Saint- Venec. 

RÔLE DES DÉCIMES EN 1789 

M. Kergourlai, recteur 22^ 10^ 

La labrice 8i 10» 

Le Rosaire. 2^ 

S* Guenel 2» 

Lochrist 2^ 

S* Guénolé 2i 

de Gamilis 14^ 

Total 531 

Recteurs de Coray avant le Concordat 

1580. Guillaume Glelfer (G., 95). 

1668-1706. Nicolas Auiïret, vicaire perpétuel. 

Il dut faire connaissance avec le Père Maunoir lors- 
que celui-ci vint à Coray pour la mission de 1655; 
toujours est-il qu'il travailla avec le Père à la grande 
mission de Landivisiau en 1668, pendant laquelle 
M. Auiïret tomba malade ; il demanda au Père Tauto- 
risation de se retirer ; « Oui, dit le Père Maunoir, 
retirez-vous, mais venez nous aider à la mission de 
Poullaouen, qui va s'ouvrir immédiatement après 
celle-ci ; vous n'aurez plus que cinq accès de fièvre et 
le dernier sera fort léger ». C'est ce qui arriva, et 
M. Aufifret se trouva fort bien rétabli pour la mission 
de Poullaouen. 



- 41 - 

1706-1723. Jacques Le Guillou, sieur de Keromnès. 

1728-1756. Yves Stum ; mort le 6 Juin, âgé de 70 ans. 

1756-1758. F. Jaouen ; décédé le 8 Août, à 1 âge de 43 ans. 

1759-1772. Yves Le Provost; décédé en Avril. 

1772-1775. H. Le Meyniel. 

1775-1783. Le Pape. 

1784-1787. Etienne Porlodec. 

1788. Jérôme Kergourlay. 



Extrait des délibérations 

DU Conseil général de la commune de Coray 

pendant la Révolution (1) 

« 20 Juin 1790. — La Municipalité prend note du trésor 
de réglise, 1.449 livres argent monnayé ; 64 livres 12 sols 
6 deniers, argent du presbytère. 

(( L*an 1791, le 25 Décembre. — Le maire, M. Jean 
Micbelet, a dit : 

(( Messieurs, Jean Le Guillou et moi, commissaires nom- 
ce mes par vous à Tellet de nous transporter au Directoire 
« du District de Carbaix pour demander la liberté du sieur 
« Legrand, notre vicaire, en offrant le cautionnement du 
« conseil général de la commune, avons rempli notre 
« mission, le vingt des présents mois et an. La réception 
« qui nous a été faite au Directoire ne peut être que très 
« flatteuse pour le Conseil que nous représentions, mais 
« notre demande n'a pas réussi ; la seule grâce qu'on ait 
« voulu nous accorder est de laisser le sieur Legrand dou- 
ce ner ses soins à la paroisse de Coray jusqu'au lendemain 
«des fêtes de Noël, parce qu'à cette époque il se rendra 
(( lui-même et à ses frais au château de Brest. » Un ofTicier 

(1) Noas devons ces extraits à l'obli^jeance de M. Allier. 



— 42 — 

municipal, après avoir entendu le rapport de M. le Maire 
a engagé le Conseil à prendre une délibération écrite, à y 
constater son offre de cautionner le sieur Legrand, et à 
présenter une expédition de Tarrélé au Directoire du dé- 
partement par quelques commissaires, en invitant mes- 
sieurs les membresderadministrationsupérieureàaccueil- 
lir favorablement la demande de la commune de Coray; 

« Sur quoi délibérant, tous les membres présents du 
Conseil ont arrêté à l'unanimité : \^ De cautionner tous 
individuellement et collectivement, au nom de la com- 
mune, la personne du sieur Legrand, vicaire de Coray, et 
s'engager à le faire représenter toutes et tant de fois que 
la réquisition en sera faite au Conseil. 

(( 2» De nommer deux commissaires pour présenter la dite 
soumission, le cautionnement au Directoire du départe- 
ment, en l'invitant, au nom de la commune, à y avoir 
égard, et à laisser en conséquence le sieur Legrand à con- 
tinuer ses fonctions de vicaire à Coray. 

(( 30 De charger les dits commissaires d'atlirmer au 
Départementque le sieur Legrand, bien loin d'avoir troublé 
le bon ordre dans la paroisse, d*y avoir prêché ou parlé 
contre la Constitution, ou d'avoir cherché à détourner 
quelques personnes du payement des impôts, a, dans tous 
les temps, donné et donne journellement encore des con- 
seils contraires. 

« S'il est quelque reproche à lui faire, ce ne peut être 
que d'avoir refusé le serment ; mais comme ce n'est pas 
là un délit, il ne saurait servir de motif pour le priver 
de sa liberté. Il doit exister au Directoire de Carhaix une 
soumission faite par lui dans le mois d'Avril 1790 pour 
lacquisition d'une portion de domaines nationaux à Coray. 
Cette soumission a été connue de toute la paroisse et y a 
été d'un bon exemple : après un acte libre et volontaire 
de ce genre, il est difRcile d'attribuer au refus du sieur 



— 43 — 

Legrand de prêter le serment ecclésiastique, des motifs 
de haine ou même d'éloignement pour la Constitution. 

« Après quoi, le Conseil général a procédé, par la voie 
du scrutin, à l'élection des deux commissaires, et a nommé 
Louis Michelet, ancien maire, et Toussaint Le Du, ancien 
officier municipal, auxquels il est ordonné de livrer dans 
la journée une expédition du présent arrêté, sur timbre, 
pour être présenté demain prochain au Directoire du 
département, à Quimper, avec les vœux ardents et sincères 
de la commune pour le succès près cette administration 
supérieure. » 

— « 1791, le 7 Août. — Séance du Conseil général de 
la commune. 

(( M. Kergourlay, recteur de la dite paroisse, a aussi 
payé en notre présence la somme de cinquante-six livres 
cinq sols pour vingt-deux mois de ferme et les dits temps 
finis depuis le 1«' Janvier 1790. » 

— « Ce jour, 22 Avril 1792, se sont assemblés les offi- 
ciers municipaux, avec le Maire de la paroisse, pour rece- 
voir le serment du sieur Ambroise Rivoal, nommé curé 
constitutionnel de la paroisse de Coray, dont il a pris 
possession le même jour, après que nous avons fait les 
informations nécessaires pour savoir s'il était pourvu de 
Monsieur Expilly, évêque du Finistère; nous l'avons sou- 
tenu dans ses fonctions en réservant la loi du 18 Octobre 
1791 relative aux cures vacantes, et en conséquence, 
nous, officiers municipaux, déclarons la possession ne 
pouvoir être que provisoire et avons signé : Ambroise 
Rivoal, curé constitutionneldeCoray,J. Michelet, maire. )) 

— <( Du même jour, nous officiers municipaux et général 
de la commune, déclarons donner pouvoir à M. Legrand, 
vicaire de la dite paroisse, de continuer ses fonctions 
comme cy-devant jusqu'à remplacement, approuvant en 
conséquence ce qu'il fera ce touchant. Fait et arrêté en la 



1 



sacristie, les dits jours et an. Signé : J. Michelet, maire. » 

— « L'an 1702, le 26 Avril, avant midi, se sont assemblés 
dans la sacristie de notre église paroissiale, les officiers 
municipaux, lieu commun de leur assemblée, où étant 
arrivés ils ont dit : nous Maire et officiers municipaux et 
conseillers de la paroisse de Coray, cheMieu du canton du 
même noqi, district de Carhaix, département du Finistère, 
qu'instruits dp la pétition adressée par des citoyens de 
Quimper, aipis de Tordre et de la loi, au département du 
Finistère, pour obtenir l'élargissement des ecclésiastiques 
détenus au château de Brest et la liberté du culte, ils 
déclarent unanimement adhérer à la dite pétition, sollici- 
tant le département à deSerer (sic) ne demandant pour 
cette adhération (aie) que Texécution de la loi, que ce 
qu'exigent la justice et l'humanité. Arrêté en la sacristie 
de l'église paroissiale de Goray, sous nos seings, officiers 
municipaux et notables qui suivent. Signés lesdits jour 
et an : Louis Morvan, officier ; Joseph Laz, officier ; Le 
Louet, officier; Jacques Leguillou, officier; J. Michelet, 
maire ; N. Legars, procureur de la commune. » 

— « Du même jour, nous, officiers municipaux et géné- 
ral de la commune, autorisons et prions Monsieur Le 
Guével, prêtre desservant de ladite commune, de conti- 
nuer ses fonctions comme cy-devant, approuvant en con- 
séquence ce qu'il fera ce touchant. Fait et arrêté en la 
sacristie lesdits jour et an. Signatures. » 

— « L'an 1792, l'an quatrième de la liberté, 8 Juin, nous, 
Maire et officiers municipaux, présent M. le procureur 
de la commune, qui a dit : 

« Messieurs, je viens de recevoir une lettre, en date de 
« ce jour, signée Rivoal, curé de Coray, portant convoca- 
« tion de la Municipalité de s'assembler sous le costume 
« ordinaire pour agréet ou refuser sa démission de la 
(( dite cure, et comme la chose est urgente, il a requis 



— 48 — 

« qu*on délibère sur le champ. Sur quoi la Municipalité, 
(c convoquée par M. le président, a mis la question aux 
« Yoix : en Tendroit s^est présenté le sieur Ambroise 
(( Rivoal, curé constitutionnel de Coray, qui a dit : 

« Mes chers frères, 

(( Appelé par le consentement libre de l'élite de mes 
(( concitoyens à remplir les fonctions curiales dans cette 
« paroisse, î*ai cru que Dieu même m'appelait suivant le 
(( texte de TEcriture Sainte : Vaxpoptdi, vox Dei ; je n'a- 
« vais point songé dans ce moment que le prophète-roi 
« avait dit dans son psaume 114, v. 2 : Omnis homo men- 
« dax. Aujourd'hui, chers Frères, je serais tenté d'enché- 
(( rir sur ce texte et de dire non pas que tout particulier 
(( est sujet à l'erreur, mais que les représentants mêmes 
(( de dix mille âmes le sont. L'expérience et votre manière 
« d'agir me le font très fort présumer. Un pasteur est 
(( chargé du soin de toutes ses ouailles. La parabole de 
« Notre Seigneur, représentant le Berger courant après 
(( sa Brebis égarée, nous le dit hautement. Ce Berger, 
« plus heureux que je n'espère de l'être, retrouva sa Bre- 
« bis toute saisie de joie. Si je pouvais me flatter de pou- 
(( voir ramener avec le même succès les esprits égarés de 
« cette paroisse, j'emploierais tous mes soins, mes talents 
« et mes facultés pour y parvenir, et si quelques taches 
(( restaient dans vos âmes, prosterné entre le vestibule et 
(( l'autel, je dirais au Seigneur : parce. Domine, parce 
« populo tua. Mais le mal est parvenu au point, la conta- 
« gion inconstitutionnelle est si généralement répandue 
« parmi vous, que je désespère de la faiblesse de mes 
(( talents pour pouvoir vous guérir de cette épidémie. Un 
« autre plus heureux que moi, plus orné de talents et de 
(( vertus, parviendra — et plût à Dieu qu'il eût déjà occupé 
« ma place I — , mais encore quelques jours et le soleil de 



- 46 - 

(( vérité luira à vos yeux. Si vous daignez accepter ma 
(( démission de cette cure que je vous déclare dès aujour- 
« d'hui vacante, vous allez me voir un successeur aussi 
(( zélé que moi pour le salut de vos âmes, mais ayant, je 
« rose croire, plus d'ascendant sur vos esprits ; il vous 
« conduira avec plus de succès dans la voie du salut : 
(( c'est ce que mon cœur vous désire, c'est ce que je 
« demanderai au Seigneur pour vous pendant tous les 
(( jours de ma vie I Je vous quitte, mais je vous laisse 
« mon cœur pour garant de mon attachement pour vous. )> 

« Nous, officiers municipaux, sensibles aux instructions 
(( charitables que vous nous avez toujours montrées, nous 
« voyons avec regrets que vous soyez obligé de quitter le 
« soin d'âmes teintes du sang de Jésus-Christ, mais les 
(( lois constitutionnelles, nous y obligent. 

— « Ahl mes amis, voici mon adieu : Dieu, la Vierge, le 
« paradis et votre salut ; voilà les derniers souhaits que je 
« vous fais. Si mon cœur pouvait vous en dire davantage, 
(( mais ils sont écrits en caractères du psaume du pro- 
« phète David : in œre et adamentino inauro et silice. Votre 
« serviteur, Rivoal, curé constitutionnel de Coray; Nico- 
(( las Legars, procureur de la commune ; J. Michelet, 
(( maire. » 

Après ce congé courtois donné à leur curé constitu- 
tionnel, les municipaux de Coray s'empressèrent d'assurer 
au milieu d'eux le ministère de M. Le Grand, en écrivant 
au District : 

(( Nous soussignés. Maire et officiers municipaux de la 
paroisse de Coray, chef-lieu du canton, district de Carhaix, 
vu que Monsieur Rivoal, notre curé constitutionnel, s'est 
démis de notre cure, nous avons, Messieurs, l'honneur de 
vous prier d'accorder à Monsieur Le Grand, notre vicaire, 
qui n'a jamais rieu dit de contraire à la Constitution, votre 



- 47 — 

agrément, pourvu qu'il puisse remplir avec tranquillité et 
assurance toutes les fonctions pendant la vacance de la 
dite cure. » 



Recteurs depuis le Concordat 

1804-1818. Jérôme Kergourlay, d'Elliant. 

1818-1824. Hervé-Corentin Pétillon, de Briec. 

1824-1831. Louis Tabourdet, de Quimperlé. 

1831-1857. Vinoc Kerdréach, d'Audierne. 

1857-1890. Yves-Pierre Conan, deTréogan (Saint-Brieuc). 

1890-1897. Yves Abhervé-Guéguen, de Guimiliau. 

1897. Gabriel-Louis Hunault. 

Vicaires 



1819. 


François-Marie Grall. 


1820. 


Jean-Louis Bernard. 


1823. 


Jean-Louis Tandé. 


1834. 


Jean-Marie Férec. 


1835. 


Charles Kerivel. 


1836. 


René Garo. 


1847. 


Julien Le Foll. 


1849. 


Maurice Montfort. 


1854. 


Guillaume Castrée. 


1855. 


Yves Pavec. 


1864. 


Philippe Poupon. 


1869. 


Pascal Chevert. 


1870. 


Jean Riou. 


1884. 


François Le Roux. 


1883. 


Hervé Corre. 


1893. 


Gabriel Berthou. 


1893. 


Joseph Com, 



— 48 — 

1900. Jean-Marie Cuillandre. 

1906. Jean-Marie Evennou. 

Maisons nobles 

Penlaes (de) sieur du Stang-Meur : d'argent au chevron 
de gueules accompagné de 3 moletteê de même. 

Rousseau de Rosencoat, S' de Saint-Dridan : d'azur à 
3 soleils d'or au croissant de même en abyme. 

Monuments anciens 

Alignement de douze blocs de quartz, à Parc-an-Ilis 
(Keresquen). 
Tumulus au Herou. 

Briques romaines en Treveliny, à Parc-ar-Ghapel. 
Enceinte avec douves au Salou. 
Mottes à Kerdavid. (du Chatellier.) 



- w - 



CARTILAIRE 

DE L'ÉGLISE DE QUIMPER 

(Suite.) 



853. 

ORDINACIO SUPER QONTROVERSIA INTER PRIOREM HOSPITALIS 
SANCTE KATERINE ET CAPELLANOS CURATOS ET ALIOS 

ECCLESIE CORISOPITENSI (') 

Aocommodation entre le prieur de l'hoeplUI 8» Catherine 

et les curez de 8* Corentln. 

- 16 niu\n 1376. - 



Quia sepe contingit, prout per facti experienciam ac 
evidenciam pluries didicimus, quod quamplures lites et 
controversie inter vicarios et capellaaos curatos, sacris- 
tain, dyaconum et sul^ditos ecclesie Corisopitensis ex 
parte una et prioreui hospitalis Sancte Katerine ex altéra, 
sepius moveatur et moveri consueverunt super certis 
articulis inferius descriptis et declaratis, propterque con- 
tigit officium divinum in dicta ecclesia quandoque multi- 
pliciter perturbari, idcirco, Nos humile Capitulum Cori- 
sopitensis ecclesie predicte considérantes, iinemque licti- 
bus et controversiis huiusmodi, ut tenemur, imponere 
cupientes et divinum officium in nostra ecclesia Coriso- 
pitensi, ad laudem et honorem tocius curie celestis et 

(1) Cart. 56, f 46. 
BuLLBTiN DB LA COMMISSION DiocisAiifB. — 7* année. 4 



— 50 — 

Beati Corentini patron! nostri, cum paciencia et in tran- 
quillitate, sine murmuracione seu perturbacione qua- 
cumque facere atque dicere volentes, ut decet et convenit, 
in nostro Capitulo generali die veneris post festum sinodi 
Penthecostes, videlicet décima quinta die mensis iunii, 
anno Domini M^ CGC'' septuagesimo quinto, continuato a 
die iovis immédiate précédente capitulantes et super hiis 
et aliis Capitulum facientes, diligenti tracta tu perhabito 
duximus in modum qui sequitur statuendo ordinan- 
dum (1). 

Que paroissien de S. Gorentin décédant à Thépital le prieur y 
fera service à basse voix pour luy et aura seul les oUations, 
s'il n'y a laminaire de frarie et sera après le corps porté à 
S^ Ciorentin. 

Primo quod si aliquis parrochianus ecclesie Corisopi- 
tensis transférât se ad bospitale Sancte Katerine et décé- 
dât ibidem, prior dicti hospitalis celebrabit unam missam 
pro cadavere présente, submissa voce, tali bora quod die- 
tum cadaver possit, bora consueta, deferri ad ecclesiam 
Corisopitensem ; et prefatus prior, omnes oblaciones ha- 
bebit que in dicta missa ailerentur, absque eo quod dicti 
vicarii seu capellani curati quicquam ex ipsis percipiant, 
dum tamen in dicta missa luminare cuiusvis confraterie 
non incendatur. 

Si les curés célèbrent anniTorsaire à S** Catherine 
ils auront les deux tiers des oblations. 

Item si contingat dictos vicarios seu capellanos curatos 
celebrare in dicto hospitali commemoracionem seu anni- 
versarium pro suo parrochiano, percipiant duas partes 



(1) Les textes fraoctis sont en marge dans l'origiiial. 



— 51 — 

oblationum que super altare dicti hospitalis in dicto anni- 
versario oflerentur et prior qui pro tempore erit babebit 
terciam partem. 

Le dit prieur aura les habits du décédé et pauvres du lien. 

Item pênes priorem remanebunt vestes dicti defluncti 
post eius obitum, si que fuerint, sed decimabitur de aliis 
bonis defiuncti post eius obitum, si que fuerint ad hos- 
pitale predictum transportata, iuxta qualitatem dictorum 
bonorum. 

Le prieur aura seul les oblations de l'hôpital le long de Tan. 

Item omnes oblaciones que fient in dicto hospitali, tam 
in cista per circulum anni, quam in altare die festi Béate 
Katerine, percipiet prior intègre absque eo quod prefati 
Ticarii seu capellani curati possint in ipsis sibi quidquam 
vendicare. 

Aura le dit prieur les cierges y donnés. 

Item omnes oblaciones que fient in dicto hospitali quo- 
vis modo et quocumque tempore in cereis, torticiis et 
candelis remanebunt pênes dictum priorem ad usum 
dicti hospitalis et pauperum eiusdem intègre, nec poterit 
sacrista presens ecclesie Corisopitensis nec sacrista qui 
pro tempore erit, quicquam in ipsis vendicare, prout hac- 
tenus fuit observatum et consuetum. 

Ordre pour dire les leçons des morts. 

Item prior dicti hospitalis modernus et sui successores 
qui pro tempore erunt, quia de numéro macicolorum, 
legent lectiones primo loco post alios macicotos in eccle- 
sia Corisopitensi, dum et quando contigerit per succen- 



— 82 — 

torem aut magistrum scolarum civitatis Corisopitensis, 
assignari. Subdyaconus vero predicte ecclesie secundo 
loco leget, dyaconus tercio loco et sacrista, qui pro tem- 
pore erit, quia reputatur unus de vicariis seu capellanis 
curatis dicte ecclesie, cum in oblacionibus, mortuagiis, 
pastu quadragesimali certam porcionem consueverit ab 
antiquo, memoriam hominum excedenti et in quibusdam 
aliis, recipere et percipere sicuti unus de vicariis septem 
seu capellanis curatis dicte ecclesie, leget quarto loco, et 
ceteri vicarii seu capellani curati quilibet similiter leget 
suo loco secundum sua primogenita. 

Acta fuerunt predicta statuta et publicata loco, die et 
anno predictis ; presentibus venerabilibus et discretis 
viris Magistris Guillermo le Glas cantore, Guillermo le 
Marhec iuniore Archidiacono de Pocher, Guillermo le 
Marhec ofBciali Corisopitensi, Thoma Episcopi, Alano 
Raoulini, Rioco Lestuchan et GauSrido Gallici canonicis 
prefate ecclesie Corisopitensis vocatis ad hoc in predicto 
Capitule, prefatis priore, subdyacono, dyacono, sacrista 
et ceteris capellanis curatis seu vicariis ipsius ecclesie. 

Gauffridus le Marhec iunior Archidyaconus predictus 
composuit et scripsit de mandate dictorum dominorum 
canonicorum, manu propria in testimonium veritatis. 



854. 

JEAN PENGUEN, CURÉ DE LA RUE NEUVE 
PAIE AMENDE AU CHAPITRE (0 

— 14 Septembre 1876. — 



Anno Domini M® CCC° septuagesimo quinto die décima 
quarta mensis Septembris, circa horam terciam dicte diei, 

(1) Cart. 31, r 56. 






- 53 - 

indicione XIII* Pontificatus Domini nostri pape Gregorii 
pape XIs preseotibus venerabîlibus viris G. le Glas can- 
tore, G. le Marec, A. Raolin, G. Gall,T. Episcopi canonicis 
ecclesie Corisopitensis et Magistro Johanne Raolini clerico 
advocato curie Corisopitensis, promisit et gratavit domi- 
nas Johannes Penguen presbyter curatus de Vico novo se 
solvere venerabilibus viris Capitulo Corisopitensi, infra 
proximam diem dominicam, summam sexaginta solido- 
mm monete, de quibus fit mencio in instrumento publico 
confecto manu magistri Thome Episcopi et quam summam 
sexaginta solidorum alias idem presbyter eidem venera- 
bili Capitulo solvere promiserat, racione aliquorum exces- 
suum alias ab eodem in preiudicium dicti veneràbilis 
Capituli perpétra toru m, et cum hoc, idem presbyter sub 
obligacione omnium bonorum suorum tenetur solvere 
eidem venerabili Capitulo ad voluntatem et conscienciam 
eorumdem, summam decem librarum monete currentis, 
non obstante lapsu diei et anni, nomine emende et pro 
emenda, eoquod aliqua patraverat contra statuta et con- 
suetudines dicte ecclesie Corisopitensis ; premissa tenere 
et contra non venire juravit. Et hoc fuit factum precepto 
seu iussu prefati Corisopitensis (advocati) ibidem com- 
parentis. 
Ita est. H. DE Stagno parvo. 



CONCORDIA FACTA PER G. EPISCOPUM CUI CANOMCIS (<> 

Oonoordat entre rKveeque et son Chapitre touchent lee eoquete 
ou done du Chapitre en la ville et allleure au fief de l'Eveeque, 
tant pour le paseé que pour l'advenir. Le Chapitre s'oblifle à 
faire un anniversaire en Caresme et fera fond de 60 sols de 
rente et un c salut » tous les Jours après vesprss pour les 
Kvesques de Cornouallle en la forme oy décrite et que lee dons 
et aoquete ne seront vendus que pour anniversaires. 

— 6 Décembre 1876. — 



Noverint univers! quod, cum inter nos Gauffridum Dei 
ac Sedis Âpostolice gracia Corisopitensem episcopum ex 
una parte et Nos Capitulum humile ipsius ecclesie ex alia, 
orta f uisset materia questionis atque gravis discordia sus- 
citata de et super nonnullis censibus annuis iuribusque 
et provenientibus a Nobis Capitulo, titulo emptionum et 
alias fidelium largicionibus in civitate Corisopitensi et 
alibi in feudo nostro Episcopi et nostre ecclesie Coriso- 
pitensis hactenus acquisitis et in posterum acquirendis, 
presertim ad usum distribucionum anniversariorum in 
ipsa ecclesia Corisopitensi annuatim celebrandorum depu- 
tatis, ac eciam deputandis, quod Nos Episcopus diceba- 
mus ad preiudicium nostrum ex pluribus causis et racio- 
nibus graviter redundare, et per hoc Vobis Capitulo, taies 
redditus et census acquirere in feudo huiusmodi nullate- 
nus licere nec eciam acquisitos retinere; Nobis Capitulo 
ex adverso allegantibus taies et consiniiles census et red- 
ditus per nos posse racionabiliter acquiri et hoc fuisse 
consuetum et ab antique laudabiliter observatum ad usum 
distribucionum anniversariorum huiusmodi in ecclesia 
predicta, ipsosque census acquirere et œqualiter tenere, 
multis de causis et racionibus, Nobis Capitulo racionabi- 
liter licere ; Et super hoc et alias, racione acquisicionum 
eorumdem, pluribus disceptacionibus et altercacionibus 

(l) Cart. 81, ^ as, et Cart. 51, ^ 96, et CarL 56, f* 55. 



-^ 55 — 

inter Nos hinc inde babitis, tandem Nos prefati Episco- 
pus et Çapitulum, tractatu super boc solempni babito, et 
cum deliberato eoncilk) et maturo, proinde considérantes 
quod ex buiusmodi discordia, plurima incommoda et 
scandala possent verisimiliter provenire in ecclesia me- 
morata, cupientes, pia consideracione, ipsam discordiam 
prorsus evellere, nuUo unquam tempore, favente Domino, 
suscitendam, ad talem formam pacis seu composicionis 
amabilis seu concordie, pensatis a Nobis eiusdem eccle- 
sie utilitate et eminente necessitate, devenimus in bunc 
modum, ita quod : 

Nos Gaufridus ipsius ecclesie Corisopitensis Episcopus, 
ad decorem et bonorem nostre ecclesie Corisopitensis et 
profectum fidelium animarum, pro quibus maxime dicta 
anniversaria celebrantur, et augmentum divini cultus 
atque maiorem solempnitatem et exaltacionem ampliorem 
ecclesiasticorum officiorum in nostra ecclesia predicta, et 
pensato eciam a Nobis, distribuciones et redditus canoni- 
corum et ministrorum nostre ecclesie predicte fore tenues 
et adeo diminutos quod congrue ex eis nequeunt susten- 
tari bis diebus, volumus per presentem composicionem 
in perpetuum valituram et eciam dictos redditus, census 
quoscumque et proventus, pro tempore preterito et eciam 
future, acquisitos et acquirendos, ad usum tantummodo 
distribucionum anniversariorum eorumdem approbando, 
pro Nobis et successoribus nostris in perpetuum consen- 
timus, buiusmodi redditus, census et proventus, cum ipso 
nostro Capitule et ministris nostre ecclesie predicte in 
perpetuum permanere, quodque prefatum nostrum hu- 
mile Çapitulum possit et valeat uti et gaudere perpétue 
universis acquisitis buiusmodi et cum bis, taies et censi- 
miles redditus in nostro et ecclesie nostre predicte feudo 
libère acquirere, prout facultas se obtulerit, pro anniver- 
sariis in nostra ecclesia predicta celebrandis dumtaxat. 



- 86- 

Nos vero Capitulum dicte ecclesie, in nostro generali 
Capitulo Capitulantes et capitulum super hoc et aliis fa- 
cientes per composicionem hujùsmodi, quam gratam et 
ratam habemus, approbamus, solempni tractatu super 
hoc prehabito, promictimus et gratam us pro bono eciam 
pacis predicte, unum anniversarium in ipsa ecclesia nos- 
tra Corisopitensi, pro anima dicti episcopi et animabus 
predecessorum et successorum suorum Episcoporum, in 
dicta ecclesia Corisopitensi fundare et celebrare solemp- 
niter annis singulis in ipsa ecclesia in perpetuum, vide- 
licet quolibet die lune immédiate post dominicam qua 
cantatur in officio misse, îetare Jérusalem et pro funda- 
cione predicta sexaginta solidos annui redditus, loco 
congruo assignare ; et una cum ministris ipsius ecclesie ; 
pariter et gratamus singulis diebus in perpetuum, finitis 
vesperis, excepto die sabbati, in dicta ecclesia antipho- 
nam Virginis gloriose Marie, utpote Salve Regina et cetera 
cum duabus oracionibus, Concède nos famulostuos et Deus 
qui inter apostolicos sacerdotes^ dicere et cantare solemp- 
niterut pote qualibet die sabbati, cum processione exeunte 
de choro, cereis accensis, coram imagine Béate Marie sita 
super altare versus mercatum bladi in dicta ecclesia, et 
redeunte processione ad chorum, cantando ad chorum 
cantando unam antiphonam beati Chorentini, dicendo in 
choro versus et oracionem eiusdem sancti, et aliis diebus, 
in choro ecclesie antedicte, alta voce ; 

Et sic omnes contencio et discordia mota seu que mo- 
veri sperabantur inter nos hinc inde, racione premisso- 
rum sunt sopite penitus et annulate, tenorem premisso- 
rum fideliteradimplendo. Premissaomniafidelitertenere 
et perficere et contra non venire promictimus et gratamus. 

Nos prefatus Gaufridus Episcopus, nostro et nomine 
nostre ecclesie supradicte, bona fide pro nobis et nostris 
successoribus episcopis in futurum in ecclesia nostra 



-57- 

predicta, et eciam NosCanonici et alii ministri ecclesie pre- 
libate,capituluin memoratum super hoc et aliis célébrantes 
et eciam facientes, iuramus pro nobis et nostris successo- 
ribus, gratamus et-promictimus bona fide ut prefertur. 

Volumus tamen Nos Episcopus predictus> nec alias pre- 
dicta rata habemus, quod in empcionibus que fient in 
futurum pro propriis nostris anniversariis, cum condi- 
cione acquitandi infra novem annos, ut est fieri consue- 
tum in nostra ecclesia prediûta, non minus precium in 
empcione viginti solidorum detur quam valor modernus 
quindecim francorum aureorum. 

In quorum omnium testimonium,Nos Episcopus etCapi- 
tulum predicti, in quantum tangit quemlibet nostrum, 
sigilla nostra una cum signo et subscripcione notarii pu- 
blici et testibus subscriptis presentibus, apponi fecimus. 

Datum die sabbati, videlicet sexta mensis Decembris, 
anno Domini M» CCC^ septuagesimo sexto, presentibus 
ad hoc discretis Viri Alano de Alneto, Guillermo Periou, 
Oliverio Corre clericis et Rollando Luce Corisopitensis et 
Trecorensis dyocesis testibus ad premissa vocatis et spe- 
cialiter rogatis. 

Approbation du dit Concordat par notaire 

Et Ego Herveus de Stagno parvo clericus dyocesis Cori- 
sopitensis publicus auctoritate Apostolica et Imperiali 
notarius, premissis omnibus et singulis, dum ut predici- 
tur fièrent et agerentur, una cum prenominatis testibus 
presens fui ; huiusmodique publicum instrumentum per 
me in notam redactum per alium in proximo precedenti 
et presenti foliis scribi feci, et ideo hic me subscripsi 
signumque meum consuetum hic apposui requisitus, 

super hoc et rogatus. 

(A suivre») 



-88 — 



NOTICES 



SUR LB8 



PAROISSES DU DIOCÈSE DE QUIIPBR ET DE LÉON 

Par MM. PBTRON et ABaRALL. 

(Suite.) 



CROZON 



Celte église est appelée, au Gartulaire de Landévennec, 
Flueu Orauion, Orauthan dans la charte par laquelle 
Gradlon Roi donne à saint Guénolé, la troisième partie de 
pUbé'Orauthan et son église à jamais ; il ajouta à cette pre- 
mière donation d'autres libéralités dans la presqu'île, 
entre autres, Roicatmaél (Roscanvel), Enêêhir (Ile longue), 
Eaguettêê, Trefleê, Morcat, SMiU-VurguêêUe, le$ SatUnuc 
(Radenec), Labou Hether (la Boixière), Morcat, tref pul 
crauihan (TrebouUe, près l'tle de Laber), la moitié de trêf 
Slrgard (Hirgars), 8Mi Rioc, la moitié de Rostudér (Ros- 
tudel), et d'autres localités que nous n'avons pu détermi- 
ner, ce que les gens connaissant mieux le pays pourraient 
faire plus facilement ; nous donnons, à cet effet, le texte 
du Gartulaire concernant la donation faite à saint Guénolé 
dans son entrevue avec ce saint abbé à Poulcarvan : 

(( De Plèbe Grauthon 

« Terciam partem plueu Grauton in œternam heredita- 
tem, Alvarpren in discumbitionem astemam, Lanloetqued 
in œternam discumbitionem. 



-{»- 



« 
« * 



« Très filii Catmagli, inique agentes, venerunt nocte ad 
locum Sancti Uuingualoaei, et ibi rapinam fecerunt quasi 
lupi rapaces. Modo autem per virtutem saneti Dei cœlebi- 
tes sunt. Et ideo tradiderimt bereditatem suam sancto 
Wingualoaeo in œternam hereditatem. Ego Gradionus 
hoc aflBrmo, Roscatmagli in discumbitione aBterna sancto 
Wumgualoaeo. 



* « 



(( Haec memoria retinet quod émit Gradionus Eneshir 
atque Rachenes, Caerbalavan, nec non et Ros Serechin, 
de auro atque argento quod accepit filii régis francorum ; 
et postea tradidit sancto Uuingualoœo in discumbitione 
tref Pulcrauthon, Tref Lez, Morcat, sent Uurguestle (1), 
Bois, les Rattenuc, Labou Hether, Lan Cun, Tref Cun. 



* * 



« Haec litter» narrant quod ego Gradionus iterum do 
sancto Uuingualoœo dimidiam partem tref Hirgard, tref 
Caruthon, Guern Pen Duan très villas ; Lan Tnou Miou, 
Lan Gun, Caer Gurcbenen, Les tnou (Le$iraon) quatuor 
villas ; Caer Gurannet, Les Cletin, dimidiam partem Caer 
Beat, ti Ritoch, Han Silin, tref Limunoc, Caerpont, tref 
Fui Dengel, sent Rioc, dimidiam partem Ros Tuder, Soit 
Hinuarn, Caer truu, in discumbitione. » 

Crozon était un ancien comté qui, d'abord, appartenait 
aux Comtes de Cornouaille, et nous voyons, vers Tan 1030, 
un évéque de Quimper, Orscand, frère d'Alain Cainard, 

(1) Ce nom est à rapprocher de celui de Niooc GucoDgaitle, U ninte 
Candide de Tourc'b, dont on conserTe des reliqaes dans réglise de Groson. 



- 60 — 

comte de Cornouaille, épouser une Onven, fille de Rive- 
len de Crauzon. 

Vers 1215, les seigneurs du Léon possédaient Crozon et, 
lors de la vacance de la cure, à cette époque, une contes- 
tation s*éleva entre lui et TEvéque de Quimper, au sujet 
du droit de nomination ; mais H., seigneur de Léon, se 
désistant de ses prétentions, pria Tévêque Guillaume de 
donner cette cure au fils de Guillaume Penboch, Tun de 
ses vassaux (Cartulaire de Quimper 56, t^ 19). 

Les seigneurs de Léon possédaient encore la seigneurie 
de Crozon au xv® siècle, comme nous le voyons par l'en- 
quête laite en 1410 sur les droits de la vicomte de Léon 
en Cornouaille (Morice, Preuves, II, col. 850). 

« Jean Kerperiou, de la paroisse de Crauzon, âgé de 
50 ans ou environ, estagler à Catherine de Keroulas femme 
de Bernard de Keranrez dit et recorde par son serment 
que le dit Vicomte et ses sugets ont plusieurs terres es 
paroisses de Crauzon, Camaret, Roscanvel, Telgruc, Saint- 
Nic, Ploemodiern et Ploëven et que les dites terres appar- 
tiennent au dit seigneur, à cause de sa baronie de Léon 
et sont nommées la terre à la condition de Rivelen. 

« Le Révérend père en Dieu Yvon de Poulmic, abbé de 
S^ Guinolay du Bois, âgé de 54 ans, dit la même chose 
que le précédent témoin. » 

Des seigneurs de Léon, Crozon passa aux Rohan et, nous 
dit Ogée, « ceux-ci ayant exposé le 14 Mai 1541 au Rôt 
François I, que dans les terres et seigneuries de Crozon 
ils avaient droit de haute, moyenne et basse justice, de 
sceaux à contrats et d'y instituer notaires ; le Roi permet 
au seigneur de Rohan d'établir huit notaires dans la juri- 
diction de Crozon. Cette paroisse, ajoute Ogée, est une des 
plus riches du diocèse, elle vaut 15,000 livres et contient 
6,000 communiants ». Aussi le Recteur était-il imposé à 
213 livres comme celui de Bothoa. Les plus imposés ensuite 



— 61 — 

étaient les Recteurs d'EUiant, 171 livres, et GuiscriS, 153 ; 
tous les autres Recteurs étaient imposés au-dessous de 
100 livres. 

Voici le rôle des décimes en 1789 pour cette paroisse : 

N. d'Oixant 213i 15» 

La fabrice 9 10 

Le Rosaire 1 15 

S* Michel 1 15 

Pors Salut 7 

S* Hervé 1 15 

S^ Jean de la Palue (mémoire) . 

St Julien 1 15 

S* Nicolas (mémoire) 

S^ Marine 1 15 

S* Germain 1 15 

SUean 1 15 

S* Fiacre 1 15 

S^ Laurent 1 15 

S* Sébastien 6 

S*« Barbe (mémoire) 

S^Gildas 1 15 

S^Philippe 1 15 

S* Guenolé (mémoire) 

S* Joseph de Lanveau 9 

Total 264 1 10» 

* 
* # 

A raison de son importance, cette paroisse était donnée 
habituellement à de grands personnages ; nous allons en 
donner la liste des Recteurs, en relatant les faits que nous 
avons pu recueillir touchant la paroisse. 

1218. Le fils de Guillaume Penboch. 



— 62 — 

« 

1442. Charles du DresnaT> Il avait acheté la métairie 

de ta Hingaudaye, en Créhen, pour en faire don à 
rhôpital du Guellidou ; à cette occasion, Jean V donna 
des lettres d^anoblissement pour ce lieu de la Hingau- 
daye (lettres de Jean V). 

1474. Décès d'Alain de Rosmadeg, recteur. En 1477, 

les archives de Nantes (B. 8 reg.) signalent une lettre 
de main mise sur une caravelle chargée de conduire 
en Angleterre et en Flandre deux ambassadeurs du roi 
de Castille, laquelle, obligée par les vents contraires 
de relâcher à Crauzon, avait été prise par un navire 
breton et un navire français, pendant que les ambas- 
sadeurs visitaient Téglise et assistaient à Toffice le 
jour de la Saint-Martin. 

1486-1496. Geoffroy de Tréanna, chanoine de Quimper et 
archidiacre du Mans, et en même temps recteur de 
Crozon. 

En 1497, Julienne Le Botguyn fit fondation d'une 
chapellenie sur l'autel S^Michel, en l'église de Crozon 
(C. 344). 

En 1526, une chapellenie, fondée dans la chapelle de 
S^Jean-Baptiste, en l'église de Crozon, dans laquelle 
chapelle est la tombe de Jean Hirgars junior, est 
donnée à Glazran an Ruzec, prêtre, qui mourut en 
1534 et fut remplacé par Bertrand Aultret (déal). 

La famille Hirgars présentait à cette chapellenie. 

1550. 3 Novembre, une chapellenie, fondée autrefois par 
Rioc Baussand, en la chapelle de la Trinité, en l'église 
paroissiale, est donnée à Luc Lanbily, prêtre. 

1593. Jean Bren, clerc, recteur de Crozon, devient cha- 
noine de la prébende de Scaêr (C. 105). 
Ce fut le 15 Novembre 1594, qu'eut lieu la prise du 



— 63-- 

fort de Roscanvel sur ies fispagnols, par les Royaux 
commandés par le maréchal d*Aumont. La fin de ce 
siège, que Ton a appelé le siège de Crozon, causa une 
grande joie, dont on trouve les échos dans les lettres 
adressées au Roi par les députés aux Etats, lors assem- 
blés à Rennes (d. Morice, III, col. 1624). 

1596-1622. Jehan Briant, archidiacre de Poher, abbé de 
Landévennec et recteur de Crozon qui, en 1622, rési- 
gna son abbaye et sa paroisse au suivant. 

1622-1665. Pierre Tanguy, conseiller dii Roi, aumônier 
de la reine Anne d*Autriche. 

Ce fut du temps de ce Recteur que le Père Maunoir 
fit la première mission à Crozon, pendant laquelle fut 
ravivée la dévotion des Crozonais aux dix mille mar- 
tyrs de la légion thébéenne. Voici comment en parle 
le dernier historien du Vénérable (1) : 

« Les habitants de Crozon avaient honoré longtemps 
d*un culte particulier les martyrs de la légion thé- 
béenne, dont ils conservent môme quelques ossements 
dans un riche reliquaire. Mais avec les années, ce culte 
s'était bien affaibli. Pour le ranimer, le P. Maunoir fit 
représenter à la procession générale de la mission le 
martyre de S^ Maurice et de ses glorieux soldats. Leurs 
reliques y furent solennellement portées. Etait-ce un 
efiet de mirage, était-ce un prodige ? la foule toute 
entière, et elle se composait de 7 ou 8.000 spectateurs, 
put voir se reproduire dans les hauteurs du ciel la scène 
qui se passait sur la terre ; la procession s'y déroulait 
dans le même ordre et la même majesté. Les Crozonais 
n'eurent pas de peine à se persuader que c'était là un 
témoignage évident de la bonté de Dieu à leur égard, 

(1) Vie da P. lUuooir par le Père Séjourné, 1 toI., p. 340. 



— 64 — 

et ils accueillirent par des acclamations de joie répé- 
tées le spectacle qui s*oSrait à leurs yeux. 

« A cette même procession, qui se rendait à la cha- 
pelle S^ Laurent, un sous-diacre, épuisé depuis long- 
temps par la maladie, dévoré alors par une fièvre 
ardente, ne voulut jamais céder à personne Thonneur 
d'y porter la croix et de la porter à jeun. Sa piété en 
fut bien récompensée, car à partir de ce jour-là, il 
recouvra une santé parfaite. )) 

Ce fut, sans doute, à l'occasion de cette mission que 
le P. Maunoir composa le cantique en Thonneur des 
10.000 martyrs de Crozon, qui figure au nombre de ses 
cantiques spirituels. Nous donnerons plus loin la des- 
cription du retable représentant le martyre de la légion 
thébéenne et qui est encore le plus bel ornement de 
réglise de Crozon. 

Une confrérie fut établie sous le vocable des saints 
martyrs, et les comptes de la fabrique de cette époque 
signalent de nombreuses offrandes faites en leur hon- 
neur. Leur fête se célébrait au mois de Juin. 

Extrait des comptes de la Fabriqtie de Orozon en 1656. 

Don d'une génisse à Téglise, dont un tiers pour la 
chapelle S^Jean. 

Autre génisse en offrande, et sur le prix de vente 
on paiera un sol aux chapelles de S^ Sébastien, Notre- 
Dame, la Madeleine, la Trinité, et 2 sols à la chapelle 
de Notre-Dame de Rochemadou. 

(( Un bon personnage de ceste paroisse a baillé à 
réglise de céans ung petit cloche pour servir à la con- 
frérie des dix mille martyrs. 

« Anthoine Le Mignon et les consorts en son bateau 
ont fait rendre à l'église de céans 5 sais. 



- 65 - 

(( Martin Le Hénaff et les consorts en son bateau a 
fait rendre à la dite église 3 sols, 3 sols aux dix mille 
martyrs et 2 sols à la confrérie du Rosaire. » 

En 1657, un particulier donne un sol à la chapelle 
de S< Germain et à celle de Lgnnuec. 

(( Catherine Le Sevellec a fait rendre par testament 
à cette église un couvre-chef, un autre à Notre-Dame, 
un sol à la Madeleine et un autre à la Trinité. » 

Un particulier donne 2 sols à la chapelle de 
S^ Rionalen. 

1666-1675. M. de Coetlogon, chanoine, vicaire général, 
frère de Mgr TEvéque de Quimper. Il assista à la pre- 
mière retraite dans la maison créée à cet effet à 
Quimper, en Mars 1670, et Tannée suivante il appela 
le P.Maunoiràdonner une nouvelle mission à Crozon. 
Le P. Boschet rapporte que, comme le Père allait à 
Crozon, il trouva sur le chemin, assez près du bourg, 
une troupe de jeunes garçons et de jeunes filles à qui 
la Sainte Vierge ou Notre Seigneur lui - même avait 
appris à faire Toraison mentale sur le mystère de 
notre rédemption ainsi que lui-même le rapporte : 

« Je demandai, dit-il, à un de ces enfants, qui n'avait 
pas encore 10 ans, comment il s*y prenait pour méditer 
sur la passion, et je fus surpris de voir qu'il en savait 
plus là dessus que je ne lui en aurais appris. 11 me 
répondit qu'il considérait en lui-même Jésus ou atta- 
ché à sa colonne et déchiré de coups ou couronné 
d'épines, ou portant sa croix ou crucifié, et que, s'ima- 
ginant voir la S^ Vierge au pied de la croix, il lui 
demandait qui était celui qui souffrait, pourquoi et 
pour qui il souffrait, quel bien nous avaient fait ses 
souffrances, etc., et le Père ne put s'empêcher d'admi- 
rer la bonté infinie de Dieu communiquant ainsi sa 

BOLLKTIN DB LA COMIIISSION DIOClSsAINB. — 7* aODéO. 5 



— 66 — 

lumière, à de jeunes enfants qui vivent au milieu des 
landes à la garde de leurs troupeaux. » 

L'historien ajoute, à l'éloge de Crozon, a qu'il n'y 
avait rien de mieux réglé que cette paroisse. L'office 
s'y faisait aussi magnifiquement que dans une cathé- 
drale, les prêtres, qui y étaient en grand nombre, 
vivaient d'une manière exemplaire et instruisaient 
soigneusement le peuple. 

(( A voir tout le bon ordre qu'on y observait, on 
jugeait que celui qui la gouvernait méritait de gou- 
verner un diocèse ; aussi était-il d'une famille où le 
mérite et la vertu sont héréditaires et mènent à l'épis- 
copat autant que la naissance et les services ; et bien 
probablement, il n'a manqué à cet illustre abbé que 
de vivre plus longtemps pour mourir évesque. )) 

Ce fut dans cette mission que le Père composa, sur 
les sept principaux mystères de la Passion, ces mer- 
veilleux cantiques qui parurent si édifiants à un doc- 
teur de Sorbonne, qu'il les a traduits en vers français 
pour les faire passer de la Basse-Bretagne dans toute 
la France. 

1675. M. Raguénès, recteur. 

1710. Pierre Lespaignol. 

En 1710, une capitainerie fut unie à la terre de Cro- 
zon, en faveur de François Rousselet, marquis de Châ- 
teaurenault, comte de Craozon, Porzay et Rosmadec, 
vicomte d'Artois, baron Poulmic la Poissonnière, che- 
valier de tous les ordres du Roy, grand croix de 
l'ordre militaire de S^-Louis, capitaine général des 
armées navales de Sa Majesté catholique sur les mers 
occidentales, vice-amiral et maréchal de France, lieu- 
tenant général commandant pour le Roy en sa pro- 
vince de Bretagne... 



— 67 — 

1717-1732. François-Hyacinthe de la Fruglaye de Ker- 
VER, recteur de Ploaré, était vicaire général ; il fut 
nommé recteur de Crozon par provision de TEvéque de 
Quimper ; mais les archives de rille-et- Vilaine (C. 3,792) 
nous apprennent que ce ne fut pas sans contestation 
avec un sieur Cillart, pourvu de la même paroisse, 
« Sur induit du S' Orry de Vignory, maître des re- 
quêtes ordinaires de THôtel ». M. de la Fruglaye ne 
quitta Crozon, en 1732, que pour devenir évoque de 
Tréguier, où il mourut en 1745 ; mais son cœur fut 
porté à Quimper et placé dans la chapelle de TEvèché, 
puis, à la mort de Mgr de Farcy de Cuillé, dans la 
chapelle du Séminaire, qui sert actuellement à Thos- 
pice de Quimper. 

Nous relevons sur les registres paroissiaux de Cro- 
zon, en 1717, le 27 Octobre, les obsèques d*Âlain Le 
Bras, 1 un des curés, âgé de 30 ans; assistent à la céré- 
monie : Alexis Herjean, Jean Le Moign, Hervé Le 
Moign et autre Jean Le Moign, tous prêtres. 

Le 29 Novembre, baptême de Claudine Guyonne, fille 
d'écuyer Julien-Jan de Henry, seigneur de Kerhonte- 
nant, chevalier des ordres militaires de S' Louis et lieu- 
tenant de vaisseau du Roy, et de dame Marie-Fran- 
çoise L'Haridon ; le parrain était écuyer Philippe du 
Guermeur, S^ du Penhoet, major garde-côte ; et mar- 
raine, demoiselle Perrine de Henry, dame de Botgui- 
guen. 

1732-1737. René Lozach, docteur en Sorbonne, avait été 

recteur de Plogonnec. 

1747. Pierre de Lesguen. 

1764-1773. Du Beaudiez. 

1774-1790. Joseph-Louis Heussaff d'Oixant, vicaire gêné- 



- 68 - 

rai. Mgr de Saint-Luc venait d'être nommé évëque de 
Quimper, et M. Guillou, recteur d'Elliant, promoteur 
du diocèse, lui écrivait à Paris : 

(( J'ai appris que Monseigneur a demandé à MM. ses 
grands-vicaires les noms des trois meilleurs sujets de 
son diocèse pour la cure de Crozon et qu'ils ont nommé 
cinq gentilshommes et témoigné qu'ils donnaient la 
préférence à l'abbé d'Oixant. Effectivement, il la mérite 
sur les quatre autres, sans contestation. C'est un excel- 
lent ecclésiastique et un des plus capables qu'il y ait 
dans votre Diocèse. » 



Crozon pendant la Révolution 

Au moment où éclata la Révolution, à la fin de 1790, 
voici quel était le personnel ecclésiastique de la paroisse 
de Crozon. 

Heussaff d'Oixant, recteur. A la mort de Mgr de Saint- 
Luc, Octobre 1790, il fut un des grands vicaires nommés 
par le Chapitre ; mais il était déjà souffrant, et lorsqu'au 
commencement de l'année 1791, on lui signifia de quitter 
le presbytère, il était presque mourant, et ses prêtres 
durent le porter dans une maison voisine (note de M. 
Boissière) où il ne tarda pas à rendre le dernier soupir. 

Joseph Meillard était curé ou vicaire. Né à Crozon, le 
15 Septembre 1751, il fut incarcéré aux Carmes de Brest, 
du 7 Juillet au 27 Septembre 1791. En 1804, il était encore 
vicaire à Crozon. Il mourut recteur de Telgruc, le 13 Fé- 
vrier 1810. 

Louis Meillard, né à Crozon, le 15 Septembre 1753, 
mourut recteur de Plonévez-du-Faou, le 18 Avril 1809. 

Pierre Carn, né à Crozon en 1761 (( est demeuré pendant 
toute la Révolution caché à Crozon, au risque continuel 



— 69 - 

de sa vie, ne cessant de se rendre utile. Vicaire de Crozon 
en 1805, il est mort recteur de Plogofl, le 13 Novem- 
bre 1818. » 

Claude Le Mignon, né à Crozon en 1758. Arrêté le 
2 Mars 1792, conduit au château de Brest et déporté en 
Espagne au mois d'Août, il mourut vicaire de Crozon le 
22 Juin 1805. 

N.... Le Moal. Mourut pendant la Révolution. 

Jean Le Pape, né à Lopérec, le 14 Mars 1756. Recteur 
de Lopérec en 1803, est mort curé de Daoulas, le 8 Octo- 
bre 1825. 

N... Le Sénéchal. Mort pendant la Révolution. 

OUivier Sizun, né à Brasparts en 1751. Mort curé de 
Fouesnant, le 30 Mai 1818. 

Jacques Balcon, né à Crozon en 1761. Mort curé de Cro- 
zon, le 16 Octobre 1829. 

Alain Le Floc'h, né à Plonévez-Porzay en 1765. Déporté 
en rade de Ttle d*Aix en 1794, est mort eh 1831, après 
avoir été curé de Briec. 

Moreau, Nicolas, né à Dinéault en 1764. Déporté en 
rade de File d*Aix en 1794, recteur d'Argol en 1802-1814, 
mort le 17 Juin 1834, à Coray. 

Ce nombre relativement considérable de prêtres dans 
une même paroisse, n'est pourtant pas exagéré, si Ton 
songe que, dès lors, Crozon comptait près de 10.000 habi- 
tants. 

Dans la paroisse de Crozon, les prêtres fidèles trouvè- 
rent longtemps un abri assuré, grâce au zèle de la popu- 
lation et à l'appui même de la Municipalité, quoique 
pendant un certain temps elle eût à sa tête un Maire et 
un Procureur-Syndic partisans des idées nouvelles. C'est 
ainsi que, le 24 Septembre 1791 (L. 130), le Maire écrivait 
au District de Chftteaulin : 



- 70 - 

« Les sieurs Sizun, Floc'h et Moreau (prêtres non asser- 
mentés) loin de se rendre à Brest, comme l'ordonnait 
l'arrêté du Département du 1»^ Juillet 1791, sont demeu- 
rés dans le pays et y ont fait même une quête. Le Juge de 
Paix (Jean OUivier) a été de tout temps Tami de Sizun ; 
celui-ci ayant été arrêté en Juillet dernier à Pont-Croix 
et conduit à Quimper le 21 Juillet, ce Juge de Paix, accom- 
pagné de douze autres citoyens de la paroisse, se présenta 
à la Municipalité pour nous forcer, par des menaces, à 
délivrer un certificat de bonne conduite au dit Sizun, que 
plusieurs Officiers municipaux signèrent ; mais ni moi ni 
le Procureur de la Commune ne voulûmes y consentir. 
De ce moment, on nous a désignés au peuple comme 
ennemis des prêtres. 

« Suivant votre arrêté du 2 Juillet, le Curé constitu- 
tionnel nous avait désigné quatre chapelles pour être fer- 
mées ; nous avons chargé les fabriques de faire dépôt des 
ornements des dites chapelles à Téglise. Un seul a obéi ; 
il est victime de sa désobéissance, il n'y a pas de jours 
qu'il ne soit menacé de citoyens furieux. Les mêmes sont 
venus à la Municipalité, où ils nous ont injuriés et som- 
més de rendre ces ornements. 

(( Dans une paroisse de 9.000 à 10.000 âmes, on ne trou- 
verait pas 50 bons citoyens ; c'est une cruelle position 
pour ceux qui sont chargés de faire exécuter les lois... )) 

Cette charge ne devait pas peser longtemps désormais 
sur les épaules de M. le Maire, car aux élections munici- 
pales du mois de Novembre suivant, les quelques Officiers 
municipaux bons patriotes furent écartés, et bientôt, 
comme il est rapporté dans un mémoire au Roi sur les 
troubles de Crozon, (( on vit s'installer une Municipalité 
ignorante et perdue surtout de fanatisme ». Il n'y eut plus, 
dès lors, de remède que dans l'envoi de la force armée 
dans la presqu'île. 



- 71 - 

M. Fénigan, président du District de Châteaulin, fut 
chargé par le Département de se rendre sur les lieux et 
de requérir des troupes à Brest pour que force demeurât à 
la loi. Voici comment, le 30 Janvier 1792 (L. 19), il rendit 
compte de sa mission et de Tétat des esprits à Crozon : 

« 

« En conformité de votre arrêté du 13 du présent mois, 
je remis à la poste un réquisitoire pour M. de la Bour- 
donnaye, conduisant des troupes de ligne à Brest. 

(c Commissaire nommé par le Directoire, je me suis 
rendu à Crauzon le dimanche 22; le même jour, je fis 
part au Conseil général de la Commune de l'objet de ma 
mission, et lui rappelai les motifs qui vous ont détermi- 
nés à commander une force de cinquante hommes. Je lui 
annonçai qu'ils seraient arrivés le lendemain; mais le 
lundi s'écoule, point de troupes ; je m'imaginai que les 
vents en avaient contrarié l'envoi. Le mardi, point de 
nouvelles. Le mercredi, j'adressai un nouveau réquisi- 
toire à M. de la Bourdonnaye ; point de réponse. Samedi, 
j'envoyai un exprès au Procureur-Syndic du District de 
Brest avec un troisième réquisitoire pour M. de la Bour- 
donnaye. Hier soir, j'ai reçu une lettre de M. Brichet me 
déclarant que M. de la Bourdonnaye, absent, n'a pas reçu 
mes réquisitoires, mais que M. Duvigneau m'envoie cin- 
quante hommes. Rendus depuis deux heures du matin, 
ils viennent de Quélern. Je les ai engagés à visiter sur le 
champ les maisons où se retirent habituellement les prê- 
tres insermentés de cette paroisse. Le commandant vient 
de me rapporter que toutes ses recherches ont été infruc- 
tueuses. Les bons citoyens ne peuvent qu'être profondé- 
ment afQigés du peu de succès de cette première tentative. 

« En effet, le fanatisme est passé à sa dernière période 
dans cette paroisse ; hier, j'assistai à la grand'messe, il ne 
s'y trouvait pas soixante personnes. Samedi, un des pré- 



- 7â — 

ires fanatiques, usurpant les fonctions curiales, introdui- 
sait une femme à l'église. 

(( Le Curé et le Vicaire assermentés sont insultés, et 
point de témoins ; personne ne voudrait ou n'oserait dé- 
poser. Je dis plus, je tremble pour leurs jours, si l'on ne 
laisse dans le pays une garnison assez forte pour en impo- 
ser aux antipatriotes. 

« Il la faut au moins jusqu'au temps où l'on aura recou- 
vré les impositions et surtout enlevé les prêtres forcenés, 
dont le souffle empesté cause déjà tant de ravage. 

« Un détachement de cent hommes suffira. » 

Le Département envoyait en môme temps deux com- 
missaires, MM. Guilliers et Le Sévellec, pour vaincre la 
résistance de la Municipalité et l'engager à livrer les prê- 
tres non assermentés. Le Conseil général de la commune 
répondit à cette invitation par la délibération suivante du 
6 Février 1792 : 

« Le Maire requiert le Conseil de délibérer sur l'arrêté 
du Département du 31 Janvier et la remontrance de MM. 
Guilliers et Le Sévellec, commissaires envoyés à Crozon. 

(( Le Conseil déclare qu'il est étrangement surpris de la 
permanence et même de l'envoi d'une force armée, d'au- 
tant plus inutile que la concorde n'a jamais disparu de 
ces climats. 

« La non-clôture des chapelles doit être imputée à l'an- 
cien Conseil. 

(( Qu'il ignore absolument la résidence des prêtres non 
assermentés qui desservaient ci -devant la paroisse. 
Qu'ainsi il est dans l'impossibilité d'indiquer les endroits 
qu'ils peuvent occuper ; qu'il ne lui a jamais été porté la 
moindre plainte contre aucun de ces Messieurs ; qu'ils 
n'ont jamais reçu ordre de les faire arrêter; qu'ils ont 
même reçu du Procureur-Syndic de Châteaulin, le 13 Dé- 



- 73 - 

cembre 1791, une lettre ainsi conçue : « Vous pouvez 
« assurer à tous vos ci-devant prêtres,- autres néanmoins 
« que ceux qui ont déjà été désignés pour se rendre à 
« Brest, qu'ils pourront continuer de remplir avec sécu- 
(( rite leurs fonctions dans votre paroisse, à condition 
« qu'ils n'excitent aucune plainte contre leur conduite et 
« qu'ils se fassent agréer de votre Curé. )) 

« Qu'il est dans l'impossibilité de solder la troupe, 
attendu que la caisse est vide, que l'ancien Maire est saisi 
de l'argent provenu de la vente de M. d'Ôixant, ci-devant 
recteur de la paroisse, qu'il prie Messieurs les Commis- 
saires de l'autoriser à emprunter de l'ancien Maire la 
somme suffisante pour l'entretien des troupes. » 

Les Commissaires ne pouvaient se contenter de cette 
fin de non-recevoir, et le 8 Février 1792, ils insistaient 
près des Officiers municipaux par cette harangue : 

« La permanence et le vagabondage des prêtres non 
assermentés sur votre paroisse, et qu'il est évident que 
vous favorisez, est le principal sujet de notre mission. 
Leur saisie, leur translation au château de Brest sont 
expressément ordonnés, tant par arrêté du 31 Janvier, que 
par lettres subséquentes du Département, notamment du 
6, où il est dit : « L'enlèvement des ecclésiastiques inser- 

« mentes est très essentiel » Nous nous en rapportons 

à vous pour l'exécution ferme et célère de cette mesure 
d'autant plus nécessaire qu'elle est absolument la seule 
pour rétablir le calme et la confiance dans la paroisse de 
CrozoD. Livrez-les-nous donc. Messieurs, nous vous le 
conseillons, nous vous en conjurons au nom d'une paroisse 
que vous écraserez, ou si (ce que nous croirions aujour- 
d'hui plus difficilement que jamais) vous ignorez actuel- 
lement leur retraite, engagez vous-mêmes les citoyens de 
votre paroisse à les dénoncer et à nous indiquer leur asile. 

« Encore une fois, faites en sorte que nous ayons les 



- 74 - 

prêtres ; mais vous intimerez de notre part à M. Le Moal^ 
prêtre octogénaire de Crozon, qu'il ait à vivre et à faire 
ses fonctions de prêtre où il voudra, dans la paroisse mê- 
me, surtout en ce bourg, dans toute la sécurité et la liberté 
que son grand âge et ses longs services lui ont Justement 
acquis. » 

Ni ces prières, ni ces menaces, ni cette concession faite 
en faveur du vénérable abbé Le Moal, ne purent fléchir la 
Municipalité de Crozon et la déterminer à livrer les prê- 
tres fidèles ; et le lendemain, 9 Février 1792, les Commis- 
saires, en envoyant au Département les différentes piè- 
ces concernant cette affaire, étaient réduits à avouer l^r 
impuissance : 

« Vous verrez, par les pièces ci-jointes, une résistance 
que rien ne peut déconcerter et qui va chaque jour en 
s'opiniàtrant. 

« Nous devons vous dire surtout que, quant aux prê- 
tres, il est absolument inutile : i^ que nous nous entêtions 
à les vouloir prendre de nous-mêmes, nous avons fait à 
cet égard tout ce qu*il a été possible, informations, per- 
quisitions, menaces, promesses d'argent, rien n'a réussi, 
ils sont errant de l'un village à l'autre, de quartier en 
quartier, dans la paroisse, déguisés sous toutes sortes de 
costumes, cachés, protégés par tous, et spécialement par 
la Municipalité, dont entr'autres le Maire et le Procureur 
de la commune se feraient plutôt égorger que de rien 
faire contre les prêtres. Cette Municipalité est empoison- 
née de fanatisme, toute entière très proche parente des 
ecclésiastiques et ne s'est illégalement mise en place (car 
les élections ont été toutes nulles) que par les intrigues 
sacerdotales et que pour les protéger et favoriser. 

« Sur quelques renseignements que nous avaient don- 
nés quelques bons citoyens, nous résolûmes, hier matin, 



— 75 — 

de faire sortir trois détachements de onze hommes cha- 
que, pour perquérir Dinan, Saint-Laurent et Poulmic, 
résidences indiquées pour asiles ; nous fîmes marcher 
deux Commissaires de la Municipalité à la tête de chaque 
détachement. La fouille fut faite par tous les villages indi- 
qués et autres ; rien ne fut trouvé, à Texception de leurs 
hardes, leurs livres, etc. Un détachement nous ayant 
dénoncé un dépôt d^armes trouvé chez M. Dumoulin, 
ancien sénéchal, et y soupçonnant quelques prêtres, nous 
convînmes dans le secret, avec les chefs de la troupe, 
qu'un détachement de trente hommes s'y rendrait dans 
la nuit avec Tun de nous. M. Sévellec y fut ; on y a trouvé 
des armes toutes chargées à balle, mais point de prêtres ; 
on avait prévenu de la descente. 

« Ne pouvant obtenir de prêtres ni les faire enlever 
nous-mêmes, nous avons dessein, une fois le paiement des 
frais assuré (1.200 livres une fois payées, plus 300 livres 
par jour jusqu'au départ des troupes), de lier le Conseil 
général par une transaction, la plus aggravante et la plus 
rigoureuse, sur tous les objets d'administration. C'est, 
dans la situation présente, le seul moyen de tirer le 
Département avec la décence qui lui appartient. 

« SÉVELLEC, GUILLIERS. » 

Le Département répondit à cette communication par 
un arrêté du 10 Février, cassant le Conseil municipal et 
chargeant les Commissaires de choisir « six citoyens des 
plus recommandables par leur patriotisme, qui rempli- 
ront provisoirement les fonctions municipales, suivront 
avec activité le recouvrement des contributions, l'arres- 
tation des prêtres perturbateurs et leur translation au 
château de Brest ». 

L'on conçoit qu'avec de telles dispositions dans la masse 
de la population, le rôle de prêtre constitutionnel ne fût 



— 76 — 

pas populaire. M. Emile Le Guillou de Penanros, dans 
son livre, V Adminiêtration du FinUfère, 1790- Î793, nous 
dit qu*à une procession que dirif^ le nouveau curé, « les 
prêtres insermentés Sizun et Raguenez (1) vêtus en mate- 
lots, s'étaient placés en travers de la procession, le cha- 
peau sur la tête, riant et se moquant, et criant en breton : 
Ar c*hure gant e vaz treus. Une autre lois, ce sont des 
hommes armés de fourches qui menacent le curé à Tau- 
tel au moment où il présente les reliques à baiser. L'un 
de ses vicaires, sortant du cimetière, est assailli par des 
femmes qui fondent sur lui à coups de balais, le prennent 
par les cheveux et le traînent dans la boue. » 

Assailli par les réfractaires, le Curé constitutionnel est 
dénoncé par les patriotes comme réactionnaire et faisant 
encore chanter à la messe le Salvum fac regem ; voici 
comment le Curé répondit à cette accusation, le 23 Juin 
1792 (L. 18) : 

« L'un des citoyens militaires du troisième bataillon 
de rUle-et-Vilaine dont nous avons ici un détachement, 
m'a fait, à la maison cammune, un reproche sans fonde- 
ment, il m'a dit que le verset Domine salvum fac regem a 
été chanté à la messe et que si cela arrivait une autre 
fois, j'aurais été arraché à l'autel. Je m'abstiens de quali- 
fier la menace qui m'a été faite ; le reproche est sans fon- 
dement. Longtemps avant le 10 Août, le verset en ques- 
tion se répétait trois fois en ces termes : 

(( Domine salvam fac gentem, 

(( Domine salvam fac legem, 

(( Domine salvum fac regem. 

u Depuis cette époque mémorable, la troisième partie du 
verset a été retranchée. Je défie aucun homme vivant de 



(1) M. Ragueoez, prôtre originaire de Crozon, avait quitté Laodudec 
ppur résider daos sa paroisse natale. 



— 77 — 

soutenir qu*il ait entendu ni moi ni le vicaire prononcer 
ces mots aristocrates, Domine salvum fac regem, 

(c Que des tiommes qui n'entendent pas le latin ou des 
mal intentionnés prononcent des mots que nous avons 
proscrits, il n'est pas en mon pouvoir d'empêcher uii tel 
abus. Aux roots supprimés, mon intention est de substi- 
tuer l'expression suivante : Domine salvos fac cives. Cer- 
tes la menace de m'arracher à mes fonctions ne doit pas 
m'étre faite ; au reste, je répéterai demain la proclama- 
tion relative au verset qui se chante à la messe. Cette 
répétition se fera demain. Ce jour mémorable nous rap- 
pelle qu'un ami de l'égalité et du genre humain (S. Jean), 
fut victime du tiran Hérode, dont la conduite scandaleuse 
ne pouvait supporter les vertus républicaines et l'élo- 
quence mâle de l'orateur du désert. » 

Le Curé constitutionnel n'eut pas de peine à se discul- 
per ; mais ce qu'il importait davantage, c'était d'arrêter 
les prêtres insermentés, et des commissaires furent 
envoyés à cet effet tout spécialement dans la presqu'île. 
Voici comment ils rendaient compte de leur mission, au 
Département le 26 Avril 1793 (L. 6) : 

(( Citoyens administrateurs, 

« Nous avons déposé hier au Secrétariat du District le 
procès-verbal de notre Commission. L'approche d'une 
escadre ennemie annoncée et par les bruits publics et 
par les journaux, appelle toute votre attention sur les 
moyens de mettre à l'abri de toute insulte les côtes que 
nous avons à parcourir. 

« Nous vous avions promis un mot sur les prêtres et 
autres personnes suspectes du canton que nous avons 
visité. Nous avons remis au directoire du District la note 
des personnes suspectes dont l'arrestation nous paraît 
nécessaire. Nous avons donné la chasse aux prêtres de 



— 78 - 

nuit et de jour, mais sans succès, nous avons passé 
entr'autres la nuit entière de dimanche à lundi dernier 
en patrouille avec le commandant et 12 volontaires du 
bataillon qui est en garnison à Crozon. 

(( Nous étions aussi accompagnés du Maire. Il faut que 
nous ayons été mal servis par nos guides, car nous n'a- 
vons rencontré aucun des réfractaires. Le lundi, nous 
arrêtâmes seuls, dans un groupe de 10 à 12 personnes, et 
à la sortie du marché, un individu qui nous avait été donné 
pour un prêtre ; nous le conduisîmes devant le Curé 
constitutionnel, qui nous assura que nous nous étions 
trompés (1). Nous le relâchâmes en pestant un peu con- 
tre notre mauvaise fortune, et nous aurions amené le 
Curé en sa place s*il avait été moins patriote. Il sera 
absolument nécessaire de délivrer promptement le canton 
de Crozon de ces prêtres perturbateurs qui l'ont si horri- 
blement fanatisé. Leur présence serait trop dangereuse 
au moment d'une descente. On prétend que le jour ils se 
retirent dans le creux des rochers. Lorsque vous aurez 
renforcé la garnison de Quélern, Crozon et Camaret, il 
faudra les mettre toutes sur pied à la fois et faire visiter 
simultanément les divers points des côtes. Il sera indis- 
pensable d'associer à cette visite quelques patriotes zélés 
pris hors du canton pour plus de sûreté et qui connais- 
sent ces prêtres. La nuit, ils couchent tantôt dans un 
village, tantôt dans un autre. C'est ce qui rend leur cap- 
ture si difficile. Pour l'assurer, il faudrait fouiller presque 
tous les villages ensemble, ce qui est impossible. Cette 
fouille, d'ailleurs, ne pourrait réussir que de jour. 

(( Châteaulin, 26 Avril 1793. 

« Vos Commissaires, 

« Le Bretton; Le Prédour. » 



(1) Cet individu était bien l'abbô Meillard, mais par ud gônéreax scru- 
pale, le Curô coDatitutionnei feignit de ne le point connaître. 



— 79 - 

A la fin de cette année, un patriote zélé de Crozon qui 
ne signe que par des initiales réclamait une perquisition 
plus sérieuse des prêtres cachés et, pour la rendre 
plus efficace, proposait de prendre comme otages, leurs 
parents (L. 15) : 

ff CrozoD, le 38 Septembre 1793. 

« Citoyens, 

« La loi du 14 Août vous a revêtu d'une mission civique 
que vous remplissez sans doute avec un zèle infatigable. 
Vous êtes chargés de propager Tesprit public et d'alimenter 
au milieu de vos concitoyens les principes salutaires de 
l'unité et de l'indivisibilité du nouveau pacte social et par 
une suite nécessaire d'extirper les germes des funestes 
divisions qui ont jusqu'ici causé nos malheurs. Ces causes 
sont connues dans le canton de Crozon. La résidence légale 
mais continuée des hommes ignorants et fanatiques a fait 
évidemment naître la ruine des nouvelles loix. Ils ont pris 
à tâche de jeter un mépris odieux sur ceux qui ont em- 
brassé le culte de la liberté et à diriger contre eux une 
malveillance dont l'influence est souvent sentie. Vous con- 
naissez, citoyens, les hommes dont je vous parle ; ces hom- 
mes sont les prêtres cachés dans l'étendue de la commune 
de Crozon. On leur avait confié un secret funeste, ils étalent 
sûrs des manœuvres perfides de Louis Capet et les imbé- 
cilles croyaient que la liberté ne pouvait germer sur le 
territoire français sans le veto royal. Ils bercent encore 
ceux qui ont eu la simplicité de les écouter, que la R. ne 
tiendra, et sot celui qui s'attachera à ce gouvernement 
éphémère. Vous le savez, citoyens, des recherches multi- 
pliées ont été faites pour écarter ces disséminateurs des 
principes erronés, toutes ont été infructueuses. Je vous 
prie, citoyens, d'inviter les représentants du peuple d'em- 
ployer une mesure qui a été mise en usage dans le District 
même de Châteaulin, c'est de mettre en arrestation quel- 



- 80 - 

ques-uns des parents des prêtres qui sont sûrement sur le 
canton de Crozon, et quelques-unes qui passent pour leur 
donner asile et faire pour eux des provisions. L'arrestation 
de ces individus, dont quelques-uns sont suspects, servi- 
ront d'otages et ferait à nos prêtres abandonner leurs repai- 
res, surtout si les représentants pouvaient suspendre pen- 
dant un tems déterminé la peine capitale qui leur est 
réservée. 

« Au reste, les représentants trouveront dans leur sage 
politique les moyens propres à purger le pays de ceux qui 
rinfectent. Mon vœu est que Ton évite de verser le sang. 
Ces malheureux se feraient regarder comme martyrs et 
leurs partisans deviendraient plus nombreux et plus 
énergiques. 

« 

(( Ceux que je propose de mettre en arrestation sont : 
Jean Hervégan, du bourg, beau-frère du prêtre Cavec ; la 
femme Gabriel Raguenez, du bourg, mère du prêtre de 
ce nom ; François Meillard, de Leidé, frère des prêtres 
Meillard ; le frère du prêtre Balcon de Kerbeneou ; Jean 
Herjean, ofUcier municipal, ami de ces prêtres et leur 
fournisseur, de Kerigou, près Morgat ; le vieux Boussard, 
de Morgat, mérite aussi une mention particulière, c'est un 
grand et chaud fanatique, on lui attribue des projets très 
incendiaires. 

« Je suis cordialement et avec fraternité, citoyen, votre 
concitoyen. 

« H. S. C. DE Cr. 

« 28 Septembre 1793, Tan II de la R. une et indivisible. » 

Quelques mois après, fut saisi M. Raguénès, sur l'arres- 
tation duquel, son interrogatoire devant le tribunal nous 
donnera quelques renseignements précis. (Procédure 
criminelle de Tan II.) 

(( Le 23 Germinal an II (12 Avril 1794) de la République 



— 81 - 

une et indivisible, à Taudience publique du tribunal cri- 
minel du Finistère, à laquelle se sont trouvés Le Guillou, 
président, La6nnec, CreS et Guillo, juges, a été conduit 
de la maison de justice (1), par deux gendarmes, un par- 
ticulier vôtu à la mode de la campagne, lequel, interrogé 
par le président de ses surnoms, âge, profession, demeure, 
« A répondu se nommer Gabriel Raguénez, âgé de 
trente- trois ans écoulés depuis le onze Janvier, prêtre 
errant cà et là dans la paroisse de Crozon. 

— (( Dans quelles communes avez-vous fait les fonctions 
de prêtre ? répond dans la paroisse de Landudec, à Cro- 
zon, à Scaër et Pouldergat. 

— « N*avez-vous pas rempli les fonctions curiales dans 
quelqu'une de ces paroisses ou du moins celle de vicaire? 

— « Répond avoir rempli les fonctions de vicaire à 
Pouldergat ; qu'à sa sortie de cette paroisse, il fut appelé 
comme simple prêtre à Landudec, qu'il y remplit les 
fonctions de vicaire, mais sans commission du ci-devant 
évêque. 

— « A quelle époque avez-vous quitté la commune de 
Landudec ? 

— a Répond l'avoir quittée trois mois avant qu'on a 
exigé le serment relatif à la ci-devant Constitution civile 
du Clergé. 

— « Avez-vous prêté le serment exigé par l'article 39 
du décret du 24 Juillet 1790 ? 

— M Répond n'avoir prêté aucun serment relatif à la 
ci-devant Constitution civile du Clergé. 

— « Avez-vous du moins prêté le serment de maintenir 
la liberté et l'égalité exigé de tous les ecclésiastiques fonc- 
tionnaires ou non fonctionnaires publics décrété par la 
loi des ât et 23 Avril 1793 ? 

(1) Rue Obscure, c'est-à-dire rue Royale, la maison faisant aogie comme 
l'on tourne dans la rue du Yerdelet. 

BuLLBTiif DK LA CoMMissioif DiocisAiNB. — 7* année. 6 



— 82 — 

— (( Répond que non et déclare n'avoir pas su qu'on 
eût exigé ce serment. 

— « Avez-vous, dans le courant de la décade qui a suivi 
la publication du décret des 29 et 30 Vendémiaire, lait 
votre soumission de vous remettre entre les mains des 
administrateurs de votre département pour être déporté? 

— « Répond que non, parce qu'il n'a pas eu connais- 
sance de ce décret. 

— « Où avez-vous été pris ? 

— « Répond, dans un courtil près d'un village nommé 
Gouandour, en Crozon. 

— « Connaissez-vous les nommés Louis Rividic et Yves 
Kerénec, de Gouandour ? 

— (( Répond les connaître depuis longtemps. 

— « Depuis quand étiez-vous caché chez eux ? 

— « Répond qu'il n'était pas caché chez eux. 

— « Vous vous y étiez du moins retiré et vous en aviez 
reçu asile. 

— « Répond n'avoir fait que passer chez ces particu- 
liers et encore n'avoir passé que dans leur cour, avoue 
cependant être entré dans leur maison pour prendre du 
feu pour allumer sa pipe (1). 

— « Dans quelqu'autre temps Rividic et Kerinec ne 
vous ont-ils pas donné retraite ? 

— « Répond y avoir été quelquefois comme ailleurs, 
mais n'y avoir pas été longtemps. 

— « Où logiez-vous le plus ordinairement et avez-vous 
logé quelque fois chez Rividic et Kerinec. 

— « Répond qu'il demande à être exempté de répon- 

(1) Nous appruDODS par la dôpositiOQ des témoios que M. Raguôoès, 
lors de soo arrestatioD, le 21 Germioal ao II (17 Avril 1794), était habillé 
en meunier. 11 fut arrêté daos le courtil de la maison par Joseph Vrillo, 
grenadier du détachement de l'Aisne, mais qu'aussitôt deui femmes, sor- 
ties en pleurant de la maison, saisirent les mains du grenadier pour lui 
faire lâcher prise. 



- 83 - 

dre à cette question, qu*au surplus, il logeait çà et là. 

— « Âvez-vous fait les fonctions de prêtre depuis que 
vous avez quitté la commune de Landudec ? 

— (( Répond ne les avoir faites nulle part ; qu'à sa sor- 
tie de Landudec il se rendit à Crozon, où il est né ; que, 
tôt après, sur un arrêté du District de Châteaulin rendu 
contre lui personnellement, pour cause de manifestation 
d'opinion religieuse non constitutionnelle, il fut mis en 
arrestation à Brest, d'où il ne sortit qu'en Septembre, lors 
de l'amnistie. 

(( Gabriel Raguénès signa son interrogatoire. » 

Condamné à mort, M. Raguénès fut exécuté le lende- 
main de la sentence, qui fut prononcée sur-le-champ. 

Église paroissiale 

L'église paroissiale a été reconstruite en 1900. Celle qui 
la précédait devait remonter au commencement du xvP 
siècle, car elle offrait les caractères de cette époque, c'est- 
à-dire de la dernière période du style gothique dans 
quelques-unes de ses parties, notamment dans le porche 
Sud, dans les contreforts et les arcades intérieures. 

Le clocher date de 1866. Il est bien composé comme 
base et comme chambre des cloches, mais il aurait gagné 
à être couronné par deux ou trois dômes superposés, au 
lieu d'être terminé par un dôme unique et très obtus. 

On a conservé l'ancienne chaire du xvii* ou du xviii® 
siècle, assez remarquable par ses ornements sculptés et 
particulièrement par ses quatre panneaux en bas-reliefs: 
Pêche miraculeuse ; — saint Pierre aux liens, délivré par 
un ange ; — saint Pierre, pape, portant les clefs et la 
croix à triple croisillon, entouré de prêtres et de fidèles ; 
— Crucifiement de saint Pierre. 



— 84 - 

Mais la pièce capitale dans cette église, c'est le retable 
des Dix Mille Martyrs. 

Ces martyrs, ce sont dix mille soldats chrétiens cru- 
cifiés sur le mont Ararat, en Arménie, sous le règne 
d'Adrien, 120-138. Leur histoire est racontée en détail 
dans les grands Bollandistes et dans les petits Bollandis- 
tes de Mgr Guérin, à la date du 22 Juin, et toute cette 
légende est retracée dans un grand retable à volets com- 
prenant 25 panneaux, plus 4 autres où sont représentés 
les quatre Évangélistes. 

On y voit les apprêts et les péripéties du combat des 
troupes romaines contre les barbares ; la retraite sur le 
mont Ararat de 9,000 soldats, sous la conduite d'Acare, 
leur chef, pour ne pas sacrifier aux idoles et se soumettre 
à la loi chrétienne ; l'adjonction de mille autres de leurs 
compagnons, qui porte leur nombre à dix mille ; leur 
condamnation ; leurs différents supplices : lapidation, 
flagellation, couronnement d'épines, marche, pieds nus, 
sur un terrain hérissé de pointes de fer; lacération de 
leurs flancs et de leurs poitrines par des piques et des 
javelots ; et enfin, crucifiement de la troupe entière sur la 
montagne, exécution à laquelle on employa trente mille 
soldats changés en bourreaux. 

Cette œuvre de sculpture, sans être d'une grande cor- 
rection, est tout à fait remarquable par le style, le grou- 
pement, le caractère, le costume et l'expression des per- 
sonnages. M. le docteur Corre en a publié une description 
détaillée dans VÉcho paroissial de Brest, année 1901, 
QOB 169-173, et il est porté à l'attribuer au commencement 
du xvi« siècle, à l'époque de la Heine Anne. 

Cette église possédait aussi deux petites châsses ou reli- 
quaires assez précieux. 

Le premier est en bronze ou cuivre doré, en forme de 
chapelle entourée de niches et de contreforts gothiques 



— 83 - 

du XV* siècle, contenaat 1m statuettes des douze Apôtres. 
Il mesure m. 20 de long sur m. 12 de large et m. 40 
de haut, et porte cette inscription : Oottzien faic faire cesté 
reliquaire en loneur de Diêu ManHeur Saint Pierre aveeq 
dix mille martyrs et pour la paroisêe de Crau&on, 

Est-il contemporain du retable, ou le culte des dix 
mille martyrs dans la paroisse est-il antérieur à cette 
œuvre de sculpture ? 

Le second reliquaire est plus grand, en bois noir, orné 
de gaines, cariatides, cartouches, médaillons, corniches 
et crêtes en argent repoussé, dans le style Louis XIII. 

Il contient des reliques de : 

Saint Valentin, martyr. 

Saint Félix, martyr. 

Sainte Candide, vierge. 

Saint Valentin, prêtre martyr. 

Saint Vincent, martyr. 

Saint Prétextât, martyr. 

Sainte Justine, vierge et martyre. 

Saint Sévère, martyr, 

Saint Innocent, pape et martyr. 

Puis 12 reliques plus récentes. 

Un état du cancel de Téglise, dressé en 1776, lors de 
la mort de M. du Bandiez, recteur, par Julien Barthelemi 
David, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, nous 
donne quelques renseignements sur la disposition du 
chœur et de son ornementation à cette époque (Archives 
départementales) : 

« Le chœur a 36 pieds de longueur du pignon du sanc- 
tuaire au Levant jusqu'à la grille en bois vers le Couchant 
séparant le cancel de la nef, sur 23 pieds de largeur. Les 
bas cdtés ne dépendent pas du cancel et les chapelles du 
Rosaire et des Martyrs sont prohibitives à la charge des 
différents seigneurs à qui elles appartiennent. 



- 86 - 

(( Les murs des côtés du cancel ont 20 pieds de hauteur 
au-dessus du sol et sont formés à droite, côté Nord, par 
cinq arcades d'environ 5 pieds d'ouverture chacune, et le 
côté gauche Midi, par quatre arcades d'environ 6 pieds 
d'ouverture et de 12 pieds de hauteur. 

« Sous l'intrados de la clef de voûte des arcades, qui 
sont à peu près en plein cintre et supportées par des 
piédroits et piliers ronds et partie à pans qui ont à peu 
près 18 pouces de diamètre chacun. 

(( Dans le pignon du sanctuaire, est un vitrail de 11 pieds 
de largeur sur 17 de hauteur lequel est garni d'entrelacs, 
roses et soufflets supportés par des piliers de pierre de 
taille. 

(( Il n'y a point de mur séparant le chœur de la nef, 
mais un tirant en bois supportant le Christ, et au-dessous 
est une balustrade séparant le chœur de la nef. 

« L'autel, en bois, est simple avec tabernacle et dôme 
au-dessus, le tout d'ordre corinthien couronné d'un atti- 
que, avec vases et petites figures ; le dit autel est accom- 
pagné de deux grandes colonnes d'ordre corinthien en 
bois, portant deux grandes statues en bois de grandeur 
colossale qui supportent le dais au-dessus de l'autel. » 

Nous savons, par un aveu de 1664 (E. 293), que Anne 
du Hirgarz, dame du Breuil, épouse de Louis de Lesac, 
chevalier, possédait, à cause de la terre de Hirgarz, en 
l'église de Crozon : « Une tombe enlevée au milieu du 
chœur, joignant de temps immémorial le balustre du 
grand autel, lors depuis douze ans que le maître-autel 
a été porté joignant le pignon et la vitre orientale de la 
dite église, à cause de quoi elle se trouve éloignée du dit 
balustre d'environ trois pieds. La tombe est armoyée 
d'écusson portant trois pommes de pins qui sont les armes 
du Hirgarz ; dans le soufflet de la principale vitre, elle 
a deux écùssons : d'or à 8 pommes de pins d'cusur, et au 



— 87 — 

bas de la dite vitre, côté de TEpttre, deux jours où se 
voient deux priants dont les cottes d'armes sont chargées 
des mêmes armes. » 

On voyait autrefois, dans la nef de Féglise de Crozon, 
le mausolée en kersanton d'un ancien Sgr de Gouandour. 
Ce mausolée, orné d'écussons représentant les armoiries 
et alliances de ce seigneur, a été détruit parce qu'il gênait 
la marche des processions. M. de Mesmeur en a recueilli 
les débris et Ta restauré dans un bosquet de son jardin 
de Lescoat. 

Albert le Grand (p. 58) dit que, de son temps, les pa- 
roisses voisines de Landévennec, Crozon entre autres, 
étaient tenues d'aller à certains jours chanter des servi- 
ces dans l'oratoire du roi Gradion, pour le repos de son 
âme. 

Chapelles 

Les chapelles de Crozon étaient fort nombreuses, et 
une lettre de 1745 (H. 83) nous apprend qu'il y avait, 
dans cette paroisse, dix-huit chapelles desservies par les 
prêtres de Crozon, « qui se trouvent tous à la grand'messe 
de la mère église ; ces prêtres n'ont d'autre salaire que 
les quêtes que chacun fait dans l'arrondissement de sa 
chapelle ». 

P Chapelle de Baint-Jean. 

Cette chapelle, d'origine très ancienne, a été presque 
entièrement refaite à l'intérieur, du moins l'on n'y trouve 
que des dates du xvii^» siècle. 

Au bas du clocher : 

4617 . 1 . KANGVIADER. 
1630 . G. SENECHAL. 



— 88 - 

Au bas du pignon du transept Midi : 

lAN . BLOAS . FABRIQUE . 1627. 

Au pignon d'une fenêtre Midi : 

1645 . MEILAR . ALLAIN . FAB. 

Dans la clôture en bois de l'arc triomphal : 

1621 . FAICT : FAIRE : PAR : M : B : LE : BROIER : P" 

GADRON : KAVDREN . F. 

A rintérieur, séparant la nef du chœur, est une sorte 
d'arc triomphal, arcade romane assez lourde, du xp siècle, 
et offrant beaucoup d'analogie avec une arcade semblable 
dans la chapelle de Saint- Jean Pont-Men ou 9ur BHon, en 
Riec, et qui dépendait des templiers ou des hospitaliers 
de Saint-Jean. 

Près de la chapelle sont deux fontaines, dont Tune très 
ancienne, et l'autre surmontée d'un édicule du xyii<^ siè- 
cle. 

Cette chapelle est située au Léîdé. 

2o Saint-Jean de la Palue, 

Autre chapelle dédiée à saint Jean, et que son état de 
délabrement fit dégrever au rôle des décimes en 1781. 

do La Magdeleine, 

Chapelle attenante au presbytère ; elle servait à faire 
l'école en 1806 ; en 1811, le Curé en fit l'abandon à la com- 
mune, pour que celle-ci se chargeât des réparations du 
presbytère. 

49 Saint'Michel. 
Près de Dinan, existe encore. 



-89- 

5o Notre-Dame de Por$-8cUud. 

Était la chapelle la plus imposée au rôle des décimes, 
et recevait, dès lors, le plus d'offrandes. Elle était en rui- 
nes en 1804. 

6° SaifU-Hemot. 

A la pointe de la Chèvre ; elle est appelée de Saint-Hervé 
au rôle des décimes. En 1805, on la réclame comme très 
nécessaire pour le service paroissial. 

?> Saint-Julien. 

Chapelle du côté de Camaret, dont on réclame l'ouver- 
ture, en 1804, comme très utile à ce quartier. 

8^ Saint' Nicolas. 
En ruines et déchargée au rôle des décimes dès 1781. 

9° Saint Quénoîé. 
Dégrevée au rôle des décimes, en 1781. 

IQo Saint-Philibert. 

, Que le rôle des décimes appelle mal à propos Saint-Phi- 
lippe. Demandée comme chapelle de catéchisme en 1805. 

i/o Saint-Laurent. 

Chapelle en ruines en 1805 ; mais les voisins en deman- 
daient la reconstruction. 



-90 - 

II y avait en outre, sur cette paroisse, les chapelles de 
Saint-Fiacre, Saint-Sébastien, Sainte-Barbe, Saint-Gil- 
das, Sainte-Marine, Saint-Germain, Saint-Louis de Ké- 
lern, sans compter les chapelles de Sainte-Anne et de 
Saint-Joseph de Lanvéoc. 



Monuments anciens 

Le bourg de Crozon (1) contient plusieurs maisons 
anciennes ; beaucoup sont dans le style de la Renais- 
sance. 

Son église date du xvi« siècle, mais le portail et la tour 
du clocher sont un peu moins anciens. 

Sur la porte qui est au pied de la tour, on lit : 

EN L'AN 1602 A. P. KERAUDREN FABRIQUE 

et au côté gauche sont écrits les noms : 

A. SENECHAL 
P. ANIBRAS 
R. GALLOU 

Dans le campanile du clocher, on voit cette inscription : 

H. LE DU FABRIQUE . J : LE BRAZ . BE : GRENOU 

L'AN 1615 

* 

« Dans l'embouchure de la petite rivière de Laber ou 
de Saint-Laurent, est un petit îlot assez élevé, sur lequel 
on voit les vestiges d'une de ces antiques tours isolées qui 
furent les premières forteresses féodales. La terre relevée 
sur les fondations en marque encore l'enceinte, qui paraît 

Fréminyille, n, p. ^. 



- 91 - 

avoir été pentagone ; une coupure, qui d'un côté inter- 
rompt cette enceinte, en désigne la porte d'entrée. Je 
remarquai que Tintérieur de la tour avait été partagé en 
deux par un mur de refend en maçonnerie, dont la base 
paraît encore à fleur de terre ; elle est environnée d'un 
fossé. 

Cette tour parait avoir été établie dans la petite tle de 
Labef, contre les entreprises des pirates normands ; elle 
est appelée dans le pays a château du Mur ))... 



La Palue. 

« Il y a une trentaine d'années, dit M. Bourassin, vers 
1840 (1), plusieurs dunes de sable, de l'anse de la Palue ou 
de Losmarch, furent déplacées à la suite d'une violente 
tempête, et mirent à découvert, au milieu de fragments 
de tuiles à rebord et de tessons de poterie de l'époque 
gallo-romaine, un grand nombre de squelettes d'hommes, 
de femmes et d'enfants de tout âge, régulièrement rangés 
les uns près des autres ; leurs bras étaient étendus le long 
du corps, et leur tète reposait sur une pierre plate. Il était 
évident que ce lieu avait été le théâtre d'une catastrophe 
dans les premiers siècles de notre ère. Les uns attribuè- 
rent ce désastre à une maladie contagieuse, d'autres à 
une descente de pirates sur ce point de la côte, où les 
vestiges d'un établissement gallo-romain sont encore 
visibles. Cependant, aucun des squelettes ne portait de 
traces de mutilation. 

(( Pour moi, je n'hésite pas à croire, avec mon ami 
Durocher, ingénieur des mines à Rennes, que la catas- 
trophe dans laquelle périrent tant d'êtres humains fut 

(1) Bulletin de la Société Ârck,, t. I, p. 55. 



— 94 — 

« A une demi-lieue dans le Sud de ce menhir, j'en vis 
quatre autres fort gros, mais moins élevés et comme 
groupés ensemble. Ils étaient accompagnés d'un petit 
dolmen. » 

M. du Chfttellier signale, à la pointe du Château de Dinan, 
un dolmen en partie détruit, et des chambres à ciel ouvert. 

Pointe de la Chèvre (i). 

« A 200 mètres Sud de Saint-Norgat, tumulus de 2 mè- 
tres de haut et 25 mètres de diamètre. Exploré en 1883, 
il nous a donné une chambre intérieure construite en 
pierres sèches recouvertes d'une table dolménique. Cette 
belle sépulture mesurait 2 m. 30 de long sur m. 92 de 
large et 1 m. 30 sous plafond, contenait sept dépôts de 
restes incinérés placés sur sept dalles posées sur le fond 
de la sépulture, sans mobilier funéraire. 

« A 300 mètres au Sud du village de Saint- Hernot, 
tumulus de 2 m. 50 de haut et 20 mètres de diamètre. 
Fouillé en 1883, il contenait trois sépultures formées de 
pierres placées de champ en terre, recouvertes de dalles. 
Elles ont donné des restes de squelettes, des poteries bri- 
sées, une hache en pierre polie, des éclats de silex et des 
percuteurs. )) (Musée de Kernuz.) 

Dolmen de Rostudel, à la pointe, et un menhir à 200 mè- 
tres à rOuest du dolmen. 

Kercolleoch - MontourgarcL (S) 

« Entre la pointe de Morgat et celle de Saint-Hernot, 
sur le flanc Sud d'une colline inculte qui dépend du vil- 
lage de Montourgard, est une forteresse (celtique?) de 

(1) M. du Chalellier. 

(2) BuUain de la Société àrch., Vf, p. 97. 



— 95 - 

construction cyclopéenne extrêmement remarquable. 
L'enceinte principale, dont le plan donne un rectangle 
de 18 mètres sur 10 m. 40, est entourée de murs d*une 
épaisseur moyenne de 1 m. 25, formés de blocs de pierre 
non taillés, dont quelques-uns ont 1 m. 60 de hauteur ; 
ceux qui composent la première assise sont simplement 
plantés dans le sol les uns près des autres et disposés sur 
deux rangs qui se touchent. D'autres pierres étaient en- 
tassées sur cette première assise. 

(( A l'intérieur, sont les substructions de l'habitation 
du maître ; elle consistait en un donjon ou tour rectan- 
gulaire de 7 m. 30 sur 6 m. 50 de côté, dont les murs 
étaient construits par le môme procédé que ceux de l'en- 
ceinte. 

« De cette enceinte partent, dans la direction de l'Ouest 
et du Sud, des lignes de pierres plantées assez rappro- 
chées qui forment une succession d'enceintes secondaires 
dont il n'est pas facile de préciser la destination. Il est 
impossible de donner, par une simple description, une 
idée de l'ensemble de ce curieux monument, probable- 
ment unique en France ; mais il est à désirer qu'on en 
fasse faire un plan le plus tôt possible, car au mois d'Oc- 
tobre 1873, époque de ma dernière visite, on avait brisé, 
du côté de l'Ouest, un assez grand nombre de pierres 
pour en faire des clôtures » (1). 

En 1830, M. Fréminville voyait, dans ce monument, 
« un sanctuaire druidique dont les alignements s'éten- 
dent entre la pointe Saint-Hernot et celle de Morgat ; le 
principal de ces alignements a 1.100 pieds d'étendue vers 
l'Ouest, il forme un angle obtus et aboutit à une enceinte 
trapéziforme ayant une avenue de pierres. Tout à côté et 



(1) M. du ChateDier a acheté ce moDumeDt pour le préserver de la 

tÎAn. 



deitnictioQ. 



— de- 
hors rang, est une autre enceinte carrée formée d*un dou- 
ble rang de pierres plantées très serrées les unes contre 
les autres et assez élevées. Cette enceinte porte, dans la^ 
contrée, le nom vulgaire de a maison du Curé ». 

Landaaudêc. 

M. de Fréminville voit, dans les alignements de pierre 
de Landaoudec les traces d'un temple druidique qu'il 
décrit ainsi : 

(( Ce sanctuaire est établi dans une lande qui avoisine 
un chemin conduisant de Lanvéoc au manoir de Lescoat ; 
quelques gros blocs de pierre et trois menhirs dispersés 
en annoncent rapproche. Deux rangs parallèles de pier- 
res, les unes plantées, les autres posées simplement sur 
le sol, forment une espèce d'allée ou d'avenue longue de 
77 toises et qui conduit à l'angle oriental de la première 
enceinte. 

« Cette enceinte, de figure triangulaire, est formée par 
des blocs de pierre posés ou plantés debout ; deux des 
côtés du triangle sont droits, le troisième est un segment 
de cercle, c'est celui du Nord ; celui du Sud a 64 toises 
de longueur, et celui de l'Ouest, qui forme avec lui un 
angle droit, en a 26. C'est sur ce dernier, composé de 10 
pierres, que l'on remarque deux menhirs plantés à côté 
l'un de l'autre et paraissant marquer une espèce de porte; 
l'un a 7 p. 1/2, l'autre 6 p. 1/2 de hauteur. 

(( A cette enceinte triangulaire est adjacente, du côté 
de l'Occident, une seconde, qui est de flgure carrée, et a 
avec la première un côté commun. Ce carré, formé de 
blocs plantés ou posés, a 34 toises de l'Est à l'Ouest, et 
26 du Nord au Sud. 

« De l'extrémité Sud, du côté qui lui est commun avec 
l'enceinte triangulaire, part une rangée de pierres for- 



- 97 - 

mant le demi-cercle, et au bout de laquelle se voit le 
dolmen ou autel dépendant du temple. 

« Tout auprès, et à FOrient de ce monument, on voit un 
alignement composé de 63 pierres peu élevées et rappro- 
chées les unes des autres ; il se dirige d*abord en ligne 
droite du Sud au Nord, mais prend à son extrémité une 
légère courbure. Cet alignement semble avoir fait partie 
d'une enceinte particulière qui entourait un terrain tout 
couvert de grosses pierres simplement posées sur le sol, 
et que nous regardons comme marquant autant de sépul- 
tures. 

« Le menhir de Landaoudec est entouré de pierres 
celtiques dispersées sans ordre, mais qui sont trop voi- 
sines du temple que nous venons de décrire, pour n*en 
pas avoir fait une dépendance. On y voit trois menhirs, 
Tun haut de 9 p. 1/2, l'autre de 7 pieds, et le troisième de 
8. Ce dernier, qui est dans le Sud du moulin, est remar- 
quable en ce qu'il a été fendu verticalement en deux. 

(( A 300 ou 400 toises dans l'Est du sanctuaire, on trouve, 
sur le Tcrsant d'une petite vallée, un dolmen bien con- 
servé, composé de sept pierres qui soutiennent une table 
massive de 8 pieds de surface. Ce dolmen dépendait peut- 
être du monument de Landaoudec. 

« Le manoir de Landaoudec, situé à peu de distance du 
temple druidique, est aujourd'hui très dégradé et converti 
en ferme ; il peut avoir été bâti à la fin du xv® siècle, mais 
rien n'annonce qu'il ait jamais été considérable. 

(( Dans une montre à Quimper, en 1562, un sieur .de 
Landaoudec se présentait pour servir en qualité d'arque- 
busier à cheval, ce qui lui supposait un revenu assez 
élevé. » 

M. Le Men (1) remarque que « le monument de Lan- 

(1) BuUeUn de la Société Àreh., IV, p. 93. 
BuLLBTiH Di LA Goiiiiissioif DiocisAiNB. — 7* aimôe. 7 



— 98 — 

daoudec a été fort mutilé depuis ^époque où M. de Fré- 
minville en a donné la description pour la première fois. 
En 1855, M. Le Bastard de Mesmeur, de Crozon, se trou- 
vant sur les lieux au moment où Ton venait de renverser 
un des menhirs de ces alignements, découvrit, au fond 
de la cavité d'où on l'avait retiré, une belle hache en dio- 
rite. » 

FilMILLES NOBLES DE LA PAROISSE DE CrOZON 

Autret, S>^ de Landeadec : d'or à cinq trangles ondes 
WazuT ; devise : Dre ar mor, 

Bohier, S' de Trébéron : d^or au lion d'aeur. 

Coetquelven, S' de Kerioul : d'argent à la quintefeuHU 
de eable ; devise : Beea e peo&h. 

Gentil (le S' de Quelern) (1) : d'aeur au serpent volant 
d'or; devise : Spargit unde quaque venénum, et Suis nUitur 
alis. 

Gouandour, S' de Cléguer : d'argent à 8 chouettes de 
sable becquées de gueules. 

Goulaine, S' de Poulmic : mi parti d'Angleterre et de 
France; devise : De cettuy ci, de cettuy la, j'accorde les 
couronnes. 

Goulhezre, S' de Tremet et Trébéron : d'or au chevron 
d'aeur accompagné de 3 trèfles de même. 

Han (du) marquis de Poulmic : émargent à la bande 
fuselée de sable, soutenant un lion momé de gueules. 



(1) M. de Bosmorduc dous signale une errear d'Ogée, qui attribue tu 
XV iiècle la propriété du manoir de Kerlern ou Quelern à un Le Gentil. 

c Ce manoir appartenait jadis aux Goulhezre ; Jean de Goulhezre épousa, 
en 1635, Marguerite Bospiec, dont il laissa une fille, Françoise-Esther 
Goulhezre, dame de Kerlern, mariée à Tanguy Le Gentil, sieur de Peo- 
cran. Leurs descendants ont porté le nom de Kerlern, devenu Quélem, 
jusqu'en 1843, année de la mort de M. le baron Le Gentil de Quelern, 
maréchal de camp du génie. » 



— 99 — 

Henry, S' de Kerhouatenant : dé sablé à VaigU éployéé 
d'argent. 

Hemery, S' de Lanvagen : d'or à 8 chouetteê de sablé, 
mémbrées et becquées d'or, qui est Cavan, un annelet de 
sable tn àHAtM, alias à la bordure de gueules. 

Mathieu, abbé de Landévennec, mort en 1496, était 
de cette famille. 

Hirgarz (de) : d'or à 3 pommes de pin d'cusur. 

Jacob, S' de Kerigon et de la Villeneuve : de gwules au 
chevron d'argent accompagné de S eoquUles de même. 

Jar (Le), S' de Treyer : d'argent à la poule de sable crêtée 
et barbelée de gueules, becquée et mêmbrée d^or. 

Kerdrein (de) S' de Kerbiriou et deTrébéron : d^her- 
mines au chef endanché de sable. 

Kei^uiziau, S' de Kerbiriou : d'atsur à 3 têtes d'aigle 
(alias d'épervier) arrachées d^ùr; devise : 8pes in Deo. 

Kerlenguy (du), S' de Landaoudec et de Poulpatré : 
d'argent à V aigle de sable. 

Laurens, S' de Kerlenguy : d'or au sanglier de sabU. 

Léon, vicomte de Léon, comte de Crozon : d'or au lion 
momé de sable, qui est Léon ; à la bordure chargée de onze 
annélets en orle, comme marque de juveigneurie. 

Languéouez (de), S' de Kerbiriou : fascé onde d'or et 
d^asur, au chef de gueules; devise : Fini patitur qui vincere 
dUeU. 

Moëlien, S' du Gouandour : d'asur à un anneau d'ar- 
gent, touché et environné de trois fers de lance de même ; 
devise : Bell Poble. 

Palud, S' de Kervoazec : d'argerU à deux fasces ondées 
d'agur accompagnées de 3 étoiles de même. 

Pentrez, S*" de Rostellec : d^or au greslier d'asur lié de 
gueules. 

Porte (de la), marquis de Poulmic et comte de Crozon : 
de gueules au croissant d'hermines. 



- lôo- 

René, conseiller au Parlement en 1653, épouse Anne- 
Marie du Ham, dame de Crozon, dont Anne-Marie, 
dame d^Artois et de Crozon, mariée en 1684 à Louis 
Rousselet, marquis de Châteaurenault, vice-amiral et 
maréchal de France. 

Poulmic, Sr de Keramprovost et de Lescoat : échiqueté 
d^ argent et de gueules, le premier échiquier chargé d'un 
annelet de sable pour la branche de Loumérol ; devise : 
De bien en mieux, alias : Espoir. 

Plœuc (de), S' de Poulmic : d'hermines à trois chevrons 
de gueules. 

Trédern (de), S' de Kerbiriou : échiqueté d'or et de 
gueules, au franc canton fascé d^ argent et de gueules ; 
devise : Ea souez ve. Quelle surprise ce serait. 

Curés de Crozon depuis le Concordat 

1803-1804. Alain Desmoulin, de Crozon. 

1805-1809. Antoine-Adrien Mauduit du Plessix, de Poul- 

dergat. 
1809-1820. Bernard Doucin, né à Quimper, en 1759. 
1820-1824. François -Marie Lescop, né à Plouguerneau, 

en 1791. 
1824-1829. Jacques Balcon, né à Crozon, en 1761. 
1829-1838. Yves Le Pape, né à Lopérec. 
1838-1864. Pierre Grall, né à La Feuillée. 
1864-1872. Sébastien Quéré, né à Goulien. 
1872-1876. François-Joseph Prigent, né à Lanmeur. 
1876-1896. Jean-Marie Hameury, né à Guimaêc. 
1896. Pierre-Louis Le Jacq. 





— loi — 




Vicaires 




Mignon. 




Meillard. 




Correoc. 




Carn. 




Balcon. 




Paugam. 




Tutor. 




Julien. 




Chansy. 




Guillaume Keruzec. 




Onneau Pellen. 




Jean-Pierre Michel. 


1818. 


René Le Guen. 


1819. 


François Le Rest. 


1819. 


Guillaume Rivoal. 


1820. 


Yves Le Coent. 


1820. 


Clet Carval. 


1821. 


Olivier Cantinat. 


1821. 


Jean-Marie Quéméner. 


1821. 


François Goarant. 


1822. 


Hervé Goasguen. 


1823. 


Jean Le Hann. 


1823. 


François Le Borgne. 


1824. 


François Silliau. 


1824. 


Jean PenduS. 


1825. 


Tanguy Guéguen. 


1826. 


Claude Maguer. 


1827. 


François Marc. 


1829. 


Alain Martin. 


1830. 


Jean Le Bloas. 


1830. 


Louis Caradec. 


1831. 


Jean Soucet. 





- 102 - 


1832. 


François Mérer. 


1833. 


François Madec. 


183S. 


Joseph Le Guen. 


1836. 


Hippolyte Corre. 


1838. 


Vincent Le Courant. 


1838. 


Jacques NicoL 


1839. 


Hervé Guéguen. 


1840. 


Claude Le Néa. 


1840. 


Laurent Baron. 


1841. 


Michel Le Férec. 


1841. 


Guillaume Le Dérofl. 


1844. 


Jean Castrée. 


1844. 


Jean Ronvel. 


1849. 


Jean Gourmelon. 


1853. 


François Thomas. 


1854. 


Toussaint Nédélec. 


1857. 


Yves Thomas. 


1858. 


Jean Le Bras. 


1859. 


Jean Rolland. 


1859. 


Jean-Marie Cloarec. 


1861. 


Joseph Odeyé. 


1863. 


Jean Cadiou. 


1864. 


Joseph Mahé. 


1868. 


Théodore Baraou. 


1868. 


Théodore Rolland. 


1871. 


Marie-Stanislas Kerbiriou. 


1875. 


Pierre CréoS. 


1877. 


Eugène Odeyé. 


1880. 


Olivier Lavanant. 


1884. 


Yves-Marie Pichon. 


1885. 


Guillaume Héliës. 


1885. 


Maurice Migadel. 


1885. 


Jean Bodériou. 


1890. 


Louis Mocaer. 



— 103 — 

1892. Marc Dréau. 

1896. Jean-Guillaume Fertil. 

1901. Cyprien Hénafl. 

1901. Alexandre Le Roy. 

1903. François-Marie Le Roux. 

1906. . Henri Héréus. 



OUZON 



CkUhan au xiu« siècle, Cozon ou Ccsuzon, ancienne pa- 
roisse annexée à Kerfeunteun au Concordat. Elle était 
dédiée à saint Pierre. L'église a été reconstruite, il y a 
une trentaine d'années. En 1278, le Cartulaire de la cathé- 
drale marque qu'on s'y rendait en procession le troisième 
jour des Rogations ; le premier jour la station était à Loc- 
maria, et le second jour à Kerfeunteun. 

Recteurs de Cuzon 

1493-1496. Jean Kerangoez, chanoine, recteur de Cuzon 
et de Plonévez-Porzay. 

1532. Henri Le Chever, mort en cette année 1532. Il 

devait être parent de noble écuyer Charles Le Chever, 
S' de Kermahonec, qui rend aveu à FEvèque en 1543. 



- 104 - 

1566-1568. René ou Ronan Le Gallic, décédé en 1568. 

1568. Yves Bealec. 

1596-1612. Pierre Coray. 

1612. Julien Lousche.. 

1617. Jan Conan. 

1679. René Morvézan ; est nommé recteur de Scaêr. 

1679-1698. Pierre Le Bihan, qui résigne au suivant. 

1698-1706. François-Joseph Le Laë. 

1706-1707. M. Goarson. 

1713-1717. Yves Le Moal. 

1717. Ma Jegonic. 

1721-1731. Claude AuSret. 

1731-1735. J. Le Calloch. 

1735-1738. J. Le Glévarec. 

1739-1747. Michel Pérou. 

1751-1780. Yves Kerloch (avait été curé de Gourlizon). 

1787-1800. Queinnec. 

ROLE DES DÉCIMES EN 1789 

Queinnec, recteur 21* 10» 

La fabrice 6i 7« 6* 

Saint-Denis 1^ 15» 

La Mère-de-Dieu 7* 

Total 361 12s 6* 

Nous parlerons de ces chapelles dans la notice sur Ker- 
feunteun. 



— 105 - 



CAUTULAIRE 

DE L'ÉGLISE DE QUIMPER 

(Suite.) 



356. 

FONDATION D'OBIT 
PAR LtVÊOUE GEOFFROY LE HARNEC^') 

— 21 Décembre 1376. — 



In nomine Dei. Amen. 

Per hoc presens publicum instrumentum cunclis pateat 
evidenter quod anno eiusdem Dei M» CCC^ septuagesimo 
sexto, die vigesima prima mensis Decembris, quasi circa 
horam none dicti diei, indicione XV* pontificatus SS'"^ in 
Ctiristo Patris ac Domini noslri Gregorii, divina provi- 
dencia Pape XP anno sexto, in mei notarii publici et tes- 
tium infrascriptorum presencia, personaliter constitutus 
Reverendus in Christo Pater ac Dominus Dominus Gau- 
fridus, Dei et Sancte Sedis apostolice gracia, Corisopi- 
tensis episcopus, cupiens, ut dicebat, ipsius anime saluti 
super omnia providere, asseruit quod alias ordînaverat 
et adhuc ordinat duodecim anuiversaria pro suorum re~ 
roissione peccatorum animeque sue remedio, de sui Capi- 
tuli assensu, post mortem suam, videlicet : quolibet die 
lune prima cuiuslibet mensis, annis singulis solempniter 

(l) Cari. 61, t' 89. 
BoLLBTiif 01 LA COMMISSION DIOCESAINE. — 7* année. 8 



— 106 — 

in ecclesia Corisopitensi celebrari, volens quod durante 
vita ipsius Reverendi Patris in humanis, una missa so- 
lempnis, singulis diebus lune predictis, de Spiritu Sancto, 
ad uberiorem eiusdem Spiritus Sancti graciam facilius 
impetrandam, pro ipso specialiter celebretur ; Excepto 
quod una missarum predictarum celebrabitur in perpe- 
tuum ad honorem Virginis gloriose, qualibet prima die 
lune adventus domini in decembri, que siquidem missa 
computabitur post ipsius mortem de numéro anniversa- 
riorum predictorum. 

Pro quorum anniversariorum celebracione et ad fun- 
dacionem et usum distribucionis eorumdem, idem Reve- 
rendus Pater, pia consideracione et ut eius anime eterni- 
tatis memoria apud almam et sanctam matrem ecclesiam 
in eternum salubriter perducatur, donavit pure et irre- 
vocabiliter numeravit venerabilibus viris Capitulo eius- 
dem ecclesie Corisopitensis capitulantibus, quingentos 
quadraginta francos aureos boni et legitimi ponderis in 
empcionem reddituum, ad perpetuendas distribuciones 
huiusmodi, convertendos ; de qua summa voJuit Reve- 
rendus Pater, reddilus emi ascendentes ad summam tri- 
ginta sex librarum annui redditus, taxata summa quin- 
decim francorum auri per eumdem Reverendum Patrem 
solvendorum pro quibuslibet viginti solidis annui reddi- 
tus predlcti ; itaque distribuciones cûiuslibet anniver- 
sarii, sexaginta solidos valeant canonicis et minislris 
ecclesie anniversario huiusmodi inlervenientibus, pro- 
portionaliter ut moris est, apud dictam ecclesiam in aliis 
anniversariis assignari. 

Dicti vero venerabiles viri Capitulum facientes, capel- 
lanique et ministri ipsius ecclesie tune présentes, reco- 
gnoscentes premissas ordinacionem et dîsposlcionem per 
Reverendum Patrem factas, promiserunt in mei notarii 
presencia pro se et suis successoribus, anniversariorum 



— 107 — 

solempnia, prout superius est premissum , celebrarf 
facere, salvo quod si aliqua die dierum predictarum du- 
plex et solempne festum incidat, seu aliud legitimum 
impedimentum quod per tioc dicti canonici et ministri 
pro exGusatis, de non celebrando ipsis diebus lune, ha- 
beantur, dummodo proximis diebus exinde sequentibus 
oportunis, huiusmodi officia celebrentur. 

Et cum hoc, iuraverunt dicti canonici et ministri quod 
dictam summam quingentorum quadraginta francorum 
auri, ad alios usus non convertant, quodque in archa, in 
caméra thesauri dicte ecclesie, tribus competentibus cla- 
vibus firmata, nisi timor guerre compellat eam in loco 
tutiori et secretiori reponi, custodiatur dicta summa auri, 
donec de eadem redditus ad usum predictum emantur, 
quorum clavium, una custodiatur per Guillermum le Glas 
cantorem et canonicum, tamdiu iuerit in humanis et 
post eiusdem cantoris mortem, per procuratorem fabrice 
dicte ecclesie, et secunda clavis custodiatur per unum 
canonicum, ex parte dicti venerabilis Capituli, quoad hoc 
eligendura, quem ex nunc dictum venerabile Capitulum 
elegit, venerabilem virum Magistrum Gaufridum le Mar- 
hec Archidiaconum de Pocher, et tercia clavis remanebit 
et custodietur per unum capellanum perpetuum seu cura- 
tum dicte ecclesie, ab eisdem curatis eligendum, quem 
ex^nunc dicti curati elegerunt Danielem Felestrec. 

Premissa omnia iuraverunt venerabiles et discret! viri 
Magister Gaufridus Archidiaconus predictus, Guillermus 
Le Glas cantor, nec non Magistri Alanus Raoulini, Guil- 
lermus le Marhec, Gaufridus le Gall, Riocus Lestuchan, 
Thomas Episcopi canonici ipsius ecclesie ; Domini Daniel 
Felestrec, Natalis Stellan, Johannes Penguen, Alanus Rou- 
selli, Yvo Turnerii, Johannes Lupi et Pelrus Clerici presby- 
teri et capellani perpetui seu vicarii curati dicte ecclesie. 

Super quibus idem Reverendus Pater et dicti venera- 



— 108 — 

biles viri petlerunt a me sibi super hoc publicum fieri 
instrumentum. 

Acta fuerunt hec in caméra thesauri dicte ecclesie, pre- 
isentibus ad hoc, Alano le Roux draperio, qui dictam sum- 
mam auri ponderavit, Guillermo Oliverii presbytero et 
Guidomaro Savary clerico magistroque scolarum gram- 
maticalium civitatis Corisopitensis. 

Et ego Alanus Runbran clericus dyocesis Corisopitensis 
publicus aposlolica auctoritate notarius numeracioni, tra- 
dicioni et ponderacioni dicte summe auri ac omnibus 
supra scriptis presens fui, huiusmodique instrumentum, 
aliis negociis occupatus, per alium scribi feci, signoque 
meo solito signa vi. 

Et ego Herveus de Stagno parvo clericus publicus auc- 
toritate apostolica notarius, omnibus premissis presens 
lui et ideo hic me subscripsi signumque meum consue- 
tum apposui requisitus. 



357. 

ACHAT D'UNE MAISON 
PAR GEOFFROY LE MARHEC ARCHIDIACRE ^o 

- visa du 17 Mars 1377 (n. s.). - 



Universis présentes litteras inspecturis et audituris, 
officialis Corisopitensis salutem in Domino. 

Noveritis nos vidisse, palpasse et manualiter tenuisse 
quasdam litteras ad contractus curiarum ecclesiastice et 
secularis Regalium Reverendi inChristo Patris acDomini 
Domini Gaufridi permissione divina Corisopitensis Epis- 
copi, sigillo magno contractuum ipsius ecclesie apparent! 

(1) Ces deux actes soot empruntés au cart. 51, f* 94, eu Jatio et eo 
français. Le cart. 31, t* 48, doone seulement l'acte français. 



— 109 — 

sigillatas, non viciatas non cancellatas nec in aliqua sua 
parte corruptas aut eciam suspectas, sed omni vicîo et 
suspicione prorsus carentes, quas in auditorio curie, 
Nobis sedentibus in tribunali ad reddendum ius hora 
causarum eiusdem, legi et publicari ad maiorem certitu- 
dinem fecimus et mandavimus per notarium infra scrip- 
tum, quarum litterarum totus ténor, nil addito, nilque 
remoto sequitur in bec verba : 

Noverint universi quod cum venerabilis et discretusvir 
Magister Gaufridus le Marhec Archidiaconus de Pocher, 
titulo empcionis acquisierit a Margareta filia Pétri Premer 
sorore quondam Magistri Hervei Pape, quemdam ortum 
situm infra muros civitatis Corisopitensis inter ortum 
domus venerabilis Capituli, in qua nuper Magister Guil- 
lermus de Kemperele canonicus morari consuevit ex uno 
latere, et viam que ducit iuxta viam et ortum Alani Frello 
presbyteri curati ecclesie Corisopitensis apud Poulpezron 
ex alio, pro summa quindecim scutorum auri de Johan- 
nés, boni et legitimi ponderis, eidem Margarete ab eodem 
Archidiacono iam persolutorum ; unde prefatus Archidia- 
conus pro se ex parte una, et venerabiles viri canonici 
capitulantes ex alla, convenerunt inter se coram Nobis 
Gaufrido Episcopo, quod huiusmodi ortus qui post emp- 
cionem predictam, in expensis dicti Archidiaconi est lapi- 
dibus et cemento seu muro clausus, esset in perpetuum 
annexus eidem domui eiusdem venerabilis Capituli et 
orto sibi adiacenti, ad incrementum orti predicti eius- 
dem domus que ex nunc, eidem Archidiacono ad usum 
habitacionis ipsius Archidiaconi, est per predictum Capi- 
tulum assignata, retentis tamen et Nobis nostrisque suc- 
cessoribus debitis, octo denariis annui census, Nobis sol- 
vendis singulis annis, quolibet mense lanuarii desuper 
orto huiusmodi, pro amortizacione orti predicti ; qui siqui- 
dem venerabiles viri canonici domum et ortum predic- 



— 410 — 

tum oneraverunt et obligunt eciam cum nostris decreto 
et assensu solucioni viginti solidorum annui census, post 
decessum dicti Archidiaconi solvendorum ministriseccle- 
sie Corisopitensis, per eos distribuendorum in usum anni- 
Versarii eiusdem Archidiaconi ; de quo quidem orto idem 
Archidiaconus se penitus devestiens, induxit ipsum vene- 
rabile Capitulum in possessionem et saesinam corporalem 
eiusdem orti, retento tamen eidem Archidiacono,vita sua 
durante, usufructu seu viagio in orto predicto. 

Preterea notandum quod dicta domus cum orto erat 
antea onerata solucioni triginta solidorum, ut pote quin- 
decim solidorum in usum anniversarii Magistri Guillermi 
de Pemerit canonici quondam Corisopitensis et quinde- 
cim aliorum solidorum in usum parentum domini Alani 
Moreu dudum Episcopi Corisopitensis ; quorum siqui- 
dem triginta solidorum et eciam viginti solidorum annui 
census desuper domo et orto predictis, ipsis Capitulo et 
ministris ut prefertur debitorum, partem mediam, pre- 
fati canonici, contemplacione annexionis orti predicti et 
expensarum dicti Archidiaconi in construendo murum, 
necnon reparacionum expositarum usque ad summam 
trecentorum scutorum auri de Johannes, boni et legitirai 
ponderis, circa huiusmodi domum que ruinosa erat, 
remiserunt et remittunt eidem Archidiacono, absque eo 
quod ipse Archidiaconus usque ad finem viginti quinque 
annorum computendorum a data presencium, si ipsum 
Archidiaconum tantum contingat super vivere, tempore, 
teneatur in aliquo de medietate dicti iuris annui, quid- 
quam solvere canonicis et Capitulo predictis; de alia vero 
medietate dictorum quinquaginta solidorum satisfaciet 
idem Archidiaconus curatis et mancicotis ; post cuius 
Archidiaconi obitum, dicti canonici et ministri poterunt 
huiusmodi quinquaginta solidos percipere de domo et 
orto predictis et nichilominus, ipso Archidiacono supers- 



tite, ministri celebrabunt anno quolibet, ia mense et die 
assignatis peripsum Archidiaconum in martyrologio dicte 
ecclesie, unam missam de Spiritu Sancto pro ipso Archi- 
diacono et post eius decessum, missam de requiem cum 
vigiliis et matutinis mortuorum in precedenti nocte. 

Datuni in Capitulo die iovis videlicet prima mensis 
Februarii anno Domini M^ CCC^ sexagesimo octavo. 

Ita est lioc : Herveus de Stagno parvo. Presentibus in 
Capitulo : G. le Glas cantore, G. le Gall, T. Episcopi, 
R. de Lestuchan, R. le Gallou, Guillermo le Marheuc, 
A. Raoulin, canonicis. 

Ténor vero aliarum litterarum curie secularis regalium 
noscitur esse talis. 

Sachent touz que en nostre court séculière de nos 
Régailles de Cornouaille, Geffroy par la graçe de Dieu 
Evesque de Cornouaille, en dret personealment establie 
Margarite fille Pierre le Premer suer mestre Hervé le 
Pape, jadis, le samadi prechen ampres la chandelour en 
lan mil trois cenz sexante et trois vandit et en nom de 
pure vante donna, bailla, livra et ottroya a mestre Gef- 
froy Marhec Archediacre de Poher pour luy et les siens et 
cause aiantz de luy, à fin et perpétuel héritage à jamais, 
un courtil qui fut au dict maistre Hervé le Pape, sis 
dedanz les murs de la cité de Kemper Corentin, dont un 
sien chiefi fiert sur la rue de Poulpezron, pour quinze 
escuz d*or bons dou coing dou Roy de France quittes à la 
maen de la dicte Margarite à le paez ou a aultre de son 
commandement et à valer sur le en bons escuz d*or nom- 
brez et des quelx quinze escuz d'or la dicte Margarite 
acquitta et donne quitte et délivre le dict maistre Gefiroy 
et les siens à jamais ; sur lequel courtil promist, gréa et 
est tenue la dicte Margarite soubz obligacion de touz ses 
biens garantir et deilendre le dict Maistre Gefiroy et sa 
cause aiantz vers touz et contre tous en dret e à l'usage 



— 114 - 

350. 

LITTERE FUNDACIONIS CAPELLANIE S" EGIDII IN ECCLESIA 

CORISOPITENSI f*) 

Qeffroy, évoque de CornoiMUIIe fonde la ohapellenle de 8. Qlles 
à l'autel N.-D. vers le marché au bled a 40 livres monnaie de 
rente aux 7 ohapelains ou vicaires de 8* Corentin i une messe 
par Jour, 6 sols pour chaque manquement aux chanoines pré- 
sents et fabrice, et un curé chassé, son droict en Icelle ohapel- 
lenle sera baillé à son successeur en cette charge. 

- 26 Octobre 1379. - 



Universis présentes litteras inspecturis et audituris 
Gauffridus permissione divina Corisopitensis episcopus 
salutem in Domino sempiternam. 

Quia que geruntur in tempore siraul cuni ipso tempore 
evanescunt, nisi assumpserint ex fide testium vel scripti, 
memorie firmitatem ; noverint igitur universi quod cum 
inter Nos et discretos viros Capitulum nostrum Corisopi- 
tense db divino cultu in nostra Corisopitensi ecclesia 
prout ëvenit augmentando et de capellaniis in ea de novo 
fundandis, statuendis, faciendis et instituendis ad divine 
ma jestatis, béate Marie Virginis gloriose, beati Chorentini 
patroni nostriet omnium sanctorum laudem et honorem, 
prehabito tractatu solemni et diligenti, Nos de consensu 
et bona voluntate nostri Capituli predicti demum consti- 
tuimus, ordinamus, lundamus et tenore presencium faci- 
mus unam capellaniam ad altare seu in altari Béate Marie 
Virginis versus mercatum bladi in ecclesia nostra pre- 
dicta Corisopitensi situatam, specialiter in honore seu ad 
honorem beati Egidii abbatis et sub ejus nomine, de qua- 
draginta libris monete cursilis annui et perpetui redditus, 
emptis iam et acquisitis per Nos seu deputatos a Nobis 
quoad hoc, prout in litteris autenticis super hujusmodi 
empcione et acquisitione quadraginta librarum monete 

(1) Gart. 56, ^ 46. 



— 115 - 

cursilis annui juris seu census predicti confectis, lacius 
continelur. Quasquidem capellaniam et quadraginta libras 
monete predicte emptas et acquisitas per nos, ut prefer- 
tur, super hoc cum Capitulo nostro Corisopitensi prefato, 
matura ac provida deliberacione prehabîta, univimus, 
annexavimus, dedimus ac etiam de consilio et assensu 
nostri predicti Capituli, unimus tenore presencium da- 
musque perpetuo in communeoi distribucionem pro 
iodiviso, inter septem capellanos majores chori ecciesie 
nostre Corisopitensis quoad gerendum officium et desser- 
vienduin cure que ab olim censetur esse unica tocius civi* 
tatis Corisopitensis predicte et suburbiorum ejusdem, ex 
institutione et commissione Capituli predicti, quilibet sua 
sept] Diana per ordinem in eadem ecclesia, ab antiquo 
deputatos perpetuo que laudabiliter ordinatos ac eciam 
institutos et eorum beneficiis seu capellaniis existentibus 
in ecclesia nostra memorata perpetuo annectimus per 
présentes, litterasque confectas super hujusmodi emp- 
cionibus et acquisicionibus quadraginta librarum annui 
juris seu census predicti, eisdem septem capellanis pre- 
sentibus in Capitulo ecciesie nostre predicte et ipsas litte- 
ras recipientibus, realiter et de facto credidimus ac eciam 
manualiter assigna vim us, attendentes tenuitatem obven- 
cionum, proventuum, reddituum, fructuum et aliorum 
emolumentorum quorumcumque proveniencium et per- 
tinencium ipsis septem cappellanis in ecclesia nostra Cori- 
sopitensi sepedicta, contemplacione celebracionis unius 
misse cotidiane per ipsos septem capellanos et eorum 
quemlibet sua septimana per ordinem in dicto altari 
perpetuo celebrande in modum qui sequitur : 

Ad cujus siquidem misse celebracionem, dicti septem 
capellani se gratuito obligarunt ipsorumque quilibet obli- 
gavit per eorum prestita juramenta pro se et suis succes- 
soribus post ipsos, presertim ratione unionis et annexio- 



- 118 - 

per procuratorem dictorum fabrice et canonicorum qui 
pro tempore erit aut deputatum ab eo. 

Preterea si aliquis predictorum septem capellanorum, 
per Capitulum nostrum memoratuin seu deputatum ab eo, 
ad quod quidem Capitulum, institutio, destitutio seu pri- 
vatio omnimodo ipsorum septem capellanorum et maci- 
cotorum ejusdem ecclesie nec non et correctio plenaria 
eorumdem ac aliorum ministrorum seu officiorum quo- 
rumcumque ecclesie nostre prelibate immédiate spectat 
spectareque et pertinere veraciter diguoscitur ab antiquo, 
expellatur priveturque, quod absit, extra ecclesiam nos- 
tram predictam Corisopitensem propter suum excessum 
seu inobedienciam seu aliquod crimen aut inhonestatem 
vel 9lias de meritis suis exigentibus juxta et secundum 
formam continenciam ve statutorum et consuetudinum 
ipsius ecclesie a tempore memoria hominum excedente 
observatarum et juramento vallatorum, quod ex tune 
eciam sit privatus emolumentis dicte capellanie per Nos 
ut predicitur annexate et unité modo et forma quibus 
supra. Et quod eciam eodem contextu quod aller capel- 
lanus, loco predicti capellani sic privati canonice insti- 
tuatur, percipiet ipso facto et habebit emplumenta hujus- 
modi capellanie per Nos annexate et unité ut sepedictum 
est pro rata sibi attinente in sua septimana, statuentes et 
eciam ordinantes hujusmodi annexacionem et unionem 
de predicta capellania quadraginta librarum fundata per 
Nos de consensu et bona voluntate Capituli nostri mémo- 
rati, provida deliberacione inter Nos super hoc inCapitulo 
ecclesie nostre Corisopitensis predicte Capitulantes et 
Capitulum facientes,prehabita,prout superius exprimitur 
facta, perpetuo duraturum et valiturum in ecclesia nostra 
memorata absque eo quod nullo unquam tempore de 
hujusmodi capellania et quadraginta libris fieri aut ordi- 
nari per successores nostros in futurum possit aut valeat 



— 119 — 

alias quantum predictum est, nec eciam uni aut duabus 
personis seu pluribus de capellania et quadraginta libris 
predictis provideri quomodo libet in futurum. 

Si autem aliquis de successoribus nostris contra nos- 
tram presentem ordinacionem deconsensu et bona volun- 
tate Capituli nostri memorati per Nos ut prefertur cano- 
nice de premissis factam, veniré, quod absit, rooliretur 
aut in futurum presumeret, redditus et ceteras possessio- 
nes per nos in feodo ecclesie nostre Corisopitensis preli- 
bâte rite secundum morem et consuetudinem in talibus 
fieri consuetam emptos (1) ac eciam acquisitos videlicet 
octo solidos annui juris quolibet mense Januarii desuper 
domo magistri Hervei Pape quondam, sita in vico Suto- 
rum civitatis Corisopitensis juxta domum abbatis de Lan- 
deguennoc, que est ad presens Yvonis Guernarpin, quos 
emimus a Johanne Penruzic ; item Kermeurzin sitam 
juxta villam Tuon heir et Parcum vocatum parcum an 
roe, situm juxta quamdam domum magistri Alani Raou- 
lini in parocbia de Kaerfenten, quos emimus a domino 
Rioco de Rosmadeuc pro somma ducentorum scutorum 
auri de Johanne ; item octo solidos quos acquisivimus 
super pontem quo traneitur de domo Johannis Moreu ad 
aliam domum suam sitam in vico capelle béate Marie 
civitatis, solvendos quolibet mense Januarii ; item decem 
salidos quos acquisivimus super porta exteriori domus 
Capituli Corisopitensis site in Castro Sancti Chorentini 
propre dictas domos predicti Johannis Moreu, in qua 
morari consuevit dominus Daniel de Landeguennoc con- 
dam thesaurarius Corisopitensis, solvendos quolibet mense 
Januarii ; item decem solidos quos acquisivimus desuper 
domo Eudonis Meancie in capite vici Guenpiou sita, sol- 



(1) Od lit «o marge : « Description de l'assiete des 40 livres de rente 
de ladite obapelleoie de S* Oiles ». 



— 120 — 

vendos quolibet mense Januarii ; item octodecim solidos 
quos acquisiviiDus desuper domo condam Gleman Cus- 
tellarii sita in vico vinee inter domum Guillermi filii 
Heuriou et domum GourcuS, solvendos quolibet festo 
beati Johannis Baptiste ; item duos parcos juxta Kaerne- 
vez videlicet : unum a parte versus locum Marie et alium 
a parte versus Pont Ustum estimatos ad sex libras reddi- 
tuum, quos retraximus ab Yvone de Lanros pro quadra- 
ginta scutos auri ; item quicquid retraximus ab Yvone 
Kaersanteuc apud Pontuzguen pro septem viginti scutos 
auri ; item quicquid retraximus via proximitatis ab Eudone 
Trement, tam ciflatos mellis in molendino et omne domi- 
nium que habebat in parrochia de Ploemodiern pro sum- 
ma sexaginta scutorum auri et valent anno quolibet sexa- 
ginta solidos annui juris quos débet perflcere in casu 
decidii, ex nunc prout ex tune, et ex tune prout ex nunc 
donamus Capitulo nostro prelibato ad suorum commu- 
nium distributionum augmentationem perpetuo,quos red- 
ditus et possessiones per nos acquisitos, nostris successo- 
ribus dimittimus et sue mense episcopali, dummodo nichîl 
attemptent contra nostram presentem ordinacionem pre- 
dicte capellanie et xl librarum pro eadem ; alias non, ymo, 
si attemptent, volumus quod Capitulo nostro ad augmen- 
tum suarum distributionum cédant supra dicto modo et 
ipsos successores nostros privamus et privatos ipso facto 
possessionibus et redditibus predictis esse volumus per 
présentes, dicta fundatione ejusdem capellanie subunione 
et ordinacione predicte in suo robore nichilominus incom- 
mutabiliter permanente ac etiam perpétue duratura sub 
pena maledictionis eterne et obtestacione divini judicii 
ne secus fiât, presencium série in quantum possumus inlii- 
bentes. 

In quorum omnium testimonium bas litleras per nota- 
rium publicum infrascrîptum fieri et signe suo consueto 



^ 121 - 

signari fecimus et sigilli nostri magni appen^ione robo- 
rari. 

Nos vero Capitulum predictum premissis omnibus et 
siDguIis prout superius exprimuntur assensum nostrum 
prebentes et ea rata et firma habentes, statutis nostris et 
ecclesie nostre predicte in suo robore perpetuo duraturis, 
in testimonium premissorum et cujuslibet eorumdem 
robur et munimen, sigillum nostrum presentibus duxi- 
mus apponendum. Constat de cancellaria predicta. Âcta 
iuerunt bec in Caméra Capituli seu thesauraria ecclesie 
Corisopitensis, die mercurii ante festum Apostolorum 
Symonis et Jude videlicet xxvi* die mensis Octobris circa 
horam tercie dicte diei, anno Domini M^CCC® septuage- 
simo nono, indictione tercia, pontificatus SS^ in Christo 
Patris ac D. D. nostri Clementis divina Providencia Pape 
Vlli anno primo, presentibus ad bec venerabilibus et dis- 
cretis viris Magistris Gaufrido le Marhec juniore Archi- 
dyacono de Pocher, Guillermo le Marhec, Rioco de Lestu- 
chan, Thoma Episcopi, Gauffrido Gallici, Johanne Briencii, 
Joanne Fravali canonicis ecclesie Corisopitensis,Guillermo 
de Ploeneiz, Guillermo de Ponteligni advocatis curie Cori- 
sopitensis domino Guillermo Nani rectore parochie de 
Ploegofl dyocesis Corisopitensis, Rivallono de Penquelen- 
nec clerico ejusdem dyocesis et pluribus aliis testibus ad 
premissa vocatis specialiter et rogatis. 

El Ego Alanus Runbran clericus Corisopitensis dyoce- 
sis publicus auetoritate Apostolica et Imperiali notarius, 
curieque Corisopitensis juratus, constitutioni, ordinacioni, 
fundacioni et unioni capellaniedequa fit supra mencioet 
omnibus aliis premissis dum ut predicitur fierint et âge- 
rentur, una cum prenominatis testibus, presentibus eciam 
ibidem septem capellanis ejusdem ecclesie Corisopitensis 
videlicet dominis Daniele Felestreuc, Nathali Stellan, 
Johanne Lupi, Yvone Turnery, Johanne Penguen, Alano 

Binj.XTii« Di LA Commission diocésaine. — 7" année. 9 



— 122 — 

Rouselli, Petro Clerici presbyteris in premissa consen- 
cientibus ac premissa omnia juramento ipsorum capella- 
norum in mei et testium predictorum presencia vallata, 
vera esse recognoscentibus, presens interfui eaque per 
alium scribi feci, aliis negociis occupatus, et ideo hic me 
subscripsi signumque meum consuetum hic apposai 
requisitus super hoc et rogatus. Constat michi notario 
predicto de verbo cancellariam predictam quod volo omni 
firmitate carere. 

(A suivre,) 



- 123 — 




SUR LES 



PAROISSES DU DIOCÈSE DE QUIMPER ET DE LÉON 

Par MM. PETRON et ABaRAX.L. 

(Suite.) 



DAOaLAS 



Cette petite ville a eu pour origine un ancien monastère 
fondé au \i^ siècle, et ruiné au x« siècle par les Normands, 
mais fondé de nouveau, à la fin du xii« siècle, par les 
vicomtes de Léon. Albert Le Grand fait dériver le nom de 
Fabbaye du double meurtre commis sur les religieux de 
Landévennec, Tadec et Judulus, mais il est plus simple 
de retrouver dans le nom de Daoulas une réminiscence 
du Dowlais du pays de Galles ou Douglas, en Tlle de Man, 
que les émigrés insulaires auraient voulu conserver dans 
leur nouvelle patrie. 

Nous avons publié ailleurs Thistoire de Tabbaye de 
Daoulas par le frère Louis Pinson, chanoine profès de ce 
monastère, occupée par les chanoines réguliers de Saint- 
Augustin ; nous nous contenterons de reproduire ici le 
catalogue abrégé des abbés qui s'y sont succédé jusqu'à 
l'union de l'abbaye au séminaire de la Marine à Brest, à 
la fin du XVII® siècle. 



— 124 - 

1180. Rivallon. 

1180-1199. Guillaume, souscrit à une charte de labbaye 
de Bon-Repos (Morice), en 1184. 

1200. Hervé, décédé le 11 May 1200. 

1200-1233. Even, résigna sa charge après avoir fait con- 
sacrer, en 1232, Téglise abbatiale par Cadiou, évéque 
de Vannes, et Renard, évéque de Quimper ; il mourut 
le 20 Avril 1246. 

1251. G., certifie la copie d'une lettre de Henri, roi 

d*Angleterre, à Alain, vicomte de Léon (Morice). 

1281. Hervé de Guicastel ou de Plougastel, décédé 

en 1281. 

1285. Daniel, dit Calvus Caradeus (leMoal,Caradecf), 

décédé le 12 Avril 1285. 

1287. ~ Daniel Militis ou le Marhec, décédé le 13 Sep- 
tembre 1287. 

1309. Guy Potaire, décédé le 8 Avril 1309. 

1325. Hervé de Forquilly, décédé en 1325, le 2 Août. 

Forquilly est le nom d'une terre en Irvillac. 

1325-1351. Alain Seissoris de Forquilly, décédé le 25 Avril 
1351. 

1352. Hervé de Poulmic, mourut le 16 Mai 1352. La 

famille de Poulmic est originaire de Crozon et porte : 
échiqueté tT argent et de gueules, le premier échiquier 
chargé d*un annelet de sable pour la branche de Lou- 
méral, en Plounéventer. 

1352-1398. Jean Guérault, décédé le 1« Octobre 1398 ; il 
fit bâtir la maison abbatiale où sont ses armes : d'azur 
à trois têtes d'aigle arrachées d'argent surmontées de la 
mitre et de la crosse, 

1399-1409. Louis de la Palue, ou du Palui, comme il se 
voit par un acte du 14 Mars 1404. Il devait être de la 
famille de la Palue de Beuzit-Saint-Conogan, qui por- 
tail : d*or au lion de sable au lambel de gueules» 



— 123 — 

1410-1440. Etienne Petit, natif de Fougères, avait pour 
armes : d'azur à la fasce d'argent chargée d'une tête de 
lion de gueules accompagnée de deux croissants d'or en 
chef et de deux besants de même en pointe. Son tombeau 
était placé dans la chapelle du Faou, réservée pour la 
sépulture des chanoines ; il était représenté en abbé, 
revêtu de ses habits pontificaux, la crosse entre les 
bras, le bout de laquelle est avalé par un dragon, avec 
cette inscription : Cfy git Etienne Petit, dbbé de Daoulas, 
natif de Fougères, Dy ly pardoint, A côté de ses armes 
de famille, on remarquait un écusson portant une fou- 
gère, par allusion à son lieu d'origine. 

1441-1468. Gui ou Guiomarch Manfuric de Lezuzan ; il 
mourut le 25 Mai 1468 et portait : d'aeur au chevron 
d'argent accompagné de 8 oiseaux de même, 

1468-1502. Guillaume Le Lay, mourut le 22 Mai 1502 et 
portait : de gueules au lion d'or. Il était de la famille 
Le Lay de Gouelettreflf, en Plouider, et de Kerprovost, 
en Cléder. Il fut enterré en une tombe de cuivre, au 
raz de terre, où il est représenté en abbé, tenant un 
calice en ses mains, mitre en tête et crosse entre son 
bras droit, avec cette inscription : HIC . JACET . FR ATER 
GVILLELMVS . LE . LAY . ABBAS . HVIVS . MONASr 
TERII . QVI . REXIT . ILLVD . ANNIS . XXXV . ET 
RESTAVRAVIT . AC . ACQVISIVIT . EK PLVRA . BON A 
OBIIT . DIE . XXIII . JVNII . AN . DNI . MVII. 

1502-1519. Jean du Largez, originaire de Botlezan, évéché 
deTréguier, fut nommé évoque suffragant de Quimper 
en 1505, en attendant que le titulaire, Claude de Rohan, 
fut en âge d'être sacré évêque ; après le sacre de Claude 
de Rohan, en 1510, Tabbé de Daoulas fut nommé évê- 
que suffragant de Vannes, et exerça plusieurs fonc- 
tions pontificales, sous la dénomination d' « Évêque 
da Vesne », c'est-à-dire de Vennes ou de Vannes, le 



— dé- 
plus souvent, en latin, Avennensù, et quelquefois Ave- 
netenHi, 11 se démit de son abbaye en 1519, et mourut 
en 1533. Sa tombe se trouvait dans le chœur, du côté 
de rÉpître ; sur sa tombe était un écusson portant 
d'argent au chef de gueulei au lion de sinople brochant 
êur le t<mt,*9i\ec Tinscription suivante, telle que Tout 
lue les notaires de Daoulas en 1645 (1) :_H1C . JACET 
FRATER . JOHANNES . DV . LARGES . EPS . EVENE- 
TENS . ET . ABBAS . HVIVS . MONASTERII . ElDEM 
PERMVLTA . ACQVIRENS . BONA . HONORIFICE 
ILLVD . REXIT . SEX (decim) ANNOS . OBIIT . SEXTA 
LVCE . NOVEMBRIS . ANNO . MV^XXXÏII . CVIVS 
ANIMA . SIT . IN . PAGE . AMEN. 

1520-1535. Charles Jégou, originaire, sans doute, de Quim- 
per, où il possédait plusieurs maisons, rue de la Vigne, 
et des propriétés en Kerfeunteun. Il était recteur de 
Tréoultré*Penmarch, en 1498, dont il fit reconstruire 
la tour, qui porté la date de 1508, avec le nom de 
Charles Jégou. U avait pour armes : de gueuiee au 
chevron d'argent accompagné de B papiUone de même. 
Charles Jégou fut enterré à Daoulas, devant le maître- 
autel, et Ton conserve encore dans le cimetière la 
pierre de son tombeau, sur laquelle on peut lire cette 
inscription : HIC . JACET . FRATER . CHAROLVS 
JEGOV. ABBAS . HVIVS . MONASTERII . DE . DAVLAS 
ET . ACQVISI VIT . PLVRA . BONA . ET . FECIT . MULTA 
EDIFICIA ^ET . REXIT . CA . P . XV . ANOS . OBIIT 
DIE . DECIA . MEN . JANVARII . A . D . MV^XXXV. 
C'est à lui que Ton doit la belle verrière qui décorait 
le chœur. 

1536-1550. Olivier du Cbastel, fils de Tanguy du Chaste! 
et de Marie du Juch. Ses armes étaient fascéee d'or et 

(1) Voir notre oolice sur l'abbayo de Daoulas. 



- 127 - 

dé gueuîéê dé 8ix pièce* qui est du Chastel. Ce fut de son 
temps que fut construite la jolie fontaine de la chapelle 
Notre-Dame des Fontaines. Il fut inhumé au chœur, 
côté de rÉvangile, avec sa représentation en pierre, 
et cette inscription : Cy git Révérend père en Dieu 
frère Olivier du Chastel, abbé de céam, fie de deffunct 
meêêire Tanguy du Chastel et de dame Marie du Juch, 
ayant régné quatorze ans, décédé le îi Octobre 1550. 

15o(V-1573. Jean Prédour, portait de gueules au cJievron 
d'argent chargé de 3 étoUes de même. Il était originaire 
du diocèse de Saint -Brieuc. Il fut inhumé à côté de la 
tombe de Charles Jégou, avec pierre tombale sur la- 
quelle on lisait : Ci gist frère Jean Prédour, abbé de 
Daoullas, tt ayant gouverné icélle par V espace de vingt 
et trois ans, est décédé Vonzième May 1573. Il était âgé 
de 75 ans. 

1573-1581. Jean de Kerguiziau, originaire de Bohars, 
d'une famille fondue dans les Louet, en 1530, portait 
pour armes : d'azur à trois têtes d^aigles arrachées d'or. 
Il fut inhumé au côté de l'Evangile du mattre-autel ; 
sa tombe portait cette inscription : HIC . JACET. FRA- 
TER . JOHANNES . DE . KERGVIZIEAV. ABBAS . HVIVS 
MONASTERI . DE . DOVLAS . QVI . REXIT . ILLVD 
ANNIS . VIII . ET . RESTA VRAVIT . ET . ACQVISIVIT 
El . PLVRA . BONA . OBIIT . AVTEM . DIE . DECIMA 
MEN . SEPTEMBRIS . ANO . DNI . MVLXXXI 

1581-1598. René du Louet, fut le dernier abbé régulier. 
Il portait pour armes : fascé de vaire et de gueules de 
six pièces. C'est lui qui fit construire, dans le cimetière, 
le reliquaire qui était placé vis-à-vis la chapelle Sainte- 
Anne. Il fut inhumé près la tombe de son prédéces- 
seur, dans la chapelle du Fou ; sur sa pierre tombale, 
était sculpté son blason, surmonté d'une mitre et de 
la crosse passant derrière l'écu, avec cette inscrip- 



— 128 — 

tion : HIC . JACET . FRATER . RENAT VS . DV . LOVET 
ABBAS . HVIVS . MONASTERII . DE . DAOVLAS . QVl 
QVIDEM . ACQVISIVIT . ET . SlLVAxM . DE . DAOVLAS 
ET . PLVRA . ALIA . BON A . REXITQVE . ILLVD . ANNIS 
X VI . OBIIT . AVTEM . DIE.XII . J VLII . MV«XGV1II . EIVS 
ANIMA . PAGE . FRVATVR . AMEN .TOVT. EST. A . DIEV 

1602-1651. René de Rieux, fils du marquis d'Oixaot, sei- 
gneur de Sourdéac, gouverneur des ville et château de 
Brest, fut nommé abbé commendataire de Daoulas, 
n*étant âgé que de douze ans ; ses bulles coûtèrent à 
Rome 600 escus d*or. Après avoir pris possession en 
1603, le 3 Juin, il continua ses études à Paris, et son 
père, le gouverneur de Brest, se chargea de l'adminis- 
tration des biens de la mense abbatiale ; en 1606, René 
de Rieux lut, de plus, pourvu de Tabbaye du Relecq, 
et en 1613 il devint évéque de Léon, n'étant encore 
que sous-diacre ; il reçut ses bulles pour son sacre en 
1619 seulement. Tombé en disgrâce, il dut céder son 
évéché à M. Robert Cupil, de 1636 à 1648, et il est pos- 
sible que, dans cet intervalle, le cardinal de Mazarin 
se fit nommer abbé de Daoulas, car il est dit, dans un 
factura, que « cette abbaye a été possédée par le sieur 
cardinal de Mazarin ». Mais Mgr de Rieux ne cessa pas 
de se considérer comme abbé légitime de Daoulas, et 
recouvra certainement son abbaye lorsqu'il rentra en 
grâce en 1648. Il mourut dans son abbaye du Relecq 
le 8 Mars 1651 ; son corps fut inhumé dans la cathédrale 
de Saint -Pol. Il portait pour armes : d'azur à neuf 
besanta d'or 3, 3, 3, 

1651-1666. Charles-Maurice Le Tellier, se démit de l'abbaye 
en 1666, pour devenir coadjuteur puis archevêque de 
Reims. Il avait pour armes : d'azur à trois lézards 
d'argent posés en pal au chef cousu de gueules chargé 
de 3 étoiles d'or. On voit encore ses armes sur la porte 
qui donne entrée dans la cour de l'abbaye. 



— 129 - 

16G7-1692. Louis de la Motbe Vilbret d'Apremont. Son 

père était gouverneur de Salins, en Franche-Comté, 

après ravoir été de la ville d'Arras, qu*il fit fortifier. 

Ses armes étaient : d'argent à l^aigle ailes abaisséeê 

cour<mné d*azur et membre de gueules. 

Ce fut sous le gouvernement de cet abbé que l'abbaye 

de Daoulas fut unie au séminaire des aumôniers de la 

Marine, qui venait de s'établir à Brest. 

Par lettres du mois de Septembre 1681, le Roi avait 
établi au Folgoêt une communauté de prêtres séculiers 
pour élever des aumôniers de la Marine sous la juridic- 
tion de Mgr de Léon ; mais quatre ou cinq ans plus tard, 
la direction de cet établissement fut confiée aux Jésuites, 
« qui, jugeant qu'un séminaire de ce genre serait mieux 
placé à Brest, passèrent un contrat avec le Roi, en 1686 (1), 
par lequel il leur fut donné un terrain avec un beau jardin 
et des maisons, la direction du séminaire, 10.000 livres 
pour meubles, et 10.500 livres de rente pour entretenir 
vingt aumôniers. Ensuite de ce traité, ils congédièrent 
les prêtres séculiers du Folgoêt, y mirent des récollets 
qui, moyennant l'église, les maisons, le casuel et 500 livres 
de pension, se sont chargés d'acquitter les fondations. » 

Le revenu du Folgoêt n'ayant pas été jugé suffisant pour 
l'entretien du nouveau séminaire de la Marine, Louis XIV, 
par brevet du 5 Avril 1692, cité ci-dessus, déclara l'abbaye 
de Daoulas unie au dit séminaire, c'est-à-dire que, désor- 
mais, les Pères Jésuites toucheraient les revenus de la 
mense abbatiale (revenant à l'abbé) au profit de leur 
œuvre de Brest, mais laisseraient la mense conventuelle 
aux chanoines de Daoulas, qui continueraient à desservir 
les fondations. En somme, rien n'était radicalement 
changé à l'ancien état de chose, si non que le séminaire 
de la Marine était substitué à l'abbé commendataire, 

(1) Factum des chaDoines opposants. Bibliothèque de la ville, Quimper. 



- 130 - 

quant à la perception des émoluments de la mense et 
quant aux nominations aux bénéfices dépendant de 
Tabbaye. 

Les Pères Jésuites commencèrent par s'arranger avec 
l'abbé, le sieur d'Apremont, moyennant une pension via- 
gère, puis entrèrent en pourparlers avec les chanoines de 
Daoulas ; en 1693, il n'y en avait que trois à résider à 
Tabbaye, car les autres étant titulaires de différents 
prieurés de Loperhet, Dirinon, Hanvec, etc., résidaient 
dans ces paroisses. Les Jésuites s'arrangèrent assez faci- 
lement avec les trois religieux de Tabbaye ; par acte du 
11 Juin 1693, Gabriel Graleul de Plaisance, prieur claus- 
tral, et Louis Pinson, chanoine, consentirent à Tunion 
moyennant une pension annuelle de 600 livres, et Hippo- 
lyte Garnier, frère convers, accepta une pension de 
300 livres. 

Cependant, cette union ne pouvait être valable que par 
l'autorité pontificale, et ce fut le 5 des ides d'Avril 1698, 
qu'Innocent XII accorda la bulle d'union. 

Le 14 Janvier 1699, les Jésuites sollicitèrent de TOfiicia- 
lité de Quimper la fulmination de la bulle, et le 13 Avril 
de la même année, après une enquête de commodo et 
incommodo, M. Guillaume Cariou, officiai de Cornouaille, 
portait sentence de fulmination de la bulle d'union. 

Mais aussitôt commença une vive opposition de la part 
de quelques-uns des chanoines, tels que des sieurs Guil- 
lou, prieur de Loperhet, Rannou, prieur de Logonna, 
Montenard, prieur de Hanvec ; ils demandèrent le renvoi 
de l'afiaire devant le Parlement de Bretagne. De leur 
côté, les Jésuites réclamèrent la juridiction du grand 
Conseil du Roi. « Par arrêté contradictoire du 23 Janvier 
1702, les parties furent renvoyées et les Jésuites condam- 
nés aux dépens. 

(( Les Jésuites présentèrent au Roi un placet sous le 



- i31 - 

nom des Aumôniers de marine, tendant à ce que, sans 
s'arrêter à Tarrest du Conseil du 23 Janvier, et supposans 
que les oppositions à Tunion allaient contre les droits de 
Sa Majesté..., il y eut arrêt du Conseil du 20 Mars 1702, 
qui évoqua Taflaire au Conseil d'Etat privé du Roi pour y 
être définitivement fait droit » (1). 

En 1713, ce procès était toujours pendant, mais il se 
termina, cette année, par une transaction confirmée par 
lettres patentes du 11 Décembre 1713 : 

« La mense conventuelle et abbatiale est remise au 
séminaire de Brest pour sa fondation. 

« La pension des chanoines est fixée à 3.150 livres libre 
de toutes charges ordinaire et extraordinaire. 

« Les Pères Jésuites sont chargés de toutes les répara- 
tions » (2). 

Les dix paroisses dépendantes de cette abbaye, dont 
deux au diocèse de Saint-Pol et les autres en Cornouaille, 
furent conférées, sur la présentation des Pères Jésuites, 
aux évêques respectifs ; mais ils ne pouvaient présenter 
à ces cures que des chanoines de Daoulas. 

Cet état de chose dura jusqu'à la suppression des Jésui- 
tes, en 1762 ; depujs cette époque jusqu'à la Révolution, 
les chanoines n'eurent d'autre supérieur que l'évéque 
diocésain, qui concourait avec eux pour le choix des 
sujets à admettre, qui tous devaient être prêtres et aptes 
à exercer les fonctions du ministère ; quant aux revenus 
de la mense conventuelle, ils demeurèrent fixés à la 
somme de 3.150 livres, comme par le passé. Les autres 
revenus de l'abbaye demeurèrent encore une dizaine 
d'années affectés à l'entretien des aumôniers de la Marine, 
à Brest, sous la direction de Mgr de Léon. Mais lorsque 
le séminaire de la Marine fut supprimé, en 1771 (3), ces 

(1) Factum des opposaoto à TuaioD. 

(2) Mémoire de 1785. Archi?e8 de FEvôchô. 

(3) Le ?ot. Histoire du port de Brest. 



— 132 — 

revenus furent appliqués au payement de la pension des 
Pères Jésuites ; mais ces pensions devaient s'éteindre 
suecessivement par le décès des membres de la compa- 
gnie, et nous voyons un mémoire rédigé sur les ordres 
de Mgr de Léon, vers 1780, se demander si les bénéfices 
pauvres ou le séminaire ne pourraient pas retirer quel- 
qu'avantage de Tunion de ces revenus, qui ne pouvaient 
être consacrés qu'au profit de l'église. 

• * 

Nous donnons ici une pièce (E. 125), portant la date de 
1678, qui jette quelque jour sur les coutumes et usages de 
Daoulas au xvii^ siècle. 

C'est la pancarte des droits et charges du voyer de la 
seigneurie de Daoulas ; la fonction de voyer sera parti- 
culièrement établie par la nomenclature de ses charges. 
Mais voyons d'abord quels en étaient les droits : 

« Pancarte des debvoirs et droits 
seigneuriaux deus à Messire Jean de Treanna, chef de 
noms et d'armes, chevalier seigneur deLanvilo, Kervern, 
Kerazan, Tremaria, de Coetnempren, Liscoet, Coetelex, 
etc. Comme voyer féodé et héréditaire de la terre, seigneu- 
rie et chastellenie de Daoulas, membre de la principauté 
de Léon. 

1. — Four banal en la ville de Daoulas pour cuire aux 
manans et habitans d'icelle. 

Devoirs de rivière, 

2. — Une quarte de vin de chacune pippe de vin, sça- 
voir une pinte de chacune barrique rendue par mer en la 
dite ville. 

3. — Un boisseau de sel de chacun muids de sel apporté 



- 133 — 

par mer. Quels debvoirs sont dus lorsqu'ils entrent en la 
dite rivière et qu'ils passent Tisle Rosmellec, fors des 
babitans de Daoulas qui auront courre la quintaine, les- 
quels sont quittes des dits devoirs, pourvu qu'ils aient été 
les quérir sur les lieux où ils auront creus et non autre- 
ment. 

Devoirs de ville. 

4. — Une pinte de vin chacune barrique de vin qui sera 
vendue à Daoulas pour sortir d*icelle ville à autres qu'aux 
gentilhommes pour provision. 

Péage. 

5. — Pour droit de péage percevra le dit voyer un denier 
de chacune somme ou charge de cheval qui passjera des- 
sus les ponts de Daoulas. 

Foires de Saint-Pierre et la Toussaint. 

6. — Au dit seigneur voyer à cause de son voyerage 
appartient les devoirs des dites foires qui se tiennent à la 
Roche-Maurice, scavoir de toutes les bestes vives vendues 
aux dites foires de chacune beste Daumale 2 deniers. 

7. — De chacun porc 2 deniers. 

8. — De chacun cheval ou jument 8 deniers. 

9. — De chacun mouton mort 1 denier. 

10. — De chacune vente de beurre (si elle passe la valeur 
de 12 deniers) 1 denier. 

11. — De chacune somme ou charge d'escuelles ou sabots 
de bois 2 deniers. 

12. — De chacun estai de drapier 1 denier. 

13. — De chacun mercier qui étale 2 deniers. 

14. — Des autres merciers qui vont par ville i denier. 

15. — De chacun cordonnier 1 denier. 

16. — De chacun vendeur de pots déterre 1 denier. 

17. — De chacun peau crue de beste 1 denier. 



— 134 — 

Foiré de Noël à la Boche-Maurice. 

18. — Le 7« denier des coutumes que lèvent les abbé et 
couvent de Daoulas à cette foire. 

Foire de 8a%nt-OiUe$ à Daotdas. 

19. — Le 7« denier que les dits abbé et couvent lèvent à 
cette foire. 

Foire de Pâques à la Roche- Maurice. 

20. — Pour vente de beurre au pot (s'il passe 12 deniers) 
1 denier. 

21. — De chacun vendeur de pot de terre 1 denier. 

22. — De chacun cordonnier, drapier et autres mar- 
chands comme ci-devant aux fêtes de Saint-Pierre et Tous- 
saint. 

Foire de Saini-Nicolas, 

23. — A cette foire, le jour de la fête de M. saint Nico- 
las, de chacun étal de boucher 1 denier. 

24. — De chacun mercier 1 denier. 

25. — De chacun porc 1 denier. 

26. — De chacune peau crue 1 denier. 

27. — De chacun cordonnier 1 denier, fors de ceux de 
la ville de Daoulas. 

Foire de Saint Barnabe à Daoulas 

28. — Pareil droit comme à la foire saint Nicolas. 

29. -— De chacun chapelier 1 denier. 

30. — De chacune troque de cheval ou jument 4 deniers. 

31. — Appartient au dit seigneur voyer le goret ou pes- 
chérie qui est au bout de la grève que Ton appelle Bec- 
Kervern-Tréanna autrement Pen-ar-Vorlen, le dit goret 
situé en la rivière de Daoulas. 

32. — A le dit voyer droit de faire pescher tant dans la 
rivière qui descend à Daoulas que dans la mer. 



— 133 — 

ChaTge9 
que le dit seigneur doit p<mr le dit voyerage. 

i^ Est obligé comme voyer se présenter par lui ou ses 
commis députés es délivrances et plaids généraux et or- 
dinaires de la juridiction de Daoulas. 

29 Est tenu de garder les prisonniers détenus par les offi- 
ciers de la dite cour jusqu'au lendemain de leur prise, à 
l'heure de prime, et pour lors les dits officiers sont obli- 
gés de prendre du dit voyer les dits prisonniers pour les 
mener aux prisons de la Roche-Maurice avec l'aide de 
quelques-uns des habitants de Daoulas qui sont sujets à 
cause de leur demeure d'aider à la conduite des dits pri- 
sonniers. 

3p Est tenu... recevoir les deniers de rentes censives 
dues en la dite ville à chacun jour de dimanche premier 
subséquent la Toussaint, payables au dit voyer pour les 
rendre au receveur ordinaire de la seigneurie, sauf le 
onzième denier pour droit de recepte. 

40 Est tenu... recevoir les deniers au loin deus à M. de 
Rohan de chacun habitant de Daoulas qui a fen en sa 
maison, qui est 3 deniers, et a tierce partie des dits de- 
niers pour droit de recette. 

39 Est tenu... tenir trois ponts en bonne réparation : le 
pont proche de Kerisit appelé Pont-Callac, l'autre pont en 
la rue Baly appelé le Grand-Pont ou le pont Squilfin, et 
le petit pont Anez, commençant proche la maison à pré- 
sent de M^ Olivier Bodiou et passant à droict et au travers 
de la rue sous la maison nommée le vieux Kérisit pour 
rendre l'eau dans la rive de la mer... 

&* Doit le dit voyer fournir quintaine... » 

Ce devoir de quintaine longuement décrit dans la pan- 
carte Test d'une manière plus intéressante dans la sup- 



— 136 — 

plique que voici, du voyer réclamant près des juges 
contre une infraction à l'ancien usage (1). 

(( MM. les juges présidiaux de Quimper, supplie hum- 
blement Missire Jan de Tréanna, chef de nom et d'armes, 
chevalier seigneur de Lanvilio, Kerven et autres seigneu- 
ries, voyer féodé et héréditaire de la seigneurie de 
Daoulas, demandeur, 

(( Contre Mérien Jahouen et Jeanne Keromen, sa femme, 
deflendeurs, 

(( Exposant qu'il y a longues années que luy et MM. ses 
ancêtres sont voyers de la dite seigneurie de Daoulas sous 
les hauts et puissants les seigneurs de Rohan les queulx 
ont fixé les charges et subjections qui incombent et sont 
annexées audit voyerage et à ces conditions il s'est sou- 
mis, engagé, inféodé vers les dits seigneurs. 

(( Il est certain que l'une des dites charges consiste en 
une obligation au dit voyer de fournir une quintaine et 
des chevaux pour y courir et une pièce de bois en forme 
d'une lance, à chacun 1®' jour de Janvier, aux nouveaux 
mariez et espousez de la dite ville et paroisse de Daoulas 
pour l'année de précédent le dit mois de Janvier qu'ils 
auront espousé. 

« Remarquable que ceste obligation regarde par géné- 
ralité tous nouveaux mariés et espousés sans exception 
d'aucun, lesquels ne peuvent s'exempter à monter à che- 
val faire la dite course, pour de la lance que l'on leur 
présente atteindre à leur possible la dite quintaine ou po- 
teau de bois piqué pour la marque de la dite course et de 
l'exercice que les seigneurs de Rohan sont en droit de 
faire faire à leurs subjectz. 

<( Il sera observé que les dits mariez doivent ensuite et 
sont subjectz de bailler iceluy jour de la dite course un 

(l) E. 138. La supplique est de Tannée 1680. 



- 137 - 

disner au dit voyer ayant un gentilhomme pour luy tenir 
compagnie au dit disner, doivent aussi le disner des ser- 
viteurs du dit voyer et de ses commis pour conduire les 
chevaux pour chacun quintaine, auxquels chevaux ils 
sont obligés payer et desfrayer la repue en la dite ville de 
Daoulas. 

(( Est-il qu'on a toujours continué ces exercices et 
acquitté ces dits devoirs en la ville de Daoulas sans aucune 
difficulté pendant le séjour actuel du dit suppliant en son 
manoir de Kerven situé es metes de la dite ville de 
Daoulas. 

(( Mais il se rencontre qu'en l'année 1679 qu'il y eut 
7 nouveaux mariez et espousés, lesquels se représantè- 
rent en la place accoustumée en la dite ville de Daoulas 
le 1«' jour de Janvier dernier qui firent la course ordi- 
naire sur les chevaux que le suppliant leur présenta, à la 
réserve du dit Jahouen qui se laissa défaillir sans monter 
à cheval ni ensuite, non plus que la dite Keromen sa 
femme contribuer au disner du dit sieur Voyer, ny aux 
autres devoirs cy-dessus expliquez soûls prétexte d'une 
grosse despense qu'ils se figuraient estre obligés de faire 
pour le disner. 

« Mais comme le suppliant n'exige rien que ce qui est 
honneste et deu à sa qualité et que d'ailleurs il n'est pas 
tenu laisser périr ses droits il a cru bien agir de faire pro- 
céder à un prix réglé pour le dit disner et sa séquelle afin 
que sur le règlement il puisse faire payer une septième 
portion aux dits défendeurs, et à l'avenir mettre en liberté 
de fournir le dit diner ou le prix qui sera réglé par per- 
sonnes de mérite ou à taxe de justice. 

« Et puisqu'il n'est pas de la compétence de la juridic- 
tion de Daoulas (d'où les défendeurs sont justiciables, 
ayanz une maison en la dite ville) de faire un règlement 
certain au subject ci-dessus, et qu'en semblables occasions, 

BoLLBTiif BS LÀ GoMMissioif DiocisAiNB. — 7* aonée. 10 



— 138 — 

la cour vous a conservé l'authorité des dits règlements 
comme supérieurs de la dite juridiction de Daoulas. 

« Le suppliant requiert.... Ce considéré, qu'il vous plaise 
luy permettre d'appeler les dits deflendeurs devant vous 
pour subir : 1^ la condamnation de 60 sols pour chacun 
défaillant de monter à cheval pour courir la quintaine ; 
2p être fait règlement pour le disner ; 3^ estre les dits 
défendeurs condemnez de payer la 7® portion du dit disner 
qui estoit du au \^^ Janvier... et ferez bien. » 

Satisfaction fut donnée au sieur de Tréanna, et le pré- 
sidial de Quimper condamna Jahouen à 60 sols pour n'être 
pas monté à cheval ; quant au dîner, il fut estimé valoir 
20 livres. 

Eglise de Daoulas 

L'église telle qu'elle existe actuellement ne représente 
pas toute la longueur ancienne, mais l'extrémité suppri- 
mée, c'est-à-dire le chœur et une sorte de transept midi 
ne dataient que du xv« ou du xvi® siècle. En 1876 et 1877 
il a été fait à cet édifice d'excellents travaux de restau- 
ration sous la direction de M. Bigot, architecte diocésain, 
qui a construit l'abside en hémicycle, les deux absidioles 
terminant les bas-c6tés et le collatéral Sud. 

Ce que nous avons d'authentique du xii® siècle c'est le 
portail Ouest et la nef avec son bas-côté Nord. La façade 
Ouest est précieuse pour nous, car elle est avec celle de 
Saint-Mathieu la seule façade romane qui soit restée 
intacte, sans aucun remaniement. 

Elle se compose ainsi : au milieu une large porte 
accostée de chaque côté de deux colounettes portant les 
archivoltes d'un arc à plein-cintre et latéralement deux 
autres arcades aveugles plus étroites à côté desquelles 
montent deux contreforts larges, peu saillants. A sept 



— 139 — 

mètres de hauteur environ, le mur subit un retrait où 
prennent naissance quatre contreforts plats qui enca- 
drent et séparent trois fenêtres à plein-cintre, dont celle 
du milieu plus lai^e que les deux autres. Le tout se ter- 
mine par un gable assez aigu ; cet ensemble est simple, 
mais a en même temps un air de grandeur et de dignité. 

A l'intérieur la nef longue de 28 mètres et large de 7, 
avec bas-côtés de 3 m. 50, est composée de 7 travées for- 
mées par des piliers en croix grecque, c'est-à-dire ayant 
un pilastre sur chacune des quatre faces, piliers hauts 
de 5 mètres couronnés d'un simple tailloir à chanfrein 
et partant des arcs à plein-cintre à double archivolte. Au- 
dessus de ces arcades viennent des fenêtres étroites à 
Textérieur et évasées intérieurement. 

Il faut noter, de chaque côté de la porte Ouest, une 
ornementation en sculpture méplate formant comme un 
large bandeau ou litre qui se compose d'ornements variés 
dans lesquels on remarque surtout un simulacre de nattes 
tressées en osier ou en roseaux. Cette décoration rappelle 
les sculptures analogues de la nef de la cathédrale de 
Bayeux. 

Dans l'ancienne église, se voyaient plusieurs autels 
dont voici quelques vocables : 

Le maître-autel, dédié à Notre-Dame, portait un retable 
sculpté en bois représentant, dans sept médaillons, les 
mystères de l'Annonciation, la Visitation, la Naissance de 
N. S., la Mort de la Sainte-Vierge, la Circoncision, l'Ado- 
ration des Mages, la Purification ; ce retable était surmonté 
d'une crosse qui supportait le saint ciboire, comme on le 
voit encore au maître-autel de la cathédrale de Saint-Pol 
de Léon. 

Dans la nef, autel de la paroisse, dédié également à la 
Sainte-Vierge. 

Autel de Sainte-Catherine, avec sculptures en albâtre. 



— 440 — 

Autel de Saint-Erasme, où est représenté son martyre, 
dit le chanoine Pinson, en sculpture à faire pitié ; c'est 
peut-être de cet autel que provient le panneau en bois 
sculpté qui se voit au Musée de Morlaix, et où Ton voit 
les bourreaux dévidant sur un cabestan les entrailles du 
martyr. 

Autel de Saint-Yves. 

Autel de Jésus souffrant. 

Autel de Saint-Gilles, dans la chapelle du Faou. 

Autel de Saint-Goulven. 

Autel de SaintTMemor ; saint très honoré dans le pays, 
représenté tenant les entrailles entre ses mains; on le 
confond avec saint Maroert et saint Adrien, dont on arra- 
cha également les entrailles ; mais il semble se distinguer, 
à Daoulas, de saint Erasme, qui subit un martyre analogue. 

Chapelle du Rosaire, autrefois dédiée à saint Sébastien. 

Chapelle de Sainte-Anne. 

Chapelle de N.-D. de Pitié. 

Autel des saints Cosme et^Damien, avec des peintures 
de 1596, représentant leur martyre. 

Chapelle de Saint-Pierre, dont Tautel est surmonté de 
la statue du Prince des Apôtres. 

Autel de la Madeleine. 

On remarquait, de plus, dans Téglise, les statues de 
saint Augustin, saint Roch, et celle de saint Clair, portant 
la date de 1542. 

Dom Pinson nous apprend que le chœur était plus étroit 
(( que le reste du corps de l'église, à cause des quatre gros 
piliers qui soutiennent la tour qui ont plus de volume 
que les autres », que ces quatre gros piliers de maçon- 
nerie soutenaient, au-dessus du chœur, la tour « dans 
laquelle sont deux fort belles cloches et trois autres peti- 
tes ; elle est couverte d'une aiguille de charpente et de 
plomb des plus hautes qne Ton puisse voir )). 



— 141 - 

A la fin du xvi^ siècle, on construisit un porche près du 
transept côté du Midi, non loin duquel se trouvaient les 
fonts baptismaux. Lors de la réparation de cette partie 
de réglise, ce porche fut reconstruit à une des extrémités 
du cimetière, où il sert à la fois d'arc de triomphe et de 
campanile. II s'ouvre sur un côté par une arcade surbais- 
sée surmontée d'un tympan qu'encadre une arcade ogi- 
vale. L'autre côté est percé de deux portes jumelles en 
anse de panier. C'est un travail de la Renaissance, cor- 
respondant aux porches de Pencran et de Landivisiau, à 
la porte latérale de la Roche et au portail Ouest de 
Rumengol. 

Le socle de la statue de saint Pierre porte la date de 
1566, mais le porche lui-même pourrait être antérieur de 
quelques années. La grande arcade d'entrée et les deux 
portes intérieures ont conservé dans leur encadrement 
tous les détails de la période flamboyante ; mais en dehors 
de là, la plupart des motifs d'ornementation rappellent la 
Renaissance, particulièrement dans le bénitier, les niches 
des Apôtres et le couronnement des portes jumelles. 

Le tympan de l'entrée reproduit la scène de la Nativité 
de l'Enfant Jésus, sujet traité avec tant de grâce et de 
naïveté dans les porches de Pencran et de La Martyre. 

Chapelles 

io Sainte-Anne, 

Sainte-Anne — ou l'Hôpital — de très ancienne fo nda- 
tion ; en 1429, Even Buzit, de Roscofi, y fit une fondation 
de 2 raz de froment, et le 9 Décembre 1532, — l'abbé Jean 
du Largez fondait en la chapelle de Sainte-Anne une 
messe chaque vendredi avec prières en langue vulgaire, 
et à la fin de la messe, le prêtre devait lire « la Passion 



- 142 - 

de Notre-Seigneur selon les quatre Evangélistes, chacun 
par ordre ». 

En 1845, le rapport de M. Menu du Mesnil, architecte, 
chargé de la construction du presbytère, constate Tan- 
cienne architecture d'une partie de cette chapelle. 

« Elle a, dit-il, la forme de la croix latine avec un seul 
transept; cette forme se présente rarement. Cette chapelle, 
en très grande vénération, présente deux stiles différents, 
toute la nef et la façade qui regarde Téglise sont évidem- 
ment du XVI® siècle. Quant à l'aile latérale ou transept, 
elle est séparée de la nef par une colonne en pierre de 
Om. 30 c. de diamètre, à chapiteau sculpté, dont les déco- 
rations rappellent l'architecture lombarde ; c'est ce tran- 
sept qui vient d'être démoli pour servir à la construction 
du presbytère. En examinant la forme des matériaux, de 
petite dimension, posés sous mortier de chaux, la grande 
épaisseur des murs, qui ont près d'un mètre, la forme de 
Tarcade, qui n'est pas semblable à celle de la grande 
façade, tout porte à croire que cette portion est bien anté- 
rieure à la nef, et des premiers temps de l'ère chrétienne 
dans le pays. » 

Statues : sainte Anne, Sainte-Vierge, saint Zacharie, 
saint Jean-Baptiste, saint Etienne, saint Laurent, Fiûtà, 
Ecce Homo, 

L'abside -à pans coupés et à pignons aigus est accompa- 
gnée de contreforts couronnés de clochetons. Sur le milieu 
de la façade Nord est une porte monumentale accostée de 
quatre colonnes corinthiennes surmontées d'une corniche 
portant un fronton avec niche ionique dans le milieu, 
volutes sur le rampant et lanternon de couronnement. 

Dans la frise se lit la date de 1667, et la niche principale 
contient la statue de sainte Anne assise, faisant lire la 
.Sainte-Vierge. 

A l'intérieur, le retable à colonnes torses du maître- 



— 143 — 

autel renferme un groupe de sainte Anne et la Sainte- 
Viei^e assises, et l'Enfant Jésus debout au milieu d'elles. 

2o Notre-Dame des Fontaines, 

Le 20 Août 1841, M. Ollivier, curé de Daoulas, écrivait 
à Monseigneur : 

(c Vous savez qu'il y a, en dehors de l'enclos de l'an- 
cienne abbaye de Daoulas, une toute petite chapelle dédiée 
à la Sainte-Vierge, sous la dénomination de N.-D. des 
Fontaines, et qu'auprès se trouve une très belle fontaine 
en pierres de taille. Cette chapelle fut comprise dans la 
vente des biens de la communauté, et depuis elle n'a 
jamais été rendue au culte ; néanmoins, on l'a toujours 
laissée dans l'état où elle était, on ne l'a jamais employée 
à aucun usage profane, et elle n'a subi d'autres dégrada- 
tions que celles du temps, que les divers propriétaires 
qu'elle a eus ont eu soin de réparer, si non par respect 
pour la chapelle, du moins par crainte des Daoulasiens 
qui, à les en croire, auraient fait un mauvais parti à celui 
qui l'aurait laissée tomber en ruines. 

« M. le général Bonté, à qui elle appartient aujourd'hui, 
et qui est venu se fixer à l'abbaye, m'est venu prier d'y 
dire quelquefois la messe et d'y aller avec la procession, 
comme aux autres chapelles. 

« Quand je lui ai observé que je ne pouvais acquiescer 
à sa demande sans recourir à Votre Grandeur, il m'a prié 
de lui en parler, s'engageant à tenir toujours la chapelle 
dans un état décent et à faire l'abandon de toutes les 
offrandes à la fabrique. 

« Comme elle était jadis d'une très grande dévotion qui 
n^est pas encore entièrement éteinte, car bien des person- 
nes d'assez loin ont conservé l'habitude de venir la visiter 
à toutes les fêtes de la Vierge, je pense que si l'on y disait 



— 144 - 

la messe, cette dévotion se renouvellerait, et rapporterait 
quelque chose à notre fabrique, qui est, comme vous le 
savez, si pauvre. » 

Cette chapelle est élevée près d^une fontaine déjà citée 
dans un acte de 1456 sous le nom de fontaine Notre-Dame. 

Le bassin de la fontaine est surmonté d'une sorte de 
petite chapelle gothique en pierre de Kersanton, couverte 
de deux rampants aigus avec clochetons aux quatre angles. 
Au fond de la voûte en anse de panier est un bas-relief 
représentant Notre-Seigneur en croix ; à côté de lui sainte 
Catherine de Sienne, foulant aux pieds un dragon, mon- 
trant de la main droite la plaie du côté du Sauveur, et 
tenant un cœur de la main gauche. Elle est vêtue d*une 
robe serrée par une ceinture, d*un scapulaire et d'un 
manteau. Dans la niche du fronton il y a une Vierge-Mère 
qui tient une pomme ou une boule, ainsi que TEnfant 
Jésus. 

Un caniveau partant de la fontaine conduit Teau dans 
trois petites auges creusées dans la même pierre et de là 
elle se déverse dans un grand bassin de 2 m. 10 sur 
1 m. 80. L'ensemble est entouré d'une belle enceinte en 
pierres de taille formant un rectangle de 6 mètres sur 
4 mètres, ayant soubassement et couronnement moulurés, 
avec bancs à l'intérieur et à l'extérieur pour l'usage des 
pèlerins. Au dos de la fontaine on lit cette inscription 
gothique : Le X^jour de Juing lan mil V centz L^ (1550) 
fut renouvelle ceste fontaine p. M, 0, du Chatel de Doutas 
Abbé. 

Tout à côté, est l'oratoire du xvi^ siècle désigné sous le 
nom de chapelle de Notre-Dame des Fontaines. L^abside 
est en maçonnerie, les côtés sont vitrés et la façade est 
formée d*une claire- voie à balustres tournés. La partie 
basse de la porte est pleine et formée de deux panneaux 
d'ornements et bas-reliefs d'excellent style. 



- 145 - 

Au-dessus, la toiture forme auvent et est ornée d'ar- 
doises découpées en écailles et en losanges faisant une 
excellente décoration. A Tintérieur, aux deux côtés de 
Faute!, sont les statues de la Vierge-Mère et de saint Jean- 
Baptiste. Sur une paroi latérale est une jolie Vierge gothi- 
qtie, tenant sur ses genoux l'Enfant Jésus drapé. De l'au- 
tre côté on voit, en bas-relief, une petite sainte Anne 
couchée dans un lit à panneaux gothiques, provenant 
certainement d'un groupe de la Nativité de la Sainte- 
Vîei^e. Puis un petit saint Théleau en chape, mitre et 
crosse, à cheval sur un cerf. Presque en face est un tableau 
de saint Nicolas, à genoux devant la Sainte-Vierge, saint 
Joseph et l'Enfant Jésus ; à ses pieds il a les trois petits 
enfants qu'il vient de ressusciter. Ce tableau provient, 
sans doute, de l'ancienne chapelle Saint-Nicolas. Notre- 
Dame des Fontaines est invoquée spécialement pour la 
guérison des maux d'yeux. 

80 Saint' Nicolas. 

Ancienne chapelle du château, est citée dans l'acte de 
fondation de l'abbaye, en 1173. Elle était dédiée à saint 
Nicolas. Un acte de 1435 parle de la rue Saint-Nicolas, et 
en 1492, le Roi confirmait le droit de l'abbé et couvent de 
Daoulas à prendre les offrandes qui se font en la chapelle 
Saint-Nicolas. Le 7 juin 1510, Claude de Rohan, évéque de 
Quimper, accordait 40 jours d'indulgence aux fidèles qui 
visiteraient la chapelle de Saint-Nicolas à ses fêtes de Mai 
et de Décembre. Cette chapelle n'existe plus. 

4^ Saint-Rock, 

Chapelle située sur la hauteur voisine du chevet de 
l'église abbatiale et rebâtie en 1774. En 1732, elle fut dotée 
d'une cloche fondue par M. Beurié de la Rivière, de Brest. 



— 146 — 

Reuquaire 

Edicule construit dans le cimetière, vis-à-vis la chapelle 
de Sainte-Anne, par René du Louet, 1581-1598. Lors de la 
restauration de l'église, vers 1875, il fut démoli et employé 
à la construction de la sacristie actuelle, qui formait 
autrefois le bas-côté Nord ou tour du cbœur de Téglise. 
La clôture de la sacristie est formée par Tancien ossuaire, 
présentant des fenêtres séparées par des pilastres en 
gaîne, avec sa- porte encadrée par deux colonnes ioniques 
cannelées avec bague sculptée à hauteur du fût. 

Outre l'église abbatiale nous trouvons à Daoulas un 
clottre roman fort intéressant. Ce clottre est maintenant 
dépourvu de sa toiture; il a été même en partie démoli, 
les colonnes et les arcades de deux des côtés avaient été 
jetées à terre, mais il y a quinze ou vingt ans, le proprié- 
taire actuel, M. Danguy des Déserts, d'accord avec son 
beau-père, M. Bigot, architecte diocésain, fit restaurer le 
tout et nous avons maintenant debout les quatre côtés du 
carré, comprenant quarante-quatre arcades. 

Les angles sont formés d*un faisceau de quatre colon- 
nettes et dans les côtés ces colonnes cylindriques sont 
alternativement simples et jumelées, couronnées de cha- 
piteaux élégants dont la corbeille est tapissée d'ornements 
variés, feuilles recourbées et lancéolées, crossettes, volu- 
tes; quelques-uns des tailloirs sont aussi décorés de 
zigzags, dents de scie, losanges, étoiles. Au milieu du 
préau se trouve une vasque octogonale dont chacun des 
huit pans offre une ornementation différente ; elle a été 
faite au temps de Tabbé Guérault, 1352-1398 (Le Vot). 






- 147 - 

Dès le XVI® siècle, l'église abbatiale était en possession 
d'un orgue, et le 14 Mai 1607, le sieur de Sourdéac, admi- 
nistrateur pour son fils, M. de Rieux, du temporel de 
Tabbaye, « faisant pour le seigneur abbé, son fils, et les 
chanoines de Daoulas, arresta qu'aucun ne pourra estre 
pourvu à Tadvenir du vicariat de Daoulas, qui ne sache 
toucher les orgues et ne soit religieux ou en état de 
Testre ». La liste des vicaires perpétuels qui va suivre 
sera donc également celle des artistes qui se sont succédé 
à la tête de la paroisse; et pour que l'instrument répondit 
au talent des artistes, le chanoine Pinson nous apprend 
qu'il fut refait, en 1672, des deniers de la paroisse et de 
la communauté, par les soins du S' Dupont, trésorier de 
réglise. C'est, dit-il, « un orgue des plus accompli de 
la Province, aussi bon que beau, c'est un seize pieds au 
grand -corps et huit pieds au positif, ayant écho tout 
entier et 46 jeux ». 

Vicaires perpétuels ou Recteurs de Daoulas 

1348. Nouel Morvan. 

1398. J. Heriou. 

1626-1653. Alain Callac. C'est de son temps, en 1644, que 
le V. P. Maunoir donna sa première mission à Daou- 
las; le concours du peuple des paroisses voisines fut 
si grand, que le Père missionnaire fut obligé d'appe- 
ler à son aide le Père Recteur du Collège de Quimper, 
Alain de Launay, et le Père Guillaume Thomas. Une 
sécheresse persistante menaçait la récolte, lorsque le 
Père réunit tous les enfants, jeunes gens et jeunes filles 
de toute la contrée et leur fit chanter un cantique à 
saint Corentin pour obtenir la cessation de la séche- 
resse, et dès qu'ils eurent chanté cette strophe : 



— 148 — 

RM, va Eêcop, me ho iuppli, 
Ur glw douar dPeoc^h Eêcopii, 
R&U dêomni oU ur bloavêe mat 
Do êertncha a galon vat, 

une pluie douce et abondanle tomba et vint garder la 
moisson d'une perte irréparable. 

1654-1671. Mathieu Bodénès. Donna une autre mission, 
en 1660, avec le concours du V. P. Maunoir. 

1671-1707. Guillaume Kervella. 

1723. Jean-René du Moulin. 

1752. H. Grall, recteur. 

1753-1756. Aufiret, chanoine et recteur. 

1756-1757. Fr. Rocher, id. 

1758-1770. J. Le Menez, id. 

1773-1780. Jean-Pierre Bourillon, chanoine et recteur, 
devient recteur de Hanvec. 

1781-1785. Fr. Le Berre. 

1786. Graveran, curé d'office. 

1786-1790. Pierre-Joseph Kerlen, né en 1744 ; il refusa le 
serment, ainsi que son vicaire, M. D'hervé; détenu 
aux Capucins de Landerneau à la fin de 1793 ; il fut 
déporté sur le Wasington, en rade de Ttle d*Aix, où il 
mourut le 5 Octobre 1794, et fut enterré à VUe Madame. 

RÔLE DES DÉCIMES DE DaOULAS EN 1789 

Kerlen, recteur 14^ 

La fabrice 7* 

Le Rosaire 2i 

La Trinité 2i 

Saint-Nicolas 2^ 

Total 27» 

Les Archives départementales conservent (L. 103) le 



— 149 — 

récit d*un acte de brigandage commis à Daoulas à la fin 
de 1 année 1792. La pièce est datée du 3 Février 1793 : 

« Mathurin- Louis Le Forestier, né en la paroisse de 
S^ Sauveur, à Quimper, le 17 Août 1722, âgé de soixante 
ans et père de cinq enfants, a été victime, dans la nuit du 
cinq au six Décembre dernier, en sa petite bastide de 
Kerizit, paroisse de Daoulas, des assassins et voleurs qui, 
après ravoir cruellement maltraité. Tout enfermé avec ses 
enfants et domestiques, dans une cave sous un escalier 
de pierre, et ont volé tout l'argent monnayer, Targenterie, 
flambeaux d'argent, draps, nappes, linges, pour la valeur 
d'au moins mille écus ; le plaignant demande en consé- 
quence exemption du paiement de ses contributions pour 
1792. » 

Curés de Daoulas depuis le Concordat 

1804-1808. Alexandre- Marie Joquet, né à Saint-Pol de 
Léon le 8 Juin 1761, prêtre en 1785, vicaire de Plou- 
vorn, puis de Landerneau ; il refusa de prêter le ser- 
ment en 1791 ; nommé curé de Daoulas au Concordat, 
il écrivait cette lettre qui, pour dater de cent ans, ne 
manque pas d'actualité : 

c Daoulas, 6 Novembre 1S05. 

(( Monseigneur, 

« La paroisse de Daoulas chef-lieu de canton, n'a 
pas plus d'un petit quart de lieue dans sa plus grande 
dimension. Sa population est d'environ cinq cents 
âmes. Ses moyens offrent si peu de ressource* qu'en 
mettant à exécution l'arrêté de M. le Préfet sur le loge- 
ment que la loi accorde aux curés, on ne pourrait 
prélever la modique somme de cinquante écus qu'en 
grevant les habitans. Depuis que je suis à Daoulas le 



— 150 - 

logement est à ma charge. Je ne vois d'autre moyen de 
procurer quelqu'avantage même à la commune, qu'en 
remettant en vigueur une circonscription qui a déjà eu 
lieu. Elle avait un vice radical, il est vrai, parce qu'elle 
n'était l'ouvrage que d'une puissance temporelle qui 
avait envahi tous les pouvoirs. 

(( Cette circonscription, cependant, ofire un avan- 
tage réel aux administrants et aux administrés. Les 
plus éloignés des villages qu'elle avait annexés à Daou-' 
las n'en sont pas à plus d'une demi lieue, tandis que, 
dans l'ordre actuel, ils sont à trois quarts de lieue, une 
lieue et même à cinq quarts de lieue de leurs églises 
respectives. La raison qui avait fait procéder à cette 
circonscription, c'est que tous ces villages sont beau- 
coup plus voisins de Daoulas et que la fréquentation 
de cette église leur est inflniment plus commode : 
aussi les habitans de ces villages ne vont presque 
jamais à leur église à moins que la nécessité ne les y 
contraigne ; mais quel danger ne courre pas la vie des 
enfants qu'il faut porter au baptême à une si grande 
distance et par des chemins fort difiSciles et en vérité 
impraticables en hyver I 

(( U arrive aussi que je dessers tous ces villages : 
que de nuit come de jour on me cherche pour porter 
aux malades les secours de la religion. 11 est impos- 
sible que je m'y refuse (il y a sur cela une convention 
entre MM. les desservants et moi). De plus, en m'y 
refusant, il serait souvent à craindre que les malades 
fussent privés des derniers sacrements : on a beau 
dire, on attend presque toujours à la dernière extré- 
mité avant de nous prévenir et lorsqu'il n'y a plus 
moyen d'attendre on nous cherche ; qu'arriverait-il si 
on ne recourait pas au plus voisin et qu'en résulte-t-il? 
Que je fais l'ouvrage de trois ou quatre sans percevoir 



— 151 - 

aucun émolument. Ce n*est pas, Monseigneur, que je 
me laisse guider par esprit de cupidité, j'ose dire liau- 
tement qu'il n*a jamais eu d'empire sur moi ; mais 
cependant faut-il que le prêtre vive : Dignuê est ope- 
rariu8 mercede 8ud, Je ne vous parle pas des raisons 
particulières qui me feraient désirer une honnête mé- 
diocrité. Je me tais sur les infirmités d'une mère plus 
que septuagénaire qui, come ses enfants, a senti le 
poids de la Révolution qui lui a enlevé une honnête 
aisance dont elle jouissait. Je ne vous dirai pas que je 
suis le père nourissier de ma famille. 

« La grande difficulté qui pourrait s'opposer au pro- 
jet que j'ai l'honneur de vous soumettre, gît en ce que 
la partie de Dirinon qui est à ma porte est du canton 
de Landerneau, et que les portions qu'on pourrait d'ail- 
leurs annexer à Daoulas sont portées sur le rôle des 
impôts dans des communes différentes. Mais on voit 
souvent que pour le civil on dépend d'un endroit et 
d'un autre pour le spirituel ; le gouvernement d'ail- 
leurs n'y perdrait rien, et si on ne voit pas de diffi- 
culté à réunir au canton du Faou, Rumengol du can- 
ton de Daoulas, je ne vois pas qu'il doive y avoir plus 
de difficulté pour réunir une partie de Dirinon à l'église 
de Daoulas. 

« J'ai l'honneur de vous envoyer cy joint. Monsei- 
gneur, le catalogue des villages compris dans l'ancienne 
circonscription. 

« J'ai l'honneur d'être avec un profond respect. Mon- 
seigneur, de Votre Grandeur 

« Le très humble et très obéissant serviteur, 

« JOGUET, 

« Curé de Daoulas. » 



— 152 — 

€ Noms de village$ et timples fermes que l'an m'a 
donnés comme formant la circonscription de Daoti- 
las en 279Î. 

« Détachés de Logonna : Rubuzaouen, Roudouroux, 
Penanvern, Lehellen. 

« Détachés dlrvillac : Ty-Huéla, Traonévézec, Porz- 
vénan, Rosmélec, les deux Vernnec, les deux Ménéhy, 
Kervigni, Kernéis Runguen, Le Rest ar Poulligou, Le 
PouUigou, Run an Moal, Le petit Veillénec, Le Guern- 
an-Dérédec, Le Guerniec, Lesvréac^h. 

« Détachés de Trévarn : le bourg de Trévarn, les 
deux Runarher, LaVille-Neuve-L'haridon, Kerguélen, 
La Ville Neuve-Pont-Quéleanec, Le Cleus-Bras, Guern 
ar Piquet. 

« Détachés de Dirinon : Rest-ar-hy-du, Lezuzan, 
La Grange, Keranborn, Coatérouen, Trébéolin, Penan- 
run, Irbrat, Kerderrien, Stanq-Guénou, Mesasten, Lan- 
drévézan, Corlaziou, Tout-Cuz, Kergavarrec, les deux 
Kerguern, Coaty, La Ville-Neuve, Stanq-Meur, Keran- 
anprannou, les deux Squivit, Comménec, Kervaden, 
Kerouant. 

■ 

« Tous ces villages forment presqu'une circonfé- 
rence parfaite dont le centre est Daoulas ; et le point 
le plus éloigné du centre n'est pas à plus d'une demi- 
lieue. » 

Le résultat de cette démarche ne semble pas avoir 
été autre, pour M. Joguet, que sa translation à la cure 
de Ploudiry, en 1808. 

(A suivre.) 



— 153 — 



CARTILAIRE 

DE L'ÉGLISE DE QUIMPER 

(Suite.) 



360. 

DANIEL DE ULE REÇU CHANOINE PAR PROCUREUR ('' 

- 7 Juillet 1378. - 



Anno Domini M^ CCC^ septuagesimo nono, die septima 
lulii, circa horam tercie illius diei, presentibus Magis- 
tris Thoma Episcopi, G. Gall, Rîoco Lestuhan, J. Briencii, 
J. Fravali canonicis, Daniele Felestrec, J. Penguen curatis 
ecclesie Corisopitensis, juravit dominus Guillermus Oli- 
verii presbyler procuralor et procuratorio nomine Danie- 
lis de Insula canonici Corisopitensis statuta et consuetu- 
dînes laudabiles eiusdem ecclesie tenere et iideliter obser- 
vare. 

Ita est. H. DE Stagno parvo. 

(1) Cari. 31, ^ 24. 



BmXKTlN DE LA COMMISSION DIOCBSAiNB. — 7* ailDée. U 



— 154 — 
361. 

flENTES DE LA CHAPELLENIE DE S* GILLES 
PAYÉES A LARCHIDIACRE(0 

— 16 Novembre 1379. — 



Ânno Domini M^ CCC^ septuagesirno nono, die martis 
post festum sancli Martini yemalis(2), solvit NatalisTan- 
guidi triginta summas in anno una cum undecim libris 
in pecunia numerata M. Gaufrido Archidiacono de Po- 
cbaer procuratori et procuralorio nomine ecclesie Coriso- 
pitensis, de redditibus capelle nove domini G. Episcopi 
Corisopitensis , quas debebat Margareta quedam uxor 
domini Hervei de Jugo, quam pecuniam idem procura- 
tor, eodem die, refudit Johanni Lupi pro se et sociis suis, 
presenlibus et capitulantibus venerabilibus viris M. Guil- 
lermo militis, G. Galli, J. Briencii et J. Fravali canonicis 
Corisopitensibus et aliis. 

Thomas. Ita est. 



362. 

DE MENSE CONCESSO CANONICIS RESIDENTIBUS (') 

Chanoine résidant a trente Jours d'exemption de toutes marques 

soit continus ou non, et est oreu. 

- 1 7 Août 1 380. - 



Anno Domini M*' CCG^ octuagesimo, die veneris post 
festum Assumpcionis Béate Marie Virgiuis (4), ordinatuni 
fuit quod qullibet canonicorum residencium in ecclesia 
Corisopilensi, liabeat unum mensera integrum continuum. 



(1) Cari. 31, f* 62. 

(2) La Saint- Marlio, II Novembre, arrivait eo 1379 un vendredi ; le 
mardi suivant était le 15. 

(3) Cari. 56. f56, et Cart. 31, f* 20. 

(4) Le 15 Août, en 1380, était un mercredi. 



— 153 — 

aut pariliter computando pro mense triginta dies (1) con- 
tinuos aut per intervalla, in quibus absentes sicut présen- 
tes, distribuciones percipiant, credendo cuilibet canoni- 
corum super verbo de numéro predicto ; presentibus 
Dominis canonicis G. Archidiacono, G. militis, R. Lestu- 
chan, Alano Raolini, Thomas Espiscopi , J. Briencii, 
Johanne Fravali ; 

Ego thesaurarius presens fui et consensi ; 

G. archidyaconus de Pocher fui presens et consensi ; 

Ego Guillermus Marhec consensi ; 

Ego Joannes Briencii consensi ; 

Johannes Fravali consensi ; 

Et ego Riocus de Lestuhan consensi. 



863. 

OLIVIER DERIEN REQU CHANOINE (') 

— 28 Janvier 1381 (n. s.). — 



Anno Domini M<»CCCo octuagesimo, die vigesima octava 

lanuarii circa horam tercie, presentibus Magistris Johanne 

Briencii, Thomas Episcopi, Johanne Corrîc canonicis, 

Daniele Felestrec capellano priore Béate Katerine, jura- 

vit Petrus de Ker procurator et procuratorio nomine 

Magistri Oliverii Deriani canonici Gorisopitensis stat-uta 

et consuetudines laudâbiles dicte ecclesie Gorisopitensis, 

tenere et fideliter observare ; assignatum eidem procura- 

tori locus in Capitulo et stallum in choro per Archidia- 

conum de Poher, indicione quarta. 

R. Lestuhan. 

(1) On lit en marge : Prorogaii mnt in Capitulo gênerait ad XL dies 
mmo M* CCCC* LXl* et ad LU dies anno Jf CCCC* LXVIH\ 

(2) Cart. 31, f 24, 



— 156 - 

864. 

DANIEL DE LILE PRÊTE SERMENT (0 

— 4 Mars 1381 (n. s.)* — 



Anno octuagesimo secundum computacionem Gallica- 
nam, die quarta Mardi, circa horam prime, indicione 
quarta, Pontificatus Domini Clemeniis Pape VU» anno 
tercio; presentibus Magistris Thoma Episcopi, Johanne 
Briencii, Johanne Corric, Johanne Raolini, Herveo de 
Stagno parvo; Daniel de Insula canonicus Corisopitensis 
iuravit in sua propria persona iura, statuta et laudabiles 
consuetudines ecclesie Corisopitensis observare et habuit 
ratificacionem publicam alias prestiti (iuramenti) a pro- 
curatore suo super hoc. 

Acta fuerunt hec in caméra thesauri in dicta ecclesia 
Corisopitensi. 

YVO TURCH. 



365. 

RAOUL CARADEC CHANOINE 
PRÊTE SERMENT PAR PROCUREUR ') 

— 7 Mars 1381 (n. s.). — 



Anno Mo CCC^ octuagesimo secundum computacionem 
Gallicanam die septima mensis Marcii, circa horam ter- 
cie, indicione quarta, Pontificatus démentis Pape VU» 
anno tercio, presentibus Johanne de Quoettanaizre, Eudone 
de Ker, Guillerrao Oliverii, Dominus Guillermus Oliverii 
presbyter procurator et procuralorio nomine Magistri 
Radulphi Caradoc canonici Corisopitensis Rectoris paro- 
chialis ecclesie S^^ Martini Audegavensis diocesis, iuravit 

(1) Cart. 31, f* 24. 

(2) Ibid. 



- 157 — 

statuta et laudabiles observaciones ecclesie Corisopitensis 
observare. 

Acta f uerunt hec in caméra thesaurarii ecclesie Coriso- 
pitensis, presentibus Magistris Guillermo Marhec, Johanne 
Briencii, Johanne Fravali, Daniele de Insula, Johanne 
Lupi procuratore Capituli. 

A. SCAHUNEC. 



366 

ROUAZLE CHANOINE PRETE SERMENT <) 

- 18 Avril 1381. - 



Anno M» GCC^ ocluagesimo primo, die décima octava 
Aprilis, hora tercie, indictione quarta Pontificatus C. 
Pape VII> anno tercio; presentibus Archidiacono, Magis- 
tro J. Fravali, J. Corric canonicis ecclesie Corisopitensis, 
domino Abbate de Daoulas, et Keralliou et aliis, Magister 
G. le Marhec canonicus Corisopitensis (procurator) Magis- 
tri Rouazle canonici Corisopitensis iuravit statuta et con- 
suetudines ecclesie Corisopitensis observare. 

Acta fuerunt hec in Capitule. 

YVO TURCH. 



367. 

DE SUMMA SOLVENDA PRO ANNIVERSARIIS^'' 

N'estre enterré à 8< Corentin sans fonder 20 sols de rente, 
en donner 16 > pour les aoquérir, pour oblt. 

- 19 Octobre 1881. - 



In Capitule generali facto in crastino Sinodi Sancti 
Luce, celebrato in ecclesia Corisopitensi, fuit statutum 
quod nullus inhumeretur, in dicta ecclesia, nisi daret 

(1) Cari. 31 , f 24. 

(2) Car t. 56, f* 56. 



— 158 — 

pro anniversario suo in eodem faciendo vigioti solidos 
annui redditus, vel quindecim libras in pecunia ad emen- 
dum redditum in perpetuum ad opus dicti anniversarii ; 
presentibus Gaufrido archydiacono de Pocher, Rodero 
Fave, Guillermo militis, R. Lestuhan, Tliomas Episcopi, 
Gaufirido Gallici, Joanne Fraval canonicis Corisopiten- 
sibus. 

Anno Domini M^ CCC^ octuagesimo primo. 

Et fuit sic iuratum. 



368. 

RECONNAISSANCE POUR L'ANNIVERSAIRE 
OU PÈRE DE JEAN D'HERVÉ («) 

— 3 Janvier 1382 (n.8.N — 



Anno Domini M° CCCo octuagesimo primo, presentibus 
Magistris Petro de Roma, Alano... Yvone de Conche, con- 
fessus est Johannes Dervei quod... Dominus Petrus de 
Kaiergorle tenebatur... oblata fuit ab ipso Johanne et ab 
Alano fratre suo canonicis Corisopitensis... capella cum 
debito toto contento in eadem ad anniversarium patris 
eorum faciendum la. ecclesia Corisopitensi annuatim et 
recognovit ipse Johannes quod quindecim libras receperat 
de diclo debito a domino de Kergorle. Item Guido Prepo- 
siti (recognovit), presentibus supradictis, quod tenebat 
medielalem dicte terre de qua petebat dictum Capitulum 
ab ipso, quinque solidos annui redditus. 

Datum die veneris post festum Circoncisionis Domini (2). 



(1) Cart. 31, f« 65. 

(2) Le premier de TaD 1382 était uo mercredi. 



— lo9 - 
869. 

DENIS DE LANNÉDERN CHANOINE PRÊTE SERMENT (') 

— 22 Janvier 1382 (n. s.). — 



Anao Mo CGC» octuagesimo primo, secundum computa- 
cioDem Gallicanam, die vigesima secunda lanuarii, hora 
tercie, indictione quinta, Pontiflcalus G. Pape VII» anno 
quarto ; preseDtibus dominis Natalis Stellan, Guillermo... 
presbyteris, Rioco et aliis, Gauffridus le Marhec archidîa- 
conus de Poher commissarius Apostolicus, assîgnavit, 
Magistro Guillermo le Marhec procuratorî Dyonisii de 
Lannedern canouici Gorisopitensis, locum in Gapitulo et 
stallum in choro et iuravJt dictus procurator consuetudi- 
nes laudabiles ipsius ecclesie observare. 

Acta fuerunt in ecclesia Gorisopitensi. 

A. SCAHUNEC. 



370. 

L'ARCHIDIACRE DE OUIMPER PRÊTE SERMENT (') 

— B Février 1382 (n. 8.). — 



Anno M^GGGo octuagesimo primo, secundum computa- 
cionem ecclesie Gallicane, die quinta mensis Februarii, 
hora tercie, indictione quinta, Pontificatus G. Pape VII» 
anno quarto, presentibus Magistris Alano Raolini, ThoAia 
Episcopi, Johanne Fravali et aliis, Magister Oliverius... 
archidiaconus Gorisopitensis iuravit statuta et laudabiles 
consuetudines ecclesie Gorisopitensis, pro posse obser- 
vare. 

Acta fuerunt hec in Gapitulo. Yvo Turch. 



(1) Cart. 31, f 22. 

(2) Cart. 31, ^ 29. 



- 160 — 

d7i. 

AMENDES IMPOSÉES PAR LE CHAPITRE (') 

— 2 Septembre 1882. — 



Anno Mo CGC» octuagesimo secundo, die secunda 
Septembris hora tercie, indictione quinta Pontîficatus 
G. Pape VIP anno quarto ; presentibus Magislris G. Mar- 
hec, G. Gall, R. Lesluhan, J. Fravali, D. de Insula, 0. Hos- 
pitis, Gapitulum Gorisopitense capitulando condempna- 
verunt dictum Oliverium Hospitis in decem libras Gapitulo 
solvendas, ad ordinem et moderacionem Gapituli, pro eo 
quod denunciavit dictum Magistrum Danielem inecclesia 
Gorisopitensi fore excommunicatum auctoritate Archi- 
diaconi Gorisopitensis cui dicebat se non subire in aliquo ; 
item condempnaveruDt dictum Magistrum Danielem Ga- 
pitulo in decem libras, ad ordinacionem Gapituli, pro eo 
quod cttaverit ipsum magistrum super hoc coram OfBciali 
Gorisopitensi ; item condempnaverunt dictum 0. dicto 
Danieli in quadraginta libras ob denunciacionem pre- 
dictam, ad ordinem Gapituli solvendas; item inhibuerunt 
dictis D. et 0. sub pena centum librarum ne se trahant 
super questionibus quibuscumque, in alio foro prêter* 
quam Gorisopitensi Gapitulo et ne foredicant unus alteri 
ipsorum. 

. Cet acte est barré sur V original avec cette mention : Totum 
est remissum per Gapitulum. 



372. 

RICHARD MILBRETEN CHANOINE PRÊTE SERMENT (') 

— 5 Octobre 1382. — 



Anno Mo GGG^ octuagesimo secundo, die quinta men- 



(1) Cart. 81, f* 72. 

(2) Cart. 31, !• 29. 



~ 161 - 

sis Octobris hora tercie, indictione sexta, Poatificatus C. 
Pape VIU anno quarto ; presentibus Magistris G. Fabri, 
J. Fravali, domino Nicholao Helevara, domino Guillermo 
Oliverii, Magister Guillermus le Marhec canonicus Cori- 
sopitensis procurator Magistri Richardi Milbrelen,iuravit 
statuta, libertateset consuetudines ecclesie Corisopitensis 
observare. 
Acta luerunt hec in Capitulo. Yvo Turch. 

Datum bulle eius xvi^ kalendas Maii, Pontificatus dicti 

Sanctissimi Patris anno quarto de canonicatu et prebenda, 

dignitate, personatu, perpétua administratione vel ofîicio 

cum cura vel sine cura, dummodo non sit maior dignitas 

post episcopatum, non obstante. 

Yvo Turch. 



373. 

DENIS DE LANNEDERN REQU CHANOINE 0) 

- 17 Avril 1 



Anno M° CGC» octuagesimo tercio, die veneris posiJubi' 
late (2), indictione vi* Pontificatus Sanctissimi in Christo 
Patris C. Pape Vli^ anno quinto ; presentibus venerabi- 
libus et discretis viris Magistris Gauflrido le Marchec 
archidiacono de Pocher, Daniele de Insula, Rioco Lestu- 
han, Johanne Corric et aliis, fuit receptus in propria 
persona et iuravit statuta M. Dyonisius de Lannedern. 

Johannes Bloc. 



(1) Cart. 31, f* 22. 

(2) Troisième dimaDche après Pâques, qui tombait le 12 Avril. 



- 162 - 

374. 

RICHARD MILBRETEN PREND POSSESSION 
D'UN CANONICAT(') 

- 11 Mal 1383. - 



Anno Domini M° octuagesimo tercio, die lune post 
Penthecostes que fuit xi* dies mensis Maii indictione V* 
Pontificatus Sanctissimi in Christo Palris ac DD. démen- 
tis Pape VIP anno quinto, in mei notarii publici et testium 
infrascriptorum presencia, fuit venerabilis vir Richardus 
Milbreten canonicus Gorisopitensis inductus presencia- 
liter et corporaliter in possessionem corporalem et rea- 
lem canonicatus et prébende ecclesie Gorisopitensis, et 
fuit sibi assignatum stallum in choro et locus in Gapitulo 
et juravit statuta predicte ecclesie observare, presentibus 
dominis Magistris Gaufrido an Gai, Rioco Lestuchan Jo- 
hanne Gorric canonicis dicte ecclesie et pluribus aliis 

testibus ad premissa vocatis. 

Petrus de Keranguer. 



375. 

AMENDE PAYÉE PAR ALAIN JEHAN (') 

— 3 Novembre 1383. — 



Anno Domini M^ GGG» octuagesimo tercio, die martis 

post festum omnium Sanctorum (3), Alanus Johannis 

emendavit in Gapitulo, Magistro Johanni Gorric conca- 

nonico nostro de decem libris monete currentis, ad 

suum velle. 

R. DE Lestuhan. 

(1) Cart. 31, ^ 24. 

(2) Cart. 31, f« 72. 

(3) Le 1*' Novembre était ud dimanche. 



- 163 



THDSBj^XJT de 2W1A.1L.ESTROIT 

1333 - i4oe 



876. 

GUILLAUME LE HARHEC PREND POSSESSION D'UNE PRÉBENDE (» 

- 1 Janvier 1 384 (n. s.). - 



Anno Mo octuagesimo tercio, die décima mensis lanuarii, 
hora terciarum dicte diei, indictione sexta, Pontificatus 
S. S. in Chrislo Palris D. D. noslri Clementis Pape Vir 
anno quinto; presentibus domino Yvone de Tresiguidi, 
Johanne de Lan.... goez, Mauricio de Monte.... archidia- 
cono de Pocher, Magistro Guillermo militis, Johanne 
Fravali, Daniele de Insula, R. de Lesluhan, Johanne.... 
canonicis capitulantibus, dato sépulture cadavere M. Âlani 
Raoulini, dominus Ârchidiaconus de Pocher et Johannes 
Fravali iudices Apostolici ut dicebant,.... induxerunt dic- 
tum magistrum Guillermum militis.... in possessionem 
et saesinam prébende dicti Magistri.... in ecclesia Coriso- 
pitensi et ei assignaverunt (stallum) et locum in Capitulo... 
qui quidem magister procurator.... (iuravit) statuta. 



377. 

RÉCEPTION DE ETIENNE THANEUL <') 

— 19 Février 1384 (n. 8.). — 



Anno Domini Mo CCCo octuagesimo tercio, secundum 
morem Gallicanum die décima nona Februarii indictione 



(1) Cart. 31, f* 39. Cet acte est très effacé dans TorigiDal. 

(2) Cari. 31, P 72. 



- 164 - 

octava Ponlificatus C. Papeseptimi, annoseptimo, presen- 
libus G. Marhec, G. Gall, R. Lestuhan, D. de Insula can- 
tore, D. Felestrec, dominus StephanusThaneul canonicus 
Corîsopilensis fuit inductus in possessionem canonicatus 
Corisopitensis et juravit statuta ipsius ecclesie observare. 

YVO TURCH. 



378. 

RÉCEPTION DE NOËL STELLAN(') 

— 3 Avril 1384 (n. 8.}. - 



Anno Domini M» CCCCo octuagesimo tercio, die domî- 
nica in Ramis palmarum, presentibus Johanne Mutonis, 
Petro clerici, Judicello Felestreuc presbyleris et aliis 
pluribus, dominus Natalis Stellan presbyter canonicusque 
Corisopitensis, juravit statuta et secreta Capituli Coriso- 
pitensis ac consuetudines laudabiles dicte ecclesie (ser- 
vare). J. Corric. 

(Cet acte est barré sur le Cartulaire avec cette mention : 
Non obtinuit.) 

37i). 

SERMENT DE RENDRE DES ACTES CONFIÉS (') 

- 3 Avril 1384 (n. s.). ~ 



Dominus Yvo Currerii et Stephanus Roselli iuraverunt 
per sua juramenta, reddere litteras quas receperunt a 
Capitulo die dominica in Ramis palmarum anno M<>CCC<^ 
octuagesimo tercio et hoc infra octo dies post requisi- 
cionem. 

Verum est, per me Riocum de Lestuhan. 

(1) Cart. 31, f 24. 

(2) Cart. 31, ^ 57. 



^ 165 — 
380 



MENSE ÉPISCOPALEH) 

- 23 Avril 1884. ~ 



Anno DomiDi M^ CCC^ octuagesimo quarto, die sabbati 
in festo Beati Georgii, Magister Guillerraus Marhec cano- 
nicus Corisopitensis sub collacione camere Sedis Aposto- 
lice... quam facerat, causa Capituli quod finget esse Capi- 
tulo... emolumenta episcopatus a tempore... Reverendi in 
Christo patris Domini... Episcopi Corisopitensis usque in 
diem bodiernam ; presentibus ad hoc Magistris Johanne 
Fravali, Gaufïrido le Gall, Johanne Corric, Oliverio Hospi- 
tis Corisopitensis diocesis et domino Petro Hervey Tre- 
corensis diocesis. 

Verum est. Per me Thomam Episcopi notarium impe- 
rialem. 



381. 

CHANOINE CONDAMNÉ A UNE AMENDE (') 

- 21 Mal 1364. - 



Anno Domini M^CCC® octuagesimo quarto, die vigesîma 
prima Maii, hora prima, indictione septiraa, Pontiticatus 
Domini Clemenlis, divina providencia. Pape septimi anno 
sexto presentibus Magistris G. Le Gall, Th. Episcopi, 
R, Lestuhan. 0. Primogeniti, Jo. Hospitis. Y. Corric, 
N. Stellan canonicis Corisopitensibus, Magister Daniel de 
Insula canonicus Corisopitensis emendavit Capitulo Cori- 
sopitensi de quadraginta libris monete currentis ad ordi- 
nacionem Capituli, pro eo quod intravit domum cantoris 



(1) Cart. 81, f- 29. (Acte en partie effacé.) 

(2) Cart. 31, (^ 66. 



— 166 — 

et bona sua in eodem posuit prêter et contra voluntatem 
Capituli. 
Acta fuerunt hec in caméra Capituli 

Yvo TuRCH, cum juramento dicti Danielis. 



382 

QUOD CAPITULUM COGNOSCET DE CAUSIS (•) 

Chanoines Jurent n'aller ae pourvoir devant aucun Juge 

que le Chapitre, 
s'il ne refuse déjuger, pour aucun excès ou injure qu'ils s'entrefacent. 

- 3 Juin 1384. - 



Anno Uomini M^ CCC^ octuagesimo quarto, die veneris 
post festum Pentechostes Domini, Nos Guillermus Le 
Marhec, Johannes Fravali, Riocus Lestuhan, Thomas 
Episcopi, Daniel de Insula , Oliverius Hospitis canonici 
Corisopitensis, pro negocio infrascripto facientes, statui- 
mus et ordinamus et unanimiter consensimus quod de 
cetero, de injuriis inferendis aut aliis qualitercumque 
inter aliquos de Capitulo nostro, cognoscemus et fine 
debito terminabimus absque strepitu judicii, ac senten- 
ciabimus inter ipsos, prout fuerit racionis, nec poterit 
aliquis nostrum compellere alium coram aliquo judice 
ordinario seu ordinariis ex ordinariis, quacumque de 
causa, nisi in Capitulo nostro Corisopitensi ; nisi eciam 
in casu quod dictum Capitulura renuerit justiciam inter 
partes facere et de causa ipsa cognoscere et hoc ad 
sancta Dei Evangelia juramus per juramenta nostra. 

Acta fuerunt hec in Capitulo nostro predicto, anno, die 
predictis, hora sexte vel circa, indictione septima Ponti- 
ficatus Clementis Pape septimi anno sexto. 

(1) Cart. 66, ^ 57, et Cart. 31, f $8, 



— 167 — 



Ego Alanus Scahunec clericus Corisopilensis dyocesis 
publicus Auctorilate Apostolica et impérial! notarius pre- 
seas fui In ordinacionem et statutum predictum. 



383. 

PRISE DE POSSESSION DE LA PRÉBENDE DE GOMBRIT^') 

-16 Juillet 1384. - 



Anno Mo CCC° octuagesimo quarto die décima quinta 
Julii hora prime, indictione septimaC. Pape septimi anno 
sexto, presentibus Magistris T. Episcopi, D. de Insula, 
0. Hospitis, J. Fravali, G. le Gall canonicis, Magistris 
J. Raolini, J. de Tegula, fuit dominus J. de Briac procu- 
ra tor Magistri J. Begua (inductus) in possessione thesau- 
rarie et prébende de Combrit in ecclesia Corisopitensi et 
juravit idem procurator statuta ejusdem ecclesie obser- 
vare. Yvo Turch. 



384. 

DÉFENSE D'INJURIER UN CHANOINE (') 

- 8 Août 1384. - 



Die lune post feslum a Vincula sancli Pétri, fuit iniunc- 
tum Stephano quod non fore faciat seu dicat aliqua verba 
injuriosa sub pena viginti librarum et privacionis cori, 
Magîstro Johanni Corric canonico nostro Corisopitensi et 
quod teneat statuta supradicta ; testibus presentibus : 
Magîstro Thoma et Johanne Fravali et clientulo nostro. 
Anno octuagesimo quarto. R. Lestuhan. 



(1) Cart. 31, f 23. 

(2) Cart. 31, ^ 72. 



— 168 — 

385. 

EMPRUNT DE LIVRES A LA BIBLIOTHÈQUE DU CHAPITRE (') 

- 13 Août 1384. " 

t- 

Anno Domini Mo CCC^ octuagesimo quarto die sabbati 
post festum Beati Laurencii martiris, Daniel de Insula 
canonicus CorisopitcDsis portavit a Capitule eiusdem civi- 
tatistres libros videlicet: librumsentenciarum...etqueni- 
dam librum de Evangelio qui incipit : In principio erat 
verbum. 

Ita est. Daniel. 

Restitua predictos libroa Magiatro Ouillermo. 



386. 

SERMENT D'OBSERVER LES STATUTS (') 

— 9 Septembre 1384. — 



Anno Domini M® CGC® octuagesimo quarto, die veneris 
post festum Nativitatis Béate Marie Virginis, Magister 
Radulpbus de Caradeuc canonicus Corisopitensis iuravit 
tenere statuta Capituli Corisopitensis et alia pertinencia, 
secundum formam juramenti. Presentibus discretis viris 
Magistris Daniele de Insula, Jobanne de Tegula, Eudone 
Tecnour, Nicholao coharn et Daniele an Fellestreuc. 

J. DE MlSPERlT. 



387. 

AMENDE PAYÉE AU CHAPITRE ^'^ 

- 10 Octobre 1384. - 



Anno octuagesimo quarto, die lune post festum Beati 
Dyonisii (4), presentibus domino Oliverio Primogeniti, 



(1) Cart. 31, f» 29. 

(2) Cart. 31, f* 71. 

(3) Ibid. 

(1) Dimanche 9 Octobre. 



- 169 - 

Johanne Prioric presbyteris et aliis, obligavit se Judicel- 
lus Feleslreuc presbyter, solvere venerabilibus et discre- 
tis viris Capitulo ecclesie Corisopitensis , decem libras 
monéte currentis, racione cuiusdam injurie eisdem, per 
dictum presbylerum solvendas ad moderacionem et re- 
quisicionem ipsorum. 
Datum ut supra. D. Lisquoet. 



388. 

HENRI THOMA REQU CHANOINE ') 
— 1"' Novembre 1384. — 



Anno Domini M^ CCC<> octuagesimo quarto, die prima 
mensis Novembris circa horam prime dicte diei, fuit 
Henricus Thome inductus ia possessionem canonicatus 
ecclesie Corisopitensis quem detinebat bone memorie 
dominus Georgius cardinalis Bucanone et e&ectus de 
eodem ; et iuravit statuta ecclesie Corisopitensis tenere 
et inviolabiliter observare iuxta formam statutorum... 
presentibus Magistris Guillermo Marhec, Johanne Fra- 
vali, Johanne Prejencii, Matheo de Villa alba et aliis. 

J. RUNDIAN. 
(1) Cart. 31, ^71. 

(A suivre.) 



BOLLETIlf DB LA COMMISSION DIOCESAINE. — 7* aonÔO. 12 



— 170 - 




SUR LES 



PAROISSES DU DIOCÈSE DE QUUIPER ET DE LÉON 

Par MM. PEYRON et ABGRALL. 

(Suite.) 



DAOULA8 

(Fin.) 



1808-1816. Henri Lozach, né en 1745, à Quimper. 

1816-1820. Milliau Billon, né à Ploéven, le 2 Avril 1786, 
prêtre en 1814. Se démit en 1820. La cure demeura 
vacante de Mai à Novembre 1820. 

1820-1821. Jean Le Coz, curé de Carhaix, se retire à Pont- 
Croix. 

1822-1825. M. Christophe Le Pape, de Lopérec, décédé en 
1825. 

1825-1827. M. Yves-Marie Raguenez, né en 1769 à Plou- 
zané, décédé eiwl827. 

1827-1843. Yves Ollivier, de Plougoulm, donna sa démis- 
sion en 1843. 

1844-1866. Claude Réviron, curé de Carhaix, né à Pleyben. 

1864-1888. Robic, du Faouet. 

1888-1893. Augustin Troussel, de Guerlesquin. 

1893. Félix-Hyacinthe Buors, de Lesneven. 



— 171 — 

Maisons nobles 

Forestier, S' de Kerizit : de sable à la bande (alias à traie 
bandes) fuselée d'argent, 

Kergoet, S' de Kerizit : de gueules à six besants d'argent. 
La branche de Kerizit fondue dans Taillart et Le Forestier. 

Kerizit, S' du dit lieu : d'azur à une fasce d'or surmon- 
tée d'une étoile de même. 

Léon, S' de Daoulas : d'or au lion momé de sable, qui 
est Léon, à la bordure chargée de onze annelets en orle 
comme marque de juveigneurie. 

Lanrivinen, S' de Kerizit : d'or au pin arraché de sino- 
pie, accompagné en pointe d'une abeille (alias en chef d'un 
papiUon) de gueules ; devise : Espoir me conforte. 

Rohan, S' de Daoulas : de gueules à neufmacles d'or 3.8.3. 

Sauleraye (de la), S' de Kerizit : d'argent au chef de 
sable chargé d'un lambel d'or. 

Taillard, S' de Kerizit : d'Jiermines à cinq fusées de gueu- 
les accolées et rangées en bande ; devise : Ânte que brar que 
doublar. Plutôt rompre que plier (devise espagnole). 



DINÉAULT 



(( Au nom du Souverain Seigneur et par amour du Roi 
des deux qui a daigné naître d'une vierge pour le salut 
du genre humain, moi, Junargant, noble dame issue de 
sang royal, dédaignant les biens terrestres pour n'aspirer 
qu'aux biens du Ciel, je donne et concède de mon propre 
héritage à S^ Guénolé le territoire de Dineule avec ses 



— 172 — 

forêts, ses eaux, ses terres cultivées et non cultivées, pour 
qu'il en jouisse à jamais, et afin que par l'intercession de 
S^ Guénolé j'obtienne longue vie et stabilité dans ma puis- 
sance, mais surtout le salut de mon âme, afin qu'après 
mon trépas je sois purifiée de mes fautes et que j'obtienne 
en échange de la divine miséricorde les joies qui ne doi- 
vent plus finir. 

« Que si une main téméraire osait attenter à ces dispo- 
sitions, qu'il sache que par là même il s'est exclu de la 
S^« Église de Dieu et qu'il aura pour partage le sort de 
Dathan, d'Abyron, ainsi que celui de Juda et de Pilate, 
qui ont crucifié le Sauveur. Que la terre bénite du cime- 
tière ne reçoive point son corps, que leurs épouses devien- 
nent veuves, et leurs enfants orphelins. 

(( Donné sous le seing du Comte Budic ; 

de l'Évéque Salvator ; 
d'Alfrett, archidiacre ; 
d'Alfrett, frère du Comte ; 
d'Agustin, prêtre ; 
de Bidian ; 
Saluten ; 
Urfer ; 

Heianquethen ; 
Gurcar ; 

Guethencar (vieille forme de Guezengar) ; 
Daniel et de plusieurs autres témoins. )> 

(Cartul. Landev., p. 166.) 

Tel est le premier acte faisant mention de la paroisse 
de Dinéault. L'Évéque témoin de cet acte semblerait devoir 
être un évêque de Quîmper, mais nous devons avouer que 
son nom ne se trouve pas sur le catalogue des Cartulaires 
de Quimper et de Quimperlé. Quant au Comte Budic, il 
vivait à la fin du ix» et au commencement du x^ siècle ; 



— 173 - 

c'est donc vers Tan 900 qu'aurait eu lieu cette donation 
de Dinéault à Landévennec ; toujours est-il que jusqu'à la 
Révolution ce monastère a continué à avoir des droits sur 
cette paroisse. 

En 1654 (1), Pierre Tanguy, abbé commendataire de 
Landévennec, soutenant dans un procès son droit de pré- 
sentation au vicariat perpétuel de Dinéault, disait que ce 
droit datait d'une concession faite autrefois « par une 
princesse de Bretagne à saint Guénolé », que, depuis, 
l'abbé seul est dimeur dans cette paroisse, a il y a 'droit 
de visite sans que l'archidiacre ait rien à y voir, et c'est 
pour cette raison que le curé de Dinéault est simple vicaire 
perpétuel, mais c'est l'abbé qui est recteur primitif de la 
paroisse ». En 1568, ajoute-t-il, « Dynéaul est appelée 
c vicaria perpétua » ; mais ayant été décidé au chapitre ii 
monachorum du Concile de Trente : que dans les églises 
où habitent des religieux, le service paroissial ne soit pas 
fait par des religieux mais par un chapelain institué par 
l'Evoque, à la prière des religieux, depuis ce temps les 
religieux de Landévennec ont cessé par eux-mêmes d'exer- 
cer les fonctions curiales à Dinéault, mais l'ont fait par des 
vicaires nommés par eux et institués par l'Evéque. )> 

L'aveu de l'abbé de Landévennec, en 1666 (2), porte une 
autre marque de dépendance de Dinéault vis-à-vis du 
monastère, car on y lit que a l'abbé a droit, de temps 
immémorial, sur le manoir de LezafI, en Dinéault, que le 
S' du dit lieu lui serve en personne de cuisinier, la veille 
de Noël, à dîner et le jour de Noël également à dîner et à 
défault peut être mulcter d'amende ». 

En 1673, l'Evoque de Quimper accorda l'établissement 
de la confrérie du Rosaire, sur la demande du recteur 

(î) G. 326. 
(2) H. 40. 



— 174 — 

Yves Lozeach et de François de Kerguiziau, chevalier, 
S^' de Kerscao. La supplique commençait ainsi : « Etant 
venu à leur connaissance que, porté d'une sainte piété, 
vous aviez établi et permis établir en plusieurs lieux le 
S^ Rosaire, les suppliants portés pareillement d'une piété 
et dévotion, quoiqu'à la vérité inégale à la vôtre, mais 
désireux néanmoins de Timiter... » (6. 286.) 

Église paroissiale 

Le procès-verbal de visite, en 1782, nous apprend que 
la patronne de Téglise paroissiale était sainte Madeleine, 
et que l'anniversaire de la dédicace de l'église se célébrait 
le 6 Décembre. On y marque que la chaire du prédicateur 
était fort belle, que l'église bien lembrissée était mal 
parée, et possédait un beau calice et trois autres conve- 
nables. On n'en pouvait dire autant de la statue de saint 
Sébastien et le procès-verbal porte « qu'elle est à suppri- 
mer jusqu'à ce qu'elle soit rendue plus décente ». 

Le le' jour de Mai 1698, la seconde cloche de L'église 
paroissiale fut bénite par Keraudren, recteur, et nommé 
François-Sébastien. Le parrain fut haut et puissant Mes- 
sire de Penfeuntennio, seigneur de Mesgrall, Rosarno, 
la Haye ; marraine haute et puissante dame Françoise 
le Cozic, dame présidente de Bonamour, de Kervinic 
Kerloaguen, etc. 

RÔLE DES DÉCIMES EN 1789 

I 

Falher, recteur 22* 10^ 

La Fabrice 8^ 10^ 

Le Rosaire 2^ 

Saint-Exupère 5» 10» 

La Trinité 2» 



Total 40» 10' 



— 173 - 

Dans son état actuel, Téglise de Dinéault est dépourvue 
extérieurement d'aspect monumental. Les fenêtres des 
branches du transept et celles des pans coupés de l'abside 
ont conservé le dessin flamboyant des meneaux, mais elles 
doivent être de la fin du xvi® siècle, ou plutôt du xvii«, 
comme l'indiquent les gargouilles en forme de canons de 
l'abside, lesquelles sont surmontées de têtes de chéru- 
bins. Les autres fenêtres sont toutes de facture moderne. 

Le porche Sud, tout en kersanton, avec ses lourds pilas- 
tres et ses lourdes corniches, semble être du xix^ siècle. 
Il n'y a rien d'ancien que les deux demi-colonnes de l'en- 
trée, composées de tambours cannelés et de bagues sail- 
lantes ; elles doivent être du commencement du xvii® siè- 
cle, de même que les deux portes du fond, dont le 
trumeau, les pieds-droits et les arcs sont ornés de fines 
moulures. Les deux lanternons de couronnement de la 
façade rappellent ceux de la sacristie de Pleyben. 

Au-dessus de la porte Ouest, sous le clocher, est une 
niche contenant la statue, en kersanton, d'un saint évê- 
que ou abbé, campé très élégamment, revêtu de la cha- 
suble antique, non mitre, tenant la crosse de la main 
droite, et un livre ouvert dans la main gauche. 

Cette porte et cette niche sont en granit. La base du 
clocher, qui les surmonte, est en kersanton, avec sa cor- 
niche à modillons et sa galerie saillante à balustres, genre 
xvir» siècle. La chambre des cloches est encore en granit, 
avec des baies moulurées dans le genre gothique, et 
cependant sur le linteau du milieu du côté Sud, on lit : 
I . GVILLOV . F . 1612, et plus haut, sous la corniche : 
G : GVILLAMOT . F . LA . 1633 

La flèche, aussi en granit, a des gables, des pinacles 
d'angles et des crossettes d'arêtes, ayant tous les carac- 
tères du style flamboyant. 



— 176 — 
Intérieur. 

A rintérieur, les légères piles octogonales et les arcades 
de la nef pourraient indiquer le xvii® siècle, le xviii®, ou 
peut-être même une reconstruction du xix®. Rien de bien 
tranché dans Tarchitecture. 

Le maître-autel est surmonté d*un retable à quatre 
colonnes, ornementées à leur tiers inférieur de pampres 
de vigne et d'oiseaux, et couronnées de chapiteaux corin- 
thiens. Au sommet, une niche contient TEnfant -Jésus 
debout, en robe longue à ceinture, et tenant de la main 
gauche le globe du monde. 

Dans une des niches inférieures se trouve saint Coren- 
tin, en chape et mitre, ayant son poisson à ses pieds. 

L*église était aussi dédiée à la Trinité ; voilà pourquoi 
on trouve au-dessus de Tautel du transept Nord, une belle 
représentation des trois divines Personnes. C'est un groupe 
en pierre blanche très résistante, rehaussée de peinture et 
de dorures, ayant bien dans les poses, dans Tornementa- 
tion et le type des figures, le caractère du xv« ou du com- 
mencement du xvio siècle. Le Père et le Fils sont assis 
sur des nuages et tiennent sur leurs genoux un livre 
ouvert, au-dessus duquel plane TEsprit-Saint, sous forme 
de colombe. L'un des personnages, celui de gauche, est 
couronné et tient le globe du monde, est-ce le Père, est- 
ce le Fils ? Rien ne l'indique, tous deux sont barbus, et 
aucun ne porte les stigmates de la Passion. Tous deux 
également sont vêtus d'un riche manteau à fermail, orfrois 
et bords ornés de rangs de perles et fleurons de pierre- 
ries. Le bas d'un des manteaux, très largement développé, 
vient recouvrir les genoux de l'un et de l'autre. 

Dans ce même transept on voit : 

lo La statue debout d'une sainte couronnée, tenant un 
livre de la main droite. 



- 17*? - 

2° Un groupe en kersanton de Notre-Dame de Pitié. Le 
corps inanimé du Sauveur repose sur les genoux de sa 
Mère; saint Jean soutient sa tête sacrée, tandis que la 
Madeleine soutient un de ses pieds et porte de l'autre 
main son vase de parfums ; une autre Sainte Femme assiste, 
les mains jointes. Marie -Madeleine a la tète découverte, 
avec les boucles de son opulente chevelure tombant sur 
ses épaules ; elle a des manches à bouffants et crevés, 
comme à la fin du xvi» siècle. 

30 Au bout de la balustrade est une sainte Marguerite 
en kersanton, à genoux sur le corps d'un horrible dragon, 
ou plutôt suivant la légende, sortant du corps de ce dra- 
gon qui Ta dévorée ; et, en effet, on voit encore les pans 
de sa robe dans la gueule terrible du monstre. 

Du côté de l'Évangile, à l'entrée du chœur, est un saint 
Nicolas, en chape, crosse et mitre, mais sans les trois 
petits enfants traditionnels. Du côté de l'Épitre est une 
statue moderne de sainte Marie-Madeleine, patronne de 
l'église. 

Le transept Sud a un joli tabernacle à colonnettes tor- 
ses, un retable à colonnes torses entourées de pampres de 
vignes, le tout couronné d'un Père-Éternel bénissant le 
globe du monde et accompagné de deux anges très élé- 
gants dans leur pose et leurs draperies. Dans la niche du 
milieu est une statue moderne de Notre-Dame des Victoi- 
res ; dans les côtés, un saint Éloi ancien et un saint Herbot 
récent. 

Contre le mur du bout du transept, est une sorte de 
triptyque de saint Yves entre le riche et le pauvre. La 
statue du Saint est en ronde-bosse, en surplis ou cotte, 
avec camail et bonnet carré. Le riche et le pauvre sont en 
bas-relief méplat ; le riche ayant habit ou pourpoint long 
à manches échancrées dans le haut pour laisser passer les 
bras, bas de chausse et brodequins ; la tête coiffée d'une 



- 178 — 

sorte de calotte pointue, avec oreillettes terminées par 
des globules ou boutons ronds. Le pauvre est tête nue, 
vêtu d'une tunique à ceinture descendant jusqu'aux 
genoux, molletières et sandales. Il a une besace au côté, 
tient un long bâton de la main droite, un parchemin ou 
cédule de la main gauche. 



# 
* * 



Dans le cimetière est une croix en kersanton, à multi- 
ples personnages. Au-dessous du Christ crucifié, sur un 
croisillon formant console double ornementée et feuilla- 
gée, on voit la Sainte-Vierge et saint Jean ; saint François 
montrant ses stigmates ; la Madeleine agenouillée et en- 
trouvrant son vase de parfums ; un évoque en chape, 
mitre et crosse. Au pied de la croix, ou plutôt sur le 
piédestal, encore la Madeleine et saint Jean, puis un petit 
saint Yves en cotte et camail à chaperon, argumentant 
avec ses doigts, tenant un rouleau de parchemin et son 
bréviaire suspendu dans une gaine en étoffe. 

Sur la face Ouest du croisillon on lit : M : C : KAVDEN : 
REC. 

A l'avers, on a représenté VEcce-ffomo ou Notre-Seigneur 
en manteau long, portant le roseau et la couronne d'épi- 
nes, puis saint Pierre, saint Sébastien et Notre-Dame de 
Pitié. Sur le croisillon, l'inscription : HORELLOV : F : 1696. 

Au dos du piédestal est la Véronique tenant la Sainte- 
Face et sur le côté on lit : A . LE . BVLIER . F . 1648, tandis 
que sur la face Sud du fût de la croix on voit cette autre 
date : L : GARO : F : 1650. 

Dans le jardin du presbytère sont trois statues en ker- 
santon : — un Eece-ffomo ; — un évêque en chape et 
mitre, avec crosse et livre ouvert ; — un ermite en robe, 



- 17Ô - 

manteau à capuchon, calotte clémentine, chapelet et livre 
ouvert. 

Dans le grenier du hangar sont reléguées trois vieilles 
statues : — sainte Marie-Madeleine, la patronne, du xvn® 
siècle, ayant sa chevelure opulente tombant sur ses épau- 
les et tenant de la main gauche son vase de parfums ; — 
Vierge-Mère, tête nue, avec boucles de cheveux ondées ; 
— saint Marc, assis, écrivant son évangile, ayant sur les 
épaules un camail à capuchon qui vient recouvrir à moi- 
tié son bonnet carré. A ses pieds est son lion, tenant dans 
la gueule une banderole. 



Chapelle de Saint- Exupère (Sant Dispar), 



Dans Tancienne chapelle de saint Exupère, maintenant 
rebâtie, la sablière au-dessus de Tautel Nord portait cette 
inscription : M : lAN : HENRI : M : l : LE : CARO : QVRE 
T : lACQ : FABRICQ : 1648 : M : F : LE : GVILLOV : P. 

Le pardon avait lieu autrefois le second dimanche de 
la Fête-Dieu et il y venait beaucoup de pèlerins dont le 
nombre a diminué depuis que le pardon a été transféré 
au troisième dimanche de Septembre (note du Recteur en 
1792). 

Cette chapelle possédait un beau vitrail qui a été acquis 
par la Société Archéologique du Finistère et orne main- 
tenant. Tune des salles du Musée départemental, après 
avoir subi une restauration très entendue. En voici la 
description. 

C'est une fenêtre à trois baies surmontées de trois souf- 
flets composant le tympan, chacune des baies mesurant 
en clair m. 47 de large et 1 m. 70 de haut. 

Dans la baie du milieu, est la Vierge assise sur un riche 



— 180 — 

■ 

trône, avec dossier formant niche à coquille. Elle est 
vêtue d'une robe rose foncé ou lie de vin, et d'un man- 
teau bleu. Une sorte de coiffure ou dévoile bleu surmonte 
sa chevelure jaune d'or. Sur son genou droit est assis 
TEnfant-Jésus, un peu renversé et tenant des deux mains 
une petite corbeille de fruits. Au-dessus de la tête de la 
Vierge, sur une bande faisant la bordure de la draperie 
du fond, est l'inscription : MATER . DEI 

Dans la baie à droite de la Sainte-Vierge, est un saint 
évêque présentant un donateur; c'est saint Exupère,patron 
de la chapelle, et dont le nom se lit sur la bordure cou- 
rant à la hauteur de sa tête : EXVPATER 

Est-ce saint Exupère, Exuperiua, évêque de Toulouse 
(28 Septembre), dont saint Jérôme a fait un éloge spé- 
cial ? Est-ce un saint local ? Dans le peuple, on l'appelle 
sant lepar» 

L'Evêque est vêtu de la dalmatique rouge et de la cha- 
suble verte, ganté de violet pâle, avec anneau au pouce 
de la main droite, coiffé d'une mitre très riche, et tient 
une crosse à pied d'argent et à volute d'or de courbe très 
allongée, à ornementation feuillagée. 

Le seigneur qu'il présente est agenouillé, les mains 
jointes, devant un prie-Dieu sur lequel est ouvert un livre 
d'heures. Il a la tête découverte, et son casque à petit 
panache rouge est posé à terre. Il est vêtu de l'armure de 
fer : brassards, cuissards, jambières, éperons à molettes 
pointues. Son armure est couverte d'une cotte en étoffe 
toute blasonnée de ses armes : écartelé au î et 4 de gueu- 
les au fermail d'argent, qui est Kersauson (en 1562, Jean 
de Kersauson était seigneur de Rosarnou, en Dinéault), 
au 2 et 3, d'azur à 3 molettes d'or 2 et î, au chef d'or à 
3 molettes d'azur en fasce, avec un vairé de gueules et d'ar- 
gent brochant sur le tout, qui est des Lesguern, sieurs de 
Rosarnou. 



— 181 — 

Ce sont les mêmes blasons que l'on retrouve dans les 
cinq écussons du haut des baies et des deux soufflets laté- 
raux. 

Dans la baie de gauche est figurée sainte Marie-Made- 
leine, patronne de la paroisse. Son vêtement consiste en 
une robe verte et un manteau rouge très drapé, à bordure 
d'or avec oves. Une fine chemisette couvre à moitié ses 
épaules. A sa belle chevelure dorée, aux longues nattes 
ondées, se rattache une écharpe ou plutôt une banderole 
légère qui vient flotter par derrière et se rattacher à son 
manteau. De la main gauche, elle tient son vase de par- 
fums, et de la droite elle en soulève le couvercle. A la 
hauteur de sa tête se lit également son nom : MARIA 
MAGDALENA. 

Ce qui rend cette verrière si intéressante, c'est d'abord 
la composition, le dessin et le riche coloris des person- 
nages ; mais il y a aussi l'architecture et l'ornementation 
des encadrements, ou plutôt du soubassement et des dais. 
Pour le soubassement, ce sont des pilastres et un slylobate 
de marbre, avec caissons et médaillons où sont logés des 
personnages assis et des bustes, dans la plus belle tradi- 
tion de la Renaissance. Dans les dais, même inspiration : 
niches à coquille, frontons, arcades, anges assis, jouant 
du biniou ou de la cornemuse ; anges debout, jouant de 
la flûte traversière ; petits génies groupés par trois pour 
former le motif central, petits anges agenouillés, portant 
les écussons blasonnés. Dans toute cette ornementation 
on ne peut trop admirer l'emploi judicieux du jaune à 
l'argent pour obtenir des touches chaudes réparties très 
savamment sur ces surfaces ton grisaille. 

Les deux écus des soufflets latéraux sont entourés du 
grand collier de la Toison d'or et suspendus à des bande- 
lettes ou cordelières tenues par des mains aux bras armés, 
issant d'un nuage. 



— 182 — 

L'écu en supériorité, tenu par deux anges vêtus de tuni- 
ques, est timbré des instruments de la Passion : croix, 
couronne d'épines, clous, lance, éponge, fouet et verges. 

Deux petites inscriptions discrètes indiquent les noms 
des auteurs de la restauration : 

Restauré par Deyrolle, artiste peintre à Concameau, 1896, 

Restauré par Megnen - Ceshron , artiste peintre -verrier^ 
13, rue Jacquement, Paris. 

La chapelle contient trois autels. Au maître-autel se 
voient les statues de saint Exupère et de Notre-Dame de 
Grâces. Au second autel, du côté de TEpitre, les statues 
de saint Maudetz et saint Laurent ; au troisième, côté de 
TEvangile, les statues de saint Jean-Baptiste et de saint 
Marc. On y voit également une statue de Notre-Dame des 
Anges. 

La paroisse comptait autrefois d'autres chapelles : Saint- 
Ouinal, au passage ; Saint -Tujan, à Rosarnou ; Saint- 
Joseph, à Kervinic, et Saint- TJiéleau, entre Le Rest et 
Landeleau (1). 

La chapelle de La Trinité, citée au rôle des décimes 
devait, croyons -nous, être attenante à l'église parois- 
siale. 

Vicaires ou Recteurs de Dinéault 
AVANT LE Concordat 

Perceval, prêtre de DinhéaiUt assiste aux funérailles du 
roi Gradlon. (Albert Le Grand, Catalogue, p. 169.) 
1401. Trégonnec, recteur. 

1528. Alain Lesmaés, recteur, décédé, remplacé par 

1528. Guillaume Lesmaês, recteur de Guengat. 

1580. Guillaume Provost, assiste au Synode (G. 95). 

(1) Retueigoemeots fournis par M. Berthou, recteur. 



- 183 - 

1650-1653. Raoul Lacbeter (recteur, Haut-Corlay). 

1653. Henry. 

1673-1694. Yves Lozeac'h, décédé le 25 Novembre, à l'âge 

de 65 ans (1). 
1694-1702. Claude Keraudren, décédé le 28 Mai 1702. 
1702-1732. Gabriel Le Guen, décédé le 3 Août 1702. 
1732-1735. Hervé Le Guen, cbanoine de Lesneven, décédé 

le 19 Mars 1735. 
1735-1751. Urbain Leinlouet, né à Saint-Goazec 1704, forcé 

de quitter sa paroisse, reçut une pension du bureau 

ecclésiastique et mourut en 1780. 
1751-1761. François Le Moal. 
1761-1781. Yves Le Meur, décédé le 11 Janvier 1781, âgé 

de 68 ans. 
1781-1792. François -Augustin Falcher, né à Bothoa en 

1745 (( homme de talent, éloquent en français et en 

breton ». Sa santé fut fort ébranlée pendant la Révo- 
lution, il ne put reprendre du service au Concordat et 
mourut à Dinéault, au Ouilly-Vian, le 21 Juin 1807. 



Curés ou Vicaires avant le Concordat 

1674-1689. A. Scoarnec, prêtre, puis curé de 1680 à 1689. 

1689-1704. Thomas Le Borgne, prêtre, puis curé de 1696 
à 1704, décédé le 10 Janvier 1708. 

1703-1739. Y. Guillamot, mort au Cosquinquis le 21 Sep- 
tembre 1739. 

1724-1748. Jean Calvez, prêtre de la paroisse, mort à Rel- 
ier, le 22 Juin 1748, âgé de 50 ans. 



(1) Nous devons la liste des prêtres de Dioéault, à partir de cette épo- 
que, h robligeaoce de M. Bertbou, recteur, aujourd'hui curô-doyen de 
Carhaix, 



— 184 — 

1744-1763. Guillaume-François Jacq, mort à Cosquinquis, 
le 29 Décembre 1763, âgé de 47 ans. 

1773-1776. M. Capitaine. 

1777-1781. G. Favennec. 

1781-1792. Jean Denys Riou, né en 1747, frère de Jean- 
Étienne, est porté, ainsi que M. Falcher, son recteur, 
comme ayant prêté serment en Janvier 1791. Mais ils 
durent tous deux se rétracter promptement, car M. Riou 
fut déporté en Espagne, et M. Falcher, après avoir été 
détenu au château du Taureau, ainsi que Tabbé Jolivet, 
de Dinéault ; dès le 1®' Septembre 1792, ils furent dé- 
portés à Brème, et embarqués le 17 Avril 1793 pour 
cette destination avec 28 autres prêtres. 



# 
* # 



Pendant la Révolution, dès le départ de M. Falcher, en 
Décembre 1792, Yves Paillart, âgé de 33 ans, originaire 
de Plozévet, prit le titre de Curé ; en 1799 il prend le titre 
d'agent municipal. Il dut mourir avant le Concordat. 
Pendant cette période de la Révolution, on relève sur les 
registres paroissiaux les signatures de Le Marchadour, 
curé de Châteaulin, Huitric, vicaire de Trégarvan, Guille- 
mot, vicaire de Landévennec et S. le Haut, curé de Cast. 



Prêtres ORiGiNAmES de la paroisse 

ou Y AYANT EXERCÉ QUELQUE TEMPS LE MINISTÈRE 

1674-1690. François Pellen, décédé au Stang, 60 ans. 
1674-1682. René Le Gourlay, décédé au bourg, 63 ans. 
1674-1707. Hervé Le Guilly, 60 ans. 
1674-1787. Yves Horellou. 



— 18o — 

1675-1705. Jean Donard, décédé au Creignou, 70 ans. 

1680. Gabriel Scoarnec. 

1680-1693. Jan Bauguion, curé de Rosnoën. 

1685-1717. Hervé Quéré, décédé à Kergabel. 

1685-1692. Yves Le Gourlay, décédé au Guilly, 63 ans. 

1691-1695. Yves Guillou. 

1698-1699. Gabriel Nédélec. 

1705-1706. Jérôme Le Jannou, décédé le 5 Août 1706. 

1714-1725. François Moulé, décédé à Kerdouard, 40"ans. 

1722-1758. Tanguy Horellou, mort à Plomodiern, enterré 

à Dinéault. 
1740-1754. Hervé Quéré, mort au bourg, 45 ans. 
1748-1785. Tfiomas-Joseph Kerjean, mort à Ty-Bianet, 

70 ans. 
1783-1784. J. Donnart. 
1785-1787. G. Le Daeron. 
1789-1792. R. Jolivet. 
1783-1794. Jean-Etienne Riou, né à Hellès, en Dinéault, 

en 1735, recteur de Lababan, guillotiné pour sa foi, le 

16 Mars 1794. 

Recteurs de Dinéault depuis le Concordat 

1804-1820. Jean-Denys Riou, de Dinéault. 
1820-1837. Guillaume Glévarec, de Lopérec. 
1837-1850. Louis Le Gai, de Berrien. 
1850-1863. Germain Le Moigne, de Pleyben. 
1863-1881. Jean-Louis Le Berre, d'Ergué-Armel. 
1881-1882. L. Le Michel, de Trégastel (Saint-Brieuc). 
1882-1891. Jean-René Celton, de Poullan. 
1891-1896. Jean Tanneau, de Plomeur. 
1896-1907. Yves Berthou. 
1907. Joseph André. 

Bulletin de là Commission diocésaine — 7* anoée. 18 



— 186 — 

Vicaires 

1818-1820. G. Glévarec. 

1831-1836. Nédélec. 

1836-1837. Hervé. 

1837-1845. F. Creyou. 

1845-1852. Cloarec. 

1852-1859. Boustouler. 

1859-1861. Le Moy. 

1861-1868. Quidéau. 

1868-1871. Velly. 

1871-1875. Le Bras. 

1875-1878. LeQuéau. 

1878-1880. Le Bars. 

1880-1891. Jean Le Floch. 

1891-1898. François Kerouanton. 

1898-1906. Jean-Marie-René Breton. 

1906. Henri CabilHc. 

MaisoxNs nobles 

Kersauzon, S' de Rosarnou, en Dinéault, du Vijac, en 
Guipavas : de gueules au fermait d'argent ; devise : Pred 
eo, pred a vo, H est temps, il sera temps. 

Kerguiziau, S^^ de Kerscao (Plouzané) : d'aeur à trois 
têtes d'aigle (alias d'épervier) arrachées d'or ; devise ; Spes 
in Deo, 

Lesguern, S^ de Rosarnou (Dinéault), armes antiques : 
d'or au lion de gueules à la bordure tngreslée d'azur ; mo- 
dernes : fascé de six pièces de vair et de gueules, qui est 
Coetmenec'h ; devise : SoiL 

Penfentcnyou, S^ de Rosarnou (Dinéault) : Burélé de 



- 187 - 

dixpiècê$de gueules et d'argent; devise : Plura quam opto. 

Penguern, S' de Kerméno (Dinéault) : d'or à trois pom- 
mes de pin de gueules la pointe en haut, une fleur de lys de 
même en abyme ; devise : Doue da guenta. 

Trégoazec, S' du dit lieu (Dinéault) : d'argent à la croix 
paitée de gueules, chargée en coeur d'une coquille d'or. 

Monuments anciens 

M. du Chatellier signale un menhir au Nord du village 
du Stang, un second menhir à 2 kilomètres au Sud du 
passage, un troisième à Goarem-ar-Menhir. 

Dolmens à gauche de la route allant au Ménez-Hom. 

Une sépulture à Ty-ar-Gall, et des chambres sépulcrales 
communiquant entre elles, nommées Toul-ar-Oorriquet, à 
200 mètres Nord de Kerédan. 



DIRINON 



Geoflroy, évéque de Quimper de 1170 à 1185, confirmant 
la fondation de Tabbaye de Daoulas par les seigneurs de 
Léon ajouta à leurs libéralités plusieurs prébendes et 
entr'autres la prébende de Dirinon, que l'évêque Guil- 
laume, dans un acte de 1218, appelle église de Sainte- 
Monitte ou Nonitte. Elle est, en effet, sous le patronage de 
sainte Nonne dont la curieuse légende a été très popu- 
laire, grâce à un mystère composé en son honneur et qui 



- 188 — 

devait se jouer le jour de sa fête. Une copie manuscrite de 
ce mystère, écrit en breton, était conservé au presbytère 
de Dirinon, dans la première partie du xix® siècle, sous 
répiscopat de Mgr de Poulpiquet, et fut publié en 1837, à 
Paris chez Merlin, par l'abbé Sionnet, du diocèse de Saint- 
Brieuc, qui raconte lui-même dans sa préface, comment 
le manuscrit lui fut confié : 

(( M. l'abbé Marzin accompagnant Monseigneur l'Evê- 
que de Quimper, dont il était alors secrétaire, dans une 
de ses visites pastorales, apprit qu'il se trouvait dans la 
paroisse de Dirinon, près Landerneau, un ancien manus- 
crit contenant un poème en langue bretonne. 11 parvint à 
se \e procurfr ; puis désirant me mettre à même de com- 
pléter les travaux que j'avais commencés, il me le donna, 
en joignant à ce présent tous les renseignements qu'il 
avait pu recueillir dans le pays sur l'ouvrage môme. 
L'écriture en est belle et de la fin du xiv* ou du commen- 
cement du xv<^ siècle, mais son état de conservation en 
est des plus mauvais. » Sans nous arrêter à ce qu'il y a 
d'étrange dans l'émigration de ce manuscrit d'une paroisse 
qui n'aurait pas dû en être dessaisie pour passer dans des 
mains étrangères au diocèse, disons que le manuscrit 
transcrit par M. Sionnet a été traduit en français par 
M. Le Gonidec. La légende ne manque pas de contradic- 
tion. On fait mourir la sainte dans la Cornouaille Anglaise, 
près de son fils saint Devy, et on l'enterre à Dirinon, dans 
la terre de Rivelen. 

« On y a élevé pour elle une maison pieuse où l'on 
priera toujours comme il faut. On appelle « Dirinon » cette 
maison qui lui a été consacrée. On en a fait une chapelle, 
une église complète et une paroisse, parce qu'elle a été 
vaillante, prudente et sainte, enterrons ici le corps pur 
de la religieuse, près de la mer Armorique, à la vue de 
tout le monde. C'est en ce lieu désert qu'elle a été parta- 



— 189 ~ 

gée en deux ; son âme pure est allée se réunir à Dieu, vrai 
roi des aslres, et son corps est enterré entre Daoulas et la 
ville de Landerneau » (1). 

En résumé, Nonne, fille de bonne famille, voue sa vir- 
ginité à Dieu dans un monastère de la Cornouaille Anglaise, 
mais se rendant à la messe et traversant un bois elle est 
violentée par un prince, et pour cacher sa honte se retire 
en Armorique, et l'on montre-, non loin de Dirinon, l'en- 
droit où elle mit au monde un fils qui s'appela Devy ou 
David qu'elle baptisa avec Teau d'une fontaine qui jaillit 
miraculeusement. 

L'annotateur d'Ogée nous dit que Ton conserve les reli- 
ques de la Sainte à Dirinon dans un reliquaire d'argent 
« de la formé d'une chapelle et dans le goût du xvi® siècle, 
portant les armes des Seigneurs de Lesquivit, Lezuzan et 
de Kerbringal ». 



Église paroissiale 



Le bourg de Dirinon est situé sur un plateau dominant 
un vaste horizon ; aussi, dans le trajet en chemin de fer 
de Quimper à Landerneau, voit-on admirablement ce clo- 
cher que la voie ferrée contourne pendant 6 ou 7 kilomè- 
tres, et qui semble vous poursuivre comme une obses- 
sion. 

Allez visiter cette église et remarquez d'abord le bel 
encadrement qui l'entoure : les bouquets d'arbres du cime- 



Ci) Dirinon e% hanvet dezi ker révérant ha chapel hac ylis fournis a 
parissani dre ma %eo bed vaillant ha prudant ha santés, enterromp hy 
aman corf g!an an leanes tosi dan mor Armorie public guysuyziques 
ema don hanter spes e place a es an désert he eneff net gant doc dioc 
sa cuir roe ster he corf so enierret parfet a condet scier entre Daoulas 
a scier ha ker a Landerneau. 



- 190 - 

tière et les eDtrées monumentales de TEst et de TOuest, 
formées de pilastres très cossus, surmontés de lanternons 
à dômes. 

En entrant dans le cimetière, plaçons-nous en face du 
portail Ouest. La porte en anse de panier est surmontée 
d'une accolade feuillagée, dernière trace des traditions 
gothiques. Tout le reste est Renaissance ou plutôt Henri IV : 
deux contreforts de face, deux contreforts d'angle, cou- 
ronnés par des colonnes cylindriques engagées et un enta- 
blement bien mouluré ; niche centrale à pilastres et à 
coquille, abritant une statue de la patronne, sainte Nonne, 
tenant des deux mains un livre fermé. Sur le contrefort 
Sud-Ouest est la date 1588. 

Au-dessus de la base carrée du clocher se dressent deux 
étages de chambres de cloches, entourées de balustrades 
très saillantes, formées de pilastres à gaines et à chapi- 
teaux ioniques. Sous la deuxième balustrade, on lit la date 
de 1593 et cette inscription : 1 . KZVNCV . Y . LEREST. 
La flèche est élégante et aiguë, mais moins œuvrée que le 
beffroi. 

Au mois de Septembre 1774, le tonnerre tomba sur la 
pyramide, en renversa l'extrémité, endommagea la toi- 
ture de l'église, brisa plusieurs vitres et brûla la dorure 
du retable des trépassés. Le 16 Octobre suivant, le général 
décida que Ton descendrait de dix pieds la flèche, et qu'on 
la reconstruirait de manière qu'elle ait de 40 à 45 pieds 
de hauteur à partir de la plate-forme. Celte restauration 
fut faite sans tenir compte de l'inclinaison donnée par les 
lignes de la pyramide, ce qui produit une déviation désa- 
gréable à l'œil. L'ancienne pierre formant pinacle sert 
actuellement de piscine près des fonts baptismaux. 

Tout le pourtour de l'église est assez sobre ; on pourrait 
cependant signaler quelques curieuses gargouilles au bas 
des frontons des fenêtres ; l'inscription : G. DENIEL. 



- 191 - 

F. 1714, sur le pignon du transept Sud, et dans le même 
mur, une jolie porte bouchée, couronnée d'un petit fron- 
ton demi-circulaire. Au mur de la sacristie est accolé un 
cadran solaire, datée de 1653, qui avait autrefois sa place 
dans un encadrement mouluré visible au-dessus d'une 
des fenêtres Midi. 

Le porche Sud est daté de 1618, quoiqu'il semble 
appartenir encore à la tradition gothique. Dans la niche 
du fronton est un groupe de la Sainte-Trinité : le Père 
couronné .de la tiare, tenant devant lui son Fils crucifié. 
Dans l'intérieur, sur des culs-de-lampes très simples, 
sont rangées les statues en pierre, des douze Apôtres, très 
rigides dans leurs poses et leurs draperies, et fort pauvres 
de facture. Au fond est une statue de Notre- Seigneur en 
robe sans ceinture, tenant la boule du monde et bénissant. 
Adossé au côté du porche, est un ossuaire dont les baies 
rectangulaires s'ouvrent vers l'Ouest. 

A l'intérieur de l'église, on doit signaler, en premier 
lieu, les peintures qui ornent la voûte. Au fond de l'abside, 
c'est la Sainte-Trinité : le Père et le Fils assis sur des 
nuages, Notre-Seigneur tenant sa croix. Au-dessus d'eux 
plane le Saint-Esprit ; à leurs pieds est ouvert le livre de 
la Loi. Des deux côtés sont agenouillés les quatre Évangé- 
listes, puis deux grands anges debout sonnent de la trom- 
pette et tiennent en l'air une croix, comme pour inviter 
l'univers à venir adorer la Divinité. Dans l'arrière-plan, 
la cour céleste, ou plutôt la multitude des anges, vêtus de 
robes blanches, sont en adoration et en contemplation 
devaUrt les trois divines Personnes ; c'est comme la figu- 
ration du texte : et adorent eum omnea angeîi ejus, ou la 
réalisation du trisagion éternel : sanctus, sanctus, sanctus 
Dominus, Deus sabaoth. 

Dans les deux branches du transept sont les douze Apô- 
tres, dix docteurs, avec le roi saint Louis et l'empereur 
saint Henri. 



— 192 - 

Dans la nef, quarante panneaux représentent les Saints 
de toutes catégories : pontifes, confesseurs, martyrs, vier- 
ges, saintes veuves. 

Autour du maître-autel sont les statues de sainte Nonne 
et sainte Catherine, saint Pierre et saint Paul. 

Dans le transept Nord, Notre-Dame du Rosaire, avec 
les petits médaillons des quinze mystères. 

Ce retable du Rosaire se trouvait autrefois sur le maî- 
tre autel, et dans la chapelle où il est actuellement, qui 
était la chapelle de la famille de Lezuzan, se voyait Fautel 
du Saint-Sacrement avec également un retable. Car nous 
lisons dans les délibérations du corps politique que le 
26 Septembre 1724, on fil marché avec le sieur Fenestre, 
sculpteur à Quimper, pour faire un retable du Saint- 
Sacrement à Tautel de la chapelle de Lezuzan, et un reta- 
ble du Rosaire au grand autel. On demandait que la 
dépense pour les deux retables ne dépassât pas 1200 livres. 
Le même jour on décidait l'achat de six chandeliers d'ar-, 
gent qu'on ferait venir de Paris. Le 16 Mars 1738, on fai- 
sait marché avec le sieur Mesiven, doreur à Landerneau, 
pour dorer le retable du Saint-Sacrement, on lui allouait 
de 250 à 3(X) livres, pour son travail, mais il devait se ser- 
vir de bon or de Paris ou « llouilande » et dorer à l'huile 
et (( mettra premièrement neuf couches de blanc luisant 
fond albâtre, puis six de celles qu'on met pour recevoir 
l'or, et toutes les sculptures seront dorées à fond et tout 
le reste en blanc. » 

L'autel de la Trinité, dans le transept Sud, est remar- 
quable par deux colonnes torses et deux autres simple- 
ment ornementées, et aussi par ses sculptures d'une 
grande richesse et d'une grande correction. La statue du I 
Père-Eternel, tenant son Fils en croix, est très digne et 
très noble. Dans les niches latérales, on voit la statue de 
saint Corentin et d'un autre saint évoque. 



A Tun des piliers de la nef sont adossées les statues en 
pierre d'un saint évêque, saint Divy ou saint David, fils 
de sainte Nonne, et de saint Antoine, ermite, avec cha- 
pelet, bâton à T ou à potence, manteau à capuchon et 
calotte à oreillettes. 

Les blasons des an&iens enfeus ont été martelés. 

Les deux vieilles bannières, restaurées ou presque re- 
nouvelées, portent la représentation du Rosaire, Noire- 
Seigneur en croix, Assomption et saint Divy. 

Au bas de l'église, contre le mur du clocher, est sus- 
pendue la croix en bois commémorative de la Mission 
donnée par le Vénérable Père Maunoir. 

Cette croix, à l'apparence massive, haute de 2 à 3 mètres, 
est creuse et sans Christ. Elle était portée généralement 
par un prêtre, dans les processions qui clôturaient les 
missions, et où étaient représentés en tableaux vivants 
les principaux Mystères et notamment celui de la Passion 
du Sauveur. 

Dans le clocher, une ancienne cloche, ayant 1 m. 12 de 
diamètre et 1 mètre de hauteur, porte cette inscription : 

ESCVYER . G . DV . LOVET . SEIGNEVR . DE . 
LISQVIVIT . & . C . PARIN . & . DAME . MAVRICETTE . 
DV . LOVET . DAME . DE . COATJVNVAL . MARINE . 
M . HIEROME . GAYEMANT . CURÉ . C . CANN . & . ANTO . 
CALVEZ . FAB . 1655. — 

Plus bas est un poinçon ou marque de fabrique, figurant 
un renard ; ce sont les armes parlantes du fondeur, car 
LOCARN signifie renard. — On lit au-dessous ; JAC . LE 
LOVARN . xMA . FAICTE. 

Les registres paroissiaux relatent plusieurs autres bap- 
têmes de cloches. 

Le premier est du 15 Avril 1661. Les parrain et mar- 
raine furent le seigneur de Kerdoulas et la dame du 
Rouazle : 



- 194 — 

« AnnoDomioi millesimosexcentesimo primo, die vero 
décima quinta mensis Aprilis fuit facta benedictio unius 
campane ia iiac ecclesia de Dyriooa per me dominum 
Petrum Ueleouet curionem dicte parochie de Dyrinon. 
Compatres fuerunt nobilis dominus de Kerdaulas et do- 
mina du Rouazle. )) 

« Ce jour, 270 d'Octobre 1666 a esté bénite et consacrée 
en l'église paroissiale de Dirinon en l'honneur de Dieu et 
de la Sainte-Vierge et de Madame sainte Nonne une clo- 
cle par Missire Hierome Gayement curé, le parein et ma- 
raine ont esté escuyer Marc Anthoine le Pappe, seigneur 
de Lezuzan, et dame Françoise Gousabatz, dame de Les- 
quiffit. On lui a imposé le nom de Françoise en présence 
des soubzsignants : Françoise Goasabatz, Marc-Anthoine 
le Pappe, Nouel Emdivat, prêtre, François André, prêtre, 
Vincent Goatagas, prêtre. Le Louarn, fondeur, Hierome 
Gayement. » 

Le 31 Octobre suivant fut bénite une autre cloche par 
Dom Noël Emdivat, prêtre de la paroisse, les parrain et 
marraine furent vénérable et discrète personne Missire 
Hiérosme Gayement, curé de Dirinon, et demoiselle Per- 
rine Jolif!, dame de Monval. On lui assigna le nom de 
Perrine. Louarn, fondeur. 

En 1712, le général demanda à Mgr l'Évêque de démo- 
^ lir et reconstruire leur église de nevez (sic) ; il s'agissait 
seulement d'une restauration de la nef et de la construc- 
tion du sanctuaire. Le sanctuaire aura 18 pieds de lon- 
gueur, autant de largeur, autant de hauteur. « Les cha- 
pelles de croasade seront avancées dehors de 20 pieds V2 
avec 18 pieds de largeur. La fenêtre de la chapelle de 
Lezuzan, au Levant, sera augmentée d'un pied 1/2. La 
sacristie aura 18 pieds de longueur sur dix de largeur, la 
muraille sera faite en pierre de taille de la chapelle de 
Lezuzan à celle de la Trinité. » 



Le 10 Avril 1712, le général décide qu'on achètera one 
barrique de vin pour faire le marché et les frais qu'il 
conviendra faire, et on fera assigner les Seigneurs pour 
faire procès-verbal des armoieries et prééminences qu'ils 
prétendent avoir dans l'église. 

Le duc de Rohan réclame ses armes au plus haut de la 
grande vitre ; les paroissiens font observer qu'elles n'y 
étaient pas autrefois, mais qu on le laissera les y mettre 
« à ses péril et fortune ». 

Le 19 Juin 1712, le fabrique Jan Orcil se plaint que 
non obstant qu'il ait assigné <( par trois ou quatre fois des 
charrettes pour charroyer les pierres qui sont en la grève 
de Daoulas, il n'est venu que deux charrettes. Or les arti- 
sans qui doivent venir pour tailler les pierres demande- 
ront des indemnités s'ils ne peuvent travailler, en consé- 
quence on nomme dans les cordellées (ou sections) de 
Didreachoat, du haut, du milieu et du bas deia paroisse 
des personnes qui feront le rôle des charrettes qui devront 
faire le charroi en marquant le jour où elles doivent 
charroyer afin de savoir les défaillants et les rappeler à 
l'ordre. » 

Chapelles 
fo Sainte 'Nonne. 

Tout à côté du porche de l'église est la chapelle renfer- 
mant le tombeau de sainte Nonne. Au-dessus de la porte 
latérale est inscrite la date de 1577. Au-dessus de la porte 
Ouest est une niche enfermant la statue de saint Fiacre. 
Au milieu de la chapelle est le tombeau de sainte Nonne, 
en pierre de kersanton. La Sainte, admirablement drapée 
et tenant des deux mains un livre fermé, foule aux pieds 



- 196 - 

un dragon. Deux anges tiennent une draperie sur le cous- 
sin qui soutient sa tête. A une extrémité et au milieu des 
deux côtés, des anges supportent des écussons frustes ou 
martelés. Le reste des deux côtés est occupé par les sta- 
tuettes des douze Apôtres. 

Cette tombe semble être de la dernière moitié du xv® siè- 
cle, par conséquent antérieure à la chapelle qui l'abrite 
actuellement. 11 est à croire que la chapelle primitive était 
plus petite et que la tombe était attenante par une de ses 
extrémités à la muraille, ce qui explique Tétat fruste de 
cette extrémité, et aussi la présence à celte époque d'un 
dais protégeant la tête, dais ciselé et sculpté qui est main- 
tenant relégué dans l'ossuaire. 

Les sablières de cette chapelle sont ornées de jolies 
sculptures. Des deux côtés de Tautel sont deux belles 
colonnes torses qui encadrent la fenêtre du fond. Les sta- 
tues qui sont vénérées dans la chapelle sont celles de 
sainte Nonne, sainte Anne, sainte Catherine et une autre 
sainte martyre qui porte un livre, mais dont la caracté- 
ristique a disparu. 

Le continuateur d'Ogre nous dit que, d'après la tradi- 
tion populaire, cette chapelle « a été primitivement l'église 
paroissiale. On voulait la bâtir à Gorré-Lan-Urvan, mais 
les murs étaient renversés à mesure qu'on les élevait, 
l'architecte reconnaissant là une intervention surnaturelle, 
fît poser une des pierres devant servir à l'édifice sur une 
charrette attelée de bœufs, qui se rendirent d'eux-mêmes 
à l'endroit que voulait la Sainte, et cette pierre se montre 
encore dans la chapelle. Chaque année, la veille du par- 
don de Dirinon, une lumière que personne ne paraît por- 
ter se rend de celte église à la chapelle de Saint-Divy et 
revient presqu'aussitôt accompagnée d'une autre qui bien- 
tôt après retourne seule d'où elle est venue. On paraît 
croire que ce sont sainte Nonne et son fils qui se rendent 
visite. » 



• - 197 — 

Le pardon a lieu le dernier dimanche d'Août, et avant 
la grand'messe, la procession se rend du bourg à la cha- 
pelle de Saint-Divy ; elle passait autrefois par la fontaine 
de Sainte-Nonne et par celle de Saint-Divy, mais le mau- 
vais état des chemins a fait abandonner cet itinéraire. On 
porte à cette procession, et aux autres processions tradi- 
tionnelles, un très grand nombre de bannières, croix, 
statues, une soixantaine environ, si bien que tous les 
quatre ans, chacun des paroissiens des quatre sections de 
la paroisse a eu l'honneur de porter l'une ou l'autre des 
enseignes (an armou) de l'église (1). 

La chapelle de Sainte-Nonne, sans doute en mémoire de 
sa tendresse pour son fils saint Divj', fut choisie de préfé- 
rence pour l'inhumation des petits enfants. Les registres 
de la fin du xvii« siècle en fournissent plusieurs exem- 
ples : 

Le 17 Février 1687, c'est un enfant non nommé, fils 
d'Alain Bodenez, qui est décédé tôt après le baptême 
dooné à la maison, et enterré en la chapelle Sainte-Nonne ; 

Le 23 Février, inhumation, au même lieu, d'Anne Les- 
cop, âgée de sept mois. 

Le 4 Juillet 1691, « une cloche nommée Renée (était) 
consacrée au service de Dieu en l'honneur de S* René et 
bénite en cette chapelle de S^® Nonne, par Missire Guil- 
laume Yven, vicaire perpétuel de Dirinon. Parrain, M. Alain 
Morvan, curé de Dirinon ; marraine, demoiselle Renée 
Criber de Defïortaux ». 

C'est sans doute cette cloche qui, cent ans plus tard, fut 
transportée à la sacristie par suite de l'ordonnance prise 
par le général^ en 1784, « de faire coucher le bedeau, 
depuis la Toussaint jusques à Pâques, dans la chambre 
des délibérations où sont le coiïre-fort et les archives, et 

(1) RoDseignemeDt dooDé par H. Floc'b, recleur. 



- 198 -' 

de placer au haut de la chambre une cloche pour servir à 
appeler au secours au besoin )>. Une seconde délibération 
marque que Ton prendra pour cet usage la cloche de 
Sainte-Nonne. 

Dans le cimetière qui entoure Téglise paroissiale et la 
chapelle de Sainte-Nonne, on remarque, plus que partout 
ailleurs, un nombre considérable de bénitiers de pierre 
pour recevoir la pluie du ciel, qui sert d'eau bénite pour 
asperger la tombe des parents ; un grand nombre de ces 
bénitiers affectent la forme des mesures de pierre servant 
d'étalon pour le mesurage des blés et posées autrefois 
dans le porche des églises. 

Sur le calvaire voisin du chevet de l'église, se voient les 
armes des sieurs de Toutenoutre : d'argent à trois hures de 
saumon coupées, d'azur. 



20 Saint-^Divy. 

L'ancienne chapelle du fils de sainte Nonne tombait en 
ruines au commencement du xix® siècle, et, sur la de- 
mande du conseil de fabrique, Mgr l'Evéque de Quimper 
autorisa, le 4 Septembre 1809, la démolition de la cha- 
pelle pour en être les matériaux employés à réparer la 
chapelle de Sainte-Nonne. Heureusement qu'un peu plus 
tard, la fabrique trouva les fonds nécessaires pour élever 
le modeste édifice qui existe actuellement en Thonneur 
du fils de sainte Nonne. # 

50 Saint- Aubin, 

Cette chapelle, non loin du château de Lesquivit, n'existe 
plus depuis laRévolutiou. 



- 199 - 



4*> Pennanrun, 

Le 19 Juin 1733, par permission de M, Raoult, chanoine, 
vicaire général de Quimper, M. J. de Kerret, recteur prieur 
de Brest, y bénit le mariage de écuyer Jacques Olyman, 
sieur de Kernegue, de Plouguer-Garhaix, avec Mlle Mar- 
guerite Gouin de Chapiseau, de Brest. 

Le 28 Août 1746, mariage, dans la môme chapelle, de 
François-Louis Gouin de Chapiseau, conseiller du Roi, 
commissaire de Marine, fils de François-René et de Anne- 
Charlotte de Toutenoutre, avec Marie-Véronique de Pen- 
fentenyo, fille de Mathieu et de Marie-Elène Corgerat de 
Beaumont. 

5° Kerliezec. 

m 

Cette chapelle est signalée en 1805, comme appartenant 
à M. Mazurié de Keroualen. On y portait en procession 
les reliques de sainte Nonne. Elle était sous le patronage 
de Notre-Dame de l'Assomption. 

L'ancienne paroisse de Dirinon possédait deux trêves, 
Saint-Urbain et Trévarn, celle-ci sous le vocable de Notre- 
Dame de l'Annonciation, et anciennement sous celui de 
Saint-Baharn (sancti Bahami), cité dans l'acte de fonda- 
tion de l'abbaye de Daoulas. 

Trévarn est aujourd'hui rattaché à Saint-Urbain. 






A un kilomètre au Sud du bourg, est la fontaine de 
Sainte-Nonne, qui, d'après la tradition, jaillit pour lui 



— 200 — 

permettre de faire baptiser son enfant, saint David. Tout 
près est le rocher sur lequel elle déposa son enfant nou- 
veau né, et qui s'amollit pour prendre l'empreinte de son 
petit corps. Cette marque s'y voit toujours, ainsi que la 
trace des genoux de la Sainte. 

Sa statue se voit dans la niche du petit monument qui 
forme la fontaine, sur le fronton duquel se lit la date de 
1623, au-dessous d'un écusson portant un chevron accom- 
pagné de trois merleltes. 



RÔLE DES DÉCIMES, 1789 

Le Gac du Quistillic, recteur . . . 

La fabrice 

Le Rosaire 

Trcve de Trévarn 

Trêve de Saint-Urbain 

Confrérie du S* Nom de Jésus. . 
St Guy (lisez S* Yvi ou S^ Divy). 

Total 701 15^ 

(A suivre,) 



281 


6» 


191 




21 




71 




81 


10s 


21 




21 





— 201 — 



CARTULAIRE 

DE L'ÉGLISE DE QUIMPEB 

(Suite.) 



889. 

COHRANDEHENT FAIT A DEUX PRÊTRES D'ÊTRE ASSIDUS 

AU CHŒUR (<) 

— 11 Novembre 1884. — 



Anno octuagesimo quarto, die veneris ante festum beati 
Corentini episcopi, videlicet hora prime etc., indictione 
VII» etc., Ponliflcatus etc., anno VI®, in mei notarii publici 
presencia et thesaurarii, venerabiles viri et Capitulum 
Corisopitense capitulantes illa die... injunxerunt Johanni 
Priolic et Johanni an Rouser presbyteris ecclesie Coriso- 
pitensis presentibus, ut ad horas continue in choro Cori- 
sopitensi dicendas compareant et hoc sub pena privacionis 
capellaniarum suarum in dicta ecclesia Corisopitensi. 

Présentes ad hoc fuerunt venerabiles viri Magistri 

Guillermus le Marhec, Daniel de Insula, Gaufiridus an 

Gall, Johanne Fravali, Thoma Episcopi, Oliverio Hospitis 

canonici Corisopitenses. 

J. Bloez. 

(1) Cart. 81, f 65. 



Bulletin dk la Commission DiocisAiNB. — 7* année. 14 



— 202 — 
890 

SERHENT PRÊTÉ AU NOM DE GUILLAUME KER6R0EZES 

CHANOINE (') 

— 18 Mars 1885 {n. •.). - 



Anno octuagesimo quarto, secundum computacionem 
Gallicanam, die décima octava Marcii, hora tercie, indic- 
tione octava, Pontificatus C. pape septimi anno VII^ pre- 
sentibus Magistris G. Marhec, J. Fravali, D. de Insula, 
R. Lestuhan, Daniel Danielis procurator Magistri Guil- 
lermi Kergroezes canonici Corisopitensis iuravit statuta 
ecclesie Corisopitensis in animam Domini sui observare. 

YVO TURCH. 

891. 

VICAIRE DE LA RUE NEUVE CONDAMNÉ A L'AMENDE (') 

- 4 Août 1386. - 



Anno Domini M^ CCC^ octuagesimo sexto, die quarta 
mensis Augusti hora tercie, indictione nona, Pontificatus 
démentis pape VU anno octavo, presentibus magistris 
G. Marhec, t. Episcopi, R. Lestuhan, J. Fravali, 0. Hos- 
pitis, D. de Insula canonicis Corisopitensibus, Dominus 
Penguen vicarius de vico novo in ecclesia Corisopitensi, 
promisit solvere venerabili Capitulo Corisopitensi ad 
eorum requisicionem et in consciencia eorum, sexaginta 
solides monete currentis pro emenda et nomine emende 
pro eo quod celebravit missas ad notam in capella béate 
Marie Madalene pro mortuis. 

Item ipsi Capitulum inhibuerunt eidem Domino ne de 
cetero celebret missas ad notam nec submissa voce pro 
mortuis, nisi pro vivis tantum, vel nisi petita et obtenta 
licencia a procuratore Capituli et hoc sub pena viginli 
librarum et privacionis. Yvo Turch. 

(I) Gart. 31, t* 31, f* 66. 
(1) Gart. 31, f» 36. 



— 203 — 

DEUX ROIS D'ABSENCE ACCORDÉS PAR FAVEUR 
A UN CHANOINE, POUR DEUX ANS (') 

- 18 Octobre 1886. - 



Anno Domîni M^ CCC^ octuagesimo sexto, die veneris 

post festum beati Luce Evangeliste, fuit ordinatum in 

Capitulo Corisopitensi quod Magister Oliverius Hospitis 

canonicus ecclesie Corisopitensis, haberet in futurum 

duos menses, usque ad duos annos subsecuturos, ultra 

alios suos concanonicos, inclusive et de iisdem distribu- 

cionibus percipiet absens sicut presens, si contigerit ipsum 

se absentare per dictos duos menses, durantibus predic- 

lis duobus annis. 

R. Penquelenneg, pro instrumento. 



893. 

FONDATION D'ANNIVERSAIRE DEVENUE INSUFFISANTE (') 

- 88 Octobre 1 386. - 



Anno Domini M^ CCC^ octuagesimo sexto, die vigesima 
tercia mensis Octobris, hora completorii illiusdiei, indic- 
tione décima, Pontificatus S. S. patris Domini Clementis 
divina providencia pape Vir anno octavo, presentibus 
Domino Daniele Felestrec presbytero, Henrico Quentrec 
clerico dicte sedis Corisopitensis, receperunt et habuerunt 
venerabiles viri Capitulum Corisopitense dicentes quia 
bona eis obligata pro anniversariis Hervei de Vico novo, 
Guellozae ejus uxoris et Nycholai eorum filii, de quibus 
anniversariis fit mencio in isto folio (3) non sufiiciebant 
ad solucionem nonaginta solidorum annuorum eis debi- 

(1) Cart. 81, ^ 30. 

(2) Cart. 51, f* 44. 

(3) Acte de 1351, n* 32S. 



— 204 — 

torum pro dictis anniversariis, a domino Johanne Barbuti 
milite, summam sexaginta septem francorum auri cum 
dimidio unius alterius f ranci, pro eisdem nonaginta soli- 
dis et cesserunt eidem militi accionem suam in dictis no- 
naginta solidis. 
Acta fuerunt bec in loco consueto Capitulari in ecclesia 

Corisopensi. 

Yvo TuRCH. Ita est. 



894. 

INHIBICIO FACTA PER CAPITULUH ') 

Défense faite à deux ohanoinee de se nuire. 
— 22 Décembre 1886. — 



Anno Domini M^ CCC^ octuagesimo sexto die veneris 
ante festum Nativitatis Domini, Capitulo Corisopitensi 
eadem die capitulante pro certis negociis, fuit inbibitum 
ex parte predicti Capituli, Magistris Danieli de Insula et 
Henrico Tbome ecclesie Corisopitensis canonicis, sub 
pena centum librarum monete currentis ne unus alteri 
forediceret seu malefaceret verbo vel facto in futu^um, 
applicandum fabrice predicte ecclesie Corisopitensis, or- 
dinacione predicti venerabilis Capituli in toto vel in parte 
levandum et percipiendum ; presentibus in boc Magistris 
T. Episcopi, Johanne Favrali, R. de Lestuhan et aliis 
canonicis predicte ecclesie. 

Ita est. R. Penquelennec notarius imperialis pro ins- 
trumente, quod presens fui predicte inhibicioni, dum 
iisdem presentibus, fieret in predicto Capitulo. 

(2) Cari 31, f* 28. 



— 205 — 
895. 

SACRiSTA CUSTODIT RELIQUIAS SUPER TRONCHO(') 

2B sois l'an ay sacristain pour garder les reliques sur le trono. 

- 8 Juin 1387. ~ 



Anno Domini M^ CCC^ octuagesimo (2), die octava men- 
sis lunii hora tercie, indictione décima, Pontificatus Sanc- 
tissimi in Christo Patris ac Domini Domini Clementis 
divina providentia pape VIP anno nono, venerabiles viri 
capitulum facientes statuerunt et ordinaverunt quod 
sacrista ecclesie Corisopitensis habeat et habebit de ce- 
tero viginti quinque solidos quolibet anno de troncho, 
videlicet : duodecim solidos et sex denarios quolibet 
sinodo, et per hoc tenebitur sacrista custodire reliquias 
appositas super troncho et hoc promisit venerabilis et 
discretus vir Magister Johannes de Tegula canonicus et 
sacrista ipsius ecclesie Corisopitensis, presentibus in 
premissis, Magistris Herveo Thome cantore, Guillermo 
le Marhec, Oliverio Hospitis, Johanne Fravali, Thoma 
Episcopi, Daniele de Insula, Gaufrido le Gall canonicis 
ipsius ecclesie. 

YVO TURCH. 



896. 

AMENDE PAYÉE AU CHAPITRE <'> 

- 2 Avril 1888. - 



Anno octuagesimo octavo die secunda mensfis Aprilis, 
presentibus Magistris Johanne Fravali, Oliverio Hospitis 
canonicis et Richardo comitis... promiserunt domini 

(1) Cart. 66, P 57, et C. 81, ^ 55. 

(2) Le Cartulaire porte la date de 1380, mais riodictioo X* et la nea- 
TÎème année de Félection de l'antipape français, Robert de Genève, Clé- 
ment VU, correspondent à l'an 1887. 

(8) Cart. 81, ^ 33. 



— 206 — 

Johannes Sici et Eudo Vallacon presbyteri solvere Capi- 
tulo Corisopitensi de eorum acquisitis, tredecim libras 
monete currentis pro emendacione quarumdam inju- 
riarum unicuique nuper ab altero eorumdem factarum in 
ecclesia Corisopitensi ; videlicet dictus Vallacon débet 
sexaginta solidos de dicta summa et dictus Sicus débet 
decem libras et juraverunt. 

YVO TURCH. 



397. 

DÉFENSE AUX CLERS DE JOUER EN LIEUX PUBLICS (*> 

- 2 Mai 1888. - 



Ânno Domini M^ CGC® octuagesimo octavo die seconda 
mensis Maii, presentibus discretis viris Magistris Guil- 
lermo le Marhec, Rioco de Lestuhan, Gauffrido Lé Gall, 
Johanne Fravali, Daniele de Insula et Johanne de Tegula 
cum cantore canonicis Corisopitensibus capitulantibus et 
Capitulum facientibus pro negocio infrascripto, procu- 
rator dicti Capituli una cum dicto Capitulo inhibuerunt 
omnibus et singulis ministris ecclesie Corisopitensis sub 
pena quinque solidorum et privacione et resignacione, 
presertim Johanni Sech, Judicello Fellestreuc, dicto 
Sorochan et aliis ne cetero ludant ad aliquos ludos inho- 
nestos nec in loco publico, videlicet ad palum vel ad 
taxillos aut alios. 

Consensit pari forma J. Corric. 

J. CORRIG. 

(1) Cart. 31. f* 29. 



— 207 — 
398 

SERMENT D'OBSERVER LES STATUTS ('> 

- 30 Août 1888. - 



Anno Domini M^ CCC^ octuagesimo octavo die domî- 
nica in festo decoUacionis beati Johannis Baptiste, Magis- 
ter dictus de Scumuro Aureli fuit receptus in canonicum 
et in fratrem ecclesie Corisopitensis, auctoritate Aposto- 
lica, per Petrum dictum Plichon procuratorem suum, qui 
Petrus juxta tenorem mandati Apostolici, nomine procu- 
ratoris ejusdem canonici juravit, tactis sacro sanctis Evan- 
geliis, dictum canonicum tenere et fideliter observare 
statuta et sécréta et consuetudines àpprobatas ipsius ec- 
clesie et fidelitatem ecclesie supradicte. 



399. 

RÈGLEMENT DE LA PENSION DU PROCUREUR 

DE LA FABRIQUE 

— 17 Septembre 1388. — 



Anno Domini M9 CCC^ octuagesimo octavo die jovis 
post octabas Nativitatis Béate Marie Virginis, presentibus 
venerabilibus et discretis viris Magistris Henri co cantore 
Oliverio Hospitis, R. Lestuhan, Thoma Episcopi, Johanne 
Fravalli, Jo. de Tegula D. de Insula et Johanne Corric 
canonicis capitulantibus pro hujusmodi inferrenti nego- 
cio, voluerunt prenominati canonici capitulantes statue- 
runt que et ordinaverunt quod procurator fabrice et Capi- 
tuli Corisopitensis ecclesie habeat de cetero sex libras 
monete currentis pro pansione sua, videlicet vigenti soli- 
dos ultra centum solides quos antea habuerat pro pre- 
dicta sua pansione, ita tamen quod idem procurator 

(1) Carl. 31, ^ 61. 



— 208 — 

debeat levare atque levet denarios censuales Sancti Spiri- 
tus Synodi Sancte Pentecostes et alla proveniencia de 
juribus Capituli. j^ Corric. hoc est pro pass. 

Item voluerunt statuerunt et ordinaverunt quod quili- 
bet advocatus Capituli et fabrice habeat solum pro Capi- 
tulo et fabrica quadraginta solidos videlicet ; viginti de 
Capitulo et viginti de fabrica. 



400. 

ETIENNE THOMAS CHANOINE, PREND POSSESSION ('» 

— 16 IMara 1389 (n. •.)• — 



Anno Mo CCC^ octuagesimo octavo die décima quinta 
mensis Marcii hora prime illius diei, indictione duode- 
cima, Pontitîcatus domini démentis pape VIP anno unde- 
cimo, presentibus Magistris Johanne Fravali, Oliverio 
Hospitis, Henrico Thome, R. Lestuhan, Johanne Corric, 
Dominus Natalis Stellan inducit Magistrum Stephanum 
Thome in possession^m canonicatus et prébende quos 
defunctus Magister Gaufiridus Fabri obtinere solebat in 
ecclesia Corisopitensi, stallum in choro et locum in Capi- 
tulo eidem Stephano assignando, qui juravit statuta et 
consuetudines laudabiles dicte ecclesie observare. 

RUNBRAN. 

401. 

EMPRUNT DE LIVRES 

- 7 Août 1389. - 



Anno octuagesimo nono die sabbati post festum Sancti 
Pétri ad vincula, Ego Johannes Corric portavi mecum psal- 
terium quod fuit cum domino J. Currerii. J. Corric. 

(1) Cart. 31, f 46. 



— 209 — 

402 

OUOD NULLUS NISI CANONICUS PULSET 
STALLUM CONTRA CANONICUH ('> 

Aucun 8'il n'ect ohanoine ne poussera son siège pour faire bruit 
à l'arrivée d'un chanoine venant tard, à heure Indeue. 

- 13 Août 1388. - 



Anno Domini M^' CCCo octuagesimo nono die veneris 
ante festum Âssumptionis B. M. V. fuît statutum in Capi- 
tulo isto quod nullus ministrorum ecclesie Corisopitensis, 
nisi fuerit canonicus vel superior, pulset stalla chori 
quando unus canonicus intrabit chorum predictum, qua- 
licumque hora débita vel indebita, consueta vel non, in- 
trare voluerit chorum supradictum et hoc sub pena quin- 
que solidorum a quolibet ministre contrarium faciente, 
solveudorum desuper emolumentis chori et reponendo- 
rum in troncho dicte ecclesie per manum procuratoris ; 
presentibus Magistro Herveo cantore et canonico, Guil- 
lermo Marhec, Oliverio Hospitis, Thoma Episcopi, Jo- 
hanne Fravali et aliis. Ego Oliverius Hospitis presens fui 
in isto statuto ordinando : item ego Johannes Corric pre- 
sens interfui; presentibus Magistro Guillermo Marhec, 
Oliverio Thoma, Johanne Fravali, Johanne de Tegula cano- 
nicis cum cantore. Johanne Corric. Ego Johannes Thoma 
presens fui. 

403. 

RÉCEPTION D'O. DERIEN A LA PRÉBENDE DE S'-HATHIEU (') 

- 20 Février 1380 (n. s.). - 



Anno octuagesimo nono secundum usum ecclesie Gal- 
licane die vigesima Februarii, hora tercie, indictlone dé- 
cima tercia, Pontificatus C. pape anno duodecimo, pre- 

(l) Cart. 56, ^ 57. 
(3) Cart. 31, ^ S4, 



— 210 — 

sentibus Magistro G. Marhec, H. Thome, J. de Tegula, 
0. Hospitis, J. Fravali, R. Lestuhan, Conc canonicis; 
D. Felestrec, P. Longî presbyteris, fuit Magister 0. Deriani 
Archidiaconus Corisopitensis inductus in poseessionem 
prébende de Sancto Matheo et juravit statuta observare. 

YVO TURCH. 



404. 

BERNARD DU PERRON REQU CHANOINE ('> 

— 1B Septembre 1390. — 



Anno Domini M^ CCC^ nonagesimo, die décima quinta 
mensis Septembris, circa horam prime illius diei indic- 
tione décima tercia, Pontificatus SS™» in Christo Patris 
ac Domini Domini Clementis divina proyidencia pape 
septimi, anno duodecimo, venerabilis vir Magister Daniel 
de Insula canonicus Corisopitensis, venerabilem virum 
dominum Bernardum du Peron presbyterum in personam 
venerabilis viri Magistri Guillermi le Marhec canonici 
Corisopitensis procuratoris dicti domini Bernardi littera- 
torie destinati in possessionem et soesinam canonicatus 
et prébende quos defiunctus Magister Gaufridus Fabri in 
ecclesia Crisopitensi solebatobtinere,locum inCapituloet 
stallum in choro, virtute litterarum apostolicarum et 
gracie Apostolice de dictis canonicatu et prebenda eidem 
Bernardo facte, quiquidem Magister Guillermus nomine 
procuratorio predicto, juravit constitutiones et statuta 
ecclesie Corisopitensis observare, presentibus venerabi- 
libus viris M. Johanne de Tegula, Tboma Episcopi, Henrico 
Thome, Johanne Fravali, Johanne Corric et Oliverio Hos- 
pitis canonicis dicte ecclesie, Natali Stellan, Nicholao 
Chonani, Johanne Penguen presbyteris, Bernardo de 
Casiec presbyteris respective in premissis. Runbzan. 

(1) Cart. 31, f« 30. 



— 211 — 

405. 

PRISE DE POSSESSION DE 6. DE KAER CHANOINE 0) 

— 8 Févrlop 1381 (n. s.}. ~ 



Anno Domini M<> GCCo nonagesimo, secundum usum 
ecclesie Gallicane, die octava Februarii, hora complète- 
rum indictione décima quarta, Pontifîcatus Domini C. 
pape septimi anno decimo tercio, presentibus Magistris 
G. Gall, R. Lestuhan, J. Corric, canonicis Corisopitensi- 
bus et aliis fuit dominus G. de Kaer canonicus Corisopi- 
tensis inductus per Magistrum G. le Marhec canonicum 
Corisopitensem in possessione canonicatus et prébende 
quos Magister Henricus Quorigou obtinere solebat in 
dicta ecclesia, in presencia Alani de Kaer, ipsius domini 
Guillermi procuratoris et domini procuratoris, nomine 
quo supra, et iuravit idem procurator iura, statuta et 
consuetudines ipsius ecclesie Corisopitensis observare. 

Acta luerunt hec in ecclesia Gorisopitensi. 

YVO TURCH. 



406. 

HERVÉ SUL6UEN PRÊTE SERMENT (') 

- 7 Juillet 1381. - 



Anno Domini M^ CCC^ nonagesimo primo die septima 
Julii circa horam prime, indictione décima quarta Ponti- 
ficatus Domini C. pape septimi anno decimo tercio, pre- 
sentibus Magistris H. Thome, 0. Hospitis, R. Lestuhan, 
J. Fravali, G. Trevedic, J. Mispiric, H. de Ponte Abbatis 
et aliis, Magister Herveus Sulguen canonicus Corisopi- 
tensis iuravit statuta ecclesie Corisopitensis observare. 

YvO TURCH. 

(1) Cart. 31, f^ 62. 

(2) Cart. 31, f- 24. 



— 212 — 
407 

ETIENNE ROUSSEL CONDAMNÉ A L'AMENDE (*> 

- 11 Août 1391. - 



Anno Domini Mo CCC^ nonagesimo primo die undecima 
mensis Augusti, hora terciarum vel circa, Pontificatus 
C. pape septimi anno decimo tercio, venerabiles vin Ma- 
gistri Henricus Thome cantor, Oliverius Hospitis, J. de 
Tegula, Herveus Sulguen, Johannes Fravali, Johannes 
Corne canonici ecclesie Corisopitensis capitulariter dixe- 
runt quod dominus Stephanus Rouselli presbytercuratus 
de Colle Eudonis in ecclesia Corisopitensi predicta, quam- 
plures injurias dixerat et dixit dictis Johanni Fravali et 
Corric, declaraverunt ipsum Stephanum fore a distribu- 
cione et habitu chorij bine ad festum beati Michaelis in 
monte Gargano privandum et ipsum de facto privaverunt, 
acto tamen quod intérim, vocatis omnibus canonicis dis- 
tribuciones habentibus et capientibus, poterit idem Ste- 
phanus reconciliari. 

Acta f uerunt bec in Capitulo predicto. 

A. SCAHUNEG. 



408. 

RÉCEPTION DE SIMON EN QUALITÉ DE CHANOINE H) 

— 2 Novembre 1891. — 



Anno Domini M^ CCCo nonagesimo primo, die secunda 
Novembris, Pontificatus Clementis pape septimi anno 
decimo quinto, venerabilis vir et discretus Magister Jo- 
hannes Fravali canonicus Corisopitensis sub exeque.... 
(délegatus) Apostolicus in bac parte, venerabilem et dis- 
cretum virum Magistrum Guillermum le Marhec canoni- 

(1) Gart. 81, f* 63. 

(1) Cart. ai, f* 29. Cet acte est très peu lisible. 



— 213 — 

cum Corisopitensem et procuratorém venerabilis viri 
Magistri Symonis (1) in possessionem canonicatus et pré- 
bende... quos obtinere solebat... Archidiaconatus médiat... 



409. 

JEAN LE HAOUT PRÊTE SERMENT <') 

— 2 Mars 1882 (n. 8.). — 



Anno Dooiini Mo GCCo nonagesimo primo» die secunda 
mensis Marcii in exitu matutinarum, presentibus Cantore, 
D. de Insula, Daniele Felestrenc, Judicello Felestreuc, 
J. Cornic, Magister Guillermus Marhec procurator, no- 
mine Magistri Johannis Muntone jura vit statuta ecclesie 

Corisopitensis observare. 

Këntreg. 

410. 

OFFICE DU DIACRE f» 

~ 2 Juillet 1388. - 



Anno Domini M» CGC» nonagesimo tercio, die secunda 
mensis JuIii,bora tercie, indictione prima, Pontifîcatus Do- 
mini démentis pape septimi anno decimo quinto, presen- 
tibus dominis Daniele Felestrec, Stephano Rousselli pres- 
byteris, dominus Glemarhec diaconus ecclesie Corisopi- 
tensis recognovit se tantum racione diaconatus sui esse et 
debere stare in dicta ecclesia tribus horis in die et dicere 
Evangelium solepmniter in omnibus missis solepmnibus 
que celebrantur in cboro ipsius ecclesie et quod ulterius 
non potest recedere a dicta ecclesia horis predictis, non 
petita et obténta licencia a Capitulo Corisopitensi, et hiis 

(1) ProbablemeDt Simoo Gaugaer (voir n* 421). 

(2) Cart. 31, ^ 27. 

(3) Cart. 31, ^ 55. 



- 214 — 

actis, dictum Capitulum capitulando et Capitulum faciendo 
ad supplicationem dicti diaconi asserentis, flde média, se 
fore acturum in curia Romana racione beneficiorum suo- 
rum, dederunt eidem diacono licenciam usque ad bien- 
nium de non residendo in dicta ecclesia, dum tamen per 
ydoneum capellanum deserviatur intérim in dicto offîcio, 
injungentes eciam eidem diacono quod si intérim possit 
bono modo redire ad dictam ecclesiam, quod redeat.. 

YVO TURCH. 



411. 

SERMENT DE GUY DE LA TUILE (') 

— 28 Février 1394 (n. s.). - 



Anno Domini M<> CCCo nonagesimo tercio, die ultima 

mensis Februarii, hora vesperarum, presentibus venera- 

bilibus et discretis viris Magistris Guillermo le Marhec, 

Johanne de Tegula, Daniele de Insula, Johanne Cornic, 

Rioco Lestuhan, Oliverio Hospitis, Johanne de Treanna, 

R. de Penquelennec canonicis ecclesie Corisopitensis, 

Johanne Lespervez seniore, Guillermo Kercarf et aliis, 

Magister Guido deTegula jura vit observare statuta ecclesie 

Corisopitensis. 

Acta in Capitulo Corisopitensi ut supra. 

J. Bloez. 

Et fuit receptus in canonicum et fratrem. Acta ut supra 
indictione secunda, Pontificatus Domini nostri Clementis 
divina providencia pape septimi anno decimo sexto. 

J. Bloez. 

(1) Cart. 31, f-» 27. 



- 215 - 

412. 
JEAN LE MAOUT PRÊTE SERMENT PERSONNELLEMENT 0) 

" 7 Avril 1394 (n. 8.). - 



Anno Domini M^ CCC^ nonagesimo tercio die octava 
meiisisAprillisiiihoraterciaruiii,indictionesecuada,ponti- 
ficatus démentis pape septimi anno decimo sexto, presen- 
tibus venerabilibus et discretis viris Magistris Guillermo 
le Marhec, Daniele de Insula, 0. Hospitis, Joh. Corric, 
Joh. de Treanna canonicis Corisopitensibus, in Capitulo 
Corisopitensi, ipsis canonicis pro negocio infrascripto 
capitulantibus, YvoneRoux, RichardoComitis, Guillermo 
Belost et aliis, venerabills et discretus vir Magister Jo- 
hannes Muntone canonicus Corisopitensis confirmando 
juramentum alias per venerabilem virum et discretum 
Magistrum Guillermum le Marhec canonicum et procu- 
ratorem ejusdem Magistri Johannis in dicto Capitulo 
alias prestitum, juravit statuta, etc. Hujusmodi juramen- 
tum consuetum prestitit et cetera fecit cum protestacione 
consueta. 

J. Corric presens fui... J. Bloez. 



413. 

COLLACIO UNIUS CAPELLE FACTE PER CAPITULUM '' 

Pierre Rossignol nommé chapelain. 
- 2B Avril 1384. - 



Anno Domini M^^ CCC^ nonagesimo quarto die vigesima 
quinta Aprilis, hora tercie, indictione secunda, Pontifi- 
catus C. pape septimi anno decimo tercio, presentibus 
Magistro Petro Militis Rectore de Ploelan, Alano de la 

(1) Cart. 31, f^ 32. 

(2) Cari. 31, f- 28. 



— 216 — 

Bourdonnaye scutifero et aliis, ad presentacionem et no- 
minacionem Reverendissimi Patris Domini I. Episcopi 
Corisopitensis, venerabiles viri Capitulum ecclesie Cori- 
sopitensis capitulantes contulerunt Domino Petro Rous- 
singnol presbytero, cappellaniam capelle nove in dicta 
ecclesia vacantem per mortem nuper defiuncti Johannis 
Sici presbyteri et iuravit dictus dominus Petrus statuta 
ecclesie observare et reverenciam Capitulo et aliis minis- 
tris dicte ecclesie exhibere et in dicta capella desservire 
iuxta posse. 
Acta fuerunt hec in Capitulo predicte ecclesie. 

A. SCAHUNEG. 



414. 

LES BÉNÉFICES SERONT PRÉSENTÉS DANS LA HUITAINE 

DE LA VACANCE 

" Mal 1394. - 



Anno Domini millesimo CCC^ nonagesimo quarta die 
dominica in crastino translacionis Beati Corentini in 
Maio,fuit statutum in Capitulo generali quod quandocum- 
quecontigerit bénéficia aliquavacare quorum presenlacio 
spectat ad Capitulum, possint, infra octo dies a die sépul- 
ture illius per cujus mortem dicta bénéficia vacaverunt, 
canonici présentes, vocatis tamen qui fuerint in diocesi 
Corisopitensi, providere de dictis beneficiis et ad ea pre- 
sentare et ea conferre non obstante statuto contrario si 
quod sit, ad ea presentare. 

(Â suivre.) 



- 217 — 



CORRESPONDANCE 



DK 



1. TRËHOT de CLRBHOIIT, luire de Pont-Grolx (1791). 



Ce recueil est extrait de lettres adressées par M. de 
Clermoût, maire de Pont-Croix, à son fils, député à l'As- 
semblée Nationale. On se propose, en l'éditant, de mettre 
en relief la physionomie d'un homme qui, par sa situation 
môme et par ses relations, suivit très attentivement les 
affaires politiques et religieuses de son temps et de son 
pays. 

Intendant général de la marquise de Forcalquier pour 
ses biens de Bretagne et de Normandie, M. de Clermont 
père se trouvait à Paris, pour régler ses comptes, au dé- 
but de l'année 1789, à la convocation des Etats généraux. 

Au 15 Mars, il n'y avait encore rien de décidé pour la 
Bretagne. La Noblesse et le Haut-Clergé demandaient 
qu'on eût réuni les Etats selon l'ancienne mode, pour que 
chaque Ordre nommât séparément ses députés, et le Mi- 
nistre était prêt à y acquiescer; mais ces Messieurs du 
Tiers en ayant été informés se rendirent à Versailles ; ils 
présentèrent un mémoire au Ministre, qui suspendit sa 
résolution et, dans une audience du Roi, M. de Kervélé- 
gan fit valoir ses raisons avec tant de force qu'il obtînt 
gain de cause ; alors parut l'ordonnance du premier ma- 
gistrat de Cornouailles qiii convoquait, pour le 7 Avril, le 

BOLLBTIN DK LA COMIIISSION DIOCÉSAINE. — 7* aDDÔe. 15 



— 218 



Tiers-Etat de la Ville de Quiraper à l'effet de préparer les 
élections aux Etats généraux. 

Tout le monde, à Paris, a dans cette célèbre Assemblée 
une confiance que M. de Clermont juge un peu excessive. 
(( Je ne crois pas, dit-il, que les Etats généraux produi- 
sent un autre effet que celui de consolider la dette de 
l'Etat, de prendre les moyens de l'acquitter par des créa- 
tions de rentes dont la Nation sera garante, qu'ensuite le 
Roi recevra les cahiers des Ordres dont il remettra l'exa- 
men à la sagesse de son conseil et chacun aura la permis- 
sion de retourner chez lui ou de rester à Paris, si cela 
l'amuse.... » Il ne pouvait prévoir le serment du Jeu de 
Paume et la constitution de l'Assemblée nationale. 

Par ordre de M™» de Forcalquier, son intendant devait 
avoir une conférence avec M. Necker. Enchanté « d'appro- 
cher de si près un homme si rare )), M. de Clermont se 
proposait de lui présenter, pour son propre compte, des 
observations démontrant que les tailles, taillons, capita- 
tions, pourront être supprimés, quand la perception du 
dixième sera bien établie ; il resterait même, selon ses 
calculs, de quoi supprimer la gabelle. Mais M. Necker est 
inabordable ; il ne donne plus d'audience et ne voit per- 
sonne que par rendez-vous. En attendant son tour, l'inten- 
dant de M°»6 la marquise dut traiter son affaire avec un 
maître de requêtes qui, « s'il vous plaît, ne reçoit que par 
rendez-vous ». Mais c'est le client qui le lui donne. Ne 
l'ayant pas trouvé une première fois, M. de Clermont lui 
fit dire qu'il aurait l'honneur de le voir le lendemain, 
entre 9 et 10 heures. « Ce n'est pourtant pas de la bagatelle 
qu'un maître des requêtes, mais son ministère est bien 
éloigné de celui d'un contrôleur général. » Ce qui le 
frappe dans ce monde administratif, c'est le savoir-vivre 
et l'amabilité. « On vous m©l à votre aise tout de suite» 
c'est un fauteuil qu'on vous présente, c'est d'un ton de 



— 219 — 

connaissance et de confiance qu'on entre en matière sur 
l'objet qui vous amène, tout cela sans affectation et comme 
s'il ne pouvait se faire autrement. » Cette administration 
rendue prévenante n'est-elle pas la justification du mot de 
Talleyrand : « Qui n'a pas vécu avant 1789 ne connaît pas 
la douceur de vivre » ? 

Député agrégé de Quimper aux Etats de Bretagne pour 
la session de Février 1789, M. Tréhot de Clermont, fils, 
sénéchal de Pont-Croix, fut élu second député suppléant 
des sénéchaussées réunies de Quimper et de Concarneau 
aux Etats généraux. L'un des titulaires, Le Guillou de 
Kerincufl, ayant donné sa démission, et le premier sup- 
pléant, Souche de la Brémandière, ayant décliné l'honneur 
de siéger, Tréhot de Clermont prit séance à l'Assemblée 
nationale, le 6 Novembre 1789. 

Il y avait à peine un mois que son père était rentré à 
Pont-Croix, après un séjour de quelques semaines en 
Normandie. 

Alors s'établit entre eux une correspondance très active 
dont il ne reste qu'une partie, encore bien incomplète 
puisqu'elle ne comprend que les mois de Mars, Avril, 
Juillet, Août et Septembre 1791. 

Il n'y a guère de courrier qui ne contienne, à l'adresse 
de « M. de Clermont, au Luxembourg, à Paris », un carré 
de papier bleuté, parcheminé, couvert d'une écriture ré- 
gulière et paraphé d'une main ferme où se révèlent les 
habitudes d'ordre, de décision qui distinguaient M. l'in- 
tendant de la marquise de Forcalquier. 

Elu maire de la ville de Pont-Croix pendant que son 
fils (( participait à la gloire de donner une constitution à 
la France », M. de Clermont s'eflorça de procurer à ses 
concitoyens une bonne administration, à laquelle Cambry 
rend hommage lorsqu'il dit, en parlant du District de 
Pont-Croix : a C'est un pays calme, tranquille ; de sages 



— 220 — 

administrateurs y maiDtinrent la paix, dans le moment 
où le reste de la France était en proie à tant de fureurs ». 
Cependant, là comme ailleurs, la Constitution civile du 
Clergé fit son œuvre de division funeste et d'irréductible 
opposition. Cette division, M. de Clermont la vit s'établir 
jusque dans sa famille. « Vous trouvez, ma chère maman, 
écrit à M™e de Clermont, son gendre, M. Le Roy-Desplan- 
tes, que nos prêtres ont tort de se refuser à prêter le ser- 
ment, je ne suis pas en cela du même avis ; jai vu bien 
des écrits pour et contre et j'ai trouvé le raisonnement des 
derniers bien plus solide que celui des premiers... » 

Aussi bien, les pages qui vont suivre sont- elles une 
modeste contribution à l'Histoire de la Constitution civile 
au pays du Cap. J.-M. P. 

« 4 Mars. 

(( La description que tu nous donnes du sacre de 
M. Ëxpilly nous a fait un sensible I Voilà une ailaire en- 
tièrement consommée et que je craignais beaucoup qu'elle 
ne pût l'être par les manœuvres des méchants. On a fait 
bien prudemment de devancer le terme fixé pour cette 
cérémonie (1). Je ne doute point que les deux évêques 
in partibus qui assistaient l'évêque d'Autun n'eussent été 
intimidés par les menaces et n'eussent reculé comme 
parait l'avoir fait l'évêque d'Orléans, car c'était lui qui 
devait faire cette cérémonie. Voilà un grand pas de fait. 
Le sacre des nouveaux évoques ira son train désormais : 
quand ceux-ci en auront consacré quelques-uns encore, 



(1) Le 24 Février 1791, dans Tôglise des prôlres de TOratoire, rue 
SaiDt-HoDoré, TalleyraDd, assisté de Gobei et de Dubourg-Miraudot, pré- 
sida au sacre de l'abbé Expiily et de Tabbé Marolles, évéques coostitu- 
tîoonels du Finistère et de l'Aisne. Oo rapporte que l'évêque d'Autuu fut 
saisi d'une peur étrange, bien qu'il n'y eut pas d'incident. (Cf. Talley- 
rand, évêque d'AïUun, par Bernard de Lacombe.) 



— 221 — 

les autres seront consacrés sans difRculté. Voilà le haut 
clergé bien attrapé, car il comptait beaucoup sur la diffi- 
culté de le remplacer. La résistance de nos pasteurs de 
second ordre à faire le serment n'a pas d'autre appui, 
mais ils verront désormais que, s'il est aussi facile de 
destituer les évéques et de les remplacer, il y aura encore 
moins de difficultés pour eux. 

« Nouvelle agréable pour nouvelle agréable, qui peut 
pourtant n'en être pas une pour toi, c'est l'élection de 
l'abbé Coz du collège à l'évôché de Rennes (1). Les prê- 
tres, les dévots et dévotes fulminent contre cette élection. 
La Noblesse n'en fait pas moins. Son dernier ou plutôt 
ses ouvrages sur l'organisation civile du clergé, lui ont 
attiré une multitude d'ennemis et, sans cet heureux évé- 
nement, il eut été persécuté horriblement ici toute sa vie. 
Le voilà métropolitain et toutes les oreilles tombent, les 
nez s'allongent, c'est la chose la plus drôle du monde. 
Quoi ! disent les nobles, le fils d'un menuisier devenir 
archevêque ! cela est affreux, le monde est bouleversé, on 
ne s'y reconnaît plus. Voilà pourtant le résultat des opé- 
rations de ces douze cents mandrins que nous avons 
envoyés à Paris ! Mais ce qu'il y a de plaisant, c'est l'abbé 
P. . . qui tient ces mêmes propos. Voilà-t-il pas un beau 
homme pour parler ainsi ! » 

< 11 Mars. 

« J'espère beaucoup de M. Expilly. Son arrivée ici pourra 
ramener notre clergé de ses erreurs. Il n'y a pourtant point 
de soulèvement à craindre, mais cette résistance à la loi 
agite tous les esprits.. 

(1) Né le 22 Décembre 1740 aa village de Roudou-Glaz, en Plonévez- 
Porzay, Claude Le Coz était principal du Collège de Quimper lorsque les 
électeurs d'Ille- et- Vilaine le nommèrent à l'évéché métropolitain du Nord- 
Ouest. 



(( Comme on ne sait pas le jour de Tarrivée du nouveau 
prélat, nous ne pourrons point envoyer de détachement 
de notre garde nationale au devant de lui, et je n'en suis 
point fâché, car elle ne serait composée que de gens 
capables de nous déshonorer par leur inconduite et leur 
insubordination. Ce qu'on pourrait faire, si on était certain 
du jour, ce serait d'envoyer quelques clercs qui ont des 
habits nationaux. Mais aux frais de qui ? La plupart de ce 
monde-là n'est pas fort pécunieux. Notre caisse munici- 
pale est bien sèche, je crois, et cela est même qu'elle 
contient 31 sols. Nos autres gardes nationaux pourront 
être détachés pour aller au devant de M. Expilly, pas tout 
à fait jusqu'à Comfort, car il y a là un cabaret. Je pense 
bien que M. Expilly viendra à Pont-Croix. 

(( J'ai reçu réponse de M. Le Coz à la lettre de félicita- 
tions que je lui ai écrite sur son élection ; elle l'arrache, 
dit-il à son bonheur et l'expose à bien du chagrin. Le 
pauvre petit I ne le plains-tu pas ? 

« Nos religieuses ont reçu ta lettre et paquet; elles sont 
d'un enchantement et d'une sensibilité étonnante de cette 
marque de souvenir que tu leur as donnée. Je t'assure que 
la Supérieure et sœur S^ Thérèse ne sont brin aristo- 
crates ni même bigottes ; il faut les entendre parler du 
clergé rebelle I Leur aumônier n'est pas non plus trop 
bien sur leurs cahiers. J'ai eu occasion d'aller lace matin, 
et je suis très satisfait de leurs sentiments » (1). 

« 14 Mars. 

(( L'Evêque de Quimper arriva samedi au soir pour sou- 
per, on avait préparé une table de soixante couverts. Hier, 
dimanche, il officiait assisté de plus de quarante prêtres; 

(l) Cf. Les Ursuiioes de Pool-Croix, Revue de Bretagne, 1906. 



Z'l.i 



il chanta la grand'messe, fit un prône très attendrissant et 
prêta le serment. Tout le monde fut enchanté : Il n'y a 
point d'homme comme cela I Enfin, c'est un engouement 
qu'il peut mériter, mais qui se manifeste trop fort et qui 
pourrait ne pas durer; les ennemis de la Révolution vont 
sans doute travailler à le modérer beaucoup, s'ils ne par- 
viennent à l'anéantir. 

« Nous allons en députation, un de ces jours, vers lui, 
savoir : la Municipalité, composée de moi, M. Le Goff, du 
procureur de la commune et du secrétaire (1); pour 
juges : M. de l'Ecluse, président; le commissaire du Roi 
et le greffier; du district, je ne sais pas encore. 

(( Je t'envoie ci-joint le discours que je lui ai préparé ; 
il me paraît un peu long, cependant c'est l'affaire de cinq 
minutes à le débiter. 

(c P. S. — C'est demain, mardi, que nous partons. C'est 
Guéguen, Béléguic et Cuiller qui vont pour le district. » 



a Qnimper, le 16 on 17, je ne sais trop leqael (sic). 

(( Je t'écris de Quimper où je suis depuis hier. Nous 
avons fait notre visite à un bien galant homme qui est 
bien honnête, c'est l'Evêque de Quimper. Notre députa- 
tion était nombreuse, composée de quinze, cela faisait un 
étalage à Quimper, et je crois que c'est la seule municipa- 
lité qui ait déjà été ; on en annonce plusieurs pour demain 

_ 

(1) Dans sa séance da 14 Mars, le Conseil général de la commune envoie 
nne députation pour assurer M. l'Evéque de ses vœux et de ses senti- 
ments très respectueux. La garde nationale, par l'organe de Chappuis, 
fils, ayant demandé à escorter celte députation» il fut décidé que deux 
officiers et quinze hommes, y compris sergent, caporal et tambour, par- 
tiraient, mais à leurs frais, avec les membres du corps municipal. (Archi- 
yes de la commune de Pont-Croix.) 



— 224 — 

et jours suivants. Nous avons été reçus avec toute la dis- 
tinction et avec tous les témoignages de satisfaction possi- 
bles. J'ai débité mon discours tel que je l'ai envoyé ; cha- 
cun des présidents et gens du Roi des autres corps ont fait 
le leur, mais toutes les réponses principales ont été pour 
la Municipalité ; enfin, je suis content de ma matinée. 
Tous les autres se sont allés et viennent de partir ; je reste 
jusqu'à vendredi soir ou au plus tard jusqu'à samedi de 
grand matin, parce que c'est jour de foire à Pont-Croix. 
J'aurai une conférence plus particulière avec l'Evêque : il 
mange au collège et j'irai y diner demain. » 

c Pont-Croix, 24 Mars. 

« M. Coz part incessamment pour Paris ; je viens de le 
charger dune petite boîte de sapin où j'ai mis ma montre 
pour que lu la donnes à M. Vidal à réparer ; nous n'avons 
pas un bon horloger ici, je dis à Quiraper. 

« Notre Recteur vient de partir pour voir son Evoque 
qui fut son élève. Je souhaite que ce prélat puisse à son 
tour en faire un bon sujet. Cependant je ne désespère pas 
de sa conversion, il va descendre au collège où il trouvera 
des apôtres qui pourront le remettre dans la bonne voie. 

« M. Expilly a fait savoir au séminaire qu'il serait 
enchanté de voir ces messieurs ; il a demandé quand ils 
pourraient le recevoir, lis auraient dû se transporter 
aussitôt chez lui ; ils ne l'ont pas fait. Après deux ou trois 
jours, il s'y est rendu. Il leur a dit : «Je ne viens point ici 
« pour combattre vos opinions ; je craindrais d'exposer la 
« faiblesse de mes lumières à la force des vôtres. Je viens 
(( en ami et en frère vous prier de bien réfléchir et de 
« vous déterminer le plus tôt possible parce que ne pou- 
ce vant rester longtemps ici, je désirerais faire un choix 



— â25 — 

(( de sujets dignes de vous remplacer ». Aussitôt il chan- 
gea de conversation et on se quitta bons amis. Il dit à 
l'abbé Cossoul : « Te souviens-tu que je te plaçai au sémi- 
« naire Saint-Sulpice, en tel temps ?» — « Oui, dit le 
« petit abbé. Je ne l'oublierai pas, pas plus que je n'ou- 
(( blierai que vous me chassez de celui-ci. » — « Ma foi, 
(( mon ami, ce n'est que ton opinion qui t'en chasse. 
« Changes-en et je serai enchanté de te conserver. » En le 
quittant, ces messieurs lui dirent qu'ils ne changeraient 
jamais. (( Tant pis I » dit-il, et l'on se sépara ». 

c 25 Mars. 

« Le Recteur et l'abbé Quillivic sont allés voir M. Expilly 
mardi dernier. Cette visite a eu l'efficacité sur laquelle 
je comptais : ils font aujourd'hui le serment qu'exige 
la Nation. Nous allons nous préparer pour le recevoir. 
L'exemple du Recteur en entraînera beaucoup d'autres. 
Voilà nos aristocrates atterrés et nos dévotes toutes décon- 
certées, car ils n'avaient d'espoir que dans la résistance 
du clergé. » 

« 27 Mars. 

(( 11 y a eu aux portes de Carhaix, la semaine dernière, 
un soulèvement de vingt et une paroisses touchant les 
préliminaires de l'imposition territoriale qui sont la divi- 
sion des paroisses et sections et le mesurage des terres 
de chaque section. Il y a dans la paroisse de Landeleau 
un avocat nommé Plassard qui les a convoquées pour les 
inviter à ne pas souffrir ces opérations. On a envoyé deux 
membres du Département soutenus de toutes les briga- 
des de maréchaussées, et je ne sais encore ce qu'ils ont 
fait de bon. Je sais seulement que ce sont les deux parois- 



ses de Spézet et de Langonnet qui sont les plus difficiles 
à réduire. 

« Vendredi dernier, nous reçûmes le serment de M. le 
Recteur et de l'abbé Quillivic (1). Plouhinec résista aux 
sollicitations que Duverger lui faisait au lutrin où ils 
étaient, lui promettant de le suivre immédiatement, en 
sorte que je crois que dimanche, ce dernier le fera. 

« Aucun des prêtres de Beuzec ne le veut faire non 
plus. Je ne sais pas à quoi ils pensent, car ils ne sont pas 
fortunés. Quand le Recteur voudrait leur conserver leur 
place, l'Évéque ne leur donnera jamais de pouvoirs qu'ils 
n'aient satisfait au vœu de la Nation. 

(( Nos dévotes ne vont plus à la messe qu'à celles que 
disent Duverger et Plouhinec, mais le premier leur a 
annoncé qu'il satisferait au serment incessamment et que 

« 

Plouhinec était la cause qu'il ne l'avait pas fait avec les 
autres. 

(( Aujourd'hui, les électeurs sont assemblés pour rem- 
placer les recteurs réfractaires, mais ils ne le seront pas 



(1) Le 24 Mars 1791, M. BilIoD écrivit sur les registres de la Commune : 
c Je soussigné, recteur de la paroisse de Beuzec-Cap-Sizuo, résidant à 
Poot-Croix, déclare, conformément au décret de l'Assemblée Nationale 
du 27 Novembre 1790. sanclionoô par le Roi le 26 Décembre, que je prê- 
terai demain, à l'issue de la j^raod'messe, le serment requis par le susdit 
décret. » Et le lendemain, fôte de la Vierge, la granl'messe finie, avant 
d'entonner vêpres, Louis-Laurent-Marie Billon monte en chaire et dit que 
d'après l'instruction sur la Constitution civile — l'Assemblée n'entendant 
nullement rien changer à tout ce qui touchait au spirituel de notre sainte 
religion —, il jurait et a juré de veiller avec soin sur les fidèles de la 
paroisse qui lui est confiée, d'être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi, 
et de maintenir, de tout son pouvoir, la Constitution décrétée par l'As- 
semblée et acceptée par le Roi. 

Marc Quillivic, simple prêtre de Pont-Croii et instituteur de la jeunesse 
de cette ville, est monté en chaire après le Recteur, a tenu le même dis- 
cours et juré également. 

A la sortie de l'église, le Conseil général de la commune s'est rendu en 
corps faire son compliment à MM. les prêtres sur la joie qu'il a de pou- 
voir toujours les garder et les cloches ont sonné, à grande sonnerie, en 
signe de réjouissance. 



— 227 — 

tous-; il n'y aura que ceux des chefs-lieux de canton qui 
le seront, parce qu'on doit procéder bientôt à la réduction 
et à la circonscription des autres paroisses et ce n'est pas 
la peine d'induire de nouveaux recteurs en des dépenses 
pour s'établir dans des paroisses qui bientôt seront sup- 
primées. Cela me paraît sage. » 

« 1" Avril. 

(( Ta lettre à ta sœur et ta graine de tabac lui sont par- 
venues. Après partage fait avec Pouppon, elle en a farci 
mes couches, ainsi nous aurons de quoi transplanter et 
j'ai justement une place convenable pour cela, pourvu que 
d'ici là nos bétes de filles n'aillent pas mêler ces jeunes 
plantes dans les herbes qu'on met au pot. 

« Voici le résultat de l'assemblée électorale : Ton ami 
Bourbe est recteur de Ploaré, à 3.000 ** de rente (1). On 
nomme : CoroUer, prêtre natif de Landudec, recteur de 
sa paroisse ; l'abbé Quillivic, d'Audierne, oncle de Quilli- 
vic le nôtre, recteur de Plozévet ; l'abbé Salaûn, curé de 
PlogofI, recteur de Plouhinec — on doute qu'il accepte ; 
l'abbé Riou, d'Audierne — saint homme — recteur de 
Primelin ; Le Roux, curé de Peumerit, recteur de Maha- 
lon ; Le Brusq, curé de Tréboul, recteur de Plovan. Poul- 
lan, Pouldergat et Meilars réservés à huitaine. Le Brusq 
n'accepte pas (2). 

« Le Séminaire est aussi remplacé. L'abbé Le Coz, rec- 
teur de Châteaulin, en est le Supérieur (3). Ollitrault, 



(1) L'abbé Clet Bourbe, origioaire d'Àudierae, était professeur de phy- 
sique aa collège de Quimper. 

(2) Sébastien Le Brusq, né à Poullao, resta daus le pays jusqu'à fin 
Décembre 1797. loteroé au Château de Brest, puis à Ja citadelle de Saint- 
Hartio de Ré, il fut déporté sur la Vaillante, prise par les Anglais, et 
mourut le 30 Janvier 1815. 

(3) Jean Le Coz, né à Briec en 1736, fondateur du Petit-Séminaire de 
Pont-Croix, où il mourut en 1845. 



- 228 - 

Sérandour, du Collège, et un nommé Le Gac, directeur 
des Ursulines de Quimper, sont les autres membres du 
Séminaire (1). 

(( Voilà tout plein de remplacements à faire au Collège. 
Je pense que Tabbé Guilleaume en va devenir principal ; 
cette place lui est due, mais la lui donnera- t*on (2) ? 

(( L'abbé Duvergé est venu me présenter, aux termes du 
décret, qu'il ferait son serment dimanche prochain ; il 
avait été nommé à la paroisse de Landudec, mais il Ta 
refusée. » 

< 5 Avril. 

« Le grotesque de ton image de la contre-Révolution 
nous a beaucoup amusés (3). 

(( J'admire le civisme de M. de Loménie : son renvoi du 
chapeau au Pape lui fera honneur dans tous les siècles. Je 
ne désapprouve pas son refus de sacrer l'archevêque de 
Paris, comme le fait Camille, dès qu'il pouvait l'être par 
un autre qui n'avait point les liaisons d'amitié avec M. de 
Juigné que le cardinal avait ; il eut été blâmé de s'y refu- 
ser s'il n'y avait pas eu d'autre que lui qui eût pu le faire. 



(1) Cf. Notice historique sur les Séminaires de Quimper et de Léon, 
par M. le chanoine Peyron. 

(2) L'abbé Jean GaiUaume fut, en effet, nommé principal le 11 Avril. Il 
mourut, le 24 Juillet 1796, quelques semaines avant la fermeture du Col- 
lège et sa transformation en Ecole centrale. (Cf. HUtoire du Collège de 
Quimper, par M. Fierville.) 

(3) Entre la capitale et la provioce s'échangeaient caricatures et chan- 
sons. Un ami de M. Clermont lui envoyait, en Juin 1789, le couplet sui- 
vant : 

c Si les grands se troublent encor, 

Que le diable les confonde ! 

Et puisqu'ils aiment tant l'or, 

Que dans la g... il leur en fonde I 

Voilà les sincères vœux 

Que les poissardes font pour eux I » 



- 229 - 

« Non, je n'ai point eu d'entretien particulier avec 
M. Expilly ; il n'est jamais seul ; mais nous causâmes dans 
la cheminée du Collège, l'abbé Guilleaume avec nous. La 
conversation roula sur toi et le pauvre Guilleaume n'y 
prit pas moins de plaisir que moi : il n'est pas peu fier de 
t'avoir eu pour élève ; il attend avec ardeur ton arrivée. 
M. Expilly nous promit de venir avant Pâques nous voir 
et Guilleaume de l'accompagner ; il se charge de nous 
envoyer la veille une quantité de poisson. 

(( J'avais été à Quimper, bien persuadé de faire au moins 
mille écus : j'eus de la peine à faire les 1. 500 ^^ que je vous 
ai envoyées. Les gens riches^ dont tu me parles, crient 
misère plus haut que moi : ils craignent les suites des 
décisions sur le domaine congéable ; l'ouvrage de M. Cha- 
pellier et de M. de Lanjuinais inquiète tout le monde. Ils 
disent qu'ils n'ont point d'argent, qu'ils ne sont point 
payés de leurs vassaux. Je le crois à en juger par moi- 
même. Nous avons au moins cinquante afTaires commen- 
cées et rien ne va pas plus vite que dans l'Ancien Régime. 
M. Veller, dé Carhaix, était à Quimper : il est du direc- 
toire du Département ; il me doit 300 ^^ ; il ne put me 
payer, me disant qu'il ne recevait rien de chez lui parce 
que ses vasseaux ne paient point et que le Directoire ne 
le paie pas mieux. 

« Je ne puis encore penser à renouveler mon bail avec 
Mad. de Forcalquier que vous n'ayez fini, Messieurs les 
Législateurs, votre remue-ménage. Savez-vous bien, mes 
B..., que vous êtes cruels I 

« L'abbé Duverger fit son serment civique bravement (1). 
Le Recleur parla ferme sur les fausses bulles qui se 



(1) Le dimaDche 3 Avril, le Conseil gÔDÔral de la commune assiste en 
corps à la grand 'messe, à l'issue de laquelle Pierre-Jérôme Guybard 
Duverger, directeur des Ursulioes, prèle serment après un discours ana- 
logue à la côrômotiio. (Cf. Les Ursulines de Pont-Croix.) 



— 230 — 

répandent et dît au peuple : « Croyez qu'elles sont fausses 
(c dès qu'elles ne sont pas adressées directement à l'As- 
« semblée nationale ou môme au Roi. A les supposer 
« vraies, si vous saviez, mes chers auditeurs, combien, 
(( depuis des siècles, il nous a été envoyé de choses sem- 
(( blables par la cour de Home en France, auxquelles on 
(( n'a pas eu le moindre égard I » 

« M. de Rospiec, fils, a mis au District sa démission de 
la place de président et de celle d'électeur : il a eu des 
sujets de mécontentement qui ne me sont pas parfaite- 
ment connus; ainsi me voilà électeur, et vendredi, j'aide- 
rai à faire des recteurs. 

« En échange de ta caricature, Rosalie t'envoie des 
chansons de Douarnenez qui ne sont pas mauvaises. » 



« 8 Avril. 

(c On ne sait encore que dire des élections faites de 
curés. Les choix, dans ces cantons, ont été excellemment 
faits, mais la majeure partie a refusé d'accepter; d'autres, 
après avoir accepté, se sont rétractés. L'embarras est de 
trouver des sujets : il y a de la manœuvre en diable pour 
détourner ceux qui sont bons. Un grand obstacle et une 
des grandes causes de cette vacillation est ce sentiment 
qu'il est dur de déplacer un homme qui jouit parce qu'il 
a une opinion différente des autres et de celle que l'on a 
soi-même ; opinion que soi-même on a eue et dont on ne 
s'est détaché qu'à force de représentation et par l'excel- 
lence de quelques ouvrages récents qui l'ont combattue 
et encore auxquels souvent on n'a cédé que pour se con- 
server un état qu'on ne peut remplacer par un autre et 
qui est nécessaire quand on n'a pour toute ressource que 
son titre de clérical et ses messes. Ho ! par exemple qu'un 



— 231 — 

recteur de Priraelin (1), un recteur de Mahalon (2) qui 
sont des séditieux, qui ont fait des prônes incendiaires, 
soient chassés, c'est pain bénit. Mais qu'un recteur de 
Lababan (3) et de Meilard (4), saijites gens et qui remplis- 
sent leurs fonctions avec édification, tombent sous la 
proscription, cela touche sensiblement ; ils ne sont point 
encore remplacés, mais ils le seront aujourd'hui si on 
trouve des sujets. Si on n'en trouve pas, il y a ici plu- 
sieurs paroisses à supprimer : Meilard sera divisé entre 
Pont-Croix, PouUan et Pouldergat ; Lababan réuni à 
Pouldreuzic ; Primelin divisé entre Esquibien et Cléden ; 
Landudec joint à Plonéis et à Pouldreuzic ; Lanvern, ïré- 
méoc, Tréogat seront réunis à d'autres. 

« Tu demandes quels sont les ecclésiastiques réfractai- 
res dans le District ? Ma foi I tous à l'exception de ceux 
du Cap, de trois prêtres à Pont-Croix, de Plonéis et d'un 
prêtre à Douarnenez. » 

a 11 Avril. 

« L'élection des nouveaux Recteurs a été recommencée 
vendredi. Ton ancien ami Ollivier, prêtre à Fouesnant, a 
été nommé à Pouldergat (5) ; il a accepté et nous a fait 
dire obligeamment que ce qui le flattait le plus était de 



(i) Originaire du Faouët, M. Herviant, recteur de PrimeliQ, opta pour 
la déportation. Curé de Scaôr au Concordat, il mourut en 1827. 

(3) M. Sohier, recleur de Mabaloo, avait pris copie, au Séminaire, de 
la protestation de Mgr de Saint-Luc et s'était chargé de la faire signer 
dans le pays. 

{3) M. Riou, recteur de Lababan, guillotiné le 16 Mars 1794. (Cf. Docu- 
ments pour servir à VHisioire de la Persécution religieuse, par M. le 
chanoine Peyron.) 

(4) M. Penanec'h, recteur de Meilard, fut arrêté le 15 Février 1793, par 
les douaniers du poste de Tréfentec, eu Plonévez-Porzay. (Cf. Documents, 
II, 256.) 

(5) Be;;ardé par tous comme un intrus, abandonné par son vicaire, le 
simir OiliviiT dut se démettre de sa cure, le 20 Janvier 1*792, et fut 
Domniô vicaire -directeur du Séminaire de Quimper. (Cf. Documents, 
I, 327.) 



— 232 — 

se rapprocher de nous ; on en dit beaucoup de bien. A 
cela près, on ne compte pas beaucoup sur la dernière 
élection, et on s'attend à en faire une troisième, après 
Pâques. Mais cela ne finira point si on ne prend pas le 
parti de faire vider le plancher aux recteurs déplacés, 
avant de leur nommer des successeurs. Nommez-moi à 
une place vacante, à la bonne heure ! mais pour que je 
me charge de déplacer un homme de chez lui, qui vaut 
peut-être mieux que moi et qui ne pèche que par trop de 
délicatesse de conscience, c'est à quoi tout homme délicat 
se résoudra difficilement. 

« Saouzanet, du Collège, est nommé à Mahalon, il n'ac- 
ceptera sûrement pas ; la sous-principalité lui pend à 
l'oreille et cette place convient mieux à sa paresse et à 
son indolence. L'abbé Duverger, nommé à PouUan, a 
remercié ; eiji effet, il a une jambe de loup, et, pris ainsi 
par la patte, une place de campagne ne lui convient pas. 
Le Recteur de Goulien, nommé à Peumerit, a remercié : 
sa paroisse est dans le cas de la suppression. « Mon église, 
« dit-il, deviendra chapelle, je ne demande qu'à en être 
(( le chapelain, c'est tout ce qu'il me faut. » L'abbé Plou- 
hinec assura hier encore ta maman qu'il ne ferait pas le 
serment, et il s'attend à n'être plus curé dès que ses pou- 
voirs seront expirés. 

(( Je suis bien aise que la Patrie rende la justice à 

M. de Mirabeau que je lui ai toujours rendue (1). Je l'ai 

toujours regardé comme un excellent patriote. » 

(A suivre.) 

(1) M"* de ClermoDt écrit en P. S, : « Je regrette M. de Mirabeau comme 
bon patriote ; ici, on dit qu'il ne Tétait pas trop ; pour moi, je Tai tou- 
jours cru bon, je prie Dieu pour lui, il ne mérite pas d*étre oublié ». 
De son côlé, le District arrête de prendre le deuil pour huit jours à Toc- 
casion du décos d'Honoré Riquetti Mirabeau et de faire célébrer solennel- 
lement un service de huitaine pour le repos de l'âme de cet ami de 
l'humanité. 



- 233 — 



NOTIC 





SUR LES 



PAROISSES DU DIOCÈSE DE QUHHPER ET DE LÉON 

Par MM. PEYRON et ABORAUL. 

(Suite.) 



DIRINON 

( Fin.) 



Mission du Père Maunoir a Dirinon, en 1644 

Lorsque les missionnaires, sous la conduite du Père 
Maunoir, quittèrent Plougastel-Daoulas, en 1644, pour prê- 
cher à Dirinon, ils trouvèrent une certaine opposition de 
la part des ecclésiastiques des paroisses voisines et même 
de la part du recteur de Dirinon, M. Gayement qui, plu- 
sieurs années plus tard, avoua ses préventions au Père 
Maunoir et lui dit comment elles cessèrent lorsqu'il vit 
un ange assistant à la messe, le Père, directeur de la mis- 
sion (1). 

Le Père Maunoir raconte également qu'à cette mission 
un laboureur ayant résolu de s'abstenir de boire et de 
manger jusqu'à ce qu'il se fût déchargé de ses péchés en 
confession, eut la constance d'attendre trois jours et trois 

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(1) Père Maunoir: Relation manuscrite des dix premières aoDées de 
ses missions. 

Bulletin db la Commission diooSsainb — 7* année. 16 



- 234 - 

Duiis, que son tour vînt de se confesser, tant était grand 
le nombre des pénitents. 

Il serait difficile de raconter, dit le Père, combien de 
conversions furent dues à l'intervention merveilleuse de 
la Sainte Vierge, de saint Michel et de saint Corentin. 

En voici un exemple : il y avait à celte mission un 
jeune homme très dévot à la Sainte Vierge, qui avait ce- 
pendant contracté de mauvaises habitudes, dont il ne se 
pressait pas de se corriger ; une nuit, pendant son som- 
meil, il se voyait en pèlerinage vers un sanctuaire voisin 
de la Sainte Vierge, lorsque, sur son chemin, il remar- 
qua une croix élevée au pied de laquelle reposait un ange 
tenant de la main droite une hostie et de la gauche un 
calice. Le jeune homme le voyant resplendissant de lu- 
mière, s'écria : (( Ange de Dieu, comme tu es beau, qui 
t*a envoyé ici ?» — « C'est la Sainte Vierge, répondit 
l'ange. » — « Conduis-moi avec toi. » — « Je ne le puis. » 
— « Je t'en conjure. » — « Non, cela est impossible. » — 
« Pourquoi donc ?» — « Si je te conduisais avec moi, 
Dieu te chasserait. » — « Pourquoi cela ?» — « Parceque, 
depuis l'âge de sept ans, tu as une mauvaise habitude, 
dont tu ne t'es pas débarrassé. Voilà la mission qui s'a- 
chève, les Pères vont partir, hâte-toi de te confesser, ne 
retombe plus dans ton péché, et sois sûr alors qu'un jour 
je te conduirai dans la céleste patrie. » 

Pendant cette mission de Dirinon, au mois de Juin 
1644, à côté de l'action divine sur les âmes, s'exerça l'in- 
fluence diabolique pour les empêcher de profiter des 
avantages de la mission, dit le Père Maunoir. Le démon 
apparut à un jeune pâtre sous la forme d'un chien, vomis- 
sant des flammes, et lui défendit, sous peine de mort, 
d'aller à la mission, ni à la procession, lui enjoignant de 
se débarrasser de son rosaire ; et en môme temps, il se 
déclara son maître, venant l'instruire dans les champs 



— 235 - 

deux fois par jour, lui enseignant comment il devait re- 
noncer à la foi du Christ, et quel était le culte qu'on 
devait rendre au démon. Ce malheureux jeune homme 
n'écouta que trop un tel maître et renonça à ses prières 
habituelles et à l'audition des catéchismes et des prédica- 
tions. Pour le récompenser, ce maître d'iniquité lui pro- 
met toutes sortes de plaisirs, et le pouvoir d'opérer des 
choses merveilleuses, spécialement d'oilenser ou même 
de tuer les hommes ou les bétes pour se venger d'injures 
reçues ; c'est ainsi que ce jeune homme fut poussé à tuer 
sa mère et le Père directeur de la mission. 

Ce malheureux vécut dans ce triste état d'âme depuis la 
Saint-Jean, 24 Juin, jusqu'au 7 Octobre, qu'il plut à Dieu 
d'avoir pitié de ce pauvre égaré. Comme il dormait, il lui 
sembla voir une colombe qui lui dit par trois fois : « Ré- 
veille-toi, cours à Irvillac et confesse tes péchés au direc- 
teur de la mission et, si tu m'obéis, tu me reverras )). Le 
jeune homme, réveillé, se sent tout changé et vient se 
confesser au Père Maunoir. 

De retour chez lui, il revoit, bien éveillé, la colombe 
qui lui était apparue pendant son sommeil, portant dans 
son bec une croix rouge, et l'exhortant à réciter chaque 
jour cinq Pater en l'honneur des cinq plaies du Sauveur, 
trois Pater en l'honneur de saint Corentin et un Pater 
pour l'ange gardien. Elle lui dit encore que le Père Mau- 
noir lui donnerait une image de saint Corentin qu'il de- 
vrait tenir près de son lit pour être à jamais préservé des 
attaques de ce maudit chien qui l'avait fait tomber dans 
le péché. 

* 
• « 

Les registres paroissiaux mentionnent, en l'année 1675, 
une réconciliation solennelle du cimetière, pollué par 



- 236 - 

suite d'une rixe sur laquelle il n est pas donné de détails ; 
mais la date où elle eut lieu ne permet guère de la ratta- 
cher aux troubles de la révolte du papier timbré. Voici la 
teneur de cette pièce : 

(( Le soussignant, prieur Recteur de Loperhet (prieuré 
dépendant de Daoulas), certifie que ce jour, 4^^ de Mars 
1675, je me suis transporté de ma paroisse de Loperhet, 
me le requérant Missire François André, prêtre curé de 
la paroisse de Dirinon, où estant, le dit sieur curé m'au- 
rait mis entre mains une requête par lui présentée à 
Monseigneur IL et RR. Évêque de Quimper et comte de 
Cornouaille, tendant à ce qu'il plût à Sa Grandeur décer- 
ner commission à luy ou à quelqu'autre prêtre pour récon- 
cilier le cimetière du dit Dirinon, devenu pollué par l'ef- 
fusion violente de sang répandu par quelques mauvais 
garnements et gents de néant expédiée le 21 Mars 1675 (1), 
conclusion du vénérable promoteur de Cornouaille et 
ordonnance d'informer avec le commissaire, décernée à 
moi soussignant de rebénir et réconcilier le dit cimetière 
et de publier le monitoire pour l'information ; auxquelles 
ordonnances portant estât et y obéissant, je me suis habillé 
dans la dite sacristie pour procéder k la réconciliation du 
dit cimetière après avoir représenté vivement l'impor- 
tance de ces sortes d'excès et l'énorinité de ces sacrilèges, 
par notre bouche et celle de vénérable et discret Missire 
Jean Even, prêtre bachelier en théologie, prédicateur de 
la dite paroisse (2), ay rebéni le dit cimetière selon les 
rubriques et cérémonies portées par les statuts et rituels 
en présence de Jean Bodénez, fabrique de ladite paroisse, 
(luillaume Maguères, du sieur curé et prêtre de la dite 
paroisse, de Missire Jan Even et i)lusieurs autres, qui 



(1) Ce doit être une erreur de transcriplioD pour 21 Février. 

(2) Celait, sans doute, le prédicateur de ia station du Carême. 



— 237 — 

signent : Calvez, recteur de Loperhet ; François André, 
curé; Golvin Morvan, prêtre; Nicolas Cochât, prêtre; 
Jean Le Roux, prêtre ; et Vincent Coatagas. « 

Curés, Vicaires et Recteurs de Dirinon 
AVANT le Concordat 

L'église de Dirinon, donnée comme prébende de Tab- 
baye de Daoulas par Tévêque de Quimper, Geoffroy, 1170- 
1185, fut possédée jusqu'à la fin du xv« siècle par un 
prieur chanoine régulier de Daoulas; mais en vertu d'une 
bulle du Pape Alexandre VI, ce prieuré fut uni à la mense 
conventuelle de Daoulas, le 7 Juin 1498, par l'official de 
Cornouaille, exécutant la bulle du Pape (Archives dépar- 
tementales, Daoulas). Depuis, la paroisse fut gouvernée 
par un prêtre séculier qui prit successivement le titre de 
curé, de vicaire perpétuel, puis de recteur. 

1599-1620. Pierre Heleouet, curé. 

1621-1639. Claude Morvan. 

1639-1642. Briz. Sur le registre paroissial, il écrit au mi- 
lieu d'une page : 

(( Le premier jour d'Avril 1639, j'ai entreprins la 
cure des âmes de Dirinon, receu à ceste fonction par 
la commission de Messieurs les chanoines de Daoulas. 
— Briz, curé. 

(( Deu8 optimus, Maximus, benigniori vultu vota mea 
intueatur, hoc unum quero, preterea nihil, » 

1642-1671. Hierosme Gayement, curé témoin des missions 
du V. P. Maunoir en 1644 et 1666. 

1672-1675. François André, curé. 

1687-1717. Guillaume Yvçn, vicaire perpétuel. 

1717-1751. Alain Bochcongar, vicaire perpétuel. Il mou- 
rut au presbytère le 5 Mars 1751 ; assistaient à son 



— 238 — 

enterrement, qui eut lieu le 6 : N. G. Marion, recteur 
de Plougastel, qui présidait les obsèques ; L. Gobîn, 
curé de Saint-Urbain ; H. Grall, recteur de Daoulas ; 
Alain Le Moing, curé de Saint-Thomas ; Jean Grignon, 
curé de Plougastel ; Malo Le Par, prêtre de Saint- 
Thomas ; N. de Guennou, prieur, recteur deLoperhiet ; 
J. Kervella, prélre ; Mathias Diverrès, prêtre. 
1751-1760. J. Hyroe, recteur. 
1760-1772. G. Brénéol, recteur. 

1773-1792. Ange -Christophe Le Gac de Quistillic. Origi- 
naire de Plounéventer, refusa le serment, ainsi que 
son vicaire, M. Cudennec; en Mai 1792, il se retira à 
Plounéventer, retourna à Dirinon en Novembre 1794 
jusqu'au mois de Ventôse an IV (Février 1795) ; il fut 
soigné comme paralytique à Thôoital de Landerneau, 
et revint à Dirinon pour y mourir le 23 Septembre 1795 
(L. 382). 
Yves Le Roux, vicaire de Dirinon, signe les actes pa- 
roissiaux en 1792, en 1793 ; il s'intitule vicaire et officier 
civil. 

Noms de quelques Prêtres et Sous -Curés 

avant la révolution 
presque tous originaires de la paroisse 

1579. Claude Salaun. 

1621. G. Golyas. 

Jean Cochât. 

Deredec. 

Nicolas Quentric. 

1642. Hervé L'André. 
G. Goazgoal. 

1643. H. Paige. 
Jan Kerneiz. 



239 — 





Jan Ronyant. 


1644. 


Noël Emdivat. 


1657. 


Jean Le Vergoz. 




Yves Le Pezres. 


1666. 


François André. 




Vincent Coatagas. 


1671. 


Golvin Morvan. 


1675. 


Jean Le Roux. 


1687. 


Yves Maillons. 




Noël Caret. 




Nicolas Cochât. 




Golvin Morvan. 


1691. 


Alain Morvan. 


1704. 


François Diverres. 


1705. 


Alain Ély. 


1751. 


J. Kervella. 


1759. 


Ch. Muzellec. 


1763. 


François Magueres. 


1790. 


Olivier Cudennec. 



Recteurs depuis le Concordat 

1805-1809. Charles-Marie Cudennec, néà Poullan, le 23 Jan- 
vier 1760, ancien vicaireen 1791, mourut recteur de 
Dirinon le 15 Juin 1809. 

1814-1858. Nicolas Penn, de Plouënan. 

1858-1862. Charles-Dominique Gras, de Roscofï. 

1862-186^ Guillaume Guéguen, dé Plouguerneau. 

1865-1874. Vincent Le Traon, de Cléder. 

1874-1894. Paul Bernard, de Bodilis. 

1894-1906. Jean-Marie Hameury, de Ploujean. 

1906. Pierre-François Floch, de Plouënan. 



— 240 - 

Vicaires 

1804. Guillaume Huguen. 

1820. Mathias Allauçon. 

1829. Jérôme Guiader. 

1834. Julien-Marie Sancéo. 

1848. Hervé Corre. 

1851. Jean-Marie Rolland. 

1858. Jean-Marie Rouvel. 

1862. Gustave Tournois. 

1863. René Perrot. 
1874. Guillaume Bodilis. 
1888. Nicolas Donval. 
1891. Jean-François Corre. 
1905. Ursin-Marie Kerouanton. 

* 
* * 

La lettre suivante de M. de Troërin, grand vicaire rési- 
dant à Landerneau, est extraite des Archives de TEvéché. 

« Landerneau, le 21 Mars 1805. 

■s 

(( Je vis hier M. de Marigny. Il est bien édifiant et zélé 
surtout pour sa paroisse de Dirinon, où est située sa terre. 
Il voudrait obtenir pour cette église quelques reliques 
pendant que le Saint-Père est encore à Paris. Ils en avaient 
autrefois, avant la Révolution, pour lesquelles le peuple 
de cette paroisse et circonvoisines avaient une grande 
vénération. Elles existent encore ; mais dans le boulver- 
sement de ces tems malheureux, elles ont souffert au point 
que l'authentique est un peu vicié, selon que m'en a écrit 
M. Cudennec, recteur. C'est un excellent prêtre, dont la 
conscience est et peut-être même excessivement timorée. 
Enfin, il a cru, dans le doute, ne pouvoir les exposer à la 



— 241 — 

vénération des fidèles. Je suis fâché de ne les avoir pas 
examinées moi-même, lorsque j'ai été chez M. de Mari- 
gny. Les grands vicaires, consultés, ont été d'avis de ren- 
voyer, au retour de Monseigneur, le jugement de cette 
affaire ; cependant, si on avait été dans le cas de les expo- 
ser, c'eût été d'un grand profit pour l'église, qui est très 
jolie. (Si Sa Sainteté accordait quelques reliques), on en 
publierait l'exposition tant dans l'église de Dirinon que 
dans les circonvoisines, et, le jour assigné, on verrait 
encore le môme concours de monde, et les offrandes aussi 
abondantes qu'auparavant, et peut-être plus. » 

Monuments anciens 

Dolmen au village de Linglaz. 

Tumulus de 14 mètres de diamètre sur 1 m. 50 de haut, 
dans la montagne dite Goré-Ménez, à 50 mètres de la 
route de Dirinon à Landerneau. 

Tumulus de 25 mètres de diamètre sur 1 m. 40 de haut, 
dans une parcelle nommée Quistillic, sur les terres dépen- 
dant de Trébéolin. 

Camp de forme irrégulière, à 500 mètres de Lesquivit, 
dans une parcelle dite Goarem-ar-Castel. 

Autre petit camp à Brenat, dit Castellic, à 2 kilomètres 
N.-O. du bourg. 

Autre camp retranché, dans un taillis au Sud du village 
de Kernoter. 

Motte, à l'angle N.-O. du bois du Rouai. 

Lec'h carré entaillé, de 2 m. 50 de haut, à 50 mètres au 
Nord de la maison d'école. (M. du Chatellier.) 



— 242 — 

Familles nobles 

Boisguehenneuc, S' de Kervern : d'argent à Vaigle im- 
périale de sable becquée et membrée de gueules ; devise : 
Carantez ha guirionez, Amour et vérité. 

Buzic, S^ de Kerdaoulas : écartélé aux î et 4 d'or au 
léopard de gueules, qui est Névet, aux 2 et B de gueules à 
six annelets d'argent 3. 2. /, qui est Buzic ; devise : Corn- 
zit mad, Parlez bien. 

Coetuempren, S»" du Rouazle : d'argent à trois tours cré- 
nelées de gueules ; devise : Et abundantia in turribus. 

Courtois, S^ du Beuzidou : d'argent à trois hures de san- 
glier de sable, alias : d'argent au chevron de gueules accom- 
pagné de trois hures de sanglier de sable. 

Forestier, S^* de Quilien et de Penhep : de sable à la 
bande fuselée d'argent 

Gillart, S' de Kersulec : d'azur au sphinx ailé et couché 
d'or, au chef d'argent chargé de trois mouchetures de sable. 

Huoû, S' de Kerliezec : d'or au chevron de gueules ac- 
compagné en pointe d'un corbeau de sable. 

Keraldanet, S>^ du Rouazle : de gueules au chef enden- 
ché d'or de cinq pièces. 

Keraudy, S' de Kerhervé : d'argent (alias d'or) à deux 
fasces de sable. 

Kerguern ou Kervern, S' du dit lieu : d'argent à l'aulne 
de sinople. 

Lanviliau, S^ de Kervern : de sable au sautoir d'argent 
accompagné de quatre fleurs de lys de même. 

Le Lec'h, S^ de Guernbihan : d'or à trois trèfles de même. 

Louet, S>^ de Lesquivit : d'or à trois têtes de loup de sdble 
arrachées de gueules; moderne : fascé de vair et de gueules. 

Névet : d'or au léopard momé de gueules; devise : Perag, 
Pourquoi ? 



— 243 — 

Pappe, S' de Lezuzan : d'argent à la rose de gueitdeê htm- 
Umnéê d'or ; devise : Point généf point gênant 

Quiniou, Si^ du Rest : d'argent à trois faecee ondées 
d'asur. 

Rosnyvinen, S' de Trébéolin : d'or à la hure de san- 
glier de sable arrachée de gueules et défendue d'argent ; 
devise : Défends-toi, ou Non ferit nisi lœsus. 

Rouazle, S' du dit lieu : d'or à trois molettes de sable ; 
devise : Selpetra ri, Prends garde à ce que tu feras. 

Silguy, S^ de Kerbringal : d'argent à dettx lévriers de 
sable accolés d'argent passant l'un sur l'autre ; devise : 
Passe hardiment, 

Simon, S' de Kerbringal : de sable au lion d'argent armé 
et lampassé de gueules ; devise : C'est mon plaisir, 

Toutenoutre, S' de Penanrun : d'argent à trois hures de 
saumon coupées d*azur ; devise : Tout en outre et Tout 
passe. 

Tréanna, S' de Kervern : d'argent à la macle d'azur. 

Le Vayer, S' du Beuzidou : d'argent à deux haches d'ar- 
mes de gueules adossées en pal. 



- 244 



DOUARNENEZ 



Le nom de cette localité apparaît pour la première fois 
dans les actes en 1541 (1) et le V. Père Maunoir, un siècle 
plus tard, nous en donne l'étymologie en traduisant 
Douarnenez en latin, par terra insulœ, terre de l'île. 
Douar an enez, étymologie fort naturelle, car le terrain 
compris par cette désignation dépendait du prieuré fondé 
dans rile voisine appelée autrefois île de Saint-Tutuarn, 
et depuis 1368, île Tristan, insula Tristani. Cependant, 
comme l'île Tristan s'appelait primitivement île deSaint- 
Tutuarn, il nous paraît assez vraisemblable que le nom 
de Douarnenez tirerait son origine du nom du saint Evo- 
que fondateur du prieuré, Tutuarn enez, Toutouarnenez, 
île Tutuarn. Quoi qu'il en soit, c'est à cette terre de Vîle 
que nous allons consacrer celte notice, sans omettre de 
mentionner ses rapports avec Ploaré ou Ploelre, la 
mère église. 

Douarnenez a été certainement un poste important de 
l'occupation romaine,* M. Le Men (Bull. 1874, p. 66) n'est 
pas éloigné d'y voir le Vindana portus de Ptolémée, que 
M. de la Borderie place à Audierne. Dans le mot Vindana, 
dit M. Le Men, on pourrait voir l'altération du mot bre- 
ton Ouic dana, ville ou bourg brûlé, et il fait remarquer 
que le lieu où a été construite la nouvelle église, portait 
le nom de Kerlosquet, qui aurait la même signification en 
breton; pour légitimer cette interprétation, on peut dire 

(1) Voir, sur le prieuré de Saiot-Tutaaro ou de Tile Tristan, le savant 
et fort intéressant travail de M. Bourde de la Rogerie, archiviste du dépar- 
tement {Bull. Soc, Arch.f t XXXII), auquel nous faisons de larges emprunta 
dans cette notice. 



— 243 — 

que le lieu de Kerlosquet est cité en l'aveu de 1548, avant 
les ravages de La Fonlenelle. Ce qui est indiscutable, c'est 
que les Romains, lorsqu'ils s'établirent à Douarnenez, y 
trouvèrent des traces de l'occupation gauloise. « L'île 
Tristan, dit M. Le Men, qui devient une presqu'île à 
marée basse, comme les oppida gaulois que décrit César 
en parlant de la guerre des Vénètes, a été elle-même un 
oppidum. M. Le Guillou-Pénanros, propriétaire de l'île, y 
a découvert, en faisant des défrichements, les substruc- 
tions d'un très grand nombre de petites habitations dis- 
posées comme les cases d'un échiquier. C'est exactement 
l'aspect que présentent les habitations gauloises dans les 
oppida que j'ai explorés. On y a découvert des monnaies 
gauloises et un grand nombre de monnaies romaines. » 

D'un autre côté, les ruines romaines abondent dans la 
ville de Douarnenez et aux environs. Voici celles que 
signale M. du Chatellier dans la nouvelle édition de son 
important travail sur les monuments anciens du Finistère. 

(( Tuiles et débris romains, sous une grande partie de 
la ville, surtout à l'Ouest. 

« Substructions romaines au passage vis-à-vis Tréboul. 

(( A la pointe du Guet, il a été trouvé, outre des substruc- 
tions, des urnes, un cippe en pierre calcaire avec repré- 
sentation d'un homme armé d'une hache, une statuette en 
béton de Déesse-Mère, de 45 centimètres de haut, portant 
un torques au cou (Musée de Kernuz), une mosaïque et 
de nombreuses monnaies romaines. Non loin de là, en 
creusant des fondations, rue Fontenelle conduisant au 
Guet, on découvrit le 15 Février 1884, à 2 mètres de pro- 
fondeur, un cercueil en plomb très épais, long de 1 m. 90, 
renfermant un squelette encore recouvert de lambeaux 
d'étoffe tissée d'or, un vase en verre, un vase en terre 
rouge, de longues épingles en jais, remarquables par le 
dessin et la délicatesse du travail et un morceau de fer. 



— 246 — 

(( Au mois d'Avril 1880, en creusant les fouilles de la 
maison de M. Chancerelle, les ouvriers ont mis à jour 
une série de petites chambres faites en forts murs de 
maçonnerie et revêtus d'un ciment rouge très dur. 

« En Février 1889, en creusant pour la construction 
d'une maison, au coin Nord de la rue de Poullan à Port- 
Rhu, des ouvriers ont rencontré les restes de constructions 
romaines de six appartements au milieu desquels ils ont 
recueilli une statue de 60 centimètres de haut, en pierre 
calcaire. La tête est entourée d'une sorte de couronne de 
lauriers. Le bras droit manque, il tenait une massue dont 
la pointe reposait à terre, le bras gauche posait sur une 
rocaille et était recouvert d'une peau de lion dans sa par- 
tie antérieure, la main droite manque ; fort mutilée, cette 
statuette d'Hercule, d'un très mauvais style, est aujour- 
d'hui au Musée de Quimper. Les substructions, dont les 
murs étaient enduits d'un beau ciment, se composaient de 
deux groupes parallèles entre eux et à la rivière, de trois 
pièces de 3 mètres carrés chacune avec une aire de béton. 
— Restes de poterie nombreux et de débris de repas 
autour des constructions qui se prolongent sous les ter- 
rains voisins. 

(( Vers 1898, d'autres substructions ont été trouvées en 
creusant les fondations d'une maison, près de la chapelle 
Sainte-Hélène. 

« A l'île Tristan, était un oppidum renfermant un grand 
nombre d'habitations ; en y construisant des établisse- 
ments de pèche, M. Pénanros découvrit un poignard, des 
fragments d'épées, trois haches à ailerons brisées, deux 
racloirs, une statuette et un bas-relief en bronze, une 
petite cuiller en argent, deux monnaies gauloises en bil- 
lon et des monnaies de la colonie de Nîmes et des empe- 
reurs Vespasien, Gordien, Maximin et Constantin. 

(( A Plomarc'h, à 1 kilomètre à l'Est de la ville, muraii- 



— 247 ~ 

les romaines de 2 m. 50 de haut sur 25 mètres de long 
avec niches à plein cintre. En 1883, on recueillit contre 
ce mur un squelette avec des débris de poteries et de cui- 
sine et quelques monnaies (Musée de Kernuz). Quatre 
autres squelettes ont été trouvés en 1905. 

(( Dans la prairie que domine cette muraille, la sonde 
trouve, à 40 centimètres sous le gazon, un épais pavé en 
ciment, et à peu de distance, au milieu des ronces, on 
voit quantité de restes de maçonnerie. 

« En 1863, un établissement de bains romains fut décou- 
vert sur la grève du Riz ; les substructions mises au jour 
se composent d'un premier groupe formé de trois cham- 
bres adjacentes, mesurant l'une 3 m. 60 sur 3 m. 15 ; la se- 
conde, 4 m. 30 sur 3 m. 60 et la troisième, 2 m. sur 3 m. 60. 

« A 20 mètres de ce premier groupe, de nouvelles fouil- 
les mirent au jour une grande pièce allongée mesurant 
17 m. 50 sur 3 m. 75, vers les extrémités de laquelle on 
remarquait des amorces de mur en retour d'équerre. 

« En 1895, M. Quiniou, fermier et maître d'hôtel au 
Grand -Riz, voulant agrandir son établissement, mit à 
découvert les substructions ou caves d'une habitation 
gallo-romaine, analogues à celles dont on a trouvé des 
vestiges tout autour de la baie de Douarnenez. (Pour plus 
de détails, voir p. 183 du Compte rendu du Congrès de 
l'Association bretonne à Quimper en 1895, tome XIV, l'arti- 
cle de M. le chanoine Abgrall, « A propos des découvertes 
récentes du Grand-Riz.) » 

« Camp avec substructions romaines, à 1 kilomètre 
plus loin sur la falaise. 

« Restes de constructions à Kériellou sur la falaise. » 



* 
* » 



La légende place dans ce qui forme aujourd'hui la baie 



— 248 — 

de Douarnenez, la fameuse ville d'Ys ou Keris, séparée de 
la mer par une sorte de chaussée ou de digue dont les 
écluses auraient été ouvertes par Dahut, la fille du roi 
Gradlon, après une nuit d'orgie. Le roi n'eut que le temps 
de monter à cheval, prenant sa fille en croupe, et de courir 
vers les collines voisines ; mais le flot suivait les pas du 
cheval, et une voix s'élevait de plus en plus pressante du 
sein de la mer, criant : « Jette le diable dans la mer » I 
Le roi comprit enfin le sens de cette injonction, il repoussa 
sa fille dans la mer, qui s'arrêta aussitôt, à l'endroit qui 
engloutit Dahut, et qui depuis s'appelle Pouldahut ou 
Pouldavid. Ce qui reste de cette légende, c'est qu'il sem- 
ble hors de doute qu'un cataclysme a dû, vers le v® ou vi® 
siècle, modifier la configuration de la côte, par suite d'un 
envahissement des eaux, et il n'est pas rare d'y rencontrer 
des troncs d'arbres assez loin du rivage, aux grandes 
marées. 

Ce qui est plus certain, c'est qu'un saint évéque, nommé 
Tutuarn, vint s'établir dans l'îlot qui a porté son nom 
d'île Tutuarn, puis d'île Tristan ; mais on ne sait rien de 
certain sur l'époque de cet établissement, et Ton connaît 
encore moins les détails de la vie de ce saint personnage ; 
ce qui est hors de doute, c'est qu'une église avec terres en 
dépendantes formait un bénéfice sous le patronage de 
Saint-Tutuarn, lors de la donation qu'en fit l'Evéque de 
Quimper au monastère de Marmoutier, en 1118. 

L'Evoque de Quimper qui fit cette donation fut, disent 
Albert le Grand et dom Morice, Robert, qui aurait été 
ermite à Locronan ; mais M. de la Rogerie fait observer 
que le Cartulaire manuscrit de Quimper, qui est conservé 
à la Bibliothèque nationale, marque que ce Robert fut 
ermite a apud Locuuan )) ou Locuvan et non Locrenan, 

(A suivre,) 



— 249 — 



CARTULAIRE 

DE L'ÉGLISE DE QUIMPER 

(Suite.) 



415 

' ADMONESTATION CAPITULAIRE A UN CHANOINE (O 

- 7 Août 1394. - 



Anno Domini M^ CGC® nonagesimo quarto, die veneris 
post festum Beati Pétri ad vincula hora prime etc. indicione 
secunda, Pontificatus Clementis pape Vir anno XVI*' nos 
Capitulum Corisopitense Capitulum pro negocio infras- 
cripto facientes, inhibuimus et tenore présente inhibemus 
Johanni de Treanna canonico Corisopitensi ne de cetero 
injuriam in personam alicujus persone verbo neque facto 
inférât et hoc sub pena privacionis chori et substractionis 
fructuum et emolumentorum prébende sue. 

Acta ut supra, presentibus magistris Guillermo Marhec, 

J. de Tegula, Daniele de Insula, 0. Hospitis, Guidone de 

Tegula, Natali Stellan et aliis. 

J. Bloez. 



(1) Cart. 31, f 60. 



BOJLLBTIN DE LA COMIIISSION DIOCiSAINB. — 7* aODée. 17 



— 250 — 
416. 



RÉCEPTION D'ALAIN PENQUELENNEC (') 

— 12 Septembre 1884. — 



Annp DomiDi M^ CCC^ nonagesimo quarto die duode- 
cima mensis Septembris fuit Magister Alanus Penquel- 
lennec, virtute collacionis ordinarie, receptus in cano- 
nicum et in fratrem in Capitulo Corisopitensi, fuitque 
locus sibi assignatus in eodem et idem Magister Alanus 
juravit statuta potissime contentum in hoc libro ; et fuit 
mandatum domino J. Turnerii ibidem presenti ipsum 
Magistrum Alanum inter alios canonicos impaginare ad 
distribuciones cetidianas presentibus in dicto Capitulo 
Magistris. J. de Tegula, 0. Hospitis, J. Corric, J. Muntone, 
G. de Tegula, J. dé Tréanna, indicione secunda domini 
démentis pape VII^ anno deeimo sexto. 

J. DE MiSPERIT. 



417. 

SERMENT DE GUILLAUME TRÉ6AREC <') 

- 2 Juillet 1886. - 



Anno M^' CCC^ nonagesimo quinto, die secunda mensis 
Julii, dominus Guillermus Tregarec presbyter juravit 
statuta et consuetudines ecclesie etCapituli Corisopitensis 
exhibereque reverenciam canonicis dicte ecclesie et aliis 
ministris (qui) presunt ecclesie. 

G. Treouret prefectus presbyter. Ita est. 



(1) Cari. 31, f* 27. 
(3) Cart. 31, ^ 63. 



— 251 — 
418. 



PRESTATION DE SERMENT (<) 

~ 18 Septembre 1396. -- 



Ânno Domini M? CCC^ nonagesimo quinto, die xviii* 
mensis Septembris, hora prime, indicione tercia, Pontifi- 
catus domini Benedicti pape tercii decimi anno primo, 
presentibus ad hoc magistris J. de Tegula, 0. Hospitis, 
G. de Tegula, J. Corric canonicis Corisopitensibus, J. Mu- 
tonis, N. Estelian curatis predicte ecclesie, dominus 
Stephanus Rousselli et Judicellus Felestreuc presbyter 
dixeruDt io Capilulo quod juraverunt statuta ecclesie 
Corisopitensis et dicta dicti presentibus supra dictis, dicti 
Judicellus et Stephanus juraverunt et cetera, presentibus 
supra dictis. G. Serrelagat. 



ALAIN JESTIN PRÊTE SERMENT (') 

- 6 Avril 1386. - 



Ego Alanus Jestin presbyter juravi statuta ecclesie Cori- 
sopitensis bene fideliter tenere et contra ea non venire in 
futurum, die sexta Aprilis anno Domini M<' CCC<> nonage- 
simo sexto. Â. Jestin. Ita est. 



420 

GUILLAUME SOUTIER PRÊTE SERMENT <') 

- 6 Mal 1396. - 



Anno Domini M<»CCCononagesimosexto,hora terciarum, 
die sexta mensis Maii, indicione quarta,PontificatusBene- 

(1) Cart. 31, f 66. 

(2) Cart. 31, f^ 63. 

(3) U)id, 



- 2S2 - 

dicti pape decimi tercii anno secundo, presentibus vene- 
rabilibus viris et discretis Magistris Johanne Corric, G. de 
Tegula, Johanne de Treanna canonicis ecclesie Corisopi- 
tensis, Guidone Serelagat clericis, Yvone Robert! et aliis, 
discretus vir Guillermus Soutier et juravit statuta ecclesie 
et Capituli Corisopitensis. 
Acta in Capitule, etc. J. Bloez. 



AMENDE POUR CAPUCE PORTÉ SUR LA TÊTE 
PENDANT LA PROCESSION <<> 

- 13 Mal 1896. - 



Anno Domini Mo CCC^ nonagesimo sexto, die décima 
tercia mensis Mail circa horam terciarum, indictione 
quarta,Pontificatus sanctissimi in Christo patris ac domi- 
ni domini Benedicti divina providencia pappe tercii deci- 
mi anno secundo, presentibus ad hoc Magistris de Hospi- 
tis, A. Penquelennec, J. Corric, J. de Treanna, G. de 
Tegula canonicis Corisopitensibus, J. Mutonis, H. Merca- 
torii et aliis in Capitule Corisopitensi constitutis, dominus 
Johannes Penguen presbyter curatus in ecclesia Coriso- 
pit^isi, emendavit de xx solidis ad ordinacionem Capituli 
propter quod die lune ultimatum dum processio fiebat in 
rogacionibus in eundo apud Locum Béate Marie et quod 
ipse dominus Johannes deflerebat capucium suum super 
caput et quod fuit requisitus de amovendo capucium 
suum et non fecit ideo promisit emendam hujusmodi ad 
ordinacionem dicti Capituli. G. Serrelagat. 

(1) Cart 31, ^ 67. 



— 253 — 

422. 

EUDE EUE REÇU MACICOT PRÊTE SERMENT f') 

- 16 Juin 1886. - 



Anno Domini Mo CCCo nonagesimo sexto, die veneris 
post festum beati Barnabe apostoli, presentibus ad hoc 
Magistri Matheo de Keranguen, Yvone an Fur et aliis in 
Capitulo Corisopitensi ibidem predicto, una cum venera- 
biliter viris Magistris Y. Corric, Alano de Penquelennec, 
J. Treanna fuit receptus Eudo Elie in macicotum chori 
S^i Chorentini qui quidem macicotus juravit tenere et in- 
violabiliter observare statuta ecclesie Corisopitensis prout 
moris est in talibus fieri consuetum. 

G. Serrelagat. 



428 

' AMENDE POUR INJURE FAITE A UN CHANOINE ^) 

- 30 Juin 1896. - 



Anno quo supra (3) die veneris post octabas Sancti Sa- 
cramenti presentibus Magistris Oliverio Hospitis, Alano 
Penquelennec, J. de Treanna, emendavit dominus Natalis 
Stellan presbyter vicarius ecclesie Corisopitensis Capitulo 
Corisopitensi ad sui ordinem usque ad summam xxv soli- 
dorum monete currentis rucione quarumdam injuriarum 
Magistri Johannis Corric per ipsum Stellan allatarum in 
choro S^i Chorentini, presentibus supra dictis. 

G. Serrelagat. 



(1) Cart. 31, ^ 67. 

(2) Ibid. 

(3) Id est : 1896. 



—1254 - 

424. 

RÉCEPTION D'UN MACICOT 



In eodem die et anno, presentibus predictis Magistris 
canonicis, fuit receptus in Capitulo Corisopitensi pereos- 
dem canonicos, Oliverius an Canperenc in macicotum 
chori S^i Chorentini, qui quidem macicotus juravit tenere 
statuta ecclesie S^^ Chorentini prout in talibus fieri est 
consuetum et eciam juravit recedere extra chorum quum 
recédèrent, atque facere reverenciam et honorera cano- 
nicis ecclesie predicte et antiquioribus ipso. 

G. Serrelagat. 



425 

YVES LE DANTEC CONDAMNÉ A L'AMENDE (') 

- 11 Juillet 1386. - 



Anno quo supra (2) Martis post octabas festi Apostolo- 
rum Pétri et Pauli in Capitulo Corisopitensi, presentibus 
ad hoc Magistris Oliverio Hospitis, Johanne Corric, Gui- 
done de Tegula, Joh*anne delreanna, super injuriis illatis 
in choro S^^ Chorentini, ex parte domini Stephani Rousselli 
presbyteri, contra dominum Yvonem an Dantec presby- 
terum, fuit ordinatum in dicto Capitulo quod dictus Ste- 
phanus emendaret et emendavit ad ordinacionem Capi- 
tuli dicto Capitulo et presbytero predicto in summam 
decem librarum monete currentis,medietatem dicto Capi- 
tulo et residuum dicto presbytero, ad ordinacionem pre- 
dicti Capituli et hoc ex consensu ipsius domini Stephani ; 
et cum hoc fuit inhibitum per dictum Capitulum quod 
alter alteri non foredicat amodo, sub pena decem librarum 
predicte monete. Datum ut supra. G. Serrelagat. 

(1) Cari. 31, ^ 67. 

(2) Id est : 1396. 



-ass- 
ise. 

YVES TOURNIER ET JEAN ROUSER PRÊTENT SERMENT <<) 

- 20 Juillet 1386. - 



Anno Domini, Mo CGG^ nonagesimo sexto die xx* men- 
sis Julii circa horam prime, indicione quarta Pontiâcatus 
sanctissimi in Qbridto patris ac domini nostri domini 
Benedicti divina providencia pape tercii decimi anno 
flfioiiiïdo presentibus ad hoc domino Johanne Mutonis 
an Ballacon et domino Johanne an Rou&er juraverunt 
coram venerabilibus viris Magistris Oliviero Hospitis, 
Johanne Corric, Alano Penquelennec, Guidone de Tegula 
et Johanne de Treanna canonicis Corisopitensibus dicti 
domini Yvo Tournerii et Johannes Rouser capeliani ma- 
jores in ecclesia Gorisopitensi juraverunt statuta ecclesie 
Gorisopitensis in dicto Gapitulo et hoc ad sancta Dei 
Evangelia, facere que reverenciam et honorem canonicis 
ecclesie Gorisopitensis et statuta hujusmodi tenere... 
Observare secundum exigenciam suorum beneficiorum. 

Datum ut supra. 

G. Serrelagat» 



ALAIN DU BOISGUEHENEUC REQU CHANOINE (') 

— 81 Décembre 1886. — 



Anno Domini M^ GGG^ nonagesimo sexto , die ultima 
mensis Decembris circa horam matutinarum, in ecclesia 
Gorisopitensi, secundum usum et computacionem ecclesie 
Gallicane, indicione quinta, Pontificatus sanctissimi in 
Ghristo Patris ac domini nostri domini Benedicti, divina 
providencia, pape decimi tercii anno tercio, in mea notarii 

(1) Cari. 81, f 63. 
(9) Cart. 81, ^ S8. 



- 256 — 

presentis et testium infrascriptorum presencia persona- 
liter constitutus venerabilis vir Magister Alanus de Bosco 
guehenoci licenciatus in utroque jure, officialis modernus 
Corisopitensis, fuit receptus in canonicum Corîsopitensem 
in Capitulo Corisopitensi, et fuit sibi locus assignatus in 
dicto Capitulo per dominum Natalem Stelian presby- 
terum commissarium quoad hoc deputatum virtute litte- 
rarum ipsi Magistro Âlano super hoc confectarum , in 
canonicatum et prebendam nunc vacantem per mortem 
nuper defluncti Magistri Guidonis de Tegula ultimi eorum- 
dem detentoris ; et dicta die et anno, indictione et Ponti- 
ficatu predictis, idem Magister Alanus supradictus juravit 
statuta ecclesie Corisopitensis, consuetudines laudabiles 
et venerabiles tenere et observare et inutilia ecclesie Cori- 
sopitensis evitare et hoc ad Sancta Dei Evangelia tacta ab 
eodem Magistro. 

Acta fuerunt hec in Capitulo supradicto Corisopitensi, 
inibi more solito capitulante pro negocio huiusmodi. 
Presentibus ad hoc Magistro Oliverio Hospitis canonico, 
domino Hamone Gallici, domino Johanne Penguen près- 
byieris, Johanne de Kergus clerico et pluribus aliis inibi 
testibus ad hoc vocatis et juratis. 

G. Serrelagat. 



428 

GUILLAUME PLOE REQU CHANOINE 0) 

- 4 Mal 1397. - 



Anno Domini M^ CCC<> nonagesimo septimo, die quarta 
Maii, hora magne misse, indictione quinta, Pontificatus 
domini B. pape tercii decimi, anno tercio, presentibus 
Magistro Gaufirido Quvet... christiano Diherit presbytero, 

(1) Cart. 31, f* 64. 



-^287 - 

domino Hamone... sigillifero Corisopitensi , massicoto 
Kerdrein... Capitulum Corisopitense capitulando, rece- 
perunt Guillermum Thome clericum procuratorem et 
nomine procuratorio Guillermi Ploe alias clerici impe- 
trantis... in canonicum et fratrem, ac possessionem cano- 
nicatus et prébende quos nunc deffunctus Magister de 
Tegula... de Bosco Guehenoci obtinere solebat in ecclesia 
Corisopitensi, salvo jure cuiuslibet et iuravit dictus pro- 
curator statuta et laudabiles consuetudines, ut moris est, 
et postmodum venerabilis vir Magister H. Sulguen assi- 
gnavit dicto procuratori locum in Capitulo. 
Âcta fuerunt bec in dicto Capitulo. 

A. SCAHUNEG. 



429. 

EMPRUNTS DE LIVRES <') 

- B Juin 1387. - 



Tempore mei Rioci, recepit Turnerius unum collecta- 
rium quod erat domini Alani episcopi, copertum de albo 
et sunt septem folia sine scriptura, in predicto anno sep- 
tuagesimo secundo. 

Restituit in Capitulo. R. 

Riocus de Lestuban babet pênes se duas partes brevia- 
rii cum corio albo, una pars incipit : Oloria TrinittM. 

Magister Herveus Sulguen babet pênes se moralia Beati 
Gregorii super Job, in duobus voluminibus cum asseribus 
ligatis, die martis post Ascensionem Domini anno M^ CGC® 
nonagesimo septimo. 

Item babet librum théologie incipientem in secundo 
folio : Manaehi et penultimo Angéli. 

(1) Cart. 31, f 72. 



— ass- 
oie martis post Penthecostes, Ego Riocus portavi de 
Capitulo unam partem breviarii cum postibus et corio 
albo et incipit : Gloria Wn lM i M xn,'ti%!m{, : Sécvlorum. 

Item ego Riocus de Lestuhan portavi de Capitulo unum 
missale parvum quod fuit domini Alani le Gall et sunt 
octo folia... 



430. 

SIMON 6AN6UER PRÊTE SERMENT PERSONNELLEMENT (') 

- 30 Juillet 1897. - 



Anno Domini M^ CCQfi nonagesimo septimo, die penul- 
tima mensis Julii, hora terciarum, indictione quinta, 
Pontificatus Benedicti pape decimi tercii anno tercio, 
presentibus Magistris Herveo Sulguen, 0. Hospitis, Jo- 
hanne Corric, Johanne Treanna et aliis, venerabilis et 
diacretus vir Symon Ganguer canonicus Corisopitensis 
Juravit in propria persona statuta, observancias et lauda- 
biles consuetudines ecclesie et Capituli Corisopitensis. 

Acta in dicto Capitulo ut supra. J. Bloez. 



431. 

SERMENT DE JEAN LE GUELLEC, CHANOINE w 

— 28 Août 1897. - 



Anno Domini M^ CCQfi nonagesimo septimo die mercu- 
rii in festo decollacionis Beati Johannis Baptiste videlicet 
XXIX* mensis Augusti circa horam terciarum dicte diei, 



(1) Cari. 81, f^ 31. 

(2) Gart. 81, f 44. 



bore capitularis in Capitulo ecclesie Corlsopitensis Ponii- 
ficatus sanctissimi in Ctiristo patris domini Benedicti 
divina providencia pape tercii decimi anno tercio et indic- 
tione quinta, venerabilis et discretus vir Magister Johan- 
nés Perfecti (1) canonicus ecclesie Corisopitensis , alias 
admissus per procuratorem suum in canonicum et ad 
distribuciones dicte ecclesie, juravit statuta, observancias 
et consuetudines ac libertates laudabiles dicte ecclesie 
ut est moris, presentibus in Capitulo predicto tune vene- 
rabilibus et discrjBtis viris Magistris Herveo Sulguen, 
Johanne Corric et Âlano de Penquelennec canonicis dicte 
ecclesie capitulantibus nec non et Natali Stellan et Jo- 
hanne Mutonis curatis ecclesie predicte testibus ad pre- 
missa vocatis. 

A. RUNBRAN, 



482 

PIERRE DU MAS REQU CHANOINE (') 

- 8 Mal 1398. ~ 



Anno Domini Mo CCC^ nonagesimo octavo, die octava 
mensis Maii, statim post horam complectorii, indictione 
quinta, Pontificatus domini Benedicti pape decimi tercii 
anno quarto, presentibus venerabilibus viris Magistro 
Johanne Primogeniti (3) oiBcialis Corisopitensis, dominis 
Hamone Gallici sigillifero curie Corisopitensis, Guillermo 
de Cagia et pluribus venerabilibus viris aliis, Capitulum 
Corisopitense capitulantes receperunt dominum Johan- 
nem Mutonis presbyterum procurato'rem et procuratorio 
nomine Magistri Pétri du Mas canonici Corisopitensis in 



(1) Traductioo du mot breton Guellee. 

(2) Ctrt. 81, t" 27. 

(3) TradactioQ da breton le Eénaff. 



— 260 - 

cânoniciim et fratrem dicte ecclesie, salvo jure cujuslibet, 
et Magister Guillermus Marhec canonicus dicte ecelesie 
assignavit sibi, nomine quo supra, stallum in choro et 
locuiD in Capitule. 
Acta fuerunt in choro et Capitulo predictis. 

A. SCAHUNEG. 

(Â suivre.) 



- 261 - 



CORRESPONDANCE 

Dl 

I. TRËHOT de GIBRIOIT, lalre do Pont-Croii (1791). 

(Suite.) 



c 18 Avril. 

« Je suis allé à Taudience pour entendre le jugement de 
Tabbé Rochedreux (1), vicaire de Mahalon à Guilair, qui, 
au mois de Janvier, recevant le décret sur la Constitution 
civile du Clergé et en en donnant lecture au prône et Tex- 
pliquant, dit qu'il ne croyait pas qu*il fût permis de ven- 
dre et d'acquérir les biens du clergé ; que cela était 
défendu par les conciles, sous peine d'anathème et d'ex- 
communication ; qu'il se croyait obligé d'avertir tous ceux 
qui en achèteront, de ne point s'adresser à lui en confes- 
sion, sains ou'malades, parce qu'il ne les absoudrait pas, 
à moins de restitution, ou de volonté déclarée de restituer 
en cas d'impuissance, et qu'il assurait qu'aucun prêtre ne 
pouvait pas plus les absoudre que lui ; que d'ailleurs les 
choses pouvaient revenir dans leur ancien état et qu'il ne 
conseillait à personne de s'exposer à perdre son argent 
dans ces acquisitions. 

(1) René RocbedreuXy prôlre de CoDcaroeau» séjourna quatre ans à 
La Rochelle à son retour de Pezil, puis devint succesaivement instituteur 
à PoDt-i'Abbé, à Pont-Croix, à Meylars, recteur de Névei et de i'Ue Tudy, 
où il mourut» en 1837. 



\ 



— 262 — 

« On parle, et il avoue deux prônes sur cette matière. Il 
fut justifié de Taccusation portée contre lui d'avoir laissé 
mourir un de ces acquéreurs de biens ecclésiastiques, sans 
confession et sans sacrements, en disant qu'il ignorait que 
cet homme fût malade, lorsqu'un dimanche, il avertit son 
peuple qu'il était obligé de s'absenter toute la semaine et 
qu'il priait ceux qui auraient besoin de secours, pendant 
ce temps, d'appeler le vicaire de Mahalon ou celui de Lan- 
dudec, voisins qu'il en avait prévenu ; que cet homme 
était mort le vendredi suivant, pendant son absence et que, 
quand il eût été chez lui, cet homme serait mort dans le 
même état, puisqu'on ne vint réclamer de secours, qu'au 
moment où le malade était tellement mourant, que son 
confrère de Mahalon le trouva mort. 

« Sentence donc hier qui condamne le dit Rochedreux 
à venir à la barre du Tribunal, pour y être admonesté et 
le condamne, en outre, à être privé de tout traitement pen- 
dant six mois et le suspend, pendant ce temps, de toute 
fonction. 

a Sur la motion de Botzey, à la dernière assemblée élec- 
torale, le Directoire du District se propose de faire vider 
les presbytères des recteurs remplacés, de tous meubles et 
même de personnes, de manière que les remplaçants et 
les remplacés ne soient pas dans le cas de s'envisager. Ce 
devait être aujourd'hui et demain, mais je ne vois pas 
beaucoup d'apparence à cela ; peut-être, le Directoire ne 
se croit-il pas fondé à cet acte d'autorité, et, au fond, je 
ne le crois pas, car je ne vois aucun décret qui indique le 
mode du remplacement, ou plus tôt, la manière d'expul- 
ser les anciens. 

« L'imposition foncière affecte beaucoup les paysans 
d'ici et j'en suis fort étonné, car c'est le pays de la Douceur 
et de la Paix. 



— 263 — 

(( Notre jardin sera joli et promet quant aux fleurs et 
aussi quant aux fruits » (1). 

c 18 Avril. 

« Nous sommes tout en l*air ici et dans cette ville. 
L'abbé Expilly vient demain mardi, c'est ici qu'il dtnera. 
Comme il avait annoncé son arrivée à nos religieuses, elles 
nous en ont fait part, et nous nous sommes tenus sur nos 
gardes : nous avons tout ce qu'il nous faut en poisson, 
légumes, dessert. Nous avons pour convives : les mem- 
bres du District, deux des Juges, deux Municipaux, deux 
Notables, trois de la Milice ; au total : vingt-sept person- 
nes. Nous dtnons dans mon cabinet qui est beau et vaste. 
On dit qu'il s'en retourne le même soir ; j'aurais bien 
désiré qu'il fût resté au moins un soir, pour que nous 
eussions pu causer plus librement que nous ne le ferons 
avec toute cette compagnie. 

« Cy-joint les conclusions du commissaire du Roi con- 
tre le prêtre Rochedreux, et la sentence rendue sur y cel- 
les. Le jugement est un peu trop rigoureux pour un aussi 
vieux péché qui date de Décembre dernier et de Janvier, 
qui n'a produit aucun effet fâcheux et qui n'a été commis 
que par l'impulsion d'un forcené de Recteur de qui il 
dépendait. 

(1) Ea Août, Roae écrit à son frère : c II faut que tu te dépêches de 
venir maDger des abricots de ton jardin de la grève : nous en avons 
autant que de feuilles. Nous avons ici un jeune homme pour recevoir des 
soins ; Tautre jour, il voulut voler de nos abricots par le magasin. Tu 
sais qu'il y a aux fenêtres des barres de fer, il passa entre ces barres, 
mais il y laissa sa chemise et un morceau de son ventre. Il vint après 
m'apporter des abricots, mais il ne croyait pas me faire un cadeau à mes 
dépens, car il ne savait pas que le jardin était à nous. Nous aurons beau- 
coup de raisin dans nos nouvelles vignes ; de la fenêtre de ma chambre, 
j'en pourrai manger, si je suis ici. » Rose avait épousé M. de Kergadio, 
qui vient à Pont-Croix c tant qu'il peut, mais non pas tant qu'il veut >. 
U lui tardait de rejoindre son mari, subdélégué de ChAteaulin. 



— 264 — 

(( Il n*7 a pas un avocat qui vaille ici, ils sont ignares, 
sans délicatesse et sans conduite de même qu'à Quimper. 
On a voulu réduire les procès, et il s'en fait plus que 
jamais ; les émoluments des avoués sont de beaucoup 
réduits, mais ils en sont dédommagés par la multitude. » 



c 21 AvrU. 

(( M. Expilly vint lundi à Pont-Croix, il s'en retourna le 
même jour, assez tard pour n'arriver qu'à onze heures du 
soir chez lui. Instruits de son arrivée, nous nous attachâ- 
mes à lui faire tous les honneurs qu'il nous était possible. 
Nous mîmes la milice nationale sous les armes, tous les 
corps se réunirent, et nous allâmes à sa rencontre jusqu'à 
(( Leur-Bilard » et pas plus loin, pour ne pas lui donner 
trop à marcher. Il était plus de midi quand il nous joi- 
gnit. Nous nous rendîmes tout de suite à l'église où il 
donna la bénédiction et où nous chantâmes un Te Deum. 
De là, nous vînmes mettre le feu à un cent de fagots et 
nous nous rendîmes chez nous. Ta maman et ta sœur vin- 
rent au devant de lui, jusqu'au seuil de la porte ; il prit 
la première par la main et ils n'étaient pas rendus à la 
salle qu'ils étaient déjà de connaissance : il a un vrai talent 
pour mettre le monde à son aise. Le dîné fut servi, il 
était beau et le dessert le fut encore plus. Ce qu'il y a de 
charmant, c'est que c'est le District qui compte avoir 
traité en nous remboursant nos dépenses, ce que nous 
n'accepterons pas certainement ; elle était faite et desti- 
née pour ce à quoi elle a été employée, enfin on doit venir 
aujourd'hui ou demain nous faire cette belle offre 1 

(( L'Evéque paraît être sincèrement ton ami, il le prône 
partout ; il dit de toi tant de bien que je le crois menteur ; 
il t'a, dit-il, toutes les obligations du monde du vif inté- 



— 268 — 

rêt que tu as pris à son exaltation : Tu es, dit-il, la princi- 
pale cause, par tes instances, qu'il ait accepté cet évéché, 
et je crois foncièrement que, si cela est, tu as rendu ser- 
vice à ta patrie en lui procurant un pasteur qui est tout 
honnête et, je crois, très conciliant. Il était à dîné entre ta 
maman et moi, il n'y eut de conversation qu'entre eux 
deux et tu t'imagines bien que tu en fus le principal objet. 
« Nous fûmes au couvent ensuite. Je le laissai seul avec 
la Supérieure et sœur Thérèse ; je savais qu'elles avaient 
des afiaires de conséquence avec lui, dont j'ai connais- 
sance et je fus me promener avec les autres religieuses, 
jusqu'à ce qu'il reparut. Il m'aborda et me dit qu'il était 
tout à fait satisfait de ces Dames. Comme je remarquai 
qu'elles avaient négligé de lui faire voir ce qui pourrait 
ajouter à l'intérêt qu'il prenait en elles, je le conduisis au 
nouveau pensionnat qu'elles ont fait, qui est charmant 
pour la propreté et l'ordre ; c'est un petit bijou dont il fut 
surpris et enchanté : il y a douze lits dans chaque cham- 
bre, arrangés avec beaucoup de goût et de ménagement. 
En redescendant, j'ouvris une porte : ce fut un nouveau 
spectacle pour lui : vingt-cinq jeunes pensionnaires qui 
étaient à souper, auxquelles cette apparition subite du 
prélat fit monter les couleurs. Quoiqu'on ne s'attendît pas 
à notre entrée en ce lieu, tout y était blanc, propre et bien 
ordonné. Tout cela acheva de lui donner tout l'intérêt pos- 
sible pour cette maison. Il invita ses habitants à la joie et 
à égayer leur solitude par toutes les récréations qu'on 
avait eu la dureté de leur interdire précédemment, com- 
me d'élever des oiseaux, de cultiver des fleurs, chacune 
chez elle, et d'abandonner le ton nazillard du chœur, d'y 
substituer le plain-chant, même la musique, si elles veu- 
lent. Il leur dit de faire entrer ta maman quand elles vou- 
draient, et, à elle, il lui dit à son retour d'y aller quand 
cela lui ferait plaisir. Il a laissé toutes ces pauvres filles 

Bulletin de la Commission diocésaine. — 7* année. 18 



— 266 — 

dans le plus grand enchantement. Tout le monde en a été 
satisfait et il est parti aussi très satisfait de tout le monde. 
II a promis à l'avenir de prendre son logement chez nous. 
Il veut absolument ^administrer le grand Sacrement, 
quand tu le voudras et quelque part où tu te maries. 
Enfin, il fallut se quitter et je crois qu*il s'accoutumait 
bien avec nous. Notre noblesse ne parut point : « Mignon 
Coz )) s'en fut àLescongar (1) ; Plouhinec s'absenta aussi, 
je crois qu'il fut à Trévien. 

« Le remplacement et le déplacement des Recteurs se 
sont passés fort tranquillement. Il n'y a que le Recteur de 
Mahalon qui tient bon. On a nommé deux sujets de suite 
qui ont d'abord accepté et qui ensuite ont remercié. Le 
Recteur de Landudec n'entend point quitter non plus ; il 
a acheté une tenue dans son bourg où il va se loger, et 
celui qui doit le remplacer n'ose prendre possession. 

(( M. de Gourcufl, M. de Cheflontaine, M. Kerléan sont 
tous passés en Angleterre. Madame de Gourcufiyestallée 
aussi. Us s'attendent à une contre-Révolution ou plutôt à 
une guerre civile dont ils craignent d'être des victimes, ce 
qui pourrait bien être, ainsi que tous les nobles, s'il y 
avait lieu de craindre ce fléau. Mais je réponds bien que 
s'il y en a une, ce ne sera pas dans ce pays-ci. Nos Rec- 
teurs déplacés s'attendaient à être secourus de leurs 
paroissiens, mais aucun d'eux ne fait semblant de ces 
changements. Nos vingt-sept paroisses du District en 
seront réduites à quatorze, dit-on, et personne n'en mur- 
murera. 

« Le Séminaire de Quimper est remplacé. Si je ne t'ai 
marqué par qui, c'est par un abbé Coz, recteur de Châ- 
teaulin, l'abbé Ollitrault, l'abbé Sérandour et un autre : 
ils sont actuellement en activité. 

(1) Le € vieil ami * n'était autre que H. de Rospiec, père, châtelain de 
Trévien. — Lescongar appartenait aux de la Porte Vézins. 



— 267 — 

« La Retraite des Dames réformée aussi : elle sera com- 
posée de bourgeoises. M^^* Debon, sœur de M^»® du Reste, 
en est une. J'ai entendu nommer les autres, mais je ne Aie 
rappelle pas ; ce qui me paraît, c'est que le choix est bon. 

« Les Capucins de Quimper n'ont point voulu habiter la 
maison d'Audierne, ils se sont tous dispersés. 

(( Les Hospitalières ne veulent pas quitter leur maison ; 
elles ont persif&é TEvéque, quand il a été leur faire visite, 
et l'ont goguenarde comme un petit garçon. On veut les 
faire aller habiter la capucinière de Quimper ; elles ne le 
veulent pas. Je crois qu'en cela elles n'ont point tort : l'air 
y est trop vif pour des convalescents et des malades affec- 
tés par la poitrine. D'ailleurs il leur manque de l'eau dont 
elles ont continuellement besoin ; elles seraient mieux à 
Kerlot. 

« M. l'Evêque fait démasquer le chœur de Saint-Corentin ; 
il y a fait apporter la belle grille qui fermait le chœur de 
Kerlot ; il ferait bien d'en faire autant tout autour de ce 
chœur : cela viendra vraisemblablement avec le temps. » 

a 24 Avril. 

(( Vous avez donc eu encore du grabuge à Paris, il est 
fort heureux que cela se soit apaisé de cette manière et 
que le Roi ait eu la prudence de ne pas insister sur son 
voyage dès qu'il aperçut le danger. Mais ce ne sera pas le 
dernier que vous aurez. 

(( Le Recteur de Primelin est allé en quittant le pres- 
bytère se loger à Lézurec avec l'agrément de Madame (elle 
demeure à Quimper) ; celle-ci aussitôt a reçu une lettre 
anonyme par laquelle on l'invitait à renvoyer son hôte si 
elle voulait ne pas avoir la disgrâce de voir démolir son 
château. Elle a eu peur et a écrit au Recteur de quitter au 



— 268 — 

plus tôt sa maison et de chercher gîte ailleurs. Le Recteur 
est venu dénoncer cette lettre à Taccusaleur public qui 
m*a conseillé sur ce qu'il pouvait faire : Rien vraiment ; 
mais j'ai conseillé à M. le Recteur, qui était présent, de 
quitter totalement la paroisse de Primelin. Il a répondu 
qu'il n'en ferait rien. Je lui détaillais tous les griefs qu'on 
avait contre lui, comme celui de célébrer la messe dans la 
chapelle de Lézurec, interdite de droit, d'y confesser, d'y 
donner la Pâque. Il est convenu de tout cela. Il avait 
gardé les clefs de la chapelle de Saint-Ugen où il exerçait 
les fonctions curiales : il en convint encore. Le District 
eut vent de tout cela, et samedi matin, il se transporta à 
Saint-Ugen où réellement il le trouva à officier. Les mem- 
bres du District qui y étaient allés le laissèrent faire ; 
mais quand il eut fini, il s'emparèrent de toutes les clefs, 
mirent les scellés sur toutes les armoires où ils avaient 
renfermé les vases, passèrent le Recteur dehors, firent 
patficher et cadenasser toutes les portes. De là ils furent 
à Lézurec où ils firent à la chapelle tout ce qu'ils avaient 
fait à Saint-Ugen ; Idem à une chapelle nommée Saint- 
Théodore, et s'en revinrent. Ils rendirent la Municipalité 
reponsable de toute fraction des scellés, patte fiches, cade- 
nas et de tout événement. 

)) Ils seront obligés d'en faire autant à la Trinité, en 
Plozévet, où les prêtres ayant abandonné le nouveau Rec- 
teur, qui ne remplace pourtant qu'un mort, vont faire 
l'office. En sorte que ce nouveau Recteur, oncle de l'abbé 
Quillivic, a été obligé d'appeler ce dernier pour l'aider* 
Cela nous dérange ici, le recteur Billon étant malade au 
lit; nous sommes réduits à deux prêtres dont l'un est 
aussi malade, c'est Plouhinec; en conséquence, nous 
n'avons point de messe du matin, c'est celle du couvent 
qui y supplée. )) 



- 269 - 

c 29 Avril. 

(( Hier, notre Evéque fut d'une fête très belle à Douar- 
nenez ; il avait été invité à venir faire la bénédiction d'un 
drapeau ; il y vint en effet. Tu te figures bien que rien 
n'avait été ménagé pour rendre la fête plus belle ; ils ont 
des moyens à Douarnenez que nous n'avons pas ici. 
D'ailleurs, belle et nombreuse jeunesse bourgeoise. Il fit 
un petit discours français analogue à l'objet de la fête. Il 
le répéta en breton. Les paysans et artisans, qui ne sont 
point habitués qu'un évéque leur parle et leur parle en 
leur idiome, sont tous ravis et le regardent comme un 
ange. Cela contribue beaucoup à lui gagner tout le monde 
de toutes les classes. On dit que l'objet de l'Evéque en 
venant à Douarnenez n'était pas tant celui de la bénédic- 
tion du drapeau que l'envie de couper le col à un procès 
qui va s'élever entre les habitants associés dans l'achat 
d'un chargement de tabac avarié (1). Ce procès-là n'est 
pas fort aisé à arranger. » 



(1) Un navire anglo-américain chargé de tabac, arraché du port de 
Douarnenez par la tempête, vint échouer sur la grôve du Ria où il fut 
assailli par les paysans, malgré l'intervention de la garde nationale. 



(A suivre.) 



- 270 




SDR LB8 



PAROISSES DU DIOCÈSE DE QUMPËR ET DE LÉON 

Par MM. PETRON et ABGRALL. 

• « 

(Suite) 



DOUARNENEZ 

(Saile.) 



Voici la traduction de Tacte de donation du prieuré de 
nie Tutuarn au monastère de Marmoutiers : 

« Au nom de la Souveraine et indivisible Trinité le Père 
et le Fils et le Saint-Esprit, 

« Moi Robert, par la grâce de Dieu évêque de Quim- 
per, me souvenant fréquemment que les plaisirs du siècle 
que nous recherchons avec tant d^ardeur mais non sans 
péril, peuvent se racheter par les bonnes œuvres et par 
l'aumône, selon ces maximes : que donner l'aumône c'est 
assurer la pureté du cœur ; que comme l'eau éteint le feu 
ainsi l'aumône eilace le péché; que nous devons honorer 
Dieu de notre substance; sur le conseil et avec l'assentiment 
de tout mon Chapitre, j'ai résolu de donner aux religieux 
de Marmoutiers un certain fief m'appartenant à savoir l'île 
de saintTutuarnévéque et ma propre maison qui en breton 



- 271 - 

s'appelle Hamoth, avec tous ses revenus et appartenances 
pour les posséder librement et sans trouble à perpétuité. 

(( En conséquence, Tan de Flncarnation 1118, indiction 
onzième, afin d'accomplir ce que j*avais résolu, je me suis 
transporté à Marmoutiers et en présence de tout le Cha- 
pitre, j*ai remis entre les mains de dom Guillaume, abbé, 
la donation de tout ce que dessus. 

« Voici donc ce que du consentement de tout mon 
clergé, de Conan, duc des Bretons, et de tous les barons 
de Cornouailles, pour le salut de mon ftme, celui de mes 
prédécesseurs et de mes successeurs, j'ai donné et concédé 
à perpétuité aux moines de Marmoutiers, savoir : 

« L'église de Saint-Tutuarn avec tous ses revenus et 
dépendances et Hamoth comme il est dit ci-dessus : 

« Deux tiers de la dime de la peupla^le de Saint-Ergat 
qui s'appelle en breton Plodergat ; 

« Un tiers du droit de sépulture de cette paroisse ; 

« Le tiers des oblations aux jours du Vendredi-Saint, du 
dimanche de la Passion et à la première messe de Noël ; 

« Deux tiers des dimes de Saint-Tuoc ; 

(( Deux tiers des dimes de Saint-Tuian (1) avec deux 
tiers du droit d'étole de ladite chapelle ; 

« Deux tiers de la dime de Treflac (2) ; 

(( Deux tiers de Villachaux (3), de villa Chodoem et de 
Lanfiat (4) et de Landuguan. 

(( Trois ans plus tard (5) j'ajoutais à ces donations les 
deux tiers de la dime de Trefdujan (6) et des oblations de 



(1) Saiot-Thugen, en Primelio. 
(3) Treflas, en Beuzec-Cap-Sizun. 

(3) Kerargan ? 

(4) Lanfiat, en Mahalon, ainsi qae Landagen. 

(5) 1131. 

(6) Oq pourrait y reconnaître dans Trefdujan la terre de Teturien ou 
Tretarien, en PJoudergat, dont il est question dans un acte de 1354, en 
observant qu'au Cartulaire de Quimperlé, la paroisse de S^-Tujani devient 
la paroisse de Saint-Tourchan, puis de Saint-Thurieo. 



— 212 — 

cette église, donation que j'ai faite au temps de dom Au- 
goumar et que j'ai remise entre ses mains devant plusieurs 
témoins. 

« Pour ratifier cette donation à jamais, nous avons pris 
soin de confirmer ces présentes lettres de notre sceau et 
de la subscription des noms des chanoines qui consentent 
à ce don fait à Marmoutiers. 

(( Gauthier Morguethn, Robert Milo, Raoul Judicahel, 
Daniel, Pierre, Geoffroy Madiou et Salomon, son frère, 
tous chanoines et témoins ; Audroen et Guethenoc, moines 
S^-Martin, Josne et Hilispou, Jedecoêl, Dungual Halain 
qui a écrit la présente charte de donation, Guarin, Der- 
guethen et beaucoup d'autres. 

« Et moi, Robert, évéque de Quimper, par la présente 
charte revêtue de mon sceau j'ai prescrit de noter que si 
dans les donations qui précèdent, particulièrement pour 
ce qui regarde la perpétuité, j'ai pu sembler outrepasser 
mon droit épiscopal, comme également si dans mon 
Ëvéché les religieuses ont pu faire quelqu'acquisition, je 
déclare l'avoir concédé en vertu de mon autorité épisco- 
pale et j'ordonne qu'il en soit ainsi à jamais. 

« Les témoins de ce sont : 

« Israël, archidiacre ; Chrestien, ermite ; Hervé, clerc ; 
Kenmarhoc, clerc ; Budhoret ; des religieux ; Gefroy, de 
Nantes ; Garnier, notaire ; Donoaldus Breton. 

« Donné l'an de l'Incarnation 1126 (1127). 

« Signature, de Robert, évéque f. 

(( Signature, d'IsRAHEL, archidiacre f . » 

Quarante ans environ plus tard, une grave dissension 
s'étant élevée entre plusieurs héritiers à l'occasion du par- 
tage d'un héritage, tous s'entendirent pour faire donation 
à l'abbaye de Marmoutiers des terres en litige. L'acte en 
fut passé par devant l'Évéque de Quimper en cette forme : 



— â73 — 

(( La cupidité est telle à notre époque, qu*à peine peut- 
on se fier à la parole donnée et même aux conventions 
passées ; aussi nous Bernard (de Moêlan), évéque de Quim- 
per, prenons-nous nous-méme le soin de notifier à tous 
présents et à venir que Gourmelon fils de Judicael, ses 
frères et ses fils, à savoir Judicael et Seguin et leurs con- 
sanguins, c'est-à-dire Rivallon et ses frères, Judicael fils 
d'Omnes, Kanivet fils de Gueguen, Ruandelle femme de 
Kanivet et leur fils Alain, Harscoet fils de Glevien, Nen- 
men fils de Serho, Urvoy fils d'Elispoe et les autres héri- 
tiers de la terre nommée Lanplullan pour le partage de 
laquelle ils étaient divisés, résolurent, pour le salut de 
leur âme, d'en faire donation à Tabbaye de Saint-Martin 
à jamais et ils en ont fait la remise en nos mains et en 
celles de Jean actuellement prieur de Ttle Saint-Tutuarn ; 
et pour que ce don demeure par la suite des temps ferme 
et infrangible, nous l'avons revêtu de notre sceau et du 
témoignage des personnes présentes à cette donation et 
dont voici les noms : Haimon, religieux de Marmou tiers 
Jacob, chanoine de S^ Corentin ; Ligamon fils de Rioc 
Kinmaroc fils de Bernard ; Congar fils de Donvallon 
Paris fils de Rivallon ; Tudeguar fils de Gorcun. 

« Fait le vi« des kalendes de Novembre, an de l'Incar- 
nation Mo Co LX° IIo. » 



En 1248, nous voyons Geoffroy, évéque du Mans, jouir 
de tous les fruits du prieuré, et en 1252 ce même évéque 
associe à cette jouissance son clerc Guy Talaret, avec 
cette condition qu'elle demeurera au dernier survivant ; 
et que celui-ci augmenterait avant cinq ans, les revenus 
du dit prieuré d'une rente de cent sous, et s'il venait à 
décéder avant ce terme il léguait pour ce même objet 
40 livres tournois. 

Peu après, Guy Talaret, devenu chanoine de Quimper. 



-m- 

comme procurateur du monastère de Marmoutiers, dé- 
fendait les droits du prieuré par devant Jean Foucaud, 
sénéchal du Comte de Cornouaille, contre les prétentions 
de Geoffroy de Rostrenen, Tanguy du Ry, chevaliers, 
contre la dame du Juch et Senguin, écuyer, jsyur la terre 
de Lamploelan, revendiquée par le prieuré dans la pa- 
roisse de Ploêlan. Enquête à ce sujet fut ordonnée par le 
sénéchal au mois de Juillet 1254. 

Le 12 Janvier de Tannée suivante, par devant Tofficial 
de Quimper, intervenait un accord entre Guy Talaret, 
agissant pour le prieuré de Ttle Tutuarn, d'une part, et le 
prêtre Yves Tudgual et son frère Derien, chevalier, d'au- 
tre part, au sujet des deux tiers des dîmes réclamés par 
le prieuré sur la maison (tyorent) habitée par ce prêtre 
à Kerguélenen, en Ploetergat ; il fut convenu à l'amiable 
que les deux frères renonçaient à leurs prétentions, que 
ces dtmes appartiendraient au prieuré à jamais, mais que 
cependant le prêtre Yves les percevrait jusqu'à sa mort. 

Quelques jours après, le 16 Janvier 1255, devant l'official 
intervenait un autre accord entre le même Guy Talaret 
et Guillaume, recteur de Pouldergat, qui contestait au 
prieuré le droit de percevoir les deux tiers des dîmes de 
cette paroisse, le tiers du pain et des deniers ofierts aux 
matines et à la première messe de Noël, et le tiers des 
offrandes du Vendredi-Saint. Par composition amiable, il 
fut entendu que les deux tiers des dîmes étaient dus au 
prieuré dans toute la paroisse de Pouldergat, excepté à 
Kerquantinan, sur la maison d'Hervé Alain, et à Rostur- 
nic, où depuis longtemps Hervé Alain touche les deux 
tiers de la dîme, et le chapelain (recteur) de Pouldergat 
l'autre tiers ; excepté également sur la maison du prêtre 
Yves Tutgual à Kerguélenen, où, également, Yves Tug- 
dual perçoit les deux tiers, et le chapelain l'autre tiers, 
. excepté encore sur la maison de Morvan fils de Le Bor- 



- 278 - 

gne, où le prêtre Daniel, frère du prêtre Guillaume, per- 
çoit les deux tiers et le chapelain de Pouldergat l'autre 
tiers, excepté enfin le terroir de Kerlidian, où Tabbaye 
de Landévennec perçoit les deux tiers, et le chapelain 
Fautre tiers. Le Recteur ajoutait que depuis longtemps 
réglise de Pouldergat percevait toutes les dîmes dans les 
dépendances de Kerguelenen et à Kerhiliguit, Kertrem- 
zibit, Kerten à Pratdinœr et sur la maison du fils de Guy 
de Colle (Oreach). Mais il fut convenu que désormais le 
prieuré en percevrait la moitié. Quant au mode de per- 
ception des dîmes, il fut convenu que, dans deux aires à 
battre, le partage des dîmes serait fait par les décima- 
teurs du prieuré, mais c'est le Recteur qui choisirait la 
part qui lui conviendrait. Dans la troisième aire, au con- 
traire, le partage serait fait par le Recteur, et le choix 
appartiendrait aux dîmeurs du prieuré. Il fut enfin con- 
venu que le prieuré toucherait un tiers du pain donné en 
offrande depuis le TeDeum de la fin des matines de Noël, 
jusqu'au moment où le prêtre lit Te igitur à la première 
messe de Noël, ainsi que le tiers des oblations faites le 
Vendredi-Saint. 

Le 18 Jaavier 1255 fut terminée la contestation dont 
nous avons parlé plus haut et portée devant le sénéchal 
par la dame du Juch, touchant ses prétentions à la terre 
de Lanpluelan ; Havoise, dame du Juch, agissant par Ade- 
lice, sa mère, abandonna tous les droits qu'elle pouvait 
avoir sur cette terre, à condition que le prieuré lui assu- 
rât un anniversaire solennel le lendemain de la Made- 
leine, après sa mort. Et le 21 Janvier suivant, les cheva- 
liers Guy de Rostrenen et Tanguy du Ry abandonnaient 
également leurs prétentions, moyennant un anniversaire 
pour le repos de leur âme qui serait célébré aussi le len- 
demain de la Madeleine, tous les ans. 

Dans un aveu daté du 2 Avril 1337, Guillaume de Cqeta- 



-- 276 — 

nezre, se qualifiant « escuier prévost de la prévosté de Tile 
Saint Tutuarne », déclare tenir sous les religieux et abbé 
de Marmoutiers « une place de terre appelée la place de 
la maison verte (iy glas) sisse jouste le port appelé le port 
comoneuc, moyennant le paiement de 4 sous monnaie et 
deux chapons de cens à chaque fête de S^ Etienne après 
Noël ». Ce nom de Commoneuc pourrait se traduire, port 
du Ressac, qualificatif qui convient parfaitement au port 
dit aujourd'hui Porrhu, 

En 1474, transaction faite entre frère Jean de Bragde, 
prieur de l'île Tristan, et M® Jean Le Run, prêtre recteur 
de la paroisse de Ploelre, par laquelle le dit Run jouira 
de 22 sous de rente sur certains héritages, moyennant 
l'acquit de douze messes par an dans la dite paroisse et 
le prieur aura le surplus de la rente assigné sur « un 
postel et son courtil au village de Pengoet ». 

L'aveu du 15 Juin 1541, que M. de la Rogerie a extrait 
des Archives départementales pour le publier dans le 
BtUletin de la Société d'Archéologie du Finistère, va nous 
donner une idée des biens revenus et droits seigneuriaux 
du prieuré de l'île Tristan : 

Aveu de 164L 

(( C'est la déclaration et minu que vénérable et discret 
Missire Allain Paincoiet, chanoine de Cornouaille et 
prieur de l'isle Tristan et Douarnenez de l'Ordre de S* Be- 
noit en TEvesché de Cornouaille soubz la juridiction de 
Quimper Corentin, membre dépendant de l'abbaye de 
Marmoutier près Tours, faict au Duc nostre Sire, du tem- 
porel du dit prieuré, les issues et appartenances que le 
dit Prieur tient en fyé amorty soubz le dit seigneur à foy 
et hommage, prières et oraisons ; la dite déclaration faite 
par la cour de Kemper Corentin devant nous notaires et 



— 277 — 

tabellions royaux, d'icelle soubzscripts à la requeste et 
prière du dit Prieur. 

a Premier. 

(( La ville et bourg de Douarnenez, ses issues et appar- 
tenances sans rien reserver avecque la dite isle Tristan, 
laquelle isle est cernée et environnée de mer, située près 
le dit bourg de Douarnenez, contenant soubz maisons, 
jardins, terres labourables et frostes environ quarante 
journaux de terre y comprins le terrouer et village de 
Penencoet situé entre le dit bourg de Douarnenez et le 
bourg paroissial de Plouaré. 

(( Auquel bourg le dit prieur a haute, basse et moyenne 
justice sur les habitans et demeurans, exercée par séné- 
chal, lieutenant ordinaire, procureur, greffier, sergents, 
notaires et tabellions, sceaux de contract et datte de courts. 

(( Aussy a delvoir de ventes et lots de tous et chacun 
les contracts d'acquisition d'héritages qui se font au fye 
de la juridiction du dit prieuré. 

« Item prend et est deub au dit prieuré moictié de cha- 
cun poisson appelé morsoy que les habittans du dit bourg 
peschent et prennent en la mer, sauf! qu'il est deub aux 
prenneurs par le dit prieur pour chacun moicttié, deux 
potz de vin et 8 deniers de pain blanc. 

« Item de checun batteau soict petit ou grand aparte- 
nant aux habittans et demeurants au dit bourg de Douar- 
nenez allant pêcher à la mer est deub audit prieur la 
somme de 5 soulz monnaie de rentes par checun batteau 
par checun an à checun premier dimanche prochain en- 
suivant la feste de Monsieur S^ Michel en Montegargane 
quelque soict, une foy lan. 

(( Item la maison prioralle du dit prieuré avec ses cours, 
jardins estant au dit bourg au quartier appelé Kerlos- 
quet, contenant soubz maison, cour et jardin environ 
deux journaux* 



- 278 — 

(( Item un petit fenierprèsledit bourg ferant d'uncosté 
sur terre au sieur du Juch d'autre costé à terre au dit 
prieur contenant environ un journeau de terre quel est 
non arrenté et peut valoir par commune, estimation par 
checun an la somme de 30 s. monnoie. 

(( Item un moulin à vaut estant es issues du dit bourg de 
Douarnenez o son distroict sur les habittans demeurants 
audit bourg de Douarnenez vallent par commune an envi- 
ron la somme de c s. 

(( Item est deub au prieur de cheilrante par chacun an 
au dit prochain dimanche après la feste de Monsieur 
S^ Michel en Montegargane dessus les terres estant entre 
un croissant appelé Pouldruc et le dit moulin à vaut, un 
disner pour luy et deux honnestes personnaiges qu'il 
appellera pour le accompaigner o leurs servitteurs, au- 
quel digner doibt estre fourny un bon plat de bouilly, une 
longe de bœuf!, deux jambons et choux sauf! poyvre ; 
en rost deux poulies rotties, une touaille ouvré blanche 
sans perseures, vin blanc et vin rouge à suffire et delvent 
estre servy le dict vin en une tace d'argeant et un verre 
bouclé et s'il ce lèvent de table avant avoir digne, ne 
doibvent avoir plus à manger ne à boyre pour icelle foys ; 
pour laquelle che&rante le dit prieur et ses prédécesseurs 
a prins por aucune foys vingt sols monnays. 

(( Item est tenu soulz le dit prieur en proche fyé a foy 
et obéissance de la dite court et delvoir de rachapt, le 
manoir de Coetanaire ses issues et appartenances sittué 
en la paroisse de Plouaré appartenant et que tient à pré- 
sent noble homme Jan de Quelen S^^ du Vieu chastel et de 
Coatanezre a cause duquel manoir le d. S^ de Coatanaire 
est sergent féodé de la cour du dit preuré est tenu y ser- 
genter. 

« En outre est tenu le d. S' de Coatanaire comparoir 
la vigille de la Scention pour porter les relicques gardées 



— 279 — 

en réglise de S^ Jacques au bourg de Pouldavid procès- 
sionnellement à la dite isle Tristan et les raporter jusques 
à une croix appelée croix en quet estant au dit bourg 
de Douarnenez et à la prinse des dites reliques est tenu 
canpilionner de rendre les dites reliques au dit lieu. 

(( Item une pièce de terre froyde appelée Lesneven et 
ty en corps estant en la paroisse de Ploulan que tient un 
nommé Yvon Kernevel soubz le dit prieur pour luy en 
payer la somme de 15 s. monoye et ferante devers septen- 
trion sur le grand chemin qui mesne du bourg de Poul- 
david au bourg paroissialle de Ploulan et devers occidant 
sur des issues du manoir du Pondic et devers midy sur 
un autre chemin conduisant du lieu de Pouldavid à une 
chapelle appelée Kerynec, contenant environ 10 jour- 
neaux de terre froide. 

« Plus est deub au d. prieur de cens et rente à chacun 
pr jour d'aoust sur les lieus qui ensuivent : Buzmol, Ros- 
coet, Guelen, an Oussoul, GouSont, Frejour, Brullus, an 
Cornguen à Portzdruz, an Toux, an Ros, Savarier, Gour- 
reban, Caledan, Guydallan, Roc en Beuzic, Alanou, an 
Brein, an Donavec, an Hillis, an Hero, Porzmarch, Cle- 
mener, PouUou, an Priol, TouUanmanguer, Penpoul, an 
Guen, an Corguen, Poulpry, Salaun, Gourreau, an Bouvic, 
Lestancou, Portz an Goreet, Carrousoner, Poul an Castel- 
lie, etc. 

« Ces rentes consistent en quelques sous (8 au maxi- 
mum) et en quelques redevances en nature, galines ou 
corvées. » 

L'acte est donné à Quimper le 15 Juin 1541. 



* 
* * 



— 280 - 

Les Archives départementales possèdent une analyse 
assez détaillée (G. 324) des titres du prieuré, nous en 
donnons ici quelques extraits : 

Le 6 Septembre 1598, transaction entre Yves Toullalan, 
prieur, et Yves Le Gousigou, recteur de Primelen, et les 
treviens ayant terres et héritages en la trêve de S^ Ugen, 
située en la dite paroisse « lesquels, pour éviter l'incom- 
modité qu'il y a à lever la trentième gerbe sur chacune 
parée de terre, les dits treviens ont promis pour eux et 
leurs successeurs aux dits bénéflciers pour chacun an, au 
jour de S^ Michel, savoir au S>^ prieur trois pipes et demi 
et au Recteur 4 pipes et deux combles tous milillon ou 
seigle, et sont obligés de paier au dit sieur Prieur en la 
ville de Quimper deux barriques de vin de Gascoigne des 
arrérages du passé. » 

Le 3 Janvier 1606, bail à ferme « tant des dimes et de- 
voirs de batteaux, que le pâturage de Tile Tristan et la 
dime nommée Poulan en vignes en la paroisse de Ploe- 
lan, pour deux ans pour en payer chacun an 78 livres. 
Le bail fait à Guillaume Landugen par le fondé de procu- 
ration de M^^o Jean de Berthier, évèque de Rieux et prieur 
de Douarnenez. » 

Le 11 Janvier 1610, bail à ferme a de tous les fruits, 
profits et émoluments de toutes les dismes, devoirs sei- 
gneuriaux, devoir de batteaux, droits de nerisme et tous 
autres fruits du prieuré pour trois entières cueillettes 
commençant au 23 May prochain pour 80 écus sol faisant 
240 livres pour chacun an, le dit bail fait par le fondé de 
procuration, du Prieur, à M'® Guillaume Petit, chanoine 
de Cornouaille. » 



— 281 



Liste des Prieurs de lIle Tristan (i) 

1162. Jean. 

1248-1252. Geoflroy de Loudun, évêque du Mans. 

1232-1270. Guy Talaret, chanoine du Mans et de Quimper. 

1474. Jean de Brayde. 

1535-1541. Alain de Pencoel, chanoine de Quimper. 

1573-1580. Guillaume Kerdiles, recteur de PouUan. 

1578-1602. Yves Toullanlan, chantre chanoine de Quimper. 

1605-1620. Jean de Bertier, chanoine de Toulouse. 

1623-1636. Louis Odespung, vicaire général de l'arche- 
vêque de Tours. Signe, le 10 Mai 1623, le procès-verbal 
de la remise des reliques de Saint-Corentin à Mgr Le 
Prestre de Lézonnet. 

1637-1651. Jean-François Robinault, S' de la Haye de 
Mordelles, chanoine de Quimper. 

1654-1665. Charles-Pierre Blouet, licencié en droit, cha- 
noine de Rennes. Fut parrain, en 1662, d'une Poul- 
laouec, de Ploaré. 

1666-1671. Jean de Monligny, originaire de Rennes, cha- 
noine de Vannes. Mourut le 28 Septembre 1671, à Vitré, 
au moment où il se rendait à Saint-Pol de Léon, dont 
il venait d'être nommé évêque. 

1672-1683. Pierre de Boisbaudry de Langan, docteur en 
Sorbonne, prieur de Sainte-Croix de Vitré. 

1683-1686. Dom Claude-Henri Dayneau, pourvu par l'abbé 
de Marmoutiers, et maintenu dans le prieuré malgré 
la provision surprise à Rome, contre les droits de 
l'abbé, par Charles Taillefer de la Barrière. 
1704-1709. Dom Jean-Charles d'Ayneau. 
1709-1713. Dom Jean Morand. 

(l) Voir le travail de H. de la Rogerie. BulL, t. XXXII, p. 233. 
Bulletin de la Commission diocésaine. — 7* année. 19 



— 282 — 

1714. Le Père Jacques-François Auffray. 

1717-1718. Dom Joseph de Miniac. 
1720-1735. Dom Pierre Aubin. 

1736-1747. Dom Charles Yvicquel, procureur général de 
l'abbaye de Marmoutiers. 

A la mort de M. Yvicquel, Mgr Farcy de Cuillé, évêque 
de Quimper» ayant demandé à M. de Mirepoix, chargé de 
la feuille des bénéfices, de venir en aide par quelques 
secours aux habitants de Ttle de Seins, privés le plus 
souvent de secours spirituels parce que les prêtres n'y 
avaient pas les ressources suffisantes pour viVre, reçut la 
réponse suivante : 

c Versailles, le 21 Janvier 1748. 

(( Avez -VOUS oublié. Monseigneur, que vous m'avez 
demandé quelques secours pour faire instruire et admi- 
nistrer les habitants d'une île où aucun prêtre ne peut 
aller faute de pouvoir y vivre ? Nous avons un bénéfice 
simple dans votre diocèse que bien des gens demandent, 
mais que je réserve pour ces pauvres habitants de cette 
île. Le bénéfice vaut 400 livres et peut-être plus, mais la 
manière d'assurer ce revenu pour le prêtre que vous 
enverrez dans l'île est embarrassante. Si vous le mettez 
sur la tête d'un prêtre particulier, trois mois après qu'il 
aura pris possession, il dira que l'air de l'île ne lui con- 
vient pas, et il s'en ira. L'idée qui me vient serait que le 
Roi vous donnât ce bénéfice, et que vous en donnassiez le 
revenu à un prêtre qui irait dans l'île et qui ne jouirait 
de ce bénéfice qu'autant qu'il y resterait. Il faudrait enre- 
gistrer à votre secrétariat que ce bénéfice n'a été donné 
par le Roy que pour le desservant de l'île, qui serait à 
votre nomination. » 



— 283 — 

Le 11 Février suivant, Mgr de Farcy de Cuillé fut nommé 
prieur de Tlle Tristan, et en fut titulaire jusqu'à sa mort, 
28 Juin 1772. Après lui, Mgr Grossoles de Flamarens, 
(1772-1773), et Mgr de Saint-Luc (1773-1790) furent titulai- 
res du prieuré, dont ils employèrent le revenu, environ 
600 livres, à l'entretien d'un prêtre à l'île de Sein. 



(A suivre.) 



TABLE DES MATIÈRES 

DU BULLETIN DE LA COMMISSION DIOCÉSAINE 

d'Architecture et d'Archéologie 

pour l'année 1007 



Gartulalre de Pégllse de Quimper» 

par M. le chanoine PEYRON 
(Suite,) 

336. Yves Le Conc et Daniel le Felestreuc s'engagent à payer les 

amendes dues pour leurs manquements 5 

337. Hugues Hero reçu chanoine 6 

338. Jean de Pont-Croix reçu chanoine 6 

339. Le duc deCFend à ses juges d'exercer sa juridiction en la ville 

et terre de l'église de Cornouaille sans le consentement de 

rÉvéque 7 

340. Contestation touchant les prébendes de Beuzec-Cap-Sizun et 

Spéret 9 

341. Olivier le Hénaff reçu chanoine 9 

342. Témoignage touchant les dignités du Chapitre 10 

343. Lettre du Pape Grégoire XI, touchant la vacance des prébendes . 10 

344. Jean Brient prête serment comme chanoine expectant 12 

345. Hugues de Keroulas reçu chanoine 12 

346. Geoffroy Fabri reçu chanoine 13 

347. Guillaume de Cagia reçu diacre de chœur 13 

348. Comptes rendus par Raoul Gallon, procureur 14 

349. Olivier le Puisné reçu chapelain 15 

350. Jean Fraval, chanoine expectant 16 

351. Eude Guillemot reçu chapelain 16 



— 28Ô — 

Pages 

428. Guillaume Ploe reçu chanoine 256 

429. Emprunts de livres 257 

430. Simon Ganguer, chanoine, prôte serment. 258 

431 . Jean le Guellec, chanoine, prête serment 258 

432. Pierre du Mas reçu chanoine 259 

Correspondance de N. Tréhot de Clermont, 

maire de Pont-Croix, 1791 217 

Notices sur les Paroisses du diocèse de Quimper, 

par MM. PEYRON et ABGRALL 
(Suite.) 

Le Conquet 18 

Coray 34 

Crozon 58 

Cuzon 103 

Daoulas 123 

Dincault 171 

Dirînon 187 

Douarncnez 241 



Cartulaire. 

TABLE ALPHABl^QUE DES NOMS DES PERSONNES 

(Le cliifTrc indique le numéro de l'acte du Cartulaire dans lequel le nom est elle.) 



N"* 



Abbas de Daoulas 366 

Abbas de Langonet 343 

Abbas de Pontpecii 348 

Alanus de Alneto 355 

Alanus Aufredus 357 

Alanus de la Bourdonnaye . . 413 

Alanus de Croezval 350 

Alanus Crozgual 357 

Alanus Frello 357 

Alanus le Gall, Ep 342-429 

Alanus Henrici 338-348 



Alanus Jestin. , 419 

Alanus Kermaroc 350 

Alanus Moren 357 

Alanus de Palude 345 

Alanus de Ponte ligni 350 

Alanus Raolini . . 336-351-353-356 

357-359-371 

Alanus Rouselli 356-358 

Alanus le Roux 356 

Alanus Runbran 356-357 

Alanus Schahunec 382 

Alanus de Villa coUis 336 

Albus Guydo 348 



— 289 — 



Aliietus 355 

Aufredus Alani 357 

Aurelius Scumuro 398 



Ballacon Yvo 426 

Barbuti Johanncs 393 

Bcgna J 383 

Beleiigier 339 

Benedictus XIII 418 etc. 

Bernardus du Péron 404 

Bernardus de Caslcc 404 

Bloc Johanncs 373 

Bloez J. . 389-411-412416-420-430 
Boscoguehenoci (Alanus de) 427-428 

Bourdonnaye Alauus 413 

Brechir 358 

Brchus 338 

Briac J. (de) 383 

Brientii Johannes . . 344-359-360- 

361-364-365 
Bucanonc Georgius 388 



Cagia (de) Guillernius 346 

Caradeuc Hadulphus. . . . 365-386 

Caslec Bernardus 404 

Campereuc Oliverius. 424 

Charles duc de Bret 339 

Chonani Nicholans 404 

Ghristianus Diherit 428 

Ckïment VII pape. . 359-365, etc. 

Clerici Petrus 356-359 

Coetlech Robertus 346 

Gomitis Richardus 396-412 

Gonc 403 

GoncYvo 336-352 

Gonche Yvo (de) 368 

Gorrc Oliverius 355 



N- 
Gorric Johannes. 363-364-366-373 
374-375-381-397-400-409-411 
411-416-421-431-432, etc. 

Gurrcrii Yvo 379-406 

Gustellarii Gleman 359 



Daniel 371 

Daniel Felestrec . 336-356-358,etc. 
Daniel de Insula .... 364-373-385 

404-415 

Daniel de Landevennec 336 

Derîani Oliverius 363-403 

Dervei Johannes 368 

Diherit Ghristianus 428 

Donerzius de Kergonou 340 

Dyonisius de Lannédern. 369-373 



£ 



ElieEudo 422 

Episcopi G 351 

Episcopi Thomas. . . 336-339-345 

349-351-354-356-360-364-367 

370-382, etc. 

Eudo Elie 422 

Eudo Guillermoci 351 

Eudo de Ker 365 

Eudo Meancie 359 

Eudo Tecnour 386 

Eudo Tremcnt 359 

Eudo Turch 357 vide Yvo. 

Eudo Vallocon 396 



Fabri G 372 

Fabri 339 

Fabri Gaufridus 346-404 

Favc RodeniB 367 



— m — 



N" 

Fclestrec Daniel . 336-356-359-363 

377 

Felestrec Judicellus.. 378-387-397 

418 

Foresta Gauffridus (de) 347 

Fravali . . 338-358-360-362-367-372 

382 etc. 

Frcllo Alanus 357 



G. Archidione de Poher 342 

Gai Alanus £p 342-429 

Galli G 345^9-356-360-405 

Gallici Hamon 427-432 

Gallou Gallotus. . 340-344-348-349 
Gauffridus Ëp... 355-357-359-361 

Gauffridus Fabri 346-400 

Gauffridus de Foresta 349 

Gauffridus le Gai . 340-356-371-374 
Gauffridus Gallici . . . 353-359-367 

Gauffridus le Marhec 356-357 

Gauffridus le Marhec archid. 

junior 353-359 

Gauffridus le Marhec archid. 

Poher 361-362-367 

Ganguer Simon 430 

Georgius Bucanone 388 

Glas Guillermus. 336-340-344-356 

357 

Gleman Custellarii 359 

Glemarec diaconus 410 

Gourcuff 359 

Grégoire XI pape. . . . 343-354-356 

Guemarpin Yvo 359 

Guido Albi 348 

Guido Prepositi 368 

Guido de Tegula.. 411-415-418- 

421-425-427, etc. 
Guidomarus Savary 356 



Guil 
Guil 
Guil 
Guil 
Guil 
Guil 
GuU 
Guil 
Guil 
Guil 

Guil 
Guil 
Guil 
Guil 
Guil 
Guil 
Guil 
Guil 
Guil 
Guil 
Guil 



•N- 

ermus de Cagia 347 

ermus Glas 336-356 

crmus le Ham 339 

ermus Heuriou 359 

ermus de Kemperele. 348-357 

crmus Kergrœzez 390 

ermus Kylliouch 357 

ermus Morla canon. 380-382 

ermus le Marhec ofiBcial. 353 

crmus le Marhec 338-353- 

356-359-362-369-402, etc. 

ermus Militis 361 

ermus Nani 359 

ermus Oliverii 356-372 

ermus de Pemerit 357 

crmus Periou 355 

ermus de Plocneiz.. 338-357 

ermus de Pontpren 357 

ermus de Ponteligni .... 347 

ermus Seznoc 338 

moci Eudo 351 

otiYvo 358 



Ham 339 

Hamon SoUici 427-432 

Helevarn Nicolaus 372 

Henauff 341 

Henrici Alanus 338 

Henricus Cantor 399 

Heuricus Kcntrec 393 

Henricus Quorigou 405 

Henricus Thome .... 388-391-407 
Henricus de Veterilanda .... 339 

Hero Hugonis 337 

Herveus Cantor 402 

Herveus Oudrecen 352 

Herveus de Jugo 360 

Herveus Pape 357-359 



— 291 - 



No. 

Herveus Pelrus 380 

Herveus de Stagno Parvo . . . 364 

Herveus Sulguen 406 

Herveus de Viconovo 393 

Heuriou Guillermus 359 

Hospitis Oliverius.. 371-381-415- 
421-425 427-430, etc. 

Hugonîs Hero 337 

Hugo de Keroullac 345 

I J 

Insula (Daniel de).. 361-373-381- 

385-389, etc. 

Johanncs Barbuti 393 

Jeslin 419 

Johaunes Bloc 373 

Johaiines Brehus 338 

Johanues Briantii 314-359 

Johannes Corric 363-364 

Johannes Dervei 368 

Johannes Fravali . . . 338-358-362 

Johannes de Lespervez 411 

Johannes Lupi 356-358 361 

Johannes Moreu 359 

Johannes Mutonis 378 

Johannes Perfecti 431 

Johannes Prcjencii 388 

Johannes Priolic 389 

Johannes Prioric 387 

Johannes Pengucn 356 

Johannes Penruzic 359 

Johannes de Pontecruce 338 

Johannes de Quocttanoizre . . 365 
Johannes Raolini .... 345-354-36 1 

Johannes an Rouser 389 

Johannes Scch 307 

Johannes Sici 396 

Judicellus Felestrec. 378-387-397 



No. 

Jugo (Herveus de) 361 

Jugo (Margareta de) 361 



K 



Kemperle (Guillermus de) . 348-357 

Kenmaroc Hervé 338 

Kentrec Henricus 393-409 

Ker Eudo (de) .S61 

Ker Petrus (de) 363 

Ker Alanus (de) 405 

Kaer G 405 

Keraliou 366 

Keranguen Petrus 374 

Keranguen Matheus 432 

Kercaff Guillermus 411 

Kergonou 340 

Kergorlé 368 

Kergroezez Guillermus 390 

Kergus Johannes 427 

Kermaroc Alanus 350 

Keroullac Hugo 345 

Kersanteuc Yvo 359 

Kylliouch 3.57 



Landeguennec (de) 336 

Lannedern Dyonisius (de). 369-373 

Lanros R. (de) 350 

Lanros Yvo (de) 359 

Lespervez 411 

Lestuhan Rioc (de). . 340-348 353 

357-360-363-367-373 399-403 

411, elc , 429. 

Lisquoet D 387 

Long! Petrus 403 

Luce RoUandus 355 

Lupi Johannes . . 356-358-361-365 



— 292 — 



N- 



Margareta de Jugo 861 

Margarela de Nevet 348 

Margareta Premer 357 

Marhec. 337-339-314-353-365, etc., 

415-452 

Marhec Gauffiridus 356 

Mas Pclnis (du) 432 

Matheus de villa alba ....... 388 

Mauritius de Monte 376 

Meancie Eudo 359 

Mercatoris J 421 

Milbrcten Rîchardus .... 372-371 

Militis Petrus 413 

Mispcrit J. (de) 386-406-416 

Militis Guillermus ... 3 10-367-376 

Monte de Maurilius 376 

Moren Alanus 357 

Moren Johannes 359 

Mulonis Johannes. . . 378-409-412 

416-421-432, etc. 



N 



Nani Guillermus 359 

Natalis Tanguidus 360 

Natalis StcUan. . . 356-359 369-415 

423-431 

Neveto Margareta (de) 348 

Nicolaus 393 

Nicolaus Chonani 401 

Nicolaus Coharn 386 

Nicolaus Helcvam 372 



Oliverius archidiaconus 370 

Oliverius Corre 355 

Oliverius Derrien 363 



Oliverius le Henanff 341 

Oliverius Hospitis 371-392 

vide Hospitis. 

Oliverius Primogeniti 387 

Olivcrii Guillermus 356-305 

Oudrcccn Herveus 352 



Palude Alanus (de) 315 

Pape Herveus 357-359 

Pemerit Guillermus (de). 357-359 

Pengucn vicarius 391 

Penguen Johannes . . 356 359-360 

401-421-427 
Pcnqucllenec Alanus. . 416-422-420 

431 
Penquellennec Rivallo (de). . 359 

392-394-411 

Pennizic Johannes 359 

Periou Guillermus 355 

Perfecti Johannes 431 

Peron Bernardus (du) 404 

Petrus Clcrici 356 

Petrus Hervei 380 

Petrus de Ker 363 

Petrus de Kergorle 3^8 

Petrus de Kerongar. 374 

Petrus Militis 413 

Petrus Plichon 398 

Petrus de Ponte medardi. . . . 357 

Petrus Premer 357 

Petrus de Roma 368 

Petrus Roussignol 413 

Plichon Petrus 398 

Ploc Guillermus 428 

Ploeneiz Guillermus . 338-357-359 

Ponte abbatis H. (de) 406 

Ponte cruce Johannes (de). . . 338 
Ponte ligni Alanus (de) 350 



— 293 — 



Ponte ligni Guillermus (de) . . 350 
Ponte ligniGuillermus (de). 347-359 

Ponte medardi Petrus (de) . . . 357 

Pontpren Guillermus. 357 

Postgeniti Oliverius 349 

Prejencîi Johannes 388 

Primogeniti Oliverius 387 

Primogcuiti Johannes 432 

Priolic Johannes 389 

Prioric Johannes 387 



N 



oa 



Quentrcc Henricus 357 

Quoedic 357 

Quoettanaizre, 365 

Quorigou Henricus 405 



Radulphus Caradoc 365-386 

Radulphus Gallon 340-318 

Raolini Alanus . . 336-354-356-359 

Raolini Johannes 345-347-354 

357-361-376-383 

Richardus Fabri 339 

Richardus Milbreten 372 

Rioc 369-429 

Rioc de Rosmadeuc 359 

Rioc de Lestuhau 340-344 357- 

429, etc. 

Rivallon 352 

Rivallon de Penquelennec. . . 359 

Rivallonus Salon 337 

Robertus Coetlech 346 

Roderus Favé 367 

Rollaiidus 355 

Roma Petrus (de) 368 

Rouselli Alanus 356-358-359 

Roselli^Stephanus. 379-407-418-425 



Rosmadeuc Rioc (de) ....... 359 

Rouazle 366 

Rouser Johannes 389-426 

Roussignol Petrus 413 

Roux Alanus 356 

Roux Yvo 412 

Royenyeuc 348 

Runbran Alanus 356-357-359 

Runbian ou Runbran . . . 388-404 



S 



Salou 337 

Savary 856 

Schahunec Alanuç . . 365-369-382- 

407-413 

Scumuro Aureli 398 

Sech 397 

ScUarii G 358 

Serrelagat Guido . . . 418-420-423- 

425-427, etc. 

Sici Johannes 396-413 

Sorochan 397 

Stellan Natalis.. 356-359-369-378- 

400, etc. 415-423-431 
Stagno Parvo (de) . . 337-344-347- 

850 354-357-364, etc. 

Stephanus Roselli 379 

Stephanus Thancul 377 

Stephanus Thome 400 

Sulgron 406 407 

Symon. 408 



Tanguidi Natalis 361 

Tanguidi Yvo 376 

Tecnour Eudo 386 

Tegula Guido (de).. 411-415-416- 

420-425-427 



- 294 - 



Tcgula Johannes (de). . . 383^995- 
402-401, etc., 415-416-418 

Thaneul 377 

Thomas Episcopi. . . 336-339-356< 

358-367, etc. 

Thomas Herveus 395 

Thome Henricus .... 388-394-404 

Thome Guillermus 428 

Thome Stephanus 400 . 

Treanna de Johannes. 411-415-420 

422-425-426, etc. 

Tregarec GuiUermus 417 

Trement Eudo 359 

Treouret G 417 

Trevedic G. 406 

Turch Eudo-Yvo. . . . 357-364-366 

370 390-405, etc. 
Turneru Yvo 356-359-426 

U 
Urbain VI, pape 3L8 



N' 



V^alancc Johannes (de) 348 

VnlloconEud 396 

Vcteri lauda Henricus (de) . . 339 

Vico novo Herveus (de) 392 

Villa Alba Matheua (de) 388 

Villa collis, Alanus (de) 336 



Yvo an Conc 336-352 

Yvo de Conche 368 

Yvo Currerii 379 

Yvo de Guernarpin 359 

Yvo de Kersanteuc 359 

Yvo de Lanros 359 

YvoGuiUoli 358 

Yvo Roux 412 

Yvo Treziguidi 376 

Yvo Turnerii 356 



Cartulaire* 

TABLE ALPHABÉnQtJE DES NOMS DE LIEUX 



Beu2ec-Gap-Siznn 340 

Combrit 383 

Daoulas 366 

Kemper-Corentini 339-357 

Kemperele 348-357 

Kerfenten 359 

Kermeurzin 359 

Kernevez 359 

Lannédem 373 

Lennon 348 

Locus Marie 359-421 

Parcus an Roe 359 

Pemerit 357 



Ploegoff 359 

Ploelan 413 

Ploemodiern 359 

Ploeneiz 338-357 

Ponte crucis (de) 338 

Ponte medardi (de) 357 

Pontpecii 348 

Pontusguen 359 

Pontustum 359 

Spezet 340 

Tuon heir 359 

Vicus novus 393 

Vicus vinec 359 



Qoimper, typ. de Kerangal, impr. de l'ËTêcbé. 



DIOCÈSE DE QUIMPER ET DE LÉON 



BULLETIN 

DE LA COMMISSION DIOCÉSAINE 
D'ARCUITECTUHE & D'ARGHÉOLOGIB 



BOLLBTIIf DE LA COMMISSION DIOCÉSAINE. — 8« aDD^e. 



I>IOO£BSH2 DS QUIMPJB2R Ab DS USION 



BULLETIN 



DE LA 



COMMISSION DIOGËSAINË 



d'Architecture & d'Archéologie. 



ville Année 



PRIX de fAbonneniMt ênnuûl : 

5 Francs. 



"W 



QUIMPER 

TYP. DE KERAN6AL, II<PR. DE L'ÉVÊGHÉ 

1908 



CARTULAIRE 

DE L'ÉGLISE DE QUIMPER 

(Suite.) 
483. 

PIERRE DU MAS PRÊTE SERMENT PERSONNELLEMENT («' 

- 81 Août 1888. - 



Anno Domini M? CCCo nonagesimo octavo, die ultima 

mensis Augusti, hora terciarum vel circa, indictione sexta, 

Pontificatus Benedicti pape decimi tercii anno quarto, pre- 

sentibus venerabilibus et discretisvirisdominisMagistris 

Joh. de Tegula, 0. Hospitis, Joh. de Alta villa (2), Daniele 

de Insula; et Joh. Treanna canonicis ecclesie Corisopiten- 

sis capitulantibus, venerabilis et discretus vir Magister 

Petrus du Mas canonicus ecclesie Corisopitensis iuravit in 

propria persona statuta, observancias et laudabiles con- 

suetudines ecclesie Corisopitensis. 

Acta in Capitule ut supra. 

J. Bloez. 



484. 

PIERRE BEGUT, CHANOINE, PREND POSSESSION (» 

- 8 Avril 1888. - 



Anno Domini M^ CCC^ nonagesimo nono, die nona 
mensis Apprilis, circa horam prime dicte diei, indictione 

(1) Cart. 31, f 31. 

(2) ÀUa vUla, Kerhuel. 

(3) Cart. 31, ^ 80. 



— 6 — 

octava, ab electione domini B. decimi tercii ultimi in 
papam electi anno sexto, venerabilis vir Petrus du Mas 
canonicus Corisopitensis, vigore mandati Reverendissimi 
in Christo Patris ac domini domini T. permissione divina 
Episcopi Corisopitensis, induxit venerabilem etdiscretum 
Magistrum Petrum Beguti in possessionem corporalem et 
realem canonicatus et prébende... quos venerabilis vir 
Magister Johannes Beguti obtinere solebat... quem in 
canonicum et fratrem recepimus, et juravit statuta et 
observancias dicte ecclesie tenere et observare, presenti- 
bus... Militis, Âlano Penquelennec canonicis... (Acte peu 
lisible.) 

485. 

MACICOT REÇU PRÊTE SERMENT (0 

- 21 Mal 1899. - 



Anno Domini M9 CGC» nonagesimo nono, die vigesima 
prima mensis Maii fuit Johannes Filas receptus in maci- 
cotum et juravit statuta ecclesie, presentibus Magistris 
Guillermo Militis, 0. Hospitis, H. Sulguen, Daniele de 
Insula. J. Corric, Yvone de Kaer et Alano de Penque- 
lennec. 

486. 

RACHAT D'UNE RENTE POUR L'ANNIVERSAIRE 
DE GUILLAUME DE LOCHARIA(') 

- 80 Mal 1399. - 



Anno Domini Mp CCC^ nonagesimo nono, die veneris 
ante festum Ronani, redemit Marcus Crom viginti solidos 
annuos super descriptos (3) pro anniversario Guillermi 

(1) Cart. 81, ^ 67. 

(2) Cart. 61, f 87. 

(3) En 1336, o* 943. 



— 7 — 

de Locomarie quondam Archidiaconi de Pocher, pro qui- 
bus solvit quindecim irancos auri. 

Datum ut supra, presentibus in Capitulo Magistris 
Herveo Sulguen, Petro Dulias, Guillermo Militis, Daaiele 
de Insula, 0. Hospitis. Jo. Coriic, A. Penquelennec. 

J. Bloez. 

437. 

GUILLAUIIE YNISAN PAIE AMENDE AU CHAPITRE <«> 

- 4 Juin 1398. ~ 



Anno Domini M» CCC<> nonagesimo nono, die quarta 
mensis Junii, indicione septima, ab electione Benedicti 
in papam ultimo electi anno quinto, presentibus Richardo 
Comitis, Gaufïrido Sellarii et aliis, Guillermus Ynisan 
Pelliperius, in Capitulo Corisopitensi presens, eisdem 
venerabilibus viris Capitulo Corisopitensi, in dicto Capi- 
tulo propter negocium infrascriptum capitulantibus, 
emendare se obtulit et de facto emendavit tam... bono- 
rum quam pecuniarum, videlicet usquead centum solidbs 
monete currentis, eisdem venerabilibus viris ad eorum 
moderacionem... ab eodem Guillermo solvendos non 
obstante lapsu... diei et anni, eo quod auctoritate sua pro- 
pria executionem fecerit in subditos et in lerritorio 
eorumdem venerabilium virorum Capituli predicti, ut 

idem Guillermus hoc recognovit. 

J. Bloez, transcripsit. 



488. 

GUILLAUIIE DE KER ARCHIDIACRE PRÊTE SERIIENT (') 

- 6 Août 1889. - 



Anno Domini M® CGC* nonagesimo nono, die martis 
post festum B. Pétri ad vincula, indictione septima, ab 

(1) Cart 81, ^ 64. 

(2) Cart. 31, f^ 26. 



— 8 — 

electione domini Benedicli in papam ultimo electi anno 

quinto, presentibus ad hoc venerabilibus et discretis viris 

Magistris Herveo Sulguen, Guillermo Marhec, Oliverio 

Hospitis, Jobanne Corric, Yvone de Ker canoDicis Coriso- 

pitensibus, venerabilis vir Magister Guillermus de Ker 

Archidiaconus et canonicus Corisopitensis in dicto Capi- 

tulo presens, juravit statuta ecclesie Corisopitensis, con- 

suetudines et observaciones bene et fideliter observare, 

antiquioribus ejusdem, reverenciam et obedienciam exhi- 

bere, franchisias et libertates ecclesie Corisopitensis ser- 

vare. 

Âcta ut supra. 

J. Blobz. 

489. 

THÉBAUT DE LA BOURDONAYE PRÊTE SERIENT (O 

- 18 Août 1389. - 



Anno Domini M» CCCo nonagesimo nono, die décima 
nona mensis Augusti hora vesperorum, indictione septima 
et ab electione domini Benedicti in papam ultimo electi 
anno quinto, presentibus Magistris Jobanne de Tegula, 
Herveo Sulguen, Oliverio Hospitis, Jobanne Corric, Alano 
Penquelennec canonicis, Petro Boustouer, Jobanne Pre- 
gencii et pluribus aliis, Magister Theobaldus de la Bour- 
donaye canonicus Corisopitensis juravit tenere et ob- 
servare statuta et consuetudines laudabiliter observatas 
Capituli Corisopitensis. 

Acta fuerunt bec in Capitule supra dicto. 

A. Sgahunbg. 

(1) Gart. 81, f^ 53. 



— 9 — 

440. 

JEAN DE HALESTROIT PREND POSSESSION PAR PROCUREUR ') 

-18 Octobre 1388. ~ 



Die décima tercia mensis Octobris, anno M» CCC<> nona- 
gesimo nono, circa horam compleclorii illius diei, Petrus 
Rouxuel procurator et procuratoris nomine Magistri Jo- 
bannis de Malestricto canonici ecclesie Corisopitensis , 
fuit inductus in possessionem canonicatus et prébende 
ecclesie Corisopitensis, per venerabiiem virum Magistrum 
Guillermum Militis canonicum dicte ecclesie et fuit stal- 
lum assignatum in coro et locus in Capitulo, et juravit 
idem procurator, nomine quo supra, observare statuta 
ecclesie Corisopitensis. Datum die et anno quibus supra, 
presentibus Magistro Herveo Sulguen, et Magistro Petro 
du Mas testibus. j^ Ancipitris faciet instrumentum. 



441. 

GLAZRAN DE PENDREFF REQU CHANOINE (') 

- 28 Janvier 1400 (n. t.). - 



Anno Domini M9 CCC^ nonagesimo nono die vigesima 
nona mensis Januarii hora prime etc. indicione octava 
ab electione Benedicti XIII ^ in papam ultimo electi anno 
VIo presentibus et capitulantibus venerabilibus dominis 
Guillermo de Ker archidiacono Corisopitensi, Guillermo 
Marhec, Johanne Corric, 0. Hospitis, A. de Penquelennec, 
Petro Dumas canonicis, dominis Johanne Mutonis, Natali 
Stellan curatis et aliis, fuit Magister Glazrenus de Pen- 
dreQ in personam massicoti de Kerdrain procuratoris sui 
receptus in canonicum in Capitulo Corisopitensi et juravit 
procurator statuta etc. j^ ^^^^^ 6, Serrelagat. 

(1) Gart. 81, f* 26. 
(S) Gart. 31, f> 58. 



— 10 — 
442 

PIERRE ROSSIGNOL REQU CHANOINE «) 

— 30 Janvier 1400 (n. s.)* — 

Anno quo supra (1399) die penultima dictî mensis hora 
terciarum indictione et electione supra dictis presentibus 
et capitulantibus prefatis canonicis dempto tamen Magis- 
tro Guillermo Marhec, Guillermo de Cagia magistro Jo- 
hanne de Misperit et aliis fuit Petrus Philomene (2) près- 
byter receptus in Capitulo Corisopitensi in canonicum et 
juravit statuta etc. 

Item ipsi venerabiles viri mandaverunt Johannem Mu- 
tonis ipsum in papirarium ad distribuciones cotidianas 

®^c- J. Bloez, g. Serrelagat. 



448. 

JEAN DE MALESTROIT 

PREND POSSESSION PERSONNELLEMENT (») 

- 11 Mars 1400 (n. t.). - 



Anno Domini Mo CCCo nonagesimo nono die xi^ mensis 
Marcii hora terciarum, indicione vin*, ab electione Bene- 
dicti Xill in papam ultime electi anno \i^, presentibus 
Reverendo in Christo pâtre et domino domino T. Coriso- 
pitensi episcopo, Guillermo Marhec, Alano de Penque- 
lennec, Johanne Corric, Petro Dumas, Petro Philomene 
canonicis Corisopitensibus, Magistris Johanne de Misperit, 
Johanne de Kerban et aliis, fuit venerabilis vir Magister 
Johannes de Malestroit receptus in Capitulo Corisopitensi 
in canonicum illius ecclesie et juravit statuta illius eccle- 
s»® etc. j, Bloez. 



(1) Gart. 31, ^ 53. 

(3) Philomene, traduction du français ou du breton VEosUk, 

(3) Cart. 31, ^ 46. 



- n - 

444 

HOSPITALE SANCTE CATHERINE^O 

Nomination d'un administrateur. 
- 13 Mal 1400 - 



Aqdo Domini M9 quadricentesimo die jovis post festum 
beati Michaelis io monte Garganti presentibus domiDis 
Johanne Kouser, Guillermo Tregonec, Yvone Ballacon, 
Johanne de Castrolini et aliis, venerabile Capitulum Cori- 
sopitense capitulans, elegerunt et presentaVerunt domi- 
num Yvonem Turnerii presbyterum in administratorem 
et procuratorem hospitalis béate Katedne vacantem per 
mortem Yvonis Quoetpont videlicet Magistro Âlano Pen- 
quelennec vicario generali in spiritualibus domini Epis- 
copi Corisopitensis, qui quidem vicarius hujusmodi elec- 
tionem et presentacionem recepit et protestacione facta 
pro parte dicti Turrier de non renunciando cure sue nisi 
in quantum haberet jus ad dictum hospitale, juravit sta- 
tuta ipsius hospitalis. 

Âcta ut supra indiccione octava ab electione Benedicti 
XIII in papam ultimo electi anno sexto, presentibus et 
capitulantibus Magistro Guillermo Marhec, Johanne Cor- 
ric, Herveo Sulguen, Âlano de Penquelennec, Petro 
Dumas, Guillermo de Ker, Johanne Treanna canonicis. 

J. Bloez, transcripsit. 



445. 

LES VICAIRES DE S. CORENTIN PRÊTENT SERMENT f') 

- 7 Mal 1400. ~ 



Anno Domini M9 CCCo die vu'' mensis Maii indicione 
viu'' ab electione Benedicti XIII^ in papam ultimo electi 
anno vP presentibus Magistro Johanne de Misperit, Daniele 
Madiov et aliis, Natalis Stellan, Herveus Dineult, Johan- 
nes Mutonis, Guillermus Tregonnec, Stephanus Rouselli, 

(1) Cart. 31, ^ 44. 

(2) Cart. 81, ^ 47. 



- 12 — 

Johannes an Rouser, Yvo Ballacon, Johannes Corfiet, 
Guido Keruegant, Johannes Hurgoez, Yvo Tuanant, Johan- 
nes an Marhec, Yvo Salie, Oliverius Gantperent et Yvo 
Glemarhee Curati et ministri respective ecclesie Coriso- 
pitensis in Capitulo Corisopitensi per procuratorem Capi- 
tuli in presencia venerabilium dominorum de dicto Capi- 
tulo capitulantium, requisiti juraverunt statuta ecclesie 
et chori Corisopitensis bene et fideliter tenere et observare 
presentibus et capitulantibus pro dicto négocie venera- 
bilibus viris Magistris Herveo Sulguen, Guillermo Marhec, 
Petro Dumas, Johanne Corric, A. Penquelennec etO. Hos- 
pitis canonicis Corisopitensibus. J. Bloez. 



446. 

OLIVIER GANTPERENT NOMIIIÉ AVOCAT DU CHAPITRE («) 

- 23 Juin 1400. - 



Anno Domini Moquadragintesimo, die mercurii in vigi- 
lia festi nativitatis Beati Johannis Baptiste, fuit Olivarius 
Gantperent creatus inclientem Gapituli etjuravitoiliciura 
bene et fideliter exercere presentibus et capitulantibus 
Magistris Herveo Sulguen, Guillermo Marhec, 0. Hos- 
pitis, Petro Philomene, Johanne Corric, Johanne Treanna 
canonicis. J. Bloez. 

447. 

GUILLAUME BOURHIS REÇU MACICOT (') 

- B Mal 1400. - 



Anno Domini M^ quadragintesimo, die mercurii post 
Misericordia Domini (3), fuit Guillermus Burgensis cle- 
ricus receptus in mancicotum ecclesie Corisopitensis et 
juravit statuta consuetudines et observaciones. 

(1) Cart. 81, f> 81. 

(S) Cart. 81, ^ 40. 

(8) SecoDd dimanobe après Pâqaes, le 9 Mai, en 1400.! 



- 13 - 

DIACRE ET SOUS-DIACRE DOIVENT PERSONNELLEIENT 

REIPLIR LEUR OFFICE («) 

- 27 Juillet 1400. - 



Anno Domini M9 quadragentesimo, die martis post fes- 
tum sancti Jacobi (2), presentibus et capitulantibus vene- 
rabilibus viris Magistris Guillermo Marhec, Herveo Sul- 
guen, 0. Hospitis et Petro Dumas canonicis, fuit in Capitulo 
Corisopitensi inhibitum sub privacionis chori pena, Guil- 
lermo scribe Yvoni Bellacon presbyteris ne per alium 
quam per ipsosmet exerceant officia sua in ecclesia Cori- 
sopitensi videlicet dyaconatus et subdiaconatus et ut 
intersint eisdem officiis, jejuniis stomacis, in suis propriis 
personis. 

Acta in Capitulo Corisopitensi die et anno predictis, 

indictione viii* ab electione Benedicti XIIU in papam 

ultimo electi, anno sexto. 

J. Bloez transcripsit. 



449. 

JEAN DE MALESTROrr REÇU CHANOINE (') 

- 6 Août 1400. - 



Anno Mo quadragentesimo die quinta mensis Augusti 
hora terciarum vel circa, indiccione octava, et ab electione 
B. in papam ultimo electi anno vP, presentibus dominis 
Natali Stellan, Yvone Dantec, Oliverio Quoetperec pres- 
byteris fuit Guillermus Presart clericus procurator et 
procuratorio nomine litteratorie destinatus Magistri Jo- 
hannis de Malestricto canonici Corisopitensis receptus in 
canonicum et fratrem dicte ecclesie in canonicatu et pre- 
benda quos nunc deflunctus dominus Petrus Roussignol 

(1) Ctrt. 31, ^ 52. 

(2) Dimtnche 25 Jaillet. 

(3) Cart. 31, ^ 53. 



— 14 - 

presbyter obtinere solebat in dicta ecclesia, per assigna- 
cionem loci in Capitulo et stalli in choro qui quidem 
procurator juravit statuta ecclesie observare. 
Actum fuit in dicta... (Hc). 



450. 

YVES LE PENNEC REÇU IIIACICOT(') 

— 22 Septembre 1400. — 



Anno que supra (1400) die mercurii post festum Beati 

Mathei Apostoli, fuit Yvo an Pennée receptus, per Capi- 

tulum capitulando, in mancicotum ecclesie Gorisopitensis, 

et juravit statuta dicte ecclesie, presentibus et capitulan- 

tibus venerabiiibus viris dominis et Magistrîs. Jo. de 

Tegula, Herveo Sulguen, A. de Penquelennec, 0. Hospitis, 

Guillermo Marhec, Petro du Mas, Jo. Corric et Guillermo 

de Ker Archidiacono. 

J. Bloez transcripsit. 



451. 

LE PRIEUR DE L'HOPITAL MIS A L'AMENDE (') 

— 27 Septembre 1400. — 



Die et anno quibus supra (27 Septembre 1400) et eis- 

dem supra nominatis canonicis in Capitulo capitulantibus, 

fuit statutum et ordinatum contra Yvonem Quoetpont 

priorem Hospitalis Sancte Katerine et Stephanum Rou- 

selli presbyteros, absentes tamen, quod mendarent quili- 

bet ad centura solidos, eo quod, contra statuta fuerunt in 

delacione cuiusdam cadaveris consanguinee dicti prioris 

de eodem hospitali ad domum fratrum minorum civitatis 

Gorisopitensis. 

J. Bloez. 

(1) Ctrt. 31, f 28. 

(2) Gart. 31, ^ 40. 



— 15 — 

452. 



HENRI OLIVIER REÇU MACICOT («) 

— 26 Novembre 1400. — 



Aûno Domini M^ quadragintesimo, die veneris post 
festum béate Katerine virginis fuit Yvo filius Henrici Oli- 
verii textoris receptus in macicotum chori ecclesie Cori- 
sopitensis et juravit statuta ecclesie Corisopitensis, pre- 
sentibus et capitulantibus venerabilibus viris Magistris 
Johanne de Teguia, Herveo Sulguen, 0. Hospitis, A. de 
Penquelennec canonicis. 



458. 

RÈGLEMENT TOUCHANT LES OBITS (') 

— Sans date (vera 1400). — 



Ad evitandum obmissionem dampnosam contingere 
valentem circa obitus faciendos in ecclesia Corisopitensi 
annuatim etamissionem eorumdem ne negligencia pereant 
ministrancium nec receptorum in futurum, diligenti 
consilio et tractatu super hoc habite extitit unacum con- 
sensu ordinatum quod de cetero quicumque obitus reci- 
piendus aut tradendus in dicta ecclesia inscribetur per 
manum procuratoris et eciam alicujus contrarotulatoris 
instituti vel instituendi a Capitulo in duobus katernis pro 
utroque. 

454. 

PIERRE LE MARHEC REÇU CHANOINE <') 

- 31 Mars 1401 (n. a.). - 



Anno Domini M^ quadragintesimo, hora prime vel circa, 
dies ultime mensis Marcii, indicione nona, ab^lectione 



(1) Cart. 31, ^ 61. 

(2) Cart. 31, f 52. 

(3) Cart. 31, f 21. 



— 16 — 

Benedicti decimi tercii in papatum ultimo electi anno 

septimo, presentibus Oliverio Gantperent, Guillermo 

Cronc presbyteris et aliis fuit Magister Petrus Militis in 

Capitulo ecclesie Corisopitensis receptus In canonicum et 

locus sibi in dicto Capitulo assignatus, et iuravit statuta 

ecclesie et hoc per Magistrum Guillermum Marhec ca* 

nonicum. 

J. Bloez. 

455. 

YVES TAILLECOT REÇU CHANOINE TRÉSORIER (') 

- 6 Juillet 1401. - 



Anno Domini M^ quadragintesimo primo, die mercurii 
in octobas festi Âpostolorum Pétri et Pauli, presentibus 
discretis viris Magistris Herveo Sulven, Oliverio Hospitis, 
Johanne Corric, Guillermo de Kaer Archidiacono ejusdem 
ecclesie, Petro Militis canonicis ejusdem ecclesie et plu- 
ribus aliis, Bertrandus Simonis presbyter procurator et 
procuratorio nomine discreti viri Magistri Yvonis Tail- 
lecot thesaurarii et canonici ejusdem ecclesie fuit recep- 
tus et in possessionem ductus eorumdem thesaurarie et 
canonicatus per assignacionem stalli in choro et loci in 
Capitulo juravitque statuta dicte ecclesie prout in isto 
libro continetur, bene et fideliter observare. 

DE Kervatoux. 

(1) Cart. 31, f» 32. 

(A suivre,) 



- 17 - 



CORRESPONDANCE 
I. TRÊHOT de GLEBMOIIT, MUre de Pont-Croli (1791). 

(Suite.) 



Les deux mois de Mai et de Juin furent une période rela- 
tivement tranquille ; le Conseil municipal occupa ses 
loisirs à la police des églises et à Torganisation de la Fête- 
Dieu, qui avait occasionné, Tannée précédente, un vérita- 
ble scandale : les jeunes gens ayant enlevé le dais aux 
quatre porteurs désignés par le marguillier. Cette fois, il 
est bien établi que les notables choisiront quatre d'entre 
eux pour porter le dais à chaque procession. Tout parti- 
culier sera tenu de tendre décemment devant sa maison, 
de nettoyer la rue et d'enlever les immondices. Le com- 
mandant fera prendre les armes par la garde nationale ; 
il n'admettra pas de soldats au-dessous de dix-huit ans et 
leur commandera la plus grande décence. 

Il n'y a guère d'autre incident local à signaler que 
l'affaire Le Gac, prêtre non conformiste, ancien profes- 
seiir au collège de Quimper, retiré depuis peu de temps à 
Pont-Croix où il s'occupe de l'éducation des enfants de la 
dame d'Esclabissac. Dénoncé par un notable, il dut com- 
paraître devant la Municipalité pour répondre de « propos 
incendiaires » qu'il aurait tenus. 

Le 6 Juin, vers 8 heures du soir, l'abbé Le Gac, reve- 
nant de la promenade avec ses élèves, rencontra dans le 

Bulletin db là Commission diocjîsainb. — 8* anDée* 2 



— 18 - 

faubourg, vis-à-vis des Ursulines, un homme entouré de 
plusieurs femmes et filles et leur lisant un papier. L*air 
original de cet homme attira son attention. Il le prit 
d'abord pour un vendeur de chansons revenant de la 
foire de Pouldavid. Il passait son chemin, quand cet 
homme Tapostropha, disant qu'il lisait des papiers contre 
les « faux bulles de pape )), car il parle fort mal le fran- 
çais. Détestant par caractère et par principe toute espèce 
de calomnie, Le Gac se crut obligé, comme chrétien et 
comme prêtre, de répondre à cet homme que les bulles 
n'étaient peut-être pas si fausses qu'il les croyait, puisque 
l'Assemblée elle-même ne disconvenait pas qu'elles ne 
vinssent pas du Pape — à preuve, l'ouvrage de M. Le 
Camus, membre de la dite Assemblée —, mais soutenait 
qu'elles n'avaient pas de force en France parce qu'elles 
n'ont pas été acceptées ni enregistrées suivant la forme. 
Si on le poursuit, qu'on poursuive aussi le Journal ecclé- 
iiastiquBt le Journal général f le Courrier d'Avignon, etc., 
qui n'ont pas été démentis par aucun autre folliculaire. 
Des gens qui entendent mal le français, ont confondu : 
(( accepter et reconnaître vrai )), et s'ils ont dit la même 
chose, c'est que les témoins, quand ils doivent rendre 
témoignage, se demandent les uns aux autres, ce qu'ils 
ont entendu. (( D'ailleurs, ajoute Le Gac, je suis trop au 
courant de la question pour avoir pu dire que l'Assemblée 
avait accepté les bulles et, si j'avais voulu tromper, j'au- 
rais mieux choisi mon monde et mon lieu. J'ai dit que les 
bulles étaient vraies en ce sens qu'elles veuaient de Rome 
et je suis prêt à le répéter devant tous les tribunaux pos- 
sibles )). Cette défense habile et courageuse valut à Le Gac, 
pour le moment, une simple admonestation de la part du 
Conseil municipal. Il fut prévenu d'être, à l'avenir, plus 
circonspect dans ses propos. Mais le District de Pont- 
Croix, dans sa séance du 9 Décembre 1791, observe au 



— 19 — 

Département qu'en exécution de son arrêté du 29 Novem- 
bre, il a fait mettre en état d'arrestation le sieur Le Gac, 
pour s'être depuis longtemps rendu suspect : !<> par son 
refus de prêter serment ; 2^ par des altercations avec de 
bons citoyens et avec la Municipalité même de Pont-Croix, 
pour la manifestation de ses principes anti civiques sur 
les bulles ; 3» enfin, par son entrée au service d'une mai- 
son connue par sa haine pour la Constitution (1). 

Le 24 Juin, le Conseil général, extraordinairement 
assemblé, se rend au Directoire — où se trouvent déjà réunis 
les membres du District et du Tribunal —, pour y recevoir 
communication d'un décret de TAssemblée Nationale, en 
date du 21 de ce mois, qui annonce l'enlèvement du Roi 
et de la famille royale. Lecture en est donnée par la fenê- 
tre à la foule assemblée sur la place, et l'on décide qu'une 
garde de quinze hommes se tiendra cette nuit sous les 
halles et fera des patrouilles d'heure en heure, pour arrê- 
ter toutes personnes suspectes ainsi que voitures, che- 
vaux, bagages. Cette nuit même, le Roi rentrait à Paris... 

Le lendemain, suivant l'arrêté du District de tenir les 
armes en état, la Municipalité fait venir Jean Ânsquer, 
armurier, et lui enjoint de travailler, même le dimanche, 
aux réparations nécessaires. On prendra vingt livres de 
poudre, chez Guézenncc, distributeur, deux cents pierres 
à fusil, et, comme il n'y a pas de balles en ville, on en 
fera avec du plomb mat, puis des cartouches. Tous les 
hommes sans distinction, de vingt à soixante ans, seront 
tenus de monter la garde, et ceux qui ne le pourraient 
pas, au jour indiqué, paieront douze sols pour celui qui 
les remplacera. Défense est réitérée aux cabaretiers de 
donner à boire, après 9 heures du soir, excepté aux étran- 
gers, et tous ceux qui ont des voyageurs à loger, devront 



(1) Cr. DoeumenU, U, 76. 



-- 20 — 

en faire la déclaration au Maire à peine de dix livres 
d'amende, au profit du corps de garde. La Municipalité 
sera permanente et s*assemblera provisoirement deux 
fois par jour pour régler tout ce qui pourrait survenir de 
nouveau. 

Ce qui survint, l'histoire locale ne le dit pas, car le 
registre des Délibérations municipales manque de Juillet 
à Décembre, et la correspondance du Maire en est d'autant 
plus précieuse. Il est vrai que les affaires générales : la 
fuite du Roi, le vote de la Constitution, prennent une 
place de plus en plus grande dans ces lettres qui se ter- 
minent par le compte-rendu des élections à l'Assemblée 
législative. 



* 
# * 



< !•' Juillet 1791. 

« La fuite du Roi est inexcusable. Il a compromis sa 
dignité royale et avili sa personne par les moyens qu'il a 
employés : c'est une faute basse, grossière, gauche et 
irréfléchie dont l'Histoire ne présente point d'exemple. 
Quelqu'impardonnable qu'elle soit pourtant, l'Assemblée 
Nationale doit user de beaucoup de prudence vis-à-vis de 
lui. Il me semble que les mesures qu'elle se propose de 
prendre sont trop violentes et trop rigoureuses. Toutes 
les puissances voisines sont armées, leurs troupes bor- 
dent nos frontières. Depuis longtemps, elles sont en 
vedette sur ce que deviendra le Roi et sur la manière dont 
on en usera envers lui. Si on le traite rigoureusement, si 
on le dégrade trop, si enfin on le veut annuler, il est à 
craindre qu'elles prennent sa défense. Ce ne sera certai- 
nement pas, surtout dans les circonstances présentes, par 
rapport à la personne individuelle du Roi, mais pour la 
cause commune des fois en général. Autant de rois voi- 



- âi - 

sins, autant d'ennemis cachés de la Nation française qui 
peuvent se montrer aussitôt qu*on aura déposé le Roi, ou 
qu'on aura pris contre lui des moyens équivalents. Le 
Royaume porte encore dans son sein plus de citoyens 
ennemis de la Constitution que de vrais patriotes. Tous 
veulent avoir ce titre honorable, tous le prennent avec 
enthousiasme, mais les lois les touchent-ils ? Le patrio- 
tisme, qui chez eux n'est qu'un masque, tombe et laisse 
voir l'homme au naturel, c'est-à-dire, attaché à ses jouis- 
sances, à ses propriétés, au bien-être dans lequel il était 
né, ou qu'il s'était procuré par ses travaux — c'est celui 
qui est le plus précieux —, que les lois lui arrachent pour 
le mettre dans la gène et souvent dans la misère qu'il 
n avait point connue jusqu'alors ou dont il s'était délivré 
par ses sueurs. Je suis dans un bien petit coin du monde 
et j'y vois plus des deux tiers des habitants qui ont pris 
successivement ces sentiments ! Je juge par ceux-ci du 
reste des habitants du royaume. » 

c 4 Jaillet. 

(( Les nouvelles que tu nous donnes et celles contenues 
dans les feuilles sont d'autant plus aflligeantes qu'on 
n*entend parler par ailleurs que d'incendies et de meur- 
tres. J'en reviens toujours à dire que, dans la circons- 
tance, l'Assemblée doit agir avec beaucoup de prudence 
et de modération vis-à-vis de la famille royale et du Roi. 
Je conviendrai toujours que celui-ci a fait la plus grande 
balourdise qu'on puisse imaginer, mais il aurait pu se 
justifier de cette fausse démarche, de manière à la faire 
croire utile et faite dans les vues du bien de son royaume. 
Item, il n'est pas sorti du royaume, il avait le droit comme 
tout autre citoyen de le parcourir, il pouvait justifier son 
incognito. Enfin, il se défend, par Déclaration, en esclave 



- 22 - 

et non en Roi, comme il le pouvait faire. Nous avons 
néanmoins hier fait chanter un Te Deum solennel, fait 
brûler un feu de joie de cent soixante fagots en son hon- 
neur et gloire; et, ce matin, pour récompense, j'ai été 
assailli de plaintes de quantités de petits désordres arri- 
vés à la suite de cette fête civique, car nous avons fait 
illuminer partout : tous les corps étaient invités à y assis- 
ter : clergé, garde nationale, district, tribunal et munici- 
palité. Depuis le départ du Roi, nous faisons monter la 
garde et faire patrouille toutes les nuits, par tous les habi- 
tants quels qu'ils soient : clergé et autres ; ceux qui ne veu- 
lent pas la monter paient douze livres pour le faire. 

(( Le désordre est grand partout. Il y a eu un soulève- 
ment à Concarneau : les citoyens ont été obligés de se 
réfugier dans la ville et de couper le pont de communica- 
tion, mais cela fut pourtant terminé en trois ou quatre 
jours sans effusion de sang. A Quimper, on est assez tran- 
quille : un régimentcitoyen s'est uni à la garde nationale 
et cette union fait un merveilleux effet . » 

c 8 JaUlet. 

« La lettre de M. de Bouille est bien insolente. Il paraît 
pourtant vrai qu'il est l'auteur ou le machinateur de la 
fuite du Roi. Il a, je^crois, bien fait de passer en pays 
étranger. C'était un homme à qui il aurait fallu faire le 
procès et dont il aurait fallu faire un exemple. L'Assem- 
blée Nationale, dans cette circonstance, s'est supérieure- 
ment comportée. Elle doit avoir quelque obligation au Roi 
de cette fuite : sans elle, elle n'eut jamais aussi bien connu 
le point de confiance que la Nation avait en elle. Il est 
vrai que cette éclipse nous a exposés à de graves dangers, 
ainsi que la Nation, à des guerres intestines et extérieu- 
res. Mais le Roi est rentré, et tout me semble devoir être 



— 23 — 

effacé. Je trouve même qu'on a déjà trop fait contre lui, 
car enfin, il n'a pas sorti du royaume ; il n'est pas 
prouvé qu'il eut dessein d'en sortir mais il n'a fait que ce 
que tout citoyen a droit de faire, celui de parcourir le 
royaume, comme il veut et quand il veut, et s'il se défen- 
dait mieux qu'il ne le fait, il fermerait la bouche à tout le 
monde. Il y avait beaucoup de choses qu'il eût pu dire en 
parlant même en Roi, sans blesser l'Assemblée Nationale. 
Mais il est trop tard : il s'est rendu trop petit, par son 
premier manifeste et par sa déclaration qu'il ne peut plus ^ 
désavouer. J'attends avec impatience le dénouement de 
tout cela, car jusqu'à présent, on ne voit pas trop ce que 
deviendra ce Prince. » 

« 11 Juillet. 

« Je suis bien charmé que tout soit tranquille à Paris 
et l'on peut dire que cela est fort heureux dans la circons- 
tance présente. Le parti à prendre vis-à-vis du Roi est de 
le laisser reprendre ses fonctions royales comme au passé 
et reprendre le travail avec lui comme devant. Je serais 
même d'avis de retirer cette double et triple garde qu'on 
lui a mis. Où veut-on qu'il aille ou qu'on l'emmène ? 11 
ne sera pas tenté de retomber en pareille faute ; tous 
efforts seraient vainement tentés de sortir du royaume 
désormais, comme aussi de beaucoup s'éloigner de la 
capitale; il sera surveillé dans toutes ses démarches. Au 
demeurant, sa fausse démarche a produit un grand bien. 
Tous les projets des aristocrates sont déconcertés, ils ont 
connu par ce moyen quelles forces on avait à leur oppo- 
ser. Monsieur et M. de Condé devraient rentrer dans le 
royaume. Que feront-ils désormais chez l'étranger ? Que 
M. d'Artois par exemple y reste : à la bonne heure ! C'est 
un turbulent dont on se passera bien et qui, au loin, ne 



— 24 — 

pourra pas faire le mal qu'il ferait plus près. Voilà pour- 
tant bien des apparences de paix et de calme dont la per- 
sévérance pourrait opérer votre prompt retour, mais vous 
avez encore bien de la besogne à faire. » 

c 15 JnlUet. 

« On ne paye encore d*impôt nulle part, pas plus en 
Bretagne qu'ailleurs parce qu'on ne sait que payer ni quel 
sera le taux de la propriété foncière. Je suis étonné et 
même inquiet de savoir comment on peut se passer au- 
jourd'hui de ces impositions qui ne sont encore suppléées 
par rien, et comment on peut suffire sans cela à tout ce 
qu'on paye et ce qu'on a à payer et aux dépenses énormes 
qu'on fait. Je n'y conçois rien. 

(( Quant aux patentes, elles ne produisent presque rien. 
Personne n'en prend. Je ne crois pas que cela aille mieux 
à Quimper, et suivant ce que j'ai lu il y a quelque temps, 
cet impôt ne prend pas beaucoup mieux à Paris ; cepen- 
dant, il me parait modéré et ne devoir pas être pesant ; 
il devrait être mieux accueilli par les villes qui avaient 
des maîtrises et jurandes, que par les autres ; surtout les 
sommes payées pour les maîtrises étant remboursées. 

« Je vois que les réclamations des deux cent quatre- 
vingt-dix protestants n'ont d'objet que l'espèce de gouver- 
nement qu'on tend à établir en République ; ils s'y opposent 
et, en cela, je ne puis les désapprouver ; il y a un grand 
nombre des vôtres qui sont de leur sentiment : c'est en 
général celui de toute la France. Nous voyons que, dans 
beaucoup de clubs, toutes les motions qui ont été faites 
en faveur de la République ont été sévèrement repoussées 
et rejetées. 

« A propos du 15 Juillet, nous renouvelâmes hier le 
serment fédératif, mais à bien moins de frais qu'à Brest 



- 28 - 

et qu*à Quimper. Cette fête coûtera à cette première ville 
plus de cinquante mille livres et à celle de Quimper, au 
moins deux mille écus. Voilà comment on fouette l'argent 
dans un temps où on n'en a pas trop. Nous y avions cinq 
de nos gardes nationaux ; ils sont allés à leurs frais. » 

c 18 JaUlet. 

(( Quoi I sur douze cents que vous êtes, tu veux qu'il y 
en ait neuf cents de vendus à la liste civile I Cela n*est pas 
facile à concevoir. On concevra plutôt qu'ils sont les plus 
raisonnables et je me rangerais plutôt de leur côté que 
du vôtre, non pour le Roi individuellement, car il a fait 
la plus lourde faute qu'un Roi puisse faire surtout vis-à-vis 
de son peuple, faute d'autant moins pardonnable qu'il 
avait les moyens de se faire rendre justice sans la faire. 
Mais il faut la faire dans l'intérieur du royaume, et sans le 
parti de la douceur que prennent les neuf cents, vous 
auriez une guerre intestine, car il faudrait s'attendre, en 
agissant autrement, à voir deux partis en France, celui 
du père et celui du fils qui s'armeront bientôt, et les puis- 
sances du dehors auraient beau jeu ensuite. Rétablissez le 
Roi dans ses fonctions, donnez-lui un conseil royal dont 
vous nommerez les membres et tout rentrera dans Tordre : 
c'est, je crois, le parti le plus sage dans les circonstances 
présentes. 

(( Ne comptez pas trop sur vos forces militaires, j'entends 
sur la garde nationale ; elle n'est pas souvent telle que 
vous la voyez à Paris et dans quelques grandes villes ; 
mettez toutes les autres en face de l'ennemi et vous verrez 
'la belle bouchée qui en sera faite. D'ailleurs, elles sont 
sans chef, car on ne peut appeler de ce nom ceux qui les 
commandent, qui ne sont pas plus aguerris qu'eux ; où en 
trouver qui le soient ? 



— 26 — 

u Samedi, il arriva ici un guidon dont le Département 
a fait présent au District ; il fut apporté, je dis escorté, 
vendredi, par vingt hommes de Quimper à Douarnenez; 
ensuite, escorté de Douarnenez à Pont-Croix par trente. 
Nous en envoyâmes vingt-cinq au-devant, jusqu'à Gom- 
fort (1). Nous fûmes en costume et en corps, au-devant, 
jusqu'à Langroaz; les Juges vinrent nous y joindre; le 
District vint aussi, après. Cela fut ainsi à bâton rompu, 
par un quiproquo. Mais enfin on fut tous rassemblés, deux 
deux heures avant l'arrivée du a petit mouchoir », comme 
dit Rosalie. » 

c 23 JuUlet. 

(( Ne te déchaîne pas tant contre le décret qui décide du 
sort du Roi : il était nécessaire qu'il fut tel pour le repos 
intérieur et tu as beau dire, pour celui extérieur du 
royaume. J'ai lu avec beaucoup de plaisir et d'intérêt 
toutes les discussions sur cette affaire qui sont contenues 
dans les gazettes. Tout y est supérieurement traité : il y 
en a de très sages, il y en a de très exaltées et folles 
même ; ces dernières n'ont point prévalu et c'est un grand 
bien. Vous allez désormais travailler tranquillement, et je 
me flatte que le calme va renaître. J'ai trouvé dans les 
gazettes une opinion qui était à moi : celle que la fuite 
du Roi, à laquelle a succédé son arrestation, devait opérer 
le retour du calme dans le royaume, parce que les enne- 
mis du repos public allaient voir leurs projets déjoués et 
toutes leurs espérances évanouies. En effet, dans notre 
coin, nous avons vu un changement subit dans la con- 
duite des prêtres et du peuple : les églises de campagne 
sont pleines, les fêtes et dimanches, de désertes qu'elles 

(1) a « u Yie municipale à Pont-Croix (1790-1791) ». Bulletin de la 
Sociétë Arehéologique du FitUttère, 1906. 



— 27 — 

étaient (i) ; les enfants qu'on avait privés des cérémonies 
du Baptême et de l'enregistrement de leur naissance ont 
été rétablis dans tous leurs droits ; beaucoup de prêtres 
qui résistaient à s'éloigner de quatre lieues, du lieu où ils 
étaient fonctionnaires, ont obéi. Je .viens même, dans le 
moment, d'expédier à Tun d'eux un passeport pour Ros- 
trenen ; il va chez l'abbé Boulain qui y est recteur, cela 
en qualité de curé ; il y fera le serment dimanche ; il est, 
de Plouhinec, c'est un nommé Kerdréac'h : il a fait le 
diable dans cette paroisse, a détourné les autres prêtres 
de se soumettre à la loi. Depuis le jour du Sacre, je le 
cherche pour le faire ramasser. Figure-toi que ce jour-là, 
où la procession de Plouhinec vient à Keridreux» lui et 
les autres prêtres étaient au cabaret, vis-à-vis de la cha- 
pelle ; le Recteur vint tout seul en procession, soulagé de 
deux employés qui lui servaient de chantres. Il faut pour- 
tant dire que l'abbé Billiec (2) n'était pas du nombre, 
mais toutefois, il ne prêtait aucune assistance au Recteur 
et allait dire sa messe dans les chapelles qui sont dans 
cette paroisse, et voilà de bonnes messes I 

« L'abbé Liscoat, ancien supérieur du Séminaire, après 
avoir soulevé tout le clergé du diocèse, aussitôt l'arresta- 
tion du Roi, a écrit à tous les prêtres non conformistes de 
communiquer avec ceux qui l'étaient. Mais le Départe- 
ment ayant remarqué que, malgré cela, il détenait des 
assemblées de prêtres qu'il présidait chez sa cousine, lui 
a ordonné de se rendre à Brest dans vingt-quatre heures 

(1) De Rosalie, le 12 Septembre : c Je fus hier à Ploiôvet avec Mad. 
Durest et quelques autres perscooes. U y avait fort longtemps que M. Quil- 
livic nous y engageait; il voulait même que nous y fussions un dimanche 
pour donner l'exemple à ses paroissiens qui commencent h revenir de 
leur erreur : il y a cependant encore quelques villages qui ne vont pas à 
la messe.... » 

(2) René Rilliec, vicaire k Plouhinec depuis 1770, se rendit volontaire- 
ment à Pont-Croix, en Décembre 1792, et fut détenu aux Capucins de 
Landerneau. 



— 28 — 

et d'y garder la ville pour prison (1). Le petit abbé Cos- 
soûl y est aussi depuis quelque temps ; il était à dîner 
chez sa mère, quand il reçut ordre de s'y rendre sur 
l'heure ou qu'il allait y être conduit par un piquet tout 
prêt à marcher. C'est là qu'on envoie tous nos prêtres 
séditieux. L'abbé Mauduit (2), grand vicaire, fuit au- 
devant d'un décret de prise de corps ; on dit qu'il a été 
arrêté à Nantes. » 

€ 25 Juillet. 

(( Nous avons su la scène du Champ de Mars, samedi 
dernier, par une lettre de M. Expilly au Département, 
dont M. Guéguen envoya un exprès prendre une copie, 
afin de calmer son inquiétude et les nôtres que nous cau- 
saient des bruits bien plus funestes qui se répandaient. 
Par la lettre de ce prélat et la tienne il ne s'agit que de 
(( cela )) et ce « cela » est beaucoup trop encore. 

(( Les nouvelles ici sont qu'un sieur abbé Jacquerie, 
l'abbé Kermorvan, son frère ex-capucin, et le recteur 
Coroller ont été arrêtés à Concarneau vendredi, déguisés 
en habit de couleur : les Kermorvan avec une perruque à 
queue et Coroller, une perruque à boucles. La Municipa- 
lité les fit mettre dans une charrette et conduire au Dépar- 
tement qui les déposa au Séminaire. Je pense qu'ils sont 
partis pour Brest. On dit et on assure que la famille Ker- 
salaûn a décampé, même le bonhomme; cela demande 
confirmation. 

(( Informe-toi donc de M. Santerre, s'il n'a point d'ar- 
gent à remettre au Chapitre à Pont-Croix. » 



(1) Cf. NoUce hiitorique, 91. 

(3) ÀDtoine-AdrieQ de Mauduit, vicaire général, recteur de Plovan, 
chaise de sa paroisse le 19 Avril 1791, se retire dans sa famille, puis eo 
Espagne. 



- 29 - 

c 29 JaiUet. 

(( Tu as procuré à Audierne une école d'hydrographie, 
c'est un grand bien pour cette petite ville,' mais le vérita- 
ble militaire Jouan, aujourd'hui gendarme, dit que les 
s.... n'en auront pas plus de reconnaissance; je répondis 
que je croyais bien que tu ne t'y attendais et que tu ne 
l'avais sûrement fait que pour le bien du pays. 

(( Avant-hier, on a expédié un prêtre réfractaire pour 
le Séminaire de Quimper, doxi hier il a dû partir pour 
Brest; c'est un de tes contemporains du Collège, nommé 
Raguénès, cy-devant vicaire de Landudec remplacé, et à 
qui l'arrêté du Département portant ordre à tous les ecclé- 
siastiques remplacés de se tenir éloignés de quatre lieues 
de la place qu'ils occupaient a été intimé. Il y avait obéi 
et s'était retiré chez sa mère à Crozon, mais n'a pu s'y 
tenir tranquille. Le Département lui a fait donner la 
chasse, en le poursuivant, pour le transférer à Brest. Il 
venait ici, pour ensuite coucher à Audierne et y joindre 
deux autres prêtres qui l'y avaient précédé de quelques 
heures. Je pense que leur projet était de s'embarquer 
pour se rendre à Jersey. Quoi qu'il en soit, il vint ici me 
porter des plaintes d'un homme qui Tavait attaqué dans 
le grand chemin et me prier de lui faire rendre son che- 
val. Je lui demande à faire voir son passeport ; il me 
répondit qu'il n'en avait pas. Alors I bon voyage, M. l'abbé I 
La Municipalité d'Audierne a aussi arrêté les deux autres 
prêtres sur le compte de Tun desquels il n'y a point de 
reproche que celui de n'avoir point sermenté, mais il 
communique avec les conformistes. Savina, ton camarade 
de classe, recteur de Crozon, le garde pour son vicaire, 
ce qui est un témoignage de sagesse, mais l'autre va par- 
tir dans le moment pour aller au Département, par qui il 
est réclamé. » (A suivre,) 



— 30 — 




SUR LES 



PAROISSES DU DIOCÈSE DE QUIMPER ET DE LÉON 

Par MM. PEYRON et ABQRALL. 

(Suite.) 



DOUARNENEZ 

(Suite.) 



Avant d'exposer les événements qui se passèrent au 
temps de la Ligue à Douarnenez, nous allons raconter, 
d'après le récit qu'en a fait le Père Maunoir, dans la Vie 
manuscrite de Catherine Daniélou, un effet merveilleux 
de la protection de saint Corentin sur un jeune homme 
de Quimper qui avait une dévotion particulière pour ce 
saint Patron. La légende a sans doute brodé un peu sur 
l'histoire, mais elle doit avoir cependant son fondement 
sur un fait qui se serait passé au commencement du 
XV® siècle, sous l'épiscopat de Mgr Bertrand de Rosmadec. 

Ce récit, le Père Maunoir nous dit l'avoir entendu, en 
1642, d'un ancien homme de Plogonnec qui, vers l'an 
1580, était écolier, à Locronan, de M. Noï, prêtre, et « qui 
passait dans ce temps pour le plus habile homme de Cor- 
nouaille ». Or, M. Noï avait lu à ses écoliers cette his- 
toire extraordinaire (( écrite dans un ancien manuscrit ». 
Le Père Maunoir entendit aussi raconter cette histoire 
par Marie Thomas, également de Plogonnec, qui disait 
l'avoir apprise de son père a qui vivait du temps que la 



— 31 — 

mémoire des aventures de ce jeune homme était encore 
fraîche». Ce qui acheva de frapper le Père Maunoir, c'est 
que ces mêmes aventures lui furent rapportées par Cathe- 
rine Daniélou, qui disait les avoir entendu r conter par 
un de ses protecteurs mystérieux, qui lui apparaissaient 
si souvent lorsqu'elle passait la nuit dans la cathédrale de 
Quimper. 

Quoi qu'il en soit, voici le récit consigné par le Père 
Maunoir- dans la Vie écrite par lui de cette voyante. 

« Environ la fête de S^ Corentin, 1642, un jeune enfant 
que Catherine appelait son petit maître lui raconta cet 
exemple de charité que montra S^ Corentin à l'endroit 
d'un jeune gentilhomme qui l'avait pris pour père. 

« Près la ville de Quimper il y avait un gentilhomme 
qui avait trois enfants mâles, mais il avait une antipathie 
étrange contre l'aîné appelé Joseph -Corentin de Coeta- 
nezre (1), ne cessant de le crier et maltraiter. Sa mau- 
vaise humeur le porta à un tel point qu'il se résolut de le 
chasser hors de sa maison. Dans ce dessein il va trouver 
sa femme et lui dit : « Mon cœur, je ne saurais durer avec 
(( Joseph-Corentin, je suis en dessein de l'envoyer hors 
« d'ici, afin que je ne le vois plus ». Elle y consent et on 
lui donne trente écus avec ordre d'aller bien loin, de ne 
retourner plus au logis et de ne point dire de quelle famille 
il était. 

« Ce jeune gentilhomme, qui était fort pieux et qui avait 
fort bien étudié ses humanités et en philosophie, fut bien 
étonné de ce procédé si sévère ; il se rend à l'église 
S^ Corentin, se jette aux pieds de son immage, disant les 
larmes aux yeux : « Glorieux S* Corentin, vous voyez que 
« mon père et ma mère m'ont jeté hors de leur maison. 



(1) Coetaoezre, sieur de Pral maria, à Locmaria, portant pour armes : 
de gueules à trois épées d'argent garnies d'or, les pointes en bas ran- 
gées en bande. 



- 32- 

(( je vous prends pour père, servez-moi de conducteur. » 

« Ayant achevé sa prière, il tire vers Douarnenez et 
étant à demi lieue de la ville (1) il se tourna de rechef 
vers S* Corentin et lui fit cette prière : « Oh mon cher 
(( père ! ne m'abandonnez pas, gardez-moi et m'accom- 
« pagnez dans mon chemin. » 

(( Au bout de deux lieues et demi, il rencontra une 
croix ; d'un côté était peinte l'image de Jésus crucifié, de 
l'autre, celle de la Vierge ; il se jette aux pieds de Jésus 
et lui dit : « Mon doux Jésus, mon père m'a jeté hors de 
(( la maison, servez- moi de père et ayez pitié de votre 
(( pauvre fils », puis s'agenouillant de l'autre côté il dit : 
« Vierge Marie, refuge des orphelins, ma mère m'a aban- 
« donné, je vous prends pour mère et me jette entre vos 
(( bras, mère de miséricorde ! )) Oh que cette confiance 
lui vaudra d'avoir pris S^ Corentin pour père et la Sainte 
Vierge pour mère I 

« Tournant son chemin à côté droit, il rencontra dans 
un village de la paroisse dePlogonnec une pauvre femme 
qui se lamentait et criait en pleine tète. Il lui demande 
ce qu'elle a : « Hélas I dit-elle, il y a trois jours que mon 
(( mari est mort, je suis chargé d'une bande d'orphelins, 
« je n'ai rien, je ne puis payer les frais d'inhumations, je 
« suis réduite à l'enterrer dans mon jardin où je lui ai 
« fait une fosse. » 

« Le jeune homme ne put contenir ses larmes en voyant 
cette misère, il recommanda à la femme de mettre sa 
confiance en Dieu qui ne délaisse point ceux qui espèrent 
en lui, et lui donna ses trente écus, ne se réservant que 
vingt sols. (( Faites enterrer votre mari, ajouta-t-il, faites 
(( dire des messes pour lui et consacrez le reste au soula- 
« gement de vos enfants. » Oh qu'il fait beau assister les 

(1) Du haut de l'aDcienoe route de Douaroeoez, il y a une vue superbe 
de la cathédrale et de toute la ville. 



— 33 — 

misérables en leur grande extrémité! Ce jeune homme 
verra un jour combien une œuvre de miséricorde est 
agréable à Dieu. 

« Étant sorti de ce lieu il s'en va sans savoir où ; il 
entre dans un bois d*où il aperçoit une maison de no- 
blesse (1). Il n*ose y aller de peur de faire déshonneur à 
son père, il se couche dans un fossé sans souper, priant 
Dieu et S^ Corentin. Le matin, comme il se lève, il aper- 
çoit une dame se promenant dans le jardin qui lui dit : 
« Aimez- vous Dieu ?» — « Hélas, Madame, dit-il, ce n'est 
« pas le désir de mal faire qui m'a mené ici, je suis un 
(( pauvre jeune homme que mon père et ma mère ont 
« chassé de leur maison ; je n'ai pas osé aller en cette 
(( maison de noblesse de peur de faire déshonneur à mes 
« parents. » — « Aimez-vous la Vierge ?» — « C'est ma 
« mère. » — « Qui aimez-vous encore ?» — « S* Coren- 
« tin, que j'ai pris pour père et pour conducteur. » — 
(( Cela va bien. » Cette dame était la Sainte Vierge, qui 
avait pris la forme de la tante du gentilhomme à qui 
appartenait la maison de noblesse, et comme cette dame 
parlait à ce jeune homme survint un évoque ; c'était 
S^ Corentin, qui avait pris la forme de Bertrand de Ros- 
madec, pour lors évéque de Cornouaille. La dame et le 
prélat s'étant entresalués, ce dernier s'enquiert de ce 
jeune homme, qui il était ? Celui-ci répondit qu'il était 
chassé de la maison de son père et de sa mère et qu'il 
n'avait plus d'espérance qu'en Dieu, la Vierge et S^ Coren- 
tin. L'Évèque lui ayant recommandé de tenir bon à cette 
dévotion, lui demanda s'il ne pouvait pas servir dans 
cette maison de noblesse. Il répondit qu'il était gentil- 
homme, qu'il craignait que si son père le savait, il ne 
s'en fâchât. Le prélat lui demanda : « Savez-vous écrire ? » 



(1) C'était le château de Leshascoêt, près de Kerlaz. 
Bulletin de la Commission diocjîsaine. — 8* année. 



— 34 — 

— (( Oui, )) répondit-il. Alors la Dame et TÉvèque, accom- 
pagaés du jeune homme, entrèrent dans la maison. 

<( Le gentilhomme, propriétaire du château, fut fort 
ravi de la visite de Monseigneur TÉvêque et de sa tante 
qui avait demeuré quelque temps à Paris, mais il ne 
savait pas le bonheur qu'il possédait. 

« Après s^être complimenté ils dirent au gentilhomme 
qu'ils lui menaient un honnête jeune homme qui savait 
fort bien écrire et que puisque leur fille ne savait pas 
écrire c'était une grande commodité pour eux de l'accep- 
ter comme maître. 

(( C'est ainsi que ce jeune homme demeura dans cette 
maison durant un an, donnant des marques de piété, 
d'honnêteté et de toutes sortes de vertus. Un jour, la 
dame trouvant son mari seul, lui dit : « Il faut, mon mari, 
(( que je vous décharge mon cœur, j'aurais un grand désir 
« que nous marions notre fille à son maître qui paraît 
« être issu d'une noble famille ; sa piété et vertu me ra- 
« vissent le cœur; il est bien difficile de trouver un parti 
(( aussi assorti des vertus chrétiennes nécessaires au sa- 
« lut; au reste, nous n'avons qu'une fille et nous avons 
« assez de bien pour elle et pour notre gendre ». Le mari 
fut aussitôt de l'avis de sa femme, il n'y eut qu'un oncle 
de la jeune demoiselle qui n'y voulut pas consentir; mais 
on passa outre, le mariage eut lieu et au bout d'un an les 
jeunes époux eurent un fils, auquel temps l'oncle mécon- 
tent forma le dessein de tuer son neveu. 

« Pour mieux réussir dans son méchant dessein, il 
mena le jeune marié chasser près du rivage de la mer où 
l'ayant jeté dans un lieu très profond, il prit la fuite et 
retourna en sa maison. Le jeune gentilhomme, se voyant 
de tout côté investi des vagues de la mer et dans un dan- 
ger évident de sa vie, invoqua l'assistance de la bien- 
heureuse Vierge et de S^ Corentin. Au même instant, il 



— 35 — 

sent une force invisible qui Tempéche d'aller au fond, et 
les flots de la mer qui se retirait le portèrent sur un 
rocher nommé Tévinec (1). Ayant abordé, celui qui Tavait 
soutenu lui apparut sous la forme d'une colombe blanche. 
Cependant, abandonné de tout secours humain, il réclama 
l'assistance de la Vierge et de S^ Corentin, puis demeura 
dans ce lieu cinq ans entiers. Toutes les nuits, il voyait 
près de lui un beau cierge blanc allumé ; c'était le secours 
de la Vierge. Deux fois le jour, il était assisté et visité 
d*un ecclésiastique, c'était S^ Corentin qui lui apportait 
sa nourriture. Au bout de cinq ans, ce prêtre lui dit 
adieu et l'avertit quil ne retournerait plus, que du reste 
le jeune homme irait souper à son propre logis, qu'il ne 
se mit pas en peine de son oncle, qu'il était dans l'impuis- 
sance de lui nuire, Dieu l'ayant rappelé à lui. 

« Ce charitable ecclésiastique étant disparu, voici qu'un 
vieillard chenu, nageant, aborda ce rocher et dit au jeune 
homme que, sachant bien nager, il le mettrait bien à 
terre s'il voulait bien lui donner quelque chose en retour. 
(( Que vous donnerais-je, repartit le jeune homme, pour 
(( ce bienfait ? )> — a Je suis content de vous donner tout 
« mon bien. » — « C'est trop, repartit le vieillard, je me 
(( contenterai de la moitié. » Là dessus, le vieillard prend 
le jeune homme sur son dos et le porte sur le rivage d'où 
son oncle l'avait précipité dans la mer. 

« Ayant abordé, le vieillard dit : (( Il n'y a rien qui 
(( presse, je reviendrai dans quelque temps recevoir mon 
(( salaire » et, s'étant dit adieu l'un à l'autre, voici qu'à la 
nuit tombante, se présentent au jeune homme deux pages 
de la maison de Leshascoêt. C'étaient deux anges, qui le 
conduisirent à la porte de sa maison, où, l'ayant rendu, 

(1) n y a uoe roche dite Tevenec à la sortie de la baie de DouarDeoez; 
mais la tradition populaire a toujours recODOU dans Ttlot du Flumlou le 
lieu où a vécu celui qu'oa a appelé c rermite du Flumiou i. 



- 36 - 

ils disparurent en un instant. Et le jeune homme, recon- 
naissant sa maison, rend mille grâces à Dieu son Sauveur, 
à la Sainte Vierge et à S^ Corentin. 

(( 11 frappe à la porte ; madame sa compagne, entendant 
le coup de marteau, dit : « C'est assurément mon mari 1 » 
Madame sa mère se moquant d'elle, disait : a Votre mari 
(( vous a abandonnée, il est bien loin d'ici )). Non obstant, 
elle vole à la porte, elle ouvre et, reconnaissant son mari, 
elle s'écrie : « C'est mon mari » I Tout le monde accourt, 
son petit enfant, âgé environ de quatre ans et demi, saute 
au col de son père. Celui-ci raconte alors à son épouse, à 
son beau-père et à madame sa belle-mère les embûches 
de son oncle, les aventures qui lui sont arrivées et les 
assistances de la grâce de Dieu. Le lendemain, toute la 
noblesse du canton vint le féliciter de son heureux retour. 

(( Un an après, comme ce gentilhomme était en un ban- 
quet avec ses amis, un pauvre vieillard frappe à la porte 
et demande à parler à M. de Leshascoêl; il était tout 
éguenillé, portait un long bâton, on lui voyait les bras 
nus par îes trous de sa chemise. Un des laquais, le voyant 
si malotru, le renvoya durement disant : a C'est bien un 
« tel homme comme vous de parler à Monsieur; retire- 
(( toi, autrement, je te donnerai des coups de bâtons ». Le 
pauvre homme répondit : « Quand je devrais demeurer 
(( ici jusqu'à dix ans, j'y demeurerai, j'ai une allaire de 
« conséquence à communiquer à Monsieur ». Un serviteur 
plus humain que l'autre se trouva sur la place, qui alla 
avertir le seigneur de la maison que, dans la cour, se 
tenait un pauvre mendiant qui avait une affaire d'impor- 
tance à lui communiquer. M. de Leshascoêt descend, le 
bonhomme lui dit : a Me reconnaissez- vous*.'' » 7- «Nenni, » 
répondit le gentilhomme. — « C'est moi qui vous passais, 
(( il y a un an, d'un rocher au milieu de la mer en terre 
(( ferme. » — « Pardonnez-moi, mon frère, montez s'il 



- 37 - 

« vous plaît. )) Les serviteurs étaient bien étonnés de voir 
ce gentilhomme traiter avec tant de respect ce pauvre 
mendiant ; mais celui-ci refusa de monter, prenant pour 
prétexte qu'il était pressé; il pria seulement le gentil- 
homme de faire le dénombrement et partage de ses biens, 
comme il l'avait promis. M. de Leshascoêt monta donc à 
sa chambre, où il raconta le tout à sa femme, qui se mon- 
tra contente de donner la moitié de son bien ; puis, des- 
cendant, il bâilla au pauvre le compte de tous ses biens 
meubles et immeubles, lequel, ayant tout examiné dit : 
(( Tout n'est pas ici )). Le gentilhomme assura qu'il n'avait 
rien omis. Mais le mendiant répliqua : a Venez à la cha- 
(( pelle qui est dans le bois, je vous dirai ce qui manque )). 
Rendus à la chapelle, le mendiant lui dit : « N'avez-vous 
« pas un petit enfant ))? — (( Oui. » — « Eh bien, je vous 
« conjure de l'amener ici. » 

« Lorsque le gentilhomme eut amené son enfant, le 
pauvre lui dit : a Vous m'avez promis la moitié de vos 
« biens, il faut que cette promesse se réalise». Ce qu'ayant 
dit, il tire un grand couteau, disant : « Il faut que j'aie la 
(( moitié de votre enfant ». — « Laissez mon enfant en vie, 
« dit le père, ou prenez-le tout. » Comme le mendiant 
levait le bras pour faire cette funeste division, voici entrer 
en la chapelle une dame qui arrête son bras. « Tout beau, 
(( dit-elle, ne passez pas outre. Dieu est content de la 
(( bonne volonté du père. » En même temps, entre au même 
lieu l'Évoque de Cornouaille. « Me connaissez -vous ? » 
dit la dame au gentilhomme. — « Je n'ai pas ce bon- 
(( heur. » — « Vous souvenez-vous que, lorsque vous fûtes 
« chassé de la maison de votre mère, vous prîtes la Mère 
« de Dieu pour mère ? C'est moi. Je vous mènerai au jour- 
ce d'hui avec moi au royaume des cieux. » L'Évéque lui 
demanda également : « Me connaissez-vous »? — « Hélas, 
« nenny. » — « C'est moi qui suis S* Corentin, je viens 



— 38 — 

« pour vous accompagner au royaume des cieux.» Le men- 
diant, prenant aussi la parole, lui dit : « Le jour que vous 
(( sortîtes de la maison de votre père, vous fîtes la rencon- 
« tre d*une femme désolée à qui vous donnâtes trente 
« écus moins vingt sols pour enterrer son mari : c'était 
« moi son mari, c'est moi qui vous ai soutenu sur la mer, 
(( qui vous ai transporté du rocher au rivage ; je suis venu 
« pour avoir la moitié du plus précieux de vos biens, le 
(( ciel aura votre âme et celle de votre fils, la terre sainte 
« aura votre corps o. Au même instant, ce gentilhomme, 
adorant à genoux les ordres du Ciel et se sentant frappé 
d'un trait secret de l'amour de Dieu, rendit son esprit à 
Dieu ainsi que son petit enfant. 

« La jeune dame, inquiète de l'absence de son mari et 
de son enfant, se rend à la chapelle et tomba pâmée en 
voyant son mari et son cher fils étendus à terre sans vie. 
Étant revenue à elle, après avoir rendu les derniers de- 
voirs à ses chers défunts, elle se fit religieuse. » 

Le Père Maunoir, pour bien montrer que le protégé de 
S^ Corentin n'était pas un personnage imaginaire, ajoute 
que (( ce jeune gentilhomme était aîné de la maison de 
Pratmaria (Coatanezre) et avait deux frères ; son père le 
chassa pour faire de son frère cadet l'aîné, ce que Dieu 
ne permit pas, car cet enfant qu'on destinait au droit 
d'aînesse mourut sans femme ni enfants. Le père d'Anne 
de Coetanaire, dame de Carné et mère de monsieur le 
Marquis de la Roche, devint aîné de cette maison et vécut 
jusqu'à l'âge de cent ans, et en cet âge il était encore si 
dispos, qu'il emporta le prix à Quimper en y courant la 
bague, ainsi que je l'ai entendu de Madame sa fille, envi- 
ron l'an 1643. » 

Ce récit merveilleux, que le Père Maunoir avait recueilli 
à des sources si diverses, l'avait tellement frappé, qu'il en 
composa en breton un cantique qui ne contribua pas peu 



— 39 — 

à maintenir, dans le peuple de Douarnenez surtout, le 
souvenir de a Termite du Flumiou ». 

La Ligue a Douarnenez 

L'histoire de la Ligue en Bretagne a été faite, dans une 
suite de récits pittoresques et inimitables, par un bon cha- 
noine de Quimper, Jean Moreau, prébende de Beuzec- 
Cap-Sizun, contemporain des événements, et auquel nous 
empruntons en grande partie les lignes qui vont suivre. 

« Dès le commencement de la guerre, écrit le chroni- 
queur, le S' de Guengat, qui avait nom Jacques de Guen- 
gat, s'étant retiré à Brest, qui était la plus prochaine 
retraite de ceux qui suivaient le parti appelé le parti du 
Roi, était en ce temps un hérétique. Le dit S' de Guengat 
ayant donc demeuré quelque temps en cette retraite, ne 
faisant peur ni mal à personne, ambitieux cependant que 
le comte de Moignane avait fait de bonnes rafiEles dans le 
pays Armorique, eut aussi envie d'y faire quelqu'exploit, 
sans beaucoup se risquer et dans le dessein de s'acquérir 
parmi les autres quelque réputation, quoiqu'il n'y eût 
aucune guerre commencée. 

(( Il se met en imagination que Douarnenez pouvait 
aisément être surpris par mer, d'autant qu'on y pouvait 
aisément mettre pied à terre en plusieurs endroits. 11 
demanda, pour venir à bout de son dessein, certain nom- 
bre des gens de guerre du S^^ de Sourdéac, gouverneur 
dudit Brest, et des barques et pataches pour les porter. 
Avec ces nombres de soldats, il y eut plusieurs réfugiés 
volontaires qui se mirent de la partie, à dessein de bien 
faire leurs orgies, comme ils l'eussent fait s'ils avaient 
été prévoyants et sur leurs gardes, car Douarnenez était 
lors habité par des gens riches et plein de réfugiés qui y 
avaient apporté leurs moyens. 



— 40 — 

« Cette belle flotte de dix à douze barques, faisant bien 
3 à 400 hommes, sous la conduite du S' de Guengat, arriva 
au port de Douarnenez, environ deux heures avant le 
jour, et y trouvèrent une si .'pauvre garde qu*ils mirent le 
pied à terre avant d'être découverts, et ayant cantonné 
tout le bourg à ce que personne des habitants n*eût bougé, 
ils se jettent au pillage et à faire bonne chère. 

(( Cependant, Talarme se donnait aux champs dans les 
prochaines paroisses, où Ton sonna le tocsin, et où il se 
trouva en moins de deux heures un grand nombre de 
populace que le Comte n'avait pas encore désarmée, et se 
jette en foule dedans le bourg, où était Tennemi, qui ne 
craignait rien, et le charge si brusquement qu'ils les 
obligent en confusion de courir à leurs barquerolles plus 
vites qu'ils n'étaient venus. Malheureusement pour eux, 
ils avaient abordé en pleine mer, et ils ne furent pas assez 
prudents pour y laisser des gens dedans pour les tenir 
toujours à flot à mesure que la mer se retirait, si bien que 
se voulant sauver, poursuivis par la commune et les habi- 
tants, qui avaient pris courage, ils trouvèrent partie de 
leurs vaisseaux sur le sec, entr'autres les plus petits, et 
les plus grands étaient plus avant dans la mer, où ils ne 
pouvaient atteindre sans péril de se noyer, et ayant l'en- 
nemi assez farouche en queue, et la mer élément sans 
miséricorde de l'autre, de quelque part qu'ils se tournas- 
sent, ils ne voyaient que l'image de la mort, et fuyant se 
jetaient à corps perdu à la nage, pensant gagner quelques- 
unes de leurs chaloupes ; les uns, ayant plus d'horreur de 
la mer que du fer, attendaient le coup et étaient massa- 
crés sur la grève. 

« Le S' de Guengat avec plusieurs autres attrapèrent de 
bonheure l'une des barques, où il se sauva ; en une autre 
il y entra tant de soldats en foule qu'elle enfonça et furent 
tous noyés. Ceux qui se sauvèrent de cette entreprise s'en 



— 41 — 

retournèrent avec leur capitaine à Brest, plus chargés de 
confusion que d'honneur. » 

Quelque temps plus tard, certainement après le départ 
de La Fontenelle, qui occupait Tîle Tristan en Février 
1594, le sieur de Guengat retourna à Douarnenez et, cette 
fois plus heureux, réussit à s'établir dans Ttle qu'il forti- 
fia de son mieux ; mais il n'y demeura pas longtemps 
tranquille. 

« Sur la fin de Mai 1595, de Créménec (1) (La Fontenelle), 
vint avec ses gens, passe à Locrenan au point du jour, 
donne dans Douarnenez et par même en l'île Tristan et 
se saisit de tous les deux non sans quelqu'efiusion de 
sang des habitants, ravagea le tout et envoya tous ceux 
qui avaient quelques moyens prisonniers à Créménec. Le 
S' de Guengat, nommé Jacques de Guengat, se portant 
capitaine de l'tle et du bourg pour le parti du Roi, s'étant 
quelque temps auparavant mis avec quelque nombre de 
soldats en garnison, et logeait en l'île même pour plus 
grande sûreté, comme il lui paraissait, de sa personne. 
Mais ayant été aussi négligent que ceux du bourg, dor- 
mant à la française, fut pris prisonnier dedans son lit, 
car en même temps l'île et le bourg furent pris, ce qui 
trompa le S^ de Guengat, qui faisait son compte que, en cas 
de danger, le bourg devait être le premier attaqué, et que 
le bruit qu'on y eût fait eût mis ceux de l'île sur leurs gar- 
des ; mais La Fontenelle, qui avait bien prévu cela, y pro- 
céda comme nous avons dit, qui fut un trait d'homme de 
guerre. Car si le S^^ de Guengat eût eu ouï le moindre 
bruit, ou il se fût assuré à la défense de l'île ou il se fût 
sauvé au plus tôt par mer, comme il l'avait fait une autre 
fois. 

(( La Fontenelle; après avoir fait curée de Douarnenez 

(l) Château, près du Faou6t. 



- 42 — 

et de rtle, où il trouva un grand butin, d^autant quil 
y avait nombre de riches marchands, et que ceux du plat 
pays, noblesse et autres, y avaient rendu tout leur plus 
beau pour plus grande sûreté, comme leur semblait. 

« Ayant aussi remarqué la dite île de situation très 
forte, commença à penser à sa retraite, chargé de dépouil* 
les et de prisonniers en grand nombre, prenant le che- 
min de Créménec, à la counaissance de toute la garnison 
de Quimper et de leur capitaine Prez (ou du Pré) et du 
S' de Kermoguer, gouverneur de ladite ville, qui ne s*en 
remuèrent non plus que des souches. C'est pourquoi le 
Roi, de ce averti, et le dit Prez étant peu après à Paris, 
commanda à son prévôt de le pendre sans autre forme 
de procès. Toutefois, à la prière de quelques grands, il 
eut la vie sauve, par la promesse qu'il fit au Roi de 
remettre ladite île en son obéissance ou y mourir. Nous 
en pourrons parler ci-après. 

(( Les prisonniers de Douarnenez, rendus à Créménec, 
furent traités à la turque et même plus barbarement, par 
tourments et toute sorte de pauvreté et de disette, pour 
tirer plus grande rançon d'eux que ne montait tout leur 
bien, et ainsi les mettant à l'impossible, mourraient mi- 
sérablement dans les cachots et cloaques. Ceux qui, pour 
éviter les tourments, avaient, au moyen de leurs amis et 
parents, pu trouver promptement leur rançon, sortirent 
demi-morts, semblant plutôt à des anatomies ou spectres 
hideux, n'ayant que la peau et les os, chargés de puan- 
teur et de vermine, lesquels, sitôt qu'ils étaient à changer 
d'air etde viandes, mouraient pauvrement d'une enflure...» 

(( La Fontenelle (1), après qu'il eut reconnu l'Ile Tristan 
pour une bonne place de retraite et qu'il y avait moyen, 
en y ajoutant un peu d^œuvre de mains, de la rendre im- 

(1) Chao. Moreau, 808. 



— 43 — 

prenable, rendu qu'il eut ses prisonniers et son butin à 
Créménec, s'en retourna quatre ou cinq jours après à 
Douarnenez avec forces bagages et appareils et se va loger 
dans l'île, laissant partie de ses gens au bourg, le tout au 
vu et au su de la garnison de Quimper, de Concarneau, de 
Pont-l'Abbé et de Brest, sans qu'aucun se remuât. Ce 
logement de La Fontenelle à Douarnenez fut au com- 
mencement de Juin 1595. 

« La commune (c'eit-à-diré leê paysans), voyant quelle 
importance était cette place au pays, si l'ennemi s'y for- 
tifiait, et que les garnisons n'en faisaient aucun semblant, 
se mit sous les armes de toutes parts et se prépare pour 
les venir assiéger, lis font leur gros à Saint-Germain- 
Plougastel. La Fontenelle, averti, les vint rencontrer avec 
une bonne partie de la garnison, sachant que la populace 
n'est rien contre des gens de guerre, et entre des haies 
fait marcher ses gens à couvert, fors dix ou douze qu'il 
envoie pour attirer les paysans à jeu en la lande qui était 
près. Sitôt que ses cavaliers parurent, la commune, sans 
ordre ni discrétion, confusément se débande après, avec 
ses hurlements horribles et accoutumés, sans songer qu'il 
pouvait y en avoir d'autres. Ces cavaliers, se voyant suivis, 
font semblant d'avoir peur et se retirent à grands pas. 

Les autres suivent et étant au milieu de la lande, voilà 
trois ou quatre cents chevaux qui viennent fondre sur 
eux et sans aucune résistance en font tel carnage qu'ils 
veulent et prennent le S' du Granec (fils du sieur Coata- 
nezre de Pratmaria), l'un de leurs conducteurs, qu'ils 
mènent à Douarnenez. » 

Vers la fin de 1595 ou le commencement de 1596, M. le 

commandant Faty, dans ses « Comptes du miseur )) (1), 

mentionne une tentative dirigée contre Douarnenez par 

■ - ' ' .■■,■,,.. - ■ ■ ■ . 1.^ ■ . ■ > — « 

(1) Bulletin de la SocUié Àrehéologique, XU, p. 178. 



le S' de Coatedrez : « A Jan Longet de Penmarc^h, 3 écus 
pour avoir conduit en la ville de Quimper les poudres, 
balles et mèches, au lëvement du siège de Douarnenez 
posé par le S' de Coatedrez ». La quittance est du 28 Jan- 
vier 1596. A la même époque, il est dit, dans le même 
compte, que Kermoguer, gouverneur de Quimper, envoya 
le messager OUivier Floch, à Douarnenez, trouver le capi- 
taine La Boulle, commandant en Tabsence de La Fonte- 
nelle, pour savoir si ce dernier voulait bien observer la 
trêve et empêcher les courses de ses soldats sur le pays, 
(( à la grande oppression et foule du pauvre peuple » ; 
puis un autre courrier fut dépêché à M. de Saint-Luc, à 
Rennes, pour lui dire que le dit La Boulle ne faisait 
« aucun état d'entretenir la dite trêve ». 

Vers cette époque, La Fontenelle fut pris et livré au 
S>^ de Saint-Luc, qui le rel&cha peu après, moyennant 
14.000 écus de rançon, malgré les réclamations des habi- 
tants de Quimper, qui voulaient sa mort. Mais La Fonte- 
nelle ayant continué ses pillages, le capitaine du Pré, qui 
commandait alors à Quimper, et se trouvait à Paris, reçut 
Tordre du Roi de s'emparer de l'île Tristan. Voici com- 
ment le chanoine Moreau raconte cette tentative mal- 
heureuse. 

Au mois de Février 1597, le S' du Pré, « étant de retour 
de Paris et désireux avoir envie d'effectuer la promesse 
qu'il avait faite au Roi, assembla quelques garnisons avec 
celle de Quimper, jusques à 800 ou 1.000 hommes, et s'en 
va, ayec cette ridicule poignée de gens, témérairement se 
présenter devant ladite île, autrement nommé le fort de 
Douarnenez, où la mer était lors, si bien qu'on ne pou- 
vait approcher par terre, s'avança le premier sur le sablon 
qui est entre l'tle et la terre ferme, quand la mer s'est 
retirée, faisant voltiger son cheval, provoquant l'ennemi 
de sortir à l'escarmouche. Des premiers coups de mous- 



— 45 — 

quel, le capitaine Prez est renversé par terre mort sur la 
place. Ainsi s'acquitta de la promesse qu'il avait faite au 
Roi, à Paris, de reconquérir Tlle ou de mourir. Ses gens 
se contentèrent de perdre leur capitaine et s'en retour- 
nèrent sans iiasarder davantage )). 

La date de cette malheureuse expédition nous est donnée 
par M. Faty, dans sa notice sur le « Compte du miseur, de 
Quimper, de 1595 à 1598 » (1). 

« C'est le 16 Février 1597, que les contingents de la 
petite armée de du Pré se mirent en marche sur Douar- 
nenez. Pour les diriger, on leur donna trois guides, qui 
reçurent 2 écus. Suivait un convoi de 12 charrettes, pour 
debvoir être employées à mener le canon et autres muni- 
tions de guerre. L'artillerie de siège ne se composait que 
d'un seul canon remisé au Guéodet et qui fut prêté par 
les bourgeois ; venait encore une voiture spécialement 
destinée à transporter les engins de destruction préparés 
pour brusler le grand vaisseau et le manoir de La Fonte- 
nelle. » D'après le Compte du miseur Chevillart, voici les 
matières qui entraient dans leur composition : un baril 
de goudron, 50 livres de braie de Flandre, 25 livres d'é- 
toupes, une certaine quantité de soufre et de fascines, 
dont le montant s'éleva à 4 écus 10 sols. 

Du Pré arriva le môme jour devant l'île Tristan pour 
éprouver le triste sort que lui mérita sa bravade. 

La Fontenelle essaya, le 5 Mai de la même année, à 
surprendre Quimper ; mais après une perte de 150 hom- 
mes mis hors de combat, il battit en retraite sur son île. 

M. de Sourdéac, gouverneur de Brest, averti de cet 
insuccès, trouva le moment favorable pour s'emparer de 
La Fontenelle, et se présenta, le 25 Mai 1597, avec des 
forces respectables pour entreprendre le siège en règle de 



(1) Bulletin Archéologique, Xn, page 193. 



- 46 ~ 

rile Tristan. Mais le chanoine Moreau nous apprend 
comment La Fontenelle (1) « fortifia tellement cette place, 
très forte de nature, qu'il la rendit imprenable, fit bâtir 
force maison, dedans Ttle, qu'il semblait, à voir de loin, 
que ce fût une ville, ce qui fut fait en moins de 7 ou 
8 mois, se servant des matériaux du bourg de Douar- 
nenez, qu'ils démolirent pour la plupart, et les transpor- 
tèrent par bateaux et charrettes dedans Tile, ce qui leur 
fut aisé de faire, d'autant qu'ils contraignaient les habi- 
tants du pays de venir avec leurs attirails, sans rien dé- 
bourser ; et n'y avait capitaine, lieutenant ou homme de 
guerre qui n'eût son logement en cette île. 

« La Fontenelle étant ainsi bien logé, il devint plus 
audacieux qu'auparavant, et fit appeler l'île de son nom, 
la faisant nommer l'île Guyon, qui s'appelait ci-devant 
l'île Tristan, se faisait aussi nommer Monseigneur, ne re- 
doutait aucune force qui le pût déloger, que la famine ei 
la trahison; et l'une ou l'autre était bien difficile, car pour 
clore le passage aux vivres, il convenait avoir armée sur 
terre et sur mer, qui, n'ayant havre ni abri que dans la 
rivière de Pouldavid, ne peut demeurer longtemps ailleurs 
sans péril de naufrage, tourmente advenant. Quant à la 
trahison ou surprise, aussi peu, car on ne pouvait, par 
terre ni par mer, aborder que par un seul endroit, très 
fort et bien gardé, environné d'eau la plupart du temps, 
et de plus il y avait grosse garde, et l'on voyait ceux qui 
s'en approchaient de plus de six à sept cents pas. 

(( Cette forteresse le rendit si insolent qu'il ne voulut 
dépendre de personne, et faisait fort peu de cas de man- 
dements du duc de Mercœur... 

« Il arma quelques vaisseaux de nombre de voleurs, et 
battant la mer, firent rencontre de certains vaisseaux 

(1) Moreatt, page 321. 



— 47 — 

anglais qu'ils prirent, jetèrent tous les matelots à fond, 
et s'en retournèrent chargés de dépouilles de grande 
valeur, toiles et autres marchandises de prix. )) 

Ce fut à cette époque du 25 Mai, à la fin d'Août, qu'eut 
lieu le siège de l'île par M. de Sourdéac, comme l'a établi 
M. Faty dans son savant travail sur les Comptes des mi- 
seurs de Quimper à cette époque (1). 

M. de Sourdéac, après s'être emparé du château de 
Kerousi, à Penmarc'h, où tenaient garnison des soldats de 
La Fontenelle, vint, en 1597, mettre le siège devant l'ile 
Tristan avec M. le baron de Mollac, S<^ de Kergourna- 
dec'h (2). 

(( Ayant appelé les garnisons des places de la Basse- 
Bretagne qui tenaient leur parti, comme de Quimper, de 
Dinan, de Morlaix, de Tonquedec, de Guingamp avec un 
régiment de Suisses sous la conduite du capitaine Erlac, 
aussi Suisse, de Corlay, de Quintin, de Concarneau, du 
Pont et de toutes les autres places dans lesquelles il y 
avait garnison. 

« Ce beau siège, aussi témérairement entrepris que mal 
poursuivi, dura un mois ou six semaines (3) avec aussi 
peu d'avancement le dernier jour que le premier, étant 
l'ennemi dans une place ravitaillée de toutes provisions. 

« Or, quand il eût eu devant 30.000 hommes, qu'ils eus- 
sent été soutenus, ils n'y eussent rien fait et n'y avaient à 
craindre que la famine ou trahison, chose à quoi on avait 
fort bien pourvu. 

« Le S' de Sourdéac, voyant que c'était temps perdu 
que de prolonger le siège, honteux toutefois de le lever, 
s'absente feignant aller quérir nouvelles forces en Léon, 
et sous ce prétexte se retire du camp à Brest en sa garni- 
Ci) Bulletin Archéologique, XII, page SOS. 

(2) GhaDoine Moreau, p. 358. 

(3) Un peu plus, comme le coDsUte M. le commandant Faty (1. cit.). 



- 48 — 

son, laissant le baron de Mollac pour commander en son 
absence. On Tattendait de jour à autre au dit siège, mais 
en vain ; on lui écrivait chaque jour ce qui se passait, à 
quoi il ne répondait ; finalement, on l'avertit que secours 
venait à l'ennemi, comme il était vrai. Lors, il écrivit 
qu'il était d'avis que le siège fût levé, et que le canon 
qu'il avait fait rendre là de Brest fût rendu en sûreté à 
Quimper. 

(( Le baron de Mollac ayant communiqué ses lettres aux 
capitaines, ils furent de même avis, se souvenant néan- 
moins de ce que dit l'un d'eux quand le dit Sourdéac par- 
tit du camp, qu'il s'en allait mais que ce n'était pas pour 
retourner. 

(( Pendant le siège, il y avait escarmouche tous les jours. 
Ceux du fort sortaient bravement sur le sablon qui est 
entre le fort et la terre, quand la mer est basse, avec peu 
d'efiet toutefois de part et d'autre. 

« Une certaine nuit assez obscure, en pleine marée, et 
lorsque les assiégeants se doutaient le moins, les assiégés 
firent une sortie de quelque 100 ou 200 hommes qui se 
vont ruer sur le quartier du capitaine Magence, du côté de 
Tréboul, qu'ils attaquèrent dedans leurs retranchements 
et en tuèrent quelque nombre au commencement, avant 
qu'ils aient pu être secourus, d'autant qu'ils avaient été 
surpris. Entre autres, y mourut des premiers le capitaine 
Magence en bien faisant, comme il avait toujours de cou- 
tume, et quelque douzaine des siens avec quelques-uns 
des assaillants. Ce capitaine fut fort regretté des siens et, 
à la vérité, il était regrettable pour sa valeur, honnêteté, 
modestie, aussi lui fit-on à Quimper obsèques fort hono- 
rables, raémorant de son assistance contre La Fontenelle. )) 

(A suivre.) 



CARTULAIRE 

DE L'ÉGLISE DE QUIMPER 

(Suite.) 



i56. 

RÉCEPTION DE HACICOTS (*' 

~ 14 Ootobro 1401. - 



Anno Domini M^ quadrigintesimo primo, die veneris 

post festum beati Dyonisii martiris, iuerunt Eveaus Ber- 

nardi, Elias passe mestre et Elias Oliverii in Capitulo Cori- 

sopiteosi capitulando, i a macicotos ecclesie Corisopitensis 

recepti et juraverunt statuta etc. 

J. Bloez. 



457. 

EMPRUNT DE LIVRES (') 
— 18 Novembre 1401. — 



Anno Domini M^ quadrigintesimo primo die mercurii 
ante festum beati Martini hyemalis magister Herveus 
Sulguen canonicus Corisopitensis cepit secum et aspor- 
tavit de Capitulo Corisopitensi unum librum Ezechielis et 
Danielis glosatum in uno volumine incipiens in folio... 
9ui$ iuburbanU et in penultimo Sathas... 



(1) Cart. 31, ^ 57. 

(2) Cart. 31, t" 63. 



3qLLETIIf DE hA CONMISSION PI0Cl$8A|If|I. — 9* aDO^, 



— 80 — 

458. 

VICAIRES REÇUS PRÊTENT SERMENT (') 

— 18 Novembre 1401. ~ 



Anno Domini M® quadrigintesimo primo, die veneris 
ante festum béate Katerioe virginis, Yvo Kenmarhec, 
rector ecclesie de Dîneul et GuillermusTregonec, in cura- 
tos ecclesie Corisopitensis recepti, juraverunt statuta et 
laudabiles observancias ecclesie Corisopitensis bene et 
fideliter observare. J. Bloez transcripsit. 



459. 

FORMA INSTITUTIONIS CAPELLANORUM HAJORUH 

AD PORTIONES CURE ECCLESIE 

CORISOPITENSIS 

Un des 7 Chapelains ou vioaires de 8* Oorentin (faisant défaut), 
le Chapitre en Institue et pourvoit un autre destituable € ad nu- 
tum », qui Jure porter honneur et révérenoe aux chanoines. 



Anno Domini M<> quadrigentesimo primo, die veneris 
ante festum béate Katerine virginis, nos Capitulum facien- 
tes et propterea capltulanter congregati, ad quos rectoria 
ecclesie Corisopitensis et ipsius civitatis ac populi et par- 
rochianorum ejusdem cura parochialis et animarum 
spectare noscitur ab antiquo, cujus cure regimen in sep- 
tem particulas civitatis Corisopitensis et suorum subur- 
biorum citra fluvium de Teyr divisim inter septem 
capellanos majores ecclesie nostre qui ad oilicia et servi- 
cia ejusdem ecclesie horis singulis facienda assidue, sunt 
per Nos constituti et tenentur pariter ex commissione 
nostra, ipsique prout et quando nobis placet ad hoc per 
Nos in solidum institui et eciam destitui seu eciam ad 

(1) Cart. 31, ^ 37. 



- 51 — 

nutum nosirum removeri et alterum loco ipsius substitut 
et preiici, fuit et est hactenus consuetum, attendentes 
alterum de septem capellanis eisdem, videlicet dominum 
Herveum Marchazant presbyterum qui curam septime 
particule dicte cure que vulgariter nuncupatur Euan 
Mélinou (1) ex commissione nostra exercebat, noviter 
decessisse, propterea Gualterum Tregonnec presbyterum 
alterum de septem capellanis supradictis, a regimine 
cure quam seu quod regebat in altéra particula ejusdem, 
que in vulgo nuncupatur Kenechetusen revocantes, ipsum 
exinde duximus removendum et dominum Yvonem Kaer- 
marec presbyterum in nostrum et ecclesie nostre capel- 
lanum majorem, loco dicti deffuncti quoad hoc substi- 
tuentes, curam predicte porcionis seu particule de Kene- 
cTietÂzen eidem Kaermarhec présent! et hoc coram nobis 
acceptant! commisimus, una cum suis solitis juribus et 
pertinenciis, amore De! et intuitu pietatis, qui juravit ad 
sancta De! Evangelia curam hujusmod! bene et fideliter 
gerere, statuta que et consuetudines laudabiles dicte eccle- 
sie observare et singulis canonicis ipsius ecclesie presen- 
t!bus et futuris impendere reverenciam et honorem et alia 
que ad capellanum majorem ipsius ecclesie incumbere et 
pertinere noscuntur debere exercere et deinde curam 
hujusmodi, quoad particulam que dicitur Ru MeHnou 
supra dictam, prefato Guillermo de Tregonnec présent! et 
acceptant! cum suis oneribus et emolumentis consuetis 
duximus commitendam, qui eciam prestltit super hoc 
consimile juramentum. 

Datum ut supra, presentibus et capitulantibus ibi magis- 
tris Herveo Sulguen, Oliverio Hospitis, A. de Penquelen- 
nec, domino Johanne de Tegula, Johanne Corne, Guil- 
lermo de Kaer, Yvone de Kaer et Johanne Treanna,Magis- 

(1) Rue des Mouliot, ancienne dénomination de la paroine de Laniron. 



— 52 — 

tro Petro Militis et Theobaldo delà Bourdonaye, canonicis 
ecclesie Corisopitensis supradicte. 
J. Bloez transcripsit. 



460. 

VICAIRE DE SPÉZET REÇU HASSICOT (') 

— 8 Janvier 1402 (n. 8.)> — 



Anno Dotnini M^quadrigentesimo primo, die dominica 
post Epiphaniam, dominus Herveus Bris presbyter vica- 
rius de Spezet fuit creatus et receptus in macicotum chori 
ecclesie Corisopitensis et juravit statuta, etc. 

J. Bloez. 



461. 

INSTALLATION DU GRAND CHANTRE (') 

- 2B M«P8 1402 (n. 8.). - 



Anno Doroini M^ quadrigentesimo primo secundum 
computacionem Gallicanam, die xxv^ Marcii (3) hora 
magne misse, indictione décima et ab electione domîni 
Benedicti anno octavo, presentibus dominis Oliverio 
Quoetperec, Covfïec... prespyteris macicotis et aliis, vene- 
rabiles viri magistri G. de Ker, G. Militis, 0. Hospitis, 
J. Corric, P. de Ker canonici induxerunt Guillermum 
Clerici cantorem ecclesie Corisopitensis in cantoriam et 
canonicatum dicte ecclesie in possessionem corporalem 
et realem earumdem juriumque ipsarum per assignacio- 
nem stalli in choro et loci in Capitulo dicte ecclesie. 

A. SCAHUNEC. 



(1) Cart. 31, f 30. 

(2) Cart. 31, (• 62. 

(3) Pâque tombait, cette aooée, le 26 Mars. 



— 53 — 

462. 



CHRESTIEN DABRIC REQU HACICOT <') 

- 1B Avril 1402. - 



Anno Domini M» quadrigentesimo secundo, die sabbati 
post diem dominicain qua cantatum fuit sancta Dei eccle- 
sia, misericordia Domini (2) luit receptus in macicotum 
ecclesie Corisopitensis, dominus Christianus Dabric près- 
byter et juravit statuta et consuetudines ejusdem ecclesie 
observare etc., presentibus M. G. h. Sul... G. Marhec, 
P. Militis, 0. Hospitis... A. Penquelennec, J. Corric, Sca- 
honec et aliis. 

BONVALLON. 

463. 

ALAIN DE LA RUE REÇU CHANOINE ('^ 

- 21 Avril 1402. - 



Anno Domini M^ quadrigentesimo secundo, die xxi* 
mensis Aprilis circa horam completori ; fuit receptus 
dominus Alanus de Yico legum doctor in Capitule Cori- 
sopitensi, in canonicum et in fratrem ecclesie Corisopi- 
tensis et ad canonicatum et prebendam quos in ea obti- 
nebat MagisterTheobaldus de la Bourdonae dum vivebat, 
in personam videlicet domini Guillermi an Yvineuc pro- 
curatoris et procuratorio nomine ipsius domini Alani 
inductus in possessionem per assignacionem stalli in 
choro et loci in Capitulo et juravit ipse procurator statuta 
in hoc libro contenta et alia laudabilia ecclesie predicte, 
presentibus in Capitulo Magistris G. de Eaer archidiacono 
et canonico, 0. Hospitis, G. Marhec, H. Sulguen, J. Corric, 
A. Penquellennec et P. Militis canonicis. 

G. Serrelagat. 

(1) Cart. 31, ^ 37. 

(3) Second dimioche après Pâques, dimanche 8 Avril. 

(8) Cart. 81, ^ 46. 



— 84 — 

464. 

RAOUL PENQUELENNEC REQU CHANOINE (') 

-> 6 Juin 1402. - 



Anno Domiûi M^ quadrigentesimo secundo, quinta die 
mensis Junii hora vesperorum indîctione décima ab elec- 
cionedomini B. ultimo in papam electi anno YIIIo, Radul- 
phus filius Alani Albi alias de Penquelenec fuit receptus 
in canonicum ecclesie Gorisopitensis et fuit sibi assigna- 
tus locus in Capitulo et eciam extitit sibi assignatum stal- 
lum in choro et juravit statuta et consuetudines laudabiies 
ecclesie observare etc. presentibus Magistris G. Marhec, 
0. Hospitis, Jo. Corric, A. de Penquelenec canonicis. 

G. Signardi notario, Henrici Rectore... de Duault et simi- 
libus aliis testibus. Bonvallon. 



465 

RÉCEPTION DE MACICOTS(') 

- 8 Juin 1402. - 



Anno Domini M^ quadrigentesimo secundo, die vene- 
ris nona mensis Junii fuerunt in Capitulo Corisopitensi 
Radulphus rector de Gruscry, Guiliermus Thome rector 
de Ploeguen, Guidomarus rector Dargoll presbyteri et 
Perrotus Maùricii clericus recepti et creati in macicotos 
ecclesie Gorisopitensis et juraverunt tenere statuta pre- 

^*^*®- J. Bloez transcripsit. 

(1) Cart. 31, ^ 47. 

(2) Cart. 31, f» 52. 



— 85 — 
MAURICE BARON REÇU HACICOT (*) 

- 14 Août 1408. - 



Anno Domini U^ quadrigentesimo tercio, xiiii^ die Âu- 
gusti Mauricius Baronis fuit receptus in macicotum per 
Capitulum et juravit statuta ecclesie. 

J. MUTONIS. 



487 

6UILLAUIE DE FAVIERS REQU lACICOT (>> 

- 18 84pt4inbre 1402. - 



Anno Domini M^ quadragintesimo secundo, die lune 
antefestum beati Mathei apostoli fuit GuillermusdeFave- 
riis alias de Ghuun (Hc) receptus in mancicotum ecclesie 
et chori Corisopitensis et juravit statuta. J. Bloez. 



468 

JEAN LE HARHEC PAIE L'AMENDE W 

— 87 8ept6fnbre 1402. — 



Anno Domini M9 quadrigentesimo secundo, die mercu- 
rii post festum beati Mathei apostoli et evangeliste, amen- 
davit dominus Johannes Militis presbyter Petro Treoret 
clerico in Capitule Corisopitensi de sexaginta solidis ad 
ordinacionem Capituli, presentibus discretis viris. G. Mili- 
tis, 0. Hospitis, H. Sulven, P. Militis, A. Penquelennec et 
P.Treanna canonicis racione injuriarium quarumdem, etc. 

J. CORRIG. 

(1) Cart. 81, f 53. 

(2) Cart. 31, ^ 67. 

(3) Cart. 31, f 71. 



# 



— 56 — 
469. 

YVES DE KERCARV REQU lACICOT H) 

— 6 Saptambpa 1408. — 



Anno (M9) quadrigentesimo tercio, die jovis ante festum 
Beati Egidii abbatis, fuit Yvo de Kercarv clericus créatus 
in mancicotum, et juravit statuta; etc. J. Bloëz. 



470. 

RECTEUR DE SAINT-EVARZEC REÇU lACICOT (') 

- 19 Déoembra 1404. - 



Anno M® quadrigentesimo quarto die veneris post fes- 
tum beati Chorentini hyemalis fuit receptus Jotiannes 
Gallici rector de Sainteflredec in macicotum et juravit 
statuta. 

471 

HERVÉ LE CbZ REÇU MACICOT ('> 

- 8 Mai 1406. - 



Anno Domini M^ quadrigentesimo quinto, die veneris 
in festo beati Micbaelis in monte tuba, presentibus ad boc 
dominis canonicis Magistris Guillermo de Kaer archidia- 
cono, Guillermo Le Marhec, Oliverio Hospitis, Herveo 
Sulguenn in sacra pagina professore, Alano Penquelennec, 
Johanoe Corric, Johannes de Treanna, fuit receptus 
Magister Herveus Senis in macicotum etc., et juravit sta- 
tuta laudabilia loci etc. 

G. Serrelagàt. 

(1) Cart. 81, ^ 46. 

(2) Cart. 31, ^ 70. 

(3) Gtrt. 31, ^ 61. 



— 57 — 

472. 



YVES KER60NNYEC REQU MACICOT («> 

- 11 Juillet 1406. - 



Anno Domini M^ CGCC® quinto, die xi* Julii fuit Yvo 
Kergonnyec clericus receptus per Capitulum capitulando 
ad roacicotum chori ecclesie Corisopitensis juravit sta- 
tuta etc. 



473. 

JEAN TROUSSEL REQU CHANOINE W 

- 18 FèYPl«r 1406 (n. t.). - 



Anno Domini M^ que^rigentesimo quinto, die veneris 
décima nona Februarii juravit Johannes Teroussel pres- 
byter tenere statuta ecclesie Corisopitensis et fuit receptus 
in canonicatum chori dicte ecclesie, presentibus dominis 
Archidiacono, Oliverio Hospitis, Johanne Corric, Herveo 
Sulguen, Alano Penquelennec, Johanne Treanna, Rodulpho 
Penquelennec, Johanne Misperic canonicis. 

. J. MUTONIS. 

(1) Cart. 31, ^ 81. 
(S) Cart. 31, ^ 66. 



CORRESPONDANCE 



DB 



I. TRÊHOT de CLERIOIT, Maire de Pont-Croli (1791). 

(FiD.) 



€ !•» Août. 

« Tu badines toi avec les « fiers Anglais » 1 Voudrais-tu 
que les Français devinssent les imitateurs de ce peuple 
monstre, assassin de ses Rois ? La fin tragique de Char- 
les I«' le fait regarder en horreur, quand on se le rappelle. 
N'accusons pourtant pas le peuple anglais coupable, en 
général, de ce crime : le plus grand nombre s*y opposa 
et, s*il ne prévalut pas, ce fut parce qu'il fut surpris par 
les artifices de trois conspirateurs dont l'un fit lui-même 
l'office de bourreau. N'imitons point un pareil exemple. 
Nos mœurs s'y opposent, et si nos Rois méritent la dé- 
chéance, nos constitutions nous donnent les moyens de 
leur en faire supporter la peine, sans répandre leur sang. 
Louis 16 n'est que fauteur et il n'est encore point rendu 
criminel ; les sages de parmi vous l'ont parfaitement dé- 
montré et le parti sage a été adopté, donc il faut conclure 
que la Providence veille sur le salut de la France. Ha I le 
beau carnage qu'il y eût eu dans peu si l'on en eût pris 
un autre I » 

c 5 Août. 

(( Il n'y avait point de lettre de toi dans ton paquet. 
S'il n'y avait point que moi, un courrier manqué, même 



- 89 — 

deux, ne m 'étonneraient point; mais nous sommes deux, 
et mon camarade n*a pas toute la raison qu^elIe devrait 
avoir, ou plutôt n*écoute pas celle qu'elle a. 

(( Nous n'avons rien de neuf ici que vingt de nos jeunes 
gens qui furent faire les gueux, même les bandits au Cap, 
dimanche dernier, sous prétexte d'aller effacer des armoi- 
ries dans les châteaux et manoirs qui y sont, et où ils 
voulaient, avec menaces, se faire payer de leur peine. 
Nous sommes très persuadés qu'ils y ont été poussés par 
le District, et nos soupçons se confirment par deux pots 
de vin que G... donna à leur retour de cette expédition 
aux quatre chefs de la bande. Nous avons rendu une 
ordonnance de police contre les attroupements. » 

c 8 Août. 

« M. Billette vient de recevoir une commission de rece- 
veur du timbre à Quimper. Ce poste est gracieux : 1.500 
livres, peu de chose à faire. M. du Feignat, autrement 
Keranforét, est envoyé à Guéret, ville à 70 lieues au Midi 
de Paris et à 95 de Guéméné, sa patrie ; il a dû t'écrire 
pour voir ses patrons et les déterminer à le rapprocher 
de chez lui : c'est encore un de ces hommes dont on 
regrette de s'éloigner. 

« Quant à l'enrôlement des volontaires, je n'ai engagé 
que deux jeunes gens : l'un fils de Boutouic ; l'autre un 
garçon perruquier ; ce dernier bon sujet tout à fait. Je 
croyais le premier de cette classe, mais il était du brigan- 
dage dont je t'ai parlé par ma dernière et j'ai beaucoup 
rabattu de mon estime pour lui, d'autant qu'au moment 
de partir, je lui défendis de suivre les autres. Beaucoup 
d'autres se seraient enrôlés si on leur eût donné une 
somme pour engagement. Pourquoi faire les B. ? pour 
boire ! Non, mon ami, dans notre peuple, nous n'avons 



- 60 — 

pas un, non pas un qui soit citoyen, qui soit bon sujet et, 
au contraire, ils sont capables de tout le mal qu'on puisse 
imaginer, pour le vin ; il n'y a aucunement à compter sur 
eux. Quant à vos bourgeois, le meilleur ne vaut rien I » 

c 12 Août. 

« C'est sans doute une bonne nouvelle que de m'ap- 
prendre que la constitution est achevée, mais ce n'est 
encore qu'un projet dont la discussion pourra être ora- 
geuse avant qu'elle soit décrétée. Je la trouve trop simple 
et trop unie — et, en cela bien bonne, — pour ne pas 
craindre que chacun voulant y mettre du sien ne l'em- 
barbouille de manière à en rendre l'acceptation difficile 
et à retarder ton retour que je désire autant que le peut 
faire ta maman et ce n'est pas peu dire (1). 

« Le Roi est, en général, méprisé, mais j'espère qu'il 
fera changer de façon de penser à ceux qui le méprisent, 
quand il sera libre. Il faudra de grandes choses pour 
effacer une grande faute ; mais puisqu'il l'a sentie, je ne 
doute pas qu'il fasse tout ce qui convient pour la réparer, 
ne serait-ce que de gouverner son royaume, sans porter 
atteinte à la constitution nouvelle. 

« De la part de maman, il vous est enjoint. Monsieur, 
de faire visiter votre voiture, de la faire bien réparer de 
manière qu'il ne vous arrive rien en route qui puisse 
vous blesser, ni retarder votre marche ; elle demande un 
compte exact de l'état de cette pièce pour le prochain 
courrier, parce qu'elle craint que vous n'attendiez au 
dernier moment, qu'alors les réparations seront mal fai- 
tes. Mais l'as-tu encore ? en cas que oui , elle doit avoir 



(1) M"* de Glermont fut assez sérieusement indisposée, cet été, mais grftce 
aux c gouttes amères » elle était infiniment mieux et n'attendait que le 
retour de son fils pour se porter c oomme la défunte Baatille, en son 
vivant ». 



— 61 - 

grand besoin d'un radoub et il est réellement à propos de 
s*y prendre de bonne heure. )) 

< 15 Août. 

« Rien de neuf : l'éloignement des prêtres réfractaires 
a mis le calme partout ici. 

(( Je lus attentivement le projet de constitution que tu 
m'as envoyée : il m'a paru simple, uni et dans Tordre 
où doivent être les choses. Je ne crois pas que le Roi 
refuse de l'accepter en cet état, à moins que, par la dis- 
cussion, on ne soit dans le cas de la défigurer et d'y ajou- 
ter quelque chose qui autorise le Roi à ne pas l'accepter. 
Il faut se méfier des motions de républicistes et de ceux 
qui désireraient une longue continuation de votre légis- 
lature; il en est beaucoup parmi vous que leur propre 
intérêt porte à désirer la plus grande prolongation pos- 
sible. » 

c 22 Août. 

(( Il est encore arrivé quelque dismêganB à la poste ou 
à Paris, car je n'ai reçu aucune nouvelle de toi ni les 
« points du jour )> ; en conséquence, mauvaise nuit ici : 
ta maman voit le feu aux quatre coins de Paris et à son 
centre. Le bruit court que la famille Kerstrat, Trohanet 
et Keranével, vingt personnes embarquées à Roscoff pour 
Jersey se sont noyées dans la Manche. » 

c 29 Août. 

« Quand tu n'auras pas le temps de nous écrire longue- 
ment, fais-le en bref et fais-le toujours I 

(( M. Pourhier de Keribron a été tué vendredi par un 
de ses fermiers. Si le Directoire de Quimper ne fait pas 
bâtir de nouvelles prisons, nous ne saurons où mettre les 
malfaiteurs. » 



— 62 — 

c 2 Septembre. 

(( Au sujet de rinsurrection dans la Saxe, il semblerait 
que nous eussions grand intérêt à la diversion que ce 
trouble apportera aux projets insensés de TAllemagne. 
11 fut un temps où je craignais la guerre, mais achevez 
seulement ce chef-d*œuvre (notre constitution) sans le 
gâter par des additions au projet qui fassent évanouir les 
flatteuses espérances qu'il présente et tout rentrera dans 
un ordre satisfaisant. Un coup de ciseau de trop à un 
marbre défigure Tobjet qu'il traite. 

« Nous nous assemblons dimanche à Quimper pour 
vous nommer des successeurs (1). Brest, dit-on, fera le 
diable pour transférer le Département à Landerneau. » 

c Quimper, 10 Septembre. 

« Nous n'avançons pas beaucoup dans nos élections.. 
Nous n'avons encore qu'un député de nommé : c'est un 
sieur Bouestard de la Touche, de Morlaix, médecin au dit 
lieu (2) ; c*est un homme d'environ soixante à soixante- 
cinq ans, conséquemment mûr ; mais est-il éligible selon 
la loi du marc d'argent, c'est ce qu'on saura tantôt ? 

« Le District de Brest travaille en diable pour se pro- 
curer tous les députés, sinon de Brest, de ses environs. 
Nous avons travaillé toute la matinée pour partager, si 
cela se peut. Quimper, Pont-Croix, Châteaulin, Carhaix 
se sont entendus pour nommer Botzey, ensuite Goazre, et 
nous verrons encore qui, après. Ce qu'il y a de malheu- 

(1) Les électeurs de Pool-Croix étaient : Fidèle Guéguen, administra- 
teur du District ; G** Herpee, juge du tribunal ; Louis>F*'* Trébot Cter- 
mont» maire ; Raimood- Charles Le Bris, procureur de la commune ; 
Vincent Guiller, juge suppléant ; Yves Daniélou, greffier ; Pierre Cuden- 
nec, avoué. 

(S) Jean-Jacques Bouestard, administrateur du Département, prési- 
dent de TAssemblée électorale, fut nommé député par S62 voix sur 415 
votants. 



— 63 — 

reux, c*est que led Léonards ne quittent pas rassemblée : 
ils sont toujours complets et que des nôtres, il y a tou- 
jours beaucoup d'absents et qui ne viennent aue quand il 
n'est plus temps de voter. 

(( Les électeurs des campagnes firent hier une motion 
pour demander payement à un écu par jour ; on les ren- 
voya au club, pour rédiger leur pétition et députer vers 
le Département pour la présenter. Beaucoup menaçaient 
de s'en aller : quelques-uns sont partis. Il y a un boucan 
du diable présentement : la députation des électeurs a été 
mal reçue au Département. On a crié : a Les Électeurs au 
club ! » Le paysan veut être assuré de 3 livres par jour, 
ou il s'en va. Je finis, pour me rendre au club. » 

c Qaimper, 12 Septembre. 

(( Nous faisons tous nos eSorts pour placer Botzey et 
ces efforts font que nous perdons nos voix que nous pour- 
rions employer avec plus de succès pour Le Goazre qui 
mérite beaucoup par toutes les peines qu'il se donne pour 
le bien de la ville et pour le maintien de la paix. Il y au- 
rait longtemps que Botzey serait élu, s'il n'avait pas fait 
la plus haute sottise dans le moment même où il allait 
l'être. Je t'ai marqué que les paysans s'étaient soulevés à 
notre assemblée pour demander un traitement de 3 livres 
par jour, pendant leur séjour ici. Comme cela s'échauf- 
fait au point qu'on en serait venu aux mains, je dis à 
Le Goazre d'aller dire au président de lever la séance, ce 
qui fut fait. Il cria ensuite : « Mes amis I allons au club 
(( qui se tient dans la grande rhéthorique ». Là, on déba- 
tit beaucoup, et le débat se termina par proposer de faire 
une adresse au Département pour lui demander d'arrêter 
que les électeurs auraient 3 livres par jour et d'indiquer 
où les prendre. Cette adresse tombait justement au bureau 



~Ô4 — 

dont Botzey est le chef. A la vue de toutes ces Signatures, 
il dît qu'elles étaient faites par autant de sots — il y en 
avait plus de trois cents ! — Les députés vers le Départe- 
ment vinrent faire le rapport de cette unique réponse. On 
cria avec beaucoup de chaleur : « A la lanterne ! » On se 
disposait à aller Tassaillir. On apaisa ce premier feu pour- 
tant. Un autre se ralluma : ce fut d'aller le chercher et de 
lui faire demander excuse. Ce parti était encore fort dan- 
gereux pour lui. Mais M. Le Goazre, avec beaucoup de 
modération et de prudence, Téteignit en proposant d'en- 
voyer une seconde députation. Le Département s'assembla 
et répondit que, dimanche, il espérait recevoir des nou- 
velles qui l'autoriseraient peut-être à faire ce qu'on lui 
demandait. Les paysans s'apaisèrent et il n'a plus été 
question de rien. « Hier était ce dimanche, beaucoup sont 
retournés chez eux, voyant que la poste n'avait rien ap- 
porté qui concernait leur pétition. Mais ce qui reste ne 
veut plus entendre parler de Botzey. Ils sont en nombre 
supérieur aux bourgeois et ils se sont coalisés pour ne 
nommer que des gens d'entre eux. Nous avons déjà deux 
électeurs paysans : un qui. est du District de Landerneau, 
qui me paraît bon ; l'autre est de Briec ; on m'a assuré 
que c'était un ivrogne et bègue. Le sixième député sera 
vraisemblablement M. Malassis, libraire de Brest ; c'est 
ce que nous allons savoir bientôt. 

« Je fus hier dîner à Loc-Maria (chez M. de la Hubau- 
dière) Le Goazre et moi, à l'effet de travailler à des mémoires 
et des pétitions que l'on va vous envoyer aujourd'hui tou- 
chant rétablissement des corps administratifs à Sainte- 
Catherine, des Hospitalières à la Retraite et de la Retraite 
aux Capucins. Tout cela me paraît bien entendu : mais, 
de votre côté, Messieurs, travaillez sans relâche pour tâcher 
de faire décréter ces projets, pendant que vous êtes là, 
car, une fois les nouveaux députés arrivés à Paris — ils 



— 65 - 

seroot, selon toute apparence, de Léon, et presque tous 
Brestois —, vous trouverez des contradicteurs et notre 
Département nous sera arraché ; ils croient même le tenir 
et le disent tout haut. 

« Si nous ne pouvons pas placer Botzey, nous croyons 
que nous pourrons le fourrer au Département, mais il ne 
dépendra pas de nous de le faire rentrer au Directoire. Ce 
garçon a un caractère bien prononcé, mais il est gâté par 
les éloges qu'il mérite et qu*on lui a un peu trop prodigués, 
ce qui lui a fait prendre un ton de hauteur qui ne plaît 
pas même à ses collègues. » 

« Qaimper, 16 Septembre. 

(( Il s'en faut beaucoup que je sois content de l'assemblée 
électorale. Je trouve la conduite de son président et des 
membres de son bureau, non seulement irrégulière mais 
mémerépréhensible(l).Leschefs sont entièrement dévoués 
et d'une manière marquée aux Brestois, qui ont pris un 
ton absolu dans l'assemblée. Nous avons demandé à établir 
un bureau composé de deux membres de chaque District 
pour vérifier l'éligibilité à l'Assemblée Nationale. On l'a 
refusé par des (( non I non! » absolus et impératifs approu- 
vés par le bureau. En sera-t-il de môme devant l'Assem- 
blée Nationale? J'en doute, mais si cela est, il faut dire 
qu'il est inutile de faire des décrets. » 

c Qaimper, 18 Septembre 1791. 

« Notre assemblée électorale vient de finir à l'instant. 
Nous n'avons pas pu envoyer Botzey à l'Assemblée Natio- 
nale, ni Le Goazre, par rapport à lui. On s'est entêté à le 

(1) Le bureau compreoait : Bouestard, présideot ; Cavellier, becrétaire ; 
Roujouz, Halassis et loizao, scrutateurs, tous de Léon. 

Bulletin de la Commission oiocisAiNE. — 8* année. 5 



— 66 — 

nommer à chaque scrutin : cela a divisé nos faibles voix 
dominées déjà par celles de Brest et de Léon. Mais nous 
avons réussi à le faire rentrer dans le Département et 
nous sommes comme assurés qu'il rentrera au Directoire. 
Je suis outré que Le Goazre n*ait pas été nommé. 

(( Hier, il arriva un courrier extraordinaire au Dépar- 
tement, qui apporta la nouvelle de l'acceptation par le 
Roi de la Constitution. Le Département s'empressa de 
nous venir annoncer cette nouvelle à notre salle (église 
du Collège). Quelque temps après son départ, nous fûmes 
députés, Le Goazre, moi et trois ou quatre autres, pour 
aller remercier le Département de son attention. On nous 
communiqua les lettres du Roi. Aussitôt, toutes les clo- 
ches en branle, illumination générale ; aujourd'hui : 
Te Deum, les troupes sous les armes, feu de joie et, dans 
ce moment, danses partout, mais cela fait de la comédie. 

(( J'ai envoyé de bonne heure, ce matin, la lettre du 
Roi à ta maman, ainsi que a la Gazette » (1). Dimanche 
prochain, nous ferons aussi les mêmes cérémonies à Pont- 
Croix. J'ai pourtant envie de ne les faire qu'un jour d'œu- 
vre, à cause des danses. 

« Voici donc définitivement les députés que nous vous 
envoyons : le président Bouêstard de la Touche, médecin 
de Morlaix, homme que l'on dit avoir cy-devant fait de 
grandes entreprises desquelles il a sorti banqueroutier. 
Cet homme, déjà sur l'âge, portant à peu près de soixante 
à soixante-dix ans, m'a l'air d'avoir été un intrigant prêt 
à se tourner du côté le plus fort. — Un nommé Cavellier, 



(l) De Rosalie, le 18 Septembre : < Quel rôveille-matio nous eûmes 
hier : oq vint dous annoncer l'acceptation du Roi ; que nous étions con- 
tents I Lr preoDiëre fois que tu verras notre bon Roi, dis-lui que je l'aime 
bien ; je ne suis pas comme toi, je ne me métie pas de lui ; il m'étonne 
même que toi, qui es si bon, tu craignes la trahison ! Ah 1 mon ami, prends 
garde que le mauvais air de Paris te fasse perdre cette bonté que j'aimais 
tant en toi ! » 



- 67 - 

commis de la Marine, jeune homme fort ardent, qu*à 
raison de ce, on a fait procureur de la Commune pour 
tenir tête aux officiers de la Marine, à Brest. — Du Rou- 
joux du Buzeuil, gendre du feu bonhomme Kerbirio 
Gobard, porteur d'un brevet d'aristocratie et l'étant en 
effet beaucoup ; il fut subdélégué de M. de la Baune ; 
depuis, employé aux vivres à Paris ; ensuite, commis- 
saire du Roi à Landerneau. — Un paysan nommé Inizan, 
Léonard de nation : il parait avoir de l'esprit et être 
patriote, il parle trè& bon français. — Pierre Briant, 
maître ivrogne de Briec, cependant juge de paix de cette 
paroisse. — Launay AUain l'aîné, comme tu sais peut- 
être, la judiciaire la plus fausse et la plus factieuse du 
monde (1). — Malassis, libraire, de Brest, qui parait brave 
homme de toutes les manières (2). — Bohan, jadis abbé, 
depuis praticien ; ensuite, avocat à Rennes, où il avait 
commencé à se faire un nom quand il a été nommé juge 
à Châteaulin. Kergadio le dit un bon juge. 

« Nous sommes désormais libres de nous en aller, quand 
nous voudrons. Je crois fort que les paysans ne reparaî- 
tront plus aux élections. 

(( M. Expilly, l'abbé Gomer, son grand vicaire, sont 
nommés administrateurs du Département ; je crois bien 
qu'ils ne seront que du Conseil : l'administration ne con- 
vient pas, surtout à M. Expilly. » 

< Pont-Crobr, 23 Septembre. 

« Ta lettre du 16 courant, m'apprend que vous vous 
disposez à partir, le 3 ou le 4 prochain. Ainsi, je t'attends 



(1) François-Marie AUaio, homme de loi, procureur syndic du District 
de Carhaix. 

(3) Romain-Nicolas Malassis, imprimeur de la Marine, officier municipal 
de la ville de Brest. 



- 68 — 

pour le 10 ou le 12. Je serai biea aise que tu viennes avec 
M. Expilly. 

(( Notre assemblée électorale finit dimanche dernier. 
Le lundi, je restai à Quimper, à faire les affaires que j'y 
avais. Le mardi, je fus diner au Pont-l'Abbé, où je remis 
l'électeur Verry (1) à sa chère épouse, et je revins le soir cou- 
cher à Quimper. Enfin, mercredi, j'arrivai ici, où me voilà. 

(( Dimanche, nos municipaux célébrèrent la fête de la 
Constitution, quoique du Reste et moi nous n'y fussions 
pas : ils firent très bien. On fit un feu de joie et illumi- 
nation. Apporte des billes avec toi. )) 

« 25 Septembre. 

« Je n*ai qu'un mol à te dire, car l'ouverture de notre 
assemblée électorale de District sonne. Je crois, sans 
t'assurer, que la présidence du District t'attend. Je t'aime- 
rais mieux vice-président... » 



* 
* * 



Rentré au pays dans les premiers jours d'Octobre, M. de 
Clermont fils fut choisi comme agent national près le 
District de Pont-Croix, ce qui ne l'empêcha pas d'être 
détenu, pendant quelque temps, à Landerneau, comme 
suspect de modérantisme ou de fédéralisme. Un avis du 
Comité de Sûreté générale le fit mettre en liberté. Il donna 
sa démission parce que la loi interdisait, même aux cou- 
sins, d'occuper simultanément des fonctions administra- 
tives, et que son père était receveur ; mais il ne tarda pas 
à reprendre ses fonctions, à la réorganisation de l'Admi- 
nistration. 

(1) Verry, homme de loi, procureur de la Commune. 



-69- 

Eû Décembre 1792, M. de Clermont père fut remplacé 
dans ses fonctions municipales par un aubergiste qui 
traitait ses collègues de (( macros » et qui fut jugé indi- 
gne, tant par son ignorance que par son inconduite, 
d'inculquer aux jeunes patriotes d*Ësquibien les princi- 
pes d'un bon républicain. 

Et ce fut le désordre, Tanarchie. Des bandes de vauriens 
parcourent le pays, démolissant les châteaux et les cha- 
pelles, ce pendant qu'à Pont-Croix même, un volontaire, 
le citoyen Cabestan, monté sur une échelle, s'occupe à 
briser les armoiries et les écussons des vitraux de Téglise 
paroissiale. Les calvaires sont descendus et les pierres 
des croix employées à*réparer les grands chemins. Tous 
les signes de l'antique fanatisme ayant disparu, on célé- 
bra le triomphe de la Raison, le second décadi de Pluviôse 
an II (Février 1794). 

Ce jour-là, vers 10 heures du matin, le District, la 
Municipalité, le Tribunal, le Comité de surveillance et la 
majeure partie des sans-culottes se réunissent à la maison 
commune. Escorté d'un détachement du bataillon de 
l'Hérault, le cortège fait le tour de la grande place et 
s'arrête près de l'arbre de la liberté pour entendre ce 
discours de M. le Maire : « ...La Raison nous a ouvert les 
yeux et fait disparaître les erreurs attachées au culte 
simple et pur d'une divinité dont la grandeur nous impose 
le devoir de l'adorer seule et non les attributs de quelques 
hommes dont nous ne connaissons la vie que par des 
relations si éloignées qu'elles peuvent être ou exagérées 
ou mensongères. Peuple ! adorer la Raison, c'est adorer 
l'Etre suprême, le seul digne de notre hommage parce 
qu'il est la raison innée I Allons dans son temple enten- 
dre sa voix par l'organe d'un citoyen qui a vu la supers- 
tition et l'a abjurée ; il vous dira M. F. : adorer la Raison, 
c'est adorer Dieu I Vive la Raison I Vive la Montagne 1 



- 70- 

Vive la République qu'elle a fondée ! » Puis il exhorte 
. le peuple à abjurer les anciennes superstitions qui exi- 
geaient Textérieur d'un culte matériel, indigne de TEtre 
suprême qui est la Raison éternelle. Et le cortège se rend 
à la ci-devant église des Ursulines, aujourd'hui Temple de 
la Raison. 

Le citoyen Bois, autrefois prêtre, aujourd'hui militaire 
marié, monte à la tribune et prononce un discours sublime 
dicté par le plus pur patriotisme, vraiment digne de la 
Raison, dont il fait l'éloge, et propre à détruire le fana- 
tisme. L'orateur a été souvent interrompu par les plus 
vifs applaudissements, qui sortaient du fond des cœurs. 

Les militaires ont ensuite chanté, quelques strophes de 
l'hymne des Marseillais et des couplets qui sont un éloge, 
touchant de l'égalité, de la fraternité, de la liberté. 

Pour terminer la fête, un feu de joie fut allumé sur la 
place, et tandis qu'il consumait, citoyens et citoyennes de 
tout âge ont dansé la farandole, au son des tambours, 
autour de l'arbre et du bonnet de la liberté. Les musettes 
champêtres remplacèrent les tambours et la danse con- 
tinua jusqu'à 10 heures du soir. 

Tout s'est passé dans le meilleur ordre et dans cette 
vive allégresse que la Liberté seule peut inspirer à des 
hommes qui connaissent leurs droits et qui chérissent la 
République. Vive la Raison I 

Elle ne vécut pas longtemps. Quatre mois plus tard, 
l'emblème mis au frontispice du temple cy-devant de la 
Raison fut remplacé par celui de l'Etre suprême, et le 
peuple y fut convoqué pour cette cérémonie, sans contre- 
dit la plus auguste, puisqu'elle nous rappelle l'auteur de 
nous-mêmes qui veille sur toutes nos destinées. 

Après la lecture du sublime rapport du sage Maximi- 
lien Robespierre, citoyens et citoyennes ont entonné 
l'hymne religieux et patriotique, commençant par ces 



- 71 - 

mots : « Etre infini que Thomme adore... » Cette hymne 
chantée, différentes autres ont suivi. On s'est rendu 
ensuite près de l'arbre et du bonnet de la Liberté ; on y 
a chanté l'hymne des Marseillais et dansé une carma- 
gnole. Puis la garde nationale, drapeau déployé, a recon- 
duit les corps constitués à la maison commune. 

Les chants civiques du décadi ne remplacent pas les 
offices religieux du dimanche, et les fidèles continuent à 
recourir au ministère des prêtres cachés dans les chau- 
mières perdues au fond des landes ou dans les anfrac- 
tuosités de la côte. 

Spectateurs attristés de cette Révolution libérale et 
bourgeoise qui dégénérait en Terreur, MM. de Clermont 
firent tous leurs efforts pour qu'elle n'ensanglantât point 
ce coin de terre, en multipliant les certificats de rési- 
dence et de civisme. 

Procureur à Châteaulin, sous TEmpire, l'ancien député 
à l'Assemblée Nationale revint mourir à Pont-Croix, le 
23 Avril 1823. 

J.-M. PiLVEN. 



72 — 




SDR LES 



PAROISSES DU DIOCÈSE DE QVIMPER ET DE. LÉON 

Par MM. PEYRON et ABGRALL. 

(Suite) 



DOUARNENEZ 

(Suite.) 



Ainsi, après trois échecs consécutifs, les Royaux n'a- 
vaient pu forcer le repaire du fameux Brigand, aban- 
donné cependant par ceux de son parti, car le duc de 
Mercœur ne voulut pas le comprendre dans le traité qu'il 
passa avec Henri IV. Mais La Fontenelle, fort de sa posi- 
tion imprenable, traita directement avec le Roi qui, par 
lettres du 20 Mars 1598, le continua dans le commande- 
ment de Douarnenez, et, le 26 Avril suivant, le créa capi- 
taine de 50 hommes d'armes (1). Ce qui n'empécba pas 
que, dès qu'on put mettre la main sur lui, il fut jugé et 
exécuté, en Septembre 1602, à Paris. 

Par ordre du Roy, les fortifications de l'île Tristan 
furent démolies en Septembre 1600 (2), mais reconstrui- 
tes en 1615 par le sieur de Névet. Les habitants de Quim- 
per en demandent de nouveau la démolition, par la requête 
suivante : 

(1) Anuotateur du chaDoioe Moreau, page 357. 
{2) Bulletin Archéologique, XV, 360. 



- 73- 

« Humbles Remontrances que le clergé de Cornouaille, 
le gentz tenans le siège présidial estably par le Roy en la 
ville de Quimper^^" et la communauté de la dite ville et 
paîs circonvoisin présantent à M. Baîlleul, conseiller du 
Roy et ses conseil d'Etat et privé et Maitre des requestes 
ordinaires de son hôtel, Comissaire de Sa Majesté pour 
visitter les nouvelles fortifications faictes en Bretagne. 

« A ce qu'il luy plaise représanter à Sa Majesté, à nos 
Seigneurs de son Conseil, les faicts cy après, pour parve- 
nir à la démolition des nouvelles fortifications faictes en 
risle Tristan de Douarnenez à la foule et pression de la 
province et de ses subjects soubz prétexte d'une commis- 
sion obtenue par le feu sieur de Névet de Sa dite Majesté, 
non présentée aux états, ny veriffiée et soubz prétextes 
simulés et faincts. 

(( Et premier : 

(( Suplient le dit sieur Comissaire remémorer Sa Majesté 
et nos seigneurs du Conseil, que pendant le malheur des 
guerres dernières TEvesché de Cornouaille et le pais cir- 
convoisin néanmoins les armées quy auraint descendus, 
se maintint, jusques au moys dé May en l'an 1595, que le 
S^ de La Fontenelle aiant occupé et fortiflié la dite islé en 
deux ans 1/2 qu'il y demeura, reduict tout le dit païs en 
une misère si extrême que Henry le Grand, nostre Roy de 
très heureuse mémoire, sur les informations solennelle- 
ment faictes à la requête du clergé de France et receveurs 
des fouages par comissaires à la dite fin députés et délé- 
gués par Sa Majesté, remist, aiant esgard aux dites cala- 
mités, à ses subjets, les taillées, décimes, subsides et sub- 
ventions luy debvues, tant pour le passé que pour plu- 
sieurs années advenir. 

« Que les ruines faictes en sy peu de temps par l'entrée 
du dit La Fontenelle en la dite isle, se remarquent encore 



- 74 - 

à présaot en tout TEvesché, aiant en checune paroisse 
d'icelluy et païs circonvoisin plusieurs tenues tiabitées 
d*estrangers et grand nombre d'aultres vagues, inutiles 
et en f rische. 

« Que ceste ruine procéda du grand nombre des gens 
de guerre qu'il estoit requis et nécessaire au dit La Fonte- 
nelle davoir pour la eonservation de la dite isle qui est de 
grande garde, pour Tentretenement desquelz ne pouvant 
recouvrir l'appointement convenable sans (grever) gran- 
dement la finance de son prince, fut force faire levée et 
grands deniers sur le peuple, quy ne pouvant suffire, 
lycentia ses soldat z de vivre a discrétion exposant le païs 
au pillage. 

« Qu'en l'année 1599, deffunt Henry le Grand, notre Roi 
de très heureuse mémoire, aiant receu les justes plaintes 
et doléances des trois ordres de la dite province, les dites 
doléances ambien quoy, que la dite isle fust battie et for- 
tifiée et qu'à presant elle ne se pourraict remettre en pareil 
estât pour 300.000 escus, plus la jugeant inutile pour son 
service et de surcharge au païs, en ordonna avecq grande 
cognaissance de cause la démolition qui fust faicte et exac- 
tement exécutée non sans grands fraiz qui furent suppor- 
tez par la dite province. 

(( Que pendant le cours des derniers mouvements, en 
1614, la dite isle aiant esté occupée par le dit feu sieur 
de Nevet, leurs Majestés descendans en la province, debue- 
ment informées que la dite place estait inutile à leur ser- 
vice et onéreuse au païs, auraint à la requête des trois 
ordres de la province, convoqués aux Etats tenus soubz 
leur authorité en la ville de Nantes, au moys de Septembre 
au dit an, ordonné par concordat que les nouvelles forti- 
fications de recheil faictes à la dite isle seraient desmolies, 
ce qui aurait esté exécuté pareillement aux frais de la 
province. 



- 75 - 

« Qu'en l'année 1615, lorsque les subjects de S. M. en 
la dite province jouissaient pleinement du bénéfice de la 
paix leur acquise, ny aiant auchune aparence d'esmeute, 
le dit feu S' de Nevet par l'occupation qu'il a faite de la 
dite isle.amas et munitions et de soldats, donna seul telle 
apréheusion de guerre au lieux circonvoisins, que l'exer- 
cice de la dite justice n'y estait plus libre, le commerce 
troublé et les laboureurs prêts à quitter et délaisser leur 
tenue de crainte de tomber en pareilles calamités qu'au 
passé. 

« Qu'en la dite année 1615, le dit S' de Nevet s'estant 
soubz prétexte de la commission de Sa dite Majesté jette 
dans la dite isle ; plusieurs prévenus de meurtres et assa- 
zinats commis avant et depuis le dit temps, y ont faict 
leur retraicte pour éviter la punission de leurs crimes. 

« Que les gentz ramassés et forains appelés par le dit 
sieur de Nevet, faisant chemin pour se rendre en la dite 
isle, firent plusieurs ravages sur le pais, desquels il y a 
plainctes et informations. 

« Que Ton n'a peu représenter à Sa Majesté auchune 
considération véritable ny sufizante pour l'esmouvoir et 
induire d'octroyer au S' de Nevet, commission pour entrer 
en la dite isle quy n'a jamais esté affectée par auchun 
estranger ; ny aiant port, havre, ny radde ou lieu asseuré 
pour la retraite des vaisseaux, ny moyen d'y en faire ny 
posséder que par ceulx du quanton, qui préférans leur 
profTitt particulier au bien du publicq et repos de la pro- 
vince, ont espéré et se sont efforcés d'y battir quelque for- 
tune. 

« Que le dit feu S' de Nevet, jugeant de soy mesme sa 
commission, qui avait esté subreptissement et sur faulx 
donné à entendre, obtenue, n'aurait au terme du dit con- 
cordat de Nantes osé icelle représanter à la Cour pour la 
vérifier, aux Estats pour la recepvoir, ny prester le serment 



— 76 - 

de fidélité entre les mains d'aulchuns lieutenants du Roy, 
ains de son propre mouvement et autorité privée contre 
toute forme, occupa ladite isle où, puis Tarrest de la Cour 
du 17 Octobre 1615 portant défense d*y faire auchune for- 
tification, ny amas de gentz de guerre, continua par un 
longtemps de fortifier ladite isle à la foule et oppression 
du peuple qu*il contraignait de cesser leur labeur très 
nécessaire en la dite saison pour y travailler, ramassant 
le plus qu'il pouvaict des gens incongneus et forains avec 
armes, ce que rendaict son dessain suspect et douteux à 
la dite province. 

(( Et sy chacun particulier se licentierait d'authorité 
privée de s'emparer et fortiffier tous les endroits estans 
en la cotte de la mer, s'en trouverait en ladite province 
plus de 200 plus à propos et à moindre frais que la 
dite isle, qui n'est sur auchun passage de rivière, port, 
ny havre. 

(( Que puis le décès dudit feu S^ de Nevet quy advint 
aux Estats de la province en 1616, les gents de guerre qui 
ont continué et continuent encore à présent l'occupation 
de la dite isle de Douarnenez, ont par force et violence 
contrainct les subjets de Sa Majesté aller travailler aux 
fortifications y commencées et vivent si licentieusement 
que la plupart des sujets de Sa Majesté ont entièrement 
quicté le trafiicq et commerce qui se faisait audit Douar- 
nenez, tant par la pesche de la sardine que autrement ; 
mesmes les laboureurs des lieux circonvoisins ont dé- 
guerpi leurs tenues pour aller vivre ailleurs en repos, et 
ceulx quy y sont demeurés, c'est soubz espérance de faire 
en brief! pareille retraicte, sy Sa Majesté n'a agréable 
de pourvoir à la démolition des dites fortifications nou- 
velles faites en la dite isle pour acquérir repos à ses 
subjects. 

« Fait et leu en la maison de ville de Quimper"°, le 



— 77 - 

25 Septembre 1617 et le même jour présenté à M. le 
Commissaire. 

« Signatures : 

« J. Brient, archidiacre de Cornouaille ; R. Mocam, 
magistrat criminel ; Charles Lhonoré, lieute- 
nant particulier ; M. Rouillé, syndic du clergé 
de Cornouaille ; Le Baud ; du Stangier ; Furic ; 
Lhonoré. » 



Michel Le Nobletz. — Le Père Maunoir 



Une notice sur Douarnenez, quelque courte qu'elle soit, 
ne peut manquer de faire mention de ces deux hommes 
de Dieu, qui eurent une si heureuse inQuence sur le re- 
nouvellement de Tesprlt chrétien dans ce canton ; mais 
nous ne pouvons répéter ici ce qui a été si bien raconté 
de leurs travaux apostoliques à Douarnenez par M. Le 
Gouvello de la Porte pour le V. Michel Le Nobletz, et 
par le Père Séjourné pour le V. Père Maunoir. 

Des œuvres de Michel Le Nobletz nous retiendrons seu- 
lement celle qui, en quelque sorte, a caractérisé son apos- 
tolat de 22 ans (1617-1639) à Douarnenez, et dans laquelle 
il a voulu comme se survivre à lui-même ; c'est l'œuvre 
de cartes peintes pour TiDstruction chrétienne par les 
femmes de ce pays, œuvre qu'il poursuivit malgré les 
contradictions les moins justifiées. Nous renvoyons aux 
historiens pour le récit des attaques dont elle fut l'objet 
et des réponses péremptoires de leur zélé défenseur, nous 
contentant de publier les documents originaux qui prou- 
vent comment cette œuvre a été conçue pour le bien spi- 
rituel des habitants de Douarnenez tout spécialement. 

C'est d'abord le u contrat de donaison des cartes aux 



- 78 — 

habitants de Douarnenez » dont nous avons sous les yeux 
l'original sur parchemin. 

« Je qui soubsigne, Michel Nobletz prestre, déclare que 
je laisse les cartes de la doctrine chrestienne, faites aux 
dépants de quelques â'mes dévotes du bourg de Douar- 
nenez, desquelles je avaicts la charge de les conserver, 
entre les mains de ses amis et honorables marchands 
Bernard Poullauec et Guillaume Coulloch son beau frère 
et honorables femmes Claude le Beliec veudve de Jan 
le Moan et Dom Math Rolland femme de Tudec Jouin, 
leur vie durante, lesquelles appres leur decoix choisiront 
quelques aultres en leur place quy seront propres à faire 
le mesme otlice et fonction et Qdelles conservateurs d1cel~ 
les. Et en cas que lesdites cartes soient mal conservées, 
ou qu'il en vienne quelque dispute pour elles, je laisse la 
charge à Henry Pobeur mon disciple, pour le bon service 
qu'il ma faict, de mettre ordre à tout cela, comme si j'es- 
tais présent en ma personne ; sans toulesfois les pouvoir 
porter ailleurs, ne prester, ne les mettre entre les mains 
de personnes inhabiles à faire le bien publicq, ne contre 
le gré des personnes susdites, lesquelles je prie de les 
faire renouveller peu à peu, sellon qu'il sera expédiant 
pour le profit spirituel de la jeunesse, affin qu'elle puisse 
parvenir à la cognoissance de la doctrine chrestienne et 
du chemin de la vérité. Et auront les mesmes personnes 
le soing de conserver les cahiers manuscripts ausquels 
est contenue la déclaration des dictes cartes assës ample- 
ment, par la grâce de Dieu, auquel soict honneur et gloire 
et à son fils Jésus, pour la gloire duquel nous faisons la 
présente. 

(( Ainsy faict et escript, ce jour vingt unième du mois 
de Janvier Tan 1624. 

« Nous susdits nommés cognoissous avoir receu du dit 
Nobletz les dites cartes, et le remercions humblement du 



— 79 — 

soing qu*il a de nostr-e salut et ont les dits Pobeur et 
Poullauec sigQé ; les autres confessent ne sçavoir signer. 

« En oultre le dit Missire Michel le Nobletz veut qu'en 
absence du dit Henry Pobeur, les susdites personnes choi- 
siront un aultre habitant du dit bourg en son lieu, lequel 
prendra le mesme soing et aura le mesme pouvoir. 

(( £t par mesme le dit Nobletz supplie les susdites per- 
sonnes et tous autres confrères de la doctrine chrestienne 
de solliciter les habitants du bourg de donner chasque 
année ou laisser par leur testament quelque chose entre 
les mains du procureur des frères, pour faire autres car- 
tes, affiD de conserver la mesme facilité à ceux qui vien- 
dront après eux. Aussy il désire qu'après sa mort, on dira 
une messe à chant, chasque année à son intention, tandis 
que les dictes carthes dureront et ce, à tel jour que les 
confrères députeront. Et n'entend le dict Nobletz s'obli- 
ger par cest acte sa vie durante, ne en rien se priver du 
droict qu'il avaict cy devant, qu'en cas qu'il y arrive de 
mourir sans faire autre disposition. Et promectent les 
dictes personnes par leurs serments ne prester les cartes 
hors leurs maisons, à auchune personne de quelque qual- 
lité que ce soict ; et pour ce, celiuy qui les gardera aura 
un coffre député, à deux serrures, affin que les auttres 
confrères gardent un des dites cleifs. 

« Oultre, ce qui est dict des cartes, s'entend de tous 
tableaux, livres de dévotion et autres peintures qui seront 
mises entre les mains des dites personnes. Ce que les 
dites personnes promectent garder sellon leur possible, à 
quoy ils consentent par devant les soussignés nottaires de 
la court de l'isle Tristan, après que se sont soubzmis au 
pouvoir et authoritté d'icelle et qu'ils y ont prorogé de 
jurisdiction à leurs personnes et biens meubles et immeu- 
bles. Et ont les dicts Pober et Poullauec signé; et pour ce 
que les dicts Coulloch et Bellec et Rolland affirment ne 



- 80 - 

scavoir signer, ont prié signer à leur requeste scavoir 
Le dict Coullocli, Dum Guillaume Brélivet prestre; la 
dicte Bellec, Dum Anthoine Pennée prestre ; et la dicte 
Rolland Dum Charles Sanson soudiacre, présants à ce que 
dessus les noltaires. 

« Faict et le gré prins au bourg de Douarnenez, paroisse 
de Plouarre les dicts jour et an que devant. 

(( Michel Le Nobletz, prbre. 

(( Anthoine Le Fennec, prbre ; G. Brélivet, prbre ; 
Sanson ; Henry Pober ; Bernard Poullaueg ; 
Lymynic, notr« royal ; Kersaudy, not'«. » 

Les explications des cartes étaient données par les fem- 
mes, soit en public dans le cimetière, avant les vêpres, 
soit en particulier dans les maisons des personnes qui en 
avaient la garde, et où Ton venait passer quelquefois 
plusieurs jours pour suivre les enseignements du saint 
missionnaire, et faire comme une sorte de retraite selon 
sa méthode, même après son départ du pays ; c'est dans 
ce but qu'il traça aux femmes dépositaires des cartes 
peintes la règle suivante pour les expliquer selon la con- 
dition des personnes. 

c Vordre qu'on doit observer en monstrant les caïers 
aux particuliers, soit dedans la maison ou dehors. 

« Article 1. — Communément 11 ne faut monstrer que 
les cartes plus familières à ceux qui ne font qu'une 
passade. 

« Art. 2. — Aux hommes masles qui ne sont pas reli- 
gieux; rien que les cartes, parce que vous auriez trop 
d'affaires. 

« Art. 3. — Aux filles dévotes qui viennent expressé- 
ment demeurer un mois ou plus, on monstrera les caïers, 
selon que jugerez expédiant, suivant leur esprit et voca- 



— 81 — 

tion et persévérance ; mais non pas monstrer le gros, ains 
un à un, aflQn qu'elles ne sachent votre secret, et tout par 
tel ordre. 

« Art. 4. — Après les caiers des cartes, il faut monstrer 
le pacquet qui est chez J. Cor, marqué de ceste lettre B et 
et puis le pacquet qui est chez M. D. marqué de ceste 
lettre D. 

« Art. 5. — Se quelques amys, auxquels vous montrerez 
ce qu'ils voudront, voire peu à peu, à mesure qu'ils auront 
temps pour le lire, si vous les voyez affectionnés à la 
vertu ; lesquels vous recognoissez bien. 

« Art. 6. — Si se presante quelque prestre simple, dévot 
et humble qui désire de voir les cahiers ; spécialement 
s'il fait sa demeure hors la paroisse, je ne sçay si ferez 
bien de les luy monstrer, parce qu'il les publierait ou les 
demanderait en prest, dont vous ouvririez la porte à 
beaucoup de fâcherie ; et seriez en danger de les perdre. 
Si les cachez aussy, ils demeureroient inutiles, si vos en- 
fants n'estudient ; c'est pourquoy il faudra prendre garde 
de ne monstrer jamais aucun pacquet, mais quelques 
caîers de chaque pacquet, par ordre, selon la capacité, 
disposition et vertu des personnes ; commançant par l'or- 
dre monstre en l'article 4«, ne laissant aucun caïer que 
pour 24 heures. 

« Art. 7. — Les instructions du mépris du monde 
seront monstrées aux filles qui font profession du mespris 
du monde, après qu'aurez cogneu leur vertu et esprit ; à 
plus forte raison les autres caîers, pour deux jours chacun 
caïer, en leur chambre secrette. 

« Art. 8. — Que si vous autres venant à mourir, vous 
mettrez les caîers entre les mains de quelque une de vous 
autres, prenant garde de ne les prester que à deux nom- 
mées de celles que j'ai députées, qui sont les honnestes 
veuflves. 

Bulletin de la Commission diocésaine. — 8* année. 6 



— 82 — 

« Quand ceux qui garderont quelques livres ou caîers, 
seront persécutés par l'importunîté des personnes de qua- 
lité à leur prester, il les rendront au couvent des Capucins 
pour garder, ou les rendront chez mes nepveux Lapart ou 
ils voudront. 

« Ainsin signé ce 16« jour d*Aoust 1631. 

« Michel LE NOBLETZ. » 

La pièce suivante nous montre bien le soin jaloux du 
vénérable missionnaire pour conserver à ses chers habi- 
tants de Douarnenez, Tœuvre d'enseignement imaginé 
pour eux. 

€ Réponêé à plu9ieur8 qui ont demandé de$ femmes de 
Douarnenez pour leur montrer la déclaration des cartes 
peintes. Ce 12 Janvier 1637. 

(( Il faut remarquer en ceste affaire plusieurs points 
dignes de considération, pour rendre leurs excuses per- 
tinantes. 

(( Le premier, c'est que les conservateurs des dittes 
cartes sont obligés par promesse et par contract formel 
de ne porter les cartes hors le terrouer, ne les monstrer 
qu*au lieu et au temps destiné à cela. Mais du depuis, on 
a composé trois ou quatre cartes pour contenter telles 
personnes ; lesquelles cartes peuvent être portées par 
tout, mais non pas qu'on les laisserait porter par pays, à 
la discrétion des jeunes hommes fils ou filles, parceque 
ce serait les gaster en les pliant et repliant si souvens : 
ains seulement seront portées par les personnes ancien- 
nes qui les sçavent conserver. 

« Second point : c'est autre chose les monstrer une fois 
pour contenter ceux qui les désirent voir, et autre chose 
faire estât de les monstrer souvent pour enseigner ceux 



- 83 - 

qui les désirent entendre ; car ce dernier point ne se peut 
faire hors de Doua menez. 

« Troisième point : lorsqu'il sera question de choisir 
des personnes pour apprendre ces cartes, il faudra pren- 
dre des gens de basse qualité et d*un esprit relevé, parce- 
que les personnes de qualité relevée ne voudront de honte 
enseigner les autres. 

« Quatriesmement, c'est chose rare trouver des per- 
sonnes qui puissent estre instruites devers icelles, parce 
que le pauvre n'a ne le loisir, ne les moyens, et les riches 
ne veulent despendre pour apprendre, ne se l'umilier. 

(( De votre frère et serviteur en Jésus-Christ. 

« M. LE NoBLETz, prbrc. » 

Enfin, par un dernier acte daté du bourg de Saint-Mahé, 
le 10 Décembre 1637, Dom Michel désigne d'une manière 
plus précise les femmes qui avaient été jugées propres à 
conserver ses cartes et caîers, et le mieux capables de les 
expliquer. 

« Moy Michel Nobletz pbre du diocèse de Léon, ay 
trouvé expédiant avant mon départ de ceste vie de laisser 
par escrit une déclaration des honorables femmes de 
Douarnenez lesquelles je trouve cappables et propres pour 
déclarer les cartes peintes, avec la permission de nos 
supérieurs, afïin qu'on ne pense pas que je approuve 
touttes sortes des femmes du Bourg, lesquelles, encore 
qu'elles les entendent, ne sont pas touttes propres pour 
déclarer ces cartes. Or entre autres femmes qui les enten- 
dent et pourraient les expliquer, les plus spéciales sont 
celles-cy : honorables femmes Demmat Rolland veu&ve 
de feu Thudec Jouin, Claude le Belec veuflve de feu Jan 
Le Moan (que Dieu les absolve), Jeanne Cabellic, femme 
de Yvon Cever et sa fille Marie et Anne Keranpran jeune 



- 84 — 

fille laquelle a esté à S^ Paol de Léon déclarer une carte 
devant Messieurs nos supérieurs ecclésiastiques, laquelle 
a esté trouvée idoine pour les enseigner et permise moyen- 
nant observer quelques circonstances et conditions par 
eux p rescriptes. 

« De plus je supplye les femmes susdites de laisser leur 
déclaration semblable à autres, avant leur mort et une 
attestation des femmes propres pour faire la mesme fonc- 
tion, autrement je déclare par le présent escrit, ne leur 
laisser mes cartes peintes que à telles conditions ; et laisse 
des à présent une supplication à Monsieur leur Recteur 
de ne permettre auchune personne les expliquer, ne en 
secret, ne en puplic, ne sub nominêpietatis error et impietas 
disêiminetur, 

a C'est pourquoy il faut faire grande diligence à ensei- 
gner autres, autrement elles perdront ce grand privilège 
et faveur spéciale ; c'est tout ce que je leur recommande. 
En témoignage de quoy je soubsigne la présente ce 
10 Décembre l'an 1637. 

« Au bourg de S^ Mahé. 

(( Michel LE NoBLETz pbre. » 

Les femmes désignées par le serviteur de Dieu furent 
fidèles à leur mission ; mais probablement que celles 
qu'elles désignèrent pour les remplacer ne montrèrent 
pas toujours le même zèle, car vingt ans plus tard, le 
pieux Evéque de Cornouaille demande instamment que 
cette bonne coutume d'expliquer les cartes soit reprise. 

« Nous René du Louet par la grâce de D. et du S. Siège 
Evesque et comte de Cornouaille. 

(( Avons apris que les habitants de Douarnenez avaient 
interrompu la louable coustume qu'ils avaient tous les 
dimanches devant vêpres de lire et voir dans le cimetière 



— 88 - 

ou autres places diverses, les instructions spirituelles que 
feu M. Michel le Nobletz avait laissé dans les énigmes et 
peinctures spirituelles pour imprimer la crainte et amour 
de Dieu dans l'esprit des fidelles, Exhortons les mesmes 
habitants de Douarnenez, les paroissiens de Plouaré, et 
autres de reprandre leur ancienne coustume selon les 
ordres que feu M. Michel le Nobletz nous avait proposés 
et que nous approuvons. Et à ce que chacun y assiste avec 
plus ferveur nous donnons 40 jours d'indulgence a chacun 
des fidelles de l'un et de l'autre sexe touttefois et quante 
qu'ils seront présans à ce saint exercice, avec défense à tou- 
tes personnes de les troubler sous peine de désobéissance. 
(( Donné dans nostre palais Episcopal de Lanniron ce 
23 d'Aoust 1660. 

« René du Louet, Evea. de Comouaille. )) 

Il faut croire que cette exhortation pressante de l'Eve- 

que de Quimper eut un heureux effet; nous ne saurions 

dire jusqu'à quelle époque ce pieux usage a été conservé, 

mais nous devons croire qu'il a duré assez longtemps, 

autrement nous aurions peine à nous expliquer comment 

nous serait parvenu, après un laps de près de trois cents 

ans, un nombre relativement important des cartes et 

caîers du Vénérable Dom Michel, et vraisemblablement 

dans la caisse elle-même où ils étaient renfermés au 

xvii® siècle. 

* 
* # 

Du Père Maunoir et de ses nombreuses missions à 
Douarnenez (1) nous mentionnerons seulement ce don de 
seconde vue, on dirait aujourd'hui de télépathie, par 



(1) Voir sa VU, par le Père Séjourné. 



-86 - 

lequel, préchant dans Téglise de Saint-Michel, le 7 Juin, 
il parla de la bataille navale qui se livrait au même 
moment à Tembouchure de la Tamise. On trouve, aux 
Archives départementales (E. 344), un récit détaillé de 
cette bataille. Voici Hntitulé de ce manuscrit : « Jour- 
nal contenant la route et la relation du combat que les 
vaisseaux de France et ceux d'Angleterre ont rendu con- 
tre les Hollandais dans la campagne 1672; lequel a été 
faict, dans le vaisseau du Roy nommé Le Brave com- 
mandé par M. de Vallbelle, par le sieur le Moyne ». 

Une œuvre qu'on peut attribuer à la vénération du Père 
Maunoir pour son saint mattre, Monsieur Le Nobletz, c'est 
la construction de la chapelle de Saint-Michel à Douar- 
nenez. 

•Voici comment le Vénérable Père Maunoir raconte 
l'érection de cette chapelle de Saint-Michel, dans une vie 
manuscrite qu'il a laissée d'une femme de Quimper, 
Catherine Daniélou, qui éprouva elle-même, en plusieurs 
occasions, une protection singulière de la parb de l'Ar- 
change saint Michel : 

« Catherine Daniélou a coopéré à l'érection de la cha- 
pelle de Douarnenez, au lieu où le Père Michel Le Nobletz, 
renommé pour ses vertus et miracles, avait demeuré l'es- 
pace de vingt-trois ans à diverses reprises. 

(( Notre-Dame révéla à Catherine, trois ans devant qu'on 
bâtit cette église, qu'un jour il y aurait à Douarnenez une 
chapelle autant fréquentée que Sainte-Anne d'Auray. 
(C'est le plus insigne pèlerinage de Bretagne) (1). 

« Dès que le Père Maunoir — que le Père Michel élut 
pour son successeur vingt-deux ans devant sa mort — 
conçut le désir de faire bâtir ce lieu de dévotion, cette 
servante de la Vierge l'encouragea dans son dessein. Le 

(1) Le vénérable Père MAUooir écrit vers l'an 1670. 



- 87 - 

recteur de Ploaré (1) et les babîtants de Douarnenez n*y 
avaient aucune inclination, ce simple peuple se formait 
mille chimères, s'imaginant que si cette chapelle était 
une fois bâtie, ce serait la perte de toute cette république. 

(( Enfin, par le conseil de Catherine, Madame de Prat- 
glas, ayant acheté la maison où avait demeuré Thomme 
de Dieu, gagna Monsieur TEvéque pour ce pieux dessein. 

« On avait déjà entendu par neuf fois sonner diverses 
sortes de cloches dans ce lieu, encore qu'on n*en eût vu 
aucune. On a fait information juridique de cette merveille. 

« Monseigneur de Cornouaille (2), qui n'avait pu mar- 
cher depuis six mois, se fit porter en cette maison de 
l'homme de Dieu en compagnie de M. Amice, son pro- 
moteur, de MM. les Recteurs de Ploaré et de Ploulan 
(PouUan), des Révérends Pères Alain de Launay et Julien 
Maunoir, et d'un grand peuple de la paroisse de Ploaré et 
de la ville de Douarnenez. 

« En ce même jour il appuya sur ses pieds, commença 
à marcher, le lendemain il entendit la messe à genoux ; 
depuis six ou sept mois il n'avait pu fléchir les genoux ni 
faire un pas, ni appuyer sur ses pieds. Ensuite de ce 
voyage, il se porta de mieux en mieux, dit la messe, con- 
féra les ordres, fit sa visite, prêcha dans sa cathédrale, 
chanta les trois messes de Noël en Téglise Saint-Corentin, 
à l'âge de quatre-vingt-trois ans. En conséquence, Mon- 
seigneur ordonna qu'on bâtit une chapelle en l'honneur 
de saint Michel Archange dans le lieu où avait demeuré 
M. Le Nobletz près de vingt-trois ans. 

« Le 12« d'Août 1663, fut posée la première pierre de 
l'église de Saint-Michel ; et depuis, plusieurs pèlerins 
abondent tous les jours en ce lieu des Evéchés de Léon, 



(1) Paroisse qui oom prenait alors la ville de Douaroeoex. 
(3) Mgr Reoô du Lonet, é?éque de Quimper, 1649-1668. 



— 88 - 

de Cornouaille, de Tréguier et de Vannes. Mgr de Cor- 
nouaiile a donné quarante jours d'indulgence à ceux qui 
visiteront cette chapelle le mardi, chaque jour du mois de 
Mai, à ceux qui communieront et y feront dire la messe. 
N. S. Père le Pape Alexandre VII a donné indulgence 
plénière à ceux qui se confesseront, communieront et 
visiteront ce lieu le 1®' dimanche d'après Saint-Michel. 

(( Catherine Daniélou fit de grandes prières pour attirer 
les bénédictions du ciel sur ce lieu ; sa bonne maîtresse 
(la Sainte*Vierge) lui communiqua le plan et la forme de 
la chapelle comme elle est à présent, il n'y avait que 7 1. 
d'assurées pour commencer cet ouvrage, qu'on avait reçues 
lorsqu'on planta la première croix devant le lieu destiné 
au saint édifice. Elle lui ordonna de dire à son directeur 
(au P. Maunoir) de prendre courage, que rien ne man- 
querait, et que quand il faudrait couvrir la chapelle d'ar- 
gent, il y en aurait aôsez. L'effet fit voir la vérité de la 
prophétie : en trois jours on reçut 1.100 1., et la première 
année 7.000 1. ; de plus, cette surintendante de ce bâtiment 
(la Sainte-Vierge) donna charge de faire le mois de Mai, 
les premières années, la mission, ce qui fut fait ; on peut 
dire sans hyperbole que dans chaque mission plus de 
quatre-vingt mille personnes y assistèrent chaque année 
avec des conversions extraordinaires. 

(( Depuis le commencement de la bâtisse jusqu'à pré- 
sent, on fréquente presque tous les jours cette place dévote. 
Les miracles qui ont été faits en faveur de ceux qui s'y 
sont voués sont sans nombre, bien avérés. On peut voir 
une partie de ces grâces dans le recueil des miracles que 
Mgr de Cornouaille a approuvé » (1). 

Un cantique breton, composé par le P. Maunoir, con- 
serve encore la mémoire de toutes ces merveilles. 



(1) Extraits des vies de M, Le Nohlet% et de Catherine Daniélou, par 
le R. P. MiuifOiR, s. J. 



- 89- 

Monsienr de Gornonaille a oidonné 

Qa'à Dooamenez, an liea où a demeuré M. Le Nobletz, 

A Porzra près de la mer fat élevé nne chapelle * 

A la gloire de Dieu et en Thomieiir de Monsieiir saint Michel. 

Nenf fois les anges du ciel ont fait entendre le son 
D'une cloche invisible an lien où il a demeuré : 
Prenez courage, et hàtez-vous, chrétiens, 
Neuf sons ont scmné, il est temps de venir à la messe. 

Beaucoup de pèlerins sont venus de bien loin 
Pour visiter cette chapelle, et bien sûr 
Que les seuils, seroient-ils de fer, en seront usés 
Par les pèlerins que Dieu y envoie. 

Voici les premiers couplets de ce cantique breton qui 
se trouve dans l'ancien recueil des cantiques du Père 
Maunoir. 

Micael Noblet, guir mignon dar Rouanes ar bet, 
G'hui so bet en ho puez tensor bras cuset, 
Hoguen gant ar Bretonnet e viot disoloet, 
Goude an oU poaniou bras oc'heus bet anduret. 

Ebars en ho ti santel ar Groas oc'heus dougnet, 
clasq distrei oc*h Doue ar bec'herien dallet, 
Quiteet oc'heus ho preodeur querent ha mignonet 
Evit ma halsac'h liproc'h catec'hisa ar bed. 

Bon tat lenn a drugarez petra livirit-hu ? 
Bac e viot er Barados leun a gloar e peb-tu, 
Pidi a ran evidoc'h ma vizacli pardonnât, 
Evit ma teuziac'h em zi eleac'h émeus chomet. 

Ebars e Douamenes ezoa va demeuranç, 
Ne falle quet din neuse frecanti an Noblanç, 
Nemet gant tut paour a simpl ezoan neuse hantet, 
Dezo e roen va bennos ha dar re af fliget. 

Tivit va Douamenezis mar émeus o quiteet. 
Ne doc'h quet dirac Doue gneneme ancounecliet 
Gant un dévotion bras donet a reot em zi, 
Da bresanti ho calon da Jésus ha Mari, 



-90- 

An Antroii Qnenie en d'ans guit e ch'raç ordrenet, 
Ma yifle e Douamenee e leac'h m'émeus chomet, 
E Porzu tostic d'ar mor batisset ar Ghapel, 
Da c'hloar Doae hac enor Antioa Sant Michel» 

An Mlez ar Barados o d'eus nao gueich sonnet, 

Ur c'hloc'h invisibl, e leac*h m'emeos gaeicbal chommet, 

Qaemerit cooraich eta, d^;)echet Ghristemen, 

Nao son so bet, prêt eo monet dan Offeren 

Cals a Belerinerien a sui a peL bro, 
Da visita or Ghapel savet a neves-so, 
An traison pa ve a aour a vexo sur nset» 
Gant ar Pelerinet, a vezo inspirât. 

Er Ghapelic Sant Michel graçon a vezo roet, 
Ha re va Mœstres paissant pidi Salvet ar bet, 
Ar re mat a bresego, ar re dall a veio» 
Ar re mut a bresego, ar re dall a vélo. 

Ar re bousar a glevo, ar re cam a gaerso, 
Ar re boasar a glevo, ar re cam a gaerso, 
Hac ar re so afiiget, soalaich o deveso, 
Hac ar re so afliget, soalaich o deveso. 

Les Peintures de la Chapelle SAmi-MiCHEL 

Au-dessus de la porte principale, sous le clocher, on lit 
cette inscription : 

Mre . HIE : PAILLART : REGT : DE : PLOVARE : 
MICHEL : POVLLAOVEC : FABRIQVE ; 1664. 

Sur le petit clocher à dômes superposés se trouve la 
date de 1665. 

L'édifice affecte la forme d'une croix, avec Tabside et 
les deux branches du transept terminées en hémicycle. 

L'autel est surmonté d'un retable à colonnes torses 
contenant les statues de saint Michel terrassant le dra- 
gon, la Sainte-Vierge, sainte Anne et, en haut, la Sainte- 
Trinité. 



- 91 ~ 

Au fond du transept Sud est un tableau sur toile repré- 
sentant une apparition de la Sainte-Vierge à Michel Le 
Nobletz : TEnfant-Jésus lui présente trois couronnes ; le 
vénéré missionnaire est à genoux et un lys à ses pieds. 
Une inscription porte ce texte : Le révérend Père Michel 
Le Nobletz mourut en 1652, âgé de 76 ans. 

Ce qui fait Vintérét de cette chapelle ce sont les pein- 
tures historiques et symboliques qui ornent et recouvrent 
entièrement le lambris ou plafond en bois, et qui ont été 
exécutées dans la période de 1667 à 1675, comme nous 
rapprendront les inscriptions et dates dont nous nous 
occuperons à la fin. 

Dans l'abside sont représentés les quatre évangélistes : 
saint Marc, saint Mazé, saint Luc, saint Jean, puis les 
quatre grands docteurs d'Occident : saint Hiérosme, saint 
Ambroise, saint Augustin et saint Grégoire. 

Ensuite viennent des scènes de la vie de la Sainte- 
Vierge et de Notre-Seigneur ou des représentations figu- 
ratives ayant trait aux différents ministères des anges 
auprès des hommes; nous les citerons dans Tordre où 
nous les trouvons pour suivre tout du long la série, quoi- 
que ce ne soit pas toujours la suite logique et chronolo- 
gique, particulièrement dans Thistoire de Notre-Seigneur. 
Au bas de chaque tableau est un texte que nous donne- 
rons, avec la description du sujet, quand il y aura lieu. 

1. Auprès de saint Marc, du côté de l'Evangile : la con- 
ceptioa de la Sainte-Vierge ; — sainte Anne et saint Joa- 
chim sont en vénération et en contemplation devant la 
Vierge Immaculée apparaissant dans les nuages, cou- 
ronnée de douze étoiles. Au-dessus plane le Père-Eternel 
bénissant, la main gauche posée sur le globe du monde, la 
tète parée du nimbe triangulaire. 

2. Nativité de la Sainte-Vierge; — une femme porte 
des gâteaux dans un plat. 



— 92 — 

3. Présentation de la Sainte- Vierge. 

4. L'Annonciation ; — ou plutôt la moitié de cette scène, 
car il n*y a ici que Fange Gabriel ; et la Sainte-Vierge, 
qui est le complément du tableau, se trouve en face de 
l'autre côté. 

5. Dans le transept Nord : Lange nous arme ; — un ange 
donne une croix à un enfant que le diable menace de sa 
fourche. 

6. Lange nous anseigne; — un petit enfant écrivant, 
l'ange lui montre un livre. 

7. Lange qui nous esclaire ; — il tient un flambeau 
allumé. 

8. Lange de dévotion ; — il tieut un gros chapelet. 

9. Lange de paix; — il tient une couronne et une 
palme. 

10. Lange chef de larmée de léternel; — tenant un 
glaive. 

11. Lange gardien ; — - conduisant un enfant. 

12. Lange tient Satan enchaisné. 

13. Lange envoie pour nous défendre ; — il tient un 
bftton et un glaive. 

14. Lange porte cierge bénist ; — il tient un cierge et 
une couronné. 

15. Lange qui donne Lo contre le diable ; — il tient un 
bénitier et un goupillon. 

16. Lange nous mène à la pénitence ; — il conduit un 
enfant dans un confessionnal. 

17. Lange nous mène à la sainte communion. 

18. Lange nous assiste à la mort ; — il exhorte un mori- 
bond et le démon s'enfuit. 

19. La salutation de lange ; — la Sainte-Vierge faisant 
pendant à l'ange Gabriel dans la scène de l'Annonciation. 

20. La résurrection de Nostre Seigneur. 

21. Lascension de Nostre Seigneur. 



— 93 — 

22. La descente du S. Esprit sur les apostres. 

23. Le mariage de la sainte Vierge. 

24. Saint Michel chassant Lucifer du Paradis. 

25. La mort du juste. 

26. Passant du côté de TEpitre, au bas : Les anges mon- 
tent et descendent dans léchel de Jacob. 

27. Lapparition de saint Michel ; — c*est la manifesta- 
tion du mont Gargan ; on voit le bouvier lançant sa flèche 
vers la caverne. 

28. Le Sauveur Jésu crucifié. 

29. Jésu portant sa croix. 

30. Jésu est couronné d*épines. 

31. La flagellation du Sauveur. 

32. La prière au jardin. 

33. Dans le transept Sud : Nostre Seigneur disputant ; 
— au milieu des docteurs. 

34. Nostre Seigneur est adoré de trois rois. 

35. Nostre Seigneur est né en Betlem. 

36. Prends la f de Jésus -Christ ; — ange tenant une 
croix. 

37. Saint Paul. 

38. Dom Michel le Nobletz, prestre ; — il est représenté 
en surplis et en étole, les mains jointes. 

39. Mère de Dieu P. P. N. (priez pour nous) ; — la sainte 
Vierge les mains jointes. 

40. Sauveur du monde A. P. D. N. (ayez pitié de nous). 

41. Saint Michel. 

42. Saint Pierre. 

43. Si tu veux une couronne de gloire ; — ange portant 
une couronne de roses. (Le panneau est le complément 
dun<»36.) 

44. La Vierge est couronné reyne des anges et des 
hommes. 

45. La Vierge est ensevelie par les apostres. 



- 94 — 

46. Le trépassement de la Vierge ; — la sainte Vierge 
est sur son séant» entourée des apôtres, dont Tun porte la 
croix et un autre un cierge allumé. 

47. Au chevet ou abside : La Visitation de la Vierge. 

48. La purification de la Vierge. 

49. Lassoroption de la Vierge. 

Autour de la clef sculptée qui est à la croisée des tran- 
septs se trouvent les inscriptions suivantes : 

N . H . LANLARCH . GOUVERNEUR . 1674. 
M'«. GVILLAVME . PAILLART. RECTEVR . 1675. 
PEINCT . PAR . LE . SIE VR . DE . PRATANBARS . 1673. 
M'. MICHEL . CONAN . POVLLAOVEC . CVRE. 
V. ET . DISCRET . G .PAILLART . DOCTEVR . 1692. 
H . H . ALAIN . SAVIDAN . GOVVERNEVR . 1675. 
MESSIRE . JAN . COVLLOCH . CVRE . 1673. 
MESSIRE . HIEROSME . PAILLART . 1667. 

Les comptes de la chapelle Saint-Michel qui sont con- 
servés aux Archives départementales nous donnent quel- 
ques détails intéressants sur sa fondation, sur les orne- 
ments dont elle était pourvue et sur quelques marchés 
conclus pour son embellissement ; nous donnons ici un 
extrait du compte de 1672-1673 rendu par Guillaume 
Coulloc*h, gouverneur et trésorier : 

« Se charge le dit comptable de deux contrats sur velin 
concernant le fondement de la dite chapelle, Tun tou- 
chant Tapplacement de la mesme chapelle du bout devers 
rOccident acquis du temps de la charge du sieur Michel 
Poullaouec, premier gouverneur d*icelle d'avecq hono- 
rable femme Marguerite le Gludic, veuffve de Jean Lozeach, 
daté du trantieme jour d'Octobre 1663 et l'autre pour Tap- 
placement du cloistre acquis d'avecq André Bretivet et 
aultres par Missire Louys Grivart aussy gouverneur, le 
29°^^ Juillet 1668, au rapport de Lyminic, notaire* 



— 98 — 

« Se charge de quatre calices dont deux grands dorés 
et deux plus petits d'argent, de quatre missels, deux 
orceaux d'argent, dix chasubles de diverses couleurs, 
quatorze nappes garnyes de dentelles, deux aubes gar- 
nyes de belle dentelle et sept autres de petite dentelle, etc., 
sept devant d'autels. » 

On y voit figurer une chape et deux tuniques de satin ; 
en ex-voto : « Trois cœurs d'argent, un double cœur d'ar- 
gent, trois chapelets de cristal où il y a des croix et mar- 
ques d'argent, un chapelet de coral avec croix d'argent )>. 

Au mois de Juin, le comptable a reçu en offrande 138 
livres, « comprins les foires de la Pentecôte et le dimanche 
de la Trinité ». La somme totale des offrandes pour l'année 
est de 450 livres environ. 

A l'article de la décharge, nous relevons ce qui suit : 

« Payé en deux tunicques, fanons et estole de satin à 
fleur blancq pour décorer et orner la chape de mesme 
étoffe, 50 livres 10 sols. 

(( A MM. le recteur, curé et prestres pour leur assis- 
tance à l'ofBce divin tant le jour de la feste de Monsieur 
S^ Michel que le dimanche ensuyvant jour du pardon, 
13 livres 10 sols. 

« Pour ayder à la dépense faite par les Révérends Pères 
Jésuites pendant la huitaine du pardon, 4 livres 10 sols. 

« Le jour que Monsieur de Plouere, les sieurs Lozeac'h 
etPouilaouec furent pourdebvoir traiter avec maître Paul 
au sujet de la sculpture des deux imaiges de S^ Joseph et 
S^ Joachim avec leurs custodes, payé en la collation : 50 sols. 

« Plus le jour qu'il fut accordé en la maison de l'église 
à Plouere avec le dit Maurice Paul et Jan Paul son fils, 
tant pour la sculpture que pour la peincture et dorure des 
dites imaiges, payé en collation 28 sols. 

(( Pierre Larroue quy avoit fourny les ferailles qui atta- 
chent les dites imaiges et custodes, payé 9 livres. 



— 96 - 

« Au désire du marché passé avec les dits Maurice et Jaa 
Paul le 24« Octobre dernier a payé le sept Janvier (1673) 
340 livres pour la sculpture, peinture et dorure des dites 
imaiges. 

« Pour les frais de la mission faicte jusqu'à ce jour 
16 May, payé, sans compter le vin payé par Monsieur de 
Ploueré, 18 Jivres. 

« A M. le recteur de Plouere pour son tiers des ofiran- 
des tombées dans la dite chapelle pendant Tannée de la 
charge du comptable : 151 ^ 12^ 3"*. )) 

Ce compte fut présenté à Gourlizon le 17 Mai 1673 et 
approuvé par M. Louys Deshayeux, officiai de Cornouaille, 
et Guillaume Cariou, promoteur. 

(A suivre.) 



CARTULÂIRE 

DE L'ÉGLISE DE QUIMPER 

(Suite.) 



474. 

JEAN RIOU REQU MA6ICOT <•) 



 



23 Avril 1406. - 



Aano Domioi M^ quadrigentesimo sexto, die xxiu* men- 
sis Aprilis circa horam tercîarum in ecclesia Corisopitensi 
indicione XIIII, pontificatus domini Benedicti pape XIII 
anno XII<>, presentibus ad hoc, Magistris et dominis J. de 
Kaer archidiacono Cornubie, O.Hospitis, J.Corric, A. Pen- 
quelennec, J. de Misperic, R. Penquelennec, J. de Treanna, 
H. de lûsula, Sulguen, G. Marhec canonicis et aliis, fuit 
receptus dominus Johannes Rioci presbyter, in macico- 
tus (aie) et corista ecclesie Corisopitensis et juravit tenere 
statuta laudabilia dicte ecclesie, etc. et fuit institutus in 
cappellania de Plumalunc (?) etc. q Serrelagat. 



475. 

GUILLAUME DE KERAUDiERN REQU CHANOINE ^) 

- 13 Août 1406. - 



Anno Domini M9 quadrigentesimo sexto die xiii'' Augusti 
fuit admissus Magister A. Penquelennec procura tor et 

(1) Cart. 31, t* 69. 

(2) Cart. 31 , f 60. 

BULLBTIN DE LA Ck)llllI88ION DIOCiSAINB. — 8* aDDéO. 7 



— 98 - 

procuratorio nomine domini Guiilermi de Kaer Âudierae 
in canonicum et in fratrem ecclesie Corisopitensis, adep- 
tus est possessionem et statuta juravit, etc., presentibus 
domiûis canonîcis Magistris Oliverio Hospitis, Johanne 
Corric, Guillermo Militis, Herveo Sulguen, Johanne 
Treanna, Petro Militis, Johanne Misperit, Rodulpho Pen- 
quelennec. Kehcarf. 



476. 

JEAN LE MAOUT PAIE L'AMENDE (<' 

— 3 Janvier 1407 (n. 8.}. — 



Anno Doraîni M» quadringentesimo sexto, die tercia 
mensis Januarii hora matutinarum illius diei, indictione 
XV* pontificatus Sanctissimi in Christo Patris ac domini 
domini Benedicti divina providencia pape XlIIianno XIII^ 
in mei puplici notarii et testium infra scriptorum pré- 
sencia personaliter constitutus dominus Johannes Muto- 
nis presbyter, unus de septem curatis ecclesie Corisopi- 
tensis, emendavit Capitulo Corisopitensi capitulanti in 
suo Capitulo, propternonnullos excessus, ad viginti libras 
monete currentis dequibus débet solvere centum solidos 
ad ordinacionem Capituli predicti, residuum autem sibi 
remisit predictum Capituluin misericordia et pielale duc- 
tum, presentibus dominis Guidomaro Guezenec, Yvone 
Heleiz presbyleris. 

Datum ut supra. 

Kercauf, pro instrumento. 

(l) Carl. 31, f- 50. 



— 99 — 
477. 

GEOFFROY KEROUERN REQU MACICOT^*) 

- 15 Août 1407. - 



Addo Douiini M^ CCCC<> sexto die veneris post festum 
purificatioûis béate Marie Virginis, presentibus in Capi- 
tulo dominis et magistris Herveo Sulguen, Oliverio Hospi- 
tis, Guillermo Le Marhec, Johanne Corric, Alano Penque- 
lennec, Johanne Treanna, Petro Militis, Johane Misperit 
canonicis et aliis,fuit Gauffridus Kerouern clericus recep- 
tus iamacicotum ecclesie Corisopitensis et juravit statuta 
laudabilia ecclesie observare. q Serrelagat. 



478 

YVES TORZELLEC REQU M&CICOT (') 

- 16 Avril 1407. - 



Anno Domini M^ quadrigentesimo septimo, die veneris 
XV' Aprilis, juravit Yvo Torzellec clericus tenere statuta 
et consuetudines laudabiles ecclesie Corisopitensis et fuit 
procreatus in mancicautum. 



479 

PRESTATION DE SERMENT ('' 

- 10 Juin 1407. - 



Anno Domini Mo quadrigentesimo septimo, di& décima 
mensis Junii ego Yvo Kerconnyn juravi statuta, etc. 
In eadem die juravit Guillermus an Moinn. 



(1) Cart. 31, f« 66. 

(2) Cart. 31, ^ 64. 

(3) Cart. 31, f* 42. 



— 100 — 

480. 



GUY MOEL PRÊTE SERMENT (*) 

- 11 Juin 1407. - 



Ego Guido Moêl jure statuta consuetudines et obser- 
vancias laudabiles ecclesie Corisopitensis et reverenciam 
exhibere antiquioribus me in dicta ecclesia. 

Datum die sabbat! in festo beati Barnabe apostoli. 

Anne Domini M^ quadrigentesiuio septimo. 

G. MoEL, ita est. 



481. 

RÉCEPTION DE MACICOTS(') 

- 6 Février 1407. - 



Anne Domini M** quadrigentesimo septimo, die lune 
post festum purificatiônis Béate Marie Virginis, fuerunt 
recepti in macicotos per dominos de Capitulo, Johannes 
Poulpic, Johannes Andrée et Natalis Potdu qui jurave- 
runt statuta et consuetudines ecclesie servare. 

Penquelennec. 



CLEFS DE L'ÉVËCHÉ REHISES AU CHAPITRE, 

LE SIÈGE VACANT <') 

- 3 Mal 1408. - 



Anno Domini M<^ quadrigentesimo octavo die tercia 
Maii, indictione prima pontificatus Benedicti pape XllI 
anno XIII^ presentibus dominis Johanne Mutonis, Hen- 
rico Locquilec et aliis, sede vacante per mortem defluncti 

(1) Cari. 31, f 67. 
(1) Cart. 31, f^ 20. 
(3) Cart. 31, f* 50. 



— 101 — 

T. Corisopitensis (episcopi) Guillermus Moilland reddidit 
in Capitulo Corisopitensi claves domus épiscopalis Cori- 



i4oe - 1-iie 



483 

BERTRAND DE ROSMftDEC REQU CHANOINE ('> 

- 2 Juin 1408. ~ 



Anno Domini M^ CCCC^ VIII^ die secunda mensis JuDii 
hora prime vel circa, indictione prima pontificatus domini 
Benedicti, annoXIIIIo, presentibus domino Oliverio Quoet- 
perec presbytero magistro Johaûne Quoetanezre, domino 
Yvone Kercarfl rectore de Loco Petroci et aliis, venera- 
biles viri Capitulum Corisopitense receperunt venerabilem 
virum Magistrum Bertrandum de Rosmadec in canoni- 
cum et in fratrem hujus ecclesie et in possessionem pré- 
bende quam obtinere solebat defiunctus Magister Guiller- 
mus Marhec in ista ecclesia,quiquidem Magister Bertran- 
dus juravit ad SanctaDei Evangelia, statuta hujus ecclesie 
et consuetudines laudabiles observare ut moris est. 

Acta fuerunt hec in Capitulo seu loco capitulari con- 
sueto in ecclesia Corisopitensi. ^j^ Scahunec. 



HERVÉ BÉ6UEC REQU MACICOT (') 

- 6 Juillet 1408. - 



Anno Domini M9 quadrigentesimo octavo, die veneris 

(1) Cart. 31, f* 51. 

(2) Cart. 31, ^ 46. 



— 102 — 

post octabas festi beatorum Pétri et Pauli Apostolorum, 
dominus Herveus Begueuc presbyter fuit receptus in ma- 
cicotum ecclesie Corisopitensis et juravit statuta et con- 
suetudines laudabiles ecclesie observare, presentibus do- 
mino Herveo Mathei presbytero et Yvone Buhulian, etc. 

G. BONVALLON. 



485. 

SACRISTE PRÊTE SERMENT (') 

— 2 Novembre 1408. — 



Anno Domini M^ quadrigentesimo octavo, die secunda 
mensis Novembris, indicione secunda et ab eleccione do- 
mini Pétri de Luna vocati alias Benedicti de Luna XIIlî 
in papam electi, anno XW^, fuit receptus Magister Thomas 
de Lesmouez in sacristam ecclesie Corisopitensis; qui qui- 
dem Magister Thomas juravit statuta laudabilia et con- 
sueta dicte ecclesie servare et inutilia evitare pro posse. 

Datum ut supra, presentibus ad hoc domino Johanne 
Mutonis procuratore S^iChorentini,YvoneMesanlez cliente 
domini Episcopi Corisopitensis in suis Rekaeriis, Karolo 
Anschieri Darcelli, Yvone an Prodomme clericis et aliis. 

G. Serrelagat. 



486. 

ALAIN DE TREANNA REÇU MAGICOT^') 

— 28 Décembre 1408. — 



Anno Domini M^ quadrigentesimo octavo die sabbati 
post festum nativitatis domini, fuit Alanus de Treanna 
clericus creatus in macicotum ecclesie Corisopitensis in 



(1) Cart. 31, f^ 32. 

(2) Cart. 31, ^ 57. 



— 103 — 

Capitulo, qui quidem Âlanus juravit, ad sancta dei Evan- 
gelia, statuta ecclesie observare et alia facere, etc.. 

An Scahunec. 



487 

EMPRUNT DE LIVRES (') 

- 22 Juin 1409. - 



Anno Mo quadrigentesimo nono, die sabbati, vigesima 
secunda mensis Junii, Ego Johannes Perfecti canonicus 
Corisopitensis recepi decretales Capituli incipientes in 
secundo folio textus ipsius. 

Item, recepi decretum, — item, psalterium glossatum. 

Anno Mp quadrigentesimo vigesimo tercio, die décima 
Marcii predictus Magister restituit in Capitulo predictum 
librum et eciam coliecionem divinorum ofiBciorum. 

Johannes Hasgoet. 



488. 

VERSEMENT 
FAIT PAR LE GOUVERNEUR DE NOTRE-DAME DU 6UEAUDET 

AU CHAPITRE (') 

— 13 Février 1410 (n. s.}. - 



Anno Domini M^ quadrigentesimo nono secundum com~ 
putacionem ecclesie Gallicane, tercia décima die mensis 
Februarii, Pontiûcatus domini Alexandri pape quinti, 
anno primo, me notario publico et testibus infrascriptis 
presentibus, solvit in Capitulo ecclesie Guillermus Jacudon 
yconomus seu procurator capelle Béate Marie de civilate 
in villa Corisopitensi,Magistro Oliverio Hospitis canonico 
dicte ecclesie Corisopitensis receptori anniversariorum 

(1) Cart. 31, f* 22. 

(2) Cari. 31, f- 43. 



— 104 — 

ejusdem ecclesie, quadraginta solidos monete qsualis 
annui redditus debiti dicto Capitulo de et super troncho 
dicte capelle et hoc pro anno presenti de et super anni- 
versario Johannis Veritatis de quibus ipse procurator 
Capituli quittavit dictum yconomum, presentibus Guil- 
lermo Ruffi et Johanne Kerléuc juniore testibus. 

G. Bon VALLON Y.* 



489. 

DE ANNIVERSARIO PRO CADAVERE INTRANTE CHORUH <«) 

- 28 Octobre 1410. - 



Die jovis xxiii* meusis Octobris. Anno Domini M<> qua- 
drigentesimo decimo, in crastino Synodi S^^ Lucœ Evan- 
geliste in Capitulo generali, fuit per Capitulum hujus 
ecclesie Corisopitensis statutum et ordinatum morem et 
observantiam antiquam observando, quod nullum cada- 
ver admittatur intra chorum ipsius ecclesie ad suum 
servicium pro mortuis ibidem faciendum, nisi prius fun- 
daverit, seu pro ipso defuncto fundatum fuerit unum 
anniversarium annuatim perpetuo in ipsa ecclesia facien- 
dum, tantum pro ipso introitu et admissione in ipsum 
chorum pro suo hujusmodi servicio faciendo assignatum 
fuerit, quantum datur pro anniversario faciendo in ipsa 
ecclesia, aliter non admittatur, exceptis in premissis, 
principibus, Episcopis et notabilibus prselatis, ac militi- 
bus et canonicis ipsius ecclesie, nec non illis qui capel- 
lanias perpétuas per se personaliter, non per predeces- 
sores, vel alios in ipsa ecclesia fundaverunt. 

De non eircuUndo chorum eum cadavere. 
Item fuit statutum et ordinatum quod nullum cadaver 

(1) Cart. 56, f 57. 



— lOS — 

portetur per circuitum chori ipsius ecclesie ab extra 
ipsum chorum quasi processionaliter, vel aliter ipsum 
chorum circuiendo, nisi cuilibet canonico residenti ad 
ipsius canonici (electionem) detur una oblata vim boni, 
vel duo solidi et decem deoarii, et capellanis majoribus 
et ministris ipsius ecclesie quatuor oblata vini, vel simili 
modo duo solidi et octo denarii pro qualibet oblata ad 
ipsorum capellanorum et ministrorum electionem. 

De non accommodando ceratn* 

Item, observando antiquas consuetudines et morem ab 
antiquo servari solitum,et aliter in ipsa ecclesia juratum, 
innovando fuit ordinatum cum juramento, quod cera et 
faces et intortitia post servitium deffunctorum ad ipsum 
Capitulum spectantia et proveniencia non tradantur, 
accommodentur, vel mutuentur, seu quovis qui sit colore 
assignentur pro servitio seu officio pro aliquo cadavere 
seu deiluncto in ipsa ecclesia seu alibi fiendo. 

De servitio cadàveris cum cadavere cum cera. 

Item quod parentes et consanguinei dedunctorum et 
alii quorum interest, teneantur intra qulndecim dies, a 
die sépulture cadàveris vel deffuncti hujusmodi imme- 
diata sequenti, facere fieri suum servitium in ipsa ecclesia 
vel alibi ubi fuerit fiendum, alioquin cera, faces, intors- 
ticia quse in sepultura etoflicio ipsius fuerant et ad ipsum 
Capitulum et canonicos devenire debent, dividantur, lapsis 
dictis quindecim diebus, inter canonicos qui servitio 
ipsius sepultursB interfuerunt, gratia canonicorum ipso- 
rum, si quali more capitulari facere noluerint, in pree- 
missis salva. 

De cera famUiarum canonicorum. 
Item, eciam, innovando antiquam consuetudinem ipsius 



— 106 - 

ecclesie diutius observatam, ut de ea in posterum non 
hesitetur, sed de ea in libro statutorum hujusmodi appa- 
reat, fuit ordinatum quod cera, faces et intorsticia, sive 
faces qudB esse contigerit in servitio alicujus deffuncti 
familiaris, domestici, commensalis canonicorum dicte 
ecclesie cédant et pertineant penitus illi canonico cujus 
hujusmodi defiunctus extiterit sic familiaris. 



490. 

RÉCEPTION DE MACICOTSO) 

- 1411. - 



Ânno Domini M*' undecimo, die veneris quinta mensis 
Junii, f uerunt creati in macicotos presentis ecclesie, domini 
Guillermus Rioc presbyter, Johannes Lathomi, et Marcus 

^*^^^* Jo. Perfecti. 

Anno quo supra, die lune vigesima secunda mensis 
Junii, dominus Alanus an Goezgoez presbyter fuit recep- 
tus in macicotum ecclesie, qui juravit statuta. 

Anno quo supra, die sexta mensis Augusti, Daniel de 
Porta fuit creatus in macicotum presentis ecclesie. 

Jo. Perfecti. 

Anno supra dicto, die veneris septima Augusti, domi- 
nus Henricus Floc'h fuit receptus in macicotum ecclesie 
et juravit servare statuta. jq Perfecti. 

(A suivre.) 

(1) Cart. 31, f 42, 43, 46 et 63. 



- 107 — 



NOTIGÊ 



'l ^1 



SUR LES 



PAROISSES DU DIOCÈSE DE QUIMPËR ET DE LÉON 

Par MM. PETRON et ABGRALL. 

(Saite.) 



DOUARNENEZ 

(Fin.) 



Sainte-Hélène 

Cette chapelle était celle où se desservait le prieuré de 
rtle Tristan, au moins depuis la disparition de la chapelle 
Saint-Tutuarn dans l'île. 

L'édifice actuel, dont l'ensemble remonte jusqu'à la fin 
du xv<» siècle, a été réparé à diverses époques, notamment 
vers le milieu du xviii» siècle, car il tombait en ruines, 
et c'est à cette circonstance que nous devons de posséder 
un relevé des armoiries et prééminences de la chapelle 
avant sa restauration. 

Le procès-verbal est dressé, le 17 Janvier 1732, par 
« M^ Jan Bernard Bourriquen, sieur de Quenerdu, advo- 
cat à la Cour, sénéchal et seul juge de la juridiction du 
prieuré de l'île Tristan, en présence de M<) Joseph Bernard 
Demezit, advocat à la Cour et substitut du sieur procu- 
reur d'oiBce de cette juridiction ». 



— 108 — 

Après avoir constaté que les murs sont lézardés, ils 
déclarent a que dans la maîtresse vitre, il y a un grand 
écusson en supériorité parti de France et de Bretagne ; 
que plus bas et au côté de TEvangile est un écusson : 
d'aeur au léopard rampant d'argent armé et lampasaé de 
guetUe, chargé au poitrail d'un lozange d'or ; qu'au vis-à- 
vis, côté de TEpitre, est un autre écusson : d'azur à Vélé- 
phant d'argent chargé d'une tour d'or. 

« Au bas de la dite vitre, côté de TÉpître, est un écusson 
portant : d'azur à la tour d'or. 

« Dans la vitre à gauche de la précédente, au-dessous 
des armes de France et Bretagne, est un écusson, côté de 
FËvangile : d'azur au sautoir d'or cantonné de quatre croix 
d'or, et un autre au côté de l'Epître : d'azur à la tour d'or. 
Ces deux mêmes écussons sont dans la vitre au-dessus de 
la sacristie. Ce sont les seuls écussons trouvés dans la 
chapelle. » 

Dans cette chapelle, on trouve encore des restes de 
vitraux dans deux fenêtres au bas des collatéraux. 

Fenêtre Nord : Baiser de Judas. — N. S. devant Pilate. 

— Crucifiement. — Résurrection. 

Fenêtre Sud : Agonie au jardin. — Portement de croix. 

— Jugement dernier. — Donateurs avec inscriptions. 
Ces sujets ont dû former un ensemble dans une fenêtre 

plus ancienne comprenant trois baies. 

Les Archives départementales possèdent plusieurs comp- 
tes de fabrique de cette chapelle. Nous y relevons : 

En 1637, un inventaire des ornements, qui montre 
qu'elle était convenablement pourvue : deux calices en 
argent et deux en étain, cinq ornements, une chasuble et 
deux tuniques en velours. 

On y reçoit du sel « pour droit de mesure », c'est-à-dire 
que dans la 'chapelle devait se trouver une sorte de réci- 
pient étalon pour la mesure du sel, et ce récipient qui, à 



— 109 — 

raison de son prix, devait être en bois, était fourni aux 
frais de la chapelle ; car au compte de 1644, le comptable 
marque : « Pour faire deux mesures à mesurer le sel, 
7 s. 60 d. M Le revenu de ce droit n*était pas considérable 
et se montait pour Tannée 1637, à 5 1. 13 s. 6 d. 

Nous remarquons que la dédicace de l'église se célé- 
brait au jour de l'Ascension, que saint Philibert était tout 
particulièrement honoré à Sainte-Hélène, ainsi que saint 
Cadou, et que l'on paya à Noël Le Gofî, peintre, en 1643, 
41 1. 5 s. pour peindre son image. 

A l'occasion des prédications de Carême, on offrait au 
prédicateur un tourteau de pain et une écuellée de beurre, 
plus 18 livres d'honoraires. 

En 1637, les Hyrlandais furent à Douarnenez, ce qui 
occasionna sans doute un surcroît de dépenses pour les 
habitants, car le compte porte : «Avoir preste aux parois- 
siens tant des champs que de la ville, lorsque les Hyrlan- 
dais furent en ceste ville, 42 livres ». 

En 1639, des réparations assez considérables sont faites 
sur l'église, des bois sont achetés pour cela à Saint- 
Alouarn, en Guengat, et 20 sols sont dépensés a en cinq 
aulnes de ruban de soy aux charpentiers pour leurs 
faveurs ». 

En 1640, les vitres sont réparées par Mathieu Bernard, 
peintre (18 1.). 

En 1645, Yves Guenea, peintre, reçoit 40 1. 15 s. pour 
peindre le dais sur le grand autel, et en 1650, M^ Alain 
Madec, peintre, en reçoit 145 livres a pour avoir fait les 
deux retableaux des autels de S^ Antoine et de S^ Anne». 



* 
* # 



— 110 — 

M. du Beautiez, nous apprend que Douamenez envoyait 
un député aux Etats en 1613, mais que ce droit à la dépu- 
tation lui fut enlevé vers 1666. 

En 1722, un député de Douamenez se présente aux 
Etats, mais Tordre du tiers prétend qu'il n*a pas le droit 
d'y assister ; les Etats chargent une commission d'exami- 
ner les titres de cette ville, et concluent au rejet des pré- 
tentions de Douamenez, parce que dans cette localité il 
n'y a eu aucune érection de communauté; et ce ne fut que 
vers 1835 qu'une commune fut créée à Douamenez, fai- 
sant cesser ainsi les conditions anormales dans lesquelles 
s'administrait jusqu'alors une paroisse composée de deux 
groupes de personnes : les paysans et les marins et négo- 
ciants, dont les intérêts étaient absolument divers et sou- 
vent contraires. 

Cet état de chose avait été de tout temps l'occasion de 
démêlés pénibles entre Douamenez et Ploaré, particuliè- 
rement lorsqu'il s'agissait d'établir l'assiette des contri- 
butions. C'est ainsi qu'en 1737, il est question de répartir 
entre les habitants de la paroisse 600 1. d'imposition. Les 
délibérants de la section de Ploaré demandaient que la 
ville prit la moitié de la charge, et la campagne aurait 
pris l'autre; mais les délibérants de Douamenez préten- 
daient au contraire que cette imposition devait s'établir 
sur l'étendue de la propriété foncière, et ainsi les gens de 
la campagne étaient plus grevés que ceux de la ville. Les 
paysans répondaient que ce n'était pas à raison de l'éten- 
due du terrain qu'il fallait apprécier le revenu, et que les 
quelques mètres de terre possédés par les gens de Douar- 
nenez avaient plus de valeur que des hectares de terre à 
la campagne. Les marins répliquaient que leurs revenus 
étaient fort aléatoires et, dans le mémoire de 1737, ils 
disaient notamment : 



— m — 

« La pêche de sardine ayant manqué depuis sept à 
huit ans, les a réduits dans une si fâcheuse extrémité 
qu'à peine peuvent-ils subvenir à la nourriture de leur 
famille ; à joindre, qu'étant tous classés et obligés de ser- 
vir Sa Majesté sur ses vaisseaux à sa volonté et d'aban- 
donner à cet effet leur famille, il est évident qu'il n'y a 
aucun parallèle à faire de gens comme eux avec ceux de 
la campagne, qui sont tous gens riches et aisés et ont sans 
contredit plus de faculté que tous ces misérables matelots 
et autres habitants de Douarnenez. )) 

Quarante ans plus tard, la différence d'intérêts entre 
Ploaré et Douarnenez ne faisant que s'accentuer, le « géné- 
ral » de Douarnenez s'adressa au Parlement pour obtenir 
d'avoir au moins un registre spécial et des séances par- 
ticulières à Sainte -Hélène pour débattre ses intérêts ; 
nous donnons ici cette requête, que nous ferons suivre 
d'une lettre du Curé de Ploaré, rectifiant au besoin les 
motifs allégués dans la requête. 

€ A nos Seigneurs de Parlement 

« Supplie humblement le général de Tisle Tristan et 
Douarnenez sous le seing de M® Daniel Madezo, notaire 
et procureur de plusieurs juridictions, et noble homme 
Louis -Jean -Marie Guillier du Marnay, représentant le 
dit général et pour cet effet nommé par délibération du 
9 Décembre 1781, demandeurs, 

(( Disant que le prieuré de Douarnenez et l'isle Tristan, 
est un prieuré cure et à charge d'ûmes. Le Prieur est sei- 
gneur spirituel et temporel dans l'étendue du prieuré, il 
est gros décimateur à la 12® gerbe non seulement des 
différentes espèces de bled, mais encore de toutes filasses 
qui se cueillent dans le prieuré. Ce bénéfice jouit encore 
des deux tiers de la dixme de la paroisse de Pouldergat, 



— H2 — 

des deux tiers de la dixme de la parcelle de Tretut (Trelas) 
en la paroisse de Beuzec-Cap-Sizuo, des deux tiers de la 
dixme de la trêve de S<^ Eugen en la paroisse de Primelin, 
le tout situé en rÉvéché de Quimper ou de Cornouaille. 

« Sans entrer ici dans Tarticulement des autres revenus 
de ce prieuré, Ton voit déjà qu'il équivault aux meilleures 
paroisses du diocèse, en ne considérant même que Tobjet 
lucratif, cependant le général ose assurer que c*est peut- 
être le bénéfice le plus mal desservi de toute la province. 

« La Cour sera sans doute étonnée que les habitans du 
prieuré de risle Tristan et Douarnenez ne reçoivent aucun 
secours spirituel de leur prieur, il n'entretient ici ni 
vicaire ni curé dans le prieuré. On n'y baptise et Ton 
n'enterre point. L'église de S^ Helaine qui en est la prin- 
cipale église, celle de S^ Michel qui en est dépendante, 
ainsi que la chapelle de l'Hôpital sont regardés comme de 
simples succursales de la paroisse de Ploaré, et à peine se 
célèbre-t-il une messe basse les dimanches et fesles en 
l'église de S' Helaine qui est encore desservie par les prê- 
tres de la paroisse de Ploaré, à des heures non limitées et 
cela à la commodité des desservants, tantôt à 6 heures, 
tantôt à 7, et souvent à 8 heures. Les autres secours spi- 
rituels se rendent en la paroisse de Ploaré où les habitans 
du prieuré sont obligés d'avoir recours. 

« Ces mêmes habitans sont cependant exacts à payer au 
prieur ou à son receveur les droits qu'ils doivent à ce 
bénéfice tels que dixmes, lods et rentes et autres rede- 
vances, il est donc injuste de leur refuser les droits spi- 
rituels attachés à ces redevances suivant la maxime cons- 
tante : nullum beneflcium nisi propter offlcium. 

(( Pour expliquer ce fait extraordinaire voici ce qu'ap- 
prend l'ancienne tradition : un prieur de Douarnenez fut 
nommé à la paroisse de Ploaré ; il était aimé de ses pre- 
mières ouailles, il les engagea à consentir à une union 



— 113 — 

tacite à la paroisse de Ploaré, union qui n*a jamais été 
formalisée ni légale, union contre laquelle le public est 
toujours en droit de réclamer par la raison qu'on ne peut 
prescrire contre lui, union enfin par laquelle la paroisse 
de Ploaré a envahi le prieuré de Vile Tristan de Douarne- 
nez quant aux secours spirituels seulement et le prieur, 
à' qui cette union était avantageuse, a continué de jouir 
dans la suite de la partie lucrative du bénéfice, sans en 
faire la desserte. Telle est la conclusion naturelle que Ton 
a tirée de la tradition. Mais le général, qui a toujours ses 
droits entiers et imprescriptibles, réserve expressément 
de se pourvoir contre ces abus et d'intéresser en sa faveur 
la bienveillance de la Cour. Le seul objet qu'il réclame 
aujourd'hui est de demander que conformément à l'usage 
établi, seule prérogative qu'on lui ait laissée, il lui soit 
accordé d'avoir un registre séparé des délibérations pour 
le prieuré de Douarnenez. 

(( Malgré la prétendue union du prieuré à la paroisse 
de Ploaré, les habitants de Douarnenez ont toujours joui 
de la faculté d'avoir un corps séparé de délibération com- 
posé de 12 délibérants choisis et nommés parmi les habi- 
tants du prieuré pour toutes les affaires concernant le dit 
prieuré, telles que pour la nomination des collecteurs des 
rôles des capitations, vingtième et fouages, rôles d'indus- 
trie, etc., nomination de sindic tant de la ville que des 
grands chemins et tous autres objets publics, le tout par 
délibération séparée et distincte de la paroisse de Ploaré. 

« Il était absolument nécessaire que Tisle de Tristant et 
Douarnenez eut son corps politique distinct de celui de 
Ploaré, leurs intérêts sont très différents, les délibérations 
du général de Douarnenez roulent souvent sur la pèche, 
le commerce et autres matières de cette espèce qui inté- 
ressent le sort et le bien-être des habitans. Au contraire, 
le général de Ploaré, composé de laboureurs, ne délibère 

BULLBTIN DK LA COMMISSION DIOCÏSAINB. — 8* aODée. 8 



— 114 — 

point sur de semblables objets. C'est donc cette diversité 
d'intérêt qui a donné lieu d'établir deux corps politiques 
pour ces deux endroits et qui a fait conserver depuis un 
temps immémorial cet usage utile. 

« L'utilité de cet établissement sera encore plus grande 
quand les suppliants auront leur registre particulier. 
Dans rétat actuel, leurs délibérations se tiennent avec 
beaucoup de fatigue et de peine. Tous les membres de 
leur général sont choisis parmi les habitants de Douarne- 
nez et ils y ont leur résidence; cependant, au lieu de 
s'assembler à S^ Hélaine, qui est la principale chapelle 
de Douarnenez et qui est située dans le centre, ils sont 
contraints de se rendre à Ploaré, distant d'un quart de 
lieue de Douarnenez; si le même jour les deux corps poli- 
tiques ont des délibérations à prendre, alors il naît de 
nouveaux embarras, de nouvelles entraves et souvent des 
disputes très vives. 

(( Mais par une continuation de l'abus primordial de la 
prétendue union dont on se plaint, toutes les délibérations 
tant du prieuré que de là paroisse de Ploaré ont été ins- 
crites sur un même registre d'où sont résultés les incon- 
vénients les plus essentiels : 

« \9 Une désunion constante entre le général du prieuré 
et la paroisse de Ploaré ; 

« 2<} Une confusion embarrassante pour la formation du 
corps politique de la paroisse de Ploaré ; 

(( 30 Des dissentions fréquentes dans les délibérations 
résultant des partis opposés que formaient les habitants 
de la paroisse et ceux du prieuré. 

« L'on pourrait ici entrer dans le détail de cette espèce 
de guerre intestine, et articuler les faits particuliers qui 
ont déjà été soumis à la décision des tribunaux, mais on 
croirait abuser des moments précieux de la Cour en fai- 
sant cette analyse. On croit avoir suffisamment prouvé 



— 115 — 

l'utilité et même la nécessité d'accorder au général du 
prieuré un registre séparé pour ses délibérations...» 

Par arrêt du 7 Juin 1782, le Parlement avait fait droit à 
cette demande moyennant que Ton consultât le général 
de Ploaré, qu'on obtint son agrément pour le registre 
séparé et la tenue des séances du prieuré, en l'église 
Sainte-Hélène. 

Lettre à ce sujet, du 24 Juin 1782, du recteur de Ploaré, 
M. Clerc, à M. de la Tour : 

« Mon Révérend Père, les bourgeois de Douarnenez ont 
présenté une requête pour demander au Parlement d'avoir 
un registre séparé à S^ Hélène pour inscrire les délibé- 
rations qu'ils tiennent pour la ville. Pour comprendre 
ceci, il faut savoir : 

« 1® Qu'il y a à Ploaré le premier et grand corps politi- 
que pour nommer les fabriques, veiller aux affaires des 
églises, composé de six paysans et six Douarnenistes, 
dont trois bourgeois et trois poissonniers, voilà ce qui 
constitue le vrai général de Ploaré ; 

(( 2o Que pour les affaires particulières de la campagne, 
comme pour imposer la capitation, nommer des collec- 
teurs, des députés des grands chemins, les six délibérants 
paysans ont en outre six autres paysans qui leur sont 
adjoints, ce qui forme le général de la campagne ; et 
quand il est question des mêmes affaires pour Douarne- 
nez, les six délibérans du grand corps politique s'adjoi- 
gnent six Douarnenistes, ce qui forme le général de 
Douarnenez ; 

« 3^ Ces six adjoints soit pour la campagne, soit pour 
Douarnenez, sont ordinairement nommés par les douze 
principaux délibérants du grand corps politique. Jus- 
qu'ici, les affaires particulières soit de la campagne, soit 
de Douarnenez étaient décidées par ces douze délibérants 



— 116 - 

du second ordre respectivement et leurs délibérations 
étaient inscrites sur le même cahier et se tenaient à la 
sacristie de Ploaré, comme les délibérations du général 
de Ploaré. 

(( Les bourgeois ne veulent plus venir pour leurs affai- 
res particulières à notre sacristie, ils veulent avoir un 
cahier séparé et tenir leurs délibérations à part à Douar- 
nenez, voilà l'objet de la requête qu'ils ont présentée et 
qu'ils ont été surpris de voir suspendre par l'ordre de la 
communiquer au Recteur et au général de la paroisse afln 
d'y répondre. Je vois que les paysans ne s'y opposeront 
pas probablement, mais qu'ils demanderont qu'il ne leur 
(Douarnenistes) soit permis d'avoir ce cahier que pour ce 
qui concerne la ville, c'est-à-dire qu'ils n'auront aucunes 
archives à Douarnenez autres que celles qui sont à la 
sacristie de Ploaré, que pour ce qui concerne les affaires 
des chapelles de S^ Hélène et S^ Michel, la nomination 
des fabriques d'icelles, ils seront obligés de venir se join- 
dre comme par le passé aux délibérations des paysans, 
qu'à l'avenir comme par le passé, ils seront fabriques de 
Ploaré, du Rosaire ô leurs années, c'est-à-dire : cette année 
un bourgeois, la suivante un paysan, l'autre un poisson- 
nier et ensuite un bourgeois pour recommencer le rang, 
car voilà l'ordre qui se garde depuis un temps immémo- 
rial. 

(( Vous verrez (dans leur requête) qu'ils tendent à faire 
une trêve à Douarnenez, à obliger Monseigneur à y entre- 
tenir un vicaire, qu'ils traitent ce prieuré de prieuré cure, 
pendant qu'il n'y a jamais été fait de baptêmes, que c'est 
M. Deceuille qui a transféré à S^ Hélène le S* Sacrement 
qui, avant que S^ Hélène fût rebâtie, était à S'^ Michel. 

« J'ignore où ils ont été pêcher la tradition qu'un rec- 
teur de Ploaré eut le prieuré, jamais je n'ai entendu dire 
cette anecdote. )) 



117 — 



Là Sardine 

Nous ne ferons pas l'histoire de la pêche de la sardine 
à Douarnenez, mais nous publierons ici deux ou trois piè- 
ces qui pourront être utiles à ceux qui entreprendraient 
ce travail intéressant. 

C'est d'abord une délibération du général du mois de 
Juin 1772, par laquelle on veut obvier aux inconvénients 
que l'on a remarqués à cet usage qu'ont quelques-uns 
d'aller coucher sur le lieu de pêche, afin d'être les pre- 
miers à prendre la sardine. 

(( Sur la demande du sieur Louis -Guillaume Cuiller 
Dumarnay, acte lui est donné d'avoir lait publier l'ordon- 
nance du Roi du 16 Août 1727, aux messes matines de 
Douarnenez et Tréboul, qui fait défense aux maîtres, com- 
pagnons et pêcheurs de sardines, de mouiller pendant la 
nuit dans les rades où se fait la pêche, leur ordonne de 
s'en éloigner au moins d'une lieue, à peine de trente 
livres d'amende pour la première fois, et de punition 
corporelle au cas de récidive ; les notables et délibérants 
de Douarnenez s'assembleront pour nommer entre eux le 
nombre de maîtres de chaloupes nécessaires pour veiller 
à ce que aucune chaloupe n'y contrevienne, lesquels maî- 
tres feront leur rapport à leur tour de ceux qu'ils auront 
trouvés mouillés, et ils nommeront six petits bateaux 
passagers pour desservir les chaloupes, qui seront en bon 
état, et bien entretenues et auront un homme capable de 
les conduire en tout temps où besoin sera, et tiendra à 
flot, et seront payés par chaloupe, à l'usage que les nota- 
bles et délibérants régleront. )) 

En conséquence de cette première délibération, « le 
dimanche 26 Juillet 1772, réunion des notables, nobles 



— 118 — 

gens : Jérôme-Joachîm Grivart, S' de Kerstral, Jacques- 
Vincent Larcher, Alain Guillou, François L'Haridon, 
M« Louis-Guillaume Guillier et noble homme Jean Ray- 
mon, Guillaume Tutor, absent, Bernard Hascoet, Jean Le 
Moen, Pierre Le Garrec, Jacques Urien, Vincent Urvoas, 
tous délibérants, assistés de M® François Porihel, sieur de 
Kerilis, avocat au Parlement, sénéchal de plusieurs juri- 
dictions et de celle du prieuré de Tisle Tristan, lesquels, 
sur la remonstrance du S' Dumarnay, sont d'avis que le 
nombre des petits bateaux passagers soit réduit à^ix des 
meilleurs, savoir : ceux de Jeanne Urien, Marguerite 
Cloarec, Catherine Pocquet, Marguerite Poriel, et Jean 
Le Gall fils, lesquels seront payés à raison de un millier 
de sardines par chaque bateau, chaque année... Seront 
au service du public et tiendront leurs agrées en état. » 
Pour veiller au mouillage, on nomme « Jean Goulaire, 
Daniel Puziat, Louis Banalec, Joseph Quinquis, Pierre 
Belbéoch, Christophe Cagean et Mathurin Calédec. » 

Mais une question plus grave pour la pèche était celle 
de remploi de la drague, que les Douarnenistes voulaient 
empêcher, mais surtout défendre absolument à tout 
étranger. 

(( Le 30 Décembre 1742, remontre le S' Jean-François 
Hélias, sindic de Douarnenez, que M« Guy Ricou, procu- 
reur du général à Quimper, lui a envoyé une copie de 
requête que Pierre Larrour, de Brest, a mis devant les 
juges de l'admirauté de Quimper, pour avoir permission 
de draguer dans la baie de Douarnenez, et pour faire 
condamner les dits habitants pour Tavoir indiqué contre- 
venant aux déclarations du Roi, au sujet de la dite pêche. 

(( Les délibérants sont d'avis qu'on consulte trois avo- 
cats à la Cour pour suivre leurs avis contre l'assignation 
donnée par Pierre Larrour, de Brest, au général de Douar- 



— 119 — 

nenez, au sujet de la pèche de la drague faite dans la baye 
de Doua menez par le dit Larrour, au mois de Janvier, et 
en attendant le résultat de la consulte on présentera 
requête à M^' le comte de Maurepas, dans laquelle on lui 
déduira les raisons que les habitants ont de s'opposer à 
la dite pèche et le tort quelle leur fait et à tout le pays. » 

La remontrance suivante du S' Grivart au District de 
Pont-Croix, le 26 Août 1790, expose d'une manière fort 
instructive les inconvénients de la drague à DCfuarnenez : 

(( La pèche est une des branches essentielles du com- 
merce maritime de la France. Celle de la sardine est la 
plus considérable et presque la seule qui se fasse sur les 
côtes de Bretagne, et Tune des plus importantes de tout 
le royaume. C'est une pépinière d'excellents marins et un 
moyen bien puissant de prévenir ou réparer les suites 
funestes de l'inaction de l'industrie et l'infécondité du 
sol que nous habitons. 

(( Une ressource aussi intéressante mérite donc l'atten- 
tion la plus sérieuse et toute la faveur d'une bonne admi- 
nistration. Le Gouvernement est toujours frappé de cette 
vérité, et, adoptant avec empressement toutes les vues 
d'amélioration qui lui ont été présentées, il a fait pros- 
pérer ce commerce sous la protection la plus spéciale ; il 
était soumis à un régime général, mais des raisons de loca- 
lité ayant fait sentir l'inutilité de quelques dispositions 
particulières, il en a été fait en faveur de Douarnenez, 
qui en paraissait seul ou du moins le plus susceptible. 

« La sardine, fixée pendant l'hiver dans des climats 
plus doux, aborde ordinairement nos côtes vers la fm du 
printemps, et parcourant dans son extrême inconstance 
une grande latitude, elle prolonge ou précipite ses petits 
séjours dans les havres qui la reçoivent, suivant qu'elle y 
trouve aussi plus ou moins d'abri ou de subsistance. 



— 120 — 

« On croit généralement, et c'est un préjugé fondé sur 
la raison et confirmé par Texpérience, qu'un fond couvert 
de gouesmon et autres végétaux et comme d'une espèce 
de gazon maritime est aussi plus propre à fixer ce pois- 
son volage dans sa course vagabonde. Cette raison, beau- 
coup moins appréciée dans les autres ports, dans les baies 
ouvertes à tous les hazards de la mer et des tems,qui sont 
à la merci de fréquentes tempêtes qui les désolent, a été 
vivement sentie par les habitants de Douarnenez, qui ont 
l'avantage d'avoir une baie close, à l'abri de tous les tems 
et une des plus belles qu'il y ait au monde, comblée par 
son site heureux de tous les dons de la nature. Il ne fallait 
plus qu'apprendre à en profiter et à les respecter. 

(( Les marins de cette ville, égarés par une mauvaise 
combinaison ou plutôt entraînés par l'intérêt du moment, 
qui est presque toujours incapable de calculer, s'étaient 
accoutumés à draguer aussi dans leur baie, comme c'en 
est l'usage ailleurs. Bientôt, une funeste expérience, une 
disette totale de pêche pendant plusieurs années leur 
apprit enfin, quoiqu'un peu tard, les suites de leur mal- 
heureuse imprudence; dès lors, ils prirent le parti d'y 
renoncer à l'avenir, sollicitèrent et obtinrent un règle- 
ment bien sage qui défend de draguer dans la baie de 
Douarnenez, à peine de fortes amendes et de punitions 
exemplaires en cas de récidive. 

(( Jusqu'ici, on avait peu d'exemples de contravention 
à cette loi, deux ou trois saisies seulement avaient signalé 
la surveillance de nos marins. Une satisfaction plus écla- 
tante que rigoureuse semblait avoir suflisamment vengé 
l'intérêt public dans un tems où la loi n'osait punir les 
fautes quand un homme en place l'avait commise ou 
suggérée. La même habitude a été continuée; si les preu- 
ves ont été plus difficiles à acquérir, elles n'ont du moins 
point été impossibles. Les citoyens de Crozon, cultivateurs 



— 121 — 

et marins, voyaient avec douleur, depuis longtems, plu- 
sieurs batteaux de Brest draguer sur leur côte, qui est 
aussi dans la baie de Douarnenez, et résolurent enfin de 
s'opposer avec vigueur à ces odieux brigandages. Le 
20 Mai dernier, témoins encore de deux ou trois cha- 
loupes qui draguaient sous leurs yeux, ils convinrent de 
s'armer sous l'autorité du chef des gardes nationales, dont 
ils étaient tous membres et de les chasser de suite pour 
s'en emparer. Le commandant leur donne des fusils et 
des cartouches, et déjà ils sont à la voile, sous le com- 
mandement d'un lieutenant de leur compagnie et dans 
deux chaloupes qui faisaient route ensemble. Le premier 
bateau dragueur qu'ils atteignirent se rendit sans résis- 
tance; le second, au contraire, fuyait à toutes voiles, 
malgré les interpellations des gardes nationales. Ces gar- 
des, qui avaient une mission à remplir et charge expresse 
de s'en emparer pour constater leurs faits et pouvoir les 
reconnaître, tirèrent enfin, d'abord à poudre, puis à 
balles, sur le refus le plus obstiné d'obtempérer. La balle, 
dirigée sur la coque du batteau, portant plus haut soit 
par fausse direction ou par l'ondulation de l'eau, frappa 
à l'épaule un homme de l'équipage, qui se rendit alors, et 
ces deux chaloupes furent conduites à Morgat et les équi- 
pages à Crozon, où la Municipalité, spécialement chargée 
de veiller aux intérêts de la commune, refusa absolument 
de prendre connaissance de cette affaire. Cette contraven- 
tion n'a eu aucune suite quoiqu'elle soit des plus punis- 
sables, et ces gardes nationales sont, au contraire, tra- 
duites en justice pour avoir fait leur devoir et obéi en 
punissant de mauvais citoyens. 

« Je requiers que vous invitiez MM. du Département à 
prendre dans la plus sérieuse considération l'affaire dont 
il s'agit, et à faire exécuter avec la plus rigoureuse exac- 
titude la loi qui deffend de draguer dans la baie de Douar- 
nenez. Jérôme Grivart. » 



— 122 — 

Une autre question préoccupait encore les pécheurs de 
la côte, et depuis plus d'un siècle, elle attend toujours 
une solution, c'était la question de la sardine espagnole. 
Le District de Pont-Croix en parlait en ces termes dans 
sa séance du 17 Septembre 1790 : 

(( L'assemblée, doublement ailectée des pertes considé- 
rables et fréquentes que font les armateurs dans les ports 
maritimes et surtout dans ceux de ce district, par la con- 
currence des poissons étrangers avec ceux de pèche natio- 
nale, par la facilité qu'ont les uns d'importer des morues, 
et les autres la facilité meurtrière d'introduire frauduleu- 
sement des sardines espagnoles en France à l'aide de la 
franchise de Bayonne, a arrêté d'inviter MM. du Départe- 
ment à solliciter de l'Assemblée nationale un décret qui 
porte : i^ la suppression de tous les droits d'entrée dans 
les places de consommation sur les poissons de pêche 
nationale, notamment sur les sardines ; 2» la prohibition 
la plus absolue de tous poissons de pèche étrangère qui ne 
sont pas nécessaires à l'approvisionnement du royaume. » 

Le sieur Grivart, procureur du District, avait, peu aupa- 
ravant, proposé une autre mesure de répression pour un 
abus encore plus funeste, la distribution de l'eau-de-vie 
à bon marché. S'adressant aux membres du District, 
assemblés le 2 Août 1790, il leur disait : 

(( J'ai l'honneur de déférer à votre bienfaisante sur- 
veillance un abus destructeur de l'humanité et qui fait de 
jour en jour, dans la municipalité de Douarnenez, des 
progrès effrayants. Avant l'ouverture de la pèche, on ne 
connaissait point dans toute son étendue le malheur d'a- 
voir des eaux-de-vie à bas prix ; mais à peine les arme- 
ments ont-ils été commencés, que, malgré les succès peu 
favorables de la pèche, le peuple, excité par l'incroyable 
facilité de s'ennivrer, a abondé dans le bureau de distri- 



— 123 — 

bution pour satisfaire le besoin de son intempérance. Un 
usage constant et plus religieusement observé jusqu'ici, 
défendant toute distribution le jour des dimanches, parce 
que la sagesse prescrivant, sans doute, de consacrer ce 
jour à s'acquitter des devoirs d'une pieuse reconnais- 
sance, la régie s'abstient, en effet, de toute distribution ; 
mais l'abus n'en subsista pas moins dans son entier. 

(( Les débitants s'approvisionnent par pièces énormes, 
distribuent tous les jours indistinctement à 30 sols la 
pinte, et en font une immense consommation. Il en ré- 
sulte que, tous les jours de fêtes et dimanches, Douarne- 
nez est plein de furieux, capables de se livrer à tous les 
excès des passions incitées par l'intempérance. Lundi, un 
homme yvre de la ville est tombé à la mer en manœuvrant 
et se noya ; le même malheur vient d'arriver ce matin. 
Pour peu que la pèche devienne favorable, ce sera celui 
de tous les jours. Je requiers donc que vous sollicitiez 
sur-le-champ de MM. les Administrateurs du Départe- 
ment la défense expresse tant à la régie qu'à tout débi- 
tant de débiter des eaux -de -vie les jours de fêtes et 
dimanches, à Douarnenez principalement, et dans l'éten- 
due du District, à peine de 200 livres d'amende. )) Adopté. 



Les débuts de la Révolution 
A Douarnenez 

La Constitution civile du clergé et le remplacement des 
pasteurs légitimes par des assermentés ne furent pas 
accueillis favorablement par les habitants de Douarnenez. 
On en jugera par les documents qui vont suivre, extraits 
des Archives départementales. Le sieur Guiller, dans une 
lettre au Département, datée du 16 Mai 1791, rend ainsi 
compte de l'état des esprits : 



— 124 — 

« Je crois devoir vous donner avis que les réfractaires 
ecclésiastiques, loin de renoncer à leurs manœuvres per- 
fides, redoublent lourdement leurs eflorts pour porter le 
trouble et Tinsurrection dans les paroisses. 

(( Des lettres circulaires se répandent avec profusion, 
les assemblées se multiplient, les discours incendiaires se 
prêchent sans retenue, l'on court les villages pour s'y faire 
des partisans. 

(( Samedi dernier, M. Le Normand, vicaire de cette 
paroisse, reçut une lettre très étendue remplie d'invec- 
tives et d'atrocités contre M. Expilly fce loup cervier qui 
se présente sous la peau d'un berger pour égorger le trou- 
peau de Jésus-Christ) pleine d'horreurs, d'abominations 
contre la Constitution, d'ana thèmes contre les assermen- 
tés, et de prières, de caresses, de promesses pour ceux 
qui auraient encore le courage de se rétracter ; on les 
conjure, au nom de l'amitié de la religion, au nom de 
tant d'âmes malheureuses que les jureurs précipitent avec 
eux dans les enfers, etc. Cette lettre est anonyme ; mais 
comme il y en a beaucoup de semblables, on y a reconnu 
le style de Cossoul et l'écriture de Silguy, petit docteur 
de Paris, vieille cohue au bout de laquelle est son nom. 

« Ils n'écrivent plus en maîtres, ils tutoient, ils em- 
brassent : toi, le meilleur de nos amis,,., le plus cher de 
mes condisciples,., toi, le plus sage, le plus pieux, le plus 
achevé des ecclésiastiques, etc. 

« Notre ci-devant recteur, M. Clerc'h, parti mardi pour 
Quimper, est depuis mercredi avec son curé, Gloaguen, à 
Poullan. La pâque s'y est donnée hier aux enfants de cette 
paroisse. Notre recteur avait préparé de loin ses batteries, 
il y a attiré quantité d'enfants de Ploaré et de Douarnenez. 
M. La Rufie n'était resté ici après les deux autres que 
pour courir les villages et exhorter les parents à mener 
les enfants à cette pftque; aussi le nombre des commu- 



- 125 — 

niants y fut-il considérable. L'office y fut des plus bril- 
lants par le nombre prodigieux de réfractaires qui y 
étaient et de nos Douarnenistes, qui n'approchent plus de 
nos églises et n'ont plus les offices qu'à PouUan et Tré- 
boni, où on leur donna hier l'assurance qu'on retarderait 
la messe et les vêpres pour les attendre... » 

Les anciens pasteurs n'ayant plus la libre disposition 
de leurs chaires pour instruire les fidèles, devaient s'in- 
génier pour les prémunir contre les fausses doctrines des 
intrus. Le moyen le plus naturel et le mieux approprié au 
caractère breton et à l'absence presque totale de publica- 
tions périodiques, à cette époque, était de faire chanter, 
par des chanteurs ambulants, des chansons composées 
pour jeter de la déconsidération sur la Constitution et 
pour donner aux fidèles une règle de conduite à tenir 
vis-à-vis des prêtres schismatiques par rapport, tout spé- 
cialement, à la réception des sacrements. 

A Douarnenez, une fille courageuse avait bien voulu 
accepter la mission de chanter dans la ville et aux envi- 
rons des chansons composées dans ce but. 

Les délibérations qui suivent, du District de Pont-Croix 
et de la Municipalité de Douarnenez, témoignent assez du 
dévouement de cette humble fille dans l'accomplissement 
de cette tâche périlleuse. 

€ District de Pont-Oroix, — Séance du 5 Septembre Î79I. 

« Vu l'arrêté de la Municipalité de Douarnenez, du 
27 Août, et les copies des quatre chansons, trois en fran- 
çais, une en breton, qu'elle a saisies dans les mains de la 
fille Coublanc. 

(( Considérant qu'il n'est rien de plus important et de 
plus digne de fixer la vigilance de l'administration que 



— 126 -- 

toutes les manœuvres dirigées par les eanemis du bien 
public pour entretenir la fermentation et troubler même 
le bon ordre ; 

(( Considérant que cette chanson bretonne ne tend qu'à 
avilir les autorités constitutionnelles, et celle surtout dont 
le discrédit est à la fois le but et l'espérance de tous les 
mauvais citoyens, 

(( Arrête que les pièces saisies seront adressées au 
Département pour qu'il juge si on doit dénoncer les chan- 
sons à l'accusateur public ou au simple tribunal de cor- 
rection. Les principes contenus dans la chanson bretonne 
ont paru au Directoire très criminels. » 

Voici l'extrait de la délibération du 27 Août prise par 
la Municipalité de Douarnenez à cette occasion : 

(i ...S'est présenté Jacques Olivier, marin chez M°>« Ca- 
p'elle et cordier, lequel dépose avoir entendu Marie- 
Jeanne Coublanc chanter une chanson incendiaire contre 
les ecclésiastiques assermentés, à Kerlosquet et dans la 
maison de Marie-Jeanne Guyader, samedi, vers les 10 heu- 
res du soir. Mandée à la Municipalité, Marie-Jeanne Cou- 
blanc, priée de livrer les chansons chantées, déclare ne 
les avoir pas ; mais, sur la menace d'être fouillée par des 
femmes, elle a laissé tomber à terre quatre chansons, 
qu^elle a déclaré avoir trouvées sur la rue. » 

La chanson bretonne n'a pas de titre; elle compte trente 
et un couplets, dont nous donnons ici quelques-uns des 
plus caractéristiques. 



- 127 - 



Ma. breudeur quer a Francisien, 
Chetu c'hui oll da virviquen 
Frivet eus a bep avantaj 
Evit beza en esclavaj. 

Tud temerer hag impudant, 
Servicherien d'an arraoïiant, 
A vers hirio ann ilisou 
Hac a sispen an auteriou. 

Pevar Eskop louerien 
 gante certen beleyen 
Ëp fee, nac enor, na raison, 
 drahis ar relijion. 

Ann darn vras eus ar veleyen, 
Ferm en o relijion christen, 
Eleac'h ober al le criminel, 
A so bet d'an Ilis fidel. 

Clevet o heus, ep mar ebet, 
O deiis tregont Escop scrifet 
Da consulti an Tad Santel 
Ar Pab, eus a Jésus viqucl. 

Ar Pap, gant ar Salver laquet, 
Ar henta eus a bastorel. 
Eus an Ilis ar pen visibl. 
D'or malheuriou a so sensibl. 

E Rom uguent eus Cardinalet, 
A vezo gantba asserablet, 
O deuz cxaniinet pis 
Constitution an Ilis. 

N'o devcuz remcrquet enni 
Nemet traou control d'ar fei, 
Nemet peb sort erroliou 
Capabl da gol an eneou. 

Goudrons a ra sur punissa 
Ar re refus en em rcnta 
Dn dislavaret ho sermant 
Hac heb dale publicamant. 



Chers frères et Français, 
Vous voici tous à jamais 
Privés de tout avantage 
Et tombés en esclavage. 

Des gens téméraires et impudents. 
Suppôts du démon. 
Mettent les églises à l'encan 
Et renversent les autels. 

Quatre Evéques assermentés, 

El avec eux certains prêtres 

Sans foi, sans honneur, sans bon sens, 

Ont trahi la religion. 

La plupart des prêtres. 

Fermes en leur religion. 

Au lieu de faire le serment criminel 

Sont demeurés fidèles à l'Eglise. 

Vous avez sans doute appris 

Que trente Evéques ont écrit 

Pour consulter Notre St-Père le Pape, 

Vicaire de Jésus -Christ. 

Le Pape, chef visible de 
L'Eglise, a été fort sensible 
A nos malheurs. 



A Rome, vingt cardinaux ont été 
Par lui assemblés 
Pour examiner la Constitution 
Civile du Clergé. 

Ils n'y ont noté que des 
Erreurs et des hérésies capables 
De perdre les âmes. 

Le Pape a menacé de punir 
Ceux qui refusent de lui obéir 
En rétractant publiquement 
EU promptement leur serment. 



128 — 



Daou-ugent de eo an termen 
Accordet d'an ol touerien ; 
Ha goudese, heh gras ebet, 
O vecint ol excommuniet. 

Recevet o deus o fartach. 
Collet o deus o heritig ; 
Guechal ministret Jesus-Christ, 
Hirio er int d'an Antéchrist. 

llis Doue no anav mui 
Evit pastoret, mes blelsî. 
Père, dre ardou criminel, 
A fel daonin ar bobl fidcl. 

Laquet evcs, ma breudeur quer, 
Mar querit o silvidiguez, 
Diwalit eta pis oute 
Pe e colit sur oc'h ene. 

Malheur deoc'h m'ar heuliet 
Ar veleyen-se milliguet, 
M'ar assistet en o offisou, 
A mêmes en o offerennou. 

Chomet quentoch eb oferen, 
Eb confessi gant touerien, 
Rac convers gant tud criminel 
A vct certen pehct marvel. 



40 jours sont accordés à tous les jureurs 
Comme terme extrême. 
Lequel expiré, ils seront tous 
Excommuniés sans rémission. 

Us auront, dés lors, reçu la part 
Qui leur revient, leur héritage 
Sera perdu ; autrefois ministres de J.-C . , 
Us le seront maintenant de l'Antéchrist. 

L'Eglise de Dieu ne les reconnaît plus 
Pour pasteurs, mais pour des loups 
Qui, dans leur ardeur criminelle. 
Veulent damner le peuple fidèle. 

Faites attention, mes chers frères. 
Si vous voulez vous sauver 
Soyez en garde contre eux 
Ou vous perdrez votre Ame. 

Malheur à vous si vous suivez 
Ces prêtres maudits, si vous 
Assistez à leurs offices 
Ou même à leurs messes. 

Restez plutôt sans messe. 
Sans vous confesser avec les jureurs. 
Car converser avec cette gent criminelle 
Est certainement un péché mortel. 



Les citoyens patriotes de Douarnenez, ou les citoyens 
constitutionnels comme ils se nommaient eux-mêmes, 
étaient fort peu rassurés en se voyant si peu nombreux au 
milieu d'une population de marins si attachée aux vieilles 
croyances. Le 11 Septembre 1791 (1), ils en écrivirent au 
Département pour lui faire part de leurs inquiétudes : 

(( Il est sans doute désolant pour de bons citoyens, amis 
du bien public et sincèrement attachés à leurs concitoyens, 



(1) L. U6. 



— 129 — 

de dévoiler Tingratitude dont ces derniers payent les 
égards et les services continuels que leur rendent les pre- 
miers, de dénoncer des intentions suspectes, des com- 
plots, des menaces qu'ils manifestent journellement con- 
tre les patriotes. Mais il est des circonstances où l'intérêt 
général et le salut, peut-être, d'une ville ne permettent 
plus de temporiser. 

(( Jamais, Messieurs, nos marins en général n'ont été 
partisans de la Révolution. Esclaves en naissant, élevés 
de même, courbés de tout temps sous le poids de leurs 
chaînes, naturellement brutaux, incapables de réflexion 
sur l'ignominie de leur avilissement, les nobles et les 
prêtres sont les seules divinités devant lesquelles ils flé- 
chissent par terreur et qu'ils encensent par ignorance ; 
aussi, maîtres de cette classe d'hommes qui forme. les sept 
huitièmes de la population, les nobles et les prêtres l'ont 
d'abord égarée, séduite, et si par eux-mêmes ils n'osent 
mettre la dernière main à leur corruption et semer ouver- 
tement le trouble et la sédition, des agents secrets redou- 
blent d'eflorts. 

« Tant que nos marins ne se sont aflectés qu'à plaisan- 
ter les couleurs nationales ; qu'ils ne se sont portés qu'à 
refuser la cocarde ; tant qu'ils ne se sont opposés qu'à 
concourir aux gardes établis les dimanches et fêtes, en 
temps de pêche, pour le maintien de Tordre ; tant qu'au 
mépris de notre religion sainte ils n'ont fait qu'abandon- 
ner l'office paroissial pour courir furtivement à la suite 
du clergé réfractaire, paisibles observateurs de leurs 
mouvements, nous avons couvert leur égarement, leur 
sottise^du plus scrupuleux silence ; réduits à un très petit 
nombre, nous avons fourni au service requis de la totalité 
des habitants. 

« Mais, aujourd'hui que, se jouant de notre complai- 
sance, ils ridiculisent notre attachement à la Constitution, 

Bdllbtin db la Commission diocMsainb. — 8* année. 9 



— 130 — 

ils interdisent, par la coalition la plus contraire à Tordre, 
le droit de voter, rentrée même des assemblées primaires 
au reste des citoyens actifs ; qu'ils se déclarent ne rece- 
voir à ces assemblées que les partisans du vieux régime ; 
qu'ils menacent jusqu'aux Officiers municipaux qui por- 
tent la cocarde nationale, nous requérons, Messieurs, 
qu'ayant égard au danger que courent une quarantaine 
de citoyens constitutionnels, seuls dans Douarnenez et 
entourés de cinq à six cents marins ennemis de la Révo- 
lution, vous ayez à statuer sur le parti le plus efficace 
pour rétablir l'ordre dans Douarnenez. » 

Le 27 Septembre 1791, un nouveau grief contre les prê- 
tres réfractaires était porté à la connaissance de la Muni- 
cipalité de Douarnenez : 

« . . .Entré, le sieur Guiller a dit que dimanche 25 cou- 
rant, lors du dernier son de la seconde messe à Sainte- 
Hélène, des personnes de l'ancien régime croyant avoir 
la messe de M. La Rufie, prêtre non conformiste, venu 
pour y dire la messe, s'étaient tous rendus avec le peuple 
dans la dite chapelle, ainsi que le sieur La Rufie ; mais, 
lorsqu'ils virent M. Auffret (1), l'un des prêtres constitu- 
tionnels, l'aller dire, le sieur La Rufie, sortant avec pré- 
cipitation de l'église, fut suivi de ces personnes dont 
l'exemple entraîna dehors une foule de citoyens des deux 
sexes, et notamment on vit sortir des premiers le sieur 
Halna, sa dame et toute sa maisonnée. Cette démarche 
scandaleuse indigna beaucoup de citoyens présents, mais 
fut imitée par beaucoup d'autres qui affectèrent de rester 
près de l'église pour attendre que, la messe du sieur Auf- 
fret finie; M. La Rulic commençât la sienne ; et ils ren- 



(1) Julien AuITret, oé au Faouet le 7 Mars 1759, mourut à Douarnenez 
le 25 Février 18S5. 



— 131 ~ 

trèrent alors en foule dans Téglise. Que ce scandale cesse. » 
Le Conseil municipal, vu cette pétition du sieur Cuiller, 
ordonne qu'on la communiquera au District de Pont- 
Croix. 

Recteurs de Ploaré 

1512. Hervé de Lézongar ; était également recteur de 

Fouesnant, Penhars et Pleyben. 

1538. Décès de Chateautio ; recteur également de 

Moêlan. 

1544. Décès de Louis de La Jaille, recteur. 

1580. Alain Le Joncourt. 

1596. Hervé Kergonan. 

1602. Guillaume Petit. 

1615. Décès de Hervé Guéguen. 

1615-1639. Jean Capitaine. 

1640-1656. Henri Guéguennou. 

1657-1675. Jérôme Paillarl. 

1676-1706. Guillaume Paillart. 

1708-1722. François-Hyacinthe de la Fruglaye ; était éga- 
lement recteur de Crozon, de 1717 à 1722, puis seule- 
ment recleur de Crozon, d*où il fut nommé évéque de 
Tréguier en 1731. Mourut en 1745. 

1722-1724. Guillaume -Corentin de la Boissière ; devint 
chanoine de Quimper. 

1725-1726. Charles-Pierre Huchet. 

1742-1747. Bernetz. 

1748-1758. Jean -François -Joseph Kersauzon de Penan- 
drefï. 

1759-1770. Le Brun, vicaire, devient recteur. 

1771-1776. Du Parc. 

1776-1791. Charles -César Le Clec'h ; déporté en rade de 
d'île d'Aix, il y mourut en 1794. 



— 132 — 

Pendant la Révolution, Ploaré eut pour curé consti- 
tutionnel Clet Bourbe, d'Audierne, qui était professeur 
de physique au collège de Quimper, lorsqu'il fut élu 
curé de Ploaré, où il fut maintenu au Concordat, et y 
mourut le 18 Juin 1809. 

1809-1839. Jean Guezengar, de Plogolï. 
1839-1869. Charles Boga, de Plouézoc'h. 
1869-1875. Yves-Marie Pouliquen, de Guiclan. 



Curés de Douarnenez 

La cure fut transférée de Ploaré à Douarnenez le 27 Juin 
1875, et la consécration de la nouvelle église, dédiée au 
Sacré-Cœur, eut lieu le 16 Septembre 1877. 

1875-1881. Jean-Marie Pouliquen, ancien Curé de Ploaré. 
1881-1891. Jean-Louis Le Duc, de Plougoulm. 
1891-1895. Victor Bourlé, de Quimper. 
1894. Paul-Marie Aulïret, de Plougoulm. 

VicAmEs DE Douarnenez 



1875. 


Jean-Claude Coat, ancien \ 


icaii 


1873. 


Alain-Marie Le Meur, 


id. 


1875. 


François Billant, 


id. 


1875. 


Jacques Colin, 


id. 


1876. 


Louis Le Roux. 




1879. 


François Tanguy. 




1884. 


Jérôme Trévien. 




1887. 


Jean Michel. 




1888. 


Vincent Pédel. 




1888. 


, Auguste Kerbaol. 





— 133 - 

1890. Jean-Louis Baron. 

1894. Mathieu Pondaven. 

1895. Alain-Marie Le Pape. 
1901. Corentin Le Treut. 
1901. Yves-Marie Lohéac. 
1903. Yves Le Roux. 
1907. Ernest Keramoal. 
1907. René Hénaff. 



DRENNEC 



Cette paroisse, qui appartenait à l'archidiaconé de 
Quemenedilly, au diocèse de Léon, s'appelait en latin 
de Spineto, et au synode de 1613, son Recteur est dit para- 
chu8 de Spineto (R. G. 133). L'église paroissiale est dédiée 
à la Sainte-Vierge et à saint Drien, ou Derrien, abbé, dont 
la statue en bois porte la crosse et la mitre. 

L'autel du Rosaire semble un travail du commence- 
ment du xviiio siècle. Le retable sculpté représente en 
haut relief les statues de la Vierge, de saint Dominique et 
de sainte Catherine de Sienne, le tout entouré de médail- 
lons sculptés figurant les mystères du Rosaire. 

On remarque dans l'église deux Vierges : l'une assise, 
portant l'Enfant-Jésus auquel elle présente un fruit; l'au- 
tre, qui offre les caractères du xvii® siècle, rappelle la 
vision de saint Jean dans l'Apocalypse, la Vierge portant 



— 134 — 

son enfant, et ayant sous les pieds le croissant et le ser- 
pent. 

Une sculpture représente aussi deux anges à genoux 
adorant le Sacré-Cœur entouré d'une couronne d'épines. 

Dans réglise se trouvent également les statues de saint 
Michel, saint Goulven, saint Roch, sainte Barbe, saint 
Joseph couronné et portant TEnfant-Jésus, et enfin celle 
de sainte Guentrec, patronne de l'ancienne paroisse de 
Breventec. 

Dans réglise paroissiale, se desservaient deux chapel- 
lenies. L'une fondée en 1603, par Marguerite du Boys, 
veuve de Jean Le Ny de Coetélès, dont furent présenta^ 
teurs les seigneurs du Stivel, puis les Moelien de Gouan- 
dour : 26 livres pour 26 messes par an. 

L'autre, fondée en 1668, par Jacquette Anne de Keran- 
guen, dame de Kerguiabo : 310 livres de rente pour trois 
messes par semaine. La fondatrice fut enterrée dans 
réglise. 

M. Cosquer, recteur, écrivait, en 1856, « que, de temps 
immémorial, la paroisse du Drennec va tous les ans en 
procession à N.-D. du Folgoêt, qui est à une lieue du 
bourg, le premier dimanche du mois d'Août. Les femmes 
portent les reliques de sainte Lucide (1), et les jeunes 
filles, habillées de blanc, deux statues de la Sainte-Vierge. 
Quant aux jeunes gens, ils portent les reliques de saint 
Mathias et de saint Victor, et mettent un rochet sur leurs 
habits quasi bourgeois, ils ont la tète découverte ; mais 
avant mon arrivée dans cette paroisse ils avaient des bon- 
nets de coton de difiérentes couleurs et d'une forme tant 
soit peu bizarre, du moins pour la circonstance. » 

En 1786, lors de l'enquête qui se fit dans le Léon pour 
le remaniement des circonscriptions des paroisses et la 



(1) Ne seroit-ce pas plutôt celles de sainte Gueolrec ou Veniroc ? 



— 135 — 

suppression de quelques bénéfices simples pour les unir 
soit aux paroisses soit aux séminaires, M. Mathieu Masson, 
recteur, expose comme il suit Tétat de son bénéfice, et 
formule ses desiderata, 

(( lo La valeur de la dime du Drenec et Landouzan ne 
monte en tout pour le Recteur qu'à 700 livres. Les fabri- 
ques en touchent autant. 

« 2o Ayant une trêve dans la paroisse, je pourrais être 
obligé à payer un curé, il ne me resterait plus que 350 
livres. 

(( 30 Le bourg du Drenec étant situé sur une grande 
route au centre du diocèse, par où passent tous ceux du 
bas Léon qui ont affaire à la métropole, et tous ceux qui, 
du haut Léon, ont affaire sur Brest, le Recteur est très 
souvent dans le cas de recevoir et des amis et des person- 
nes peu connues mais qu'un orage, une incommodité ou 
la nuit obligent de relâcher chez lui, ce qui le constitue 
nécessairement en beaucoup de dépenses utiles à la 
société. 

« 40 Une paroisse sur la grande route, à une lieue de 
Plabennec et une lieue de Lesneven, ne peut être suppri- 
mée, parce que sa vue donne la confiance aux honnêtes 
voyageurs et la terreur aux malfaiteurs. 

(( Il supplie, en conséquence, les députés de la Cham- 
bre ecclésiastique d'arrondir sa paroisse, et demande : 
en Ploudaniel, les villages de Lesgall Roudaut, Lesgall 
an Taro, Lesgall ar Choadic, Kerniguès, Kervénéour an 
Dour, Kergo Martinel, Kerinaf, Kervaronou, Kervénéour 
ar Parzquou, Kervilou, Le Leuré, Trémoguer, Ar Ghoel 
Goz ou manoir de Trémoguer ; 2^ en Kersaint, le moulin 
Rioualin, Lestanet Izela, Lestanet Creiz, Lestanet liuela, 
maison à Pentreiz ; 3» en Plabennec, Kerbiriou, An Ties 
Mean, moulin du Luant, moulin de Coatélèsou de Goues- 
nou, Keraeret, moulin de Pentref. » 



— 136 - 

En réponse à cette demande, la Chambre ecdésiaêtique 
décidait « que la paroisse du Drennec est à conserver et à 
augmenter: l'' par la réunion de la paroisse de Bréventec, 
qui ne peut subsister ; 2» par la réunion de plusieurs fer- 
mes de Ploudaniel ; 3» en faisant jouir le Curé de la tota- 
lité des dîmes, et en dotant les fabriques du Drennec et 
de Landouzan aux dépens du prieuré de Bréventec ». 

Le même recteur, M. Masson, nous a laissé un rapport 
intéressant sur Tétat de la mendicité dans sa paroisse, en 
réponse à la demande d'enquête faite en 1774, par TEvê- 
que de Léon, sur Tinitiative du pouvoir royal : 

(( 11 y a, en la paroisse, iO familles mendiantes, dont 
4 vieillards, 1 infirme et enfants dont les parents sont 
journaliers ou tisserands, ils ne manquent pas d'ouvrage 
et travaillent, mais les 5 sols par jour ou 6 livres par 
15 jours que le plus diligent tisserand peut gagner n*est 
pas suffisant pour nourrir et entretenir 5 ou 6 enfants, 
quand surtout le père ou la mère dépensent 7 à 8 sols par 
semaine en tabac. 

(( 8 familles qui ne mendient pas, mais qui peuvent 
avoir besoin en certaines circonstances. 

(( 18 familles qui peuvent vivre, sans cependant être en 
état de faire une aumône sur laquelle on puisse compter. 

(( 26 familles en état de faire une aumône raisonnable. 

(( Si on excepte cette mauvaise habitude de faire usage 
de tabac que les pères et mères ont souvent contractée 
étant jeunes gens lorsqu'ils gagnèrent de bons gages, je 
ne vois pas qu'il y ait grand abus à ce sujet en cette pa- 
roisse, attendu qu'il n'y a que les enfants qui mendient 
jusqu'à l'âge de 13 ou 14 ans, et qu'alors on a soin de leur 
procurer une condition pour servir. 

« 11 me parait que toute la sagesse humaine ne peut 
empêcher qu'il n'y ait des pauvres de cette espèce et qu'on 






— 137 — 

ne peut les empêcher de mendier, au moins dans réten- 
due de leur paroisse, attendu le refroidissement de la 
charité de plusieurs riches qui, bien loin de chercher à 
découvrir l'indigent pour le soulager, par leur attache- 
ment aux biens de la terre, se persuadent facilement que 
son prochain est à son aise et ne manque de rien. 

(( On m*objectera que c'est au pasteur à s'informer du 
besoin de ses paroissiens ; mais il faudrait qu1l fût aussi 
en état de les secourir, ou qu'il puisse recueillir l'aumône 
des riches de sa paroisse pour la distribuer aux pauvres ; 
mais ces riches à qui leur avarice fournit toujours des 
difTuges, ne diront-iis pas qu'ils font eux-mêmes leurs 
aumônes, et qu'ils n'ont pas besoin pour cela du minis- 
tère du pasteur. 

« Il n'y a, au Drennec, ni hôpital ni aucun fond pour 
les pauvres ; ils sont cependant soulagés passablement 
par l'aumône qu'ils reçoivent dans les environs. » 



Bréventec 

Nous avons déjà parlé de ce prieuré cure, dépendant de 
l'abbaye de Saint-Mathieu, nous en dirons un mot ici, 
comme chapelle comprise dans les limites de la paroisse 
du Drennec au Concordat. 

L'église avait pour patron saint Mathieu, et Bréventec 
est appelé quelquefois Loc-Maeé; mais l'ancien titulaire 
de l'église devait être sainte Guentrec ou Ventroc, encore 
honorée dans la paroisse. En 1856, le Recteur nous dit 
(( qu'il s'y trouvait un tableau très ancien, peint sur bois, 
représentant Notre-Dame de la Merci ». 



— 138 — 



Landouzan 

Chapelle appartenant au Drennec, dont le patron est un 
saint Ursin, évéque, dont le nom devait être primitive- 
ment Eude, Eudon, Eozen, ou Yvon ; toujours est-il, que 
le manoir voisin était celui des seigneurs de Coeteozen ou 
de Boisyvon, qui avaient fondé une chapellenie à Lan^ 
douzan consistant en une rente de 87 livres pour dix 
messes à chant par an. 

L'édifice a des parties du xv<^ siècle, notamment le joli 
ossuaire voisin du porche. Sur un contrefort extérieur du 
chœur on lit la date MIL. V°XXV. A l'entrée du cimetière 
est une sorte d*arc triomphal reposant sur trois piliers 
massifs ; il est surmonté d'un fût de colonne portant la 
date 1598. Le sommet de la croix et le groupe de statues 
qui l'entourait ont été transportés au bourg. 

Dans le cimetière se remarque un lec'h ou une ancienne 
borne romaine ; c'est un cône tronqué, émergeant du sol 
de m. 70 c; il est à huit pans crénelés, chaque pan 
mesurant au sommet m. 08 c., la section ayant m. 35c. 
de diamètre; à la moitié de sa hauteur, le cône est coupé 
d'une entaille s'étendant à quatre de ces faces ; on pour- 
rait croire qu'on a essayé de le scier en y passant et repas- 
sant une chaîne de fer, ce qui fait dire que cette échan- 
crure est due aux efforts du diable, que saint Ursin 
avait enchaîné à ce bloc. 

Dans l'intérieur de la chapelle, on voit une pierre tom- 
bale portant un écusson fascé, qui devait appartenir soit 
aux Barbier, seigneurs de Landouzan, soit aux seigneurs 
du Drennec. 

Outre la statue du Patron, saint Ursin, représenté en 
évéque, la chapelle possède les 3tatues de saint Pierre et 



— 139 — 

saint Paul, et une très jolie statue en bois de la Vierge 
offrant une fleur de palme à TEnfant-Jésus, qu'elle porte 
sur le bras. 

COETELEZ 



Le manoir de Coetelez possède une chapelle dédiée à 
saintTanguy; car c'est là, nous dit Albert le Grand, «que le 
saint abbé Tanguy, voulant aller à Occismor, voir son maî- 
tre et père s^ Paul, le rencontra en la paroisse de Drenec, 
es rabines d'une maison noble ; après s'être salués, ils se 
retirèrent tous deux seuls dans le bois de cette noblesse, 
ayant laissé leurs compagnons, quelque peu à quartier; 
et après une longue conférence, s'etant mis en oraison, 
ils furent récréés d'un concert mélodieux de voix angéli- 
ques, et à même temps, un ange leur apparut, leur don- 
nant avis que, dans peu de jours, ils sortiraient de cette 
vallée de larmes, et iraient jouir de la couronne préparée 
à leurs mérites. Les Saints se réjouirent extrêmement de 
cette bonne nouvelle, et à cause de cette apparition angé- 
lique cette maison noble fut nommée Coat-Elez, c'est-à- 
dire Bois aux Anges, nom qu'elle retient encore à pré- 
sent. » 

M. de Kerdanet nous dit que l'ancienne chapelle de 
Coatelez était dédiée non à saint Tanguy mais à saint 
Paul, et il cite un aveu de 1607 où il est question de 
reconstruire la chapelle de a M>^ S^ Paul ». 

Recteurs du Drennec 



1399-1624. Christophe Floch, recteur, maître es arts. 
1663-1664. Jean Gonezou. 



— 140 — 

1670-1681. Guillaume Jeslin. 
1685-1688. Marc Guenegant. 

1688-1698. Joseph Guillaume, interdit, obligé de se dé- 
mettre. 
1698-1725. Philippe Uguen. 
1725-1728. Jean Billon, du diocèse de Quimper. 
1728-1732. Guillaume Le Men. 
1732-1733. Claude-Marie du Beaudiez. 
1733-1756. Ursin Baz. 
1756-1771. Prigent Kerouanton. 
1771-1804. Mathieu Masson. 
1804-1826. Sébastien Cloarec. 

1826. François-Marie Gall, de Saint-Thégonnec. 

1830. Alain-Marie Galliou, de Trégarantec. 

1838-1854. Pierre Bernard, de Plougoulm. 
1854-1859. Jean-Marie Cosquer, de Saint-Goazec. 
1859-1865. Guillaume Moal, de l'île de Batz. 
1865-1881. Camille Banabès, de Saint-Pol de Léon. 
1881-1895. Jean-Marie Jacob, de Porspoder. 
1895. Jean-Marie Trévidic. 

Vicaires 

1879. François Pasquier. 

1881. Joseph-Marie Guéguen. 

1885. Paul Lormier. 

1889. Jean-Marie Le Breton. 

1893. Etienne Corre. 

1898. Guillaume Sioc'hen. 

1903. Louis-Marie Nicol. 



141 — 



Maisons nobles 

Barbier, S^ de Landouzan : d'argent à deux fasces de 
sable ; devise : Var ma huez. 

Du Bois, S^ de Coateozen : d'or à un arbre d'azur, 

Coetelez, S' du dit lieu : de gueules à la tète de lièvre 
d'or, alias : accompagné de trois quintefeuilles de même. 

Dernec, S^ du dit lieu ; pour armes antiques : d'azur à 
un barbeau d'argent en pal ; devise : Ne zeuz pesq heb he 
zrean; armes modernes : fascé d'argent et d'azur, au chef 
d'argent, 

Kerouartz, S"" de Coateozen : d'argent à la roxie de sable 
accompagnée de trois croissettes de même ; devise : tout en 
V honneur de Dieu, et tout avec le temps. 

Kerbrat, S' du dit lieu, Plabennec, fondu en Coetelez. 

Le Ny, S*" de Coetelez : écartelé aux 2, et 4. d'argent à 
Vécu en abyme accompagné de 6 annelets de gueules en orle, 
3. 2, 1. aux 2. et 3. de Coetelez ; devise : Humble et loyal. 



DUAULT 



Ancienne paroisse du diocèse de Cornouaille, aujour- 
d'hui au diocèse de Saint-Brieuc. C'était une paroisse 
considérable comprenant avec ses trêves une population 
de 3.700 âmes se divisant ainsi : Duault, 1.000 ; Saint- 
Nicodème, 300 ; Locarn, l.oOO ; et Burlhulet, 900 âmes. 

Duault. — Patron saint Maudé. 



— 142 — 

Recteur, de 1762 à 1790, M. François Corbel, né à 
Duault en 1725. « Excellent sujet pour tout, » marque 
M^f de Saint-Luc dans son cahier de visite ; cependant, il 
devait être un peu regardant, au moins pour le fourrage, 
car Monseigneur note, en 1784 : « Les chevaux n'ont eu 
que du son pourri ; il a fallu achepter de Therbe pour un 
écu ». 

Vicaire : Charles André, né à Burthulet en 1738 ; à 
Duault de 1768 à 1790. « Bon sujet pour tout. » 

Saint- Nicodème. — Curé, Jacques Riou, né à Saint- 
Mahieux en 1747. A été curé à Beuzec-Cap-Caval de 1774 
à 1778. A Duault, de 1778 à 1790. 

Locam. — Curé, Jean-Sébastien Rolland, né à Trébri- 
vant en 1746. A été à Plouyé en 1779, à Locam de 1780 à 
1786, puis recteur de Trébrivan. Remplacé par Laurent 
Bercot, né à Duault en 1757. (( Bon sujet, très gai. » 

Burthulet. — Patron, saint Jean-Baptiste. Curé, Fran- 
çois Le Mognerou, né à Burthulet en 1697, prêtre en 
1723, à Burthulet depuis 1723 ; en 1780 il est aveugle ; 
décédé en 1783. Remplacé en 1780 par François Le Coenl, 
né à Spézet en 1749, prêtre en 1774, chapelain à Sainl- 
Servais, chapelle en Burthulet. « Ses cahiers sont supé- 
rieurement bien tenus. » 

En Duault, outre les trêves ci -dessus, se trouvait le 
prieuré de Landugen, dépendant du monastère de Sainte- 
Croix de Quimperlé. 11 était desservi par Claude Gourlay, 
né à Landugen en 1708, décédé en 1780, puis par Guil- 
laume Hervé, né à Mael-Pestivien en 1750, prêtre. En 
1776, « il reçoit 200 livres des religieux de Quimperlé et 
doit deux messes par semaine. L'église est très indigente 
de réparation. Joue à la boule : pourrait faire mieux. » 



— 143 — 

Saint-Servais 

Chapelle en Burthulet, consacrée par Louis du Combout, 
dit évêque d'Avennes, c'est-à-dire sufiragant ou auxiliaire 
de Vannes et de Quimper. L*acte suivant est extrait d'une 
généalogie de la maison de Quélen (1624-1637). 

(( ... Du temps de François de Quélen, de son consente- 
ment et en présance de Reverand Père en Dieu Louis du 
Combout episcopus a Vennetensis par la permission de 
rillustrissime Cardinal de Bouloigne, administrateur per- 
pétuel de Tevesché de Cornouaille, dédia la chappelle de 
Sainct Gervais (sic) size en la parrouesse de Duault Qué- 
len dans le fief! dud. sieur et y consacra cinq autels et 
benist le cimetière a lentour d'icelle chappelle comme il 
se void par les lettres suivantes : 

(( Ludovicus de Combout Dei gratia et sanctas sedis 
apostolicœ gratia episcopus a Venetensis de licentia et 
permissione Reverendissimi in Christo patris et Domini 
Domini Fhilippi Cardinalis de Bolonia Corisopilensis epis- 
copatus administratoris perpetui seu eius in spiritualibus 
vicariusgeneralis, capellam sancti Gervasii et cymiterium 
eiusdem ei contiguum infra metas parrochiee de Duault 
Quélen Corisopitenis diocesis sitam in territorio et juris- 
diclione Potentis et Illustrissimi Franscisci de Quélen, 
Domini temporalis dicti loci de Quélen ad infra scripta 
prœseûtis et consentientis, ac altaria ejusdem ecclesise 
numéro quinquededicavit,consecravit et benedixit.Datum 
die secunda Decembris, anno Domini milesimo quingen- 
tesimoquadragesimonono, de mandato prœsentis Domini 
episcopi, et Refferente Marco le Floch ad prœsentia depu- 
tato, Garchambaut. » 



144 



RÔLE DES DÉCIMES EN 1783 

M. Corbel, recteur 87 

La fabrice 10 

Le Rosaire '. 1 

Trêve de Locarn 10 

Le Sacre 1 

Trêve de S' Nicodème 8 

Le Sacre 1 

Confrérie du S^ Nom de Jésus 1 

Saint-Servais 17 

Trêve de Burtulet 7 

StYves 1 

S* Gonery 1 

N.-D. de Pleuvin 1 

La Trinité 1 

St Michel 1 



10» 6-» 

15» 

lo« 

15» 

15» 
15» 
2» 6** 
10» 
15» 
15» 
15» 
15» 
IJi» 



Total 1561 158 



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CARTULAIRE 

DE L'ÉGLISE DE QUIMPER 

(Suite.) 



491. 

JEAN BOURSIER, REÇU CHANOINE ET TRÉSORIER <'> 

- 10 Mars 1412 (n. s.). - 



Anno Domini M^ quadrigentesimo undecimo, die dé- 
cima Marcii, Magisler Johannes Bursarii ville Parisien- 
sis fuit receptus et admissus in quantum debeat de 
jure admitti in personam Magistri Hervei Sulguen pro- 
curatoris sui ad thesaurariam et canonicatum ecclesie 
Corisopitensis vacantes per mortem Johannis de Alta villa 
et ad distribuciones cotidianas racione prébende dum- 
taxat admissus, et dictus procurator juravit statuta etc., 
presentibus ad hoc Guidone Dongualloni, Guidone Kaer- 
guegant presbyteris et aliis. Y. Bloez. 



492. 

GUILLAUME LE SOUTIER, REQU CHANOINE (') 

- 22 Avril 1414. - 



Anno Domini M^ quadrigentesimo decimo tercio, die 
sabbati in vigiliam Sancti Pasche fuit discretus vir Ma- 
gister Guillermus Le Soutier Archidyaconus Corisopi- 

(1) Cari. 31, i* 32. 

(2) Cart. 31, f^ 51. 

Bulletin db là Commission diocésaine. — 8* anDée. 10 



- 146 — 

tensis receptus in canonicum, virtule litterarum Aposto- 
licarum per sentencias diflinitivas pro eo latas in curia 
Romana, in presencia Guidonis Serrelagat clerici, sui 
procuratorîs legîtimi ad lioc constituti, qui quidem pro- 
curator nomine quo supra et dictum Magistrum Guiller- 
mum fuit admissus in cononicum et fratrem ecclesie 
Corisopitensis per dominos canonicos ejusdem et idem 
procurator juravit statuta laudabilia dicte ecclesie nomine 
magistri sui observare, etc. 



493. 

PIERRE DU gUENgUIS REÇU CHANOINE (d 

— 20 Janvier 1 41 6 (n. s.) — 



Anno Domini M^ quadrigenlesimo quinto, die xx™" men- 
sis Januarii presentibus ad hoc magistro Johanne Gle- 
marhec in legibus licenciato, GuillermoBastardi advocato 
curie Corisopitensis, Johanne Mutonis curato ecclesie Cori- 
sopitensis et pluribus aliis, fuit Magister Petrus du Quen- 
quis receptus in canonicum ecclesie Corisopitensis et fuit 
assignatum sibi stallum in choro et locus in Capitulo per 
magistrum Johannem Militis canonicum ecclesie predicte, 
commissarium ad hoc auctoritate apostolica nemine con- 
tradicente fuit receptus in locis predictis eciam de con- 
sensu dominorum de Capitulo, etc. 

Item die sequente juravit dictus Magister Petrus statuta 

laudabilia dicte ecclesie. 

G. Serrelagat. 

(l) C;*rl. 31, (• 50. 



— 147 — 



494. 

ŒUVRES ET FONDATIONS DE L'EVESQUE GAGIANUS DE MON- 
CELLIS : 12 OBIT POUR 13 LIVRES DE RENTE, LE FOND PAYÉ 
PAR SES HERITIERS, SÇAVOIR 34 FRANCS ET 7 FRANCS. («> 

- 10 Juin 1417. - 



Item anno Domini M^ quadrigeDtesimo decimo sep- 
timo, die décima mensis Junii, facto et peracto in hac 
ecclesia Corisopitensi solempni servicio dicti Béate memo- 
rie domini Gaciani nuper ultimi Episcopi Corisopitensis, 
nobiles viri dominus Egidius Delbiest miles, dominus de 
Thatreyo Nannetensis diocœsis, Tritannus de Landa Armi- 
ger, venerabilis vir Magister Johannes Merven scolasticus 
et canonicus Nannetensisac provîdus vir Johannes Thome 
burgensis Nannetensis executores testamenti seucodicilli 
et ultime voluntatis dicti domini Episcopi defuncti, nec 
non Magister Guillermus Maillardi filius unicus Eonnete 
de Moncellis domicelle sororis dicti de! uncti domini Epis- 
copi ac Magister Michael Bruneau filius defuncte Joanne 
de Moncellis alterius sororis dicti defuncti domini Epis- 
copi fundaverunt juxta voluntatem et ordinacionem dicti 
domini Episcopi in suo testamento seu ultima voluntate 
predicta contentas et enarratas, et dolaverunt pro reme- 
dio et salute animarum dicti defuncti domini Episcopi 
parentumque, amicorum et predecessorum et successo- 
rum suorum anniversaria et alia divina officia de quibus 
inferius fit mencio videlicet : unum anniversarium de 
quadraginta solidis faciendum et celebrandum in pre- 

(l) Cart. 56, f' 59. 



— 148 — 

senti ecclesia Corisopitensi die xvr mensis cujuslibet Octo- 
bris, qua die decessit idem defunctus et que dies anno 
illo incidit die veneris, et undecim alia anniversaria, vide- 
licet quolibet de viginti solidis, facieoda et celebranda de 
cetero perpetuis temporibus, in dicta presenti ecclesia 
videlicet : unum qualibet prima die veneris cujuslit)et 
aliorum mensium, pro quorum duodecim anniversario- 
rum fundacione et dotacione et ut ultra ea que in ecclesia 
presenti pro ipso domino defuncto Episcopo, diebus domi- 
nicis ad stationem processionis dicte ecclesie dici et fleri 
consueverunt, quilibet sacerdos qui majorem missam ad 
majus altare hujus ecclesie cotidie de cetero celebrabit, 
perpetuis temporibus, decantato per ipsum presbyterum 
Pater noster et ante fractionem eucharistie sacramenti, 
dicat et dicere teneatur flexis genibus ante dictum majus 
altare submissa voce, corespondentibus sibi dyacono et 
subdyacono, totum psalmum Letatus sum, cum Gloria 
Patri et cetera, sicut erat et cetera, et antipbonam da 
pacem Domine et versus fiât pax in virtute tua, etc. et 
orationem Deus a quo sancta desideria, nec non psalmis 
De profundis cum totis suis versibus ac orationes JDeuê 
qui inter apostolicos sacerdotes et fidelium, Deus omnium, 
quodque quamdiu sacerdos psalmos, versus et orationes 
hujusmodi dicendo flexis genibus steterit, pulsetur major 
campana dicte ecclesie ictualim, sicut pulsatur per antea 
in consecratione Corporis Chrisli. Dederunt et realiter in 
Capitulo hujus ecclesie solverunt dicti executores et here- 
des pro diclo anniversario de quadraginta solidis, tri- 
ginta quatuor francos in solucione scutorum auri et ad 
coronam et pro quolibet dictorum undecim anniversario- 
rum septem decim francos in consimili solutione scuto- 
rum. 

Item tradiderunt et assignaverunt et livraverunt Capi- 
tulo hujus ecclesie unum librum novum vocatum catholi- 



— 149 — 

con per dictum dominum defunctum Episcopum in suis 
testamento seu ultima voluntate huic ecclesie datum et 
locatum in dicta ecclesia loco eminenti et patenti in cra- 
ticula ferrea recludendum et servandum. 



495. 

ALAIN LE MEN REÇU CHANOINE (') 

- 23 Août 1420. - 



Anno Domini M9 quadrigentesimo vicesimo, die vice- 
sima tercia mensis Augusti, fuit Alanus Pétri canonicus 
Corisopitensis receptus in canonicum predicte ecclesie 
Corisopitensis in personam Magistri Guillermi Oliverii 
rectoris de Treuoltre et assignatum sibi staiium in choro 
et locum in Capitule et juravit statu ta predicte ecclesie, 
et fuit notarius Johannes Bloez junior. 



496. 

PIERRE LE MEN PRÊTE SERMENT (') 

— 23 Novembre 1420. — 



Anno Domini M» quadrigentesimo vicesimo, die xxiii* 
mensis Novembris, presentibus ad hoc dominis Johanne 
an Sur, Guillermo Guen presbyteris et aliis, Venerabilis 
vir Magister Alanus Pétri canonicus ecclesie Corisopiten- 
sis juravit statuta et observaciones ejusdem ecclesie tenere, 
inutilia que ejusdem evitare etc. 

Actum in CapituloCorisopitensi presentibus Canonicis, 
juramentum hujusmodi recipiente Magistro Johanne Pér- 



il) Cari. 31, f 42. 
(2) Carfc. 81, ^ 3â. 



— 150 — 

fecti coDcanonico de consensu aliorum canonicorum. Da- 

tum ut supra, etc. 

J. Riou pro instrumento. 



497. 

GUILLAUME MAUCOUSU REÇU CHANOINE <') 

- 19 Janvier 1423 (n. 8.) - 



Anno Domini M® CCCO XXIl® secundum usum ecclesie 
Gallicane et die ix mensis Januarii fuit receptus Guiller- 
mus Maucousu ad canonicatum et prebendani vacantes 
per mortem magistri Alani Penquelennec cujus anima 
requiescat in pace. 



498. 

LES TOURS DE SAINT-CORENTIN COMMENCÉES <') 

- 26 Juillet 1424 - 



Anno Domini, quadrigentesimo vigesimo quarto die 
XXVI'' mensis Julii qua die erat festum béate Anne matris 
Marie, fuit inceptum novum opus pinaculi occidentalîs 
ecclesie Corisopitensis et turrium ibidem inchoatarum ; 
in cujus fundamento collocaveruut insimul primum iapi- 
dem Reverendissimus m Christo pater et dominus dominus 
Bertrandus dictus de Rosmadec Dei gracia Corisopitensis 
Ëpiscopus, ornamentis pontifîcalibus indutus et dominus 
Johannes de Languevoez miles ad hoc ex parte illustris- 
simi principis domiui Johannis ducis Britannie destina- 
tus, presenlibus et assisteutibus ibidem venerabilibus 
viris Magistris Johanne Militis thesaurario, Oliverio 
Hospitis, Johanne de Treanna, Rodulpho Albi alias Pen- 



(1) Cart. 31, f 43. 

(2) Cart. 56, f 65. 



— 151 — 

quelennec, [Petro du Quinquis, Bertrando Symonis, Jo- 
hanne Hascoedi fabrice dicte ecclesie et operis predicti 
procuratore et gubernatore, et Guillermo Maucousu dicte 
ecclesie Concanonicis, nec non et populi atque plebis 
copiosa multitudine et cetera... 



499. 

ÉTABLISSEMENT D'UN TRONC POUR L'ŒUVRE 
DE LA CATHÉDRALE 0) 

- 18 Map« 1426. - 



Anno Domini millesimo quadringentesimo vicesimo 
quarto die décima nona mensis Marcii, indicione tercia, 
pontificatus Sanctissimi in Christo patris et domini Nostri 
Domini Martini divina providentia pape quinti, anno 
octavo,.venerabiles viri Cappitulum ecclesie Corisopitensis 
in loco eorum capitulantes eciam propter boc ut dicebant 
congregati, voluerunt et consenserunt quod in dicta eccle- 
sia fieret et erigeretur de novo unus troncus firmandus 
seu claudendus duabus clavibus quarum unam custodiet 
procurator operis in parte inferiori et occidentali dicte 
ecclesie ab anno citra inchoati et aliam vero custodiet 
unus de canonicis dicte ecclesie, ad hoc per Capitulum 
predictum deputandus ; quodque procurator operis pre- 
dictus levaret reciperet et haberet oblationes omnes et 
singulas in dicto tronco faciendas, ad opus ipsum expo- 
nendas, exceptis oblationibus que fient duobus tempo- 
ribus anni videlicet, temporibus peregrinationis septem 
sanctorum Britannie, quas dicti venerabiles viri in soli- 
dum percipient prout hactenus consueverunt, unde inci- 
piente pérégrination hujusmodi status, poterit procu- 

(1) Gart. 56, litt. D. 



— i52 — 

rator operis prefati, oblationes tune in hujusmodi tronco 
factas ab ipso extrahere, recipere et habere ad finem pre- 
dictum convertendas et iînitis ipsis peregrinationibus, 
dicti venerabiles viri statim extrahent récipient et babe- 
bunt oblationes durante peregrinatione predicta in ipso 
tronco factas et de ipsis ad ipsorum libitum disponere et 
protestati que fuerunt dicti venerabiles viri, quod dictum 
troncum quando ipsis videbitur expediens omnino tôl- 
ière et annullare possent et poterunt, premissis que omni- 
bus et singulis consensum et assensum illico prebuerunt 
reverendus in Cbristo pater et domious dominus Bertran- 
dus Dei gratia episcopus Corisopitensis et venerabiles 
viri magister Johannes Hascoedi in legibus licenciatus 
procurator faciende dicte ecclesie et operis predicti in 
dicto loco capitulantes, una cum dictis venerabilibus vins 
tune presentibus eaque laudaverunt et approbaverunt. Acta 
fuerunt bec in loco capitulari dicte ecclesie presentibus 
ad boc dominis Yvone Kersulgen et Johanne Kanlan 

presbyteriis et aliis. 

Kersulgen pro instrumente. 



500. 

CHANOINES INFIRMES, SANS FICTION, ESTANT EN VILLE, 

SONT TENUS POUR PRÉSENTS ^ 

— 19 Février 1434 (n. 8.) — 



Anno Domini M^' CCG^ tricesimo tercio die xix* nona 
Februarii in loco capitulari ecclesie Corisopitensis cano- 
nici dicte ecclesie tune résidentes in civitate Corîsopi- 
tensi, capitulantes congregati, voluerunt, statuerunt et 
ordinaverunt inter se, quod si aliquis seu aliqui eanoni- 

(1) Cari. 56, f 62. 



- 153 — 

corum dicte ecclesie presencium in dicta civitate impedi- 
tus vel impediti, pretextu infirmitatis corporalis eorum- 
dem, non possit aut possint, cessante fictîone quacumque, 
personaliter interesse missis que celebrantur extra cho- 
rum dicte ecclesie, quarum occasione distributiones 
obveniunt et sunt eisdem canonicîs ordinale, nec non 
magnis missis celebrandis infra cliorum ejusdem ecclesie 
diebus festorum S^^ Chorentini, Nativitatis Dominî, Pas- 
che, Penthecostes Domini et omnium Sanctorum, perci- 
piant et habeant ac percipiat et habeat distribuciones 
suas in et propter hoc ordinatas, ad modum ceterorum 
canonicorum eisdem missis iateressencium. 



501 

RECONNAISSANCE PAR LE DUC DU DROIT DE JURIDICTION 
DE L'ÉVÊgUE DANS LA VILLE CLOSE DE QUIMPER (') 

— 18 Décembre 1461. — 



Copia. — Charles, duc de Bretagne, vicomte de Lymo- 
ges, à nostre capitaine de Kempercorentin, anozsenechal 
baillif et recepveur dou lieu et a noz autres justiciers et 
officiers salut. 

Révèrent père en Dieu nostre amé conseillé levesque de 
Cornoaille nous a donne entendre que comme la juridic- 
tion de Kempercorentin et ailleurs en la terre de Téglise 
li appartient, aucuns de nos officiers se sont eslanciez de 
lait de congnoestre et exercer la dicte juridicion tant a 
congnoestre de contractenantz faiz entre personnes|en son 
terrouer et en la terre de Téglise que de injures de per- 
sonnes, que de vouloir contraindre ses hommes et soub- 
giez à cause de l'imposicion en sa dicte ville en la terre 

(1) Cart. 31, ^ 53. 



— 154 — 

de leglise, de laquelle chose est en son grand grief, domage 
et préjudice et de son église comme il dit et sur ce, nous 
a requis de li pourvoir de remède. Si vous mandons et 
commandons et a chacun de vous que desorenavant vous 
ne vous entremestez de cognoestre ne exercer juridicion 
en la dicte ville es cas desus diz en aucune manière, en 
préjudice dudit Révèrent père en Dieu et de la dicte 
église ; et si aucune chose a esté faite ou temps passé au 
contraire, nous voulons que ce ne li porte préjudice et 
pour ce que à cause de guerre lan ne peut bonement 
exercer juridiction sur nos hommes et soubgiez ou terri- 
toire de Cornoaille hors de forteresce, et pour cause de 
ce et le saubvement de noz soubgiez lan a exercé nostre 
juridicion en la dicte cité et en la terre de leglise, faiz 
bannies, prins prisoniers et arrestez, nous voulons que 
ces choses tant pour le temps passé que pour le temps 
avenir ne portent préjudice audict Révèrent père en Dieu 
ne a sa dicte église et ausi voulons que quant vous et noz 
autres oiTiciez aurez mestier de exercer juridicion sur nos 
hommes, bannies faire, arrester ou emprisoner ou autre- 
ment justicier en la dicte cité ou ailleurs ou lerrouer de 
leglise, vous demandez licence doudit Révèrent père ou 
de ses giens et que sauz congé vous ne faciez les choses 
susdicles en la terre de l'église en auchune manière car 
ensi le voulons, nonobstant choses que len ait fait ne usé 
ou temps passé au contraire, lesquelles nous voulons que 
ne li portent aucun préjudice ne a la dicte église. Sauvez 
noz droitures et gouvernement encien paravant les guerres. 
Donné a Guigamp le xviii« jour de décembre lan mil 
111^ sexante et un. 



Par Monseigneur le Duc en son conseil. 



G. Belengier. 



— 155 — 

Et ego Henricus de Veteri landa Corisopîtensis diocesis 
publicus apostolica auctoritate et impérial! notarius, pre- 
dictam copiam de litteris predictis feci et manu propria 
scripsi, easque litteras vidi, tenui et palpavi sanas et inté- 
gras et sigiilo domini Ducis sigillatas, et quia collacione 
facta per me Guillermum Nani clericum, presentibus et 
audientibus magistro Thoma Episcopi, Richardo Fabri et 
Guillermo Marhec de dictis litteris cum presenti copia, 
eos concordare inveni, hic me subscripsi et signum 
meum consuetum posui, die mercurii post festum inven- 
cionis.... (sic). 



502. 

APPROBATION DU PRÉCÉDENT STATUT ^') 

(Voir n^BOO.) 
- 8 Mal 1470. - 



Anno Domini M^ CGCCo LXX» die octava mensis Maii, 
Capitule generali festi estivalis Beati Corentini durante, 
Domini Capitulum ecclesie Corisopitensis, viso supra- 
scripli proxime slatuti per ipsostenore, ipsumqueequum 
et juri consonum censentes, matura deliberatione habita, 
illud laudarunt et approbarunt et statutum laudant et 
approbant et in futurum observari voluerunt et consen- 
serunt. 

Actum ut supra presentibus tune Dominis et Magistris 
Johanne Cochet, Johanne Baillivi, Salomone Dagorn, 
Francisco de Hospicio, Alano Penguelennec, Alano de 
Rosmadec, Kernyvinem, et Guillermo Ruflî canonicis 
residentibus et capitulantibus per Capitulum. 

Franciscus de HOSPICIO. 



(1) Cart. 56, f* 62. 



— 456 — 

508. 



STATUTS CAPITULAIRES (') 

— 6 Novembre 1488. — 



Chanoine nouTcau pour participer aux distributions payera chape 

ou 18 escus d'or Tienx. 

Anno Mo CCCCLXXXVIII die sexta Novembris, domini 
Capitulum capitulantes, pensantes necessitatem caparum 
servicio divino ecclesie, que vetustate fere consumpte sunt 
et quod de novis providendum foret necessarie, unani- 
miter statuerunt quod amodo, quilibet novus canonicus 
in receptione sua et ut ad distribuciones assequatur, unam 
capam honestam dare ecclesie, seu loco cape, decem et 
octo scuta auri antiqua soivere teneatur. 

Chacun vicaire dans 3 mois aura un psautier bien noté à ses 

frais ou payera 8 escus vieux. 

Item considérantes librorum psalteriorum choristis 
psallencium in choro deffectum, statuerunt et ordinarunt 
quod quilibet vicariorum ecclesie sue, teneatur unum 
psalterium feriale débite notatum, suis sumptibus infra 
très menses, pro se habere vel octo antiqua scuta auri 
pro querendo illud psalterium, in Capitulo soivere. 

Que le serment des chanoines pour le secret du Chapitre se 
reitérera à tous chapitres généraux. 

Item voluerunt quod juramenta canonicorum de obser- 
vandis et non revelandis secretis rerum et tractatuum 
Capitularium, possit et debeat quolibet Capitulo generali 
repeti et prestari. 

(1) Cart. 56, f- 62. 

(A suivre.) 



— 157 — 



NOTICE 



^ (c*^\ 



SDR LES 



PAROISSES DU DIOCESE DE QUIIHPER ET DE LÉON 

Par MM. PEYRON et ABGRALL. 

(Suite.) 



ÉDERN 



Cette paroisse est mentionnée au Cartulaire de Lande- 
vennec comme ayant été donnée, au x^ siècle, à l'abbaye 
de Landévennec, par Budic, comte de Cornouaille. Cette 
localité devait son importance au séjour passager de saint 
Edern, qui y avait établi un ermitage. Voici comment 
Dom Plaine résume la vie de ce saint personnagei, d'après 
un cantique composé à la fin du xviii<^ siocle, sur une vie 
latine du Saint, actuellement perdue mais qui existait 
alors dans les archives de Plouédern. Edern, né dans Tile 
de Bretagne, renonçant au monde, traversa la mer pour 
venir aborder à Douarnenez, d'où il gagna le Juch, puis 
Edern, où il se retira dans la forêt de Quistinic. 

En eal lec*h var aod Keme 
A dem doBt da Zouamene 
Anvet ar Juk brema c*hoaz 
Gat he lestrig e touaraz. 

Da glask eal lec^h euz a sioul 
Vid tec'hed pell dionz ar fonl 
He loj en eur c'hoad, a gemer 
Eun diou pe deir leo dionz Kemper. 



— 158 — 

A Quistinic, les gens du pays reconnurent bientôt les 
vertus de saint Edern et, se groupant autour de son ermi- 
tage, formèrent un centre religieux qui était appelé 
vtcatrte quand il fut donnéà Landévennec, un demi-siècle 
plus tard. Cependant, dit le cantique, le seigneur de 
Quistinic ou de la Chateigneraye, mécontent probable- 
ment de cette affluence. prit prétexte de ce que la vache 
du saint ermite était mal gardée et venait sur ses terres, 
la tua, et ce procédé fut si pénible pour le saint homme, 
qu'il se retira à Plouédern. 

An autroa eus a Gislinit 
A fachaz ouz he vioc'hik ; 
Ha laoskaz varnezi he chas 
Ha chom al loen var ar plas. 

Edern dont ; ha var a gounter, 
Ar vioc'h senti var ar ger, 
Sevel ac'hano ha mont koit 
Euz a bark aotrou Kistinit. 

A Lannédern, où, dit le cantique, Edern éleva une cha- 
pelle en l'honneur de la Sainte Vierge, le Saint continua 
ses œuvres de pénitence et d'édification; c'est là qu'il 
sauva la vie à un cerf qui, poursuivi par les chasseurs, 
vint se réfugier dans les plis de sa robe. Là aussi, raconte 
le cantique, étant un jour en prière, le valet du Duc de 
Bretagne, qui se rendait à Léon, vint lui demander la 
route à suivre. Le Saint, se trouvant en une sorte d'extase, 
ne répondit pas, et le valet, impatienté, lui donna un 
soufflet ; aussitôt, le Duc et les gens de sa suite devinrent 
aveugles; mais ayant demandé pardon à saint Edern de 
l'offense qui lui avait été faite, celui-ci leur dit de conti- 
nuer leur route, mais qu'ils ne tarderaient pas à recouvrer 
la vue ; alors, le Duc fit vœu de construire une église au 
lieu où s'opérerait la guérison, ce qui arriva lorsqu'entrés 



— 189 — 

au pays de Léon, ils s'arrêtèrent au lieu où est aujourd'hui 
Plouédern, et où le Duc fit construire une église dédiée au 
saint ermite de Lannédern. 

Saint Edern mourut à Lannédern, où se voit son tombeau. 

L'histoire du cerf protégé par saint Edern, qui ressemble 
à s'y méprendre à l'histoire' de la biche de saint Gilles, 
expliquerait assez pourquoi le cerf a été pris comme 
caractéristique de sainl Edern ; mais on ne comprend pas 
pourquoi le Saint serait représenté à cheval sur le cerf. 
Aussi a-t-on eu recours à une autre légende qui, cette 
fois, est empruntée à celle de saint Théleau, avec de légères 
variantes. Voici comme elle est racontée par le comman- 
dant Faty (Vie des Saints, manuscrit). Lorsque le Saint 
vint de l'île ,de Bretagne à Quistinic, a il s'adressa au 
seigneur du pays pour obtenir des terres afln de s'y éta- 
blir. Celui-ci lui accorda tout le territoire qu'il pourrait 
parcourir jusqu'au chant du coq. En sortant de chez le 
seigneur, notre Saint ayant aperçu un cerf, l'enfourcha et 
se mit à parcourir le pays. Mais sa sœur, craignant qu'une 
pareille course ne nuisît à la santé de son frère, partit 
au-devant de lui, dissimulant un coq sous son tablier, et 
dès qu'elle aperçut Edern, elle découvrit la tête du coq 
qui, ébloui par l'auréole lumineuse qui entourait le Saint, 
prit cette clarté pour le jour et se mit à chanter. Le Saint, 
fidèle à son engagement, s'arrêta, et c'est pourquoi la 
paroisse d'Edern se trouve enclavée dans celle de Briec. » 

Saint Edern est donc, comme saint Théleau, représenté, 
monté sur un cerf; il n'y a que cette différence, c'est que 
saint Edern est représenté en simple ermite, tandis que 
saint Théleau, en sa qualité d'évêque, est crosse et mitre. 



- 160 — 

RÔLE DES DÉCIMES, 1783 

M. Le Roy, recteur 20^ 

Fabrice 8i 12» 6* 

Trêve de Guillevain 8^ 12» 6* 

N.-D. de Lannien 9^ 17» 6* 

S^-Maudez 2i 5» 

N.-D. du Hellan li 15» 

S^Symphorien 1^ 15* 

S«-Guénolé V 15» 



Total •541 12» 6** 

Extrait des Registres de Véglise paroissiale VEdern et de 
r église tréviale de Guellevaiu (ou Galven), de Î608 à 
1908 (0. 

Recteurs 

1531-1533. Louis de Tréanna. 

1608-1650. Pierre Le Grand. 

1650-1659. Hervé Le Roux. 

1668-1673. Pierre Jégouic. 

1673-1677. Marc Tanguy. 

1678. Charles de la Houssaye, sieur prieur du Pon- 

thou et recteur d'Edern, décédé en 1681. 
1683-1716. Guillaume Tanguy, abbé de Landévennec. 
1716-1720. Guillaume Cornée. 
1720-1724. Gabriel de Rospiec, recteur d'Edern et de 

Laz en 1723, et recteur de Laz en 1724. 
1724-1758. Charles Toulancoat. 
1760-1788. Augustin Le Roy. 



(1) Noas devoDS ces extraits aux patientes recherches du Recteur et 
des Vicaires d'Edern. 



- 161 — 

1789-1829. Joseph Le Pennée, né à Briec en 1746. 

1829-1845. M. Séven. 

1845-1846. F. Croissant. 

1846-1854. J. Kerrest. 

1854-1860. M. Yvenat. 

1860-1878. F. Arhan. 

1878-1900. J.-M. Normant. 

1900-1901. F. Le Sann. 

1901-1906. A. Moënner. 

1906. Henri Thomas. 



Prêtres, Curés, Vicaires d'Édern 

1608. Dom Guill. Lieubin. 

Hémery, prêtre. 
Dom Pezron, prêtre. 
Dom Yves Le Floch, prêtre. 
Alain Le GofT, prêtre. 

1613. Jean Littre, prêtre et curé. 

1614. Jean Le Louet, prêtre. 
1622. Guill. Gloëgun, prêtre. 
1630. Y^ves Le Grand, prêtre. 
1636. Jean Botorel, prêtre. 

1640. Gilles Guiriec, prêtre en 1640, curé d'office 

en 1650, et curé de 1659 à 1644. 
1640. Jean Le Grand, curé. 

1646. Pierre Labbé, prêtre. 

1649. Jean Nicolas, prêtre. 

1656.. Jean Briand, prêtre. 

1656. Alain Le Guillou, prêtre en 1656 et curé en 1662. 

1660. Petrus Talbot, prêtre. 

1664. A. Nédélec, sous diacre en 1663, prêtre en 1664, 

curé en 1664. 

Bulletin de la Commission diocésaine. — 8' année. 11 



1664. J. LaDDuzel, sous-diacre en 1664, prêtre de 

1668 à 1680. 

1664. Gilles Le Foll, sous-diacre en 1660, prêtre en 
1665, curé en 1671, annataire en 1677, 

1665. Guill. Caugant, diacre en 1660, prêtre en 1663, 
annataire en 1677, curé jusqu'en 1716. 

1668. Alain Le Guillou, prêtre et cuté. 

1670. François Jac, prêtre. 

1670. Noël Bureau, prêtre en 1662, annataire en 1670. 
1682. Alain Caugant, prêtre. 

1671. Yves Poher, prêtre de 1671 à 1704. 

1672. Yves Coz, curé. 

1704. Jacques Cornée, prêtre en 1704, curé de 1719 

à 1734. 
1704. Jean Le Grand, prêtre de 1704 à 1726. 

1724. Joseph Le Floch, curé d'office de 1724 à 1723 

et curé en 1725. 
1721. René de Penandref, prêtre. 

1728. Michel Le Grand, prêtre en 1728, curé de 1734 

à 1737. 

1728. J. Arhan, curé eu 1728, curé d'office en 1730. 

1729. A. Dréau, prêtre. 

1732. F. Cloarec, prêtre de 1732 à 1733. 

1732. Alain Hemery, prêtre de 1731 à 1737. 

1750. F.-J. Le Foll, prêtre de 1750 à 1773. 

1758. J. Guéguen, prêtre. 

1759. A.-C. Guillou, prêtre de 1759 à 1762. 
1761. G. Le Foll, prêtre de 1761 à 1768. 
1765. Ch. Le Ru, prêtre de 1767 à 1784. 
1767. J. Le D'hervé, prêtre. 

1773. Math. Gouézec, prêtre, curé de 1773 à 1792. 

1779. A. Kerdanet, prêtre. 

1780. (i. Labbé, prêtre. 
1783. P.-J. Le Floch, prêtre. 



— 163 - 

1787. G. Henry, prêtre. 

1791-1793. J.-P. Rohou, prêtre. 
1808. J. Liziard, prêtre. 



1825. 


Cariou, vicaire. 


1825. 


Séven, 


id. 


1830. 


Kerrest, 


id. 


1845. 


Fagot, 


id. 


1847. 


Glévarec, 


id. 


1857. 


V. Guéguen, 


id. 


1875. 


S. Guéguen, 


id. 


1878. 


H. Salaun, 


id. 


1880. 


A. Jçoueo, 


id. 


1883. 


Kerbrat, 


id. 


1884. 


Bacon, 


id. 


1885. 


Pichon, 


id. 


1885. 


Colin, 


id. 


1889. 


Le Bras, 


id. 


1893. 


Keruzec, 


id. 


1893. 


P. Jaouen, 


id. 


1894. 


Betrom, 


id. 


1896. 


Saillour, 


id. 


1896. 


Baron, 


id. 


1905. 


J.-L. Lharidon, 


id. 


1906. 


J.-M. Danzé, 


id. 



BÉNÉDICTION DE ClOGHES 

(( Ce jour 21« de Septembre 1627, a été faite la cérémo- 
nie et bénédiction de deux cloches en Téglise paroissiale 
d'Edern, par noble et discret messire Guillaume Tanguy, 
recteur de la dite paroisse, et ont été parrains et marrai- 
nes scavoir : de celle de Téglise paroissiale, Escuier Fran- 
çois Hyacinthe de la Fruglaye, chevalier seigneur de 



- 16i — 

Kersner, de Bohineau et autres lieux, et haute et puis- 
sante Marie Magdalaine Guillaume, dame de Pennandreff 
et autres lieux ; et celle de Saint-Symphorien par Escuier 
Pierre Tanguy, sieur de Yobezan, et Anne Henriette 
Françoise de Rougeart, dame de Kerguellen, Keranroch, 
etc. Celle de l'église paroissiale nommée MaHe-Renée, et 
celle de Saint-Symphorien, Marie- FrançoUe, El ont signé, 
les dits jour et an que devant : 

(( Marie Magdalaine Guillaume ; Anne Henriette de 
Rougeart ; Katherine Kerguellen ; Jean Baptiste de Pen- 
nandreO ; Hyacinthe de la Fruglaye ; René de Pennan- 
drefî ; François de Keroudault ; Kerguellen ; F. Tanguy ; 
Pierre Coz. » 

« Le l®*" jour de May 1650, je soussigné recteur de la 
paroisse d'Edern, certifie avoir bénict la cloche Rohine 
Françoise d'Edern, nommée par Messire François de Ker- 
guellen, seigneur de Dréverz, le Mez, Kervern, etc., et 
dame Robine de Kernezne, dame de Kerlean, etc. ; et a 
assisté le seigneur de Kerlean, etc. Fait le dit jour et an 
que devant. 

« Hervé Le Roux, recteur ; F. Kergadalen ; René de 
Kerlean ; Guiriec, prêtre. » 

« 

(( Le 15« Aoust 1735, a été faicte la cérémonie de la bé- 
nédiction de la cloche de N.-D. de Lannien, par Noble 
Messire François Hyacinthe de la Haye, archidiacre, cha- 
noine officiai et grand vicaire du diocèse de Quimper, 
laquelle a été nommée Marin Hyacinthe par Escuier Joseph 
Marie de la Fruglaye et seigneur de Kerzèvet, dame Marie 
Hyacinthe de Robily, femme de escuier Joseph Louis de 
Tréouret, seigneur de Kerstrat. (Et ont signé.) » 



- 165 - 

(( Je qui soussigné certifie que ce jour 2^ de Juillet, 
l'an 1674, a été bénite Marie et Renée de 8^ Ouenolé en 
réglise treviale de Guellevain paroisse d*Edérn, et a été 
nomé par Escuyer René de Penandref, Seigneur de Kerans- 
troet, Kermados, Labouziëre, Kerdern et autres, et par 
Haute et puissante dame Marie de Penancoat, dame et 
vicomtesse de la Gabtière, proprietairesse de Herrez et 
seigneries de Trohanet, Keramote la Tour et S^ Laurens 
et autres lieux, compagne de Messire Jean Trossier, sei- 
gneur chevalier vicomte de la Gabtière, Saint Brieux, le 
Pommerays et autres lieux. 

(( Ont signé : Marie de Penandref ; René de Penandref ; 
Jean Troussier ; Louise Troussier ; Robine de Kerrou- 
dault ; François de Kerroudault ; Jac prêtre ; Claude Le 
Saux ; Hyac. de la Haye, chanoine arch., ofHcial et vicaire 
général ; Hyacinthe de Robian de Kerstrat ; Le Borgne de 
Kergus ; Joseph Marie de la Fruglaye de Kerrest ; Maurice 
de Trémarec ; Marie de Kerzevez ; du Treoufent de la 
Boixière ; Thérèse de Livec ; Ch. L. de PennandrefI 
Keranstroet; Ch. de Pennandreff ; J. L. de Treouret de 
Pennandref! ; Kerguellen Trémarec ; Toulancoat, recteur. » 

(( Le onzième d'Aoust 1710, a été bénie en l'église tre- 
viale de Guelevin une cloche pour servir à la dite église, 
par Yves Poher, vicaire d'Edern, laquelle cloche a été 
nommée Anne. Parrain haut et puissant messire Jean 
Baptiste de Penandref, seigneur de Keranstraet, de la 
Bossière, de Kerdiren et de Kermadau et de plusieurs 
autres lieux, et marraine dame Anne de Kervivart ; et ont 
signé ceux qui savaient signer : 

(( Anne de la Roche ; Anne Josephe de Tréanna ; Kerans- 
troet de Penandref ; M. M. Moricette de Penandref ; Marie 
Anne Thérèse Gellot ; de Keranstroet le fils ; V. de Kera- 
doré ; Y. Poher, prêtre. » 



— 166 



Église paroissiale 



Cette église a été reconstruite, presque en totalité, dans 
les années 1887-1888. On n*a conservé de l'ancien édifice 
que les parties qui étaient de bon style et qui offraient 
des garanties de solidité; savoir : la façade Ouest avec* 
quelques mètres du mur du bas-côté Sud ; Tabside et la 
sacristie, qui a été surélevée d*un étage (1). 

Le portail Ouest est franchement gothique, des pre- 
mières années du xvi^ siècle, avec porte à profond ébra- 
sèment composé de nombreuses moulures, le tout cou- 
ronné par une contre-courbe à crosses végétales ; contre- 
forts entourés de bandeaux-larmiers et surmontés de 
pinacles maintenant découronnés; lesrempants du pignon 
sont également hérissés de crossettes végétales et ont pour 
amortissement dans le bas un chien et un lion faisant 
office de gargouilles. 

Sur le haut de cette façade se dresse un clocher du 
XVII® ou du XVIII® siècle, entouré d'une galerie saillante à 
balustres, portée sur des corbeaux en doucine ou grands 
modillons. Au-dessus est un double étage de chambres 
de cloches, et, pour couronner le tout, un dôme un peu 
écrasé, accosté de quatre pinacles octogonaux et sur- 
monté d*un lanternon. Ce couronnement appartient à la 
famille des clochers de Laz, Châteauneuf, et ancienne 
chapelle de N.-D. des Portes, etc. 

L'abside a ses angles appuyés par des contreforts dont 



(1) Le samedi 22 Février 1812, le tooDerre tomba sur l'ôglise, emporta 
reiirémité du clocher, une des graoies vitres fut brisée et jetée de 
l'autre c6lé do Tégiise, le toit de la sacristie euleTé. 



— 167 - 

les bandeaux, les moulures et les couronnements accu- 
sent le XVII® siècle ou le xviii«. 

Sur la partie inférieure de la sacristie on lit cette ins- 
cripUon : M : G : CAVGAN . CVRE . 1711 

A : NEDELEC . FAB . 
Nf: Y: POHER: VICAIRE 

Au porche, la porte d'entrée a tous les caractères de la 
fin du XV» siècle ; elle a été prise au portail Ouest de la 
chapelle de Saint-Maudet, qui se trouvait en ruine lors 
de cette construction. L'ébrasement et Tare des voussures 
sont composés de quatre colonnettes et nervures, entre 
lesquelles montent deux guirlandes de feuilles de vigne 
et de chardon. Cette entrée est encadrée de deux pilastres 
prismatiques et d'une contre-courbe saillante à feuillage. 
Les crossettes qui ornent le gable, ainsi que celles des 
rampants des fenêtres et du transept, proviennent égale- 
ment de la vieille chapelle de Saint-Maudet. 

A l'intérieur de l'église, aux côtés du maître-autel, sont 
deux statues anciennes remarquables : 

1. — Saint Edern, le Patron, représenté à cheval sur 
un cerf, vêtu d'une robe d'ermite et d'un manteau à capu- 
chon, tenant de la main gauche un livre ouvert et de la 
droite un bâton à potence. Il est ainsi figuré à cause de 
l'épisode du cerf poursuivi par un chasseur, qui se réfu- 
gia à ses pieds pour se mettre sous sa protection, dans 
son ermitage de Lannédern. La môme représentation se 
trouve dans ses églises de Lannédern et de Plouédern, et 
dans un vitrail de l'église de Plqgonnec. 

2. — Saint Maudet, statue venant de son ancienne cha- 
pelle. Il est vêtu de la chape, avec mitre et crosse ; les 
orfrois de la chape et les bandeaux de la mitre ornés de 
grands et petits cabochons. 

Dans le transept Nord est un grand tableau du Rosaire, 
ayant les quinze médaillons des mystères entourés de 



— 168 — 

guirlandes de roses. C'est un tableau votif qui se trouvait 
précédemment à la chapelle de Lannien, voisine du châ- 
teau de la Boixière, et qui fut donné par un seigneur de 
ce château. C'est ce qu'explique une légende inscrite dans 
le bas : 

VŒVfait par Messirejean baptitte de pennandref chevalier 
Seigneur de Keranstret en reconnaissance du bienfait qu'U 
avait reçu en passant le passage de Brest à Lanvéau au U 
tomba, ayant invoqué la Sainte Vierge qu'on invoque dans 
ce Saint-lieu il sentit comme une planche ferme sous les 
pieds, les mariniers après une lieu de route retournèrent le 
chercher, layant trouvés crièrent MIRACLE en 1706. 

Philippe pxii 1706. 

L'événement qui a donné lieu à ce vœu est représenté 
dans la partie inférieure du tableau, entre saint Dominique 
et sainte Catherine de Sienne : Sur la mer, une barque 
avec voile, dans laquelle sont deux seigneurs ou gen- 
tilshommes portant costume rouge du temps de Louis XIV, 
un marinier qui est à la barre du gouvernail, un autre 
qui fait la manœuvre et un troisième penché sur le bord 
pour retirer de Teau qn troisième gentilhomme, costumé 
de la même façon que les autres, lequel est sur le dos 
surnageant sur la mer et tenant son chapeau de la main 
gauche. Dans le fond, à droite, on voit le château de Brest, 
avec ses tours à terrasses crénelées, mais dépourvues de 
leurs toits à poivrières, qui avaient été déjà enlevés par 
Vauban. En face, à gauche, est une autre sorte de forte- 
resse, Bastille de Quilbignon ou Tour de la Motte- Tanguy, 
A Tarrière-plan est un amas de maisons avec une église 
à clocher gothique : église des Sept-Saints. 

Entre les deux panneaux de l'inscription votive se 
trouve un cartouche surmonté d'une couronne comtale et 
encadrant quatre blasons, mais dont l'un est répété : 



— 169 — 

1 et 3. D'argent à 2 étoiles de gueules en chef sur crois-' 
sant de même en pointe. — Armes des Penendrefl. 
2. D'argent à la tour de gueules. 
4. D'azur à 3 bandes d'argent. 



Extrait des délibérations d'Edern 

pendant la période révolutionnaire. 

L*aQ 1793 an II de la République française, le 20 Jan- 
vier. Nous Officiers municipaux et notables de la com- 
mune d'Edern, réunis au lieu ordinaire de notre séance, 
le procureur de la commune se leva et nous dit que plu- 
sieurs des citoyens l'avaient prévenu que c'était inter- 
rompre la loi de rester sans prêtre et sans fréquenter le 
très saint sacrement, par conséquent nous vous prions, 
Messieurs les Administrateurs du département du Finis- 
tère d'avoir la bonté de nous faire avoir au moins deux 
prêtres, un pour la paroisse et l'autre pour servir à la 
trêve de Gulvein. Et nous nous contenterons de ces deux 
jusqu'à ce qu'il vous soit plus facile de nous accorder 

d'autres. 

Louis Le Grand, maire. 

Le 27 Pluviôse l'an II de la République une et indivisi- 
ble. Nous Officiers municipauxd'Edern réunis... pour fixer 
la descente et le transport de 12 cloches que nous avons 
fait transporter au district de Ville sur Aulne, avons fixé 
transport des dites cloches à la somme de 45 livres ; pour 
la descente à la somme de 35 livres. 

Le 14 Pluviôse l'an II de la République française, une 
et indivisible. Nous, Maire et Officiers municipaux d'Edern 
assemblés,., pour procéder à l'inventaire de l'argenterie 
de nos églises nous avons trouvé à l'église paroissiale 



— 170 — 

rendus par les fabriques des autres chapelles : une croix 
d'argent pesant 12 livres ; une autre croix de pommettes 
d'argent pesant 5 livres ; 4 chandeliers en argent pesant 
9 livres, 2 calices avec 2 patelles, une assiette avec 2 bu- 
rettes pesant ensemble 9 livres, lesquels nous avons ren- 
dus au directoire de Ville sur Aulne ci devant Chateulln 
suivant la loi et les ordres du dit directoire par lesquels 
nous avons été forcés. 



Chapelles 
70 Notre-Dama de Lannien. 

Cette chapelle, située à 1 kilomètre au Sud du bourg, 
devait dépendre du château de la Boixière dont elle est 
voisine. Elle a presque les proportions de Téglise parois- 
siale, mesurant 29 mètres de longueur totale à Textérieur, 
et entièrement bâtie en pierres de taille. 

La façade Ouest semble être du xvii«oudu xvin® siècle, 
ayant une porte à plein cintre encadrée de pilastres et 
d'un entablement doriques, et surmontée d'une niche de 
même style au-dessus de laquelle est un écusson fruste 
puis une croix. Le clocher esl une reproduction exacte 
de celui de Téglise paroissiale, comme disposition et 
comme dimension. 

La façade Midi, qui n'a pas de bas-côté, et le transept 
qui y fait suite, ont une ordonnance assez magistrale et 
appartiennent à la fin de la période ogivale. Le mur Sud 
est percé de deux portes, dont une assez singulièrement 
moulurée, puis d'une petite baie trilobée et d'une fenêtre 
flamboyante à un meneau. La porte Ouest du bras de 
transept a dans son ébrasement quatre colonnettes à 
chapiteaux feuillages, continuées par des tores formant 



^ ili - 

Togive, le tout encadré par des pilastres prismatiques 
portant pinacles aigus et contre -courbe à crossettes et 
chou de couronnement. 

La fenêtre du pignon de ce transept compte trois baies 
et trois soufflets à redents, celle de Tabside quatre baies 
et cinq soufflets simples. Cette fenêtre contenait autrefois 
une belle verrière qui a maintenant disparu. 

À rintérieur, on trouve une belle nef, avec bas-côté au 
Nord et un assez vaste transept au Sud. Les piles qui 
séparent la nef du collatéral ont une section en forme de 
losange et ont leurs faces découpées de sortes de canne- 
lures qui se continuent dans les arcades. Cette moulura- 
tion est très fine et très soignée. Vers le milieu est une 
pile beaucoup plus forte, portant un arc triomphal, sur 
lequel a dû exister un campanile central, avant que fût 
bâti le clocher actuel. 

Dans l'abside, le bas-côté Nord et le transept Sud, sont 
trois autels en pierre dont les tables en granit reposent 
sur des massifs en simple maçonnerie de moellon. Près 
de ces autels sont trois piscines, dont deux ornementées 
de crossettes et de feuillages. Au bout du maître-autel, 
côté de TEvangile, est une armoire-tabernacle. 

Statues en vénération. — A l'abside : Notre-Dame de 
Lannien (N-D. de Pitié), assise, tenant sur ses genoux le 
corps inanimé du Sauveur. — Sainte Aune, debout, ayant 
devant elle la petite Sainte-Vierge, tenant un livre ouvert. 

A l'autel Nord : Saint Sébastien, percé de flèches ; sta- 
tue en pierre blanche de m. 90. 

Au transept : Saint Fiacre, en pierre blanche, avec 
bêche et livre. 

Sainte Claire (?) tenant maintenant à la main une petite 
branche de vigne, mais devait porter autrefois un ciboire 
ou un ostensoir. 

Dans le pavé de la nef, près du chœur, est une pierre 



— 1^2 — 

tombale portant deux blasons frustes accolés, puis une 
inscription en grande partie usée : 

lANNE DE 

PENANDREF 

DECED ,.,.^ 



Au côté Midi de la chapelle, sur le placltre planté de 
beaux arbres, est une croix de granit portée sur un mas- 
sif triangulaire, mesurant 2 m. 10 de côté, entouré d'un 
banc en pierre et d'un soubassement à moulures du 
XY^ siècle, et surmonté d'un larmier et glacis de même 
style. Sur le croisillon sont Notre-Dame et saint Jean ; 
sur Tautre face, Notre-Seigneur assis, montrant ses plaies, 
accompagné de deux anges portant les instruments de la 
Passion : colonne, fouet, croix et clous. 

(( Le 9 Novembre 1784, a été inhumée à.Lannien, damé 
Radegonde de Penandreff, veuve de Messire René Bail- 
lard Descours, chevalier seigneur d'Arguemont, ancien 
lieutenant des vaisseaux du Roy et chevalier de Tordre 
royal et militaire de Saint-Louis. 

(( Signé : Chevalier, recteur de Briec ; 
MmRiEL, prêtre ; Rolland, prêtre ; 
A. Le Roy, recteur d'Édern. » 

20 Notre-Dame du Niver. 

Cette chapelle est le centre d'une grande dévotion, et 
son pardon, qui se célèbre le jour de la Pentecôte, est fré- 
quenté par un chiffre moyen de 6.000 pèlerins. Dans les 
temps anciens, c'est Notre-Dame de Lannien qui était le 
pèlerinage en vogue ; mais pour des causes que nous igno- 
rons, le concours des fidèles diminua ou cessa presque 



— 173 — 

complètement, pour se porter à Notre-Dame du Niver. 
C'est pour cette raison, sans doute, que la chapelle primi- 
tive, trop petite, fut remplacée à la fin du xviii* siècle par 
la chapelle actuelle, assez vaste, mais encore insuffisante 
pour recevoir la foule immense qui accourt au pardon, et 
force a été de construire un abri ou oratoire pour chanter 
la grand'messe, au^bord d'un vaste champ où toute cette 
multitude peut se masser pour assister à l'office. 

La date de 1788, sculptée au-dessus de la porte Ouest 
de la chapelle, doit-elle nous renseigner sur l'époque de 
la construction du clocher de l'église et de celui de Notre- 
Dame de Lannien ? Le clocher du Niver, en effet, est 
absolument dans la même donnée, un peu moins impor- 
tant, il est vrai, n'ayant qu'un seul étage de chambres de 
cloches, mais offrant dans le dôme de couronnement plus 
d'élancement et d'élégance. 

La porte principale, qui se trouve sous ce clocher, est 
assez richement ornementée ; elle est encadrée de deux 
pilastres carrés portant un entablement et un fronton à 
volutes, au milieu duquel se trouve, sur un cartouche 
rond, la date de 1788. Plus haut, est une niche à coquille 
dont le dais en lanternon est surmonté d'un petit Christ 
ressuscité, à manteau très flottant. 

La chapelle se compose d'une nef, de deux branches de 
transept assez saillantes et d'une abside à pans coupés. 
Les murs sont en belles pierres de taille et offrent bien le 
caractère sobre et un peu froid de l'époque : pour toute 
ornementation, une petite saillie formant pilastres sur les 
angles et bandeaux d'encadrement autour des portes et 
fenêtres. 

A l'intérieur, même sobriété : murs nus, lambris en 
bois formant berceau, en tout quatre fenêtres, deux aux 
bouts du transept et deux à l'abside. La longueur totale est 
de 16 m. 23, la largeur de la nef, 6 m. 45, et celle du 
transept, 14 m. 25. 



- 174 - 

Nous y trouvons seulement quatre statues : 

1. — Notre-Dame du Ni ver, retouchée et repeinte très 
richement, genre Munich. L'Enfant-Jésus, vêtu d'une 
robe longue, cherche le sein de sa Mère. 

2. — Du côté de l'Epttre, une sainte toute maigre, tète 
découverte et tenant un livre, que l'inscription récente 
peinte sur le socle désigne sous le nom de sainte Margue- 
rite, mais qui porte sur sa base l'inscription ancienne : 
NTRE . DME . DE . REGORH, N.-D. de recours (?) de 
réconfort (?). 

3. — Saint Sébastien, percé de flèches. 

4. — Sainte Apolline, tenant livre et tenailles. 
Au-dessus du maitre-autel, est un tableau représentant 

l'Assomption : la Sainte Vierge comme soutenue par deux 
anges. 

Notre-Dame du Niver est invoquée particulièrement 
par les mères de famille, pour avoir une bonne délivrance, 
et aussi par les malades qui souffrent de plaies et de 
rhumatismes. Voilà pourquoi on voit dans la chapelle, 
comme ex-voto, des enfants et des membres en cire, et 
aussi bon nombre de béquilles. 

Au pignon d'une maison voisine, est fixée sur une con- 
sole une statue en pierre de Notre-Dame, ayant le carac- 
tère du xvi« siècle ; c'est l'image qui était en vénération 
avant celle qui se trouve maintenant dans le sanctuaire. 



3^ Saint- Jean Bot- Lan. 

Sant Yann-bodlan (buisson d^ajoncs) est située sur le 
plus haut plateau de la paroisse d'Edera, à la cote 226 
mètres d'altitude, et du vaste placitre qui Tentoure oa 
jouit d'un panorama superbe. Cette chapelle appartenait 
aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, et d'elle 



— 175 — 

dépendait le moulin du Temple, qui se trouve dans le 
vallon, au pied de la montagne, sur le bord Nord de la 
route de Châteauneuf, ainsi que la petite chapelle de 
Itroun- Varia-an- Templ, qui l'avoisinait et dont il ne reste 
plus trace, sinon la fontaine, Feunteun Varia, existant 
toujours, mais dépourvue de tout édicule et de tout 
ouvrage de maçonnerie. 

La chapelle de Saint-Jean est un important édifice, 
mesurant 23 mètres de longueur extérieure, presque entiè- 
rement construit en pierres de taille, sauf le bas-côté 
Nord, où Ton trouve du moellon de schiste disposé en 
assises assez régulières. Le caractère général indique le 
commencement du xvi® siècle. 

La porte principale du portail Ouest, de style gothique, 
est entourée de moulures prismatiques, et accompagnée 
de deux pilastres ronds ornés de losanges en creux, se 
continuant au-dessus des chapiteaux en pinacles et en 
contrecourbe de couronnement avec crossettes et chou. 
Le clocher qui surmonte cette façade est très élégant, se 
composant d'une chambre de cloche et d'une flèche élan- 
cée, ornée à sa base de gables aigus et de pinacles. 

Les deux portes du côté Midi et du transept sont dans 
le môme genre que celle du portail, mais un peu plus 
petites, et ayant leurs pilastres de forme prismatique. 

Celle du transept a de petits chapiteaux feuillages. Au 
delà du transept, est une sacristie octogonale, avec foyer 
et cheminée. Près de la façade Midi se dresse une tige de 
croix toute hérissée de bosses, mais il ne reste plus au 
haut qu'une Notre-Dame de Pitié très fruste ; les autres 
débris se voient à l'intérieur de la chapelle : Christ, Notre- 
Dame et Saint- Jean, Ecce-Homo, la Madeleine et une 
autre Sainte-Femme. 

Intérieurement, la chapelle se compose d'une nef, large 
de 5 mètres, qu'un rang de piles octogonales formant 



- 176 - 

quatre travées sépare d'un unique bas-côté Nord, large 
de 2 m. 38. Plus loin, sont deux branches de transept et 
une abside droite, enfoncée seulement de 1 m. 50. La 
longueur totale de l'intérieur est de 21 mètres. 

Dans le sanctuaire et les bras de transept, sont trois 
autels en pierre ; deux autres, plus petits sont adossés à 
la pile et au pilastre qui terminent la nef ; sur l'un de ces 
petits autels, côté Midi, sont déposés des ex-voto assez 
étranges, une soixantaine de galets roulés, galets de mer 
ou de rivière, ou provenant de monuments mégalithiques, 
cailloux de toutes dimensions, de tous grains et de toutes 
couleurs, et avec lesquels les pèlerins se frottent les yeux, 
tout comme à Saint-Jean-du-Doigt ils se font imposer le 
Doigt du saint Précurseur, et comme à Saint-Jean de 
Plougastel-Daoulas ils s'appliquent sur les yeux le fac- 
similé d'œil en cristal, enchâssé dans de l'argent et fixé 
par une chaînette à la statue du saint Patron. A la cha- 
pelle de Saint-Symphorien de la même paroisse d'Edern, 
on trouve aussi une dizaine de galets analogues, mais 
leur attribue-t-on également des vertus curatives ? 

Le maître-autel est couvert d'un revêtement en bois 
assez bien travaillé ; les gradins, le retable et le taberna- 
cle sont ornés d'arabesques, colonnettes, niches, et sta- 
tuettes du xviP siècle, fort bien sculptées. Dans un pan- 
neau du retable on voit un petit blason portant d'argent à 
2 étoiles de gueules en chef et 1 croissant de même en pointe, 
qui est de Penendreff. 

Aux côtés de cet autel, dans des niches ressemblant à 
de petites armoires d'horloges, sont les statues de : 

Notre-Dame d'Espérance, Vierge-Mère couronnée ; 

Saint Jean, à chevelure et barbe longues, tenant un 
disque surmonté d un agneau, qu'il montre de la main 
droite. Il est vêtu d'une peau de bête, dont on voit la tête 
et les pattes. 



^ 177 - 

Les autres statues de la chapelle sont : rEcce-Homo; — 
Saint Edern, à cheval sur un cerf ; — Saint Hervé, tenant 
un livre, et ayant h ses pieds un loup bridé. 

Dans le petit réduit du bas du collatéral, sont relégués 
un Ecce-Homo et un saint Sébastien. 

La maîtresse vître, au-dessus du maître-autel, conserve 
encore une partie de son ancienne verrière. Le bas des 
panneaux a disparu, mais on peut reconnaître les trois 
scènes représentées : 

1. — Saint Jean baptisant le Sauveur. 

2. — Le bourreau décapitant saint Jean et remettant sa 
tête à Salomé. 

3. — Hérodiade perçant la langue du Précurseur avec 
un stylet. 

Le couronnement de ces panneaux se compose de dais 
et pinacles gothiques. Dans les soufflets, les blasons sont 
frustes et méconnaissables, mais on lit encore sur deux 
banderoles latérales cette inscription : Ecce Agnus... 

Dans les soufflets de la fenêtre du transept Sud, sont 
conservés deux écussons composés : 

Ecartelé aux 1 et 4 d'or à 3 croissants de gueules, qui 
est Liziard, aux 2 et 3 d'azur à la quintefeuille d'argent, 
qui est de la Lande. 

Parti d'un coupé d'or aux 3 croissants de gueules, et d'azur 
à la quintefeuille d'argent ; d'azur aux losanges d'argent. 

Dans le soufflet de la petite fenêtre Sud de la nef, est 
un agneau pascal surmonté d'une croix à banderole* 



4^ Saint-Symphorien. 

Cette chapelle est dédiée à saint Symphorien, soldat 
martyr, le même qui est honoré à Saint-Yvi, près Ros- 
porden, et à Paule, près Rostrenen. Elle est distante de 

Bulletin de la Commission diocésaine. — 8* année. 12 



- 178 - 

2 kilomètres et demi du bourg, dans la direction du 
Nord, tout contre le village de Laudivigen. C^est un édi- 
fice assez modeste de 15 mètres de longueur intérieure, 
sur 5 m. 60 de largeur. 

La façade Ouest a une petite avancée en pierres de 
taille, servant de base à un petit clocher à dôme et lan- 
ternon, inspiré de ceux plus importants du boui^ de 
Lannien et du Niver. A l'intérieur, il n'y a que deux sta- 
tues anciennes : 

1. — Saint Symphorien, soldat martyr, vêtu de l'ar- 
mure en fer, cuirasse, cuissards et brassards, avec épée 
suspendue à son ceinturon. La tête est découverte, et ses 
cheveux longs tombent sur ses épaules. 

2. — Sainte Catherine, vêtue d'un manteau et d'une 
robe à collerette, qui monte à toucher son menton. Elle a 
couronne en tête, longue chevelure et tient son épée et sa 
roue. 

50 Noire-Dame de Hellen. 

Elle se trouve à 4 kilomètres au Nord du bourg, dans 
la direction de Gouézec. Les statues anciennes sont : 
Notre-Dame, - un beau groupe triple de sainte Anne, la 
Sainte Vierge et l'Enfant-Jésus, — puis un saint Barthé- 
lémy écorché vivant. 

6^ Saint'Maudet. 

En ruine, à 1 kilomètre au Nord du bourg. La porte 
principale et les pierres ouvragées ont été transportées 
pour être employées dans la reconstruction de l'église 
paroissiale. Après 1 abandon de la chapelle, on a continué, 
selon la vieille tradition, à prendre de la terre sous le 
maître-autel en granit, pour conjurer les afiections de 
jambes, abcès, humeurs froides et tumeurs blanches, 



- 179 — 

qu'on dénomma mol de êaint Maudet (drouk sant Vodet). 
On en a tellement pris que Tautel a été complètement 
déchaussé et a fini par s'ébouler. 

Il reste encore, près de l'emplacement de la chapelle, 
le soubassement triangulaire d'un vieux calvaire, qui 
devait avoir une certaine importance. 

70 Chapelle de Ouîven (Ghtellvain), Saint-Ouénolé, 

Cette chapelle a été entièrement rebâtie en 1880, sur les 
plans de M. Boyer, architecte de la ville de Quimper ; 
mais on a conservé l'ancien clocher gothique, très élégant 
de forme, et la fenêtre à trois baies de l'abside. Les mesures 
intérieures sont : longueur, 13 m. 50; largeur, 5 m. 60. 
Au pignon Nord de la sacristie, on a incrusté un vieil 
écusson timbré d'une mitre et d'une crosse et qui porte : 
écartelé aux 1 et. 4, d*azur à l'aigle d*or accompagné de 
trois étoiles de même ; aux 2 et 3 se voit une colombe d'argent 
portant un rameau d'olivier. Ce sont les armes des deux 
abbés Pierre et Jacques Tanguy, qui ont gouverné l'abbaye 
de Landévennec de 1627 à 1695. 

Les vieilles statues conservées sont : 

1. •— Un saint évéque ou abbé, en pierre, haut de 
2 mètres, en chape, mitre et crosse, la mitre et les orf rois 
ornés de nombreux cabochons. L'inscription assez récente, 
gravée sur le socle, le désigne comme étant saint Guénolé, 
patron ; ne serait-ce pas originairement saint Goulven ? 

2. — Un saint prêtre, barbu, en chasuble, tenant un 
livre ouvert. Le cul-de-lampe qui le porte est soutenu par 
un buste de femme tenant une pomme dans sa main, et 
terminé en queue de serpent. 

3. — Vierge-Mère, xv« siècle, en pierre blanche, hau- 
teur, m. 95, à couronne ornée de hauts fleurons très 



-^ 180 — 

découpés ; elle est un peu hanchée comme les Vierges de 
cette époque. Elle porte sur son bras gauche TEnfant- Jésus 
velu d'une robe et tenant des deux mains une banderole 
déroulée. Dans la main droite elle a le pied d*un lis dont 
la fleur a disparu. 

4. — Saint évoque, xv« siècle, vêtu d'une chape très 
drapée par devant ; il tient un livre, et sa crosse, qui a 
perdu sa hampe, avait une volute feuillagée. 

5. — Abbé en chape, portant crosse et tenant un livre 
fermé sur sa poitrine. 

6. — Autre statue de Vierge-Mère, en granit, de facture 
inférieure, portant sur son socle : ROLAND. F. F., Roland 
fit faire. 

Au bas de la chapelle, est un bénitier portant cette ins- 
cription : 1657 : MI : POVLIQUEN 

Dans le pavé, sont quelques pierres tombales de 1766- 
1768. On continue à enterrer dans le cimetière les gens 
de cette trêve, fort éloignée du bourg. Dans ce cimetière, 
une vieille croix de pierre, mais découronnée, repose sur 
un socle carré, de 2 mètres de côté, entouré d'un banc et 
d'une plinthe moulurée et surmonté d'un glacis-larmier, 
style XV® ou xvi® siècle. 

En dehors de cette enceinte, du côlé Sud-Est, est la 
fontaine de dévotion, recouverte d'une voûte ogivale, en 
pierres de taille. 

Curés de Glellevain 

1621. Philibert Pezron. 

1633-1652. T. Pennanech. 

1652-1633. J. Nicolas. 

1653-1659. J. Jac. 

1659-1661. G. Le Page. 



— 181 - 

1668. A. Le Guillou. 

1661-1663. J. Capitaine. 

1673-1686. Gilles Le Foll. 

1686-1716. Yves Coz. 

1716-1719. A. Dreau. 

1720. L. Benoist. 

1720-1722. Pierre Douérin. 

1722-1723. Henri Jan. 

1724-1734. Vincent Caugant ou Gueguen. — Vers 1730 
(B. 230) une procédure fut engagée contre le S^ Meslou 
de Trégoin pour avoir frappé de son épée M'® Vincent 
Gueguen, curé de Guellevain. 

1740-1761. François Cloarec. 

1761-1770. A. C. Le Guillou. 

1770-1786. Ch. Le Reï. 

1784-1786. Guill. Bernard. 

1786-1792. Kerdanet. 

Guelvain dépendait autrefois de Tabbaye de Landéven- 
nec. On y faisait les baptêmes, les mariages et les enter- 
rements. 

On y chante la messe quatre fois par an : le dimanche 
qui suit la fête de saint Guenolé, patron de la chapelle ; 
le jour de l'Ascension ; la fête de sainte Anne et le diman- 
che qui suit la fête dea Morts. 

Le 8 Février 1636, Messire Pierre Tanguy, abbé com-» 
mandataire de Landévennec, conseiller du Roy, aumô- 
nier ordinaire du seigneur du Guellevain, est parrain de 
Jan de Kergradiou. 

Le 1«' Nivôse an XII (1804) les tréviens de Guellevain, 
demandent un prêtre, car la trêve n'est plus desservie 
depuis la mort de M. Yves Kerdanet. Cette demande d'un 
prêtre desservant ce quartier fut vainement renouvelée 
en 1846 et 1854. 



— 482 — 

A 500 ou 600 mètres de Gulven est UBe petite chapelle 
où Ton vénère iant Véguen, 
Est-ce saint Guénégan ou Conog» ? 

On nous signale une chapelle en ruine dite de Lanarnec, 
probablement sous le vocable de Saint-Arnec, le fonda- 
teur légendaire de Landternec ou Landerneau. 

* 

On lit sur le registre paroissial à la date de 1638, cette 
mention faite par M. Le Grand, prêtre d^Édem, de la 
prophétie suivante qui rappelle celle de NûêtradamuÊ : 

Le 8« jour de Décembre 1627, une pierre tomba dessus 
le clocher de Saint-Mathieu, à Morlaix, à la veue de pla- 
sieurs personnes auquel il estait escript ce qui s'ensuit : 

Un peu avant seize-cent- trente, 
Les vouga à la barbe jausne payront la rante, 
Un beaa Gaston moult besoignera, 
Et la croix ronge de conteur changera. 

Gonde glao bras amou noas a dra sur 
Meur a vonga varvel a dmiUon, 
Hac en on bro a changée stil 
Rac mny e quit cant mil a vresillo. 

Ces vers bretons pourraient se traduire : 

Après la grande pluie, orage dévastateur suivra. 
Plnsienrs seront étouffés, on mourra en masse 

Et le pays changera de face 
Car pins de cent mille quitteront poar gneneyer. 

Maisons nobles 

Bouexiere, S' du dit lieu : d'argent à la croix patiée 
d'aeur, 
PenendrefI, S' de Keranstret et de la Bouexiere : d'ar- 



- 483 - 

gent au croissant de gueules surmonté de deux étoiles de 
même; devise : qu'aucun querelleur n'y entre. 

Thominec, S' de la Boixiere : d'azur à une croix d'ar- 
gent chargée de cinq pigeons d'azur, becqués et membres de 
gueules. 

Monuments anciens <*) 

Menhir de 2 mètres dans le cimetière de Landivigen 
ou Saint-Symphorien. 

Restes d'un dolmen à 50 mètres de la chapelle. 

Pierres amoncelées affectant la forme d'un tumulus à 
100 mètres à TEst de Landivigen. 

Tumulus de 12 mètres de diamètre à 900 mètres à 
rOuest de Landivigen. 

Tumulus sur le flanc de la montagne, à gauche de la 
route allant à Châteauneuf . 

Tuiles et restes romains à la Boixiere. 

Motte dite Ar Santinellou, à Ty-Flean. 



(1) Voir M. do Chatellier, p. 131. 



— 184 — 



GUILLAUME PERRON 

Évèque de Léon < 1489-1472) 



1 

Guillaume Ferron, dont la famille était originaire des 
diocèses de Saint-Malo et de Dol, portait pour armes, 
nous dit M. de Courcy : d^azur à la bande d'argent chargée 
de quatre hermines de sable, le champ semé de billettes d'ar- 
gent sans nombre. Ces armes ont été reproduites par les 
soins de M. de Courcy, dans le porche méridional de la 
cathédrale de Saint-Pol ; mais si ces armes sont celles de 
la famille Perron, ce n'étaient pas celles que portait le 
Prélat, car son sceau, dans les nombreux actes que possè- 
dent les Archives départementales, dressés au nom de cet 
Evêque, figure constamment une fasce accompagnée de 
trois grelots, et ces armes se voient également aux voûtes 
de la cathédrale et au porche dont nous parlions plus haut. 

N'étant encore que dans les ordres mineurs, Guillaume 
Ferron fut nommé archidiacre de La Mée, autrefois du 
diocèse de Nantes, puis ensuite du diocèse de Rennes. 

Elu Evoque de Léon le 20 Mars 1439 (N. S.) il se rendit 
en Italie où il assista aux dernières sessions du Concile 
de Florence et son nom figure parmi les évéques qui, le 
6 Juillet 1439, signèrent le décret d'union avec les Orecs, 
mais en ce moment il n'était encore qu'Evéque élu et sa 
signature est ainsi rédigée : 

Ego Gulielmus electus Leonensis suscripsi. 

Il dut, vers la fin de cette année 1439, revenir prendre 



- 18S - 

possession du siège de Léon qu'il occupa pendant 33 ans, 
d'un épiscopat rempli de contradictions de toutes sortes, 
comme on pourra s'en convaincre par les quelques docu- 
ments qui vont suivre et que nous avons extraits des 
Archives vaticanes. 

Vers 1450-1451, de graves dissentiments surgirent au 
sujet de l'étendue de la juridiction de l'Archidiaconé, 
entre l'Évoque Guillaume et l'archidiacre de Kemenedily, 
Bertrand de Rosmadec, qui porta l'affaire au pape Nico- 
las V ; un procès s'en suivit et il eût été désirable que les 
parties, demeurant en paix, laissent au juge suprême le 
soin de décider la question, mais l'archidiacre prétendant 
que l'Evéque lui en voulait, ainsi qu'à ses ofBciaux, fami- 
liers et serviteurs, et qu'il ne manquait aucune occasion 
de les molester, demanda au Pape de les soustraire à la 
juridiction de l'Évêque pour les prendre sous sa protec- 
tion immédiate, si bien que l'Évêque ne pourrait procéder 
contre eux ni les frapper de censures. 

Nicolas V, croyant mettre fin à ce déplorable conflit, 
écouta la supplique de Bertrand de Rosmadec, et lui 
accorda Texemption qu'il demandait par ses lettres du 
5 des nones de Mai 1452, mais cette mesure, loin de cal- 
mer les esprits, ne fit que les exciter et de graves abus 
s'en suivirent ; en effet, dès que quelqu'un était mécon- 
tent de l'Evêque ou de ses officiers, sous prétexte de 
montrer leur empressement vis-à-vis de l'Archidiacre, il 
se faisait admettre comme employé ou clerc de son offi- 
cialité et ainsi il échappait à la juridiction de TÉvêque et 
à la répression de délits commis. L'Évêque ne manqua 
pas de fdire observer combien cet état de chose portait 
un grave préjudice à son autorité et à son administra- 
tion, et il finit par obtenir du pape Callixte III des lettres 



- 186 - 

abolissant l'exemption accordée par son prédécesseur aax 
employés et familiers de l'archidiacre de Kemenedily. 
Les lettres de Callixte III sont du 4 des ides d'Octobre 
1456, seconde année de son Pontificat. 

Bertrand de Rosmadec ne dut pas être satisfait de cette 
décision, mais il ne put longtemps soutenir la lutte, car il 
mourut en 1459. Malheureusement pourl'Evéque, mourait 
aussi Callixte III qui lui avait été favorable. 

Le nouveau pape Pie II, fut, dès son élévation, prévenu 
contre l'Evéque de Léon, par des rapports calomnieux sur 
sa conduite, si bien que le Souverain Pontife chargea d'une 
enquête à ce sujet, Tabbé de Saint-Mathieu fin de terre, 
l'Archidiacre de Quemenedilly qui n'était plus Bertrand 
de Rosmadec et Bizien Mériadec, chanoine de Tréguier 
(9 Juillet 1359). Sur les entrefaites, Christophe de Coëtivy, 
frère du cardinal Alain, titulaire de Sainte-Praxède, obte- 
nait du Pape, comme l'avait obtenu Bertrand de Rosmadec, 
l'exemption de la juridiction de Tévêque de Léon sur lui 
ses ofiiciers, familiers, prétendant que l'Evêque lui en 
voulait et vexait ses serviteurs de toute manière. 

En 1460, sur une nouvelle accusation, par laquelle on 
dénonçait au Pape la nomination faite par l'évêque de 
Léon comme archidiacre de Quemenedilly d'un Jean 
Drouet, de Nantes, son neveu, qu'il aurait ainsi nommé 
(Camali affectione), le Pape donnait l'archidiaconé de 
Quemenedilly à Alain, de Penmarch, clerc de Léon. 

A toutes ces tribulations, vint s'ajouter contre l'évêque 
Guillaume une entreprise si injuste et si odieuse que le 
Pape, non encore revenu de ses préventions, n'hésita pas 
à la réprouver de la manière la plus sévère. Voici à quelle 
occasion : 

Au mois de Février 1451, une baleine vint s'échouer sur 
le rivage de Léon, dépendant du temporel de l'Evêque. 



- i8l - 

Comine de cootume, elle lui fut adjugée ; elle fut dépecée, 
et la graisse qu*on en retira fut mise dans huit tonneaux 
que Ton déposa provisoirement dans la cathédrale de 
Saint-Pol, mais le Duc apprend la chose et immédiatement 
il expédie à Saint-Pol des cavaliers, des fantassins et des 
archers, chargés de s'emparer de la dite baleine comme 
aubaine appartenant au Duc. Ces gens armés envahissent 
donc la ville, se rendent au palais épiscopal et dans Tin- 
tention de s*emparer de TEvéque, défonoBUt les portes, et 
sans rien respecter, ils s'emparent, non seulement des 
meubles et ustensiles, mais encore des papiers, contrats 
et registres de Tévèché ; ils ne respectent pas l'église 
cathédrale où ils vont saisir les tonneaux de graisse qu*on 
y avait déposés, puis revenant à l'évèché, ils profèrent les 
plus horribles propos contre l'Evéque, défoncent les portes 
de la prison, où un clerc était détenu pour ses forfaits et 
lui donnent la liberté ; mais ils en veulent surtout à la 
personne de l'Evéque. Le concierge ne voulant pas dire où 
il est caché, est littéralement torturé, puis le concierge et 
les chapelains de l'Evéque et ses serviteurs, au nombre de 
vingt, sont enchaînés et conduits prisonniers jusqu'à 
Nantes où ils ne recouvrèrent leur liberté qu'après avoir 
payé rançon. De plus avant de quitter la ville épiscopale, 
ils font publier au nom du Duc, que nul ne pourrait désor- 
mais recourir à la Curie épiscopale, que pour les causes 
concernant les mariages, les testaments et la séparation 
des lépreux, et comme un notaire avait voulu dresser 
procès-verbal contre cette promulgation attentatoire aux 
droits de TEvéque, ces soudards le rouèrent de coups et 
le forcèrent à manger et à avaler l'acte qu'il venait d'écrire 
ainsi que le sceau qui y était attaché, disant bien haut 
qu'ils n'hésiteraient pas à appréhender l'Evéque, alors 
même qu'il serait à l'autel ; enfin, en repartant pour Nantes, 
ils laissèrent des gardes armés chargés de saisir le tem- 



— 188 — 

porel de TEvéque et de le remettre entre les mains du Duc. 

Cependant TEvéque qui s'était caché, profita des ténèbres 
de la nuit pour s'échapper de la ville et éviter la fureur 
et la cruauté de ces forcenés qui mettaient sa vie môme 
en danger. 

Il put se retirer à Angers, où avec Tautorisation de TEvè- 
que, il intenta une action contre le Duc et ses principaux 
complices dans cet acte de violence, à savoir : Guillaume 
Chanum (Chonan ?), Olivier Dubreil, Jean Loret, Pierre Le 
Cozic, Merien Le Cozic, Guy du Faou, Jean Blouet, Thomas 
de Kerasret, Prigent Kerouzeré, Prigenl de Kermellec, 
Jean du Faou, Bertrand de Mareil, enfin TEvéque informa 
le Pape de ces violences inqualifiables. 

Pie II répondit à cette plainte par une lettre datée du 
2 Juin 1461, et adressée à TArchevéque de Tours et à 
TEvéque de Nantes, par laquelle il flétrissait, comme ils le 
méritaient, de tels excès, et chargeait ces prélats d'appeler 
devant eux les délinquants, de s'assurer de la véracité des 
faits, et de les frapper des sentences et des censures qu'ils 
avaient encourues ; mais le Pape prévoyant qu'il ne serait 
ni facile ni prudent pour les juges d'envoyer des citations 
régulières et personnelles à ces accusés, déclarait que ces 
citations seraient suffisamment valables si on se contentait 
de les afficher dans des lieux publics voisins le plus possi- 
ble, des limites du duché de Bretagne. 

Le Duc de Bretagne s'aperçut, sans doute, qu'il était allé 
trop loin; satisfaction fut donnée dans une certaine mesure 
à TEvéque qui revint à Saint-Pol, mais pour y être exposé, 
l'année suivante, à un attentat du même genre. 

Le dimanche 17 Octobre 1462, une troupe de forcenés 
ayant à leur tête, Guy Olivier, Alain Kermelec, Jean 
Keraudi, Guillaume Jacopin, Jean Moinart, Alain Bozec, 
résolus de tuer l'Evêque ou du moins de s'en emparer, 
vinrent mettre le siège devant le palais épiscopal, au son 



— 189 - 

des trompettes, armés d'épées et d'instruments propres à 
réussir dans leur entreprise, ils brisèrent les portes et les 
fenêtres, mais comme malgré cela, ils ne pouvaient péné- 
trer dans le palais, ils escaladèrent le verger de Tévéché 
voisin du couvent des Carmes, et démolissant murs et 
portes, ils envahirent Tévéché où ils demeurèrent plusieurs 
jours et plusieurs nuits, cherchant inutilement TEvêque, 
et s'en vengeant, en détruisant ou pillant ses meubles. 
Mais les plus coupables étaient les seigneurs qui les avaient 
envoyés ou dii moins encouragés dans une pareille entre- 
prise de brigandage, qu'ils avaient poussée au point de 
chavirer des barques remplies de poissons, comme appar-' 
tenant à l'Evêque, au risque de faire périr les pécheurs 
avec leur chargement. 

Cette fois encore l'Evêque réclama près du Saint-Siège 
contre cet attentat, et par ses lettres datées du 1®' Mai 1465, 
Pie II donna commission d'en informer, à l'abbé du Relecq 
et aux chanoines de Tours, Guillaume Ansquer et Olivier 
Goazspern, leur donnant mandat de publier dans les 
églises et lieux publics, où ils le jugeraient opportun, les 
sentences d'excommunication encourues non seulement 
par les auteurs de ces actes odieux, mais contre tous ceux 
qui les auraient favorisés par leurs conseils ou leur pro- 
tection, ordonnant de les éviter jusqu'à ce qu'ils aient 
pleinement satisfait à l'Evêque et réparé les dommages 
causés, notamment aux pêcheurs dont ils ont submergé 
les barques ; que s'ils ne veulent pas se soumettre, il ne 
faut pas hésiter à jeter l'interdit sur les lieux, villes ou 
châteaux qu'ils habitent, les dépouillant eux et leurs en- 
fants, jusqu'à la seconde génération, de toutes les dignités, 
honneurs et privilèges dont ils jouissaient. 

Les coupables au lieu de reconnaître leurs torts, voulu- 
rent donner le change au Souverain Pontife, en déposant 
à Rome une nouvelle plainte basée sur les accusations les 



— 190 — 

plus calomnieuses contre TEvèque de Léon, si bien que 
le 1»' Mai 1463, date de la lettre contre les attentats commis 
dans révéché de Léon, le Pape donnait mandat à Tabbé 
de N.-D. de Begar d'informer de la conduite de Guillaume 
Perron et d'examiner si les faits incriminés avaient quelque 
fondement. Mais déjà l'Archevêque de Tours avait rendu 
une sentence favorable à l'Evèque de Léon, qui provoqua 
une sentence définitive du Pape, du 7 Janvier 1464 (N. S.) 
absolvant Guillaume Ferron de toutes les accusations 
calomnieuses portées contre lui, proclamant que ce prélat 
pendant les vingt-deux ans et plus qu'il a gouverné le 
'diocèse de Léon, non seulement a été exempt de blâme 
mais au contraire a été digne d'éloge et bien méritant de 
la sainte Eglise. 

Cette sentence du Pape Pie II ne dut pas arrêter la rage 
des calomniateurs contre Guillaume Ferron, ils essayè- 
rent encore près de Paul II de faire condamner l'Evèque 
de Léon, mais ce fut en vain, et par une bulle du 29 Sep- 
tembre 1469 (1) qui résume dans plus de vingt pages de 
texte toute la procédure instruite contre l'Évéque, le Pape 
confirme la sentence de réhabilitation rendue au profit 
de Guillaume Ferron, par son prédécesseur Pie II. 

11 n'est cependant pas certain que de nouvelles affaires 
n'aient été suscitées contre l'Evéque, après cette justifica* 
tion solennelle de sa conduite, car nous le voyons trois ou 
quatre ans après, entreprendre le voyage de Rome, proba- 
blement pour soutenir la justice de sa cause ; toujours est- 
il que c'est à Rome même que Guillaume Ferron trouva 
le repos, en passant à une vie meilleure, l'an 1472, après 
un épiscopat plein de contradictions et de luttes pénibles 
et qui n'avait pas duré moins de trente-trois ans. 

(l) Arch. Vat. Paul H An VI. Vol. 533. 



191 



RELEVE DE QUELQUES BREFS D'INDULGENCES 

accordées par la Cour de Rome 

à Voccasion de la construction ou réparation dé quelques 
églises ou chapelles dans les diocèses de Quimper et de 
Léon au XIII^ et XIV^ siècles. 

Au diocèse de Léon : 

1371. Réparation de THôpital Saint-Julien de Lander- 
neau. « Reparacionem HospUalis Sancti-Juliani siti in 
capite pontis de Landerneau. » 

1371. Construction de Téglise Saint-Goulven. < Ad fabri- 
cam ecclesie. > 

1371. Construction de l'église Notre-Dame de Lesneven. 
« Ad fabricant ecclesie. » 

1373. Construction de l'église de Guiclan (Ploelan). 
« Ad fàMcam ecclesie. » 

1376. Réparation de l'église de Notre-Dame du Mont- 
Carmel en dehors des murs de Léon. « Ad reparationem 
ecclesie. > 

1381. Indulgences pour ceux qui visiteront la chapelle 
de Notre-Dame de Brelès, dans la paroisse de Plourin. 

1381. Construction (fabrica) de la chapelle de Notre- 
Dame de Porspoder. 

1382. Construction (fabrica) de l'église paroissiale de 
Plourin-Léon. 

Au diocèse de Quimper : 

1290. Indulgences à ceux qui visiteront l'église du mo- 
nastère de Quimperlé dédiée à la Sainte-Croix. 

1291. Indulgences à ceux qui visiteront l'église de Saint- 
Tudi. « Sancti Tudini de Capcavallo. » 



- 102 — 

1367. Réparation de Téglise de Quimper. 

1371. Indulgeoces à ceux qui visiteroat la chapelle de 
Notre-Dame de Roc-Amadour située dans la paroisse de 
Melenac au diocèse de Quimper. c Capellam B. M, de Rupe 
amatoris sitam ititra limites ecclesie de Melenac, Corisop. 
dioces. » 

1371. Indulgences à ceux qui visiteront Téglise de la 
Sainte-Trinité et de Saint-Tudy à Pont-rAbbé. « Eccle- 
siam Sancte-Trinitatis et Sancti-Tudini de Ponte (ibbatis. » 

1371. Construction (fabrica) de Téglise de Saint-Tremeur 
de Carhaix. 

1371. Restauration de 1 église de Quimper. 

1371. Construction (fabrica) de la chapelle de Saial- 
Tudi, en Tile, paroisse de Combrit. « Capellam Beati 
Tudini de instda. > 

1372. Réparation de la chapelle Saint- Yves en Ploban- 
nalec. 

1374. Indulgences pour la réparation de l'église parois- 
siale de Saint-Primael de Quimper. « Ecclesiam parochia- 
lem Sancti Primaelis corisopitensis. » 

1374. Réparation de l'église de Saint-Vinoc, de Ploezinec. 

1382. Indulgences à ceux qui visiteront l'église parois- 
siale de Saint-Primel du diocèse de Quimper. 

1383. Réparation de la chapelle de Notre-Dame sur la 
place Saint-Michel de Quimperlé. « Capellam Béate Marie 
in platea Sancti- Michaelis. » 

1383. Indulgences à ceux qui visiteront la chapelle de 
Notre-Dame de Treferin dans la paroisse de Plouguer. 

Chanoine Peyrox. 



CAUTULAIRE 

DE L'ÉGLISE DE QUIMPER 

(Fin.) 



504. 

LITTERA LICENCIE ARCHIEPISCOPI DE ELIZENDO 

EPISCOPUM (') 

Jeudi -Saint 1290 (n. s.) 



Buchardus Dei gracia Archiepiscopus Turonensis, 
venerabilibus viris et discretis nobis in Christo carissi- 
mis Capitulo Corisopitensi salutem et sinceram in DomiDo 
caritatem. 

Denuntiala Nobis ex parte vestra, per venerabilem 
virura Magistrum Herveum de Donlas Archidyaconum 
de Pocher in ecclesia Corisopitensi vestri et Corisopi- 
tensis ecclesie procuratorem litteratorem destinatum 
morte bone memorie Eveni nuper ecclesie Corisopitensis 
episcopi et petita ut convenit à Nobis licencia elizendi. 

Nos eamdem licenciam tenore presentium Vobis con- 
cedimus rogantes vos in Domino exhortantes quod Deum 
habentes pre oculis providere salubriter studeatis magis 
ecclesie quam persone. 

Valete in Domino Ihesu Christo. 

Datum die jovis apud Larcayum, die jovis ante diem 
ressurectionis dominice,anno Domini M«CC°LXXX nono. 



(1) Gart. 56, ^ 86. Cette pièce a sa place naturelle à la suite du n* 143 
de la présente édition du Cartulaire. 



Bulletin db la Gommission DiocisAiifB. — 8* année. 13 



— 194 



LE PETIT SEMINAIRE DE PONT^CROIX 



I 

Vkm Rocbedreox : Pont-rAbbé et Pont-Croix (1806-1809). 

Au début de la Révolution, il y avait, à Pont-Croix, 
une petite école tenue par l'abbé Marc Quillivic, avec un 
dévouement tel que, par ses soins, plusieurs élèves se 
trouvaient à même, chaque année, de rentrer dans les 
hautes classes du collège de Quimper (1). Cette école dis- 
parut, comme les autres, faute d'élèves et faute de maître, 
car on sait que la Révolution, pour mieux aviver les 
lumières, commença par les éteindre toutes. 

Dans son œuvre de reconstruction, le Premier Consul 
n'eut garde d'oublier l'instruction publique, à ses diffé- 
rents degrés. La loi du 11 Floréal an IV établit que l'ins- 
truction sera donnée, non seulement dans les écoles pri- 
maires, mais dans les écoles secondaires, et l'on entend 
par là des établissements fondés par les communes et les 
particuliers, où l'on enseigne les langues latine et fran- 
çaise. Le gouvernement encourageait l'établissement de 
ces écoles, soit par la concession d'un local, soit par la 
distribution de places gratuites dans Jes lycées, à ceux 
des élèves de chaque département qui s'étaient le plus 
distingués. 

D'autre part, les évêques firent tous leurs efforts pour 
rouvrir les sources depuis longtemps taries des vocations 



(1) € Vis Huoicipale à Pont-Croix. » Bulletin de la Société Archëolo^ 
gique, 1906. 



— 195 - 

sacerdotales. Dans ce mandement célèbre du 10 Janvier 
1807, qui est comme la charte de fondation du Séminaire, 
Mgr Dombideau de Crouseilhes rappelait qu'il ne saurait 
y avoir des prêtres instruits et vertueux, s'ils ne se for- 
ment pas, dès la plus tendre jeunesse, dans des écoles où 
ils puissent faire de bonnes études et puiser une piété 
éclairée. « Le Séminaire, disait-il, ne doit servir qu'à déve- 
lopper leurs talents, en les appliquant à toutes les bran- 
ches de la science ecclésiastique et à affermir leur piété. 
Aussi l'Église de France, dans les jours de sa prospérité, 
avait multiplié les petits séminaires. C'était dans ces 
utiles établissements que se formèrent d'abord ces prê- 
tres respectables qui se montrèrent ensuite avec tant de 
distinction dans leur cours de théologie et avec tant de 
succès dans l'exercice du saint ministère.... » 

Le bienfaiteur du Séminaire, M. Le Coz, curé de Car- 
haix, songea, un moment, à établir, dans sa bonne ville 
deQuimper, une petite école semblable, s'il était possible, 
à celle de Plouguernével. Il fut relativement facile de lui 
démontrer que le Séminaire était l'établissement qu'il 
importait d'abord de bien,constituer; l'Évêque n'en favo- 
risa pas moins la création de petites écoles, en différents 
centres de son vaste diocèse. Celle de Pont-l'Abbé fut une 
des premières à fonctionner, sftus la direction de l'abbé 
Rochedreux. 



* * 



Originaire de Concarneau, René Rochedreux était vi- 
caire de Mahalon, en résidence à Guilers, lorsqu'éclata la 
Révolution. Il refusa de prêter le serment du 26 Décembre 
1790 et fut traduit, une première fois, devant le tribunal 
du District de Pont-Croix, pour avoir déclaré, au prône, 
que les acquéreurs de biens nationaux étaient tenus à 



— 196 — 

restitution (1). Mis en état d'arrestation au château de 
Brest, le 1^' Décembre 1791, il opta, le 4 Août 1792, pour la 
déportation et lorsque les expatriés du Jean-Jacques se 
dispersèrent, il se retira à Compostelle. 

Pendant son séjour en Espagne, l'abbé Rochedreux re- 
cueillit quelques bribes de la langue indigène dont il 
agrémentait ses lettres aux amis, 'mais surtout il dut y 
contracter des amitiés qui, à son retour de l'exil, le retin- 
rent à la Rochelle, où il gagna la confiance de l'évéque 
concordataire, Mgr de Mandolx, qui le fit entrer dans 
l'administration diocésaine et lui confia la surveillance de 
huit communes. Aussi, loin de céder aux instances de 
Mgr André, qui voulait le faire revenir à Quimper, se fît-il 
incorporer au diocèse de la Rochelle. 

Il dut pourtant quitter le pays et rentrer momentané- 
ment en Bretagne, sous la menace du poignard des pa- 
triotes de nie de Ré, d'où il avait fait sortir deux desser- 
vants constitutionnels ; l'un pour cause d'ignorance et 
l'autre pour raison d'inconduite. 

Son ami de Coatpont, nommé curé d'Elliant, à la réor- 
ganisation des paroisses, lui reprocha vivement de n'être 
pas accouru à l'appel de Mgr André. Après avoir vaine- 
ment sollicité la faveur de retourner au milieu de ses 
chers paroissiens de Poullan, il avait, en effet, obtenu qu'on 
y nommât l'ancien vicaire de Guilers. a Malheureux ami, 
lui dit-il, tu es cause que mes chers paroissiens gémissent 
et gémiront peut-être longtemps, sous le gouvernement 
d'un intrus I » M. Rochedreux s'excusa en disant qu'il 
ignorait ces négociations et qu'il avait dû céder aux pres- 
santes sollicitations de Mgr de Mandolx. u Lorsque j'entrai 
dans sa chambre, pour lui communiquer l'ordre de me 
rendre dans mon diocèse, ce saint et savant prélat me 

(1) c CorrespoDdaDce de M. Trôhot de ClermoDt. » Bulletin, 1907. 



— 197 — 

prit la main, en me priant de ne pas me séparer de lui. » 
A peine était-il de retour à la Rochelle,que Mgr de Mandolx 
fut transféré à Tévéché d'Amiens, en Décembre 1804. 
Sans doute, le nouvel évéque, Mgr Paillon, lui témoigna 
]e désir de le garder près de lui ; mais un des grands 
vicaires, « dont le principal mérite est d'être membre de 
l'Académie de la Rochelle», ayant manifesté l'intention de 
réhabiliter le sujet interdit pour cause d'ignorance par 
l'abbé Rochedreux, celui-ci résolut de rentrer dans son 
diocèse d'origine, croyant ne devoir rencontrer aucun 
obstacle à se rendre à Poullan. 

Quelle ne fut pas sa surprise, lorsque M. Frollo, vicaire 
général, lui déclara que M. Dimizit resterait à Poullan, 
parce qu'il avait promis de léguer le presbytère à la pa- 
roisse. M. Rochedreux comprit, dès lors, qu'on attachait 
peu d'importance à son retour dans le diocèse. 

On le chargea pourtant, en 1806, de prêcher le Carême 
à Pont-l'Abbé et de suppléer à l'insuffisance du clergé de 
la ville et des environs, a C'est un fait constant, écrit-il à 
M. Clanche, secrétaire de l'Ëvêché, que le peuple de cette 
commune vit dans une ignorance crasse de la morale et 
de ses obligations. Le peuple était privé, avant la Révolu- 
tion, des instructions de ses pasteurs respectifs, à raison 
de la distance fatigante qui les séparait. Les Carmes 
étaient ses ressources pour l'audition de la messe et pour 
les sacrements. Aujourd'huy qu'il a le bonheur d'avoir 
un pasteur résidant au milieu de lui, il n'est pas plus 
avantagé du côté des instructions. Il est de fait que son 
pasteur, sans doute à raison de sa faible santé, et son 
vicaire, à raison de ses années et de son peu de pratique . 
dans le ministère ecclésiastique, ne peuvent pas se livrer 
à un devoir aussi essentiel. J'ai eu la présomption de 
croire que je pouvais y suppléer... » En effet, pour une 
mission si délicate, il fallait plus de tact que n'en avait 



- 198 — 

naturellement le pauvre vicaire de Guilers, déjà bien bal- 
lotté par les événements. 

Dès le dimanche de Pâques, on lui refuse la satisfaction 
d'expliquer au peuple le mystère de ce grand jour. Il a 
beau multiplier ses offres de services, on ne juge même 
pas à propos de les agréer pour les premières commu- 
nions française et bretonne. Le dernier dimanche d'Août, 
M. Le Moêl et son vicaire convinrent, dans la sacristie, de 
l'ignorance du peuple et des enfants, et le prièrent de 
faire une instruction, sous forme de catéchisme, à la 
première messe. On lui permit de l'annoncer et, le 
dimanche suivant, à la suite du prône, il s'étendit sur 
l'excellence du catéchisme, sur les avantages qui en 
reviennent à ceux qui y assistent et au catéchiste lui- 
même. Hélas I trois jours après, M. le Curé avait changé 
d'avis et le malheureux catéchiste s'écrie tristement : « Je 
me sens accablé de douleur; ]e sommeil se retire de mes 
yeux, les inquiétudes me décharnent entièrement ». Et il 
demande, avec le prophète Jonas, qu'on le jette à la mer. 

Cependant, la petite école qu'il a fondée, entre temps, 
est assez prospère. En Janvier 1807, elle compte quatorze 
élèves, dont trois paraissent devoir être de brillants sujets, 
faisant des thèmes et des versions d'un bon troisième. 

Nommé conseiller municipal, il se propose de détruire, 
dans sa source, l'oisiveté qui règne dans la ville, en enga- 
geant les maisons qui font l'aumône tous les vendredis, à 
mettre, en masse, le montant des aumônes, pour acheter 
du chanvre, le faire filer, en salariant les pauvres à qui 
on le confiera et en faire de la toile dont on habillera les 
mêmes pauvres et leurs enfants. Il désire que la munici- 
palité s'occupe aussi des moyens d'arrêter les suites incal- 
culables et déplorables de l'ivrognerie,, en condamnant à 
une amende les aubergistes qui foulent'^ux pieds les lois 
divines et humaines I 



- 499 - 

L'Administration diocésaine ne lui laissa pas le temps 
de réaliser ces beaux projets ; elle songeait à le pourvoir 
d'une succursale, lorsque M. Kerloc'h, desservant de Pen- 
marc'h, émit le vœu qu'on établît une école dans le canton 
de Pont-Croix, qui fut toujours très fertile en sujets, pro- 
mettant de doter le pensionnat d'une rente de six bois- 
seaux de froment et ne doutant pas que la municipalité 
de cette ville ne fît un sort honnête à l'instituteur. 

# 
# # 

Les démarches n'aboutissent pas. M. Magon, receveur 
à cheval dans les Droits réunis, consent à céder sa maison, 
mais à condition que son propriétaire, M. Cbappuis, le 
dégage de son loyer, et que la municipalité lui procure 
un autre logement. De son côté, M. le Préfet déclare que 
les communes environnantes ne pourront contribuer aux 
frais du nouvel établissement que sous forme de collecte. 
Les conseillers municipaux de Pont-Croix, connaissant 
leurs compatriotes, savent qu'elle ne produira rien. Ils 
préfèrent voir doubler l'octroi de la commune, qui était 
aOermé 1.150 livres, et sont disposés à en référer au Mi- 
nistre de l'Intérieur. 

En attendant une solution administrative^ le 5 Mai 1807, 
six habitants se cotisèrent pour faire à M. Rochedreuxun 
traitement provisoire de 900 livres par an, pour le loger 
et le nourrir, lui et les élèves qui le suivraient de Pont- 
l'Abbé, jusqu'à la Saint-Michel. A cette époque, M. Hignard, 
ayant acquis la terre de Tréfrest, qui appartenait à M. du 
Marhalla, leur céda sa maison, moyennant un loyer de 
300 livres. 

Pont-Croix se vit ainsi doté d'un établissement bientôt 
prospère, au point qu'en Mars 1808, le directeur réclame 
à Monseigneur les 6 livres convenus a pour prix de la 



— 200 — 

victoire grammaticale », et demande à Sa Grandeur de 
lui donner un aide. Il désigne M. Le Nir, du collège de 
.Quimperlé, qui fournira à peine six sujets au diocèse, 
tandis que le collège naissant de Pont-Croix en compte 
déjà vingt-quatre sur quarante-cinq. Au reste, la Munici- 
palité étant incapable d'assurer un traitement quelconque 
à son aide, M. Rochedreux s'offre à lui donner sa pension 
et un logement à son choix, dans la maison qu'il occupe. 
Il n'y avait guère à choisir dans cette maison déjà insuffi- 
sante et le. propriétaire ne veut pas y faire le moindre 
changement pour séparer les classes. 

Le Directeur jette un regard d'envie sur la communauté 
des Ursulines, qui appartenait à M. de Clermont et dont 
la partie principale était occupée par les gendarmes et 
par les quelques religieuses restées à Pont-Croix, depuis 
la Révolution. Mais le propriétaire en demandait un prix 
trop élevé pour les ressources de M. Rochedreux, et bien 
qu'il parut vouloir « s'humaniser » — son petit-fils étant à 
l'école, depuis quinze jours, et sa dame ayant promis 
d'user de toute son influence — , le directeur songe plutôt 
à occuper la capucinière d'Audierne, local plus commode 
et plus agréable, encore qu'il y fallût au moins 3.000 livres 
de réparations, .et que la Municipalité de cette ville ne 
pût assurer la moindre pension, même à un seul pro- 
fesseur. 

Mais M. Lécluse ne consent point à louer la capuci- 
nière. D'autre part, M. de Clermont ne sait quand il 
pourra disposer de la communauté, et M. Hignard mani- 
feste l'intention d'occuper son château. Le pauvre direc- 
teur est d'autant plus découragé, que Monseigneur, en lui 
refusant M. Le Nir, lui proposait un autre collègue qu'il 
ne pouvait accepter. « J'aurais besoin, écrit-il, de quel- 
ques jours de repos pour rétablir ma santé languissante, 
à défaut du bon vin de Porto. » Souvenir d'Espagne î 



— 201 — 

Par un revirement subit, voici qu'Audierne et Pont- 
Croix se disputent l'honneur et le profit d'offrir un asile 
à M. Rochedreux. Le maire d'Audierne, M. Guezno, 
jaloux de procurer à ses administrés l'avantage inappré- 
ciable d'un collège ou d'un petit séminaire, suggère un 
moyen très simple d'acquérir la capucinière : il s'agirait 
d'être autorisé par M. le Préfet à percevoir le sou par 
livre sur tous les contribuables de l'arrondissement : on 
réaliserait, par an, environ 6.000 livres, et l'acquisition, 
l'ameublement et l'entretien de la dite capucinière ne 
seraient point onéreux. M. de Clermont propo3e le même 
moyen d'acquérir la communauté des Ursulines, dont il 
demande 30.000 livres. 

Aucun de ces projets n'aboutit, pour le moment, et la 
situation devient de plus en plus critique. 

Sommé par son propriétaire de déloger dans trois mois, 
cité devant le juge de paix, en paiement d'arrérages dus 
à son aide, le directeur se voit encore menacé de perdre 
ses modestes émoluments, a La Municipalité de cette ville, 
écrit-il h Monseigneur, le 12 Juin 1809, considérant que, 
dans le nouveau collège, le nombre des étrangers excède 
celui des enfants de la commune, vient de prononcer, 
dans sa sagesse, qu'elle ne doit pas me continuer le même 
traitement, à moins de borner mes soins aux élèves de la 
ville. J'ai répondu que je ne pouvais ni ne devais acquies- 
cer à une condition diamétralement opposée à la fin que 
Votre Grandeur s'était proposée en me chargeant de cet 
établissement. Prononcez, Monseigneur, sur ma destina- 
tion I » Il n'en voit pas d'autre que de devenir « pension- 
naire du séminaire » ; le diocèse prenant à sa charge 
l'écolage et l'entretien des enfants qui se destinent à l'état 
ecclésiastique. 

A ce moment, dix élèves seulement devaient aller au 
Grand Séminaire, mais le maître comptait en avoir bien- 



- 202 — 

tôt vingt, et se flattait de les rendre aptes, en deux ans, à 
faire leur philosophie. 

L'abbé Rochedreux ne demandait pas mieux que d*ôtre 
débarrassé des enfants de la ville, qui sont « d'indompta- 
bles lutins ». Il songea même à s'établir au presbytère de 
Plouhinec, que l'on pourrait aménager et réparer, grâce au 
généreux concours de la famille de la Porte Vézins. Aussi, 
est-ce avec un véritable soulagement qu'il écrit de Pont- 
Croix, le 30 I>écembre 1809 : « Je touche enfin au moment 
si désiré de quitter cette commune, pour aller à Meilars. 
Dans cette agréable solitude, mon cœur ne forme que 
deux vœux : le premier, d'y fonder, sous de plus heureux 
auspices, un établissement propre à former des sujets 
pour le diocèse ; le second, de marcher sur les traces de 
mon prédécesseur et de mériter, comme lui, la confiance 
et les regrets du meilleur des prélats. » Et, le 15 Janvier 
1810, secouant la poussière de ses souliers sur le peuple 
ingrat de Pont-Croix, il partit, avec sa petite bande, pour 
la solitude de Meilars. (A suivre.) 



— 203 — 



NOTICE 



^1 C^l 



8Un LES 



PAROISSES DU DIOCÈSE DE QCINPËR ET DE LÉON 

Par MM. PETRON ai AB6RALL. 

(Suite.) 



ELE8TREC 



Ancien nom de la paroisse actuelle du Folgoët. L'église 
d'Elestrec était dédiée à saint Jagu ; mais ayant été abat- 
tue par la foudre, les paroissiens s'établirent, vers le 
milieu du xvii« siècle, dans l'église de Saint-Vellé, à Guic- 
quelleau, qui servit désormais d'église paroissiale, jusqu'au 
moment où, au commencement du xix» siècle, la paroisse 
s'établit au Folgoët. (Voir Folgoët) 



ELLIANT 

(ELQENT, ELJENT, ELYANT) 



La plus ancienne forme du nom de cette paroisse, Elgent, 
nous est donnée dans le Cartulaire de Quimperlé, d'abord 
dans la donation de Bos amand, à la fin du xi« siècle, par 
le comte Alain, où il est noté que cette terre est située sur 
les limites de deux plous : Duarum Plébium, Elgent vide- 



— 204 — 

licet et Fuenant; en effet, Locmaria-an-Hent, ancienne 
trêve d'Elliant, aujourd'hui en Saint-Yvi, se trouve près 
de Logamand, et le même Alain, comte de Bretagne, le 
12 Avril 1107, donnait au monastère de Sainte-Croix de 
Quimperlé la terre de Killicaduc, aujourd'hui Quilligadec, 
en Locmaria-an-Hent, in Elgent Cette terre valait quatre 
mesures ou chopines de miel, quatuor ciathos idest Jiana- 
fat mellis. 

En 1210 (Cart. Quimper, n^ 19), le comte de Thouars, 
en réparation de ses entreprises sur le domaine de rÉvô- 
que de Quimper, promit 60 sous de rente dans la paroisse 
d'Elgent. 

Recteurs d'Elliant, avant le Concordat 

1350. Yves Penboul ; mentionné au Cartulaire de 
Quimper comme ayant fondé son anniversaire à la 
cathédrale. 

1390. Jean de Carvan (Archives vaticanes). 

1394. Alain de Penquelennec ; devient chanoine 
de Quimper à la mort de Rioc de Lestuhan (Arch. 
vat.). 

1405. Jean de Tréanna, recteur et chanoine de Quim- 
per. 

Le 23 Décembre 1433. Lettres du duc Jean V (2.130), 
par lesquelles, a pour les loyaux services que Yvon 
de Tréanna et Jean de Tréanna, son fils, ont laicts 
depuis longtemps, en plusieurs manières, il affranchit 
et exempte en perpétuel, de tous louages et subsides, 
dix estagers des villages de Tréanna, Roch et Penno- 
f guerner, en Elliant. » 

1496. Les archives départementales possèdent un 
rôle des dîmes d'Elliant avec le nom des laboureurs 
qui y sont sujets (6. 319). 



— 205 — 

Le dimanche 18 Septembre 1502, au prône de la 
grand'messe, se présenta noble homme Jean Keredec, 
seigneur temporel de Keredec, de la paroisse d'Elyent, 
qui représenta aux paroissiens assemblés, que, depuis 
longtemps, et du consentement des dits paroissiens, il 
avait fait poser ses armes en signé de noblesse, « armo- 
rum intsrsignia in êignum nofiilitatis, » dans la fenêtre 
de la chapelle de Sainte-Catherine, au' côté septen- 
trional de réglise paroissiale ; or, depuis peu de jours, 
il a appris que des malveillants, ^màlefactoresM, avaient 
menacé de briser ses armes ; aussitôt, il avait obtenu 
un mandement de l'Official de Quimper, défendant de 
commettre cet attentat ; « mais comme vendredi dernier, 
à Taudience de Tofficial, Christophe Mahaut, au nom 
de Philibert et dTvon Le Gall, procureurs de la fabri- 
que, avait essayé, sans le consentement des parois- 
siens, d'arrêter l'effet de la défense portée par l'Offi- 
cial, Jean Keredec vint lui-même demander aux 
paroissiens s'ils retirent le consentement qu'il leur a 
donné d'avoir ses armes en leur église comme par ie 
passé ; sur quoi les paroissiens déclarèrent le trouver 
bon, et défendirent à Yves Le Gall et Philibert Le Gall, 
procureurs de la fabrique, d'inquiéter le S^ Keredec 
dans le maintien de ses armes, comme elles l'étaient 
par le passé ». (Extrait de l'original latin se trouvant 
aux Archives départementales.) 

1529. Louis de Kergoêt ; recteur d'Elliant au com- 
mencement du xvi« siècle, résigna en faveur d'Olivier 
Kermahec, après avoir fondé une chapellenie à élre 
desservie sur le maître-autel de la paroisse par un 
collège de sept chapelains ; tous les jours, un des cha- 
pelains devait chanter une messe répondue et servie 
par les six autres. 
1529-1544. Olivier Kermahec, qui était également recteur 



— 206 — 

de Laz, Langonet, Châteauneuf et Saint-Hernin; il 

mourut le 23 Octobre 1544. 
1544-1549. Jean Chesvin, qui résigna en 1549. 
1573. Décès d'Olivier Rivelen. 

1573. Jean Toulialan, chanoine de Quimper. 

1574. Septembre. Tanguy de Bodigneau, archidiacre 
de Quimper, recteur dJElliant. 

1580. Yves Le Pennée. 

1596. Jean Gauvain. 

1601. Louis Le Madec. 

1602-1605. Jean Séguin, né à Billom, en Auvergne, doc- 
teur en théologie de la faculté de Paris; Mgr de Liscoat, 
évêque de Quimper, layant choisi comme théologal 
lui donna, en 1602, la chapellenie de Saint-Gilles, qui 
se desservait, à la cathédrale, sur l'autel de la Chan- 
deleur, aujourd'hui autel des Trépassés. Il fut pourvu 
également de la paroisse d'Elliant, qu'il résigna le 
23 Janvier 1605, avec réservation d'une pension de 
100 écus sur les revenus de la paroisse. 

M. Ropartz, dans ses Etudes sur quelques ouvrages 
rares de Bretons, nous dit que Jean Séguin est Tauleur 
d'un ouvrage intitulé En attendant mieux, imprimé à 
Nantes, en 1609, par Luc Robert, et d'un livre de con- 
troverse contre Calvin. 

Dans l'épître dédicatoire d'un de ses ouvrages, il dit 
à l'Evéque de Quimper : « Bien que, pour l'occasion 
que vous scavez, je me sois, non sans regret, déchargé 
de cette charge (de théologal), si ne me suis-je pas 
pourtant retiré de votre service et diocèse, que non 
obstant mon absence, je n'y aie perpétuellement le 
cœur ». 11 devint, en 1605, oflicial et prévôt de l'église 
de Guérande. 

1606-1621. Hené Hader, recteur, qui, le 4 Mars 1607, sur 
le registre des baptêmes, après un acte rédigé en latin, 



— 207 — 

trouve bon de traduire son nom breton et signe Her- 
veus Seminatar ; Hader, le semeur. 

En 1612, Textrait suivant des registres ou grefle de 
la Cour et juridiction royale de Conq, Fouenant et 
Rosporden (Arch. dép.), nous apprend que la famille 
de Plœuc était chargée, à raison, sans doute, de son 
alliance avec les Tréanna (Jeanne de Plœuc ayant 
épousé, en 1476, Charles de Tréanna) de payer la rente 
de 60 livres tournois due aux sept chapelains de la 
chapellenie fondée en 1529 par le recteur Louis de 
Kergoet. 

Extrait des registres du greff de la Cour et Juridiction rogalle 
de Concq, Fouesnant et Rospreden, 1612. 

(( Faisant droict au procès pendant en la Cour de 
Concq Foenant et Rospreden entre Missires Hervé 
Le Hader, Pierre Colliou, Sébastien Penglaou, Yves 
Jaouhen, Alain Le Bleiz, Jean Kerrum et Christophe 
Le Gai, prestres demandeurs, d*une part ; 

(( Et Anne-Mauricelte de Goullayne, curatrice de 
H* et puissant Sébastien de Plœuc, son fils, seig' du dit 
lieu, du Tymeur, de Kervegant, etc., deffenderesse, 
d'autre part ; 

(( La demande des demandeurs du 10 Janvier der- 
nier par laquelle, comme chapelains de la chapellenie 
fondée en Téglise paroissiale Dellyant par feu noble et 
vénérable missire Louis de Kergouet, vivant recteur 
du dit Delliant, ils concluent a ce que la deflenderesse 
soit condenpnée leur payer les arrérages ou restaux de 
la somme de 20 escus faisant 60 livres tournoys par an 
pour treize ans et continuer à Tadvenir le payement de 
la dite rente annuellement. » 
1621-1654. Henri Guilloroux, recteur ; c'était, sans doute. 



- 208 — 

le parent du J. Guilloroux, S^ de Penannech, fabri- 
que, dont le nom est inscrit, avec la date de 1660, à la 
partie supérieure, côté Sud, du porche qui est sous le 
clocher. 

Il y a, dans les registres paroissiaux, une lacune, de 
Tannée 1618 à 1632, ce qui ne nous permet pas de dire 
au juste quel fut le recteur qui, de fait, prit posses- 
sion de la. paroisse à la mort de Hervé Hader ; il y eut 
deux compétiteurs qui se disputèrent la paroisse. Ce- 
pendant, dès 1632, avant la conclusion du différend, 
nous trouvons la signature de Henry Guilloroux, rec- 
teur d'Elliant, ce qui nous fait présumer que, dès le 
début, il avait pris possession. Voici à quelle occasion 
s'était élevé ce conflit. 

La paroisse d'EIliant ayant vaqué, le24 Janvier 1621, 
par la mort de Hervé Hader, la nomination du succes- 
seur revenait au Pape, qui avait en Bretagne le droit 
de nommer aux bénéfîces, neuf mois sur douze, dans 
le principe, puis, par concession, six mois sur six à 
l'alternative, c'est-à-dire que si le bénéficier mourait 
en Janvier, le Pape désignait le successeur; s'il mou- 
rait en Février, la nomination appartenait à l'Evêque 
et ainsi de suite à Talternative des mois. Dans la cir- 
constance donc, la nomination du Recteur d'EIliant 
appartenait au Saint-Siège ; mais il arriva que Gré- 
goire XV mourut quatre jours après le Recteur d'EI- 
liant, c'est-à-dire le 28 Janvier, et son successeur, 
Paul V, élu le 10 Février et couronné le 14 Février, ne 
donna la paroisse d'EIliant à Henri Guilloroux que 
le 7 Mars 1621. 

Malheureusement, dans l'intervalle, l'Evéque de 
Quimper, pensant que le droit de nomination du pape 
avait péri par le décès de Grégoire XV, et n'était pas 
transmissible à son successeur, Paul V, désigna, pour 



— 209 — 

recteurd'Elliant, un chanoine de la cathédrale de Quim- 
per, Messire Alain-Gilles du Perron, grand chantre, 
par provisions datées du 24 Février 1621. De là, un 
procès qui dura près de quatorze ans, et qui se termina, 
sans doute, par un arrêt du Grand Conseil, du 8 Octobre 
1634, déboutant Gilles du Perron de ses prétentions, 
d'autant plus que, lors de sa nomination, il n'était pas 
prêtre, « qu'il a d'aultres bénéfices et n'entend l'idiome 
, de la basse Bretagne où est assis le dit bénéfice )> (1). 
Toujours est-il que Henri Guilloroux conserva la pa- 
roisse d'Elliant jusqu'en 1654, qu'elle passa à son neveu 
Pierre Guilloroux, originaire, comme son oncle, du 
pays même. 
1654-1674. Pierre Guilloroux, neveu du précédent rec- 
teur, lui succéda sans contestation. Nous trouvons sur 
les registres la note suivante, qui nous montre en 
vigueur, au xvii« siècle, l'institution des conférences 
ecclésiastiques. 

« Ce jour, sixiesme Juin 1669, j'ai, recteur d'Elyant, 
tenu la conférence de mes prêtres : 

« Dom Jean Laouênan, excusé ; 

(( Dom Jean Aouel, excusé ; 

« Les prêtres de S^ Ivy, deffaut. 

(( Arresté suivant les statuts de Monseigneur de 
Cornouaille que deffense est faicte à tout prestre d'ab- 
soudre les cas réservés dans la bulle des quinze vingt 
aveucles et Hôtel-Dieu, sans pouvoir exprès. » 

Pierre Guilloroux mourut le 3 Décembre 1674. 
1674-1678. Guillaume Bocou; il était chanoine de Quim- 
per, et pourvu de la prébende de Beuzec-Cap-Sizun, 



(1) Les arrêts touchant ce procès, extraits par copie collatioDoée des 
Archives nationales, nous ont été obligeamment communiqués par M. de 
Yilliers du Terrage de Kerminy, auquel nous empruntons isolément les 
extraits âei registres paroissiaux d'Elliant. 

Bulletin de la Comhission niocisAiNB. — 8* année. 14 



— 210 — 

qu'il résigna, en 1674, pour devenir recteur d'EUianl 
et chanoine honoraire. 

1678-1688. Nicolas Gourvinnec. 

Le 16 Février 1688, le registre rapporte l'acle de 
mariage de Guillaume Laurans et de Catherine David, 
célébré par a Noble et puissant Maurice de Tinténiac, 
chevalier seigneur de Tréanna, de Kervatous et autres 
lieux, premier juveigneurdes bannerets de Tinténiac, 
Kenmerch, premier prééminencier de cette paroisse, 
lieutenant de cavalerie, de l'arrière ban du ressort de 
Conq, Fouesnant et Rosporden )). Il signe au registre: 
« Maurice de Tinténiac, prêtre ». 

1688-1708. Jean-Louis de Kervenozaël. 

(( Ce jour premier de Septembre 1710, ont été béni- 
tes et nommées deux cloches, l'une, pesante de 615 
livres, nommée par Messire Sébastien Mahé, chevalier 
seigneur de Kermorvan, et dame Anne de la Roche, 
dame de Kerstrat, parrain et marraine ; et Tautre, qui 
pèse 272 livres, nommée par Messire Louis-René 
de la Marche, chef de nom et d'armes, et dame Anne 
Marie Le Livec, dame de Kerminy ; la première pour 
servir à la chapelle du Rosaire, nommée Marie Anm 
Sébastienne, et la seconde, pour servir à la chapelle de 
S^ Guennel, nommée Anne Louise Guennel, La béné- 
diction faite par Missire Germain Floc'h, prêtre, par 
permission de l'Evêque, en présence de N. et V. Mis- 
sire Jean Louis de Kervenozaël, S^ recteur d'Elliant, 
et des soubsignés : 

(( Anne de la Roche ; Anne Marie Le Live« du Ker- 
miny; Louis René de la Marche; Sébastien Maurice 
Mahé de Kermorvan ; de Kerguern Kermorvan ; Anne 
Josephe de Tréanna ; Suzanne Mahé ; Joseph de 
Treouret ; Kermorvan Mahé le vieux; de LandaDet; 
Dulezlo Le Pappe ; Guillaume Cuhuillic, recteur de 



— 2H — 

Tourch ; René Le Flao, curé d*Elliant; Barbé Philippe, 
curé de Rosporden ; Le Roux, Francès ; Kervenozaêl, 
recteur d'Ellyant ; Germain Floc'h, prêtre. » 
17i2-1726. Goulvin Pervez. 

(( Ce jour, l®r de May 1712, a esté bénite, par le soub- 
signé Floch, curé d'office par commission de M^^i'Ëvê- 
que de Quimper, une cloche pour servir à la confrérie 
du Rosaire située dans l'église paroissiale d'Ellyant, 
pesante 709 livres, laquelle a esté nommée Marie Rose 
Jan Marguerite, par Jean Madec, du village du Cos- 
quer, fabrique de la dite confrérie, et par Marguerite 
Quéméré, femme et espouse d'honorable homme Chris- 
thophe Le Flao de Keryannic, par commission d'es- 
cuyer Gilles Harquin, S^ de Kerourien, et de Dame 
Marie Rose de Tinteniac, son épouse, dame foncière 
de Treanna. 

« Germain Floch, curé d'office ; René Le Flao, prê- 
tre ; Jean Baptiste de Landanet, prêtre ; Jean Le Bor- 
gne, prêtre ; Augustin Le Masson, prêtre ; Alain 
Laurans, prêtre ; Alain Le Messager, prêtre ; Guil- 
laume Bourbigou, prêtre ; Christophe Le Flao ; Raou- 
lin. )) 

27 Septembre 1726, funérailles de Golven Pervez, 
recteur, présidées par François-Hyacinthe de la Hays, 
docteur de Sorbonne, vicaire général de Cornouaille, 
recteur du Grand-Ergué, archidiacre de Poher. Assis- 
tent : Péan, recteur de Melgven ; Philippe, curé de Ros- 
porden ; Louis Michelet, curé de Saint-Yvi ; Le Brigant 
de Kergalet, prêtre; Laurans, curé d'Elliant. 
1727-1731. Jacques Pathelin ; ne prit possession que le 
17 Août 1727, quoique nommé dès l'année précédente; 
il était originaire de Port-Louis, et fut pourvu en Cour 
de Rome ; au mois d'Avril, il permuta Elliant pour la 
l^^ paroisse de Marzan, au diocèse de Vannes, dont était 



l.i: 






l'^ 






— 212 — 

titulaire Yves Le Roux, originaire de Sizun, évêché 
de Léon, qui devint recteur d'EUiant. 

1731-1740. Yves Le Roux ; avait été pendant vingt-deux 
ans, recteur de Marzan, au diocèse de Vannes ; il 
mourut à Ëlliant, âgé de 62 ans, et fut inliumé le 
30 Juin 1740. 

1740-1754. Louis de la Marche ; de la famille des de la 
Marche de Kerfort de Lezergué ; il avait été recteur 
d'Esquibien. 

Le 25 Avril 1741, on inhumait les restes de Margue- 
rite David, brûlée dans un incendie à Kerenarc'haït. 

Le 16 Mai de la même année 1741, en Tabsence du 
Recteur, les prêtres de la paroisse consignent au 
registre un acte de rébellion à l'arrêté défendant les 
inhumations dans les églises. 

(( L'an 1741, le 15 May, est décédé, au bourg parois- 
sial d'Elyant, Jean Le Masson, âgé d'environ 35 ans, 
après avoir reçu les sacrements, et le lendemain 16, 
son corps a été porté dans cette église par Gilles Viol, 
Germain Martin, Thomas HénafI et Jean Buis, tous 
habitants de ce bourg, suivis de plusieurs autres per- 
sonnes. Eu l'église arrivés, et les prières accoutumées 
commencées pour le repos de l'âme du dit feu Jean 
Le Masson, un nommé François Le Masson, frère du 
défunt, a percé dans l'église et au chœur du Rosaire 
pour y enterrer le cadavre, par rébellion aux arrêtés 
de la Cour, non obstante toute opposition à luy faite 
par moi signé Curé, et ensuite par Jean Le Hars, géné- 
ral et d'armes, de la part du Roy et autorisé de justice, 
sans qu'il ait voulu discontinuer, ce qui nous a obligé 
d'interrompre les prières de l'église et de nous retirer, 
ce qu'a fait la plupart du convoi, et le dit François 
Le Masson, aidé de Marie Le Mercier, femme du défunt, 
a enterré le corps dans l'église ; dont acte. 



— 213 — 

« Signé : P. F. Jaouen, prêtre ; Abiven, prêtre ; 
Daniel ; Kermoalic ; Le Moign, prêtre, curé. )) 

Le 24 Septembre 1754, vers les 3 heures de l'après- 
midi, a été inhumé dans le cimetière d'Ellîant le corps 
de N. et D. missire Louis- Joseph delà Marche, licencié 
en Sorbonne et recteur d*Elliant depuis environ 15 ans, 
décédé le jour précédent, environ deux heures après 
midi, dans son presbytère, d'une révolution dégoutte, 
après 4 jours de maladie, envi-ron la soixantième année 
de son âge ; les funérailles ont été célébrées par N. et 
D. missire Dugua, recteur du Grand Ergué, Conanou, 
curé de Cadol, Le Roy, curé, et Rigallou, prêtre de 
Rosporden, Coquil, curé de Saint-Yvi, Créofl, curé de 
Locmaria, Jaouen, curé, Le Gall, Quéré, Garec et 
Tessier, prêtres, d'EUiant. Signé : Le Roy, curé. » 

1756-1773. P. A. Kervégan de Suasse ; avait été recteur 
d'Ergué-Gabéric, dont il conserva, croyons-nous, la 
direction, en 1765. Le Bureau ecclésiastique du dio- 
cèse le députa à l'assemblée paroissiale de Tours, et 
lui alloua à cet effet une somme de 300 livres. 

1773-1780. Yves Le Guillou; avait été pendant dix ans 
secrétaire de l'Evêché, sous Tépiscopat de M^^" Farcy 
de Cuillé, puis promoteur du diocèse durant le court 
épiscopat de M^^ Grrossoles de Flamarence; aussi, lors 
de la nomination de M^^ de Saint-Luc à l'Evêché de 
Quimper, se crut-il autorisé à lui écrire pour le mettre 
au courant des affaires du diocèse, le séminaire, la 
direction des retraites, les nominations à faire. Ses 
lettres, fort intéressantes, sont conservées aux archi- 
ves départementales ; elles entrent dans beaucoup de 
détails sur les objets que Sa Grandeur trouvera à 
TEvêché, et ceux qu'il devra se procurer avant d'arri- 
ver à Quimper; c'est ainsi que, le 31 Juillet 1773, il 
écrit : « Vous devriez acheter, chez M. Chomel, à Paris, 



— 214 — 

ou demander à M^>^ le cardinal de la Roche Aimon, des 
pastilles de Languent divin pour les pauvres de vôtre 
diocèse ; j'ai vu plus d'une fois que feu M^^ de Caillé 
en recevait de la part du Roy, par les mains de 
M" d'Orléans. » 

La paroisse de Crozon est vacante, et le Curé d'EUiant 
se croit autorisé à donner son avis sur le choix du 
nouveau recteur : a J'ai appris que Monseigneur a 
demandé à MM. ses grands vicaires les noms des trois 
meilleurs sujets de son diocèse pour la cure de Crozon, 
et qu'ils ont nommé cinq gentilshommes, et témoigné 
qu'ils donnaient la préférence à M. l'abbé d'Oixant ; 
effectivement, il la mérite sur les quatre autres sans 
contestation ; c'est un excellent ecclésiastique et un 
des plus capables qui soit dans votre diocèse » 
(Février 1774). 

Le Curé d'Elliant semble engager le nouvel Evêque 
à résider plutôt dans sa maison de campagne de Lan- 
niron qu'au palais épiscopal de Quimper. « M»' de 
Cuillé, écrit-il, depuis bien des années, habitait pres- 
que toute l'année le château de Lanniron, parce qu'il 
y avait à lui tout son temps pour vaquer au gouverne- 
ment de son diocèse, au lieu qu'en ville il était impor- 
tuné par des visites inutiles dès &ept heures du matin. » 

Le ton de ces lettres, d'un caractère si intime, ne 
pouvait faire prévoir que, peu d'années après, dès 
1776, les rapports entre le nouvel Evêque et le Curé 
d'Elliant se seraient tendus au point d'avoir recours 
aux tribunaux pour trancher le différend qui les divi- 
sait. 

A l'occasion des visites pastorales, l'Evéque préle- 
vait un certain droit en argent, dit droit de procura- 
tion et de cens, sur toutes les paroisses visitées et 
celles qui étaient convoquées au lieu de la visite, car 



- 215 — 

alors surtout l'état des roules rendait bien des parois- 
ses inaccessibles au carrosse épiscopal. Or, le Curé 
d'Elliant, qui se piquait d'être versé dans le droit 
canonique, se permit de faire observer à l'Evoque que 
cette perception ne lui paraissait pas justifiée; car le 
droit de procuration est un droit dit de Pastum, c'est- 
à-dire le droit pour l'Evéque d'être hébergé lui et sa 
suite aux frais de la paroisse qu'il visite ; mais il ne 
peut exiger ces fçais des paroisses convoquées et où il 
ne se rend pas de fait. 

Dans un long mémoire, conservé aux Archives 
départementales, l'Evêque fait d'abord observer, que, 

■ 

moins que tout autre, le Curé d'Elliant devrait protes- 
ter contre l'usage établi à Quimper de percevoir ce 
droit de procuration sur toutes les paroisses du diocèse 
môme simplement convoquées à la visite, car pendant 
dix ans qu'il a été secrétaire de l'Evèché, il ne s'est 
fait aucun scrupule de le percevoir pour son Evéque ; 
de plus, il devrait savoir que le droit perçu sur les 
paroisses visitées et convoquées à la visite n'est pas, 
dans le diocèse, un droit à proprement parler de pro- 
curation et de pastum, qui n'a jamais été contesté par 
les recteurs visités, mais un droit de cens ou droit 
cathédratique perçu à Y occasion de la visite ; or, ce 
droit, l'Evêque peut le percevoir sur tous les bénéfices 
de son diocèse, pour l'honneur de son siège, sans en 
faire la visite; seulement, à Quimper, on a trouvé tou- 
jours plus commode de le percevoir à Yoccasion de la 
visite, ce qui a donné lieu de confondre ces deux 
droits distincts de procuration et de cens, 

La question s'envenima si bien que, lors de la visite 
de Monseigneur à Elliant en 1776, le Curé ne vint pas 
au-devant de lui pour le prendre sous le dais; sous 
l'apprenons d'une consultation du sieur Drouin, don- 



— 216 - 

Dée le 16 Avril 1777, dont voici un extrait (G. 196) : 
(( Les Evéques ont, en France, lorsqu'ils sont en 
visite, l'honneur du poêle. Par arrêt du Conseil d Etat 
du 19 Janvier 1651, il est ordonné que tous les Evêques 
du Royaume sont reçus, aux entrées et visites dans les 
villes de leur diocèse, conformément au pontifical et 
cérémonial des Evéques, et est enjoint aux consuls et 
magistrats de les recevoir avec leurs robes, chaperons 
et livrées consulaires et de leur porter le poêle partout 
où il conviendra. Le clergé se rendra au-devant de 
l'Evêque avec la croix et le poêle, à l'entrée du bourg 
paroissial, dont il va visiter l'église. La contestation de 
ce droit à Monsieur l'Evéque de Quimper de la part 
du Recteur d'Elliant, lors de la dernière visite de la 
paroisse, est blâmable; le droit ne dépend pas du lieu 
où le prélat descend, pourvu qu'il ne soit pas trop 
éloigné de l'église, auquel cas le clergé serait tenu de 
l'attendre à l'entrée du bourg. » 
1780-1788. Michel-Jean-Alexandre Laênnec, de Penti- 
corre ; avait été recteur de Loctudy ; il était docteur en 
Sorbonne et fils « de Maître Michel Marie Alexandre 
Laênnec, avocat en Parlement, conseiller du Roy, 
maire été de Quimper, receveur des décimes du dio- 
cèse, veuf en l^es noces de Jeanne Catherine Huchet 
de Kerourein, et époux en secondes noces de Hyacinthe 
des Landes », qui mourut, à l'âge de 68 ans, en son 
hôtel, à Quimper, le 31 Octobre 1782, et inhumé, le 
1" Novembre, dans l'enfeu dépendant de la terre de 
Kerlouarnec, dans l'église de Ploaré, le corps étant 
présenté par son fils, D. et V. M. Michel Jean Alexandre 
Laênnec, recteur d'Elliant (actes de Ploaré). 

En 1788, le Recteur d'Elliant permuta la cure pour 
un canonicat à Tréguier, que possédait l'abbé Guino, 
qui devint recteur d'Elliant. M. Laênnec fut déporté 



- 217 - 

en Angleterre, et mourut, en 1802, d'une chute de 
voiture, comme il se mettait en route pour revenir en 
France. 
1788. Jacques-Louis Guino, né à Guingamp en 1734, 

chanoine de ïréguier depuis 1761, devint recteur 
d'Ëlliant. La pièce suivante nous donne tous ses titres: 

« Le 26 Octobre 1788, je soussigné, Jacques-Louis 
Le Guino, recteur dElliant, licencié en droit civil et 
canon, chanoine honoraire et ancien officiai du diocèse 
de Tréguier, chanoine honoraire et ancien vicaire gé- 
néral de celui de Cahors, ai fait, par la permission de 
Mgr l'Evêque de Quimper, la bénédiction solennelle 
d'une cloche nouvellement fondue par ordre du général 
de la paroisse d'Elliant, représenté par Henri Le 
Guiader et Laurent Costiou, fabriques en charge, à 
la quelle Messire François de Kerjean, comte de Ker- 
jean, chevalier des ordres du Roy, ancien capitaine 
de ses vaisseaux, et demoiselle de la Lande, dame 
de Calan, à la prière du dit S^ Recteur et du général 
de la paroisse, ont imposé le nom de Françoise Marie, 
ainsi que leurs armes, de tout quoi ils ont signé le 
présent registre avec MM. les prêtres, fabriques et 
autres personnes respectables qui ont assisté à la céré- 
monie. 

(( S. de la Lande de Calan ; de Kerjean ; Papin 
de Calan des Landes ; Jallais ; Délioux ; de la Lande 
de Calan ; Le Guillou Penanros ; Marie Josephe Le Bon- 
niec du Creyou ; Bataille ; J. Codu, curé d'Elliant ; 
G. Le Guellec^ curé de S*-Yvi ; J. J. Guillo, curé de 
Rosporden ; P. Diquélou, prêtre ; Brisson, prêtre ; 
H, A. Le Meur, prêtre ; Henri Le Guyader, fabrique ; 
François Le Meur ; Laurent Costiou, fabrique ; Guino, 
recteur d'Elliant. » 

Guino, nommé député à la Constituante, en 1789, 



- 218 - 

« émit des principes téméraires, aussi opposés au gou- 
vernement qu'à la religion catholique » (Arch.Evêché). 
Il prêta serment à la Constitution, quitta sa paroisse 
d'Elliant pour devenir, à la mort d'Expilly, président 
du presbytère; il se rendit, à Paris, au Concile national 
de 1798, où il se donna le titre fïarchiprètre; il figure 
au synode d*Audren, en 1800, en qualité de secrétaire. 
Au Concordat, il fut nommé curé de Recouvrance, 
mais malgré ses talents extérieurs, il n^inspirait pas 
grande confiance à ses confrères, et Tun d'eux, M. Ber- 
nicot, écrit à l'Evéché, en 1805 : « Ce curé n'admet 
point la tradition ; je Tai entendu dire qu'il n'admet- 
tait que l'ancien et le nouveau Testament, et que tout 
ce qu'on débitait de plus était des rêveries ». Il mou- 
rut subitement, le 27 Septembre 1807, à 8 heures du 
soir. « Je n'ai rien vu de si prompt, » écrit son vicaire, 
annonçant cette triste mort. 



* 
* * 



M. Jean Codu ; né à Plozévet en 1754, prêtre en 1780, 
était vicaire d'Elliant au moment de la Révolution ; il 
n'imita pas l'exemple de son recteur, et rendit les plus 
grands services dans sa paroisse en se tenant caché 
jusqu'à ce qu'il dût se soumettre à la déportation en 
partant de Lorient pour l'Espagne, le 3 Octobre 1797 
(du Chatellier), en compagnie de l'abbé Alain Le Floc'h, 
né à Plonévez-Porzay, le l®^ Novembre 1765, et qui, 
ordonné prêtre à la veille de la persécution, le 21 Sep- 
tembre 1790, put rendre service dans le pays en se 
cachant pendant quatre ans ; mais arrêté en 1794, il 
fut déporté en rade de l'île d'Aix, sur le Wasington, et 
libéré à Saintes en 1795, il vint se joindre à M. Codu 
pour donner les secours spirituels à la paroisse d'El- 



- 219 — 

liant, jusqu'au moment où tous deux devront s'embar- 
quer à Lorient pour l'Espagne, le 3 Octobre 1797. 
En résidence à Palencia, M. Le Floc'h écrit, le 14 Jan- 
vier 1798, à M. Boissière, exilé également en Espagne, 
pour le tenir au courant de ce qui s'est passé sous 
leurs yeux à Quimper, pendant la Terreur ; après avoir 
raconté la mort de MM. Riou, recteur de Lababan, 
Le Coz, recteur de Poullaouen, Rolland, recteur de 
Trébivan, et Raguénès, curé de Landudec, ils font un 
récit de leurs travaux à EUiant, en 1796-1797. « Il y 
aura deux ans, au Carême, nous passâmes, mon com- 
pagnon (M. Codu) et moi, quatorze nuits de suite à 
confesser, ne nous couchant qu'à 5 heures du matin. 
Nous avions auparavant passé et passâmes depuis bien 
d'autres nuits, mais pas autant de suite. Dans les temps 
qui semblaient annoncer le calme, on était plus hardi, 
sans cependant se fier ; quelquefois, alors, on allait de 
jour aux malades et on confessait les bien portants, 
mais avec de telles précautions que les pauvres et 
autres qui venaient dans les villages ne pouvaient s'en 
apercevoir : on y venait à la dérobée et on se cachait 
quand on était arrivé. 

« L'année dernière (1797), nous fîmes, M. Codu et 
moi, le tour de la paroisse d'Elliant, pendant six 
semaines, confessant de jour ceux qui voulaient. Tous 
furent prévenus. A Pâques, nous vîmes les anciens 
aristocrates et les bien revenus. Pendant l'octave du 
Sacre, nous fîmes encore une petite tournée ; nous ne 
confessâmes pas tant alors, car, chaque jour, nous 
changions de parage afin de donner la messe, pen- 
dant la huitaine, à tous les quartiers de la paroisse. 

(( Nous avons été ainsi, pendant six mois, disant la 
messe, faisant une petite instruction tous les diman- 
ches et fêtes, l'un d'un côté, l'autre de l'autre, et cela 



— 220 — 

presque toujours dans les chapelles, mais toujours de 
nuit, de manière que le peuple pût être de retour chez 
lui avant le jour. Quand nous allions aux malades, 
que nous baptisions ou mariions, nous ne manquâmes 
jamais d^instruire les présents des erreurs du temps, 
du triste état de ceux qui suivaient et avaient suivi 
les intrus ou jureurs, sans s*étre reconnus, et de 
l'abîme dans lequel ils se précipitaient. Ces petites 
instructions familières avaient du succès et conver- 
tissaient plusieurs personnes. Aussi, les endroits où il 
y a eu des prêtres catholiques sont infiniment meil- 
leurs que les autres ; l'expérience le prouve. (Arch. 
Evéché.) 

Après le Concordat, M. Codu demeura vicaire d'El- 
liant, et mourut avec ce titre, en 1827, à Tàge de 
73 ans. M. Floc'h, après avoir été recteur de Saint-Yvi, 
devint curé de Briec, où il mourut en 1831. 

Recteurs d'Elliant, depuis le Concordat 

1803-1809. Rolland-Michel-Marie Le Bescond de Coatponl; 
né à Rosporden, le 27 Mai 1756, prêtre en 1780, il fut 
auxiliaire de son oncle, l'abbé Raoulin, recteur de 
Poullan, qui lui résigna la paroisse en 1787; partit 
pour l'Espagne en Juillet 1792 ; résidait à Bilbao en 
1793 ; de retour en France, il fut incarcéré au château 
de Brest, d'où il fut transféré à la citadelle de Saint- 
Martin de Ré, le 29 Juin 1798, et libéré le 11 Mars 1800. 
Nommé curé d'Elliant au Concordat, voici l'état qu'il 
donne de sa paroisse, le 10 Février 1804, répondant 
aux questions posées par les Vicaires généraux : 

(( Ad P'". Le patron de l'église paroissiale d'Elliant 
est S* Gilles, abbé. 1«' Septembre. 
(( Ad 2'^'". Cette commune contient, d'après les notes 






— 221 — 

de mes prédécesseurs, 3.200 âmes et 2.100 commu- 
niants. 

« Âd 3"f", Pour desservir cette paroisse, quatre ecclé- 
siastiques sont. absolument nécessaires. Jamais il n'y 
en eut moins que cinq. Je suis le premier Curé réduit 
à trois, et je ne vois pas, en cas de maladie, la possi- 
bilité de suffir, vu les chemins affreux et Téloignement 
des villages. 

(( Ad 4*"". Je n'ai aucun vicaire désigné ni par 
M. l'Evêque ni par ceux qui le représentent. 

(( Ad 5"'". J'ai pourcoopérateurs, MM. Codu et Floch, 
qui agissent et travaillent en vertu des pouvoirs qui 
leur ont été confiés avant et pendant la Révolution. 

(( Ad ô""*. Je désire bien sincèrement conserver 
ces deux ecclésiastiques; leur vertu et leur conduite 
me les rendent chers, et je vous prie instamment de 
m'en accorder un 3^^ dès que la chose sera possible. 

(( Ad 7*"". Nos noms : 

(( Rolland-Michel-Marie Le Bescond Coatpont, curé, 
né à Rosporden le 27 Mai 1756, prêtre le 21 Septem- 
bre 1780 ; 

« Jean Codu, né à Plozévet le 3 Août 1754, prêtre 
le 11 Mars 1780; 

(( Alain Le Floch, né à Plonévez-Porzay le l®"" No- 
vembre 1765, prêtre le 21 Septembre 1790. 

« Les chapelles nécessaires pour faciliter l'instruc- 
tion des enfants et l'administration des malades sont : 

(( i^ Celle dédiée à S^® Marguerite, éloignée du 
bourg de une lieue et quart, et réunissant dans ses 
alentours ou moins 600 communiants ; 

((. 2« Celle dédiée à S^ Anne, distante d'une lieue, 
réunissant dans ses environs 400 communiants ; 

(( 30 Celle de S* Cloud, à la porte du bourg, qui peut 
servir, comme elle Ta déjà fait, lorsque des événe- 



— 222 — 

ments nécessitent de quitter l'église paroissiale pour 
y faire des réparations ; la foudre a déjà écrasé deux 
fois réglise d'Elliant ; 

(( 40 Enfin, celle dédiée à N.-D. de Lorette; cet ora- 
toire a été construit depuis peu d'années par la piété 
des fidèles de cette commune, ils désirent ardamment 
pouvoir la conserver. 

« Aucune de ces chapelles n a été aliénée ; de temps 
immémorial, elles servent à la commune et jamais on 
n'a demandé aucune permission des Evéques pour y 
célébrer les divins mystères. 

« Les chapelles domestiques sont celle de Kerver- 
niou et celle de Kermini ; je crois qu'il serait inutile 
d'en demander l'établissement, parce qu'il serait im- 
possible d'y envoyer aucun prêtre. 

(( Les autres chapelles, telles que S^ Guénal et 
S^ Adrien s'écroulent et tombent en ruine. 

(( Le Bescond Coatpont, curé. 

(( Ici, on ne manque pas d'occupation; si même la 
maladie augmente, il faudra y succomber ou aban- 
donner le poste. Vous savez qu'Elliant a toujours été 
regardé comme le tombeau des prêtres, vu la diffi- 
culté de la desserte. » 

M. de Coatpont fut nomuié curé de Saint-Louis de 
Brest, en 1809, où il mourut le 2 Décembre 1817. 

1809-18:22. François Guinemeot ; né à Bolazec, le 15 Octo- 
bre 1756, prêtre en 1781, recteur de Gouézec en 1803, 
il fut nommé curé d'Elliant en 1809. 

Il tint, dans son presbytère, une école de jeunes 
gens se destinant à l'état ecclésiastique, et écrivait, le 
8 Janvier 1813, au Secrétaire de l'Evêché : 

(( Jean-Louis Tandé arriva ici, le l®^ de ce mois; 
d'après l'examen de ses compositions élémentaires, je 



— 223 — 

connais qu'elles sont beaucoup inférieures à celles de 
mes écoliers. Il me proteste qu'il a un grand désir de 
parvenir. Je m'aperçois qu'il ne manque pas de dispo- 
sitions ; moyennant des écoles privées et une double 
peine; j'epère en tirer bon parti. S'il m'était venu au 
mois de Juillet, j'aurais eu plus de temps ; bientôt, les 
travaux indispensables de mon ministère absorberont 
presque tous mes moments. Je le garde, la pension, le 
logement et le blanchissage me paraissent devoir 
monter au moins à 180 fr. par an ; je serai bien aise 
d'avoir pour lui cette somme. Je ne calcule pas ma 
peine, vu le, dessein qu'il a d'embrasser l'état ecclé- 
siastique. )) 

M. Guinement quitta Elliant, en 1822, pour devenir 
aumônier de la Retraite à Quimperlé; il mourut le 
3 Décembre 1825. 

1822-1843. Yves Le Bihan ; né à Briec, le 8 Avril 1790, 
prêtre en 1814, il mourut le 7 Décembre 1843. 

1844-1870. Pierre-Marie Guizouarn ; né à Plonévez-Porzay 
le 22 Septembre 1795, prêtre en 1819, vicaire à Brest, 
puis recteur de Cast en 1824, il fut nommé curé d'El- 
liant le 12 Février 1844 ; mais ce ne fut pas sans quel- 
que difficulté, car, le 12 Janvier 1844, le garde des 
sceaux écrivait à M^^ Graveran, qui venait de proposer 
M. Guizouarn à l'approbation royale : 

« M. Guizouarn, d'après les informations que j'ai 
prises, n'observe pas toujours en chaire la convenance 
et la modération convenable. Il professe des doctrines 
qui vont jusqu'à Tultramontanisme. Son caractère altier 
a amené des discussions assez vives entre lui et les 
autorités, et M. le Préfet du Finistère a été même dans 
la nécessité d'appeler votre attention sur cet ecclésias- 
tique, au sujet d'une correspondance dans laquelle 
l'oubli des convenances se faisait trop remarquer. 



— 224 — 

(( Ses dispositions à Tégard du Gouvernement cods- 
titutionnel sont d'ailleurs assez peu bienveillantes. » 

Ce portrait de M. Guizouarn tracé par le ministre 
était assez ressemblant ; mais les défauts signalés pou- 
vaient bien être pour TEvéque une raison de plus pour 
insister sur le choix d'un curé qui n'avait guère que 
les défauts de qualités excellentes; car, avec une forte 
teinture d'originalité, M. Guizouarn était un homme 
éminemment instruit, doué de beaucoup d'esprit et 
d'une fermeté à toute épreuve. 

Il continuera l'œuvre de M. Guinement pour l'ins- 
truction des jeunes gens dans le but de les voir em- 
brasser la carrière ecclésiastique, et non sans quelque 
succès. 

Comme spécimen de son esprit caustique, nous 
citerons les deux lettres suivantes, qu'il adressa à 
Mgr Graveran, à l'occasion du bréviaire Corisopitain, 
dont l'adoption éphémère n'avait pas été sans jeter 
quelque perturbation dans le diocèse. 

■ Ellianl, \\^ 26 Déceoibre 1845. 

(( Monseigneur, 

« Puisse Votre Grandeur voir disparaître bientôt 
cette funeste opposition qui lui a été, à coup sûr, si 
pénible pendant l'année qui s'achève, et qui navre 
encore, aujourd'hui, plusieurs de ses prêtres. Puisse 
l'année qui va commencer voir l'Evêque et son Cha- 
pitre, ses séminaristes et leurs directeurs, tout le 
sacerdoce du diocèse, en un mot, unanime dans la 
prière commune et publique unius labii et serfnonum 
eorumdem ! Il sera salué avec bonheur, le jour où 
Voi'do Romain deviendra la règle exclusive de l'autel 
et du chœur. Ce qui n'empêcherait pas les amateurs 



— 225 — 

du diocésain de le dire en leur particulier. Personne 
n'aurait à se plaindre; au lieu que, maintenant, cet 
amalgame de Romain et de Parisien pour Toffice public 
et même pour les messes privées fatigue tout le monde, 
et entraîne des erreurs et des omissions dont TeRet, à 
la longue, deviendra plus sérieux qu'on ne semble le 
penser. Cette faculté du Romain une fois accordée, des 
prêtres que le diocèse était habitué à respecter n*au- 
ront plus aucun prétexte d'opposition, et tout votre 
clergé, réuni dans les mômes vœux, rendra votre far- 
deau plus léger, si toutefois la charge épiscopale peut 
jamais être légère. )) 

< EUiaot, 29 Août 1849. 

(( Monseigneur, 

(( Le Bref de cette année est, depuis son apparition, 
la fable, la risée et, très souvent, le dépit de votre 
clergé. Ni Romain, ni Corisopitain, ni Parisien, c'est 
un tohu-bohu de translations sans cause, d'usurpa- 
tions révolutionnaires, d'agio communisme, de dou- 
bles et de triples ad libitum, fort peu amusantes, mal- 
gré les digressions ingénues qui les rehaussent ; c'est 
tout juste Le Dru et ses commissaires. Heureusement, 
que ce curieux branle -bas n'atteint des anciens et 
nouveaux titulaires que les noms et les fêtes. Cepen- 
dant, si le bréviaire de l'an prochain n'est qu'une nou- 
velle édition revue, corrigée et notablement augmen- 
tée, si Vordo brevis, en un mot, n'est désormais que 
Vordo longus, intricatissimus et toediosissimua, je m'en 
passerai et me contenterai purement et simplement de 
ïordo perpetuus. Bien certainement, Votre Grandeur 
n'avait pas lu le maudit bref de 1849, autrement, après 
le préambule, et avant de signer, elle eût tout effacé et 
écrit en grosses lettres : pascha occurente.,. etc. omnia 

Bulletin pb la Commission diociSsainb. — 8* anoée. 15 



— 226 — 

ofUda tom pttMtea quam privata ad libitum. Chacun 
eut suivi sa conscience, et tout était dit, les uns eussent 
suivi le bréviaire de M. Quillien, le plus grand nom- 
bre ïordo Romain, en attendant que Rome eut donné, 
à nos saints Bretons et à leurs offices une petite place 
ad calcem. » 

M. Guizouarn, nommé chanoine honoraire, le 29 Avril 
1849, mourut le 7 Septembre 1870. 

1870-1872. Yves Kerjean, de Plabennec. 

1872-1884. Yves Hingant, de Scaêr. 

1884-1889. Alain-Raymond Jaouen, d*Audierne. 

1889-1906. Yves Godec, de Plougoulm. 

1906. Clet-Yves-Marie Cariou, de Cléden-Cap-Sizun. 

Vicaires d'Elliant, depuis le Concordat 

1804. Jean Codu, né à Plozévet en 1754. 

1804. Alain Le Floc'h, né à Plonévez-Porzay en 1765. 

1807. Guellec, de la Boissière. 

1817. Alain-Luc Martin, de Lanriec, 1790. 

1825. Jean-Marie Le Grand, de Riec, 1796. 

1827. Hervé Goasguen, de Lopérec, 1788. 

1829. René-Louis Nihouarn, de Plogonnec. 

1831. Vincent-Marie Richard, de Quimperlé. 

1831. Jean Kermarec, de Henvic, 1787. 

1832. Jacques Mescam, de Garantec, 1806. 

1845. Alain-Marie Robic, de Coray. 

1847. Guillaume Le Breton, de Pleyber-Christ, 1805. 

1847. Jean Joncourt, de Ploujean, 1822. 

1846. Yves-PierreGonan,deTreogan(S^Brieuc),1810. 
1854. Jean-Marie Le GofI, de Plouvorn, 1828. 

1854. François-Hervé Manchec, de Plouigneau, 1827*. 



— 227 — 

1855. Joseph-Ferdinand Tanguy, de Lampol-Plouar- 
zei, 1822. 

1856. Hervé Norrant, de Ploaré, 1830. 

1868. Yves Cléach, de Loctudy, 1842. 

1869. Victor Le Bihan, de Guipavas, 1838. 
1871. Claude-Marie Moal, de Plouénan, 1843. 
1878. Léonce Boulain, de Plogaslel-S^Germain, 1851 
1880. Stanislas Guéguen, de Locronan, 1849. 
1886. Jean-Toussaint Laurent, de Cast, 1852. 
1889. Alexis Le Borgne, de Plouguerneau, 1861. 
1892. François Berlivet, de Plouénan, 1868. 

1895. Pierre Le Page. 

1898. François Kerouanton. 

1899. Jean-Nicolas More. 

1903. Yves-François Gargadennec. 

1903. Guillaume-Marie Cadiou. 

1906. Jacques Broc'h. 

RÔLE DES DÉCIMES EN 1783 



M. Laënnec, recteur 167 

La fabrice 10 

Le Rosaire 4 

Trêve de Rosporden 8 

Le Rosaire 

Trêve de Locmaria 

Trêve de Saint- Yvi 

Le Rosaire 

Saint-Eloy '. 

Sainte-Croix 

Saint-Guénolé 

Saint-Cloud 

Saint-Adrien 



Total 



212 



15» 

17» 6^ 
5» 
15» 

12» 6<» 
15» 
15» 
15» 
15» 
15» 
15» 
15» 

10» 



— 228 — 



« 
* * 



Division de la paroisse d'EUiant en frairies, pour la 
perception des impositions en 1734 : Goré Elliant, Guel- 
levron, Le Quelennec, Le Moustoir, Tréanna, Penvern, 
Botteniel, Pensorn, Trevannec, Sterven. 

Église paroissiale 

Cet édifice est vaste, comme il convient à une paroisse 
de cette importance. L'ensemble offre le caractère du 
xviii<) siècle, mais la façade Ouest et le clocher sont d^une 
plus grande richesse et appartiennent à une époque anté- 
rieure. 

En effet, au haut de la clef de voûte de la porte qui 
donne accès dans Téglise, au fond du porche sous le clo- 
cher, on voit la date de 1660. De plus, à la partie supé- 
rieure du côté Sud de ce même porche, est cette inscription 
L : 1660 : M ; lEAN : GVILLOROVX : S : DEPENANECH 
G VILLAIME : QVEMERE : FABRIQS : LAN : 1661 MICHEL 
COZDEN : ALAIN : MEVR : F. 

La grande arcade, au pied du clocher, est encadrée de 
pilastres cannelés qui supportent un fronton courbe ; aux 
angles montent deux contreforts percés de niches et re- 
coupés de corniches bien moulurées. Chacune des faces 
de ]a tour est percée de deux baies à plein cintre, puis 
vient une balustrade portée sur une corniche très sail- 
lante et qui contourne la chambre des cloches à deux 
larges baies. Au-dessus de cette chambre, une seconde 
galerie à baluslres entoure la base de la flèche et présente 
à ses angles les quatre animaux des Evangélistes. 

A l'intérieur de l'église, nous trouvons une nef, séparée 
des bas-côtés par des piles octogonales et des arcades à 



— 229— . 

plein cintre ; un transept, puis encore deux travées et 
l'abside terminée par un mur droit. Au fond de cette 
abside, sont deux grandes belles statues du xvii» siècle. 

1. — Saint Gilles, le patron, en robe et coule de béné- 
dictin, tenant la crosse de la main droite et ayant sa mitre 
à ses pieds. Derrière, est la biche qui est sa caractéristique. 
Cette statue, très savamment posée et drapée, est absolu- 
ment de même facture que celle de saint Winoc, à.Plou- 
hinec, et une autre plus petite à Sainte-Anne la Palue. 

Dans la Vie manuscrite de Catherine Daniélou compo- 
sée par le père Maunoir, il est raconté que. Tan 1643, 
Catherine revenant de l'église paroissiale d'Elyant consa- 
crée à S^ Gilles, en la compagnie de Madame de Kermeno, 
cette dame, ayant avancé quelques pas devant elle, Cathe- 
rine aperçut deux bétes. Elle voit un loup extraordinaire 
sur une haie ; en même temps elle sent une biche qui lui 
saute au col avec ses deux pattes. Elle eut envie d'appeler 
Madame de Kerméno, mais elle ne put ; cette biche lui 
dit : (( Vous avez envie d'appeler M°»« de Kerméno pour 
(( vous deflendre de moi ; si j'avais voulu vous étrangler 
« ce serait déjà fait, S^ Gilles a impétré de Dieu que je 
« vinsse vous délivrer de ce loup à cause que vous êtes 
« dévote à S^ Gilles; vous avez voulu vous retirer en un 
« ermitage, n'y songez plus, ce n'est pas la volonté de 
(( Dieu, si vous l'eussiez fait, je vous aurrais nourrie de 
« mon lait ; recommandez aux bergers de prier S^ Gilles 
« pour préserver leur bétail de la morsure des loups, et 
« à ceux qui vont par pays, afin qu'ils ne reçoivent aucun 
(( dommage des bétes sauvages. )) 

2. ■— Saint Maurille, d'Angers, second patron. Il porte 
chape, mitre et crosse, ayant à ses pieds le buste d'un 
petit enfant qui tient les mains jointes. 

Ce petit enfant rappelle le miracle opéré par saint Mau- 
rille à Angers; d'abord, l'enfant naquit d'une femme 



— 230 — 

longtemps stérile, par rintercession du Saint ; puis, l'en- 
fant étant tombé très dangereusement malade, fut porté 
mourant par la mère à saint Maurille, pour qu'il lui don- 
nât le sacrement de Confirmation. Le saint Evéque disait 
la messe ; peut-être prolongea-t-il un peu son action de 
grâces, toujours est-il que lorsqu'il arriva près de Tenfant 
celui-ci était mort. Le bon Evéque, désespéré de voir cet 
enfant privé de la grâce de ce grand sacrement, un peu 
par sa faute, voulut faire pénitence et renoncer à la charge 
épiscopale ; il s'enfuit en cachette et s'embarqua pour la 
Grande-Bretagne, dans un port de la Bretagne Armorique, 
mais ses diocésains finirent par découvrir sa retraite et le 
ramenèrent à Angers, où sa première visite fut pour le 
tombeau de l'enfant mort ; il le ressuscita, lui donna la 
confirmation en l'appelant René, et cest ce petit enfant 
qui devint saint René, evéque d'Angers. 

3. — Dans le retable du maître-autel, rangées dans des 
niches, sont de très remarquables statuettes assises des 
quatre Evangélistes. 

4. — Saint Adrien, armé en guerrier et tenant une 
épée ; provenant de sa chapelle détruite. 

5. — Saint Michel, tenant le dragon par une chaîne. 

6. — Saint Pierre. 

7. — Saint Corentin, reconnaissable à son poisson. 

8. — Au-dessus de la porte Midi : sainte Catherine, 
gothique, couronne en tête, tenant son épée et un livre 
ouvert ; foulant aux pieds la tète couronnée du tyran 
Maxime ; à ses pieds, est aussi sa roue brisée. 

9. — Au-dessus de la porte Nord : Notre-Dame-de-Pitié, 
également gothique. 

Sur un bénitier du bas-côté Nord, est un écusson por- 
tant la macle des Tréanna. 

Au Nord du bourg, dans un petit creux de vallon, se 
trouve la fontaine de saint Gilles, abritée par une petite 



— 231 — 

voûte en pierres de taille, en forme de plein cintre. 

En Elliant, est un lieu appelé Sant-Neiz, qui pourrait 
bien être le vocable de Saint-Gilles, car le latin Egidius 
a bien pu donner la forme bretonne Eie, et Vn qui précède 
serait une consonne euphonique. Cette observation est à 
rapprocher du nom de la paroisse de Ploneiz, également 
dédiée à saint Gilles, et dont Tétymologie serait Plehs 
Egidii ou Plou an Eiz. 

Dans la nuit du 25 au 26 Décembre 1821, le tonnerre 
tomba sur Téglise. « Il a ruiné la tour, assolé la majeure 
partie du bas de Téglise, et les pierres lancées de la tour 
ont criblé le toit, des deux côtés, jusqu^au-dessus du 
chœur; les autels n'ont souffert aucune atteinte ; les fonts 
baptismaux ont été brisés. » M. Guinement demande à 
Monseigneur la permission de bénir d'autre eau bap- 
tismale. 

Prééminences des Tréanna dans Véglise paroissiale d'Elliant. 

Aveu de 1680. (1) 

(( Une grande tombe enlevée de pierre de taille joignant 
le parquet du grand autel et qui sépare le dit parquet du 
costé de TEvangile, de la chapelle du dit Tréanna, estant 
sous Tarcade du costé du Nort du dit parquet, la dite 
tombe chargée en divers endroits d'une macle qui est les 
armes du dit manoir de Tréanna ; avec un benétier au bas 
du pilier de la dite arcade, vis à visd'icelletombe, auquel 
benétier il y a. une pareille macle en bosse, et aussi dans 
les bois de la dite chapelle. 

« Pareillement, plusieurs autres tombes à raz de terre, 
dans la dite chapelle de Tréanna, les dites tombes armoi- 
riées de checun une macle. 

(1) ArchivdB de la Loire-lDfôrieore. Pièce commaDîqaéd par M. de Vii- 
lieri da Terrage. 



— 232 — 

(( D'avantage, un grand bancq et un accoudouere voûté, 
joignant le pillîer quy est vis à vis de Tautel de N. D. de 
Pitié en la dite église, auquel banc il y a des niacles en 
divers endroits, et autres armes du dit seigneur de Tréanna 
Tinteniac, le quel banc et accoudouere sont uniques dans 
la dite église. 

(( Dans la mattresse vitre sont les armes de Treanna, 
qui est une macle d'azur à fond d* argent, avec autres armes 
en alliance, immédiatement sous les armes du Roy, et au 
bas de la dite grande vitre les représentations des seigneur 
et dame de Treanna avec leurs armes sur leurs babits. 

« Plus, dans la chapelle estant au Nort du maître autel, 
nommée la chapelle de Treanna, sont les dites armes de 
Treanna ainsi que dans les autres vitres de la dite église, 
au pignon oriental, et sur la tour au pignon occidental, 
en dehors de l'église. 

« Droit de liziere dedans et dehors de Téglise. Armoie- 
ries sur le presbytère. » 

En raison de la terre de Treanna, le seigneur a droit de 
haute, moyenne et basse justice qui s'exerce sur les vas- 
saux du bourg d'ElIiant par sénéchal, bailli, procureur 
fiscal, droit de fief, lots, ventes et rachats ; droit de déshé- 
rence faute d'hoires ; patibulaire à quatre piliers, situé 
dans la terre de Treanna, proche le grand chemin qui 
conduit du bourg de Coray à la ville de Quimper, avec 
cept, pilory et collier au bourg d'Elliant. 

Chapelles 
io Prieuré de LocmikaeL 

Ce prieuré, situé dans la paroisse d'Elliant, canton de 
Rosporden, fut donné, dès le principe, à Tabbaye du 
Monl-Saint-Michel, et lui demeura uni jusqu'à Tépoque 



— 233 — 

de la Révolution ; car nous voyons, en .1782, le chartrier 
de Tabbaye communiquer à Tavant-dernier des prieurs 
commandataires de Locmikael les pièces dont il a besoin 
pour soutenir divers procès touchant les droits de son 
prieuré. 

Nous n'avons pas le titre primordial de fondation de 
ce prieuré, mais dom Morice, dans ses Preuves (1), nous 
donne la confirmation de la fondation primitive par le 
duc Conan IV, en l'an 1170 de l'incarnation. Voici la tra- 
duction de cette pièce : 

« Sachent tous ceux qui verront le présent écrit, que 
moi Conan, duc de Bretagne et comte de Richemont, je 
corrobore la donation de Treveruer que mes prédécesseurs 
ont faite à l'église de Saint-Michel et aux religieux qui 
s'y consacrent au service de Dieu, et je déclare que cette 
concession en forme d'aumdne de Treveruer, est libre, 
absolue et afiranchie de tout trouble et exaction, avec 
toutes ses dépendances, les îles qui lui sont adjacentes, 
les terres cultivées et incultes, eaux et prateaux ainsi que 
deux parties de la dtme, à l'exception seulement : i^ du 
corps du Larron jugé dans la curie de Saint -Michel ; 
2o d'un contingent d'hommes de guerre conduit par un 
religieux ; excepté enfin le septième denier de l'amende 
pour vol, meurtre, et injuste occupation d'une terre par 
déplacement frauduleux des bornes. Cet acte fut donné 
l'an 1170 de l'incarnation (c'est-à-dire en l'an 1171 de la 
nativité du Sauveur) par-devant Gaudeiïroy, évêque de 
Cornouaille ; Hamon, évéque de Léon ; Ruallendou Rival- 
Ion, abbé de Quimperlé ; Simon, archidiacre ; ^ven, maî- 
tre de l'Hôpital, et Guillaume Ferron, maître du Temple. » 

En 1782 (2), M. Le Guillou, recteur d'Elliant et prieur 



(1) T. I, col. 66S. 

(2) Archives départementales du Finistère, série 6, liasse 391. 



— 234 — 

de Locmikaei, dans un mémoire au soutien des droits de 
son prieuré, démontre que ce lieu de Treveruer, dont il 
est mention dans l'acte de confirmation de 1170, est bien 
le même qui s'appelle aujourd'hui Locmikaei ou le Mous- 
toir ; car, dit-il, a la cinquième pièce dûment coUationnée 
qui a été extraite des archives de Tabbaye du Mont-Saint- 
Michel porte que, Tan 1318, un particulier vendit au 
prieuré de Treverer pour étendre la chaussée de son mou- 
lin un terrain nommé Kerdilès, sur la paroisse de Lan- 
golen, qui confine avec les terres du prieuré ; dans la hui- 
tième pièce, on mentionne et le prieuré de Treverer et 
la cour ou juridiction de Rosporden. Or, on ne connaît, 
ajoute le mémoire, et il n'y a, à la proximité de Langolen 
et dans le ressort de Rosporden, aucun autre prieuré que 
celui de Locmikaei du Moustoir. )) L'auteur du mémoire 
aurait pu également apporter à l'appui de cette assimila- 
tion une autre pièce tirée du chartrier du Mont-Saint- 
Michel (1) et portant la date de 1214; c'est une donation 
faite par-devant Guillaume, évéque de Quimper, à l'ab- 
baye de Saint-Michel, d'une terre au village de Kerrun, 
en la trefve de Kernevel, voisine du Moustoir, « pièce par 
laquelle les donateurs Robert fils d'Allain et Adeline, son 
épouse, spécifient qu'ils recevront en retour annuellement 
une livre de poivre de la main du prieur de Treverguer». 
Il est donc bien établi que le prieuré originairement 
appelé Treveruer, Treverguer ou Treverer est le même 
que celui qui fut appelé ensuite prieuré de Locmikaei, de 
Saint-Michel ou du Moustoir, dans la paroisse d'EUiant. 
Le mémoire de 1782, cité plus haut, déduit de lacté de 
1170, que les religieux de ce prieuré avaient droit de 
juridiction « puisque le duc Conan IV reconnaît qu'ils 
avaient une cour, in curiâS^^ MicJiaelis, et cette cour em- 

(1) 6. 331, Archives départemeoUleB. 



— 238 — 

portait, suivant les titres de Qet âge, tous les degrés de 
juridiction, même de la Haute (1) ; la justice et le fief 
étant intimement unis en Bretagne. Cette cour ne peut 
être, du reste, celle de l'abbaye du Mont-Saint-Michel ; il 
serait absurde de prétendre que des subsides temporels, 
levés en Basse-Bretagne, dans les états d'un souverain, 
fussent du ressort d'une juridiction située en Normandie, 
dans les états d'un autre souverain. » 

Cette juridiction « du prieuré de Locmikael s'exerçait 
encore au xvi°*® siècle», mais en l'auditoire de Rospor- 
den, comme nous le démontre l'aveu rendu au roi en 
1551 par celui qui fut, sans doute, le dernier prieur régu- 
lier de Locmikael. Voici un extrait de cet aveu, daté du 
15 Novembre. 

« Aveu que rend noble, vénérable et dévot religieux 
maître Regnault de Vitré, de l'ordre de Saint-Benott, 
recteur de Persay, près Rille, en Anjou, et prieur du 
prieuré du Moustaer, autrement Locmikael Rocquillas, 
situé en la paroisse d'OEliant (Elliant) qu'il tient en pro- 
chaine seigneurie de ligence à foy et hommage soubs le 
Roy, nostre sire, duc de Bretagne, à cause du dit duché, 
soubs la court et juridiction de Conqfouesnant et Rospor- 
den » (2). 

Après avoir énuméré tous les villages sur lesquels il 
prend la dîme à la onzième gerbe, soit diverses chefren- 
tes telles que quartron de froment ou une ou deux eêcueU 
léêê de froment, l'avouant ajoute : 

(( Cognoist le dit prieur avoir levé et encore lève par 
chacun an par lui ou ses receveurs les oblations, dons et 
esmolumens que le populaire par charité et dévotion donne 



(1) La Haute Justice, c'est-à-dire le pouYoir de juger et de condamner 
ou criminel. 
(9) 6. 831. Àrehivet dépariemenial9$. 



— 236 — 

et distribue à la chapelle du dit prieuré, qui eulx doit le 
dit prieur par lui ou ses commis employer pour célébrer 
et dire en la dite chapelle une messe à basse voix par 
chacune sepraaine à jour de lundy ; et par chacun an au 
jour et feste de Monsieur Saint Michel mont de Gargane, 
une grande messe à diacre et soubs-diacre, et pour entre- 
tenir la dite chapelle de coupverture, ornements, lumi- 
naires et austres choses requises jouxte la fondation en 
faicte par les dits seigneurs, roys, ducs et princes prédé- 
cesseurs de nostre dict sire et duc de Bretagne. 

(( Aussi a le dit prieur à cause de son dit prieuré juri- 
diction subalterne en l'auditoire et tribunal de la cour de 
Rosporden qui s'expédie par ses officiers, savoir : Séné- 
chal, procureur et greffier en l'endroit des mesnées d'icelle 
cour de Rosporden. » 

Voici les noms des prieurs dont nous trouvons mention 
jusqu'au moment de la Révolution : 

1638. Guillaume Le Prestre de Lezonnet, évéque de 

Quimper (1614-1640), prieur de Locmikael. 
1660. Gilles Rousselot, prêtre. 

1681-1687. François Converset, docteur de Sorbonne,archi- 

diacre de Veslay, aumônier de Madame la Dauphine. 
1692. Gabriel Richer, S' du dit lieu et de Queriou, 

clerc tonsuré « titulaire du prieuré de Roquillas Tre- 
verer, autrement Saint-Michel du Moustoir, paroisse 
d'Elliant. )) 
N. Janripot. 
N. Janripot. 
M. l'abbé de Keremor. 
1698. M. le Recteur d'Elliant ( M. Goulven Le Pervez) . 

M. l'abbé de Kerever, qui résigna le prieuré en deve- 
nant recteur de Bothoa. 
M. le Prieur de Carhaix. 



— 237 — 

1717-1722. M. Alain Le Staguer, recteur de Plomodiern. 

Nous connaissons ces derniers prieurs de Locmikael 
par la lettre suivante de M. Le Borgne de Kermorvan, 
chanoine à Quiroper, datée du 4 Octobre 1722. 

Après nous avoir dit que le prieuré du Moustoir était à 
la nomination de Tabbé des Bénédictins de Sainte-Croix 
de Quimperlé, il ajoute : 

(( Les deux messieurs Janripots, qui sont aujourd'hui 
employés dans les affaires, ont joui successivement de ce 
bénéfice, du temps qu'ils étaient au collège ; mais comme 
aucun d'eux n'a suivi le parti de l'Eglise, le dernier qui 
le posséda le résigna à M. l'abbé Keremor, qui était leur 
précepteur. Le défunt recteur d'Elliant l'eut ensuite de 
M. Keremor, et feu M. l'abbé de Kerver, recteur de 
Bothoa, l'eut par dévolu sur le recteur d'Elliant ; mais 
pourvu de Bothoa, il résigna le prieuré du Moustoir au 
prieur de Carhaix, qui était parent du feu recteur d'Elliant. 
Ce prieur de Carhaix, qui est encore vivant, mais très 
singulier dans sa façon de vivre et embarrassé de ce prieuré 
dont on lui refusait la dîme faute de faire faire les répa- 
rations à la chapelle, vint trouver l'évéque pour le prier 
de lui désigner quelqu'honnéte homme à qui il pourrait 
donner son bénéfice; l'évéque lui a désigné un prêtre 
d'Elliant qui jouit présentement de ce bénéfice. » 

Ce prêtre, AUain Staguer, devint prieur en 1717, mais 
non sans opposition de «Messire Henry Albert de Cezy de 
Kerampuil, chevalier S' duditlieu, conseiller au Parle- 
ment de Bretagne, qui remontre au Présidial de Quimper 
que, comme héritier delà feu dame comtesse de Kermeno 
au maternel, il est seigneur propriétaire delà terre etsei- 
gneurerie de l'estang à laquelle est attaché le droit de 
patronage et de nomination au prieuré du Moustoir sous 
le titre de de Saint-Michel, et comme il a su que M. Alain 
Le Staguer s'arroge le titre de prieur et il en touche le 



— 238 — 

revenu, vous plaise le condamner comme intrus...» 
M. Le Stagner répliquait qu'il était canoniquement 
pourvu du dit prieuré, et que c'était à M. de Cezy de 
prouver son prétendu droit patronage et de nomiDa- 
tion. 

De fait, nous voyons M. Le Stagner en possession 
du prieuré cinq ans plus tard, en 1722, et il eut vrai- 
semblablement pour successeur immédiat M. Claude 
Elier, prélre, docteur en Sorbonne, un des directeurs 
du Séminaire de Quimper, que nous trouvons men- 
tionné comme prieur du Moustoir en Août 1729 et 
Octobre 1733. 

1743-1766. M. Jean-Louis Pic de La Mirandoi , chanoine 
de la cathédrale de Saint-Pol de Léon ; on l'accusait, en 
1782, d'avoir laissé Téglise priorale tomber en ruines. 

1766-1775. Il eut pour successeur M. Etienne Landot de 
Crète, dont voici tous les titres : « Prêtre du diocèse de 
Die, maître ès-arts de l'Université de Valence, en Dau- 
phiné; docteur en l'Université du collège Romain, 
titulaire des chapelles ou chapellenies foraines sous le 
titre de Notre-Dame, dans l'église de la ville de Guer- 
chin ; de Saint-Nicolas, fondée dans l'église parois- 
siale de Bouchin, diocèse d'Arras; de Saint-Nicolas, 
fondée dans l'église du lieu de Saint-Amand, diocèse 
de Cambray, secrétaire de son Altesse Royale Ëminen- 
tissime et Révérendissime Mgr le cardinal duc d'York, 
évéque de Frascati, vice-chancelier de la Sainte Eglise 
romaine, pourvu en commande du prieur simple et 
régulier de Locmikel du moustoir, de l'Ordre de 
Saint-Benoît, demeurant à Rome, au Palais de la 
Chancellerie apostolique, paroisse de Saint-Laurent 
in Damaso. » 

1775-1787. Yves de Guillou, recteur d'Elliant, puis rec- 
teur de Loctudy. 



— 239 — 

1787-1790. Henri-Alexandre Boissière, prêtre originaire 
de Rennes, secrétaire de TEvêché de Quimper, vice- 
promoteur du diocèse. 

Etat de la chapelle de Locmikel, en 1775 (1). 

(( Cette chapelle a 55 pieds de long sur 17 pieds de large 
dans la nef et 20 pieds aux bras de la croix. Outre la porte 
d'entrée, il y a portique au côté Midi, et deux petites 
portes dans les bras de la croix. » Trois vitres, Tune au 
pignon du Levant, au-dessus du mattre-autel, deux autres 
à chaque bout des bras de la croix. La charpente est 
tombée, et le pignon Levant est à moitié ruiné. Le maître- 
autel est en pierres de taille, les deux autres en moellon. 
L'église est sans pavé. Au-dessus de la tour, au haut du 
pilier du Midi et Levant soutenant le couronnement de la 
tour du clocher, et au pied de la croix, près la chapelle, 
se voit un écusson portant trois têtes nues d*hommes au 
profil de droite à gauche 2. t. 

(( 11 ne reste aucun des vitraux, et il n'y a plus de 
vestige de la maison priorale. )) 

Etat actuel de la chapelle Saint-Michel du Moustoir. 

Cette chapelle est actuellement bien modeste dans ses 
dimensions et dans son architecture. Les deux portes 
Ouest et Midi sont entourées de moulures de la fin de la 
période gothique, mais le petit clocher porte la date de 
1605 et est bien dans la note de xvii» siècle. La maçonnerie 
extérieure présente des rangs de pierre de taille alternant 
avec des bandes composées de plusieurs assises de moel- 

(1) B. Liasse 484. 



— 240 - 

Ions schisteux. Les deux fenêtres des pans coupés de 
Tabside sont à deux baies et ont des soufflets flamboyants. 

Au-dessus de la porte Midi et près de la fenêtre Nord- 
Est de Tabside, sont deux écus portant : trois têtes nues 
d'hommes, ce qui fait penser que cet écusson a dû être pris 
du pied de la croix où il était en 1775, pour être placé 
au-dessus de cette porte. 

Quoique le village voisin de cette chapelle porte le nom 
de Moustoir, on n'y trouve pas d'indices caractéristiques 
de constructions dépendant d*un monastère. 

En 1782, on ne disait point la messe dans cette chapelle. 

(A suivre ) 



CARTILAIRE 

DE L'ÉGLISE DE QUIMPEB 



INTRODUCTION 



La bibliothèque de la ville de Quimper possède trois 
volumes manuscrits où sont transcrits les actes de l'église 
de Quimper, d'après les originaux conservés à la Biblio- 
thèque nationale, sous les n^^ d'ordre 31, 51 et 56, dont 
nous usons pour nos citations, mais qui correspondent 
aux n~ 9,890 — 9,891 — et 9,892 du nouveau classement. 
De ces trois Cartulaires nous avons extrait, en éliminant 
les actes portés en double, 504 pièces, dont 4 sont des 
notices se rapportant à des faits antérieurs au xiii® siècle; 
137 sont du xiii® ; 290 du xiv<), et 62 du xw^ siècle ; mais 
sur ces 62 pièces, 3 seulement sont postérieures à l'épis- 
copat de Bertrand de Rosmadec, mort en 1445. 

Dans son ensemble, ce Cartulaire nous donne d'utiles 
renseignements : la liste des comtes, ducs et évêques est 
sensiblement la môme que celle donnée par le Cartulaire 
de Quimperlé ; mais celui-ci s'arrêtait pour les évoques à 
l'épiscopat de Renaud, 1219-1245, tandis que le Cartulaire 
de Quimper continue cette liste jusqu'à Gacien de Mon- 
ceaux, 1408-1416. 

La taxe des bénéfices, en 1368, nous donne la forme 
des noms des paroisses avec leur division ecclésiastique 
à cette époque ; en général, il y a peu de noms de lieux 

* 

traduits du breton en latin ; nous avons remarqué les 
suivants : 

Bulletin ob la Commission diog^siinb. — 8" anoée. 16 



— 242 — 

Gonfluentia pour Qnimper (13). (0 

Locas Marie Locmaria (6). 

Villa fontis Kerfeanteun. 

Gastrum novam in fago Ghàteanneof-da-Faon (4). 

Plebs nova in fago Plonévez-da-Faou (4). 

Plebs nova in Qaintin Plonévez-Qnintin (4). 

Plebs nova in Porzoez Plonévez-Porzay (4). 

Pons crucis Pont-Groix (162). 

De veteri villa le Gosquer (9). , 

De colle Eadonis Grec'heuzen (148). 

Villa ecclesie Kerilis (135). 

Villa fabronim (en Plogonnec). Kergoff (261). 

. Les noms de personnes sont beaucoup plus souvent 
traduits, et, au risque de faire un calembour, le notaire 
hésite rarement à nous montrer qu'il sait le breton, et il 
tombe dans le travers, trop fréquent encore dans nos 
mairies, de voir le secrétaire traduire en français le nom 
de famille qui lui est donné en breton, si bien que le fils 
s'appellera Le Roi, Le Jeune, Le Petit, tandis que le 
père portait le nom de Roué, Yaouank, Bihan, etc. Nous 
avons tâché, pour le Cartulaire de Quimper, de rétablir, 
autant que possible, le nom breton que le scribe avait 
traduit en latin. On verra que le nom de famille s'écrit 
toujours au génitif, ce qui permet de le distinguer du 
nom de Laptême ou du qualificatif indiquant la profes- 
sion. Voici ces noms, par ordre alphabétique, avec la 
traduction que nous proposons tant en français qu*en 
breton : 

Ablatoris (Nicolaus) an Laer Le Volenr (148). 

Albi (Eude) an Guen Le Blanc. 

Alta villa (Joannes de). . . Kerhuel deHauteville(424). 

Anticipitris (J.) Sparfel L'Epervier. 

(1) Ces chiflres renvoient aux n"* du Carlulaire. 



— 243 — 

Anglici (Eudo) Le Saux L'Anglais. 

Arietis (Gauffridas) an Boch Le Bourg (178). 

Angasti (Gauffridns) .... an Eost, L'eost. . . L'août (7). 

Barbnti (Johannes) Barvet Le Barbu (385). 

Bosco Guehenoci (Alaous 

de) du Boisgueheneuc 

(418). 

Britonis (Eudo) Le Briz Le Breton (221). 

Burgeosis (Guillermus). . . Le Bourhis Le Bourgeois (438). 

Galvi (Jotiannes) Le Moai Le Ghauye (238). 

Garnificis (Simon) an Kiger ou Boscer. Le Bouclier (226). 

Gervi (Nicolaus) Garod Garo Le Gerf (295). 

Gisoris (Alauus) Quemener Le Tailleur (213). 

Glerici (Guillermus) Gloarec Le Glerc (452). 

Goqui (Guillotus) Keguiner Le Guisinier (198). 

Fabri Le Goff Le Feuvre (7). 

Flori Bleuzen La Fleur (8). 

Hospitis (Olivarius) an Hostis, VHostis. L'Hotellier (362). 

Infantis (Gauffridus) .... Buguel L'Enfant (109). 

Joannis (Alauus) Jaouen Jean (8). 

Juvenis (Alauus) Yaouauk. Le Jeune (242). 

De Lapidibus albis (Gazne- 

ved) de Miuven des Pierres blau- 

ches (237). 

Lalomi (Johannes) Quizelleur, Qaidel- 

leur tailleur de pierres. 

Long! (Henricus) .... ^. . Le Hir Le Long (134). 

Lupi (Johannes) Le Bleiz Le Loup (361). 

Magni (Alauus) LeBrasouLeMeur. Le Grand (203) 

Mathei (filia) Mazé Mathieu (7). 

Medici (Alauus) LouzaouerouMézec Médecin (7). 

Mercatoris (Alauus) Marc'hadour Le Marchand (297). 

Militis (Anscherus) Le Marhec Le Ghevalier (8). 

Monte (Mauricius de) ... . du Menez du Mont (367). 

Mutonis (Joannes) Le Maout Le Bélier (370). 

Nani (Daniel) Gorric Le Nain (283). 

NemoreSalioci (Gauffridus) Quoetsaliou Bois du saule (250). 



— 244 - 

Nigri Le Da Le Noir (7). 

Parva valUs Traon (179). 

Parvi (JadiceUas) Le Bihan Le Petit (7). 

PeUiperii PeUeter PeUetier (9). 

Perfecti (Johannes) Le Guellec on Kalloc'h (ISS). 

Pétri (Guidomaras) Le lien (tf9). 

Philomene (Petros) Ronssignol (446-449). 

Piger (Ancheras an) ... . Lezirec Le Paressenx (113). 

Phiaici (Jaoobns) Lonzaoner (109). 

Placitatoram dn Qnenqnia . . . . dn Pleasis (10). 

Ponte ligni (Alanns) de Goetpont oapioiAt Pontpren (0 

w (350). 

Porceiii (Rannocus) Porhiel Porhiel (219) 

Porta lapidea (Guillermus). Portzmen Orven (292). 

Postgeniti (Oliverins) Gohanet Gozganet W (349). 

Primogeniti (Olivarins). . . Le Hénaff (373). 

Pnlchri (Hervens). ..... Le Goant (263). 

Régis (Theresa) an Roue Le Roy (7). 

Ruffi (Guillotus) an Rons Le Roux. 

Senis (Hervens) Le Goz l'Ancien (462). 

Sici (Johannes) Le Séach (40S). 

Sinister (Gadoredns) .... Glean Leier (8). 

Stral)onis (Lncia) Gnilcher. Le Borgne (328). 

Sntoris (Joliannes) Qaéré . Le Gordonnier (7). 

Tonsi Le Touz. 

Villa abba (Mathens de) . . Kergnen Kerven (380). 

Villa cervi (Alanus de). . . de Kerharo ., (306) 

Villa coUis (Alanus de). . . de Kergrech (336i 

Veritatis (Johannes) .... Guirriec (247) 

Villa lata (Gadnevedus de), de Kerlédan (93) 

Villa conani (G. de) de Kergonan (185) 

Villa magna (Glaricia de). . du Guermeur (237) 



(1) Nous donnons cette dcrniôre traduction d'après les obscrvatloos 
de Dom Malgorn. 

(2) C'est M. Loth qui nous a suggéré la traduction de ce mot 
Postgeniti, 



- 245 - 



Topographie de la ville de Quimper 

L'acte du 2 Mai 1296 nous donne la division de la ville 
par quartiers ou paroisses qui, à cette époque, portaient 
le nom de chapellenies. Chaque quartier est désigné par 
le mot viciLS, qui a le sens d'agglomération, et qui, en 
breton, se traduit guie. Au xiii® siècle, Quimper comptait 
sept parcelles, dont s'occupaient spécialement sept cha- 
pelains. 

lo La chapellenie de Eacher ou Rdkaer, qui s'appela 
ensuite « paroisse du Tour du ChcUeî », parce qu'elle com- 
prenait, avec la rue du Frout, les maisons avoisinant la 
place de la Cathédrale. 

2o La chapellenie de la rue Keréon, de vico Suiorum, en 
donnant au mot rue le sens de quartier. 

30 La chapellenie de la rue Neuve, vici notn, quartier 
de la rue Neuve actuelle. 

40 Chapellenie de colle Eudonis, Crec'h Euzen, qui por- 
tait également le nom de a parcelle de Saint-Primael », 
comprenant la rue de l'Hôpital et l'emplacement où fut 
bâti, au XVII* siècle, le Séminaire, aujourd'hui hôpital civil. 
Les vestiges de la chapelle de Saint-Primel ont disparu 
depuis une trentaine d'années. 

5^ La chapellenie de Mesgloaguen, Campi-Qloagueni, 
quartier actuel de Mesgloaguen. 

6° La chapellenie de vico Demer, la rue Obscure, quar- 
tier de la rue Royale. 

70 La chapellenie de vico Molendinorum, ou Bu melinou. 
Cette parcelle, qui comprenait les environs de la campa- 
gne des Évêques, fut connue plus tard sous le nom de 
paroisse du Saint-Esprit, et annexée à la paroisse de la 
rue Neuve. 



- 246 - 

Le Cartulaire nous fait connaître plusieurs autres noms 
de rues. 

Dans la ville close : 

Vicuê eapelle bétUe Marie Oivitatis (n^ 338), rue du 
Guéodet. 

Vicus Merceriorum, ante staîlas cammm (n<> 256). Les 
étaux où étaient exposés les viandes se trouvaient dans la 
rue actuelle des Boucheries, et la rue des Merciers, de la 
Chair salée, aujourd'hui du Salé, donnait sur la rue de$ 
Étaux, 

Vicus Fratrum minorum (n® 196), maintenant rue 
Saint-François. 

VictLS OUarum (n^ 309), près de la rue Obscure. 

Vicus Vinee ou Ouenniou, dont une partie est conservée 
dans la rue de la Vigne ou des Vendanges. 

Vicus Poulpezron (n®» 192-210), près de la rue Verdelet, 
se trouvait dans la paroisse de la rue Obscure. 

Viens Putei (n^ 216), rue voisine de la rue de la Vigne: 

En dehors des mnrs 

Viens Briziae (n^s 197-203), actuellement route de Ker- 
feunteun. 

Viens Magnus (n®» 247-255), probablement la rue Saint- 
Mathieu, mais certainement dans cette paroisse, in fando 
Capituli, sur le fief du Chapitre, in Burgo Sancti Mathei 
(no 264). 

Viens Trem (n» 247), joignant la Grande-Rue, juxta 
vicum Magnnm 

Viens Maezminihi, la rue bordant la place actuelle de 
La Tour-d'Auvergne. 



\ 



- 247 — 



Noms de femmes 



AdeUcia, Azelicia (200, 166). 
Adenora, Azanora (216, 283). 
Agneche (294). 
Amicia (261). 
Amota (277). 
Avana (173). 
Azelina (171). 
Azanora (283). 
Beatricia (219). 
Glaricia (237). 
Gonstancia (179, 208, 294). 
Daetmat (179). 
Elienora (295, 219). 
Eanogaenca (202). 
Gloguena (169). 
Guenserch (170). 
Guelloza (385). 

Guielderch, Guielderchia (234, 
265). 



Gnlgnen (169). 

HazeviBia (197). 

Hodiema (278). 

Johanneta (257). 

Jnliana (187). 

Jnzetta (251, 314). 

Katerina (279). 

Leveneza, Legaeneze (169, 247). 

Lncia (239). 

Mades (188). Maden (192). 

Malbina (315, 234). MabUia (234). 

Margareta (300). 

Maria (190). 

Materron (189). Noblina (332). 

Meancia (162). 

Onguena, Onvena (183, 205, 213). 

Theophania (167, 198). 

Theresia (174, 236). 



Statuts capitulaires 

Le Cartulaire nous fournit des renseignements intéres- 
sants sur la vie du Chapitre de Quimper : ses droits, ses 
usages, ses rites ; nous réunissons ici, sous un titre spé- 
cial, les règlements qui se rapportent au même objet. 

Installation. 



1247 (n® 81). — La Cour de Rome et les Évéques nom- 
maient souvent des chanoines avec expectative de pré- 
bende, cest-à-dire que les chanoines devaient attendre 
qu'une prébende fût vacante pour jouir du revenu. Par 



- 248 - 

complaisance, le Chapitre de Quimper avait fixé une place 
au chœur à ces chanoines expectants et leur avait accordé 
voix délibérative au Chapitre ; mais, se ravisant, il déclare, 
en 1247, que désormais aucun chanoine expectant n*aura 
sa stalle au chœur et voix au Chapitre avant d'avoir pris 
possession réelle et corporelle de sa prébende. 

Droit de chape. 

1271 (n^ 111). — Les chanoines, chacun à tour de rôle, 
payeront à la Saint-Corentin d'hiver une chape et, la 
veille de la fête, donnera un repas aux chanoines, aux 
chapelains et aux élèves du chœur. 

1300 (no 151). — Les chapes des chanoines vivants ne 
serviront au chœur qu'en leur présence. 

1357 (n^* 332). — Depuis longtemps, il était d'usage 
qu'un chanoine, lors de sa réception, fasse présent à 
l'église d'une chape, ou une somme de 12 livres ; mais 
comme cette coutume tendait à tomber en désuétude, 
Geoffroy de Kermoysan, évoque de Quimper, ordonne 
qu'on reprenne cet usage, et que si un chanoine s'y refu- 
sait, on retiendrait 12 livres sur les premiers fruits de sa 
prébende ; mais cet argent ne pourrait être consacré qu'à 
l'achat de chapes et d'ornements pour la cathédrale. 

Distributions. 

1276 (n® 119). — Les chanoines sexagénaires pourront 
toucher les distributions pour les matines quoique n'y 
assistant pas, pourvu qu'ils habitent la ville. 

1276 (n» 120). — Si un des chanoines reçoit à sa table 
pour un dîner d'apparat, un chanoine étranger, il sera 
exempté d'assister aux vêpres, et pourra néanmoins par- 
ticiper à la distribution. 



J 



— 249 — 

1278 (qo 123). — Chaque chanoine résidant recevra cha- 
que jour 12 deniers, trois aux vêpres, six à matines, et 
trois à la messe ; de plus, il recevra six deniers pour la 
procession du dimanche. 

1279 (n® 126). — Nul chanoine n'aura droit de participer 
aux revenus de TÉvêché (sede vacante) s'il n'est présent 
au moment de la distribution, à moins qu'il n'ait un pri- 
vilège à faire valoir. 

1305 (no 157). — Le jeudi avant la fête de la Chaire de 
Saint-Pierre, le 12 des kalendes de Mars, le pain du Cha- 
pitre fut distribué pour la première fois aux chanoines 
résidants. 

Le 9 Novembre de la même année, il fut décidé que, 
pendant toute l'année, on distribuerait chaque jour aux 
chanoines résidants un pain à prime et un pain à none. 

Avant la fin de l'année écoulée, c'est-à-dire le mercredi 
des Cendres 1306, la distribution fut augmentée à partir 
de ce jour jusqu'à la Pencôte, et pendant ce temps, chaque 
chanoine résidant reçut un pain et demi à prime et un 
pain et demi à none, 

1380 (n^ 362). — Les chanoines résidant habituellement 
auront, chaque année, un mois pendant lequel ils pour- 
ront être absents sans être privés de la distribution. 

1248 (n® 84). —Il est décidé qu'un chanoine qui n'aura 
pas résidé personnellement à Saint-Corentin, pendant la 
moitié de l'année, ne percevra, lors de l'ouverture du 
tronc destiné à recevoir les offrandes des pèlerins (du 
pèlerinage des Sept-Saints), que la moitié de la part que 
recevra un chanoine qui aura résidé ; encore faudra-t-il 
pour cela qu'il soit présent à l'ouverture du tronc. 

1284 (n^ 132). — Les chanoines qui se sont fait saigner 
seront exemptés du chœur pendant trois jours, et parti- 
ciperont cependant aux distributions. 

1434 (n^ 500). — Un chanoine malade ou impotent, 



- 250 - 

mais résidant en ville, sera tenu pour présent et touchera 
la distribution due pour assistance aux messes dites à la 
cathédrale. 

Maisons prébendales. 

1275 (n* 118). — Les domestiques d*un chanoine défunt 
pourront garder la maison qu'il habitait à Quimper, jus- 
ques à 40 jours après son décès. En 1282, le délai est fixé 
à 20 jours seulement. 

Délibérations. 

1249 (no 88). — Il est établi que les chanoines seraient 
solidaires les uns des autres dans la défense de leurs 
droits contre tout opposant. 

1227 (n9 40). — Le Chapitre ne délibérera sur une de- 
mande, surtout si elle est faite par un des chanoines, 
qu'en Tabsence de l'intéressé, et la réponse sera faite au 
nom du Chapitre en commun. 

1327 (no 215). — Ce statut est renouvelé, car on s'est 
aperçu que, devant les intéressés, plusieurs chanoines se 
laissaient influencer dans leur jugement, soit par préven- 
tion, soit par crainte de déplaire, ce qui rendait le Cha- 
pitre moins libre de prendre une décision. 

1332. — Môme statut que devant, et défense à tout 
chanoine, de quelque dignité qu'il soit, de donner son 
avis sur une supplique adressée au Chapitre, avant que le 
suppliant ne soit sorti. 

1228 (no 42). — Dorénavant, il ne sera institué aucun 
chanoine, aucune pension ne sera accordée, aucun statut 
obligeant à perpétuité ne sera formulé, ni aucune résolu- 
tion concernant tous les chanoines ne sera prise qu'après 
délibération et consentement de tous, et après convocation 
de tous les chanoines présents dans la province de Tours. 



1315 (n^ 181). — Les chanoines, même lorsqu'ils ne 
seront pas dans les ordres sacrés, seront admis aux élec- 
tions en Chapitre. 

Nomination- aux bénéfices dépendant dn Chapitre. 

1294 (no 146). — Lorsque vaquera un bénéfice à la 
nomination du Chapitre, on y procédera huit jours après 
la mort du titulaire, après convocation des chanoines 
présents au diocèse de Quimper. 

1296 (no 146). — Les chanoines nommaient les vicaires 
des églises dont ils étaient prébendes, mais ils s'étaient 
réservé de nommer en commun certains autres bénéfices, 
comme les sept chapelains de la cathédrale, le sacristain, 
les diacre et sous-diacre en chef, etc. Mais les chanoines 
absents de Quimper lors de ces nominations n'étaient pas 
satisfaits de ne pouvoir y participer ; aussi fut-il décidé 
que Ton attribuerait à chacun des prébendes la nomina- 
tion à Tun ou l'autre de ces postes, et voici comment on 
en fit la distribution : 

Le prébende de Saint-Mathieu présenterait le chapelain 
de la rue Kéréon ; 

Le prébende de Scaêr présenterait le sacriste ; 

Le prébende de Combrit présenterait le vicaire de Qué- 
ménéven ; 

Le prébende de Berrien présenterait à l'église de Saint- 
Coulit ; 

Le prébende de Trégunc, le diacre en chef ; 

Le prébende de Plomodierne, le chapelain de la rue 
Neuve ; 

Le prébende de Rostrenen, le chapelain de la rue des 
Moulins, ou de la paroisse de Lanniron ; 

Le prébende de Plonéour, l'aun^^nier de l'hôpital ; 



- 252 — 

Le prébende de Beuzec-Cap-Sizun, le chapelain de 
Crech Euzen ou de Saint-Primel ; 

Le prébende de Spézet, le chapelain de Mesgloaguen ; 

Le prébende de Carnoet, le sous-diacre en chef ; 

Le prébende de Briee présentera à Téglise d*Ergué- 
Armel ; 

Le prébende de Plozévet, le chapelain de la rue Obscure ; 

Le prébende de Kerfeunteun présentera à Téglisé de 
Quimerch ; 

Le prébende de Landeleau, le chapelain de Rakaer 
(ou Tour du Chastel) ; 

Le prébende de Bannalec, le vicaire de Névez. 

Ciorrection des Clercs. 

1221 (no36). — L'évéque Renaud reconnut qu'au Cha- 
pitre appartenait la correction des clercs attachés au ser- 
vice du chœur de la cathédrale, et ni TÉvèque ni son 
Officiai ne pouvaient les excommunier ou frapper de 
suspense, tant qu'ils se soumettraient au jugement du 
Chapitre. 

1391 (no 407). — Etienne Roussel, curé de la paroisse 
de Creach Euzen, ayant offensé deux chanoines, Olivier- 
Jean Fravai et Jean Corric, est condamné par le Chapitre, 
le 11 Août, à être privé de la distribution et de l'habit 
de chœur jusqu'à la Saint-Michel au mont Oargan, à moins 
qu'il ne fasse des excuses devant tout le Chapitre assemblé. 

1264 (n® 100). — 11 est enjoint à un certain Floic de ne 
pas injurier un chanoine, sous peine d'une amende de 
10 livres, à la volonté du chanoine injurié. 

1382 (no 371). — Un des chanoines, Olivier L'Hostis, 
ayant dénoncé publiquement son confrère Daniel de Lisle, 
comme excommunié par l'Archidiacre pour ne pas vouloir 
reconnaître son autorité, est condamné par le Chapitre à 



— 253 — 

10 livres d'amende ; mais il condamne également Daniel 
à la môme peine pour avoir déféré l'affaire à l'Official ; par 
contre, Olivier payera 40 livres de dommage à Daniel pour 
l'avoir dénoncé, et Tunet l'autre seront passibles de cent 
livres d'amende, s'ils portent cette affaire devant une 
autre juridiction que celle du Chapitre. 

1384 (n® 384). — Défense à Etienne d'injurier maître 
Jean Corric, chanoine, sous peine de 20 livres d'amende et 
d'expulsion du chœur. 

1388 (n° 397). — Le Chapitre fait défense aux ministres 
de l'église de Quimper, et notamment à Jean Le Sech, 
Judicel Fellestreuc et Sorochan, sous peine de cinq sous 
d'amende et de privation d'office, d'aller jouer sur la place 
publique à des jeux peu convenables comme à la galoche 
ou aux dés. 

1394 (n^ 415). — Le Chapitre fait injonction à un des 
chanoines, Jean de Tréanna, de s'abstenir dorénavant de 
tout procédé injurieux, sous peine d'être privé de l'assis- 
tance au chœur et des fruits de sa prébende. 

1396 (n<* 421). — Un des sept curés de la cathédrale, Jean 
Penguen, lors de la procession du lundi des Rogations à 
Locmaria, avait tenu son capuce sur la tête, malgré injonc- 
tion à lui faite de le relever ; pour ce, il fut condamné à 
20 sols d'amende. 

1334 (no 389). — Le Chapitre fait injonction, par devant 
notaires, à Jean Priolic et Yan anRouser, prêtres, d'assis- 
ter assiduement aux heures qui se récitent au chœur, spus 
peine d'être privés des chapelleniés qu'ils desservent à la 
cathédrale. 

1386 (no 391). — M® Penguern, vicaire de la rue Neuve, 
promet de payer 60 sous d'amende, à la réquisition du 
Chapitre, pour avoir célébré une messe à notes pour les 
défunts, dans la chapelle Marie-Madeleine, sans la permis- 
sion du Chapitre. 



— 254 — 

Cérémonies à observer an chœar. 

287 (n*" 139). — Aucun chapelain ou enfant de chœur 
ne pourra entrer au chœur, même par la porte du Crucifix 
qui s'ouvre derrière le maltre-autel, depuis le coaimen- 
cernent de l'hymne de prime jusqu'à la fin de sexte, et 
depuis le commencement de l'hymne de nons jusqu'après 
complies. 

Les enfants de chœur devront avoir une large tonsure 
à la manière des religieux et comme la portent les enfants 
de chœur de Tours. Les chapelains et clercs devront éga- 
lement avoir une tonsure convenable, sous peine, pour les 
enfants, d'être expulsés du chœur, et pour les chapelains 
et clercs, d'être privés de distribution aux deux services 
anniversaires qui suivront. 

Les chapelains, clercs et enfants de chœur devront sor- 
tir du chœur dès qu'ils en ont reçu Tordre du grand chan- 
tre ; l'office devra cesser jusqu'à ce qu'ils aient obéi à 
cette injonction. 

Défense aux chapelains, clercs et enfants de chœur de 
faire du bruit au chœur et d'y parler haut. 

1389 (n° 402). — C'était l'usage, pour les chanoines, de 
faire du bruit avec leur stalle, lorsqu'un confrère entrait 
en retard au chœur ; mais les clercs du chœur s'étant 
permis d'imiter les chanoines, cette licence leur fut inter- 
dite sous peine de 5 sols d'amende. 

1488 (n* 503). — Le Chapitre ordonne que chacun des 
vicaires sera tenu de se procurer à ses frais, avant trois 
mois, un psaultier férial noté, s'il ne préfère verser une 
somme de 8 écus d'or anciens au Chapitre, qui se chargera 
de lui en fournir un exemplaire. 

1287 (no 139). — Le sacristain conservera soigneusement 
les ornements et les pliera chaque jour après la messe où 



— 255 — 

ils auront servi. Il ne devra pas s'absenter de la ville avant 
d'avoir demandé et obtenu congé du Chapitre ou du grand 
chantre. 

Nul des chapelains et choristes ne pourra autoriser son 
confrère à s'absenter, et ne s'absentera pas lui-même sans 
avoir demandé et obtenu licence du Chapitre ou du grand 
chantre. 

Les chapelains et clercs présents ne pourront partager 
leur gain avec les absents, si ceux-ci étaient absents sans 
permission, ou expulsés du chœur. 

La distribution du jeton de présence devra se faire 
chaque jour avant l'élévation de la messe, sous peine pour 
le distributeut* de perdre un mois de son traitement. 

1287 (n® 139). — Défense aux chapelains d'entrer dans 
les tavernes, soit pour boire, soit pour manger, soit pour 
y converser. 

1291 (no 143). — Cette défense est renouvelée, en pré- 
cisant qu'on ne pourra pas même s'installer prés de la 
taverne pour boire, sous prétexte qu'on n'y entre pas, et 
ce sous peine d'une amende de six deniers, dont un pour 
celui qui aura dénoncé le délit, et les cinq autres pour 
la Fabrique. 

1336. — L'Évoque Alain Le Gall, après sa première visite 
épiscopale à ]a cathédrale, rendit l'ordonnance suivante : 

La messe mâtine devra se dire exactement et à l'heure 
fixée. 

A la grand'messe, nous avons remarqué un défaut grave, 
c'est que le diacre et le sous-diacre n'ont pas encore pris 
leurs ornements quand la messe est déjà commencée, et 
qu'ils s'empressent de les quitter, notamment le sous- 
diacre, avant que la messe soit terminée. Nous ordonnons 
qu'ils soient parés pendant toute la messe, sous peine de 
12 deniers chaque fois qu'ils y manqueront. Nous ordon- 
nons également, sous la même peine, qu'ils soient à jeun. 



— 256 — 

Que d'un côté du chœur on ne commence pas un verset 
avant que Tautre côté ait terminé, sous peine pour le 
contrevenant d'être privé de distribution pendant deux 
jours. 

Que personne ne s'avise de prendre un autre ton que 
celui qui a été donné par le chantre, sous peine d'être 
privé ce jour-là de sa part de distribution, qui sera versée 
à la fabrique. 

Que pendant la messe et les heures, nul ne parle si haut 
au voisin qu'il puisse être entendu d'un tiers, sous peine 
de 12 deniers applicables à la fabrique. 

Nul ne pourra dire son bréviaire en particulier au 
chœur, si ce n'est un chanoine, par dévotion. 

Le sacriste devra se pourvoir d'un nombre suffisant de 
serviteurs pour sonner les cloches, servir les messes et 
veiller à la conservation des ornements de l'église, qui se 
perdent faute de soin suffisant. 

On ne devra pas porter le Saint-Sacrement la nuit, sinon 
en cas urgent, surtout après le couvre-feu. 

1393 (n» 410). — Le diacre Glémarec reconnaît qu'il est 
tenu par son office à assister au chœur aux trois heurti 
de l'office et à chanter l'Évangile à toutes les messes 
solennelles qui se chantent au chœur ; que, dès lors, il ne 
peut s'absenter sans la licence du Chapitre ; aussi demande- 
t-il l'autorisation d'aller passer deux ans à Rome pour 
obtenir quelque bénéfice ; celte grâce lui est accordée 
moyennant qu'il se fasse remplacer. 

1400 (no448).— Les diacre et sous-diacre sont astreints 
à remplir personnellement leur office ; ils ne doivent pas 
se faire remplacer sans autorisation, et doivent assister 
au chœur à jeun (jejunis stomachU). 

(A suivre,) 



— 257 — 



LE PETIT SEMINAIRE DE PONT-CROIX 



II 

L'Ëcole de leiltrs (1810-1822). 

Situé à mi-côte de la vallée du Goyen, le petit village 
de Meilars comprend à peine une dizaine de maisons 
éparses autour d'une vieille église au toit surbaissé. Cer- 
tes, on ne peut guère rêver de solitude plus complète, 
car la grand'route passe à une certaine distance et le 
calme de la campagne n'est interrompu, suivant la direc- 
tion des vents, que par le fracas des flots sur les galets 
de la baie d'Audierne ou contre les falaises de la baie de 
Douarnenez. 

La paroisse ne comptait pas un millier d'habitants. Son 
vénérable recteur, M. Pennanéac'h, était mort, au mois de 
Mai 1809, a emportant avec lui les regrets de la plus saine 
partie de la commune », et le Conseil municipal avait 
demandé, pour le remplacer, M. Le Roux « qui s'est 
acquis l'estime la plus grande, pendant le temps qu'il a 
été à Pont-Croix, occupé aux écoles, chez M. Rochedreux ». 
Mais l'adjoint fut supplanté par son ancien directeur. 

Outre la maison d'habitation, le presbytère de Meilars 
comprend des bâtiments de service et un jardin assez 
vaste. Mis en vente, sous la Révolution, il fut acquis par 
M. Salou, (( homme honnête et religieux », qui s'empressa 
de le céder au Conseil municipal, moyennant une créance 
de 1.024 livres, lorsque parut le décret de l'an XI qui 
autorisait les communes à fournir un logement aux des- 

BOLIBTIN D£ IJL COMMISSION DIOCÉSAINS. — 8* aonÔe. 17 



— 288 — 

servants. Par acte daté du 5 Janvier 1810, M. Rochedreux 
se fit subroger dans les droits de M. Salou. 

Le nouveau desservant n'avait pas attendu d'être en 
possession de l'immeuble pour le transformer à son gré. 
Dès le mois d'Août 1809, il fait dépaver et percer de qua- 
tre grandes fenêtres la maison servant anciennement 
d'écurie ; il y établit un dortoir et une classe, bien qu'un 
monsieur des environs — en relations fréquentes avec les 
principaux administrateurs du Département — soit venu 
l'avertir confidentiellement qu'il travaillait en pure perte, 
étant donné qu'on veut abolir tous les petits collèges, pour 
repeupler celui de Quimper. 

Transformé, par décret impérial du 17 Octobre 1807, en 
école communale secondaire, le collège de Quimper était 
bien déchu de son ancienne splendeur. Il était resté 
fermé, pendant un an, faute de sujets. En 1809, l'école 
comptait seulement soixante-dix-neuf élèves et, comme 
il n'y avait pas de pensionnat, les enfants de la campagne 
étaient logés chez l'habitant. Un arrêté préfectoral du 
20 Juin 1809 remit les bâtiments à l'Université, mais le 
collège ne fut réorganisé que l'année suivante, alors que 
la petite école de Meilars se trouvait en plein exercice. 

Dès le mois de Février, M. Rochedreux proclame que 
sa maison est un des plus jolis petits séminaires du dio- 
cèse. Il a quinze pensionnaires qu'il nourrit et instruit 
avec tout le zèle dont il est capable, n'épargnant ni soins 
ni veilles pour en faire de bons sujets, avec la douce con- 
fiance que ces jeunes gens lui rendront un jour la justice 
qu'il a droit d'en attendre. 

Un mois plus tard, il écrit à l'Évêque la lettre suivante, 
intéressante parce qu'elle nous montre le mattre impres- 
sionnable, aigri, et parce qu'elle nous donne quelques 
détails sur le régime, plutôt frugal, des écoliers. 

(( Le gain de cause que Votre Grandeur vient de donner 



— 259 - 

à un de mes élèves, avant de m'entendre, est de nature à 
jeter un discrédit bien formel sur le nouvel établissement. 
Ce jeune. étourdi dont l'éducation m'a coûté tant de pei- 
nes, de soins et de chagrins, triomphe du bon accueil 
dont vous Tavez honoré et de la destination que vous lui 
avez donnée pour le collège de S^ Paul. En attendant que 
Texpérience et le temps, qui sont deux grands maîtres, 
me justifient à vos yeux, je vous prie de me décharger 
des treize pensionnaires dont j'ai ébauché l'éducation. Us 
méritent tous, à de plus justes titres, votre protection et 
vos faveurs : aucun d'eux ne m'ayant donné jusqu'à ce 
jour, aucun sujet de mécontentement. Ce jeune homme, 
au contraire, a mérité d'être chassé, trois fois, de mes 
écoles... Je l'ai souOert pendant un an. Ses parents lui 
ont fourni seulement du pain d'orge, du beurre et rare- 
ment de la viande salée. Quatre fois par semaine, je lui 
ai donné un repas ; presque chaque jour, quelque supplé- 
ment à son entretien, et enfin son logement et ses écoles, 
le tout gratis, dans l'espoir de vous le présenter, avec ses 
quatre autres condisciples, pour être admis au Séminaire 

à la S^ Michel prochaine Il est de toute fausseté que 

j'exige d'aucun pensionnaire la moindre chose pour leur 
nourriture ; il est très faux que je les occupe à des tra- 
vaux étrangers au but proposé. Chaque jour, excepté le 
dimanche, je leur fais des conférences, jusqu'à dix heu- 
res du soir. Ce jeune homme que j'ai chargé de la sur- 
veillance du pensionnat, rendra hommage à la vérité ; 
interrogez-le. Monseigneur, puisque j'ai perdu votre con- 
fiance » Il insiste, en terminant, pour qu'on accepte 

sa démission, s'engageant, xomme dernier trait de son 
dévouement, à faire honneur à toutes les dettes qu'il a 
contractées pour le nouvel établissement. 

Après lui avoir reproché de ne pas mettre l'adminis- 
tration au courant des fautes graves commises par les 



— 260 — 

élèves et de se plaindre en termes trop amers, Monsei- 
gneur l'exhorte paternellement à supporter les humilia- 
tions et les contradictions, en vue du grand œuvre à 
accomplir, de la gloire de Dieu et de l'utilité du diocèse. 
Et M. Rochedreux, réconforté, prie Sa Grandeur de vou- 
loir bien envoyer quelqu'un pour visiter les locaux, inter- 
roger les élèves et se rendre compte de l'exactitude du 
jugement porté par MM. OUitrault et Goardon, régents de 
cinquième et de philosophie à Quimper : ces messieurs 
ont eu l'honnêteté de lui déclarer que ses élèves étaient 
les meilleurs sujets de leur collège. 

Il eut encore à se défendre du reproche que lui fai- 
saient ses confrères d'être d'un caractère insociable. Or, 
(( depuis mon retour dans ce diocèse, écrit-il à M. Le 
Clanche, je n'ai eu de relations qu'avec Monseigneur et 
avec vous. Comment se fait-il donc que des ecclésiasti- 
ques se plaignent de ma mauvaise tête et de mon amour- 
propre ? C'est une énigme pour moi ? » Hélas I 

Sur la demande qui lui en a été faite, il adresse à Mon- 
seigneur rÉvêque, le 26 Juin 1810, une note fidèle des * 
progrès de ses élèves : 

« Jean Archan, clerc tonsuré, âgé de 27 ans, était par- 
faitement ignorant, il y a treize mois : aujourd'huy, il 
possède à fond les principes des langues française et 
latine ; il a une mémoire ingrate à laquelle supplée une 
excellente judiciaire ; il explique facilement les auteurs 
latins, tels que le Selectœ e profanis et VirgileJ; il annonce 
encore une certaine lenteur dans la lecture : l'usage fera 
disparaître cette difficulté. — Corentin Le Quéinnec, âgé 
de 21 ans, ne sçavait ni français, ni latin, il y a deux ans, 
ainsi qu'Onneau Pellen, âgé de 19 ans, et Clet Paul, âgé 
de 17 ans. Aujourd'huy, ces trois derniers sujets possè- 
dent plus à fond ces deux langues ; ils expliquent les 
mêmes auteurs que le premier : l'usage les perfection- 



— 2J61 — 

nera. A l'amour de l'étude, ils joignent tous une grande 
pureté de mœurs. — Dans le nombre des autres pension- 
naires, trois annoncent une grande difficulté, tels sont 
Riou, en cinquième, Charles, en sixième, et Savin, en 
septième. Luc Martin fait des progrès rapides en cin- 
quième, ainsi que Paillard, Le Pennée et Le Bars, en 
sixième. Pascal Le Plusquellec, âgé de 13 ans, et Ray- 
mond Guillou, âgé de 14 ans, tous deux de Concarneau, 
annoncent être, un jour, deux excellents sujets. Je dési- 
rerais. Monseigneur, que le petit séminaire lut unique- 
ment composé de sujets de la trempe de ces derniers. 

(( Si Votre Grandeur ordonne que les quatre premiers 
sujets se présentent à l'examen, pour les vacances pro- 
chaines, j'ai tout lieu de croire qu'ils plairont à messieurs 
les examinateurs, à raison du temps où ils ont commencé 
leurs études. 

« Mon confrère Bozec, à qui j'ai communiqué cette note, 
l'a trouvée bien modeste, d'après la connaissance qu'il a 
des sujets de ce petit séminaire. 

(( Je désirerais que cette maison qui vous coûte cher 
ainsi qu'à moi-même, fut de nature à vous intéresser, au 
point de pouvoir y envoyer jusqu'à vingt sujets. » 

On remarquera peut-être un peu de partialité dans le 
jugement porté par l'abbé Rochedreux, sur ses jeunes 
compatriotes, Plusquellec et Guillou. Mais combien sug- 
gestive est cette note sur le recrutement sacerdotal, au 
lendemain de la Révolution ! L'Église de France, jadis si 
fière de ses licenciés en Sorbonne, était réduite à se con- 
tenter de jeunes gens sachant lire couramment le fran- 
çais et traduire, vaille que vaille, quelques fragments 
d'auteurs latins. 

Et que de difficultés financières ou administratives I 
(( Tout va à merveille pour nous conduire à l'hôpital ou à 
la prison, )) écrit le Directeur de Meilars, au premier de 



— 262 — 

l'an 1811. Il ne sait comment acquitter les dettes qu'il a 
contractées pour la restauration de l'école, sans compter 
qu'on lui réclame encore 300 livres pour la maison qu'il 
occupait à Pont-Croix. En vain fait-il valoir qu'il a dû la 
quitter, par suite de circonstances imprévues ; M. le Pré- 
fet n'a pas égard à « la bonne foi d'un pauvre prêtre de 
la campagne ». Il n'écoute pas davantage les suppliques 
de la Commune. Alors que M. Massé obtient tout ce qu'il 
veut — « par le canal de M. Kerilis fils » — pour sa 
paroisse, Meilars, « mille fois plus pauvre que Poulder- 
gat, » n'a encore rien reçu pour subvenir aux besoins 
urgents de l'église et pour rembourser au subrogé de 
M. Salou, la somme due pour le presbytère. 

Trois mois avant de quitter Pont-Croix, M. Rochedreux 
avait reçu de M. Germé, recteur de l'Académie de Rennes, 
une lettre lui notifiant qu'un diplôme était nécessaire 
pour occuper les fonctions de directeur d'école secon- 
daire. Il répondit qu'il allait se retirer dans une campa- 
gne pour s'occuper seulement de pauvres jeunes gens 
entretenus par Monseigneur. L'Académie fit de nouvelles 
instances, mais comme il faut payer 200 livres pour le 
moindre dès grades, le Directeur désire que Monseigneur 
fasse prendre connaissance de Técole, avant de solliciter 
un diplôme. D'autre part, quelques-uns des élèves sont 
a à l'âge critique de la conscription ». Enfin, l'application 
du décret qui ordonnait la suppression des écoles secon- 
daires ecclésiastiques vint mettre un terme à ses tribula- 
tions. (( 11 ne me reste de mes élèves, que mes deux 
neveux, Pasquier et Jean Le Pennée, comme enfants de 
chœur, et Provost, comme domestique. M. le Préfet, ayant 
pris connaissance de l'état de cette maison pendant son 
séjour à Pont-Croix — d'où il a fait partir la gendarmerie 
pour en dresser un procès-verbal — , a répondu que ce 
petit nombre d'enfants était encore trop considérable. 



— 26â — 

Il menace d*abolir entièrement cette maison, comme 
soupçonnée d'avoir élevé trop de jeunes gens pour l'état 
ecclésiastique. » Cette lettre est du 18 Juillet 1812. 

L'année suivante, les élèves commençaient à revenir, 
lorsque le mattre partit. Nommé recteur de Névez, M. Ro- 
chedreux ne put encore s'y fixer ; il demande, en 1819, la 
desserte de PouUan, l'obtient et ne l'occupe pas. Deux 
ans pLus tard, nous le trouvons à Port-Louis, où il rem- 
plit l'office de chapelain. Il reçoit son exeat pour le dio- 
cèse de Vannes, mais ne réussit pas à le faire accepter. 
Sans fonction, sans ressources, il se retire enfin, avec 
l'agrément de Monseigneur, « sur la côte de Loctudy » — 
probablement à l'Ile — où il mourut en 1827. 

Puisse la fondation du Petit Séminaire avoir illuminé 
d'un doux rayon le déclin d'une vie si agitée I 



« * 



En quittant Meilars, M. Rochedreux aurait, parait-il, 
déclaré à ses anciens paroissiens qu'ils n'étaient pas à la 
veille d'avoir un nouveau recteur. En effet, malgré les 
instances réitérées du Maire et du Conseil municipal, la 
paroisse resta près d'un an sans desservant. M. Abgrall, 
prêtre à Pont-Croix, qui s'y rendait volontiers, jour et 
nuit, toutes les fois qu'on avait recours à son ministère, 
fut enfin nommé recteur de Meilars en Juillet 1814. Mais 
son chirurgien ayant déclaré que l'air y était trop vif et 
trop froid et que l'air de Beuzec « en qualité d'air natal » 
conviendrait mieux à son client, M. Abgrall quitta Mei- 
lars, et le presbytère resta encore inoccupé, abandonné 
pendant près de six mois, au point que le successeur dût, 
avant d'y entrer, prier ses paroissiens de lui couper l'herbe 
sous les pieds. 



— 264 — 

Ce successeur était M. Clérec, ancien recteur d'Âudierne, 
où il avait eu maille à partir avec les francs républicains 
qui tenaient à leur ancien club « comme un teigneux à 
son bonnet ». Instruit, énergique, le nouveau recteur 
avait toutes les qualités requises pour diriger une école, 
mais il dut se contenter d'éduquer un pauvre clerc, sur 
le compte duquel il écrit à son ami intime, M. Clanche, 
secrétaire de l'évèché : « Quel colosse Monseigneur m'a 
envoyé ! Mais quel petit esprit dans un grand corps ! » 
D'ailleurs, en 1818, M. Clérec fut nommé recteur de Saint- 
Mathieu de Quimper. Et le 29 Mars 1819, le Maire de Mei- 
lars rédige une nouvelle supplique à TÉvêque : 

(( La pénurie de sujets a sans doute influé sur le défaut 
d'un desservant à Meilars, c'est la seule cause à laquelle 
je puisse attribuer le malheur dans lequel mes adminis- 
trés et moi nous nous trouvons plongés. Sans doute, Mon- 
seigneur, vous n'avez pas oublié le logement délicat que 
nous soignons pour Monsieur notre Desservant, les senti- 
ments religieux dont nous nous flattons d'être pénétrés 
et la difficulté que nous éprouvons à recourir sans cesse 
surtout en cas de maladie à un ministère éloigné de nous 
et peu assuré. Daignez, Monseigneur, daignez jeter sur 
nous un œil de compassion et faire enfin habiter Tua des 
meilleurs presbytères de votre diocèse par un desservant 
qui fasse cesser l'amertume dont nous sommes abreuvés. 
Aurai-je le bonheur. Monseigneur, de recevoir de votre 
part une réponse à la présente lettre, qui n'est pas la 
première écrite de ma part à Votre Grandeur »... 

Pour répondre aux vœux de la population et pour 
reprendre l'œuvre de M. Rochedreux, l'Administration 
diocésaine nomma l'abbé Madec desservant de Meilars. 
Au mois d'Août 1819, le nouveau Recteur informe Sa 
Grandeur que, suivant ses conseils, il vient d'acheter une 
maison qui va à 1.200 francs, sans compter les répara- 



— â65 — 

lions qui, pour le moins, monteront à 400 francs. Assez 
grande pour loger une vingtaine d'écoliers, elle compre- 
nait, en outre, une chambre pour le président, une salle 
d'étude, une assez jolie cuisine avec deux caves. Il y avait 
deux crèches dans la cour et un fort bon puits dans le 
jardin, qui était entouré de murs et protégé contre les 
vents du Nord par deux douzaines d'arbres très élevés. 
Les deux classes du presbytère sont également aména- 
gées et, le 17 Mars 1820, l'institution compte quarante- 
sept élèves qui se répartissent ainsi : six en sixième, dix 
en septième, sept en huitième et vingt-quatre commen- 
çants. La plupart sont « chambriers », c'est-à-dire que 
la pension leur est fournie par la famille. Aussi, sauf 
Richard, de Quimperlé, Ballinec et les deux Labruyère, 
de Quimper, sont-ils tous originaires de Meilars, Maha- 
lon, Poullan et des paroisses rurales du Cap. 

Au 17 Janvier 1821, il y avait soixante-quatorze élèves ; 
quatre nouveaux se présentèrent encore dans la quinzaine. 
Mais si le nombre des jeunes gens augmentait, les dettes 
aussi s'accumulaient, et le Directeur, menacé d'une vente 
publique, ne voit d'autre moyen de se tirer d'embarras 
que de remettre l'institution au bureau des Séminaires. 
C'est alors que, le 7 Mars 1822, Mgr Dombideau écrivit à 
M. Le Coz, en ce moment à Pont-l'Abbé, la lettre suivante : 

(( 11 faut, Monsieur, compter autant que je le dois sur 
votre zèle pour le bien du diocèse et pour celui de la reli- 
gion pour vous proposer une bonne œuvre de plus. 

« Vous savez que j'ai formé une école à Meylars, près 
Pont-Croix. M. Jaffry, curé de cette ville, m'avait indiqué 
M. Madec pour la diriger. Elle est devenue nombreuse, 
mais M. Madec était incapable de la gouverner, pour le 
temporel. Nous lui avons fait des avances considérables 
et Nous lui avons prouvé qu'il pouvait faire des bénéfices 
qui devaient lui donner les moyens de la faire prospérer. 



— 266 — 

Ce n*est que depuis peu de jours, qu'il nous a donné la 
certitude qu*il augmentait chaque année la masse de ses 
dettes. M. Floc'h, économe de mon Grand Séminaire, qui 
veut bien se charger de vous porter cette lettre, vous en 
donnera tous les détails. 

« Je ne vois que vous, Monsieur, qui puissiez prévenir 
la chute de cet utile établissement. Le logement est agréa- 
ble et le Cap fournit un grand nombre de sujets. 

« Je n'ose vous proposer la place de desservant de Mey- 
lars, mais cependant ce serait un moyen de plus d'assu- 
rer le bien. Je prendrai l'engagement de vous donner un 
vicaire, quoique la paroisse soit très petite ; il pourrait 
remplir, en même temps, la place de professeur. Vous 
auriez le double titre de desservant et de supérieur de 
l'école. 

« Enfin, Monsieur, je vous invoque comme le sauveur 
de cette école. » 

La confiance de Monseigneur ne fut pas trompée : d'une 
petite école de campagne, l'abbé Le Coz allait faire un 
véritable séminaire dont il nous faut, après ce préambule, 
essayer de retracer l'histoire. 

(A êuivre.) 



— 267 — 




SDR LES 



PAROISSES m DIOCÈSE DE QIIIHPER ET DE LÉON 

Par MM. PETRON et ABORALL. 

(Suite.) 



ELLIANT 

(ELQENT, ELJENT, ELYANT) 

(Fin.) 



2» Chapelle dé Noirs-Dame de Bon-Secoure. 

Autrefois Saint-Roch, puis Saint-Cloud ; était en ruine 
en 1782. 

A 500 mètres Sud-Ouest du bourg, au bord d'un val- 
lon très profond, est la chapelle de Notre-Dame de Bon- 
Secours, dont les deux portes Sud et Ouest ont des mou- 
lures gothiques du xvi« siècle. 

Le reste, quoique entièrement en pierres de taille, est 
sans aucun travail d'art. 

L'intérieur est graud, mais donne une impression 
d'obscurité et de tristesse. Au-dessus du mattre-autel est 
la statue de Notre-Dame, et on voit en outre celles de 
saint Jean-Baptiste, saint Joseph, et saint Cloud (?), en 
chasuble, tenant ud livre ; en breton il est dénommé : 
sant Cleyen. 

Tout près, au Nord, dans une prairie, est la fontaine 
de Saint-Cloud, absolument semblable à celle de Saint- 
Gilles. 



1 



— 268 - 

La cloche, fondue en 1754 par M. Jean, de Quimper, a 
eu pour parrain M. Louis de Rosencoat, et pour mar- 
raine, Hélène-Marie-Louise Le Lart (M. de Villiers). 

do Chapelle de Tréanna. 

Elle est toute bâtie en pierres de taille, indiquant par 
son style la fin du xv<» siècle ou le commencement du xvi^ 
A la façade Ouest, est une jolie porte gothique, couronnée 
par une contre-courbe saillante dont les retombées por- 
tent sur deux têtes caractéristiques ; Tune est celle d*un 
adolescent aux beaux cheveux bouclés. 

A la façade Midi est une autre porte encore plus riche 
comme sculpture, ornementée de colonnettes, pilastres, 
pinacles feuillages. Aux deux côtés, on voit un buste tenant 
un bâton noueux ou crosse, puis un fou tenant sa marotte. 

Au haut, sont deux écussons : 

Tréanna, d'azur à la mdcle d'argent ; 

Parti de Tréanna et de Plœuc, 

Statues en vénération : 

1. — Sainte Anne, groupe triple, avec la Sainte Vierge 
et l'Enfant-Jésus ; 

2. — Sainte Anne, avec la Sainte Vierge debout, lisant ; 

3. — Sainte Vierge Mère ; 

4. — Saint Yves, autrefois entre le riche et le pauvre. 
Ceux-ci, détériorés et vermoulus, sont relégués dans un 
coin. Saint Yves est revêtu d'une cotte, avec grand col 
rabattu. Le riche a une barbe pointue à la Sully ; 

5. — Sainte Barbe ; 

6. — Saint Jacques, costumé en pèlerin, traits émaciés. 
En 1782, on disait dans cette chapelle une messe mati- 
nale les dimanches et fêtes. 



269 — 



4« CfhapMe d« Sainte-Meurguerit». 

I 
] 

Cette chapelle se composait autrefois d'une simple nef, 
des premières années du xvi® siècle, comme l'indique la I 

porte Midi, ainsi que le petit clocher où Ton remarque 
une gargouille fort singulière représentant une grenouille. 
Comme l'édifice était insufHsant, les propriétaires firent 
en 1876 un agrandissement consistant en deux branches 
de transept et un sanctuaire droit, comme le dit l'ins- 
cription gravée sur la porte de la sacristie : , 
FAIT BATIR PAR HENRI JAOUEN ET MARIE JEANNE i 
MEUR. 1876: ; 

Les statues anciennes sont : 

1. — Sainte Marguerite, les mains jointes, debout sur 
un dragon terrible et bien sculpté ; 

2. — Notre-Dame de Bonne-Nouvelle ; 

3. — Notre-Dame de Pitié ; 

4. — Saint Jean-Baptiste ; 

5. — Sainte Catherine ; 

6. — Saint François d'Assise ; 

7. — Saint Dominique ; 

8. — Saint Corentin ; 

9. — Saint Laurent ; 

10. — Très joli petit saint Sébastien. 

Il y a en plus un petit bas-relief en albâtre représen- 
tant l'Assomption de la Sainte Vierge. Elle est dans un 
nimbe en amande, entourée d'anges, surmontée du buste 
de Notre Seigneur. A ses côtés, est l'apôtre saint Thomas, 
prenant la ceinture qu'elle a laissé tomber, pour lui mon- 
trer que son corps est monté au ciel. Ce même détail se 
retrouve dans un albâtre du Carmel de Morlaix et dans 
un autre conservé au musée de la Société Polymatique de 
Vannes et qui provient de la chapelle de Loguiviec, en 



^ 



— 272 — 

Gilles- Claude Harquin, S'^ de Kerourien, et de dame 
Marie-Roze-Thérèse de Tintenîac. La publication de ce 
mariage avec dispense de deux bans avait été faite le 
jour précédent, 15 Mai, à la grand'messe chantée dans la 
chapelle de Saint-Guenal. Goulven Pervez, recteur d'El- 
liant (M. de Villiers). 

10^ Notre-Dame de Lorette, à Eeranbars. 

Cette chapelle est signalée comme érigée depuis u peu 
d'années » par M. de Coatpont,. en 1804. D'après la tradi- 
tion recueillie par M. de Villiers, on trouva dans un arbre 
une vieille statue de Saint qui commença à être Tobjelde 
la vénération des fidèles, qui allaient lui demander parti- 
culièrement la guérison des fièvres. Le Recteur ayant fait 
transporter cette statue en l'église du bourg, elle serait 
revenue d'elle-même à son ancienne place, et le Recteur. 
s'obstinant à la réintégrer à l'église, tomba malade et ne 
fut guéri que lorsqu'il consentit à remettre la statue au 
lieu choisi par le Saint pour être honoré et où fut cons- 
truit l'oratoire qui existe actuellement sous le vocable de 
Notre-Dame de Lorette. On s'y rend en procession pour 
les Rogations et le lundi de la Pentecôte, jour du pardon. 

7/0 Langroas. 

M. Villiers du Terrage signale en cet endroit l'emplace- 
ment de la chapelle dédiée à la Croix, qui n'existe plus 
depuis la Révolution, et près de laquelle se trouvait un 
lec'h portant à sa partie supérieure une petite croix fine- 
ment gravée. 



— 273 — 

La Peste d'Elliant 

La peste d'Elliant a été rendue populaire par la publi- 
cation du Barzas-Breiz, et la scène de cette femme traî- 
nant dans une charrette au cimetière les corps de ses neuf 
fils, pendant que le père, pris d'un accès de folie, suit en 
sifflant le triste convoi, a été représentée par une pein- 
ture saisissante qui, longtemps exposée au palais du 
Luxembourg, orne actuellement le musée de Quimper. 

M. de la Villemarqué fait remonter jusqu'au vi« siècle 
les ravages du fléau, parce qu'il fut prédit, selon un saint 
ermite du pays de Tourc'h, le père Ratian, mentionné 
comme vivant à cette époque, par le Cartulaire de Lan- 
dévennec. Mais la raison n'est peut-être pas concluante ; 
car, comme le fait observer M. l'abbé Favé (1), « l'auteur 
du Boftsen Elliant a pu, pour dramatiser son récit, res- 
susciter le saint homme de Tourc'h, et lui confier le soin 
de dépeindre les malheurs d'une époque postérieure ». 

Il est probable, du reste, que, dans le cours des âges, 
le terrible fléau a ravagé plus d'une fois le pays d'Elliant, 
par suite des maladies contagieuses qui désolèrent Quim- 
per et, de proche en proche, les pays voisins ; nous avons 
fait ailleurs cette statistique du fléau. 

C'est, en 1349, la peste qui vit périr le bienheureux 
Jean Discalcéat. 

En 1412, les bourgeois de Quimper se vouent à Notre- 
Dame du Guéodet pour échapper au fléau. 

En 1470, Cosmao, fermier du billot de Cornouaille, dit 
que, « durant ce temps, la mourance et peste d'épidémie 
eurent si grand cours, qu'il est notoire que la ferme per- 
dit beaucoup ». 

(1) BuUet. Soe. ÂrchéoL, XX, page 352. 
Bulletin db la Commission diocésaine. — 8* année. 18 



— 274 — 

En 1533, les cbanoines, à cause de la maladie, vont 
tenir chapitre à Châteauneuf-du-Faou, puis à Carhaix 
(Déal). 

En 1564, le 23 Septembre, une tempête de neige, suivie 
d'une peste, désole Quimper ; les chanoines se retirent 
d'abord à la chapelle Saint-Laurent, au-dessus du mont 
Frugy, puis à Coray, puis aux Carmes de Pont-rAbbé ; en 
15Go, le 17 Juillet, ils tiennent chapitre au Grand-Ergué; 
mais la maladie, gagnant le pays, ils se retirent, le 30 Juil- 
let, au presbytère de Fouesnant. 

En 1595, c'est la terrible peste décrite par le chanoine 
Moreau. 

En 1639, c'est la maladie qui provoqua le recours au 
bras de saint Gorentin. 

11 est bien possible que le souvenir de la peste d*Elliant 
se rattache à Tune ou l'autre de ces dates ; cependant, la 
tradition donne à la maladie qui ravagea Elliant une 
cause spéciale : la rupture d'une digue, dont on voit 
encore les traces, qui formait, dans le vallon dominé par 
le bourg, un étang immense qui aurait été navigable, jus- 
qu'aux abords du manoir de Tréanna, et dont les seigneurs 
profitaient pour venir en bateau à la messe. Gette rupture 
aurait occasionné des exhalations pernicieuses, causes du 
fléau. 

Le cantique de Kerdévot, composé en 1712 (1), parle 
également d'une peste qui aurait désolé la paroisse d'El- 
liant et n'aurait cessé qu'après le vœu des habitants de se 
rendre chaque année en procession à Kerdévot, ce qui 
s'est fait religieusement jusqu'à la Révolution. 

Deux souvenirs de la peste d'Elliant se voient dans la 
paroisse : le premier est un champ, non loin du bourg, 
appelé Jardin Olivet, Jardin des Oliviers, où, d'après la 



(1) Voir M. i'abbô Pavé, l. c. 



i 
( 



— 275 — 

tradition, furent enterrés les corps des pestiférés, qui ne 
trouvaient plus place dans le cimetière ; comme dit le 
chant populaire, « il faut bénir les champs pour enterrer 
les cadavres ». 

L'autre souvenir est une pierre portant deux emprein- 
tes, dont Tune peut représenter à la rigueur le pied d'un 
animal, et lautre a la forme en relief d'un pied humain 
très allongé ; cette pierre se trouvait au gué de Roudou- 
blout et servait probablement à passer le cours d'eau qui 
sépare Elliant d'Ergué-Gabéric, avant la construction du 
pont. 

Les habitants ont appelé la première de ces empreintes 
TVoad ar Vosen, et la seconde Troad ar Verc^hez, le Pied 
de la Peste et le Pied de la Vierge, y trouvant le symbole 
de la grâce obtenue : la peste chassée d'Elliant par la toute 
puissance de la Vierge, Notre-Dame de Kerdévot. 



Monuments anciens (1) 

Cachette de fondeur de haches à douille quadrangu- 
laires, sur le sommet d'une carrière sur les dépendances 
du village de Kerho. 

Borne milliaîre, à 800 mètres du bourg, route de Scaër, 
près du Parc an Olivet, ou Champ de la Peste. 

A Stang-Askel, substructions, sur les hauteurs qui 
dominent le camp romain existant sur le mamelon boisé 
de Tréanna. On y a trouvé, en 1879, une amphore déposée 
au musée de Kernuz. 

Camp quadrangulaire avec enceinte en pierres sèches 
de È à 5 mètres de haut ayant une tour à l'angle Sud-Ouest 
et trois demi-tours dans les côtés, dans le bois d'Elliant. 

(1) Du Chatellidr. 



— 276 — 

Substructions sur les bords de TOdet, à 500 mètres du 
Moustoir. 

Tuiles et débris de poterie romaine au bourg. 

En 1897, une petite statuette en bronze du dieu Pan a 
été découverte en Elllant. Le paysan qui l'avait décou- 
verte n*a pas pu ou n'a pas voulu indiquer Tendroit de 
la trouvaille ; elle appartient actuellement à M. Aveneau 
de la Granciëre (BuUeHn ArchéoL, XXV, p. 56). 

Le tumulus circulaire de Keranbriquen, fouillé en 1898, 
par M. Villiers du Terrage (Voir Bvlletin Soc. Arehéol, 
XXV, p. 422). 

Maisons nobles 

Capitaine, S' du Boisdaniel. 

Guengat, S^ de Botbodern : d'azur à trois mains dextre$ 
appauméss d'argent enpal; devise : Trésor, et LécU à ma foy* 

Kergroadez, S' de Treanna : fascé de six pièces d'argent 
et de sable ; devise : En bonne heure. 

Kerloaguen, S' de Kervastard : d'argent à Vaigle esployée 
de sable, menibrée et becquée de gueules; devise : Sans effroy. 

Kerminihy, S' du dit lieu : d'argent à trois molettes de 
gueules, 

Kervastard, S' de Kerengar : d'argent à trois chevroru 
de sable. 

Landanet, S^ du dit lieu : d'azur au grélier d'argent 
accompagné en chef d'un fer de lance de même, la pointe 
en haut. 

De la Lande, S' du dit lieu : d'azur à trois annelets d'or, 

Muzillac, S' de Treanna : de gueules au léopard Honni 
d'hermines. 

Le Pappe, S^^ de Kerminihy : de gueules à cinq fusée» 
d'or posées en bande, alias : uns épée en pal, accompagnés 
de trois croissettes. 



— 2l1 — 

Du Plessis, S' de Kermînihy : d'argent au chêne arracM 
de êinople englanté d'or; au franc canton de gueules, chargé 
de deux hache» d'armes adossées d'argent en pal. 

Rosmadec, S' de Tréanna : paie d'argent et d'azur de six 
pièces ; devise : En bon espoir. 

^alou, S' de Toulgouet : d'argent à trois hures de san- 
glier arrachées de sable, i 

Tinténiac, S' de Treanna : d'or à deux jumelles d'agur, 
au bdton de gueules brochant en bande sur le tout, ou 
moderues : d'hermines au croissant de gueules, 

Treanna, S' du dit lieu et de Botbodern : d'argent à la 
macle d'azur. 

TreO, S' de Rozhellou : d'argent au sanglier de sable 
couronné de même. 

Visdelou, S' de Toulgouet : d'argent à trois têtes de loup 
de sable arrachée» et lampassées de gueules.) 



ERGUÉ-ARMEL 



Dans la charte de 1160, qui énumère les biens des Tem- 
pliers en Bretagne, il est question des aumôneries de 
Penhars, de Plonéis, d'Ergué et de Beuzec-Gap-Sizun, 
€ Elemosine de Pennharth et de Ploeneth et de < ArkQ » et 
de Bodoc Kap sithun ». Si Arke signifie Ergué-Armel, ce 
serait la première mention du nom de la paroisse qui 
nous occupe ; mais il peut s'entendre aussi bien de la 
paroisse du Grand-Ergué, car il n'est pas certain que 
Sainte-Anne du Guélen ait été un établissement de Tem- 
pliers, et il est hors de doute que cette chapelle de Sainte- 
Anne appartenait à la seigneurie du Plessix, dès le com- 
mencement du XIII® siècle. 



— 278 — 

Si !• nom de Ergué n*est pas mentionné au Cartalaire 
de Quimperlé, il y est pourtant question de terres loi 
appartenant, Knech Cuchi, ou mont Frugi, qui fut donné 
aux religieux de Sainte-Croix de Quimperlé, par Alain, 
duc de Bretagne, fils du comte Hoel, à la fin du xr» ou au 
commencement du xii' siècle (1084, 1112) (1). 

Cette terre du mont Frugy, où fut construite la chapelle 
de Saint-Laurent, fut annexée au prieuré de Logamand, 
en La Forêt, jusqu*à la Révolution. 

Ce mont Frugi ou Cuchi est signalé également comine 
limite de l'abbaye de Locmaria, lors de sa fondation, 
vers 1030. 

Nous trouvons aussi un Arthmael Ourialis, officier du 
comte Alain, figurant comme témoin de la donation delà 
tere de Killicadur, en Elgent, à Sainte-Croix de Quimperlé, 
le 11 Avril 1107 (Cart., page 201). 

La première mention certaine que nous trouvons d'Er- 
gué-Armel est au n^ 66 du Cartulaire de Quimper, en 
l'année 1244. Il s'agit d'un accord entre le Chapitre de 
Quimper et un seigneur, a Guillermum militeni de Erge 
Arthmael » le chevalier Guillaume d'Ergué- Armel, au 
sujet de la terre de Camperith, située dans la dite paroisse, 
in parochia de Erge Armael, et sur laquelle il doit payer 
deux mesures de froment, deux mesures de seigle et 3 sous 
au sacriste de la Cathédrale, et cela pendant onze ans. 

Nous constatons que la paroisse d'Ergué-Armel ne figure 
pas au rôle des bénéfices imposés au diocèse de Cornouaille, 
en 1368 (Cart. n» 4), probablement parce que ce bénéfice 
était annexé au Chapitre ; mais ce doit être la paroisse 
d'Ergué-Armel qui est désignée sous le nom d£^g^ 
Foenant, comme devant 20 sols de rente à la trésorerie 
de Saint-Corentin, en 1278 (Cart. n» 124). 

(1) Voir CaHulaire de Quimperlé, Édité par MM. de Berthon et Léoo | 
Maître, p. 205. 



— 279 — 

En 1296, le Chapitre décidait que les bénéfices qui 
sont à sa nomination, au lieu d*étre conférés d'un con- 
sentement commun, seront pourvus par chacun des cha- 
noines en particulier, suivant un ordre tiré au sort; 
c*est ainsi que le chanoine qui doit présenter au vicariat 
de Briec présenterait également à la paroisse de Ergue- 
Arzmael (Cart. 148). 

Le nom de Ergué est donné au Cartulaire à plusieurs 
personnages, sans que nous puissions dire si, par ce titre, 
on désigne le titulaire de la paroisse, et si cette paroisse 
doit s'entendre du Petit ou du Grand-Ergué. C'est ainsi 
qu'en 1313 (Cart. n^ 176), il est question de Guillaume de 
Ergué, trésorier de la Cathédrale ; de Guillaune de Erge^ 
chantre, de 1326 à 1353. 

Église paroissiale 

L'église d'Ergué-Armel, qui offre les caractères de la 
fin de la période ogivale, est sous le vocable de saint Alor, 
évèque de Quimper ; c'est là que se rendait la procession 
de la cathédrale, le jour de Saint-Marc, comme nous 
l'apprend le Cartulaire, à la date de 1278 : « Ad festum 
heati Marci processio fit ad Sanctum Aglorum )). Saint Alor 
est invoqué particulièrement comme patron des chevaux. 
Un autre saint fort honoré au Petit-Ergué est saint Urlo 
ou Gurloes, premier abbé de Sainte-Croix de Quimperlé ; 
on voyait, il y a peu d'années, sa statue en granit adossée 
au porche latéral de l'église ; une autre statuette en bois 
de ce même saint est conservé dans la sacristie. Il est 
invoqué pour la guérison des rhumatismes. Enfin, le bien- 
heureux saint Jean Discalcéat est fort en honneur dans 
cette église, qui donna asile à ses restes, lorsqu'à l'épo- 
que de la Révolution, ils furent sauvés de la profanation 



— 280 — 

et transportés de l'église des Cordeliers à l'église d'Ergué- 
Armel. 

Dans leur aveu de 1679, pour leur terre du Plessis- 
Ergué, les seigneurs de Plœuc déclarent avoir droit 
d'avoir leurs armoiries en l'église d'Ergué-Armel : au 
dehors, au pignon où est la maîtresse- vitre, au-dessus de 
la porte principale et au pignon de la sacristie donnant 
du Midi sur le cimetière ; en dedans de l'église, à la 
mattresse-vitre et en la vitre de la chapelle qui est au 
côté Nord. « Le dit seigneur est également en possession 
immémoriale de faire porter par un gentilhomme une 
bannière à la procession du Sacre, à Quimper, immédia- 
tement avant toutes les croix, c'est-à-dire après celle de 
Saint-Corentin, qui est la plus proche du Sacre. » 

De même. M"»® de Sévigné, ayant acheté la terre de 
Lanros, déclare, dans son aveu de 1684 (C. 111), qu'elle a 
droit à une tombe en l'église, au raz-de-terre, joignant le 
balustre du grand autel au milieu de l'église, sur laquelle 
est gravée une croix avec cet écrit : Hic Jaeet Guilmm 
de Lanros, le reste est indéchiffrable. Plus deux écussons 
à l'aile droite de la dite église, côté de l'Épître, l'un d'(^ 
au croissant de gueules accompagné de trois rosettes de 
même, l'autre d*or à une molette de gueules, armes de la 
seigneurie de Lanros. 

En face du porche Midi, est une jolie croix gothique, sur 
base carrée, avec plinthe moulurée et glacis-larmier. La 
tige, toute hérissée de bosses, est ornée, à deux niveaux 
différents, de cariatides de style très intéressant ; d'abord, 
deux anges tenant des écussons, puis deux bustes hu- 
mains, issant de la bague formant chapiteau, et appuyant 
leurs mains sur leurs hanches. 

Au bas du bourg, dans la direction Est, se trouve la 
fontaine de saint Alor, patron de la paroisse. 



— 281 - 
Sainte-Anne du Guélen 

M. Trévédy, Pèlerinage des Sept-Sainta, nous dit que, 
dans le principe, Sainte-Anne était en la possession de la 
seigneurie du Plessix, « seigneurie qui entra sans doute 
dans la maison de Plœuc par le mariage de Constance de 
Léon avec Guillaume de Plœuc, vers 1269 ; elle faisait 
partie des biens que Jeanne, leur héritière, porta par son 
mariage, en 1292, à Tanguy de Kergorlay qui prit les 
noms et armes de Plœuc ». 

Une chapellenie y était desservie et le droit de présen- 
tation appartenait aux seigneurs de Plœuc; c'est ainsi 
que, le 30 Juin 1570, Guillaume Coetforn, comme procu- 
rateur de noble et puissant seigneur, Charles de Plœuc, 
y présente Guillaume Bollocou, en remplacement du der- 
nier titulaire décédé, qui n'était autre que le recteur lui- 
même d'Ergué-Armel, Jean Le Maistre (R. G. 125). 

Le 21 Mai 1677, dame Louise-Gabrielle de Plœuc, pré- 
sente comme chapelain Alain Prouhet, recteur du Petit- 
Ergué, pour remplacer Olivier du Louet, archidiacre de 
Poher, qui s'est démis de ladite chapellenie (R. G. 518). 

A trois kilomètres à l'Est, sur le bord de la route de 
Quimper à Rosporden, qui en cet endroit se confond avec 
la vieille voie romaine et le chemin moyen-âge de Tro- 
Breiz, on voit les restes de l'établissement de Sainte-Anne 
de Guélen. On y trouve encore plusieurs corps de logis 
datant du moyen-âge. De la chapelle, il ne reste que la 
jolie porte monumentale, ornée de colonnettes à chapi- 
teaux, et une petite fenêtre à deux baies, et que l'on croit 
pouvoir dater du xiv^ siècle ou même du xiii®. La statue 
de la patronne se trouve dans la ferme voisine. 

(A suivre,) 



- 284 - 

452. Henri Olivier reçu massicot 15 

453. Règlement touchant les obîts 15 

454. Pierre Le Marhec reçu chanoine 15 

455. Yves Taillecot reçu chanoine trésorier 16 

456. Réception de massicots 49 

457. Emprunt de livres 49 

458. Réception de vicaires 50 

459. Nominationdes vicaires ou chapelains appartient au Chapitre. 50 

460. Vicaire de Spézet reçu massicot 52 

461. Guillaume Le Clerc reçu chantre et chanoine 52 

462. Chrestien Dabric reçu massicot 53 

463. Alain de la Rue reçu chanoine 53 

464. Raoul Penquelennec reçu chanoine 54 

465-466-467. Réception de massicots 55 

468. Jean Le Marhec, prêtre, condamné à l'amende 55 

469-470-471-472. Réception de massicots 56-57 

473. Jean Troussel reçu chanoine 57 

474. Jean Riou reçu massicot 97 

475. Guillaume de Keraudiern reçu chanoine 97 

476. Jean Le Maout condamné à l'amende 96 

477'478. Réception de massicots 99 

479. Yves Kerconnyn et Guillaume an Moinn prêtent serment. ... 99 

480. Guy Moel prête serment 100 

481 . Réception de massicots 100 

482. Remise des clefs de l'Evêché au Chapitre, le siège vacant. . . 100 

483. Bertrand de Rosmadcc reçu chanoine 101 

484. Hervé Béguec reçu massicot 101 

485. Thomas de Lesmouez reçu sacristc 102 

486. Alain de Tréanna reçu massicot 102 

487. Emprunt de livres 103 

488. Le gouverneur de N.-D. du Guéodet rend compte au Chapitre. 103 

489. Règlement capitulaire touchant les sépultures 104 

490. Réception de massicots 106 

491 . Jean Boursier reçu chanoine 146 

492. Guillaume Le Soutier reçu chanoine 145 

493. Pierre du Quenquis reçu chanoine 146 

494. Fondations de l'Evéque Gacian de Monceaux 147 

495. Alain Le Men reçu chanoine 149 

496. Alain Le Men prête serment 149 

497. Guillaume Maucousu reçu chanoine 150 



— 285 - 

N- Piges 

498. Les tours de Saint -Corentin commencées 150 

499. Établissement d'un tronc pour Tœuvre de la Cathédrale 151 

500. Chanoines infirmes, étant en ville, sont tenus pour présents. 152 

501. Le Duc reconnaît la juridiction de TEvêque pour la ville close. 153 

502. Chapitre confirme le statut porté au n^ 500 155 

503. Statuts capitulaircs 156 

504. L'Archevêque de Tours autorise le Chapitre de Quimpcr à 

nommer un Évoque (1290) 194 

Introduction au Cartulaipe ^à suhre) 241 

Correspondance de N. Tréhot de Clermont, 

par M. le chanoine PILVEN (suite et fin) 17-58 

Le Petit Séminaire de Pont -Croix, 

par M. le chanoine PILVEN (à iuivre) 194-257 

Notices sur les Paroisses du diocèse de Quimper, 

par MM. PEYRON et ABGRALL 

(Suite.) 
Douarnenez '. 30-72-107 

Drcnnec 133 

Duault 141 

Édern 157 

Elestrec 203 

Elliant 203-267 

Ergué-Armel (à suture) 277 

Guillaume Perron, Evéque de Léon (1489-1472), 

par M. l'abbé PEYRON 184 

Relevé de quelques brefs d'indulgences accordées à 
diverses* églises de Léon et Cornouaille, aux XIII* 
et XIV» siècles 191 

CartulaIre. 

TABLE ALPHABifrnQUE DES NOMS DES UEUX 

(Le ehiffre lodique le Dnméro de l'acte da Cirtolaire dans lequel le nom est cité.) 



Kenecheuzen 459 

Loco Petroci (de) (Lopérec) . . 483 

Ploeguen 405 

Ru Melinou 459 



Saint Effredec 470 

Spezet 400 

Tcyr (fluv.) 469 

Treoultre 995 



— 286 - 



TABLE ALPHABéngUB DES NOMS DBS PERSONNES 



N« 



Albi 464 

Alla villa 433 

Ancipitris 440 

Andreœ J 481 

Anscherii 485 



Baillivi.... 502 

Ballacon 444-448 

Baron 466 

Bastardi 493 

Begueuc 484 

Begut Jean 434 

Begut Pierre 434 

Belengier 504 

Bemardi 456 

Bertrand 455 

Bloez 433-448 

Bloez junior 495 

Bonvallon 462-464 

Bourdonnaye 439-463 

Boustouer 439 

Bris 460 

Buchard 505 

Buhulian 484 

Burgensis 447 

Bursarii 491 



Cagia (de) 442 

Castrolini 444 

Charles (duc) 501 

Chunn (de) 466 

Cochet J 502 

Comitis 437 

Corric 435 

Corrfet 446 



N- 



Couffec 

Crom 436 

Cronc G 454 



Dabric 462 

Dagorn 502 

Daniel 433 

Dantec 449 

Darcelli 485 

Delbreit 484 

Dineult 445 

Dongvallon 491 

Doulas. . . 502 



Eoneta de Moncellis 494 

Evenus Bernardi 456 

Evenus Episcopus 504 



Fabri Richard 501 

Faviers G. (de) 467 

Filas 435 

Floc'h 490 



Gaciani de Moncellis 494 

Gallici Johannes 470 

Gantpercnt 445 

Glazreniis de Pendrcff 441 

Gleniarhcc Yvo 445 

Gleniarcc Joannes 493 

Goe/gocz 490 

Gueu Guill 496 

Guezcnnec 476 

Guidomarc 465 



— 287 - 



N« 



Hf^scoet Joan 487 

HeleizYvo 476 

Henrici 464 

Hospitis 433 

Hospicio ( de ) 502 

Hurgoez 445 



Insula (de) ] 433 

Jacudon 488 



Kaer (de) Yvo 435-438 

Kaeraudieme 475 

Kaergucgant 492 

Kanlan 499 

Ker (de) Guillaume 438 

Kerban 442 

Kercarff 475-469-483 

Kercçnnyn 479 

Kerdrain 441 

Kergonnyec 472 

Kerleuc 488 

Kermarec Yvo 458.459 

Kem3rvineii 502 

Kerouem 477 

Kerouser 444 

Kersulguen 499 

Kervatoux 455 



Lahda ( de ) 494 

Languevoez 498 

Lathomi 490 

Lesmouez 485 

. Locomaria ( de ) G 436 

Locquilec 482 



M 

Madiou 445 

MaUlardi G 494 

MoUland 482 

Malestroit (de) 440-443-449 

Marchazant 459 

Marhec G 438-454 

Marhec Joan 445 

Marhec Petrus 454 

Mas (du) '. 433 

Mathei H 484 

Maucousu 497 

Maurilii Perrotus 465 

Merven J 494 

Mezanlez 485 

Militis G 435 

Miltis Joan 468 

Misperit 442-445 

MoelGuido 480 

Moinn (an) 479 

Moncellis (de) 494 

Mutonis Joan 441 -473-476 

N 

Nani Guillelmus 501 



Oliverii Elias 456 

piiverii Guillelmus 495 

Oliverii Henricus 452 



Pendreff. 441 

Pennée 450 

Penquelenncc Al 435-497 

Pcnquelenncc Raoul 464 

Perfecli Joun 487-490 

Perrotus 465 

Pclri Alanus 495-496 

Philomene Petrus 442 



— 288 - 



Porta (de) 490 

Poldu 481 

Poulpic 481 

Pregent 439 

Presart 449 

Prodomme 485 



Quenquis 493-498 

Quoetanezre 483 

Quoctperec 449-483 

Quoetpont Yvo 444-451 



Radulphus 405- 

Richardus Coniitis ^ . . . 437 

Rioc Joan 474 

Rioci Guillelmus 490 

Rioci Marcus 490 

Riou Joan 496 

Rosmadec Bertrand 483^98 

Rosmadec Alain 502 

RoussclLi Etienne 445 

Rouscr Daniel 415 

Roussigiiol Pierre 449 

Rouxel Pierre 440 

Rufi G 488-502 

S 

Salie Yvo 445 

Scahunec 461 

Sellarii 437 

Senis 471 

Serrelagat 441-471 



Signiardi. 464 

Simonis Bertrand 455-498 

Soutier 498 

Stellan Natalis 441 -449 

Sulguen H 4S5-457 

Sulvcn 468 

Sur (an) 496 



Taillecot 455 

Tegula (de) 433 

Terousscl. 473 

Thalreyo 494 

Theobaldus Episcop. 434-443482 
Theobaldus de la Bourdon - 

naye 439 

Thome G 465 

Thome Joan 494 

Torzellec 478 

Treanna 4^ 

Treanua Alnnus 4!% 

Tregonmec G 444-458-459 

Treorct 468 

Tuanant 446 

Turnerii 444 



Veritatis Johan 488 

Velcri Landa (de) 501 

Vico (Alanus de) 468 



Ynisan 487 

Yvinec 463 



Qaimper, typ. de Kerangal, impr. de rÉTëchè.